Événements ayant fait de nombreuses victimes déclarés par la police au Canada, 2010 à 2024
par Laura Savage et Shana Conroy
Début de l'encadré
Principales constatations
- Les événements ayant fait de nombreuses victimes — des actes de violence intentionnels au cours desquels quatre victimes ou plus ont subi des blessures corporelles d’une certaine gravité ou sont décédées dans le cadre d’une même affaire — ont représenté une très faible proportion (0,1 %) des crimes violents déclarés par la police de 2010 à 2024. Au total, 5 475 événements ayant fait de nombreuses victimes ont été enregistrés pendant cette période.
- Une arme était présente dans près des deux tiers (64 %) des événements ayant fait de nombreuses victimes. Ce phénomène était beaucoup moins fréquent dans les affaires de crimes violents en général (20 %) pour lesquelles des enregistrements relatifs aux victimes ont été fournis par la police.
- Alors que les hommes et les garçons représentaient un peu moins de la moitié (48 %) des victimes de crimes violents déclarés par la police au cours de la période de 2010 à 2024, ils constituaient une proportion plus élevée (62 %) des 26 634 victimes d’événements ayant fait de nombreuses victimes. Parmi les 256 personnes décédées au cours de ces événements, l’écart entre les genres était plus faible (54 % d’hommes et de garçons, par rapport à 46 % de femmes et de filles).
- Pour la moitié (50 %) des victimes d’événements ayant fait de nombreuses victimes au cours de la période allant de 2010 à 2024, l’auteur présumé était un étranger. De plus, 13 % des victimes étaient des membres de la famille de l’auteur présumé, tandis que 4,6 % étaient des partenaires intimes. Les étrangers étaient moins souvent impliqués dans les crimes violents en général (25 %), alors que les membres de la famille (30 %) et les partenaires intimes l’étaient plus souvent (27 %).
- De 2018 à 2024, 2,2 % des événements ayant fait de nombreuses victimes étaient liés (ou étaient soupçonnés par la police d’être liés) aux activités du crime organisé ou des gangs de rue. Cette proportion était beaucoup plus élevée que celle observée pour les crimes violents en général (0,3 %).
- Parmi les 7 402 auteurs présumés d’événements ayant fait de nombreuses victimes, près de 8 auteurs présumés sur 10 (78 %) étaient des hommes et des garçons, une proportion comparable à celle enregistrée pour les crimes violents en général (77 %). Chez les auteurs présumés d’événements ayant fait de nombreuses victimes, le taux était le plus élevé chez les hommes de 18 à 24 ans (7,8 auteurs présumés pour 100 000 habitants) et le plus faible chez les femmes de 35 ans et plus (0,2).
- Les trois quarts (76 %) des auteurs présumés d’événements ayant fait de nombreuses victimes au cours de la période de 2018 à 2024 avaient eu au moins un contact antérieur avec la police à titre d’auteurs présumés depuis 2010. Notamment, un peu plus du tiers (35 %) des auteurs présumés avaient eu 10 contacts antérieurs ou plus.
- Selon les données policières, les deux tiers (66 %) des affaires de crimes violents ont été classées (c.-à-d. résolues) par la police de 2010 à 2024, et près de la moitié (46 %) des affaires l’ont été par le dépôt ou la recommandation d’accusations. Les affaires classées étaient plus fréquentes dans le cas des événements ayant fait de nombreuses victimes (77 %), et la majorité (69 %) de ces affaires ont été classées par mise en accusation.
Fin de l'encadré
La violence a souvent des répercussions dévastatrices sur les victimes, les familles et les collectivités. Ces répercussions peuvent notamment prendre la forme de choc, de deuil, ainsi que d’une atteinte aux perceptions de la sécurité personnelle et publique. C’est particulièrement le cas des événements faisant de nombreuses victimes, au cours desquels plusieurs personnes sont blessées ou tuées par des actes de violence intentionnels. Ces affaires ont souvent de profondes répercussions qui dépassent largement les victimes immédiates, et elles peuvent attirer beaucoup d’attention de la part du public, allant d’une prise de conscience à l’échelle nationale à des inquiétudes et à des demandes d’intervention (Norris, 2007; Schildkraut, 2022). Il convient toutefois de noter que, même lorsque plusieurs victimes sont blessées physiquement ou tuées, les affaires de violence peuvent ne pas faire l’objet d’une large couverture médiatique ni être reconnues à grande échelle. Les médias peuvent mettre l’accent sur les affaires les plus odieuses, ce qui oriente la sensibilisation et la réaction du public.
En avril 2020, l’acte de violence intentionnel le plus meurtrier de l’histoire du Canada s’est produit en Nouvelle-Écosse : 22 personnes ont été tuées (dont une femme qui attendait un enfant) et 3 autres ont été blessées. À la suite de cet événement, la province de la Nouvelle-Écosse et le gouvernement du Canada ont tous les deux adopté un décretNote . La Commission des pertes massives a ensuite été mise sur pied afin de mieux comprendre le contexte et les causes profondes ayant mené à l’événement, et de formuler des recommandations concrètes pour rendre les collectivités plus sûres (Commission des pertes massives, 2023). En mars 2023, la Commission a publié son rapport final intitulé Redresser la barre ensemble : rapport final de la Commission des pertes massives, qui comprend sept volumes : « Approche et but visé », « Ce qui s’est passé », « Violence », « Collectivités », « Services de police », « Mise en œuvre : une responsabilité partagée d’agir » et « Processus ». Au total, la Commission a formulé 130 recommandations, dont la première portait sur la collecte de données, la recherche et l’élaboration de politiques.
Pour la première fois, Statistique Canada publie des renseignements détaillés sur les événements ayant fait de nombreuses victimes au Canada. Cet article de Juristat présente une analyse de la nature et de la prévalence des événements ayant fait de nombreuses victimes à partir des données policières provenant du Programme de déclaration uniforme de la criminalité, en tenant compte des caractéristiques relatives aux affaires, aux victimes et aux auteurs présumés. Tout au long de l’article, des renseignements sur l’ensemble des crimes violents déclarés par la police — dans les cas où des enregistrements relatifs aux victimes ont été fournis — sont également présentés à des fins de comparaison.
Cet article a été produit avec le soutien financier de Sécurité publique Canada.
Début de l'encadré 1
Encadré 1
Définition et mesure des événements ayant fait de nombreuses victimes
La Commission des pertes massives a défini un événement ayant fait de nombreuses victimes comme « un acte de violence intentionnel au cours duquel un ou plusieurs agresseurs blessent physiquement et (ou) tuent quatre victimes ou plus, connues de l’agresseur ou non, pendant une période distincte » (Commission des pertes massives, 2023). Afin d’assurer la concordance avec cette définition, le présent article porte sur les affaires de crimes violents déclarées par la police au cours desquelles quatre victimes ou plus ont été blessées ou sont décédées; en raison de l’importance accordée à l’aspect intentionnel, les affaires de négligence criminelle causant des lésions corporelles ou la mort sont excluesNote . De plus, dans le présent article, les affaires sont regroupées selon la gravité des blessures corporelles subies par les victimes, telle qu’elle a été déclarée par la policeNote . Les catégories suivantes sont utilisées pour analyser les événements ayant fait de nombreuses victimes :
- Événements ayant fait de nombreuses victimes en général (total) : Cette catégorie comprend les événements ayant fait de nombreuses victimes des niveaux 1, 2 et 3.
- Événements ayant fait de nombreuses victimes de niveau 1 : Cette catégorie comprend les affaires dans lesquelles quatre victimes ou plus ont subi des blessures corporelles mineures.
- Événements ayant fait de nombreuses victimes de niveau 2 : Cette catégorie comprend les affaires dans lesquelles quatre victimes ou plus ont subi des blessures corporelles et dans lesquelles une à trois victimes ont subi des blessures corporelles graves ou sont décédées.
- Événements ayant fait de nombreuses victimes de niveau 3 : Cette catégorie comprend les affaires dans lesquelles quatre victimes ou plus ont subi des blessures corporelles graves ou sont décédées.
Le Programme de déclaration uniforme de la criminalité (DUC) permet de consigner toutes les affaires criminelles portées à l’attention de la police au CanadaNote . Lorsque des enregistrements relatifs à la victime sont fournis, les renseignements sur la gravité des blessures corporelles subies au cours d’affaires de violence sont recueillis et classés comme suit :
- Décès : Perte de la vie.
- Blessures graves : Il s’agit de blessures corporelles qui ont nécessité des soins médicaux professionnels sur les lieux de l’affaire ou le transport vers un établissement de soins de santé.
- Blessures mineures : Il s’agit de blessures corporelles qui n’ont pas nécessité de soins médicaux professionnels ou qui ont nécessité seulement des premiers soins (p. ex. bandage, glace).
- Aucune blessure : Aucune blessure corporelle visible n’a été observée au moment de l’affaire.
Le Programme DUC ne permet pas de recueillir de renseignements sur les répercussions psychologiques de la violence sur les victimes. Il importe néanmoins de reconnaître que les blessures psychologiques — comme le trouble de stress post-traumatique, l’anxiété et la dépression — découlent souvent de la violence et peuvent avoir des conséquences à long terme, voire permanentes, pour les victimes (Norris, 2007; Shultz et autres, 2014; Wang et autres, 2023). Selon les résultats de l’Enquête sur la sécurité dans les espaces publics et privés de 2025, 55 % des victimes de violence ont déclaré que l’incident le plus grave qu’elles avaient vécu au cours des 12 mois ayant précédé la tenue de l’enquête avait entraîné un type quelconque de répercussions émotionnelles négativesNote . En ce qui concerne les répercussions émotionnelles à long terme, les victimes ont le plus souvent déclaré qu’elles avaient essayé de ne pas penser à l’incident et qu’elles avaient tout fait pour éviter les situations qui leur font penser à l’incident (33 %), et qu’elles étaient sur leurs gardes et plus attentives, ou qu’elles sursautaient facilement (31 %). Le quart (24 %) des victimes de crimes violents ont déclaré avoir subi au moins trois répercussions psychologiques à long terme correspondant à un trouble de stress post-traumatiqueNote .
Fin de l’encadré 1
Les événements ayant fait de nombreuses victimes — des affaires dans lesquelles quatre victimes ou plus ont subi des blessures corporelles ou sont décédées — représentent en moyenne 365 affaires par année
De 2010 à 2024, la grande majorité (90 %) des affaires de crimes violents déclarées par la police comportaient une seule victime, tandis qu’une faible proportion d’entre elles (10 %) comportaient plusieurs victimes, qu’elles aient ou non subi des blessures corporelles (graphique 1)Note . Plus précisément, 7,7 % des affaires comptaient deux victimes, 1,3 % en comptaient trois, 0,4 % en comptaient quatre, 0,2 % en comptaient cinq à neuf, et 0,01 % en comptaient 10 ou plusNote .
Graphique 1 début

Tableau de données du graphique 1
| Nombre de victimes | Total des événements ayant fait de nombreuses victimes | Événements ayant fait de nombreuses victimes de niveau 1 Tableau de données du graphique 1 Note 1 | Événements ayant fait de nombreuses victimes de niveau 2 Tableau de données du graphique 1 Note 2 | Événements ayant fait de nombreuses victimes de niveau 3 Tableau de données du graphique 1 Note 3 | Crimes violents Tableau de données du graphique 1 Note 4 |
|---|---|---|---|---|---|
| pourcentage | |||||
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité des collectivités, base de données sur les tendances du Programme de déclaration uniforme de la criminalité. |
|||||
| 1 victime | ... n'ayant pas lieu de figurer | ... n'ayant pas lieu de figurer | ... n'ayant pas lieu de figurer | ... n'ayant pas lieu de figurer | 90,39 |
| 2 victimes | ... n'ayant pas lieu de figurer | ... n'ayant pas lieu de figurer | ... n'ayant pas lieu de figurer | ... n'ayant pas lieu de figurer | 7,67 |
| 3 victimes | ... n'ayant pas lieu de figurer | ... n'ayant pas lieu de figurer | ... n'ayant pas lieu de figurer | ... n'ayant pas lieu de figurer | 1,34 |
| 4 victimes | 59,6 | 60,5 | 57,7 | 44,2 | 0,38 |
| 5 à 9 victimes | 38,3 | 37,5 | 41,0 | 47,0 | 0,21 |
| 10 victimes ou plus | 2,1 | 2,0 | 1,3 | 8,8 | 0,01 |
Graphique 1 fin
Les événements ayant fait de nombreuses victimes — des actes de violence au cours desquels quatre victimes ou plus ont subi des blessures corporelles d’une certaine gravité ou sont décédées — ont représenté une très faible proportion des crimes violents déclarés par la police au Canada de 2010 à 2024Note . Parmi les quelque 5,2 millions d’affaires de crimes violents survenues au cours de cette période (pour lesquelles des enregistrements relatifs aux victimes ont été fournis par la police), 5 475 événements ayant fait de nombreuses victimes sont survenus au cours desquels quatre victimes ou plus ont subi des blessures corporelles ou sont décédées (0,1 % de l’ensemble des affaires de crimes violents) (tableau 1). Parmi tous les événements ayant fait de nombreuses victimes, la grande majorité (84 %) était de niveau 1, et ces événements représentaient 0,09 % de l’ensemble des crimes violents (voir l’encadré 1 pour consulter les définitions). Les événements ayant fait de nombreuses victimes des niveaux 2 et 3 étaient plus rares : 686 événements de niveau 2 (0,01 % de l’ensemble des crimes violents) et 181 événements de niveau 3 (0,003 % de l’ensemble des crimes violents) ont été enregistrésNote .
En moyenne, 365 événements ayant fait de nombreuses victimes sont survenus par année au cours de la période de 2010 à 2024 (307 événements de niveau 1, 46 événements de niveau 2 et 12 événements de niveau 3)Note . Parmi les 5 475 événements ayant fait de nombreuses victimes pendant cette période, 6 sur 10 (60 %) comptaient 4 victimes, tandis que près de 4 sur 10 (38 %) comptaient de 5 à 9 victimes et qu’une faible proportion (2,1 %) en comptait 10 ou plus (graphique 1). La proportion d’événements ayant fait quatre victimes a diminué, tandis que les proportions d’événements comptant de 5 à 9 victimes ont augmenté dans le cas des événements des niveaux 2 et 3. Les événements ayant fait de nombreuses victimes de niveau 3 ont enregistré la plus grande proportion d’affaires dans lesquelles 10 victimes ou plus ont été dénombrées (8,8 % par rapport à 2,0 % des événements de niveau 1 et à 1,3 % des événements de niveau 2). Tant les événements de niveau 1 que ceux de niveau 2 mettaient en cause en moyenne cinq victimes par affaire, alors que les événements de niveau 3 mettaient en cause en moyenne six victimes.
Au cours de la période allant de 2010 à 2024, le taux annuel moyen d’événements ayant fait de nombreuses victimes était de 1,0 affaire pour 100 000 habitants, tandis que les taux d’événements de niveau 1 (0,8), de niveau 2 (0,1) et de niveau 3 (0,03) ont diminué progressivement (tableau 1)Note . De 2010 à 2024, les taux d’événements ayant fait de nombreuses victimes étaient les plus élevés dans les territoires (4,4 affaires pour 100 000 habitants), en Saskatchewan (3,6) et au Manitoba (3,4) (tableau 2)Note .
Les régions rurales — soit celles situées à l’extérieur des régions métropolitaines de recensement et des agglomérations de recensement — font souvent face à des défis particuliers liés à la criminalité, notamment un accès plus limité aux ressources d’urgence et une présence policière plus restreinteNote . La situation vaut aussi pour les événements faisant de nombreuses victimes qui, bien qu’ils soient relativement rares, peuvent avoir des répercussions disproportionnées dans les régions rurales, surtout dans les collectivités plus isolées sur le plan géographique où les délais d’intervention d’urgence sont plus longs et où les équipes d’urgence spécialisées sont moins nombreuses (Ceccato, 2016; Donnermeyer et autres, 2016; Souhami, 2022). De plus, les événements faisant de nombreuses victimes peuvent ébranler le sentiment de sécurité d’une collectivité, en particulier dans les petites collectivités où l’interdépendance entre les personnes est souvent étroite (Commission des pertes massives, 2023). De 2010 à 2024, le taux annuel moyen d’événements ayant fait de nombreuses victimes était plus élevé dans les régions rurales que dans les régions urbaines (1,5 par rapport à 0,9 affaire pour 100 000 habitants), ce qui correspond à la tendance observée pour les crimes violents. La même tendance a été relevée pour les événements de niveau 1 et de niveau 2 (1,3 par rapport à 0,8, et 0,2 par rapport à 0,1, respectivement); toutefois, le taux d’événements de niveau 3 était plus faible dans les régions rurales (0,026) que dans les régions urbaines (0,033).
La présence d’une arme est beaucoup plus fréquente dans les événements ayant fait de nombreuses victimes que dans l’ensemble des crimes violents
De 2010 à 2024, une arme était présente sur les lieux dans près des deux tiers (64 %) des événements ayant fait de nombreuses victimes, une proportion beaucoup plus élevée que celle observée pour l’ensemble des crimes violents (20 %) (graphique 2; tableau 3)Note . Comme on pouvait s’y attendre, une arme était présente dans des proportions plus élevées d’événements ayant fait de nombreuses victimes lorsque les victimes avaient subi des blessures graves ou étaient décédées (78 % des événements de niveau 2 et 98 % des événements de niveau 3)Note .
Graphique 2 début

Tableau de données du graphique 2
| Arme la plus dangereuse sur les lieux de l’affaire | Total des événements ayant fait de nombreuses victimes | Événements ayant fait de nombreuses victimes de niveau 1 Tableau de données du graphique 2 Note 1 | Événements ayant fait de nombreuses victimes de niveau 2 Tableau de données du graphique 2 Note 2 | Événements ayant fait de nombreuses victimes de niveau 3 Tableau de données du graphique 2 Note 3 | Crimes violents Tableau de données du graphique 2 Note 4 |
|---|---|---|---|---|---|
| pourcentage | |||||
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité des collectivités, base de données sur les tendances du Programme de déclaration uniforme de la criminalité. |
|||||
| Aucune arme présente Tableau de données du graphique 2 Note 5 | 35,6 | 39,0 | 21,7 | 1,9 | 79,9 |
| Arme présente | 64,4 | 61,0 | 78,3 | 98,1 | 20,1 |
| Arme à feu Tableau de données du graphique 2 Note 6 | 8,3 | 5,9 | 14,1 | 44,4 | 2,5 |
| Couteau ou autre instrument tranchant ou pointu | 12,8 | 8,9 | 33,4 | 33,1 | 6,2 |
| Massue ou instrument contondant | 5,9 | 5,0 | 12,5 | 4,4 | 2,4 |
| Autre arme Tableau de données du graphique 2 Note 7 | 37,4 | 41,2 | 18,3 | 16,3 | 9,0 |
Graphique 2 fin
Même si les crimes commis à l’aide d’une arme à feu représentent une faible proportion (2,6 %) des crimes violents au Canada (Conroy, 2025; Perreault, 2026), la présence d’une arme à feu était plus fréquente dans les événements ayant fait de nombreuses victimes. Parmi les événements de niveau 3 — soit ceux au cours desquels quatre victimes ou plus ont subi des blessures graves ou sont décédées — survenus au cours de la période de 2010 à 2024, une arme à feu était présente dans plus de 4 affaires sur 10 (44 %). La proportion correspondante était de 14 % pour les événements de niveau 2, de 5,9 % pour les événements de niveau 1 et de 8,3 % pour les événements ayant fait de nombreuses victimes en général. Quel que soit le niveau de l’événement ayant fait de nombreuses victimes, l’arme de poing était le type d’arme à feu le plus souvent présent sur les lieux (parmi toutes les catégories d’affaires, une arme de poing était présente dans 32 % des événements de niveau 3, 7,2 % des événements de niveau 2, 2,5 % des événements de niveau 1 et 4,1 % des événements ayant fait de nombreuses victimes en général).
En ce qui a trait aux différences géographiques, la proportion d’événements ayant fait de nombreuses victimes où une arme à feu était présente était légèrement plus élevée dans les régions urbaines (8,4 %) que dans les régions rurales (7,5 %). Le phénomène contraire s’est produit pour les événements de niveau 1 (5,7 % en milieu urbain par rapport à 6,4 % en milieu rural). La présence d’une arme à feu était un peu plus courante dans les régions urbaines (14 %) que dans les régions rurales (13 %) pour les événements de niveau 2, tandis qu’elle était beaucoup plus fréquente pour les événements de niveau 3 (48 % en milieu urbain par rapport à 19 % en milieu rural)Note .
Les événements ayant fait de nombreuses victimes mettaient le plus souvent en cause les voies de fait de niveau 2 (voies de fait armées ou causant des lésions corporelles; 48 %), suivies des voies de fait de niveau 1Note (21 %) et des vols qualifiés (8,9 %)Note . Les infractions les plus fréquentes pour ce qui est des crimes violents étaient les voies de fait de niveau 1 (45 %), les voies de fait de niveau 2 (15 %) et les menaces (12 %).
Comparativement à l’ensemble des crimes violents, les événements ayant fait de nombreuses victimes sont plus souvent liés à la violence commise par des étrangers et moins souvent liés à la violence familiale ou de la part de partenaires intimes
Le Programme DUC permet de consigner le lien de l’auteur présumé avec la victime dans chaque enregistrement relatif à la victime. Par conséquent, les données sur le lien de l’auteur présumé avec la victime sont habituellement présentées en fonction du nombre de victimes. Toutefois, en raison de la nature unique des événements ayant fait de nombreuses victimes, qui peuvent faire intervenir divers types de relations au cours d’une même affaire, la présente section porte sur le lien de l’auteur présumé avec la victime en fonction du nombre d’affairesNote .
De 2010 à 2024, le quart (24 %) des événements ayant fait de nombreuses victimes étaient liés à la violence familialeNote , ce qui signifie qu’au moins une victime dans l’affaire était un membre de la famille d’un auteur présumé (graphique 3)Note . Parallèlement, près de 1 événement ayant fait de nombreuses victimes sur 5 (18 %) était lié à la violence de la part de partenaires intimesNote . Les affaires de crimes violents étaient plus souvent liées à la violence familiale et à la violence de la part de partenaires intimes (31 % et 30 %, respectivement)Note .
Graphique 3 début

Tableau de données du graphique 3
| Lien le plus proche de l’auteur présumé avec la victime | Total des événements ayant fait de nombreuses victimes | Événements ayant fait de nombreuses victimes de niveau 1 Tableau de données du graphique 3 Note 1 | Événements ayant fait de nombreuses victimes de niveau 2 Tableau de données du graphique 3 Note 2 | Événements ayant fait de nombreuses victimes de niveau 3 Tableau de données du graphique 3 Note 3 | Crimes violents Tableau de données du graphique 3 Note 4 |
|---|---|---|---|---|---|
| pourcentage | |||||
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité des collectivités, base de données sur les tendances du Programme de déclaration uniforme de la criminalité. |
|||||
| Membre de la famille Tableau de données du graphique 3 Note 5 | 23,8 | 24,2 | 20,8 | 24,6 | 30,9 |
| Partenaire intime Tableau de données du graphique 3 Note 6 | 18,1 | 18,3 | 17,2 | 15,6 | 29,6 |
| Étranger | 34,8 | 34,7 | 35,0 | 36,3 | 23,9 |
Graphique 3 fin
À l’inverse, 62 % des événements ayant fait de nombreuses victimes étaient liés à de la violence commise par un étranger, ce qui signifie qu’au moins une victime ne connaissait pas l’auteur présuméNote . Plus précisément, un peu plus du tiers (35 %) des événements ayant fait de nombreuses victimes relevaient uniquement de la violence commise par des étrangers — c’est-à-dire que l’auteur présumé n’était connu d’aucune des victimes dans l’affaire. Ce type de violence était moins fréquent dans l’ensemble des crimes violents (24 %).
Alors qu’une arme à feu était présente dans 8,3 % des événements ayant fait de nombreuses victimes, cela était moins fréquent lors d’événements de cette nature liés à la violence familiale (5,2 %) et à la violence de la part de partenaires intimes (6,3 %)Note . Parallèlement, une arme à feu était présente dans 1 événement ayant fait de nombreuses victimes sur 10 (9,4 %) qui était lié à la violence commise par un étranger. En outre, une très faible proportion (1,7 %) des événements ayant fait de nombreuses victimes ont entraîné le décès d’une victime. Plus précisément, une victime est décédée dans 2,7 % des événements ayant fait de nombreuses victimes liés à la violence familiale et dans 2,2 % des événements liés à la violence de la part de partenaires intimes, comparativement à 1,0 % des événements ayant fait de nombreuses victimes qui étaient uniquement liés à la violence commise par un étranger.
La plupart des victimes d’événements ayant fait de nombreuses victimes sont des hommes et des garçons
De 2010 à 2024, 26 634 victimes ont été dénombrées dans des événements ayant fait de nombreuses victimes (tableau 4)Note . Ce nombre correspond à une moyenne annuelle de 1 776 victimes. Au cours de cette période, la plupart (62 %) des victimes d’événements de cette nature étaient des hommes et des garçons, tandis que les autres victimes étaient des femmes et des filles (38 %)Note . Au total, 6 victimes sur 10 (60 %) des événements de niveau 1 étaient des hommes et des garçons, et ceux-ci représentaient des proportions plus élevées des victimes des événements de niveau 2 et de niveau 3 (71 % et 65 %, respectivement). En revanche, les hommes et les garçons représentaient 48 % des victimes de crimes violents.
Le taux annuel moyen de victimisation pour les événements ayant fait de nombreuses victimes était plus élevé chez les hommes et les garçons (6,0 victimes pour 100 000 hommes et garçons) que chez les femmes et les filles (3,7 victimes pour 100 000 femmes et filles). En revanche, les taux de victimisation relatifs aux crimes violents s’établissaient à 1 105 victimes pour 100 000 femmes et filles, et à 1 016 victimes pour 100 000 hommes et garçons.
Dans le cas des événements ayant fait de nombreuses victimes, les taux étaient les plus élevés chez les victimes âgées de 12 à 17 ans (12,6), suivies de celles âgées de 18 à 44 ans (8,1). L’âge médian des victimes d’événements de ce type était inférieur à celui des victimes de crimes violents (24 ans par rapport à 30 ans) (graphique 4)Note .
Graphique 4 début

Tableau de données du graphique 4
| Genre | Total des événements ayant fait de nombreuses victimes | Événements ayant fait de nombreuses victimes de niveau 1 Tableau de données du graphique 4 Note 1 | Événements ayant fait de nombreuses victimes de niveau 2 Tableau de données du graphique 4 Note 2 | Événements ayant fait de nombreuses victimes de niveau 3 Tableau de données du graphique 4 Note 3 | Crimes violents Tableau de données du graphique 4 Note 4 |
|---|---|---|---|---|---|
| âge médian | |||||
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité des collectivités, base de données sur les tendances du Programme de déclaration uniforme de la criminalité. |
|||||
| Victimes | |||||
| Hommes et garçons | 24 | 23 | 25 | 29 | 31 |
| Femmes et filles | 23 | 23 | 26 | 30 | 29 |
| Total Tableau de données du graphique 4 Note 5 | 24 | 23 | 25 | 30 | 30 |
| Auteurs présumés | |||||
| Hommes et garçons | 23 | 23 | 22 | 23 | 32 |
| Femmes et filles | 23 | 23 | 22 | 26 | 29 |
| Total Tableau de données du graphique 4 Note 6 | 23 | 23 | 22 | 23 | 31 |
Graphique 4 fin
La moitié des victimes d’événements ayant fait de nombreuses victimes sont des étrangers pour l’auteur présumé
Pour la moitié (50 %) des victimes d’événements ayant fait de nombreuses victimes au cours de la période de 2010 à 2024, l’auteur présumé était un étranger (tableau 5)Note . Cette proportion augmentait pour les victimes d’événements de niveau 2 (54 %) et de niveau 3 (58 %), et une plus grande proportion d’auteurs présumés étaient des étrangers lorsque les victimes d’événements de cette nature étaient des hommes et des garçons (56 %), comparativement aux femmes et aux filles (41 %). Parallèlement, les auteurs présumés étaient des étrangers pour le quart (25 %) des victimes de crimes violents en général.
Les auteurs présumés étaient des connaissances pour 1 victime sur 5 (21 %) d’événements ayant fait de nombreuses victimes; venaient ensuite les membres de la familleNote (13 %), les symboles d’autoritéNote (5,7 %) et les partenaires intimesNote (4,6 %). Une plus grande proportion des auteurs présumés étaient des membres de la famille ou des partenaires intimes lorsque les victimes d’événements de ce type étaient des femmes et des filles (19 % et 9,5 %, respectivement), comparativement aux hommes et aux garçons (9,4 % et 1,6 %, respectivement). Par rapport aux victimes d’événements ayant fait de nombreuses victimes, une plus grande proportion des victimes de crimes violents en général ont été agressées par un membre de la famille (30 %) ou un partenaire intime (27 %).
Près de la moitié des personnes décédées au cours d’événements ayant fait de nombreuses victimes sont des femmes et des filles
Presque la totalité (96 %) des victimes d’événements ayant fait de nombreuses victimes ont subi des blessures corporelles de 2010 à 2024 (graphique 5)Note . Cette proportion était légèrement plus faible chez les victimes d’événements de niveau 2 (94 %) et de niveau 3 (89 %). La grande majorité (88 %) des victimes d’événements ayant fait de nombreuses victimes ont subi des blessures mineuresNote , tandis que les blessures gravesNote (6,4 %) et les décès (1,0 %) étaient relativement rares.
Graphique 5 début

Tableau de données du graphique 5
| Degré de gravité des blessures corporelles | Total des événements ayant fait de nombreuses victimes | Événements ayant fait de nombreuses victimes de niveau 1 Tableau de données du graphique 5 Note 1 | Événements ayant fait de nombreuses victimes de niveau 2 Tableau de données du graphique 5 Note 2 | Événements ayant fait de nombreuses victimes de niveau 3 Tableau de données du graphique 5 Note 3 | Crimes violents Tableau de données du graphique 5 Note 4 |
|---|---|---|---|---|---|
| pourcentage | |||||
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité des collectivités, base de données sur les tendances du Programme de déclaration uniforme de la criminalité. |
|||||
| Aucune blessure corporelle | 4,4 | 3,8 | 6,2 | 10,5 | 62,2 |
| Blessures corporelles | 95,6 | 96,2 | 93,8 | 89,5 | 37,8 |
| Blessures corporelles mineures Tableau de données du graphique 5 Note 5 | 88,3 | 96,2 | 62,6 | 8,8 | 35,5 |
| Blessures corporelles graves Tableau de données du graphique 5 Note 6 | 6,4 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 30,0 | 61,4 | 2,2 |
| Décès | 1,0 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 1,2 | 19,2 | 0,2 |
Graphique 5 fin
De 2010 à 2024, 256 personnes sont décédées au cours d’événements ayant fait de nombreuses victimes. Les femmes et les filles constituaient 38 % de l’ensemble des victimes d’événements de cette nature, mais représentaient 46 % des victimes décédées. Au total, parmi les victimes d’événements ayant fait de nombreuses victimes, 1,2 % des femmes et des filles et 0,8 % des hommes et des garçons sont décédés. L’âge médian des personnes décédées était comparable selon le genre (39 ans chez les hommes et les garçons, et 38 ans chez les femmes et les filles).
Parmi les personnes décédées lors d’événements ayant fait de nombreuses victimes, le lien de l’auteur présumé avec la victime était le plus souvent un étranger (33 %) ou un membre de la famille (21 %) pour les hommes et les garçons, tandis qu’il s’agissait le plus souvent d’un membre de la famille (38 %) ou d’un étranger (30 %) pour les femmes et les fillesNote .
Début de l'encadré 2
Encadré 2
Événements ayant fait de nombreuses victimes liés aux activités du crime organisé et des gangs de rue, et crimes haineux
Conformément au Code criminel, le Programme de déclaration uniforme de la criminalité (DUC) définit une organisation criminelle comme un groupe de trois individus ou plus qui conspirent dans un collectif ou un réseau établi et dont l’un des principaux objectifs ou l’une des principales activités consiste à tirer profit d’activités illicites. Par ailleurs, un gang de rue est défini comme un groupe d’individus qui utilisent l’intimidation et la violence pour commettre des actes criminels de façon régulière afin d’obtenir du pouvoir et de la reconnaissance ou le contrôle de secteurs particuliers d’activités criminelles. Selon les données déclarées par la police, 2,2 % des événements ayant fait de nombreuses victimes étaient liés (ou étaient soupçonnés d’être liés) aux activités du crime organisé ou des gangs de rue au cours de la période de 2018 à 2024. Cette proportion était beaucoup plus élevée que celle enregistrée pour les crimes violents en général (0,3 %)Note .
Le Programme DUC permet également de recueillir des données sur les crimes haineux, qu’il définit comme une infraction criminelle commise contre une personne ou un bien qui est motivée en tout ou en partie par des préjugés ou de la haine fondée sur la race, l’origine nationale ou ethnique, la langue, la couleur, la religion, le sexe, l’âge, l’incapacité mentale ou physique, l’orientation sexuelle, l’identité ou l’expression de genre, ou tout autre facteur similaire. Une très faible proportion (0,7 %) des événements ayant fait de nombreuses victimes au cours de la période de 2018 à 2024 étaient liés (ou étaient soupçonnés d’être liés) à des crimes haineux. Cette proportion était toutefois plus élevée pour les événements ayant fait de nombreuses victimes que pour les crimes violents en général (0,3 %)Note .
Il est important de noter que les données policières sur le crime organisé et les crimes haineux ne reflètent que les affaires qui sont portées à l’attention de la police et qui sont classées comme telles. Ces chiffres peuvent fluctuer considérablement d’une année à l’autre en raison des difficultés à déterminer si une affaire est liée au crime organisé ou à un crime haineux. Les pratiques de codage peuvent varier en fonction des détails particuliers d’une affaire. Comme pour d’autres types de crimes, le nombre d’affaires enregistrées peut être influencé par la volonté du public de signaler les incidents à la police, les initiatives policières et les campagnes de sensibilisation. Par conséquent, les données présentées dans cet encadré doivent être interprétées avec prudence.
Fin de l’encadré 2
Les auteurs présumés d’événements ayant fait de nombreuses victimes sont le plus souvent des hommes de 18 à 24 ans
De 2010 à 2024, il y a eu 7 402 auteurs présumés d’événements ayant fait de nombreuses victimes (tableau 7)Note . En moyenne, on dénombrait 493 auteurs présumés par année. Près de 8 auteurs présumés sur 10 (78 %) d’événements ayant fait de nombreuses victimes étaient des hommes et des garçonsNote . Cette proportion était légèrement moins élevée pour les événements de niveau 1 (75 %), mais elle augmentait pour ce qui est des événements de niveau 2 (87 %) et de niveau 3 (88 %). À titre de comparaison, les hommes et les garçons représentaient un peu plus des trois quarts (77 %) des auteurs présumés de crimes violents au cours de cette période. Un peu plus du tiers (36 %) des événements ayant fait de nombreuses victimes comptaient plus d’un auteur présumé. Ce phénomène était beaucoup moins fréquent dans l’ensemble des affaires de crimes violents (7,0 %).
En ce qui concerne les auteurs présumés d’événements ayant fait de nombreuses victimes, le taux annuel moyen était plus de trois fois plus élevé chez les hommes et les garçons que chez les femmes et les filles (2,1 auteurs présumés pour 100 000 hommes et garçons par rapport à 0,6 auteure présumée pour 100 000 femmes et filles), ce qui concorde avec la tendance observée pour les crimes violents (1 064 par rapport à 306). Cet écart demeurait dans le cas des auteurs présumés d’événements de niveau 1 (1,6 chez les hommes et les garçons par rapport à 0,5 chez les femmes et les filles), de niveau 2 (0,4 par rapport à 0,1) et de niveau 3 (0,1 par rapport à 0,01), mais il était plus marqué pour les événements des niveaux 2 et 3.
Dans l’ensemble, parmi les auteurs présumés d’événements ayant fait de nombreuses victimes, les taux étaient les plus élevés chez les personnes de 18 à 24 ans, comme dans le cas des auteurs présumés de crimes violents. Pour ce qui est des événements ayant fait de nombreuses victimes, le taux le plus élevé a été enregistré chez les hommes de 18 à 24 ans (7,8 auteurs présumés pour 100 000 habitants) et le plus faible chez les femmes de 35 ans et plus (0,2). Comme dans le cas des victimes, l’âge médian des auteurs présumés d’événements ayant fait de nombreuses victimes était inférieur à celui des auteurs présumés de crimes violents (23 ans par rapport à 31 ans) (graphique 4)Note .
Début de l'encadré 3
Encadré 3
Contacts antérieurs avec la police chez les auteurs présumés d’événements ayant fait de nombreuses victimes
Les données sur les nouveaux contacts offrent un éclairage précieux sur le nombre, ou le volume, d’infractions criminelles qui ont été portées à l’attention de la police et qui ont été commises par une même personne au cours d’une période de référence donnée. Elles peuvent aussi révéler des tendances relatives au comportement criminel, ainsi qu’une éventuelle montée de la violence. L’une des recommandations formulées dans le rapport final de la Commission des pertes massives, intitulé Redresser la barre ensemble : Rapport final de la Commission des pertes massives, demandait que des travaux de recherche et d’élaboration de politiques soient menés pour la collecte de données sur les antécédents criminels des auteurs présumés d’événements ayant fait de nombreuses victimes. Le présent encadré repose sur les données policières provenant du Programme de déclaration uniforme de la criminalité afin d’examiner les contacts antérieurs avec la police chez les auteurs présumés d’événements ayant fait de nombreuses victimes au cours de la période de 2018 à 2024Note .
Un contact antérieur désigne tout contact précédent avec la police pour une infraction au Code criminel (y compris les délits de la route), une infraction à la Loi réglementant certaines drogues et autres substances ou à la Loi sur le cannabis, ou une infraction à une autre loi fédérale (p. ex. la Loi sur les douanes, la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents) de 2010 à la date du premier événement ayant fait de nombreuses victimesNote . Il est important de noter que les auteurs présumés peuvent avoir eu d’autres contacts avec la police avant 2010, ou ils peuvent avoir eu des contacts avec la police pour d’autres raisons (p. ex. en tant que victimes ou témoins d’un crime).
Les trois quarts des auteurs présumés d’événements ayant fait de nombreuses victimes avaient eu au moins un contact antérieur avec la police, et la grande majorité d’entre eux avaient eu un contact pour une infraction avec violence
Parmi les 3 342 auteurs présumés distincts d’événements ayant fait de nombreuses victimes survenus de 2018 à 2024, les trois quarts (76 %) avaient eu au moins un contact antérieur avec la police pendant la période de référence (graphique 6; tableau 8). Parmi les auteurs présumés d’événements ayant fait de nombreuses victimes, cette proportion était plus élevée chez les hommes et les garçons (78 %) que chez les femmes et les filles (70 %). Dans l’ensemble, un peu plus du tiers (35 %) des auteurs présumés avaient eu 10 contacts antérieurs ou plus avec la police. Il convient de noter que ces 1 182 auteurs présumés étaient à l’origine de 33 708 contacts avec la police pendant la période de référence et affichaient une médiane de 22 contacts. Une petite proportion (1,3 %) d’auteurs présumés d’événements ayant fait de nombreuses victimes au cours de la période de 2018 à 2024 avaient également été identifiés comme auteurs présumés de plus d’un événement de ce type pendant la période de référence.
Graphique 6 début

Tableau de données du graphique 6
| Nombre de contacts antérieurs avec la police | Pourcentage |
|---|---|
| Note : Les événements ayant fait de nombreuses victimes désignent les affaires de violence dans lesquelles quatre victimes ou plus ont subi des blessures corporelles ou sont décédées. Exclut la négligence criminelle causant des lésions corporelles ou la mort. Rend compte des auteurs présumés distincts d’événements ayant fait de nombreuses victimes de 2018 à 2024, ainsi que du nombre de fois où ils ont eu un contact avec la police en tant qu’auteurs présumés d’une infraction criminelle au cours de la période allant du 1er janvier 2010 à la date du premier événement ayant fait de nombreuses victimes. Les auteurs présumés peuvent avoir eu d’autres contacts avec la police avant 2010, ou ils peuvent avoir eu des contacts avec la police pour d’autres raisons (p. ex. en tant que victimes ou témoins d’un crime). En raison de l’arrondissement, la somme des pourcentages peut ne pas correspondre à 100.
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité des collectivités, base de données sur les tendances du Programme de déclaration uniforme de la criminalité. |
|
| Aucun contact antérieur | 23,5 |
| Un contact antérieur | 10,4 |
| Deux à quatre contacts antérieurs | 16,9 |
| Cinq à neuf contacts antérieurs | 13,8 |
| Dix contacts antérieurs ou plus | 35,4 |
Graphique 6 fin
Parmi les auteurs présumés d’événements ayant fait de nombreuses victimes qui ont eu au moins un contact antérieur avec la police, la grande majorité (85 %) d’entre eux avaient eu au moins un contact avec la police pour une infraction avec violence. Les infractions les plus fréquentes étaient les voies de fait de niveau 1 (42 %), les voies de fait de niveau 2 (21 %) et les menaces (11 %). Plus particulièrement, des accusations ont été portées ou recommandées dans les deux tiers (67 %) de ces affaires, et près de 9 auteurs présumés sur 10 (88 %) ont fait l’objet d’accusations ou de recommandations d’accusations pour au moins une infraction avec violence.
La plupart des événements ayant fait de nombreuses victimes étaient plus graves que le crime associé au premier contact antérieur avec la police
L’Indice de gravité de la criminalité (IGC) a été mis au point comme mesure complémentaire au taux de criminalité traditionnel et mesure à la fois le volume et la gravité relative des crimes. Un poids est attribué à chaque crime en fonction des peines imposées par les tribunaux au cours des cinq années précédentes, les crimes les plus graves recevant les poids les plus élevésNote . L’IGC peut servir à mesurer la montée de la violence au fil du temps en comparant le poids attribué à l’infraction la plus récente à celui assigné à une infraction antérieureNote . Dans le contexte des événements ayant fait de nombreuses victimes, le poids attribué à l’événement ayant fait de nombreuses victimes peut être comparé au crime associé au contact antérieur de l’auteur présumé avec la police (du 1er janvier 2010 à la date de l’événement ayant fait de nombreuses victimes) afin de déterminer la gravité relative. Les valeurs de l’IGC sont fondées sur l’infraction la plus grave dans l’affaire. Si des accusations ont été portées contre une personne dans plus d’un événement ayant fait de nombreuses victimes au cours de la période de 2018 à 2024, l’événement ayant le poids de l’IGC le plus élevé a été sélectionné.
Comparativement au premier contactNote avec la police pendant la période de référence, les événements ayant fait de nombreuses victimes étaient plus graves pour 67 % des auteurs présumés, moins graves pour 23 % des auteurs présumés et d’une gravité équivalente pour 9,4 % d’entre eux (tableau 8). Plus particulièrement, par rapport au contact antérieur avec la police concernant l’infraction la plus grave, les événements ayant fait de nombreuses victimes étaient plus graves pour 34 % des auteurs présumés, moins graves pour 54 % des auteurs présumés et d’une gravité équivalente pour 13 % d’entre eux.
Fin de l’encadré 3
Les résidences privées sont le lieu où les événements ayant fait de nombreuses victimes se produisent le plus souvent
Dans le Programme DUC, un seul lieu peut être déclaré par affaire. Lorsque plusieurs lieux sont en cause dans une affaire, la police déclare le lieu initial.
De 2010 à 2024, les événements ayant fait de nombreuses victimes se sont le plus souvent produits ou amorcés dans des lieux résidentielsNote (46 %), suivis des aires ouvertesNote (30 %) (tableau 6)Note . Ces deux types de lieux étaient aussi les plus fréquents pour les crimes violents, quoique, comparativement aux événements ayant fait de nombreuses victimes, une plus forte proportion de ces affaires se sont produites dans des lieux résidentiels et une plus faible proportion, dans des aires ouvertes (58 % et 21 %, respectivement).
Au cours de cette période, 178 événements ayant fait de nombreuses victimes se sont produits ou amorcés dans des écolesNote , ce qui représentait 3,3 % de l’ensemble de ces affaires. Une proportion légèrement plus élevée des crimes violents sont survenus dans des écoles (3,6 %).
Les événements ayant fait de nombreuses victimes sont plus souvent classés, et classés par mise en accusation, que l’ensemble des affaires de crimes violents
Un peu plus des trois quarts (77 %) des événements ayant fait de nombreuses victimes ont été classés (c.-à-d. résolus) par la police de 2010 à 2024, soit par le dépôt ou la recommandation d’accusations, soit sans mise en accusation (tableau 6)Note . Plus précisément, 75 % des événements de niveau 1, 83 % des événements de niveau 2 et 82 % de ceux de niveau 3 ont été classés. Une proportion relativement plus faible (66 %) des crimes violents ont été classés par la police. Les taux de classement plus élevés pour les événements ayant fait de nombreuses victimes, en particulier ceux des niveaux 2 et 3, peuvent être en partie attribuables aux circonstances entourant ces affaires, notamment une plus grande visibilité, un nombre plus élevé de témoins et l’affectation de ressources d’enquête. En outre, alors que la majorité des événements ayant fait de nombreuses victimes ont été classés par mise en accusation (69 % des événements en général, et 67 % des événements de niveau 1, 80 % de ceux de niveau 2 et 73 % de ceux de niveau 3), 46 % des crimes violents l’ont été de cette façon.
Parmi les événements ayant fait de nombreuses victimes classés par la police sans dépôt ou recommandation d’accusations (7,7 %), les raisons les plus fréquentes pour une telle issue étaient les suivantes : les victimes ont demandé qu’aucune autre mesure ne soit prise alors qu’un auteur présumé avait été identifié (47 %), ou l’affaire a été classée en raison du pouvoir discrétionnaire du service de police (28 %). Une faible proportion (4,0 %) des événements ayant fait de nombreuses victimes ont été classés sans mise en accusation parce que l’auteur présumé est décédé (par suicide notamment) avant que la police porte ou recommande des accusations. Ainsi, cette raison expliquait 1,0 % des événements de niveau 1 classés sans mise en accusation, 4,2 % des événements de niveau 2 classés sans mise en accusation et 80 % des événements de niveau 3 classés sans mise en accusation.
Dans l’ensemble, 23 % des événements ayant fait de nombreuses victimes — soit 25 % des événements de niveau 1, 17 % des événements de niveau 2 et 18 % des événements de niveau 3 — n’ont pas été classés, ce qui signifie qu’ils faisaient toujours l’objet d’une enquête, qu’il n’y avait pas suffisamment d’éléments de preuve pour procéder au dépôt d’accusations criminelles ou que la victime ou le plaignant a refusé de collaborer (aucun auteur présumé n’a été identifié relativement à l’affaire). La proportion correspondante était de 34 % pour les affaires de crimes violents.
Résumé
Les événements ayant fait de nombreuses victimes — des actes de violence intentionnels au cours desquels quatre victimes ou plus ont subi des blessures corporelles d’une certaine gravité ou sont décédées — ont représenté une très faible proportion des crimes violents déclarés par la police de 2010 à 2024. Parmi les quelque 5,2 millions d’affaires de crimes violents survenues au cours de la période de 2010 à 2024 pour lesquelles des enregistrements relatifs aux victimes ont été fournis par la police, il y a eu 5 475 événements ayant fait de nombreuses victimes au cours desquels quatre victimes ou plus ont subi des blessures corporelles ou sont décédées (0,1 % de l’ensemble des crimes violents), ce qui représente un taux annuel moyen de 1,0 affaire pour 100 000 habitants. Même si ces affaires sont rares, elles peuvent avoir de profondes répercussions sur les personnes et les collectivités, et elles sont plus susceptibles de nécessiter une intervention coordonnée de la police, des services de santé et du gouvernement.
Par ailleurs, une arme était présente dans 1 affaire de crime violent déclarée par la police sur 5 (20 %). Comme on pouvait s’y attendre, la présence d’une arme était beaucoup plus fréquente dans les événements ayant fait de nombreuses victimes (64 %), notamment lorsque les victimes avaient subi des blessures graves ou étaient décédées (78 % des événements de niveau 2 et 98 % des événements de niveau 3).
De 2010 à 2024, il y a eu 26 634 victimes d’événements ayant fait de nombreuses victimes, dont la plupart (62 %) était des hommes et des garçons. Les événements de ce type ont fait en moyenne cinq victimes. La grande majorité des victimes ont subi des blessures mineures (88 %), tandis que les blessures graves (6,4 %) et les décès (1,0 %) étaient relativement rares. Les femmes et les filles représentaient 38 % des victimes d’événements ayant fait de nombreuses victimes, et cette proportion se chiffrait à 46 % chez les victimes décédées.
Pour la moitié (50 %) des victimes d’événements ayant fait de nombreuses victimes au cours de la période de 2010 à 2024, l’auteur présumé était un étranger. De plus, 13 % des victimes étaient des membres de la famille de l’auteur présumé, tandis que 4,6 % étaient des partenaires intimes. Les étrangers étaient moins souvent en cause dans les crimes violents en général (25 %), alors que les membres de la famille (30 %) et les partenaires intimes l’étaient plus souvent (27 %). De 2018 à 2024, une faible proportion (2,2 %) des événements ayant fait de nombreuses victimes étaient liés (ou étaient soupçonnés d’être liés) aux activités du crime organisé ou des gangs de rue.
De 2010 à 2024, il y a eu 7 402 auteurs présumés d’événements ayant fait de nombreuses victimes. Près de 8 auteurs présumés sur 10 (78 %) d’événements de ce type étaient des hommes et des garçons. Cette proportion était plus élevée pour les événements de niveau 2 (87 %) et de niveau 3 (88 %). Un peu plus du tiers (36 %) des événements ayant fait de nombreuses victimes comptaient plus d’un auteur présumé. Parmi les auteurs présumés d’événements ayant fait de nombreuses victimes survenus de 2018 à 2024, les trois quarts (76 %) avaient eu au moins un contact antérieur avec la police pendant la période de référence et, dans l’ensemble, un peu plus du tiers (35 %) d’entre eux avaient eu 10 contacts antérieurs ou plus avec la police. Une petite proportion (1,3 %) d’auteurs présumés qui avaient eu un contact antérieur avec la police ont été identifiés comme auteurs présumés d’un autre événement ayant fait de nombreuses victimes pendant la période de référence.
Selon les données policières, les deux tiers (66 %) des affaires de crimes violents ont été classées (c.-à-d. résolues) par la police de 2010 à 2024, et près de la moitié (46 %) des affaires l’ont été par le dépôt ou la recommandation d’accusations. Les affaires classées étaient beaucoup plus fréquentes pour les événements ayant fait de nombreuses victimes (77 %), et la majorité (69 %) de ces affaires ont été classées par mise en accusation.
L’analyse future des événements ayant fait de nombreuses victimes pourrait reposer sur les données des tribunaux pour déterminer si les auteurs présumés de ces événements étaient en liberté sous caution au moment de l’affaire, ainsi que sur les données sur les homicides pour examiner le mobile principal apparent pour de tels événements où les victimes ont été tuées. De plus, les fichiers de données couplés pourraient être utilisés pour explorer les caractéristiques des auteurs présumés de telles affaires et leur cheminement dans le système de justice pénale. Ces renseignements pourraient aider les autorités responsables de la sécurité publique et les fournisseurs de soins de santé à prévenir les événements faisant de nombreuses victimes au Canada et à y répondre.
Tableaux de données détaillés
Sources de données et concepts
Programme de déclaration uniforme de la criminalité
Le Programme de déclaration uniforme de la criminalité (DUC) a été mis sur pied en 1962 avec la collaboration et l’aide de l’Association canadienne des chefs de police. L’enquête vise à dénombrer les crimes déclarés par les services de police fédéraux, provinciaux et municipaux au Canada.
Une affaire peut comprendre plus d’une infraction. Afin d’assurer la comparabilité des données, les chiffres qui figurent dans le présent article sont fondés sur l’infraction la plus grave dans l’affaire. La police détermine l’infraction la plus grave en fonction des règles de classification normalisées du Programme DUC qui tiennent compte, par exemple, de la nature violente ou non de l’infraction ainsi que de la peine maximale prévue par le Code criminel.
Base de données sur les tendances du Programme de déclaration uniforme de la criminalité fondé sur l’affaire
La base de données sur les tendances du Programme de déclaration uniforme de la criminalité fondé sur l’affaire (DUC 2) est établie à partir d’une enquête à base de microdonnées qui permet de saisir des renseignements détaillés sur les crimes signalés à la police. Les données portent sur les caractéristiques des affaires, des victimes et des auteurs présumés. On estime que la couverture du Programme DUC 2 de 2009 à 2024 s’élève à 99 % de la population du Canada. Sont inclus uniquement les services de police qui ont toujours répondu au Programme DUC 2 afin que des comparaisons puissent être établies au fil du temps.
Pour analyser les événements ayant fait de nombreuses victimes, un ensemble de données a été créé afin de saisir toutes les affaires de crimes violents déclarées par la police (à l’exclusion de la négligence criminelle causant des lésions corporelles ou la mort) de 2010 à 2024 dans lesquelles quatre victimes ou plus ont subi des blessures corporelles ou sont décédées. Les renseignements sur la gravité des blessures corporelles sont consignés pour chaque victime et classés comme suit : décès, blessures corporelles graves, blessures corporelles mineures, aucune blessure et gravité des blessures inconnue. Les victimes dont la gravité des blessures a été codée comme étant inconnue (0,7 % des victimes) ont été comptées dans la catégorie « aucune blessure ». Le nombre de victimes d’une affaire comprend les personnes qui ont subi des blessures corporelles ou qui sont décédées, celles qui n’ont pas subi de blessures corporelles et celles dont la gravité des blessures a été codée comme étant inconnue. Pour être incluses dans le fichier des événements ayant fait de nombreuses victimes, les affaires devaient mettre en cause au moins quatre victimes qui ont subi des blessures corporelles ou qui sont décédées. Certains événements ayant fait de nombreuses victimes se sont déroulés sur plusieurs jours. Après le regroupement des affaires considérées comme un seul événement ayant fait de nombreuses victimes, les dates ont été ajustées de manière à refléter les dates les plus récentes et les plus anciennes de l’événement. Seuls les événements s’étendant sur trois jours ou moins ont été conservés dans le fichier.
On a déterminé qu’une petite proportion des affaires déclarées par la police faisaient partie du même événement ayant fait de nombreuses victimes en fonction de multiples valeurs correspondantes (p. ex. service de police, date et heure de l’affaire, infractions) et ces affaires ont été couplées comme une seule affaire aux fins d’analyse. Les données sur les crimes violents comprennent tous les numéros de fichier des affaires, dont ceux liés à des événements ayant fait de nombreuses victimes, lesquels peuvent comporter plusieurs numéros de fichier. Par conséquent, une petite proportion des événements ayant fait de nombreuses victimes peuvent être comptés plus d’une fois dans les données sur les crimes violents. En outre, pour certains événements ayant fait de nombreuses victimes, il y avait des valeurs multiples pour l’arme présente, le lieu de l’affaire et l’état de classement de l’affaire et, pour certaines victimes de ces événements, des valeurs multiples pour le lien de l’auteur présumé avec la victime. Une méthodologie de classement a été appliquée et une seule valeur a été sélectionnée pour les variables touchées dans chaque événement ayant fait de nombreuses victimes.
Le Programme DUC exige que la police fournisse un enregistrement relatif à la victime pour certains types de crimes violents, tandis qu’il est facultatif pour d’autres. Pour permettre la comparaison avec les événements ayant fait de nombreuses victimes, les affaires de crimes violents sont limitées à celles qui contiennent des enregistrements relatifs aux victimes.
Au Québec, le système de gestion de l’information utilisé par la plupart des services de police donne lieu à une proportion relativement élevée de valeurs inconnues pour la variable « arme la plus dangereuse sur les lieux de l’affaire ». Bien que les crimes commis à l’aide d’une arme à feu soient probablement correctement enregistrés dans la grande majorité des cas, un sous-dénombrement demeure possible. En raison de préoccupations liées à la qualité des données, l’analyse relative aux armes exclut les données de la province de Québec, sauf si l’arme la plus dangereuse sur les lieux de l’affaire était une arme à feu. Les données du Service de police de la Ville de Québec sont également exclues, peu importe l’arme la plus dangereuse sur les lieux de l’affaire.
Les données du Service de police de Saint John (SPSJ) sont exclues. Le Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité des collectivités, en collaboration avec le SPSJ, a pris la décision de supprimer les données du SPSJ des fichiers de recherche de 2016, 2017, 2018, 2019, 2023 et 2024 en raison de préoccupations liées à la qualité des données pour ces années. Par conséquent, les données du SPSJ ont également été retirées du fichier de données sur les tendances, qui ne comprend que les services de police qui ont déclaré des données chaque année de 2009 à 2024.
Références
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Notes
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