Commentaires à propos de l’article « Inférence statistique avec des échantillons d’enquête non probabiliste »
Section 2. Approches supplémentaires pour combiner les données d’enquêtes probabilistes et les données d’enquêtes non probabilistes
L’article de Wu suit le principe général fondé sur les trois points
suivants : 1) appliquer une estimation de modèle suivie d’un calibrage des
estimations des distributions de covariables d’échantillons probabilistes; 2)
élaborer des estimations de scores de propension selon les écarts entre les
données d’échantillons probabilistes et celles d’échantillons non
probabilistes; 3) trouver des méthodes doublement robustes qui combinent les
points 1 et 2 pour faire en sorte qu’un seul des deux modèles sous-jacents soit
exact.
2.1 Estimateurs
de score de propension
Rivers (2007) semble avoir été le
premier à suggérer d’estimer le score de propension en utilisant la régression
logistique avec l’appartenance à l’échantillon non probabiliste comme résultat
et en utilisant comme poids d’inclusion la réciproque des scores de propension
résultants. Cette approche a été systématisée davantage dans Valliant et Dever
(2011). Séparément, en utilisant des résultats simples du théorème de Bayes et
de l’analyse discriminante décrite pour la première fois par Elliott et Davis
(2005), Elliott, Resler, Flannagan et Rupp (2010) et Elliott (2013) ont élaboré
un estimateur quelque peu différent prenant la forme
Le segment peut être obtenu par une
régression logistique, ou au moyen d’une série d’approches qui reposent sur
l’apprentissage automatique, comme les machines à vecteurs de support
(Soentpiet, 1999), l’estimation pondérée du maximum de vraisemblance (Van Der Laan
et Rubin, 2006) ou les arbres de régression additifs bayésiens (Chipman, George
et McCulloch, 2010), et où le segment est obtenu en tant que En principe, le segment est connu, puisque les
probabilités d’échantillonnage sont connues pour tous les éléments de la
population, y compris ceux de l’échantillon non probabiliste, mais dans la
pratique, les analystes qui n’ont accès qu’aux données à grande diffusion
pourraient aussi avoir besoin d’estimer ce paramètre. (En outre, peut inclure des ajustements de
calage et de non-réponse qui ne sont pas connus pour les éléments de
l’échantillon non probabiliste.) Ce dernier point est essentiel, car l’utilisation
de l’échantillon probabiliste pour établir des scores de propension en
utilisant uniquement les écarts entre l’échantillon non probabiliste et
l’échantillon probabiliste sera faussée à moins que l’échantillon probabiliste
ne repose sur un plan à probabilités égales epsem
pour equal probability selection methods,
comme l’a souligné Wu.
Par contre, Chen, Li et Wu (2020)
montrent que l’utilisation d’une approche de pseudo-vraisemblance pour estimer directement à partir de la
vraisemblance de population pour les indicateurs en fonction de produit un estimateur qui ne
requiert pas le segment pour les éléments de
l’échantillon non probabiliste, à condition que suive un modèle linéaire
généralisé avec un lien canonique, c’est-à-dire une régression logistique.
(Aucune de ces approches ne fournit la
bonne ordonnée permettant d’obtenir un score de propension réel. Cependant, comme
l’indique l’article de Wu, une estimation pondérée repose généralement sur des
estimateurs de type Hájek [qui utilisent des poids pour estimer un total de
population pour les dénominateurs; Hájek, 1971], de sorte que des scores de
propension estimés jusqu’à l’obtention d’une constante de normalisation sont
suffisants.)
2.2 Estimateurs
doublement robustes
Si l’inférence est centrée sur une
variable particulière offerte seulement dans
l’échantillon non probabiliste, on peut alors revenir aux estimateurs assistés
par un modèle qui remontent à Cassel, Särndal et Wretman (1976) et qui posent
comme postulat un modèle d’espérance La combinaison de ce modèle
avec les estimations du score de propension de la probabilité de faire partie
de l’échantillon non probabiliste (que nous traiterons comme un
« échantillon probabiliste inconnu » et que nous examinerons plus en
détail dans la section sur les hypothèses) permet d’obtenir les estimateurs de
la formule
correspondant au segment de la formule (4.11) indiquée
dans l’article de Wu. On pourrait penser que tout biais découlant d’une erreur
de spécification du modèle dans l’estimation de dans sera égal et de signe opposé à si le modèle pour est correctement spécifié. À
l’inverse, si le modèle pour est mal spécifié alors que est correctement spécifié, sera iid avec une moyenne nulle
et, par conséquent, aura aussi une moyenne de zéro,
ce qui donnera un estimateur sans biais. Chen, Valliant et Elliott (2019) ont
utilisé la méthode LASSO pour les prévisions, de pair avec des estimateurs par
la régression généralisée (McConville, Breidt, Lee et Moisen, 2017) lorsque est de grande dimension. Comme
Wu le fait remarquer, Wu et Sitter (2001) montrent l’équivalence entre
l’estimateur par la régression généralisée appliqué aux valeurs prédites et les
estimateurs doublement robustes de la formule dans la section (2.2), qui
indique que l’approche adoptée par Chen et coll. (2019) est équivalente à
la formule de la section 2.2 avec estimation de la méthode LASSO pour et une hypothèse
d’échantillonnage aléatoire simple pour l’échantillon non probabiliste.
Un inconvénient d’utiliser la formule
(2.1) par rapport à la méthode de Chen et coll. (2020) comme estimateur de
et donc de tient au fait qu’on doive
connaître les poids de l’échantillon probabiliste ou qu’il faille au moins les
estimer pour l’échantillon non probabiliste. L’un des avantages de la formule
(2.1) est que les modèles non linéaires et les méthodes d’apprentissage
automatique peuvent être utilisés dans l’estimation. Rafei, Flannagan et
Elliott (2020) utilisent les arbres de régression additifs bayésiens pour
estimer et ce qui permet de réduire
l’incidence d’une erreur de spécification du modèle. Les simulations ont montré
une amélioration considérable de la réduction du biais et de la variance par
rapport à la méthode de Chen et coll. (2020) en cas de spécification erronée
des modèles linéaires. On peut effectuer l’estimation de la variance en
adaptant les règles d’imputation multiple de Rubin : à partir de tirages indépendants selon
les arbres de régression additifs bayésiens, la moyenne des variances calculées
traitant le tirage de comme connu reposant sur des
estimateurs classiques d’un plan d’échantillonnage complexe et ajouté à fois la variance des
estimations ponctuelles calculées pour les tirages de donne un estimateur de
variance approximativement sans biais.
Une autre approche de l’estimation
doublement robuste consiste à utiliser le score de propension comme
« score d’équilibrage » le plus grossier possible qui contient toute
l’information sur l’association entre l’indicateur d’échantillonnage et le
résultat visé. Cela a mené à la mise au point d’estimateurs de la moyenne qui
utilisent des fonctions lisses de pondération pour produire des estimateurs
convergents susceptibles d’être plus efficaces lorsque les poids sont très
variables ou faiblement liés au résultat (Elliott et Little, 2000; Zheng et
Little, 2005). Zhou, Elliott et Little (2019) ont étendu cette idée à
l’inférence causale dans les études non randomisées, où la probabilité
d’attribution à un traitement ou à une exposition (score de propension) est
estimée comme une fonction des covariables utilisant la régression
logistique, puis les résultats possibles non observés au volet de traitement
pour le traitement observé sont imputés à partir de
où est la transformation logit de
désigne une spline pénalisée
avec nœuds fixes de propension (Eilers et Marx, 1996), et représente une fonction générale
des covariables, y compris les scores de propension. L’estimateur qui en
résulte est doublement robuste en ce sens que si ou est correctement spécifié, sera approximativement sans
biais (voir Zhang et Little, 2009). Il peut être mis en œuvre dans
l’échantillon non probabiliste en remplaçant dans le modèle de moyenne pour
(2.3) par la valeur estimée à l’aide de (2.1) pour
obtenir un tirage de (Veuillez noter que cela
nécessite l’obtention de pour les éléments de
l’échantillon probabiliste nécessitant une prédiction.) L’inférence peut se
faire en obtenant des tirages à partir de la distribution
postérieure de la quantité estimée de population étudiée, par exemple pour la
moyenne de la population
où est maintenant une estimation de
la population représentée par le poids obtenu à partir du bootstrap
bayésien en population finie (Little et Zheng, 2007). Des extensions plus
complètes du bootstrap bayésien en population finie à des plans
d’échantillonnage complexes qui comprennent des mises en grappes et des
stratifications sont consultables dans Dong, Elliott et Raghunathan (2014).
Comme dans l’estimation de (2.1), la
composante non paramétrique (spline) de (2.3) peut être remplacée par d’autres
estimateurs d’apprentissage automatique; voir le chapitre 4 de Rafei
(2021) pour la mise en œuvre à l’aide de processus gaussiens. En outre, les
applications aux modèles non normaux sont directes, bien qu’elles ne soient pas
nécessairement faciles à calculer.
2.3 Estimateurs
poststratifiés
Wu décrit également l’utilisation
d’estimateurs poststratifiés dans le contexte d’échantillonnage par quota, qui
est non seulement une très vieille forme d’échantillonnage non probabiliste,
mais en fait la norme avant que Neyman défende l’idée de l’échantillonnage
aléatoire stratifié (Neyman, 1934). La section 5 de l’article de Wu
propose une solution de rechange solide aux estimations de score de propension
obtenues en classant les observations tirées de l’échantillon probabiliste par en les stratifiant en strates fondées sur ce
classement, et en calculant la proportion prédite de la population appartenant
à la strate comme proportion des
poids d’échantillonnage de cette strate en utilisant
l’échantillon probabiliste à l’aide de la formule
où est la moyenne dans la strate de l’échantillon non
probabiliste. Wu souligne le compromis entre le choix d’un suffisamment grand pour
conserver l’homogénéité à l’intérieur des unités, mais assez petit pour obtenir
des estimations stables de en indiquant 30 comme ancienne
« règle empirique » pour les « tailles d’échantillon
[suffisamment] grandes ». J’ajouterais qu’une approche plus officielle
dont il est question dans Little (1986) consiste à adopter une méthode de
création de strates (dans un contexte d’ajustement pour la non-réponse) qui
limite l’erreur quadratique moyenne en maximisant la variance entre les strates
à la variance dans la strate. Il semblerait qu’une telle approche conviendrait
aussi à l’estimateur poststratifié des échantillons non probabilistes.
Une approche plus directe pour obtenir
des estimations à l’aide d’un estimateur poststratifié est la régression
multiniveau et la poststratification (Wang, Rothschild, Goel et Gelman, 2015;
Downes et Carlin, 2020). Dans le cas présent, seules les données de
l’échantillon non probabiliste sont utilisées dans le modèle de résultat
où indexe la poststrate créée à
partir des variables pour et met en correspondance la cellule
de la postrate avec la catégorie
de la variable appropriée. L’estimateur
poststratifié est toujours donné par (2.4), étant maintenant remplacé par
les totaux de population connus;
l’inférence postérieure est obtenue par les tirages postérieurs de et pour obtenir un tirage de
Bien que cet estimateur ne soit pas
doublement robuste au sens strict, il a démontré son bon fonctionnement dans
certaines applications où est suffisamment grand pour
saisir tous les écarts importants entre un échantillon probabiliste et un
échantillon non probabiliste, et lorsque l’échantillon non probabiliste est
suffisamment grand pour permettre une estimation plutôt exacte de En l’absence de distributions
conjointes connues de à grande dimensionnalité, cette
approche présente la faiblesse de reposer sur des distributions estimées qui
sont instables. Une solution de rechange possible consisterait à remplacer par (2.5) dans l’estimateur
poststratifié de Wu (2.4), en partant du principe que les poids
d’échantillonnage résument l’information au sujet
de dans l’échantillon probabiliste
semblable à celle du score de propension pour l’échantillon non probabiliste.
ISSN : 1712-5685
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