Poids de calage « optimaux » dans les cas de non-réponse des unités lors de l’échantillonnage d’enquête
Section 2. Estimation par calage
2.1 Estimateurs par calage dans les cas de
réponse complète
En commençant par les cas de réponse complète
et en suivant la procédure établie par Deville
et Särndal (1992), l’estimateur par calage est défini comme
où les poids dépendants de
l’échantillon
sont choisis pour que
tout en réduisant la mesure de la
distance quadratique
où
et
sont des diagonales. (D’autres
mesures de la distance sont envisagées dans Deville et Särndal (1992) et Haziza
et Lesage (2016).)
En d’autres termes, étant donné la contrainte (2.1),
devrait être « le plus près
possible » des poids déterminés par le plan d’échantillonnage
ce qui est souhaitable puisque
est un estimateur sans biais de
Les poids qui en découlent sont
Il s’ensuit que l’estimateur GREG homoscédastique assisté par modèle
(Särndal, Swensson et Wretman (1992)) est un
estimateur par calage pour lequel
où
est la matrice diagonale unitaire de taille
Un autre estimateur par calage est l’estimateur de régression optimal
(voir, par exemple, Rao (1994) et Montanari
(1998)), selon lequel
comme le montrent Andersson et
Thorburn (2005).
D’une façon asymptotique, cet estimateur a une variance minimale (dans le
sens qu’il est fondé sur le plan) parmi les estimateurs de régression linéaire.
2.2 Estimateurs par calage dans les cas de
non-réponse
Dans les cas de non-réponse, un estimateur par calage possible est
où on devrait supposer que
où
si les renseignements
auxiliaires sont connus jusqu’au niveau de la population. Autrement,
l’estimateur sans biais de
(Nous pouvons également combiner
les deux types de renseignements dans la contrainte
Dans de nombreux cas, des poids qui remplissent l’exigence (2.2) sont
présentés, par exemple, par Särndal et Lundström (2005). À l’aide de l’approche
directe, où tous les renseignements sont utilisés dans un seul calage, nous
obtenons
L’estimateur ainsi obtenu sera
dorénavant désigné comme
(D’autres approches, notamment
les procédures en deux étapes, sont présentées et examinées, par exemple, par
Andersson et Särndal (2016).)
Il faut se poser une question évidente : quelle mesure sous-jacente
de la distance génère ces poids ? Särndal et Lundström (2005) ne font pas de
commentaires sur cette question précise mais, selon Lundström et Särndal
(1999), nous devrions choisir
“le plus près possible” de
ce qui ne semble pas être tout à fait
approprié dans les cas de non-réponse. Si nous retournons à Lundström (1997),
nous pouvons constater que la mesure correspondante de la distance est effectivement
où
et
Si un mécanisme aléatoire génère l’ensemble des réponses
de l’échantillon
avec des probabilités
d’inclusion, nous pouvons envisager les cas de
non-réponse comme un plan de sondage à deux phases et c’est exactement
l’hypothèse que nous ferons ci-après. Ensuite, nous devrions réduire la
distance entre
et
Grâce à la modélisation,
peut être estimé à l’aide de
afin d’être utilisé dans la minimisation de la
distance. Toutefois, dans le présent document, nous n’irons pas dans la
direction de l’inférence basée sur un modèle. Pour réduire l’effet du biais
dans les cas de non-réponse, dans la mesure de la distance, nous pourrions
plutôt penser à comparer
non pas avec
mais bien avec
où
est une constante supérieure à 1, afin de
compenser l’effet « moyen » de la non-réponse.
Or, Lundström (1997) montre que, dans bien des cas importants, notamment
quand on peut trouver un vecteur
pour lequel
pour tous les
l’augmentation multiplicative de
implique les mêmes poids de calage
ainsi obtenus.
C’est ce qu’on obtient si
pour tous les
nous pouvons simplifier l’expression (2.3) de
comme ceci
Par conséquent, nous avons une
propriété d’invariance pour les poids. Ce résultat demeure valide quand la
population est fractionnée en groupes et les poids initiaux sont gonflés à
l’aide d’une constante dans chaque groupe. Il faut souligner que, si nous incluons
une constante, par exemple, « 1 », comme première composante du
vecteur auxiliaire
nous pouvons simplement supposer
que
pour obtenir
Dans ce contexte, nous proposons d’utiliser d’autres poids
« optimaux » découlant de la mesure de la distance
ce qui donne
désigne la probabilité
d’inclusion de la paire
Il faut observer que, comme dans les cas de réponse complète, il arrive
parfois que les poids « optimaux » sont identiques à (2.3), par
exemple, sous échantillonnage aléatoire simple.
L’emploi de guillemets autour du mot optimal est délibéré mais,
dans le contexte de la réponse complète, le mot optimal a un sens très
clair. Tel que susmentionné, l’estimateur de régression optimal a une variance
minimale asymptotique parmi les estimateurs de régression linéaire. En raison
de l’ajout de la non-réponse là où le mécanisme de non-réponse est au moins
partiellement inconnu, il est plus difficile de bien définir les critères
d’optimalité.
Pour cette mesure « optimale », il pourrait être utile de
remplacer
par
où nous incluons dans
la réciproque d’une estimation de la
probabilité de réponse moyenne
Voici un candidat simple :
ce qui donne
Voici un autre choix
naturel :
puisque
et
ce qui donne
L’estimateur modifié ainsi
obtenu est désigné par
(il faut aussi observer que
Dans l’étude en simulation suivante, nous nous concentrons sur un plan
d’échantillonnage où, en général,
notamment l’échantillonnage de Poisson.
L’indépendance des dessins simplifie la mesure de la distance
« optimale » :
et la minimisation donne
Pour l’estimateur
« optimal » modifié,
est remplacé par
avec
comme dans (2.4).
2.2.1 Biais des estimateurs par calage dans les cas
de non-réponse
Nous pouvons représenter
comme suit
où
Afin d’obtenir une équation
d’approximation du biais de
et par la suite de
et
nous suivons le calcul présenté
dans Särndal et Lundström (2005) et nous constatons d’abord que
peut être réécrit comme
suit :
où
Si nous supposons que
où
et
cela peut par ailleurs démontrer que
où
et
Alors,
puisque nous pouvons dire que
est un estimateur convergent de
et donc
L’approximation du biais de
porte le nom de quasi-biais :
Le quasi-biais de
est zéro si
pour tous les
et/ou
pour tous les
Alors, si nous considérons
nous supposons que
où
Puisque
peut être représenté comme (2.6), qui prend la
même forme que
sous (2.5), nous obtenons encore une fois
l’expression du quasi-biais
où
et
désignent la probabilité de
réponse de la paire :
Si nous utilisons la pondération de rechange
nous obtenons ceci
où
à comparer avec (2.7), où
À moins que
pour tous les
nous pouvons obtenir une expression
équivalente pour
. Par contre, si la
restriction
pour tous les
demeure valide, nous pouvons démontrer (Särndal et Lundström (2005)) que
ce qui demeure valide, indépendamment
du plan d’échantillonnage et qui est un résultat complètement conforme à la
propriété d’invariance susmentionnée des poids de calage.