Série thématique sur l'ethnicité, la langue et l'immigration
Un aperçu de la population des immigrants nés aux États-Unis et vivant au Canada
Début du texte
Introduction
Les liens qui unissent le Canada et les États-Unis sont profonds, comme en témoigne la migration qui s’effectue de part et d’autre de la frontière. À son sommet en 1921, la population née aux États-Unis représentait 4,3 % des habitants du Canada. En 2021, les États-Unis se classaient au sixième rang des pays de naissance les plus courants chez les immigrants récents au Canada, ce qui représentait 3,0 % des personnes admises au cours des cinq années précédentes.
Même si les Américains vivant au Canada font partie intégrante du tissu social canadien, on sait relativement peu de choses sur leur intégration socioéconomique, les facteurs qui la favorisent et la façon dont elle se compare à celle des autres immigrants.
Le présent article souligne les tendances historiques de la migration vers le Canada des personnes nées aux États-Unis. L’analyse porte ensuite sur les immigrants nés aux États-Unis (ci-après appelés les « immigrants américains »), puisqu’ils constituent la plus grande part de la population née aux États-Unis et vivant au CanadaNote . L’article présente les caractéristiques sociodémographiques de la population née aux États-Unis tirées du Recensement de la population de 2021Note et permet d’explorer ses résultats en matière de situation économique et de marché du travail. Plus précisément, on compare les résultats des immigrants américains du principal groupe d’âge actif (âgés de 25 à 54 ans) à ceux des non-immigrants nés au Canada (ci-après désignés comme « la population née au Canada »); de l’ensemble de la population des immigrants; ainsi que des immigrants nés dans deux autres pays du G7 qui figurent parmi les principales sources d’immigration au Canada et dont la langue officielle est l’anglais ou le français, soit le Royaume-Uni et la France.
Les Américains sont très présents au Canada depuis le début du 20e siècle
Lors de l’établissement de la Confédération canadienne, la population américaine était déjà importante au pays : en 1871, près de 64 000 personnes nées aux États-Unis vivaient dans la nation nouvellement constituée. Leur nombre s’est accru au cours des 30 années suivantes pour atteindre 128 000 personnes en 1901. Ce chiffre a plus que doublé entre 1901 et 1911 pour s’établir à près de 304 000 personnes. Cette croissance rapide coïncide avec la création des provinces de la Saskatchewan et de l’Alberta en 1905; plus des trois quarts (78,0 %) de cette hausse sont attribuables à l’établissement d’Américains dans ces deux provinces.
La population née aux États-Unis et vivant au Canada a atteint un sommet en 1921, soit 374 000 personnes, ce qui correspond à 4,3 % de la population canadienne totale. En l’absence d’un nouvel afflux massif, cette population a diminué au cours des 30 années suivantes. Dans la seconde moitié des années 1960 et au début des années 1970, le Canada a toutefois connu une nouvelle vague d’arrivées de personnes nées aux États-Unis, ce qui correspond en grande partie à l’immigration de réfractaires américains et des membres de leur famille (Kobayashi et Ray, 2005).

Tableau de données du graphique 1
| Année de recensement | Population née aux États-Unis (total) | Immigrants nés aux États-Unis admis il y a plus de 10 ans | Immigrants nés aux États-Unis admis il y a 6 à 10 ans | Immigrants nés aux États-Unis admis au cours des 5 dernières années | Citoyens canadiens par filiation nés aux États-Unis | Résidents non permanents dénombrés nés aux États-Unis |
|---|---|---|---|---|---|---|
| nombre de personnes nées aux États-Unis | ||||||
Source : Statistique Canada, Recensement de la population, de 1871 à 2021, et Enquête nationale auprès des ménages, 2011. |
||||||
| 1871 | 64 647 | ... n'ayant pas lieu de figurer | ... n'ayant pas lieu de figurer | ... n'ayant pas lieu de figurer | ... n'ayant pas lieu de figurer | ... n'ayant pas lieu de figurer |
| 1881 | 77 753 | ... n'ayant pas lieu de figurer | ... n'ayant pas lieu de figurer | ... n'ayant pas lieu de figurer | ... n'ayant pas lieu de figurer | ... n'ayant pas lieu de figurer |
| 1891 | 80 915 | ... n'ayant pas lieu de figurer | ... n'ayant pas lieu de figurer | ... n'ayant pas lieu de figurer | ... n'ayant pas lieu de figurer | ... n'ayant pas lieu de figurer |
| 1901 | 127 899 | ... n'ayant pas lieu de figurer | ... n'ayant pas lieu de figurer | ... n'ayant pas lieu de figurer | ... n'ayant pas lieu de figurer | ... n'ayant pas lieu de figurer |
| 1911 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 93 569 | 58 215 | 151 896 | ... n'ayant pas lieu de figurer | ... n'ayant pas lieu de figurer |
| 1921 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 194 250 | 93 420 | 86 354 | ... n'ayant pas lieu de figurer | ... n'ayant pas lieu de figurer |
| 1931 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 257 968 | 28 787 | 57 819 | ... n'ayant pas lieu de figurer | ... n'ayant pas lieu de figurer |
| 1941 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 270 291 | 22 921 | 19 261 | ... n'ayant pas lieu de figurer | ... n'ayant pas lieu de figurer |
| 1951 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 245 786 | 9 553 | 26 671 | ... n'ayant pas lieu de figurer | ... n'ayant pas lieu de figurer |
| 1961 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 252 412 | 17 852 | 38 533 | ... n'ayant pas lieu de figurer | ... n'ayant pas lieu de figurer |
| 1971 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 207 665 | 27 330 | 74 645 | ... n'ayant pas lieu de figurer | ... n'ayant pas lieu de figurer |
| 1981 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 203 895 | 54 435 | 43 190 | 10 490 | ... n'ayant pas lieu de figurer |
| 1986 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 220 075 | 30 765 | 31 180 | 8 785 | ... n'ayant pas lieu de figurer |
| 1991 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 193 660 | 24 480 | 30 940 | 22 385 | 18 155 |
| 1996 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 191 400 | 24 275 | 29 020 | 19 630 | 16 380 |
| 2001 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 186 480 | 21 695 | 29 745 | 20 155 | 20 500 |
| 2006 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 187 610 | 24 155 | 38 770 | 20 235 | 27 600 |
| 2011 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 186 545 | 31 920 | 45 010 | 21 900 | 30 795 |
| 2016 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 187 225 | 33 435 | 33 060 | 53 720 | 30 780 |
| 2021 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 185 550 | 30 655 | 39 880 | 90 490 | 26 805 |
Depuis 1991, la population des immigrants américains est demeurée stable, soit environ 250 000 personnes, et n’a comporté que de légères fluctuations. Cette stabilité relative s’explique par le fait que les cohortes plus anciennes d’immigrants américains ont été progressivement remplacées par l’arrivée continue d’immigrants en provenance des États-Unis. Le nombre d’immigrants américains récents, soit ceux admis au cours des cinq années précédant le recensement, est demeuré relativement stable entre 1991 et 2021, avec une moyenne de 35 000 personnes. De 2006 à 2021, ce nombre a légèrement augmenté, atteignant un sommet de 45 000 personnes en 2011. En 2021, un total de 256 000 immigrants américains vivaient au Canada.
Étant donné que la dernière vague importante d’immigration en provenance des États-Unis remonte aux années 1960 et 1970, une proportion relativement élevée d’immigrants américains vivent au Canada depuis longtemps. Plus du tiers (34,9 %) d’entre eux ont été admis avant 1981, comparativement à 19,5 % de l’ensemble des immigrants en 2021.
Outre les immigrants américains, la population née aux États-Unis vivant au Canada en 2021 comprenait environ 90 000 citoyens canadiens par filiation nés aux États-Unis, ainsi que 27 000 résidents non permanents dénombrés nés aux États-Unis. Pour en savoir plus sur ces populations, veuillez lire l’encadré sur les citoyens canadiens par filiation et les résidents non permanents nés aux États-Unis et vivant au Canada.
Citoyens canadiens par filiation et résidents non permanents qui sont nés aux États-Unis et qui vivent au Canada
L’étude des citoyens canadiens par filiation et des résidents non permanents (RNP) nés aux États-Unis présente divers défis analytiques. En effet, les citoyens canadiens par filiation ne passent pas par le processus administratif officiel d’immigration avant de s’établir au Canada. Il y a donc peu de renseignements disponibles sur leur parcours migratoire. Par ailleurs, une voie claire vers la citoyenneté pour les enfants de citoyens canadiens nés à l’étranger n’a été instaurée qu’en 1977, lorsque des modifications ont été apportées à la Loi sur la citoyenneté. Quant à la population de RNP, elle est très hétérogène et doit être ventilée selon le type de permis afin de pouvoir être étudiée adéquatement; elle a été prise en compte pour la première fois dans le cadre du Recensement de 1991. Ces deux populations représentent une proportion relativement faible de la population née aux États-Unis et vivant au Canada. C’est pourquoi elles ne seront pas abordées davantage dans le corps principal du texte.
Citoyens canadiens par filiation nés aux États-Unis
Les citoyens canadiens de naissance nés à l’étranger, également appelés des citoyens canadiens par filiation, représentent une population relativement réduite au Canada. En 2021, 322 530 citoyens canadiens par filiation vivaient au Canada (Statistique Canada, 2022). Parmi eux, 90 490 citoyens canadiens étaient nés aux États-Unis, faisant de ce pays le principal lieu de naissance des citoyens canadiens par filiation. Ce nombre élevé reflète le fait que les États-Unis constituaient le plus important lieu de résidence pour la diaspora canadienne (Bérard-Chagnon et Cañon, 2022), la population née au Canada et vivant aux États-Unis étant estimée à plus de 800 000 en 2023Note .
La population de citoyens canadiens par filiation nés aux États-Unis et vivant au Canada est relativement jeune (l’âge médian est de 25,6 ans) : 23,5 % sont âgés de moins de 15 ans et 25,6 % ont entre 15 et 24 ans.
Résidents non permanents nés aux États-Unis
En 2021, 26 805 RNP nés aux États-Unis ont été dénombrés dans le cadre du Recensement de la populationNote . Le tiers des RNP nés aux États-Unis (33,3 %) détenaient uniquement un permis de travailNote , 25,9 % uniquement un permis d’étude, 4,3 % à la fois un permis de travail et un permis d’études, 19,4 % étaient des demandeurs d’asile, des personnes protégées ou des membres de groupes connexes, et 17,0 % détenaient d’autres types de permis. Comme c’est le cas pour l’ensemble des RNP, les RNP nés aux États-Unis étaient très jeunes (l’âge médian était de 23,6 ans), plus du tiers (34,6 %) de cette population étant composé d’enfants de moins de 15 ans. Parmi ces enfants, près de la moitié étaient des demandeurs d’asile, des personnes protégées ou des membres de groupes connexes (47,5 %) et plus du quart détenaient uniquement des permis d’études (26,3 %). Chez les RNP âgés de 15 à 24 ans, plus de la moitié détenaient uniquement des permis d’études (52,2 %). Enfin, environ les deux tiers des personnes âgées de 25 ans et plus (65,5 %) détenaient uniquement des permis de travail.
Plus de la moitié des immigrants américains vivant au Canada étaient âgés de plus de 52 ans
La population des immigrants américains affiche un âge médian (52,4 ans) plus élevé que celui de la population née au Canada (38,8 ans) et que celui de l’ensemble de la population des immigrants (49,2 ans), ce qui reflète bien les vagues d’immigration plus anciennes en provenance des États-Unis. Cependant, en 2021, la proportion d’enfants et de jeunes adultes âgés de 0 à 24 ans au sein de la population des immigrants américains (20,0 %) était beaucoup plus élevée que celle dans l’ensemble de la population des immigrants (11,6 %). Cette proportion relativement importante d’enfants et de jeunes adultes s’explique en partie par le fait que, parmi les immigrants admis au cours des 20 dernières années, près du quart de ceux provenant des États-Unis (23,9 %) ont été admis au Canada avant l’âge de 5 ans, soit plus du double de la proportion observée pour l’ensemble des immigrants (8,9 %).
Les immigrants américains étaient presque deux fois plus susceptibles de vivre en Colombie-Britannique que la population née au Canada
La répartition provinciale des immigrants américains différait de celle de l’ensemble des immigrants et de la population née au Canada. Alors qu’en 2021, la moitié de tous les immigrants vivaient en Ontario (50,3 %), cette proportion était plus faible chez les immigrants américains (43,5 %), mais tout de même plus élevée que celle observée chez la population née au Canada (34,8 %). Près du quart (23,4 %) des immigrants américains vivaient en Colombie-Britannique, une proportion supérieure à celle de l’ensemble des immigrants (17,1 %) et presque deux fois plus élevée que celle de la population née au Canada (12,2 %). À l’inverse, une plus faible proportion d’immigrants américains vivaient au Québec (9,7 %), comparativement à la population née au Canada (25,6 %) et à la population totale des immigrants (14,5 %).
Compte tenu de la taille de la population de chaque province et territoire, les immigrants américains représentaient une proportion relative plus élevée de la population au Yukon (1,34 %) et en Colombie-Britannique (1,22 %) que dans l’ensemble du Canada (0,70 %). Toronto et Vancouver étaient les deux principales régions métropolitaines de recensement (RMR) où vivaient les immigrants américains : 18,8 % d’entre eux résidaient à Toronto et 10,8 % à Vancouver. Ces proportions étaient plus élevées que celles de la population née au Canada (11,1 % et 5,1 %, respectivement), tandis que l’ensemble de la population des immigrants était davantage concentré à Toronto et à Vancouver (34,2 % et 13,0 %, respectivement). Deux RMR situées sur l’île de Vancouver affichaient une forte proportion relative d’immigrants américains au sein de leur population, soit Victoria (1,67 %) et Nanaimo (1,22 %). On observait également une concentration relativement élevée d’immigrants américains à Windsor (1,62 %) et à St. Catharines–Niagara (1,32 %), deux RMR de l’Ontario situées tout près de la frontière américaine.
Plus du tiers des immigrants récents en provenance des États-Unis avaient au moins un parent né à l’extérieur des États-Unis et du Canada
Parmi les immigrants américains, 33,5 % d’entre eux avaient au moins un parent né à l’extérieur des États-Unis et du Canada, et 25,8 % avaient deux parents nés à l’extérieur de ces deux pays. L’Asie (40,3 %) et l’Europe (24,1 %) étaient les deux principales régions de naissance de ces parents.
La proportion de personnes ayant au moins un parent né à l’extérieur du Canada et des États-Unis était encore plus élevée chez les immigrants américains récents (admis au cours des cinq dernières années), soit 46,9 %. En outre, plus du tiers (39,6 %) avaient deux parents nés à l’extérieur des États-Unis et du Canada. L’Asie (48,0 %) et l’Afrique (23,1 %) étaient les deux principales régions de naissance de ces parents nés à l’extérieur du Canada et des États-Unis alors que l’Inde (20,8 %) et le Nigéria (14,0 %) étaient leurs deux principaux lieux de naissance.
Les populations noire et sud-asiatique représentaient chacune plus de 10 % des immigrants américains récents
En 2021, une proportion plus élevée d’immigrants américains faisaient partie d’un groupe racisé (23,6 %) comparativement à la population née au Canada (11,1 %). En particulier, les populations noire (7,3 %) et latino-américaine (3,0 %) formaient les deux plus grands groupes racisés au sein de la population des immigrants américains. Par ailleurs, parmi les immigrants américains récents, environ deux sur cinq (40,5 %) appartenaient à des groupes racisés, les populations noire (13,9 %), sud-asiatique (10,7 %) et latino-américaine (4,0 %) étant les groupes les plus importants. Même si des proportions relativement élevées d’immigrants américains récents et de l’ensemble des immigrants américains faisaient partie de groupes racisés (40,5 % et 23,6 %, respectivement), comparativement à la population née au Canada (11,1 %), ces proportions demeuraient bien inférieures à celles observées pour les immigrants récents et pour l’ensemble des immigrants et (83,0 % et 69,3 %, respectivement).

Tableau de données du graphique 2
| Noirs | Sud-Asiatiques | Latino-Américains | Chinois | Arabes | Autres groupes racisés | |
|---|---|---|---|---|---|---|
| pourcentage des groupes racisés | ||||||
| Source : Statistique Canada, Recensement de la population, 2021. | ||||||
| Population née au Canada | 2,4 | 2,8 | 0,5 | 1,8 | 0,7 | 3,0 |
| Immigrants américains | 7,3 | 5,4 | 3,0 | 2,6 | 1,6 | 3,8 |
| Immigrants américains récents | 13,9 | 10,7 | 4,0 | 3,9 | 2,8 | 5,2 |
| Immigrants (total) | 9,4 | 18,2 | 4,4 | 13,0 | 5,4 | 18,8 |
| Immigrants récents (total) | 14,0 | 24,6 | 4,3 | 9,9 | 9,7 | 20,5 |
Portrait des caractéristiques et de l’expérience sur le marché du travail de la population des immigrants américains du principal groupe d’âge actif
La prochaine partie de l’article présente certaines caractéristiques clés des immigrants américains afin de contextualiser leurs expériences sur le marché du travail, qui seront abordées par la suite. La section suivante s’appuie sur les données de 2021 concernant le principal groupe d’âge actif (25 à 54 ans), pour lequel le taux d’activité est le plus élevé. Cela permet d’atténuer certains des effets liés à la structure par âge de la population des immigrants américains, qui est concentrée à la fois dans les groupes d’âge plus jeunes et plus âgés. Les immigrants américains sont non seulement comparés à la population née au Canada et à l’ensemble des immigrants, mais également aux immigrants provenant du Royaume-Uni et de la France afin de mettre en évidence certains aspects de leurs résultats. Ces trois pays figurent parmi les plus importantes sources d’immigrants du principal groupe d’âge actif au Canada : le Royaume-Uni (119 000) se classait au 5e rang, les États-Unis (88 000) au 7e rang et la France (69 000) au 12e rang. Les seules langues officielles de ces pays étant l’anglais ou le français, cela se reflète dans la proportion écrasante (plus de 99 %) des immigrants récents provenant de ces trois pays qui pouvaient parler l’une des langues officielles du Canada. De plus, le Royaume-Uni et la France ont été retenus pour la comparaison parce qu’ils sont similaires aux États-Unis, étant également des pays du G7.
Une plus forte proportion d’immigrants américains du principal groupe d’âge actif détiennent un baccalauréat ou un grade supérieur, comparativement à la population née au Canada
Chez les personnes du principal groupe d’âge actif (de 25 à 54 ans), les immigrants américains au Canada avaient tendance à être plus scolarisés que la population née au pays. Plus de la moitié (51,6 %) des immigrants américains détenaient un baccalauréat ou un grade supérieur, comparativement à près de 3 personnes nées au Canada sur 10 (29,8 %). Plus particulièrement, 21,9 % des immigrants américains détenaient un certificat, un diplôme ou un grade universitaire supérieur au baccalauréat, soit plus du double du taux observé chez les personnes nées au Canada (8,8 %).
La proportion d’immigrants américains titulaires d’un baccalauréat ou d’un grade supérieur était également légèrement plus élevée que celle de l’ensemble des immigrants (51,6 % comparativement à 49,3 %, respectivement). De plus, une proportion légèrement plus importante d’immigrants américains détenait un baccalauréat ou un grade supérieur comparativement aux immigrants en provenance du Royaume-Uni (43,4 %). En revanche, les immigrants originaires de la France affichaient une proportion plus élevée de baccalauréat ou de grade supérieur : plus de 62,5 % détenaient un diplôme universitaire, et 42,4 % avaient un grade supérieur au baccalauréat.

Tableau de données du graphique 3
| Population née au Canada | Immigrants (total) | Immigrants américains | Immigrants du Royaume-Uni | Immigrants de la France | |
|---|---|---|---|---|---|
| pourcentage | |||||
| Source: Statistics Canada, Census of Population, 2021. | |||||
| Aucun certificat, diplôme ou grade | 8,5 | 8,1 | 3,8 | 3,3 | 2,5 |
| Diplôme d’études secondaires ou attestation d'équivalence | 23,4 | 17,4 | 21,6 | 19,6 | 6,1 |
| Certificat ou diplôme postsecondaire inférieur au baccalauréat | 38,3 | 25,3 | 23,0 | 33,6 | 28,9 |
| Baccalauréat | 21,0 | 29,3 | 29,8 | 27,3 | 20,1 |
| Certificat, diplôme ou grade universitaire supérieur au baccalauréat | 8,8 | 20,0 | 21,9 | 16,1 | 42,4 |
Les immigrants américains étaient plus susceptibles d’avoir acquis une expérience de travail canadienne avant leur admission que l’ensemble des immigrants
Parmi le principal groupe d’âge actif (de 25 à 54 ans), près de la moitié (48,9 %) des immigrants américains avaient acquis une expérience au Canada avant l’admissionNote , c’est-à-dire avant d’obtenir leur résidence permanente. De plus, 35,9 % des immigrants américains possédaient une expérience de travail avant l’admission, ce qui s’est avéré contribuer à augmenter le salaire d’entrée après l’admission (Picot et coll., 2022). Cette proportion était beaucoup plus élevée que celle observée pour l’ensemble des immigrants (19,9 %), semblable à celle des immigrants du Royaume-Uni (36,5 %) et inférieure à celle des immigrants de la France (55,7 %).

Tableau de données du graphique 4
| Immigrants (total) | Immigrants américains | Immigrants du Royaume-Uni | Immigrants de la France | |
|---|---|---|---|---|
| pourcentage | ||||
| Source : Statistique Canada, Recensement de la population, 2021. | ||||
| Permis de travail seulement avant l’admission | 12,1 | 26,1 | 32,7 | 39,0 |
| Permis de travail et d’études avant l’admission | 7,8 | 9,9 | 3,8 | 16,7 |
| Permis d’études seulement avant l’admission | 3,0 | 8,9 | 4,9 | 5,2 |
| Demande d’asile avant l’admission | 6,4 | 1,7 | 0,3 | 0,4 |
| Autres permis avant l’admission | 0,3 | 2,3 | 0,5 | 0,2 |
Près des deux tiers des immigrants américains ont été parrainés par des membres de leur famille
Parmi les immigrants américains âgés de 25 à 54 ans et admis depuis 1980, près des deux tiers (63,4 %) avaient été parrainés par des membres de leur famille. Ce taux est plus de deux fois supérieur à celui observé pour l’ensemble des immigrants (29,8 %) ainsi que pour les immigrants du Royaume-Uni (29,2 %), et plus de quatre fois supérieur à celui des immigrants de la France (13,6 %). La grande majorité (87,1 %) des immigrants américains parrainés par leur famille étaient des conjoints ou des partenaires, une tendance également constatée chez les immigrants du Royaume-Uni (84,5 %) et de la France (87,7 %). À l’inverse, les immigrants américains étaient beaucoup moins nombreux à être admis en tant qu’immigrants économiques (32,2 %), comparativement à l’ensemble des immigrants (55,3 %), aux immigrants du Royaume-Uni (70,0 %) et à ceux de la France (85,5 %). Étant donné que les immigrants économiques ont été sélectionnés pour leur capacité à contribuer à l'économie canadienne alors que les immigrants parrainés par la famille ont reçu le statut de résident permanent en raison de leur lien avec un citoyen canadien ou un résident permanent, ceci pourrait influer sur les résultats économiques des immigrants américains. Comme pour les immigrants du Royaume-Uni (0,5 %) et de la France (0,7 %), une faible proportion d’immigrants des États-Unis ont été admis à titre de réfugiés (3,4 %), alors que cette proportion s’établissait à 13,7 % pour l’ensemble des immigrants.

Tableau de données du graphique 5
| Immigrants (total) | Immigrants américains | Immigrants du Royaume-Uni | Immigrants de la France | |
|---|---|---|---|---|
| pourcentage | ||||
| Source : Statistique Canada, Recensement de la population, 2021. | ||||
| Immigrants économiques | 55,3 | 32,2 | 70,0 | 85,5 |
| Immigrants parrainés par la famille | 29,8 | 63,4 | 29,2 | 13,6 |
| Réfugiés | 13,7 | 3,4 | 0,5 | 0,7 |
| Autres immigrants | 1,2 | 1,0 | 0,3 | 0,3 |
Les immigrants américains du principal groupe d’âge actif affichaient des taux d’activité plus faibles et des taux de chômage plus élevés que les personnes nées au Canada et que les immigrants d’autres pays à revenu élevé
En 2021, le taux d’activité des immigrants américains faisant partie du principal groupe d’âge actif (de 25 à 54 ans) était plus faible (83,2 %) que celui de la population née au Canada (86,6 %). Cet écart s’explique en grande partie par le taux d’activité moins élevé des femmes immigrantes des États-Unis (78,6 %) comparativement à leurs homologues nées au Canada (84,4 %). Chez les hommes, les taux étaient similaires : 88,7 % pour les immigrants américains comparativement à 88,9 % pour les hommes nés au Canada. Le taux global d’activité des immigrants américains était légèrement inférieur à celui de l’ensemble des immigrants (83,8 %), mais nettement inférieur à celui des immigrants du Royaume-Uni (89,5 %) et de la France (93,7 %).
En 2021, le taux de chômage des immigrants américains de 25 à 54 ans (7,9 %) était légèrement plus élevé que celui de la population née au Canada (7,7 %). À l’inverse, leur taux de chômage était inférieur à celui de l’ensemble des immigrants (9,9 %), mais nettement plus élevé que ceux observés chez les immigrants du Royaume-Uni (6,5 %) et de la France (5,0 %).

Tableau de données du graphique 6
| Taux d’activité | Taux de chômage | |
|---|---|---|
| pourcentage | ||
| Source : Statistique Canada, Recensement de la population, 2021. | ||
| Population née au Canada | 86,6 | 7,7 |
| Immigrants (total) | 83,8 | 9,9 |
| Immigrants américains | 83,2 | 7,9 |
| Immigrants du Royaume-Uni | 89,5 | 6,5 |
| Immigrants de la France | 93,7 | 5,0 |
Les immigrants américains du principal groupe d’âge actif étaient plus susceptibles d’exercer des emplois professionnels dans l’enseignement, le droit et les services sociaux, communautaires et gouvernementaux
Les immigrants américains du principal groupe d’âge actif (de 25 à 54 ans) présentaient un profil professionnel différent de celui de la population née au Canada et de l’ensemble des immigrants. En 2021, une plus grande proportion d’immigrants américains (19,4 %) exerçaient des professions dans l’enseignement, le droit ainsi que dans les services sociaux, communautaires et gouvernementaux, comparativement à la population née au Canada (15,6 %), à l’ensemble des immigrants (10,4 %) et aux immigrants provenant d’autres pays à revenu élevé comme le Royaume-Uni (15,3 %) et la France (15,7 %). Les immigrants américains (13,6 %) étaient particulièrement concentrés dans les professions exigeant habituellement un diplôme universitaire à l’intérieur de ce vaste groupe professionnel, comparativement à la population née au Canada (8,6 %) et à l’ensemble des immigrants (5,4 %). Plus précisément, les professeurs et professeures d’université et les assistants et assistantes d’enseignement au niveau postsecondaire (3,6 %) ainsi que les enseignants et enseignantes aux niveaux secondaire, primaire et préscolaire (3,6 %) constituaient les deux professions les plus fréquentes parmi les immigrants américains. Par ailleurs, les immigrants américains (7,8 %) étaient plus de deux fois plus susceptibles de travailler dans les domaines des arts, de la culture, des sports et des loisirs que la population née au Canada (3,6 %) et l’ensemble des immigrants (2,7 %). À l’inverse, les immigrants américains (10,8 %) étaient moins présents dans les domaines des métiers, du transport, de la machinerie et les domaines apparentés que la population née au Canada (18,2 %) et l’ensemble des immigrants (14,9 %).
| Population née au Canada | Immigrants (total) |
Immigrants américains | Immigrants du Royaume-Uni | Immigrants de la France | |
|---|---|---|---|---|---|
| pourcentage | |||||
| Note : Les professions respectent la structure hiérarchique à un chiffre de la Classification nationale des professions.
Source : Statistique Canada, Recensement de la population, 2021. |
|||||
| 0. Membres des corps législatifs et cadres supérieurs/cadres supérieures | 1,4 | 0,9 | 2,1 | 2,4 | 2,5 |
| 1. Affaires, finance et administration | 18,4 | 18,6 | 19,0 | 21,1 | 22,8 |
| 2. Sciences naturelles et appliquées et domaines apparentés | 8,0 | 13,3 | 10,5 | 11,9 | 18,1 |
| 3. Secteur de la santé | 8,8 | 9,7 | 8,4 | 7,5 | 6,5 |
| 4. Enseignement, droit et services sociaux, communautaires et gouvernementaux | 15,6 | 10,4 | 19,4 | 15,3 | 15,7 |
| 5. Arts, culture, sports et loisirs | 3,6 | 2,7 | 7,8 | 5,4 | 8,2 |
| 6. Vente et services | 19,3 | 23,2 | 17,9 | 17,4 | 15,4 |
| 7. Métiers, transport, machinerie et domaines apparentés | 18,2 | 14,9 | 10,8 | 14,5 | 7,4 |
| 8. Ressources naturelles, agriculture et production connexe | 2,8 | 1,0 | 1,9 | 1,7 | 0,8 |
| 9. Fabrication et services d’utilité publique | 4,0 | 5,4 | 2,4 | 2,7 | 2,5 |
Les taux de surqualification étaient plus élevés chez les immigrants américains que chez ceux du Royaume-Uni et de la France
En 2021, le taux de surqualification des immigrants américains âgés de 25 à 54 ans titulaires d’un baccalauréat ou d’un grade supérieur s’élevait à 11,9 %. Ils étaient donc légèrement plus susceptibles d’être surqualifiés que leurs homologues nés au Canada (10,3 %), mais beaucoup moins que l’ensemble des immigrants (20,1 %). À l’inverse, les immigrants du Royaume-Uni et de la France présentaient des taux de surqualification plus faibles (10,5 % et 7,9 %, respectivement). Dans le cadre du présent article, le taux de surqualification correspond à la proportion de personnes titulaires d’un baccalauréat ou d’un grade supérieur qui occupent un emploi nécessitant habituellement un diplôme d’études secondaires ou un niveau inférieur (catégorie de formation, d’études, d’expérience et de responsabilités [FEER] 4 ou 5)Note .

Tableau de données du graphique 7
| Taux de surqualification | |
|---|---|
| pourcentage | |
| Note : Le taux de surqualification des diplômés universitaires correspond ici à la proportion de personnes titulaires d’un baccalauréat ou d’un diplôme supérieur qui exercent une profession nécessitant habituellement un diplôme d’études secondaires ou moins (FEER 4 ou 5). Les professions de gestion (FEER 0) sont exclues du dénominateur.
Source : Statistique Canada, Recensement de la population, 2021. |
|
| Population née au Canada | 10,3 |
| Immigrants (total) | 20,1 |
| Immigrants américains | 11,9 |
| Immigrants du Royaume-Uni | 10,5 |
| Immigrants de la France | 7,9 |
Inégalités relativement marquées de revenu d’emploi chez les immigrants américains vivant au Canada
En 2021, parmi le principal groupe d’âge actif (de 25 à 54 ans), le revenu d’emploi médian des immigrants américains était équivalent à celui de la population née au Canada (52 000 $), mais inférieur à celui des immigrants du Royaume-Uni (63 600 $) et de la France (57 600 $), tout en demeurant supérieur à celui de l’ensemble des immigrants (43 200 $). En revanche, le revenu d’emploi moyen des immigrants américains atteignait 75 500 $, soit un niveau supérieur à celui de l’ensemble des immigrants (54 250 $), de la population née au Canada (62 100 $) et des immigrants de la France (69 400 $), mais inférieur à celui des immigrants du Royaume-Uni (81 100 $).
Par ailleurs, les États-Unis affichent la plus forte inégalité de revenus parmi les pays du G7, telle que mesurée par l’indice de GiniNote . Cette tendance correspond à l’inégalité de revenus d’emploi relativement élevée observée chez les immigrants américains vivant au Canada. En effet, parmi tous les groupes analysés, les immigrants américains présentaient le ratio le plus élevé (21,3) entre le 90ᵉ et le 10ᵉ percentile de la répartition du revenu d’emploi. Cette mesure, couramment utilisée pour évaluer les inégalités de revenus, était plus élevée pour les immigrants américains que pour l’ensemble des immigrants (19,0), les immigrants du Royaume-Uni (15,3) et la population née au Canada (13,1), et elle était deux fois supérieure à celle des immigrants français (10,1).
| Revenu d’emploi moyen | Revenu d’emploi médian | Ratio P90/P10 du revenu d’emploi | |
|---|---|---|---|
| dollars | pourcentage | ||
| Source : Statistique Canada, Recensement de la population, 2021. | |||
| Population née au Canada | 62 100 | 52 000 | 13,1 |
| Immigrants (total) | 54 250 | 43 200 | 19,0 |
| Immigrants américains | 75 500 | 52 000 | 21,3 |
| Immigrants du Royaume‑Uni | 81 100 | 63 600 | 15,3 |
| Immigrants de la France | 69 400 | 57 600 | 10,1 |
Le revenu médian à l’entrée des immigrants américains était relativement élevé, mais tendait à stagner cinq ans après l’admission
Pour bien saisir le rendement général des immigrants provenant de différents pays, il est important d’examiner l’évolution de leurs résultats économiques dans le temps. De façon générale, les résultats en matière d’emploi tendent à s’améliorer avec le temps depuis l’admission au Canada, reflétant une meilleure intégration sur le marché du travail. Par exemple, selon la Base de données longitudinales sur l’immigration, qui combine des fichiers administratifs sur l’immigration et des données fiscales, les immigrants admis en 2012 ont vu leur revenu médian d’emploi augmenter de 68,5 % au cours des 10 années suivant leur admission.
Un an après leur admission, les déclarants immigrants des États-Unis ont tendance à obtenir un revenu d’emploi médian plus élevé que celui de l’ensemble des immigrants. En 2022, les immigrants américains admis un an auparavant affichaient un revenu médian d’emploi de 52 300 $, nettement supérieur à celui de l’ensemble des immigrants (41 800 $), mais inférieur à celui des immigrants de la France (60 100 $) et du Royaume-Uni (62 200 $).
Cependant, la croissance du revenu d’emploi des immigrants américains au fil du temps reste beaucoup plus faible que celle des autres immigrants, et tend même à stagner sur une période de 10 ans. En moyenne, les immigrants américains admis entre 2002 et 2012 ont vu leur revenu médian d’emploi croître de 19,7 % entre la première année et la cinquième année suivant leur admission. De la 5e à la 10e année après l’admission, leur revenu médian d’emploi a augmenté en moyenne de 1,9 point de pourcentage. Ainsi, au cours des 10 années suivant leur admission, les immigrants américains de ces cohortes ont connu une hausse de 22,0 % de leur revenu d’emploi. En comparaison, l’ensemble des immigrants des mêmes cohortes d’admission ont vu leur revenu médian d’emploi augmenter de 70,9 % sur la même période de 10 ans. Les immigrants de la France et du Royaume-Uni ont également connu une croissance inférieure à la moyenne de leur revenu médian d’emploi, avec des augmentations de 55,3 % et 27,5 %, respectivement, au cours des 10 années suivant leur admission. La trajectoire de croissance plus faible du revenu d’emploi pour les immigrants de ces trois pays s’explique probablement par le fait qu’ils commencent avec un revenu médian d’emploi plus élevé que les autres immigrants, atteignant ainsi plus rapidement leur plafond. Cependant, cela n’explique pas pourquoi les immigrants américains, qui présentent le revenu médian d’entrée le plus bas parmi ces trois pays, connaissent également la croissance la plus faible de leur revenu d’emploi au cours des 10 années suivant leur admission.
Ces résultats montrent la nécessité d’examiner davantage ce sujet en tenant compte de caractéristiques supplémentaires telles que l’âge, le genre, l’âge à l’admission, la catégorie d’admission, la profession et le lieu de résidence, afin de mieux comprendre les facteurs qui pourraient expliquer certaines des tendances observées.

Tableau de données du graphique 8
| Années suivant l’admission | Immigrants (total) | Immigrants américains | Immigrants du Royaume-Uni | Immigrants de la France |
|---|---|---|---|---|
| Croissance des revenus d’emploi (100 = année 1) | ||||
| Note : 100 = revenu d’emploi un an après l’admission.
Source : Statistique Canada, Base de données longitudinales sur l’immigration, 2023. |
||||
| Année | ||||
| 1 | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 |
| 2 | 112,6 | 108,7 | 110,8 | 112,4 |
| 3 | 121,8 | 113,3 | 115,6 | 118,4 |
| 4 | 130,4 | 118,0 | 119,1 | 124,8 |
| 5 | 137,9 | 119,7 | 121,3 | 131,5 |
| 6 | 145,1 | 120,0 | 121,6 | 136,3 |
| 7 | 151,0 | 121,6 | 122,5 | 141,3 |
| 8 | 156,7 | 121,5 | 124,0 | 146,3 |
| 9 | 163,8 | 122,1 | 125,5 | 151,3 |
| 10 | 170,9 | 122,0 | 127,5 | 155,3 |
Conclusion
L’immigration en provenance des États-Unis a été un moteur important de la croissance démographique au début du 20ᵉ siècle. La population née aux États-Unis et vivant au Canada est arrivée dans des contextes variés : certains d’entre eux étaient des citoyens canadiens par filiation, d’autres des résidents non permanents, et d’autres encore des immigrants. La dernière vague importante d’immigrants nés aux États-Unis remonte à la fin des années 1960 et au début des années 1970. Depuis, le nombre d’immigrants venus des États-Unis au Canada est resté relativement stable.
La population d’immigrants américains vivant au Canada était diversifiée, tant en ce qui concerne le lieu de naissance des parents que l’appartenance à des groupes racisés. Plus du tiers des immigrants américains vivant au Canada avaient au moins un parent né en dehors des États-Unis et du Canada, et près d’un quart appartenaient à un groupe racisé. Ces proportions étaient encore plus élevées parmi les immigrants récents, indiquant que cette population se diversifie de plus en plus.
De nombreux immigrants nés aux États-Unis sont arrivés au Canada en ayant des avantages, tels que la connaissance d’une langue officielle, un niveau élevé de scolarité et une expérience de travail préalable au Canada. Ces facteurs laissent penser qu’ils sont susceptibles de bien réussir sur le marché du travail canadien. En effet, les immigrants américains semblaient obtenir de meilleurs résultats que l’ensemble des immigrants. Cependant, comme c’est le cas pour la plupart des immigrants, leurs résultats sur le marché du travail demeuraient inférieurs à ceux de la population née au Canada. De plus, leurs résultats sur le marché du travail et en matière de revenu n’étaient pas comparables à ceux des immigrants du Royaume-Uni et de la France. Plus particulièrement, les immigrants américains présentaient des taux d’activité relativement plus faibles que la population née au Canada et que les immigrants du Royaume-Uni et de la France, des taux de chômage plus élevés, des taux de surqualification plus importants, une inégalité de revenus plus marquée, ainsi qu’un revenu d’entrée et une croissance de revenu inférieurs au cours des 10 années suivant leur admission. Ces résultats plus faibles observés chez les immigrants américains, comparativement à ceux des immigrants du Royaume-Uni et de la France, pourraient s’expliquer par le fait que la majorité d’entre eux ne viennent pas au Canada comme immigrants économiques, lesquels sont sélectionnés pour leur capacité à contribuer à l'économie canadienne, mais plutôt comme des immigrants parrainés par la famille. Les études futures sur ces populations devraient recourir à des analyses multivariées afin de mieux comprendre certains des résultats présentés dans cet article.
Le Canada et les États-Unis ont tissé des liens économiques et sociaux très étroits au fil des décennies. On peut donc s’attendre à ce que d’importants flux migratoires se poursuivent dans les deux sens de la frontière à l’avenir. Dans ce contexte, il sera important de continuer à suivre la réussite socioéconomique des immigrants américains au Canada.
Définitions
Citoyens canadiens par filiation nés aux États-Unis : Personnes nées aux États-Unis dont au moins un parent est citoyen canadien.
Expérience avant admission réfère à la catégorie en vertu de laquelle un immigrant a été autorisé à entrer au Canada à des fins de résidence temporaire avant d'être admis comme immigrant reçu ou résident permanent.
Immigrants américains : Personnes nées aux États-Unis et vivant au Canada en tant que résidents permanents. Cette catégorie comprend également les immigrants ayant obtenu la citoyenneté canadienne par naturalisation.
Immigrants récents : Personnes admises de manière permanente au Canada dans les cinq années précédant le recensement. En ce qui concerne le Recensement de 2021, cette période s’étire du 1er janvier 2016 au 11 mai 2021.
Population née au Canada : Personnes nées au Canada qui ne sont pas des immigrants.
Résidents non permanents nés aux États-Unis : Personnes nées aux États-Unis et vivant au Canada qui sont titulaires d’un permis de travail ou d’un permis d’études, ou qui ont demandé le statut de réfugié (demandeurs d’asile, personnes protégées et membres de groupes connexes). Les membres de la famille vivant avec des titulaires de permis de travail ou d’études sont également inclus, sauf si ces membres de la famille sont déjà citoyens canadiens ou résidents permanents.
Références
Bérard-Chagnon, Julien et Lorena Cañon. 2022. « La diaspora canadienne : estimation du nombre de citoyens canadiens qui résident à l’étranger », Documents démographiques. Ottawa : Statistique Canada.
Hou, Feng et Yuqian Lu. 2025. « Tendances récentes relatives aux travailleurs étrangers temporaires des États-Unis au Canada », Rapports économiques et sociaux. Ottawa : Statistique Canada.
Kobayashi, Audrey et Brian Ray. 2005. « Placing American emigration to Canada in context », Migration Information Source. Washington, DC : Migration Policy Institute. Accès le 11 février 2025.
Picot, Garnett et coll. 2022. « Facteurs de sélection des immigrants et gains des demandeurs principaux de la catégorie économique », Ottawa : Statistique Canada.
Statistique Canada. 2022. Un portrait de la citoyenneté au Canada selon le Recensement de 2021. Ottawa : Statistique Canada.
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