Rapports économiques et sociaux
Tendances récentes relatives aux travailleurs étrangers temporaires des États-Unis au Canada

Date de diffusion : le 23 avril 2025

DOI: https://doi.org/10.25318/36280001202500400006-fra

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Le déplacement des travailleurs étrangers temporaires entre les États-Unis et le Canada représente un aspect important, mais peu étudié, de la mobilité de la main-d’œuvre en Amérique du Nord. Le présent article examine les tendances récentes relatives au nombre de travailleurs étrangers temporaires des États-Unis au Canada, ainsi que leurs tendances de l’emploi, leur répartition par industrie et leurs revenus. Ces tendances mettent en lumière l’interdépendance des marchés du travail des États-Unis et du Canada et soulignent les contributions économiques de ces travailleurs dans divers secteurs au Canada.

Des études antérieures ont démontré que les flux migratoires permanents des États-Unis vers le Canada ont varié au cours de l’histoire en fonction de facteurs économiques, politiques et sociaux (Boyd, 1981; Kobayashi & Ray, 2005). Ces tendances variaient tant pour les citoyens des États-Unis que pour les résidents des États-Unis non citoyens, car leur immigration au Canada peut être motivée par différents changements socioéconomiques (Hou et Stick, 2025). Les tendances et les caractéristiques sociodémographiques des travailleurs temporaires au Canada peuvent également varier selon que l’on est citoyen des États-Unis ou résident des États-Unis non citoyen. Par exemple, les résidents des États-Unis non citoyens ne bénéficient généralement pas des accords de libre-échange qui visent à simplifier l’immigration temporaire des citoyens des États Unis (Gouvernement du Canada, n.d.). Ils doivent de ce fait explorer d’autres voies d’accès au Canada, ce qui peut impliquer des conditions plus strictes et des délais de traitement plus longs. De plus, des politiques d’immigration restrictives peuvent inciter des travailleurs étrangers qualifiés ayant un statut d’immigrant précaire à chercher d’autres possibilités d’emploi à l’étranger (Neri-Lainé et Rapoport, 2025). En raison de son programme d’immigration relativement ouvert et de sa demande de main-d’œuvre qualifiée, le Canada est devenu une destination viable.

Le présent article propose une comparaison des travailleurs étrangers temporaires citoyens des États-Unis et les travailleurs étrangers temporaires résidents des États-Unis non citoyens au Canada; il examine leurs chiffres, leurs programmes d’admission et leurs résultats sur le plan de l’emploi. Le présent article analyse les différences entre ces deux groupes afin de mettre en lumière les raisons profondes qui les poussent à venir chercher de l’emploi au Canada et leur contribution au marché du travail canadien.

Tendances récentes relatives au nombre de travailleurs étrangers temporaires États-Unis

Le graphique 1 présente le nombre de travailleurs étrangers temporaires des États-Unis qui étaient titulaires d’un permis de travail aux fins de travailNote  au cours de la période allant de 2010 à 2013. Le nombre de travailleurs temporaires citoyens des États-Unis a diminué de façon presque continue après 2013 et s’est stabilisé après 2020Note . Selon les changements annuels apportés à chacun des programmes (non présentés dans un tableau), environ les deux tiers de cette diminution étaient attribuables aux travailleurs admis dans le cadre des accords internationaux.

Graphique 1 : Nombre et part des travailleurs étrangers temporaires titulaires d’un permis de travail à des fins de travail en provenance des États-Unis

Tableau de données du graphique 1
Tableau de données du Graphique 1
Sommaire du tableau
Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et Citoyens des États-Unis, Résidents des États-Unis non citoyens et Part des travailleurs étrangers temporaires en provenance des États-Unis relative à l’ensemble des travailleurs étrangers temporaires, calculées selon nombre et pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année Citoyens des États-Unis Résidents des États-Unis non citoyens Part des travailleurs étrangers temporaires en provenance des États-Unis relative à l’ensemble des travailleurs étrangers temporaires
nombre pourcentage
Source : Statistique Canada, Fichier des résidents non permanents.
2010 61 698 3 728 16,6
2011 63 485 5 124 16,6
2012 68 309 6 317 16,4
2013 70 420 6 770 15,5
2014 67 953 6 134 14,6
2015 63 699 5 977 14,5
2016 59 093 6 022 13,6
2017 56 375 6 652 12,3
2018 55 114 8 638 11,0
2019 54 936 11 939 9,9
2020 42 710 11 749 8,1
2021 36 586 12 315 7,7
2022 37 486 15 467 5,9
2023 38 867 17 353 4,0

Les conclusions des récents ouvrages donnent à penser que les accords de libre-échange entre les États-Unis et le Canada ont contribué — et continuent de contribuer — à l’augmentation du flux de travailleurs temporaires du Canada vers les États-Unis et à une diminution du flux dans la direction opposée (Grant et Townsend, 2004). Ce schéma reflète sans doute la tendance des entreprises multinationales (principalement celles des États-Unis) à centraliser des fonctions clés dans leur pays d’origine, réduisant ainsi la nécessité de placer les cadres supérieurs et les travailleurs hautement qualifiés dans des sociétés affiliées à l’étranger (Grant et Townsend, 2004). Cette tendance s’est peut-être intensifiée depuis le milieu des années 2010.

Le tiers restant de la baisse des travailleurs étrangers temporaires citoyens des États-Unis était attribuable au Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET). Cette diminution a probablement été influencée par les nouvelles politiques introduites en 2013 et 2014 qui visaient, entre autres, à réduire la dépendance des employeurs à l’égard des travailleurs étrangers temporaires et à renforcer les mécanismes de conformité (Kachulis et Perez-Leclerc, 2020; Worswick, 2013). Le PTET permet aux employeurs canadiens qui disposent d’une étude d’impact sur le marché du travail d’embaucher des travailleurs étrangers afin de pourvoir des postes temporairement vacants lorsqu’il n’y a pas de citoyens canadiens ni de résidents permanents disponibles.

Même si les admissions de citoyens des États-Unis en vertu du PTET et des accords internationaux ont diminué depuis 2013, les admissions au titre du Programme de mobilité internationale (PMI), à l’exclusion des accords internationaux, ont augmenté tout au long des années 2010 et sont restées relativement stables au début des années 2020. En plus de faciliter la mobilité des travailleurs dans le cadre des accords commerciaux bilatéraux et multilatéraux du Canada, le PMI cherche à attirer des travailleurs étrangers qui peuvent offrir d’importants avantages économiques, sociaux ou culturels au Canada. Depuis le début des années 2010, la croissance du PMI (à l’exclusion des accords internationaux) a été le principal facteur à l’origine de la croissance globale du nombre de travailleurs étrangers temporaires titulaires d’un permis de travail aux fins de travail (Lu et Hou, 2023a).

Contrairement à la baisse du nombre de travailleurs temporaires qui étaient des citoyens des États-Unis, le nombre de résidents des États-Unis non citoyens qui étaient venus au Canada en tant que travailleurs étrangers temporaires a augmenté. Leurs effectifs sont passés de 3 700 en 2010 à 17 400 en 2023, les plus fortes augmentations ayant été observées de 2016 à 2019 de même que pendant les années après 2020 (Graphique 1). En 2023, les résidents des États-Unis non-citoyens représentaient 31 % de l’ensemble des travailleurs temporaires des États-Unis, en hausse par rapport à 6 % en 2010.

Dans l’ensemble, le nombre de travailleurs temporaires des États-Unis a diminué depuis le début des années 2010, tandis que le nombre de travailleurs temporaires d’autres pays a considérablement augmenté. Par conséquent, la proportion que représentent les États-Unis parmi la population des travailleurs étrangers temporaires au Canada a diminué pour passer de 17 % en 2010 à 4 % en 2023.

Programmes d’admission et niveaux de compétence professionnelle des travailleurs temporaires des États-Unis

Les travailleurs temporaires admis dans le cadre d’accords internationaux représentaient près de la moitié des travailleurs temporaires citoyens des États-Unis au Canada pendant la période visée par l’étude (Tableau 1). En 2023, environ 5 % des travailleurs temporaires citoyens des États-Unis ont été admis par l’intermédiaire du PTET, alors que 48 % sont arrivés par le PMI (à l’exclusion des accords internationaux). En revanche, 89 % des résidents des États-Unis non citoyens ont été admis par l’intermédiaire du PMI (à l’exclusion des accords internationaux). Les données sur les admissions des résidents des États-Unis non citoyens ressemblaient davantage à celles des travailleurs étrangers temporaires d’autres pays (quoique dans ce dernier cas, une plus grande part des travailleurs ont été admis grâce au PTET).

Tableau 1
Caractéristiques des travailleurs étrangers temporaires titulaires d’un permis de travail à des fins de travail Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Caractéristiques des travailleurs étrangers temporaires titulaires d’un permis de travail à des fins de travail Citoyens des États-Unis, Résidents des États-Unis non citoyens, Travailleurs en provenance d’autres pays, 2010, 2019, 2022, 2010, 2019, 2022, 2010, 2019 et 2022, calculées selon nombre de personnes1 unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Citoyens
des États-Unis
Résidents des États-Unis
non citoyens
Travailleurs en provenance
d’autres pays
2010 2019 2022 2010 2019 2022 2010 2019 2022
nombre de personnes Tableau 1 Note 1
Note x

confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique

Note 1

Tous les chiffres sont arrondis à la centaine près. Les gains sont arrondis au multiple de 100 $ le plus près.

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Note 2

Si une personne a travaillé dans plus d’une industrie, c’est l’industrie ayant les revenus les plus élevés qui est utilisée dans le calcul.

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Note 3

Les gains équivalents sur une année complète sont calculés en multipliant les gains annuels observés par 365, puis en divisant ce nombre par le nombre total de jours compris dans la période visée par l’ensemble des permis de travail détenus par un travailleur étranger temporaire au cours d’une année.

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Sources : Statistique Canada, Fichier des résidents non permanents et Fichier de données longitudinales sur la main-d’œuvre.
Total 61 700 54 900 37 500 3 700 11 900 15 500 329 000 610 000 848 100
Par programme pourcentage
Programme des travailleurs étrangers temporaires 28,5 5,1 5,0 37,4 9,3 8,3 45,6 20,5 21,5
Programme de mobilité internationale, accords internationaux 46,2 56,3 47,3 10,0 4,2 2,8 1,7 2,4 2,3
Programme de mobilité internationale, autres catégories 25,3 38,6 47,8 52,6 86,5 88,8 52,7 77,1 76,2
Selon le niveau de compétence professionnelle  
Postes de gestion 15,3 16,4 15,4 14,9 15,6 13,1 3,5 2,5 2,1
Professions spécialisées et techniques 66,3 65,3 60,6 55,6 55,7 53,5 21,4 17,4 15,3
Emplois peu spécialisés 5,5 2,3 2,0 5,2 1,5 1,0 30,7 15,2 14,4
Emplois non déclarés 12,9 16,0 22,0 24,4 27,2 32,3 44,4 64,9 68,2
Pourcentage de personnes ayant des gains T4 29,1 29,6 34,9 41,0 59,8 68,7 67,7 73,0 73,5
Répartition par industrie des travailleurs
étrangers ayant des gains T4Tableau 1 Note 2
 
Agriculture, foresterie, pêche et chasse 0,6 0,8 0,7 x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique 1,0 0,9 12,2 12,6 11,3
Extraction minière, exploitation en carrière et extraction de pétrole
et de gaz
5,5 2,4 1,6 2,6 1,1 0,3 0,8 0,3 0,3
Services publics 0,4 0,2 0,2 x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique 0,2 0,1 0,1
Construction 9,0 3,6 3,6 6,0 1,2 1,2 4,6 3,9 4,8
Fabrication 6,5 6,6 5,8 6,0 3,5 2,8 6,0 7,5 10,2
Commerce de gros et commerce de détail 8,3 8,5 8,4 8,8 6,9 7,5 10,5 12,1 12,5
Transport et entreposage 4,6 1,8 1,5 2,9 4,3 3,1 1,6 4,2 5,0
Industrie de l'information et industrie culturelle 3,8 9,1 9,2 3,7 4,9 6,6 1,7 2,7 2,3
Finance et assurances et services immobiliers et services
de location et de location à bail
4,0 4,4 3,9 4,5 3,3 3,6 3,5 4,3 4,2
Services professionnels, scientifiques et techniques 15,7 17,9 18,1 18,2 51,2 55,0 7,8 10,2 11,4
Gestion de sociétés et d’entreprises 0,5 2,2 1,6 x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique 0,8 0,8 0,4 1,1 1,1
Services administratifs, services de soutien,
services de gestion des déchets et services d’assainissement
3,2 3,9 2,9 3,9 3,0 3,3 5,8 8,6 7,8
Services d’enseignement 12,7 13,7 15,4 19,8 8,8 6,2 3,9 3,6 2,6
Soins de santé et assistance sociale 4,1 3,0 3,8 3,5 1,5 1,5 3,7 3,5 4,7
Arts, spectacles et loisirs 6,8 7,7 8,9 3,5 2,0 1,3 2,7 1,8 1,1
Services d’hébergement et de restauration 4,5 5,4 4,8 8,2 3,0 2,6 19,1 17,9 14,8
Autres services (sauf les administrations publiques) 4,1 4,3 4,7 2,8 1,4 0,9 9,7 2,9 2,8
Administrations publiques 1,3 1,1 1,5 x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique 0,6 0,6 0,7
Industrie inconnue 4,6 3,4 3,5 2,7 1,7 2,1 5,2 2,1 2,2
Gains Tableau 1 Note 1 (équivalents sur une année entièreTableau 1 Note 3) parmi les travailleurs étrangers ayant des revenus T4 2022 (en dollars)
Gains au 90e centile 368 500 402 900 343 200 281 000 240 900 266 000 84 300 103 700 116 700
Gains au 75e centile 176 000 161 300 152 500 150 200 145 300 167 100 46 200 60 500 67 900
Gains médians 86 400 77 200 75 900 77 700 101 100 107 600 29 700 39 300 42 500
Gains au 25e centile 33 700 34 700 37 300 33 800 59 400 67 300 18 000 25 000 28 100

Témoignant de ces différences en ce qui a trait à la composition des programmes, les travailleurs temporaires citoyens des « États-Unis comptaient une plus forte proportion de titulaires de permis de travail désignés pour les postes de gestion, les professions spécialisées et techniques — 76 % en 2023, comparativement à 67 % parmi les travailleurs temporaires des États-Unis non citoyens. Les travailleurs qui n’étaient pas des citoyens des États-Unis représentaient une plus grande part des travailleurs dont le niveau de compétence professionnelle était inscrit sur leur permis de travail, en raison de la prédominance des permis de travail ouverts délivrés dans le cadre de divers sous-volets du PMI. Comparativement aux travailleurs des États-Unis citoyens et non citoyens, les travailleurs étrangers temporaires d’autres pays représentaient une part beaucoup plus faible des travailleurs dont le niveau de compétence professionnelle était inscrit sur leur permis de travail et une part plus importante des travailleurs n’ayant pas de cote de compétence.

Tendances de l’emploi, répartition par industrie et revenus des travailleurs temporaires des États-Unis

Une proportion beaucoup plus faible (35 % en 2022) de travailleurs étrangers temporaires citoyens des États-Unis avaient des revenus T4 comparativement aux travailleurs des États-Unis non citoyens (69 %) et aux travailleurs étrangers temporaires d’autres pays (74 %)Note . La faible proportion de personnes touchant des revenus T4 parmi les travailleurs étrangers temporaires citoyens des États-Unis était attribuable en grande partie à leur forte représentation dans les volets d’accords internationaux, qui avaient généralement une plus faible proportion de personnes touchant des revenus T4 (Lu et Hou, 2023b). Il est possible que certains de ces travailleurs aient été payés directement par des entreprises des États-Unis.

Parmi ceux ayant des revenus T4 en 2022, environ le tiers des travailleurs étrangers temporaires citoyens des États-Unis étaient employés dans deux secteurs : les services professionnels, scientifiques et techniques et les services d’enseignement. En revanche, 55 % des travailleurs des États-Unis non citoyens travaillaient dans les services professionnels, scientifiques et techniques. La répartition par industrie des travailleurs étrangers temporaires d’autres pays était plus uniforme, une part considérablement plus élevée de personnes travaillant dans des secteurs qui sont souvent associés à des salaires plus faibles (comme les services d’hébergement et de restauration, l’agriculture, la foresterie, la pêche et la chasse ainsi que le commerce de gros et le commerce de détail). 

Les trois groupes de travailleurs étrangers temporaires ayant des revenus T4 avaient des niveaux de salaire et des répartitions de salaires distincts, ce qui pourrait être lié aux différences dans les niveaux de compétences professionnelles et la répartition par industrie. En 2022, les travailleurs temporaires des États-Unis non citoyens recevaient les revenus médians équivalents sur une année entière les plus élevésNote  (107 600 $), comparativement à 75 900 $ pour les travailleurs des États-Unis citoyens et à 42 500 $ pour les travailleurs étrangers temporaires d’autres pays. Les travailleurs des États-Unis citoyens présentaient la répartition la plus inégale des gains, les gains du 90e percentile atteignant 343 000 $ — ce qui représente environ neuf fois ceux du 25e percentile — comparativement à un ratio d’environ quatre parmi les travailleurs des États-Unis non citoyens et les travailleurs d’autres pays.

En résumé, les tendances des travailleurs étrangers temporaires des États-Unis au Canada révèlent un paysage en constante évolution. Même si le nombre de citoyens des États-Unis qui entrent au Canada pour effectuer un travail temporaire est généralement en baisse depuis le début des années 2010 (principalement en raison de la baisse des admissions en vertu du PTET et des accords internationaux), le nombre de travailleurs temporaires des États-Unis non citoyens a nettement augmenté. Ces deux groupes présentent des caractéristiques distinctes. Les citoyens des États-Unis étaient plus susceptibles d’entrer au pays par l’intermédiaire d’accords internationaux et d’avoir un niveau de compétence professionnelle inscrit sur leur permis de travail. Les résidents des États-Unis non citoyens, quant à eux, entraient principalement au Canada par le biais du PMI (à l’exclusion des accords internationaux) et étaient concentrés dans les industries des services professionnels, scientifiques et techniques. Notons que les travailleurs temporaires des États-Unis non citoyens affichaient une proportion plus élevée de personnes touchant des revenus T4 et avaient des gains médians plus élevés que leurs homologues citoyens des États-Unis et beaucoup plus élevés que les travailleurs étrangers temporaires d’autres pays. Même si leur nombre demeure faible, les bons résultats qu’obtiennent les travailleurs temporaires États-Unis non citoyens sur le marché du travail suggèrent qu’ils peuvent représenter une source importante de talents qualifiés pour le Canada. Ils sont plus susceptibles d’être attirés par la perspective d’obtenir la résidence permanente au Canada et d’être repoussés par les politiques d’immigration restrictives des États-UnisNote 

Auteurs

Feng Hou et Yuqian Lu sont rattachés à la Division de l’analyse sociale et de la modélisation de la Direction des études analytiques et de la modélisation, de Statistique Canada.

Remerciements

Les auteurs tiennent à remercier Marc Frenette et Li Xue pour leurs commentaires sur une version antérieure du présent article.

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