L'Enquête sur la participation et les limitations d'activités de 2006 : rapport technique et méthodologique

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Description de l'enquête
Objectifs
Contexte
Définition d'incapacité
Vue d'ensemble de la méthodologie
Échantillonnage
Sources des données
Détection des erreurs
Imputation
Estimation
Évaluation de la qualité
Contrôle de la divulgation
Exactitude des données
Échelle de sévérité

Description de l'enquête

L'Enquête sur la participation et les limitations d'activités (EPLA) de 2006 est une enquête postcensitaire menée auprès des adultes et des enfants dont les activités quotidiennes sont limitées en raison de leur état de santé. Un échantillon des personnes ayant répondu au moins un « oui » aux questions de sélection sur les incapacités au Recensement de 2006 a été sélectionné pour l'enquête. Environ 39 000 adultes et 9 000 enfants de ménages privés ou certains logements collectifs des 10 provinces et 3 territoires ont été choisis pour participer à l'enquête. L'EPLA porte sur les relations entre le statut fonctionnel, les activités de la vie quotidienne et la participation à la société en recueillant des données sur la nature et la sévérité des limitations d'activités, ainsi que sur les besoins en technologie d'aide, en soutien social et en hébergement dans toutes les sphères de la vie.

Les données ont été recueillies en automne 2006 et en hiver 2007. L'enquête la plus récente avait été menée en 2001. Le présent rapport offre une information de base sur l'enquête et une vue d'ensemble des changements méthodologiques et de contenu entre les EPLA de 2001 et de 2006. Les principales différences concernent les changements apportés à la couverture de l'enquête résultant de l'inclusion des membres de communautés autochtones, l'addition des trois territoires, et la nouvelle liste des types de logements collectifs couverts. Il y a aussi des changements au contenu.

Comme dans le cas de l'Enquête sur la santé et les limitations d'activités (ESLA 1991) et de l'Enquête sur la participation et les limitations d'activités (EPLA 2001), l'information recueillie par recensement est également utilisée conjointement avec l'information recueillie par l'EPLA de manière à fournir des données socioéconomiques détaillées sur les répondants. Ces variables servent à brosser un tableau élargi de la population visée par l'EPLA.

Objectifs

Le but de l'EPLA est d'élaborer une base de données complète sur les personnes ayant une incapacité de manière à :

  1. contribuer à l'élaboration de politiques sociales par tous les ordres de gouvernement
  2. soutenir la recherche sur l'incapacité

L'EPLA conçoit l'incapacité comme des limitations d'activités et des restrictions à la participation découlant d'une condition physique ou mentale de longue durée ou de problèmes de santé. 

On arrive à ces objectifs en établissant un plan d'enquête pour l'EPLA destiné à déterminer :

  • les Canadiens ayant des limitations d'activités;
  • la nature et la gravité des limitations d'activités de ces personnes;
  • les difficultés et les obstacles qu'elles rencontrent;
  • les coûts de la technologie d'aide, de l'aide humaine et des médicaments nécessaires;
  • l'accès à l'aide pour les aménagements structurels nécessaires à la maison, au travail, à l'école ou pour les loisirs;
  • les aides et la technologie d'aide dont elles ont besoin mais qu'elles n'ont pas;
  • la discrimination dont elles sont susceptibles d'être victime en raison de leur incapacité.

Contexte

En février 1981 (Année internationale des personnes handicapées), le Comité spécial concernant les invalides et les handicapés a publié son rapport intitulé « Obstacles ». Ce rapport adressait une série de recommandations à divers organismes du gouvernement fédéral. L'une de ces recommandations était que Statistique Canada produise des données sur les personnes ayant une incapacité au Canada à partir des données d'enquête et des programmes. En réponse à cette recommandation, le gouvernement a demandé à Statistique Canada d'élaborer une enquête sur les Canadiens qui ont une incapacité.

En 1986, Statistique Canada a mené la première Enquête sur la santé et les limitations d'activités. Une seconde enquête a eu lieu en 1991. Cette enquête était conçue de manière à identifier les Canadiens ayant une incapacité et à déterminer leurs limitations et les obstacles auxquels ils font face. En 2001, l'ESLA a été rebaptisée Enquête sur la participation et les limitations d'activités (EPLA). Le programme d'enquête de l'EPLA prend appui sur le travail de base effectué dans le cadre des ESLA de 1986 et de 1991. À l'instar des ESLA, l'EPLA est une initiative conjointe de Ressources humaines et développement social Canada (RHDSC) et Statistique Canada.

Les données de l'EPLA sont utilisées par les analystes des politiques relatives aux personnes ayant une incapacité et des politiques sociales de tous les ordres de gouvernement, ainsi que par les associations de personnes handicapées et les chercheurs qui œuvrent dans le domaine des politiques et des programmes touchant les personnes ayant une incapacité. En 1998, le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux et territoriaux ont dévoilé un cadre stratégique commun pour les personnes handicapées qui favorisait l'inclusion des personnes ayant une incapacité dans tous les aspects de la société canadienne. Leur rapport de 1998 soulignait l'importance de l'élaboration d'une base de données statistiques fiables et le rôle essentiel que l'EPLA jouerait dans le soutien à l'élaboration de politiques et à la recherche dans ce domaine.

Les gouvernements utilisent les données de l'EPLA afin de planifier des programmes et des services pour les personnes ayant une incapacité de leurs secteurs de compétence et prévoir les taux probables de participation aux programmes selon différents critères d'admissibilité. Les indicateurs du revenu personnel relativement à l'éducation, à l'emploi et au revenu sont aussi des données essentielles à l'élaboration et à l'évaluation des politiques sociales et des politiques touchant les personnes avec une incapacité et le soutien du revenu. Les comparaisons de ces indicateurs pour les personnes ayant une incapacité ou non sont un aspect important des analyses stratégiques effectuées aux niveaux fédéral, provincial et territorial.

Définition d'incapacité

Une incapacité constitue une limitation d'activités ou une restriction rattachée à un état physique ou mental ou à un problème de santé.

L'EPLA utilise le cadre de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) fourni par la Classification internationale du fonctionnement (CIF). Ce cadre définit l'incapacité en rapport avec la relation qui s'établit entre les structures et les fonctions corporelles, les activités de la vie quotidienne et la participation sociale tout en tenant compte du rôle des facteurs du milieu.

La CIF est une classification multidimensionnelle englobant un modèle d'incapacité à la fois médical et social. La CIF est conçue de manière à offrir diverses applications en tant qu'outil statistique, outil de recherche, outil clinique, outil de politique sociale et outil pédagogique.

Aux fins de l'EPLA, les personnes atteintes avec une incapacité sont celles qui ont dit avoir de la difficulté à vaquer à leurs occupations quotidiennes ou qui ont indiqué qu'une condition physique ou mentale ou un problème de santé limitait le genre et le nombre d'activités qu'elles pouvaient faire. Les réponses aux questions sur l'incapacité reflètent la perception des répondants de leur situation et sont donc subjectives.

Vue d'ensemble de la méthodologie

Population cible

La population couverte par l'EPLA se compose de toutes les personnes, adultes ou enfants, qui présentent des limitations d'activités ou une restriction de participation liées à une condition physique ou mentale ou à un problème de santé et qui vivaient au Canada au moment du recensement.

Cette population inclut les personnes des ménages privés et certains logements collectifs des 10 provinces et des 3 territoires. Cependant, pour des raisons d'ordre opérationnel, la population des réserves des Premières nations, les résidents de logements collectifs institutionnels et les résidents de certains collectifs non exclus sont les bases militaires, les navires des Forces armées canadiennes, les navires marchands et les vaisseaux de la garde côtière, de même que les terrains de camping et les parcs.
 
Pour que l'EPLA rejoigne sa population cible, toutes les personnes qui ont répondu au moins un « oui » à l'une ou l'autre des questions filtres sur l'incapacité dans le questionnaire du Recensement de la population de 2006 ont été incluses dans la base de sondage. Les questions filtres du recensement sont les suivantes :

1. Avez-vous de la difficulté à entendre, à voir, à communiquer, à marcher, à monter un escalier, à vous pencher, à apprendre ou à faire d'autres activités semblables?

  1. Oui, parfois
  2. Oui, souvent
  3. Non

2a. Est-ce qu'un état physique ou un état mental ou un problème de santé réduit la quantité ou le genre d'activités que vous pouvez faire à la maison?

  1. Oui, parfois
  2. Oui, souvent
  3. Non

2b. Est-ce qu'un état physique ou un état mental ou un problème de santé réduit la quantité ou le genre d'activités que vous pouvez faire au travail ou à l'école?

  1. Oui, parfois
  2. Oui, souvent
  3. Non

2c. Est-ce qu'un état physique ou un état mental ou un problème de santé réduit la quantité ou le genre d'autres activités que vous pouvez faire, par exemple, dans vos déplacements ou vos loisirs?

  1. Oui, parfois
  2. Oui, souvent
  3. Non

Un échantillon de répondants a été sélectionné dans cette base de sondage pour l'interview de l'EPLA. Le sous-ensemble de la population d'enquête qui déclare aussi une incapacité lors de l'EPLA est considéré comme la population cible. En d'autres mots, selon l'EPLA, une personne ayant une incapacité est définie comme un répondant qui répond :

OUI à l'une question filtre sur l'incapacité du recensement, et

OUI à l'une des questions filtres sur l'incapatité, ou

OUI à l'une des questions détaillées sur les limitations d'activités de l'EPLA

Modifications apportées à la population cible de l'EPLA

La population cible de 2006 diffère légèrement de celle de 2001. En 2006, les territoires ont été inclus dans la population cible. Par ailleurs, en 2001, la population des collectivités autochtones a été couverte par l'Enquête auprès des peuples autochtones (EAPA) et a donc été exclue de celle de l'EPLA de 2001. En 2006, ces collectivités autochtones ont été incluses dans la population cible de l'EPLA.

De plus, la méthode de collecte des données dans les résidences pour personnes âgées qui sont des logements collectifs non institutionnels a été légèrement modifiée pour le Recensement de 2006. Jusque là, les personnes vivant dans ces résidences ne recevaient que le questionnaire du recensement abrégé. Depuis, des modifications ont été apportées au processus et un ménage sur cinq dans les résidences pour personnes âgées reçoit maintenant un questionnaire complet comparable à celui des logements privés ordinaires. Conséquemment, les  logements collectifs font désormais partie de la population cible de l'EPLA.

Il convient de souligner qu'étant donné que les comparaisons entre les résultats des EPLA de 2001 et de 2006 étaient un objectif clé de l'enquête de 2006, Statistique Canada a dérivé une variable chronologique fondée sur la population cible de 2001. Les utilisateurs de l'EPLA auront maintenant la possibilité de comparer directement les résultats de 2001 et de 2006 tout en étudiant la nouvelle population cible de 2006.

En définitive, ces changements apportés à la population cible se traduisent une augmentation de 1,2 % du nombre de personnes incluses dans l'EPLA de 2006 (Tableau 1). Cette augmentation se démarque légèrement d'une province à l'autre en raison de l'ajout des collectivités Autochtones et de la concentration des Autochtones dans quelques provinces.

Tableau 1 Nombre de personnes couvertes par l'Enquête sur la participation et les limitations d'activités de 2006 et pourcentage d'augmentation découlant des changements entre les deux populations par province. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Tableau 1 Nombre de personnes couvertes par l'Enquête sur la participation et les limitations d'activités de 2006 et pourcentage d'augmentation découlant des changements entre les deux populations par province

Conception de l'instrument

Plusieurs intervenants différents ont été consultés pendant l'élaboration des questionnaires des adultes et des enfants pour l'EPLA de 2006. Les questionnaires de l'EPLA de 2001 et de l'Enquête sur la santé et les limitations d'activités de 2001 ont été révisés. De plus, des consultations menées auprès de RHDSC, les gouvernements fédéral et provinciaux et les associations communautaires ont permis de recueillir des données pour l'enquête de 2006.

Parallèlement à ces consultations de divers groupes, des tests qualitatifs ont été effectués pour évaluer le contenu des deux questionnaires. Ces tests ont été réalisés entre 2004 et 2006. De plus, un test pilote dans les deux langues officielles a été effectué au printemps de 2006. Le personnel de l'EPLA a ainsi pu apporter des changements au contenu de l'enquête et procéder à des essais de différents aspects de la collecte des données.

Échantillonnage

Plan de sondage et stratification

Le plan de sondage utilisé pour l'EPLA de 2006 était un plan stratifié à deux phases basé sur le Recensement de 2006. Au premier degré, soit le recensement comme tel, le questionnaire complet a été systématiquement distribué à environ un ménage sur cinq à l'étendue du Canada. À la deuxième phase, on a sélectionné les personnes ayant déclaré des limitations d'activités à la première phase, compte tenu de diverses caractéristiques définissant les strates.

Les strates ont été définies de manière à disposer d'échantillons suffisamment importants pour les estimations par domaine et à optimiser la répartition des unités d'échantillon. C'est pourquoi, puisque l'un des objectifs de l'enquête était de produire un profil statistique des personnes ayant une incapacité par province ou territoire ainsi que de divers groupes d'âge de la population, on a tenu compte de ces domaines d'estimations dans l'élaboration des strates. Pour des territoires, les domaines d'estimation retenus ont été établis en croisant la province et les groupes d'âge ci-dessous :

  • moins de 15 ans
  • de 15 à 24 ans
  • de 25 à 44 ans
  • de 45 à 64 ans
  • de 65 à 74 ans
  • 75 ans ou plus

Les domaine d'estimation pour les adultes et les enfants dans les territoires étaient différents. Le domaine d'estimation pour les enfants était les trois territoires combinés, alors que les domaines d'estimation pour les adultes étaient les trois territoires séparés.

De plus, pour une répartition optimale des unités d'échantillon, la sévérité de l'incapacité a aussi été incluse comme variable de stratification. Les personnes ayant des limitations d'activités sévères étaient celles qui ont répondu « oui, souvent » au moins une fois aux questions filtres du Recensement. Les personnes dont les limitations d'activités étaient légères sont celles qui ont répondu « oui, parfois » au moins une fois aux questions filtres du Recensement, mais jamais « oui, souvent ». La dernière variable retenue dans la construction des strates a été la probabilité de sélection à la première phase. L'inclusion de cette variable dans la stratification a donc eu pour effet de minimiser la variabilité du poids initial des personnes sélectionnées dans un même domaine et, donc, d'optimiser la répartition des unités d'échantillon.

Méthode de répartition des unités d'échantillon

Les unités d'échantillon ont été réparties de sorte que, pour chaque domaine, une proportion minimale soit garantie avec un coefficient de variation (CV) maximal de 16,5 %. À Statistique Canada, 16,5 % est la limite supérieure d'un CV permettant de qualifier l'estimation correspondante d'acceptable. Pour les enfants de 0 à 14 ans, la proportion minimale à estimer a été établie à 8 %. Chez les jeunes adultes (15 à 24 ans), cette proportion a été établie à 9 %. Pour les adultes de 25 à 44 ans et de 45 à 64 ans, on l'a établie à 7,5 %. Enfin, la proportion minimale a été établie à 11 % pour les adultes de 65 à 74 ans et de 75 ans ou plus.

Changements apportés au plan de sondage de l'EPLA et répartition de l'échantillon

Le plan de sondage utilisé pour l'EPLA de 2006 diffère légèrement de celui de l'EPLA de 2001. Grâce aux améliorations apportées au traitement des données du Recensement, les données de 2006 ont été disponibles en format numérique plus rapidement qu'en 2001, ce qui permit de sélectionner directement les répondants de l'EPLA de 2006 dans la base de données du recensement. Cela n'était pas possible lors de l'enquête de 2001. En 2001, les répondants étaient sélectionnés directement dans les boîtes de questionnaire et il fallait donc en tenir compte dans le plan de sondage et la répartition des unités d'échantillon.

Le plan de sondage de l'EPLA de 2001 utilisait un échantillon stratifié à deux degrés. Au premier degré, on sélectionnait le secteur de dénombrement (SD) du recensement au moyen d'un plan d'échantillonnage de probabilité proportionnelle à la taille. Au deuxième degré, on sélectionnait les personnes en fonction de leurs caractéristiques (les strates étant formées par les provinces et les groupes d'âge). Il est manifeste que l'efficacité du plan de sondage de l'EPLA de 2006 dépasse celle du plan de l'EPLA de 2001, car il assure une meilleure répartition géographique et une meilleure répartition des unités d'échantillon.

Quoi qu'il en soit, il est important de souligner que malgré les changements apportés au plan de sondage de l'EPLA, la comparabilité des deux enquêtes n'est pas compromise. En réalité, le seul effet de ces changements concerne la probabilité de la sélection de chaque répondant à l'EPLA et, donc, du poids des répondants. Lorsqu'on utilise des estimations pondérées, les changements apportés n'ont aucun effet sur les résultats de l'enquête.

Taille de l'échantillon

La taille totale de l'échantillon de l'EPLA de 2006 était de 47 793, soit 8 954 enfants (personnes de moins de 15 ans) et 38 839 adultes (15 ans ou plus). En 2001, 43 276 personnes ont été sélectionnées pour l'EPLA. L'augmentation de la taille de l'échantillon de l'EPLA de 2006 permettra une analyse plus approfondie des questions touchant les personnes ayant une incapacité des territoires et des provinces.

Sources des données

La collecte des données de l'EPLA a été réalisée entre le 30 octobre 2006 et le 28 février 2007. Les interviews ont été faites au téléphone au moyen d'un questionnaire d'interview assistée par ordinateur rempli par les intervieweurs. À cause des nombreux avantages que cette technique offre, l'EPLA a été menée, pour la première fois par entrevues assistées par ordinateur (IAO) . D'autres enquêtes ont montré que l'interview téléphonique assistée par ordinateur (ITAO) améliore l'exactitude des données. Elle permet aux intervieweurs de suivre plus facilement le déroulement du processus complexe des questionnaires en dirigeant les intervieweurs sur la question appropriée d'après les réponses qui leur sont fournies. De plus, les réponses sont saisies directement au cours de l'interview, ce qui les rend disponibles sur-le-champ par voie électronique. Par ailleurs, il est possible d'intégrer des procédures de contrôle de la qualité directement dans l'application.

Pour les entrevues avec des adultes, le répondant ciblé était la personne sélectionnée, et pour les entrevues avec des enfants, il s'agissait soit du parent, soit du tuteur de l'enfant. Cependant, les interviews par procuration étaient autorisées dans les cas où un répondant adulte était incapable de répondre aux questions au téléphone pour diverses raisons. On trouvera des précisions sur la question des interviews par procuration à la partie suivante du présent rapport.

Détection des erreurs

La première étape de la détection des erreurs a eu lieu pendant la collecte des données. Des règles de contrôle ont été intégrées au système ITAO de manière à réduire les erreurs et les incohérences de saisie des données. Ensuite, les superviseurs des interviews observaient les entrevues et examinaient les questionnaires remplis afin d'en déterminer les incohérences. Toutes les incohérences observées étaient examinées avec l'intervieweur concerné et, au besoin, on rappelait le répondant.

La seconde étape se déroulait pendant le traitement des données. C'est l'étape du contrôle. Des règles de contrôle ont été élaborées de manière à vérifier que le répondant avait suivi le bon déroulement du questionnaire et à repérer et corriger les incohérences entre les réponses pour chaque partie du questionnaire. Dans la plupart des cas d'incohérence, une correction automatique était déterminée. On trouvera des précisions sur cette question dans la partie Imputation. Après chaque étape, on effectuait une macro-vérification en analysant la répartition des fréquences afin de déterminer les anomalies comme les catégories manquantes ou les fréquences anormalement élevées.

Imputation

Pour l'EPLA, une réponse valide a été imputée de façon déterministe pour les réponses manquantes si une information suffisante était obtenue à partir des questions connexes. Autrement, on lui attribuait le code « non demandée ». Par ailleurs, les questions à ne pas poser portaient le code « saut valide ». Si une question laissée sans réponse (codée « non demandée ») aurait due être posée pour déterminer si des questions subséquentes devaient être posées, on lui attribuait le code « non déclaré », parce qu'il n'était pas possible de déterminer si la question aurait due être posée.

Les non-réponses ne sont pas admises pour l'information géographique nécessaire aux fins de la pondération. Cette information sur l'âge et le sexe du répondant est importante pour l'analyse ultérieure des données. Par ailleurs, cette information aide à vérifier que la bonne personne a été interviewée. Ces deux variables ont été imputées du recensement si les données étaient manquantes ou invalides. En particulier, les données sur l'âge ont été considérées comme invalides si elles ne correspondaient pas au questionnaire administré.

Estimation

Dans une enquête par sondage, chaque répondant ne représente pas que lui- ou elle-même mais aussi d'autres personnes qui n'ont pas été échantillonnées. C'est pourquoi un poids est assigné à chaque répondant de manière à représenter un certain nombre de personnes. Pour assurer la cohérence des données, ce poids doit être utilisé pour toutes les estimations.

Le calcul du poids se fait en trois étapes. La première étape consiste à assigner un poids initial fondé sur le plan de sondage. Le poids initial est l'inverse de la probabilité d'inclusion. Pour l'EPLA de 2006, le poids initial est le produit de deux éléments : le poids au recensement et le poids de sous-échantillonnage (l'inverse de la fraction d'échantillonnage à la deuxième phase). Suite à ce calcul, les corrections de poids appropriées sont appliquées.

La deuxième étape comprend la correction pour non-réponse. Plus précisément, deux corrections sont effectuées. Il convient de souligner que les non-répondants peuvent être classés dans l'une des deux catégories principales présentant des caractéristiques très différentes : les personnes non contactées et les personnes contactées qui n'ont pas répondu.

Les poids sont corrigés une première fois pour les personnes non contactées, puis une deuxième fois pour les autres non-réponses. Comme la méthode de correction est la même pour les deux catégories de non-répondants, la description qu'on en fait ici ne concerne que les non-réponses. Cette correction pour non-réponse consiste à former des classes de correction de non-réponse de manière à obtenir des probabilités de réponse semblables pour les enregistrements de chaque classe. On estime les probabilités de réponse au moyen d'un modèle de régression logique permettant de prédire la probabilité de réponse par des variables explicatives.

De nombreuses variables explicatives peuvent servir à modéliser la probabilité de réponse. Comme l'EPLA est une enquête postcensitaire, toute l'information du questionnaire complet du recensement est disponible pour chaque répondant et non-répondant. D'autres variables importantes existent aussi pour prédire la probabilité de réponse. On peut utiliser également l'information obtenue dans le cadre de la collecte des données comme le nombre de tentatives de communication avec un ménage et le jour et l'heure où ces tentatives ont eu lieu. Des modèles distincts sont utilisés pour les adultes et les enfants. Différentes catégories sont créées d'après les probabilités de réponse et selon un nombre minimal de répondants par classe. L'inverse du taux de réponse pondéré à l'intérieur d'une classe sert de facteur de correction de pondération. Les poids initiaux des répondants d'une catégorie sont corrigés en conséquence.

La troisième étape de la correction de pondération est la post-stratification. Cette correction a pour effet que la somme des poids finaux des répondants est égale aux chiffres de population du recensement. Cette correction s'applique aux groupes (post-strates) définis par les combinaisons de différentes variables pour lesquelles il est important d'opérer une correction. Ces variables sont, par exemple, la province, le sexe, le groupe d'âge et la sévérité de la limitation déclarée au recensement. Les poids pondérés pour la non-réponse sont ensuite corrigés au moyen du ratio des chiffres du recensement et de l'échantillon pour chaque post-strate.

Comme les estimations sont établies à partir d'un échantillon plutôt que d'un recensement, elles varient d'un échantillon à l'autre et produisent ce que l'on appelle une erreur d'échantillonnage. On applique la méthode « bootstrap » afin d'estimer l'erreur d'échantillonnage pour les statistiques produites à partir des données de l'EPLA. Cette méthode de rééchantillonnage consiste à sélectionner 1 000 sous-échantillons (avec remise) de l'échantillon principal. On pondère ensuite chaque sous-échantillon en calculant les poids initiaux et en appliquant les mêmes corrections qu'aux poids de l'échantillon principal, c'est-à-dire les corrections pour non-réponse et la post-stratification. L'erreur d'échantillonnage est estimée par la variance de la méthode « bootstrap », qui est la variance empirique des statistiques recherchées calculées à partir de l'échantillon principal et des 1 000 sous-échantillons de la méthode « bootstrap ».

Évaluation de la qualité

Deux genres d'erreur se produisent dans les enquêtes : les erreurs d'échantillonnage et les erreurs non dues à l'échantillonnage. Contrairement aux erreurs d'échantillonnage, les erreurs non dues à l'échantillonnage ne s'expliquent pas par la variabilité des échantillons et ne peuvent pas être quantifiées. Ces erreurs peuvent se produire à toute étape du processus d'enquête. Les mesures diverses décrites ci-dessous ont été adoptées pour réduire ces erreurs au minimum dans l'EPLA de 2006.

Comme nous l'avons mentionné plus haut, un test pilote a été effectué sept mois avant l'enquête. Au cours de ce test, tous les processus ont alors été évalués, dont le contenu du questionnaire et le questionnaire assisté par ordinateur et la méthode de traitement des données.

Des taux de réponse élevés sont essentiels à la qualité des données. Pour réduire le nombre de non-réponses, les intervieweurs ont été formés par un personnel expérimenté de Statistique Canada. Des manuels d'intervieweur détaillés on été fournis comme référence, en conjonction avec la formation. Tous les intervieweurs étaient sous la direction dintervieweurs principaux. Au besoin, les refus de répondre étaient recontactés par les intervieweurs principaux, qui encourageaient les répondants à participer à l'enquête.

Par ailleurs, on a pris des mesures destinées à repérer et corriger les erreurs éventuelles en raison de la mauvaise interprétation d'une question par le répondant ou d'une rupture dans le déroulement du questionnaire. Les questionnaires ont été examinés d'abord par l'intervieweur principal. Un ensemble détaillé de règles de contrôle pendant le traitement des données ont permis de repérer et de corriger les incohérences éventuelles entre les réponses fournies. Ces règles avaient été l'objet de tests exhaustifs avant d'être appliquées aux données.

Contrôle de la divulgation

La Loi interdit à Statistique Canada de rendre publique toute donnée susceptible de révéler de l'information obtenue en vertu de la Loi sur la statistique et se rapportant à toute personne, entreprise ou organisation reconnaissable sans que cette personne, entreprise ou organisation le sache ou y consente par écrit. Diverses règles de confidentialité s'appliquent à toutes les données diffusées ou publiées afin d'empêcher la publication ou la divulgation de toute information jugée confidentielle. Au besoin, des données sont supprimées pour empêcher la divulgation directe ou par recoupement de données reconnaissables.

Exactitude des données

La mesure de l'exactitude des données de chaque tableau produit est celle de l'erreur type de l'estimation (mesure de l'erreur d'échantillonnage), soit la racine carrée de l'estimation de la variance de l'échantillonnage. Cependant, l'écart-type est exprimé la plupart du temps par rapport à l'estimation auquel il se rapporte, et la mesure résultante est le coefficient de variation (CV).

Le CV estimé s'obtient par la division de l'erreur type de l'estimation par l'estimation elle-même et est exprimé en tant que pourcentage de l'estimation. Pour l'EPLA, tous les CV estimés seront produits au moyen de la méthode « bootstrap » décrite à la partie Estimation.

Statistique Canada quantifie l'exactitude d'une estimation au moyen du CV. Un CV peu élevé implique une faible variabilité de l'estimation et, par conséquent, une meilleure qualité de celle-ci. L'EPLA utilise les seuils suivants :

(i) Lorsque le CV est supérieur à 33,3 %, l'estimation est jugée « inacceptable »;

(ii) Lorsque le CV est supérieur à 16,5 % et inférieur ou égal à 33,3 %, l'estimation est jugée « peu faible » et doit être utilisée avec prudence;

(iii) Lorsque le CV est de 16,5 % ou moins, l'estimation est jugée « acceptable » et peut être utilisée sans restrictions.

L'idéal consisterait à produire des estimations présentant un CV de 16,5 ou moins.

Échelle de sévérité

Une échelle de sévérité a été élaborée à l'aide des questions portant sur chaque type d'incapacité dans les questionnaires de l'EPLA. Au départ, un score normalisé a été calculé pour chaque type d'incapacité selon la sévérité des incapacités, le maximum de points allant aux gens qui déclarent une incapacité complète. Les questions sur l'intensité et la fréquence des limitations ont été utilisées afin de déterminer la sévérité de l'incapacité. Par exemple, le maximum de points était accordé aux personnes ayant déclaré être complètement incapables de prendre part à une activité donnée à cause d'une incapacité et dont l'incapacité est toujours présente.

Ensuite, nous avons calculé un score global de sévérité en fonction de la moyenne de touts les scores de sévérité normalisés pour chaque type d'incapacité. Étant donné le rapport étroit entre les difficultés d'apprentissage et les troubles de développement, seul le score attribué au trouble de développement est pris en considération dans le score global pour les répondants qui déclaraient les deux types d'incapacité.

Enfin, après en avoir discuté avec un certain nombre d'utilisateurs de ces données, nous avons jugé que notre échelle de sévérité devrait être divisée en quatre catégories que nous avons créées en examinant la distribution des valeurs d'ensemble. Nous avons voulu d'abord dégager un point naturel de démarcation dans l'échelle. Ce point correspond au 70e  percentile et se rapproche d'une valeur de 1/9 pour les adultes et de 1/8 pour les enfants. Comme ces valeurs particulières correspondent au score d'une personne ayant le maximum de points pour un type d'incapacité, nous avons subdivisé l'échelle en deux parties à ce point. Puis nous avons subdivisé encore une fois les deux groupes afin de créer quatre catégories. Ces deux nouveaux points de démarcation sont équivalents respectivement à la moitié et au double du score maximal obtenu pour une seule incapacité.

Ces cagotéries sont définies comme suit :

Catégorie 1: répondants dont le score global est de moins de la moitié de la valeur maximale pour une incapacité.

Catégorie 2: répondants dont le score global se situe entre la moitié et le score maximal pour une incapacité.

Catégorie 3: répondants dont le score global est compris entre le score maximal et le double du score maximal pour une incapacité.

Catégorie 4: répondants dont le score global est deux fois plus élevé que le score maximal pour une incapacité.

Compte tenu de la subjectivité relative de cette classification et pour éviter toute erreur d'interprétation, il est préférable de ne pas recourir à des termes spécifiques pour caractériser ces catégories. L'interprétation par rapport à l'outil de mesure est comme suit : les personnes de la catégorie 4 ont une incapacité plus sévère que celles de la catégorie 3, lesquelles ont une incapacité plus sévère que celles de la catégorie 2, et ainsi de suite. Cependant, pour des raisons pratiques, nous avons attribué les désignations « léger », « modéré », « sévère » et « très sévère » aux catégories allant de 1 à 4. Il convient de souligner qu'aucun jugement n'est rattaché à cette terminologie.

Étant donné que les questions ne sont pas les mêmes selon l'âge des enfants, deux échelles différentes s'appliquent aux enfants de 0 à 4 ans et de 5 à 14 ans. Comme on ne mesure que quatre types d'incapacité pour les enfants de 0 à 4 ans, nous n'avons créé que deux catégories de sévérité. La première concerne une incapacité « légère à modéré » et la seconde une incapacité « sévère à très sévère ».

On trouvera des précisions techniques concernant les échelles de sévérité aux annexes A et B.


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