Statistiques sur les crimes déclarés par la police au Canada, 2020

par Greg Moreau, Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité des collectivités

Début de l'encadré

Faits saillants

  • La pandémie de COVID-19 a eu de profondes répercussions sur l’économie, le système de soins de santé et la société en général au Canada. Les politiques adoptées pour contenir la propagation du virus ont entraîné des perturbations sans précédent dans la vie sociale et économique des Canadiens, modifiant la façon dont nous interagissons, socialisons, apprenons, travaillons et consommons.
  • Le volume de crimes déclarés par la police au cours des premiers mois de la pandémie était considérablement inférieur à celui observé l’année précédente. Au cours des trois premiers mois de 2020, le nombre d’affaires criminelles déclarées par la police était de 4 % supérieur à celui observé au cours de la même période de trois mois en 2019. En avril 2020, le premier mois complet de la pandémie et, de façon générale, le mois où les restrictions les plus strictes étaient en place à l’échelle du pays, le nombre d’affaires criminelles était de 18 % inférieur à celui constaté en avril 2019. Dans l’ensemble, les niveaux de criminalité étaient inférieurs à ceux de l’année précédente durant les mois de pandémie, de mars à décembre.
  • Plus de 2 millions d’infractions au Code criminel (sauf les délits de la route) ont été déclarées par la police en 2020, ce qui représente environ 195 000 affaires de moins qu’en 2019. En 2020, le taux de crimes déclarés par la police, qui sert à mesurer le volume de crimes, a diminué de 10 % et s’est établi à 5 301 affaires pour 100 000 habitants. Le taux de crimes contre les biens déclarés par la police a reculé de 13 %, soit la plus forte variation en pourcentage à la hausse ou à la baisse enregistrée depuis 1998.
  • Les crimes déclarés par la police au Canada, tels que mesurés au moyen de l’Indice de gravité de la criminalité (IGC), ont diminué de 8 %, passant de 79,8 en 2019 à 73,4 en 2020, et de 11 % comparativement à 10 ans plus tôt, en 2010. L’IGC permet de mesurer le volume et la gravité des crimes déclarés par la police au Canada, et la valeur de l’indice de base est de 100 pour l’année 2006.
  • La diminution de l’IGC global au cours de la première année de la pandémie est attribuable aux baisses des taux d’affaires déclarées par la police pour de nombreuses infractions. Plus particulièrement, il y a eu une diminution des affaires d’introduction par effraction (-16 %), de vol de 5 000 $ ou moins (-20 %), de vol qualifié (-18 %), de vol à l’étalage de 5 000 $ ou moins (-36 %) et d’agression sexuelle de niveau 1 (-9 %) ainsi que des affaires liées aux infractions contre l’administration de la justice (-17 %) et déclarées par la police.
  • En 2020, toutes les mesures de l’IGC — l’IGC global, l’IGC avec violence et l’IGC sans violence — ont diminué pour la première fois après avoir augmenté pendant cinq années consécutives. L’Indice de gravité des crimes violents (IGC avec violence) — qui permet de mesurer le volume et la gravité des crimes avec violence dans leur ensemble — s’est établi à 87,0, en baisse de 4 % par rapport à 2019. Le volume et la gravité des crimes sans violence dans leur ensemble, tels qu’ils sont mesurés au moyen de l’IGC sans violence, ont diminué de 10 % en 2020. Il s’agit de la plus importante variation d’une année à l’autre de l’IGC sans violence depuis 1998, la première année pour laquelle des données de l’IGC sont disponibles.
  • En avril 2020, 22 personnes ont été tuées et 3 autres ont été blessées dans une fusillade de masse en Nouvelle-Écosse, ce qui en a fait la fusillade la plus meurtrière de l’histoire du Canada. En 2020, 743 homicides ont été dénombrés au pays, soit 56 de plus que l’année précédente. À l’échelle nationale, le taux d’homicides s’est accru de 7 % pour passer de 1,83 homicide pour 100 000 habitants en 2019 à 1,95 homicide pour 100 000 habitants en 2020.
  • La police a déclaré 201 victimes d’homicide autochtones en 2020, soit 22 de plus qu’en 2019. Selon les données policières, 62 % de ces victimes étaient des Premières Nations, 4 %, des Métis, et 9 %, des Inuits. En outre, pour 24 % de ces victimes d’homicide, le groupe autochtone auquel elles appartenaient n’était pas connu. Le taux d’homicides chez les peuples autochtones était environ sept fois plus élevé que le taux observé chez les personnes non autochtones (10,05 homicides pour 100 000 habitants par rapport à 1,42 homicide pour 100 000 habitants).
  • Au cours de la première année de la pandémie, le nombre de crimes haineux déclarés par la police a augmenté de 718 par rapport à 2019, en hausse de 37 % pour s’établir à 2 669, soit le nombre le plus élevé enregistré depuis que des données comparables sont devenues disponibles en 2009. Cette augmentation est en grande partie attribuable à une hausse du nombre de crimes haineux déclarés par la police à l’endroit des Noirs (+318 affaires ou +92 %), des Asiatiques de l’Est ou du Sud-Est (+202 affaires ou +301 %), des Autochtones (+44 affaires ou +152 %) et des Sud-Asiatiques (+38 affaires ou +47 %).
  • En 2020, 5 142 infractions liées aux opioïdes ont été dénombrées au Canada, ce qui correspond à un taux de 14 affaires pour 100 000 habitants, soit une hausse de 34 % comparativement au taux enregistré en 2019. Les infractions liées aux opioïdes constituaient le seul type d’infraction relative à une drogue en particulier à avoir augmenté en 2020 par rapport à 2019. D’après les données policières, les taux d’infractions liées au cannabis (-25 %), à l’héroïne (-15 %), à l’ecstasy (-7 %), à la méthamphétamine (-5 %) et à la cocaïne (-2 %) ont tous diminué.

Fin de l'encadré

Depuis 1962, Statistique Canada recueille des données sur toutes les affaires criminelles déclarées par les services de police canadiens dans le cadre du Programme de déclaration uniforme de la criminalité (DUC), une enquête annuelleNote  . Outre le Programme DUC, Statistique Canada recueille aussi des données autodéclarées sur les victimes d’actes criminels au moyen de l’Enquête sociale générale (ESG) sur la sécurité des Canadiens (victimisation), menée tous les cinq ans. Contrairement au Programme DUC, l’ESG sur la victimisation vise à recueillir des données sur les expériences autodéclarées des victimes, dont des incidents qui peuvent ne pas avoir été portés à l’attention de la police. Ces enquêtes complémentaires fournissent un aperçu plus complet de la criminalité et de la victimisation au Canada.

Le présent article de Juristat fait état des constatations issues du Programme DUC de 2020 au sujet des crimes déclarés par la police, dans l’ensemble du Canada et au fil du temps. Afin de publier dans les meilleurs délais possible les statistiques sur les crimes déclarés par la police, cet article est fondé principalement sur des données agrégées (des totaux), soit les premières données sur la criminalité accessibles chaque année civile. Pour fournir des éclaircissements sur certaines questions relatives à la sécurité qui sont particulièrement pertinentes dans le contexte de la pandémie, comme la violence familiale et les crimes haineux, cet article s’appuie également sur des données désagrégées détaillées sur les caractéristiques des affaires, des victimes et des auteurs présumés. Ces données désagrégées peuvent également faire l’objet de demandes personnalisées et seront comprises dans les futurs produits analytiquesNote  . Les chiffres de la criminalité figurant dans cet article sont fondés sur l’infraction la plus grave dans une affaire criminelle (voir la section « Principaux termes et définitions clés »).

Le présent article donne d’abord un aperçu du contexte important entourant la criminalité au Canada en 2020 compte tenu des répercussions de la pandémie de COVID-19. Il présente ensuite une analyse des principales tendances statistiques qui se dégagent des données déclarées par la police en 2020, ainsi que des infractions à l’origine de ces tendances de la criminalité. L’article traite également des tendances plus générales relatives au volume et à la gravité des crimes déclarés par la police à l’échelle du Canada, des provinces et territoires, et des régions métropolitaines de recensement. Il fournit aussi des renseignements plus détaillés sur les variations observées au chapitre des infractions criminelles avec violence et sans violence. Enfin, l’article porte sur les tendances chez les jeunes auteurs présumés de crimesNote  .

Statistiques sur les crimes déclarés par la police dans le contexte de la pandémie de COVID-19 en 2020

Les statistiques sur les crimes déclarés par la police font uniquement état des crimes signalés à la police, et le signalement de crimes à la police peut être influencé par les crimes de grande envergure, les mouvements sociaux et les modifications apportées aux lois, aux politiques et aux procédures (voir l’encadré 1).

La pandémie de COVID-19 a eu de profondes répercussions sur l’économie, le système de soins de santé et la société en général au Canada. Les politiques adoptées pour contenir la propagation du virus ont entraîné des perturbations sans précédent dans la vie sociale et économique des Canadiens, modifiant la façon dont nous interagissons, socialisons, apprenons, travaillons et consommons. Depuis mars 2020, la grande majorité de la population du Canada passe plus de temps à la maison et de nombreuses entreprises ont fermé leurs portes ou se sont tournées vers de nouvelles méthodes d’exploitation, souvent en ligne. Ces changements ont eu, du moins en partie, une incidence sur les tendances de la criminalité au pays.

En vertu des décrets ordonnant de rester à domicile, un plus grand nombre de personnes sont demeurées à la maison pendant de plus longues périodes, ce qui a fait croître le temps passé sous tutelle, tandis que moins de personnes sont sorties de leur domicile et avaient la possibilité de commettre des crimes. Pour les personnes susceptibles de subir de la violence familiale, cependant, le confinement posait un risque. Dans le cas des crimes qui peuvent être difficiles à signaler en raison de la nature de l’infraction, tels que les crimes commis par des membres de la famille, il est aussi possible que le confinement et la réduction des services aux victimes ou les changements à ceux-ci aient eu une incidence sur le signalement de ces crimes à la police.

Pendant la pandémie, les Canadiens se sont tournés vers Internet pour le travail, l’école, les achats, les soins de santé et les interactions sociales (Bilodeau et autres, 2021; Statistique Canada, 2020a). L’augmentation de la présence en ligne pourrait accroître le risque de différents types d’infractions criminelles facilitées par Internet.

Enfin, la pandémie pourrait également avoir eu une incidence sur les infractions contre l’administration de la justice, comme le manquement aux conditions de la probation, le défaut de comparaître devant le tribunal et le défaut de se présenter à une rencontre obligatoire avec un agent de probation ou de libération conditionnelle. Le confinement a réduit les occasions de manquement aux conditions, et la réduction des procédures judiciaires et des audiences en personne a eu une incidence sur le risque de manquer à une obligation de comparaître devant un tribunal. De plus amples renseignements sur les répercussions sociales et économiques de la pandémie de COVID-19 figurent dans le « carrefour COVID-19 de Statistique Canada ».

Début de l'encadré 1

Encadré 1
Facteurs ayant une incidence sur les crimes déclarés par la police

De nombreux facteurs ont une incidence sur les statistiques sur les crimes déclarés par la police. Tout d’abord, les affaires doivent être portées à l’attention de la police. La décision d’une personne de signaler des affaires criminelles à la police a un effet considérable sur le nombre de crimes qui sont, au bout du compte, consignés par la police. Selon les résultats de l’Enquête sociale générale de 2019 sur la sécurité des Canadiens (victimisation), qui fournit des renseignements sur le comportement des Canadiens de 15 ans et plus en matière de signalement d’actes criminels relativement à certaines infractions, environ le tiers (29 %) des crimes sont signalés à la police (voir l’encadré 9 pour obtenir plus de renseignements sur les données autodéclarées et les données déclarées par la police).

Ensuite, les différences entre les services de police, telles que les ressources disponibles ou les priorités, les politiques et les procédures, peuvent également avoir un effet sur les crimes déclarés par la police. À titre d’exemple, en tant que mesure de prévention du crime, certains services de police ont mis en œuvre des initiatives ciblant les contrevenants actifs ou récidivistes au sein de la collectivité. De plus, certains crimes, comme la conduite avec les facultés affaiblies et les infractions relatives aux drogues, peuvent être considérablement influencés par les pratiques en matière d’application de la loi, certains services de police déployant plus de ressources pour ces types de crimes. Il est aussi possible que certains services de police aient recours à des règlements municipaux ou à des lois provinciales pour traiter des délits mineurs comme les méfaits et les affaires liées au fait de troubler la paix.

Enfin, et de façon plus générale, des facteurs socioéconomiques peuvent avoir une incidence sur le volume des crimes déclarés par la police à l’échelle nationale, régionale, municipale ou du quartier. En particulier, les taux de criminalité peuvent être influencés par les variations dans la structure d’âge (Britt, 2019; Loeber et autres, 2015), la conjoncture économique (Wilson, 2018; Janko et Popli, 2015), les caractéristiques du quartier (Ha et Andresen, 2017), l’émergence de nouvelles technologies (Milivelojevic et Radulski, 2020; Brewer et autres, 2018; McGovern, 2015) et l’attitude des Canadiens à l’égard de la criminalité et des comportements à risque (Ouimet, 2004).

Fin de l’encadré 1

Le nombre mensuel de crimes déclarés par la police était beaucoup plus faible durant la pandémie que l’année précédente

Dans l’ensemble, le taux de crimes déclarés par la police (sauf les délits de la route) au Canada a diminué de 10 % de 2019 à 2020. Les taux annuels de crimes violents (-2 %), de crimes contre les biens (-13 %) et d’autres infractions au Code criminel (-10 %) ont tous diminué pour la première fois après cinq ans de hausses. De plus, les taux d’infractions relatives aux drogues déclarées par la police et prévues par la Loi réglementant certaines drogues et autres substances (LRCDAS) et la Loi sur le cannabis (-5 %), ainsi que les taux d’infractions aux autres lois fédérales (-22 %), ont connu une baisse marquée en 2020 (tableau 1).

Au cours des trois premiers mois de 2020, le nombre d’affaires criminelles déclarées par la police a augmenté de 4 % comparativement à la même période de trois mois en 2019 (graphique 1)Note  . Tant les crimes violents que les crimes contre les biens ont augmenté pendant cette période. De mars à avril 2020, le premier mois complet de la pandémie et, de façon générale, le mois où les restrictions les plus strictes étaient en place à l’échelle du pays, le nombre de crimes déclarés par la police a diminué de 6 %. Le volume de crimes déclarés au cours du mois d’avril 2020 était de 18 % inférieur à celui enregistré en avril 2019.

Graphique 1 début

Graphique 1 Nombre d’affaires criminelles déclarées par la police, selon le type de crime et le mois, Canada, 2019 et 2020

Tableau de données du graphique 1 
Tableau de données du graphique 1
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 1. Les données sont présentées selon Mois (titres de rangée) et Total des infractions au Code criminel (sauf les délits de la route), 2019, Total des infractions au Code criminel (sauf les délits de la route), 2020, Total des crimes violents, 2019, Total des crimes violents, 2020, Total des crimes contre les biens, 2019 et Total des crimes contre les biens, 2020, calculées selon nombre d'affaires unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Mois Total des infractions au Code criminel (sauf les délits de la route), 2019 Total des infractions au Code criminel (sauf les délits de la route), 2020 Total des crimes violents, 2019 Total des crimes violents, 2020 Total des crimes contre les biens, 2019 Total des crimes contre les biens, 2020
nombre d'affaires
Janvier 165 389 174 417 36 197 37 712 97 721 105 472
Février 140 960 165 690 32 592 36 837 80 981 98 602
Mars 167 357 152 381 37 865 35 002 96 640 91 655
Avril 174 052 143 128 38 859 32 373 103 067 85 509
Mai 190 862 149 505 42 235 37 362 112 935 82 886
Juin 192 594 167 033 42 424 42 352 113 729 93 710
Juillet 206 127 187 872 42 693 47 480 125 203 104 125
Août 207 788 187 636 41 540 44 934 127 225 107 262
Septembre 198 019 178 663 40 448 41 275 122 519 103 329
Octobre 194 035 176 949 40 562 39 772 119 889 104 971
Novembre 173 705 153 806 37 976 36 214 104 517 89 206
Décembre 167 812 147 899 37 663 35 226 99 818 84 519

Graphique 1 fin

Au cours des dernières années, la criminalité était généralement à son plus bas niveau pendant le premier trimestre de l’année, plus précisément en janvier et en février. La criminalité commençait ensuite à augmenter pour atteindre un sommet en juillet et en août, avant de diminuer de nouveau à l’automne et en hiver (graphique 2). Cette tendance est demeurée assez semblable en 2020, bien que les niveaux de criminalité globaux aient été généralement inférieurs à ceux des deux années précédentes durant les mois de pandémie, de mars à décembre. En comparant les données mensuelles de 2020 à celles de 2019, on constate que les crimes avec violence et les crimes sans violence ont affiché des baisses relativement importantes en mars, en avril et en mai. Par contre, en juillet (+11 %), en août (+8 %) et en septembre (+2 %), les crimes avec violence ont augmenté pour se situer au-dessus des niveaux observés avant la pandémie en 2019. Cette hausse est en grande partie attribuable à une croissance du nombre d’affaires de voies de fait des niveaux 1 et 2, de menaces et d’agression sexuelle de niveau 1 pendant les mois d’été.

Graphique 2 début

Graphique 2 Nombre d’affaires criminelles déclarées par la police, selon le type de crime et le mois, Canada, 2018 à 2020

Tableau de données du graphique 2 
Tableau de données du graphique 2
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 2. Les données sont présentées selon Année et mois (titres de rangée) et Total des infractions au Code criminel (sauf les délits de la route), Total des crimes violents, Total des crimes contre les biens, Total des infractions relatives aux drogues et Total des autres infractions au Code criminel , calculées selon nombre d'affaires unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année et mois Total des infractions au Code criminel (sauf les délits de la route) Total des crimes violents Total des crimes contre les biens Total des infractions relatives aux drogues Total des autres infractions au Code criminel
nombre d'affaires
2018 Janv. 149 379 31 380 89 958 7 373 28 041
Févr. 134 322 29 746 79 353 6 189 25 223
Mars 155 848 33 928 91 975 8 153 29 945
Avr. 155 291 32 698 93 411 8 018 29 182
Mai 179 198 37 658 108 295 8 518 33 245
Juin 179 804 37 137 109 133 7 506 33 534
Juill. 189 116 37 065 116 923 8 334 35 128
Août 190 214 37 013 118 979 7 611 34 222
Sept. 177 083 35 004 110 153 7 971 31 926
Oct. 180 449 35 640 112 270 5 744 32 539
Nov. 162 978 33 959 100 371 4 208 28 648
Déc. 159 502 36 235 94 447 4 090 28 820
2019 Janv. 165 389 36 197 97 721 5 579 31 471
Févr. 140 960 32 592 80 981 5 254 27 387
Mars 167 357 37 865 96 640 5 285 32 852
Avr. 174 052 38 859 103 067 5 821 32 126
Mai 190 862 42 235 112 935 6 046 35 692
Juin 192 594 42 424 113 729 6 290 36 441
Juill. 206 127 42 693 125 203 6 287 38 231
Août 207 788 41 540 127 225 6 349 39 023
Sept. 198 019 40 448 122 519 6 496 35 052
Oct. 194 035 40 562 119 889 6 061 33 584
Nov. 173 705 37 976 104 517 5 162 31 212
Déc. 167 812 37 663 99 818 4 182 30 331
2020 Janv. 174 417 37 712 105 472 5 853 31 233
Févr. 165 690 36 837 98 602 5 383 30 251
Mars 152 381 35 002 91 655 4 622 25 724
Avr. 143 128 32 373 85 509 5 323 25 246
Mai 149 505 37 362 82 886 6 582 29 257
Juin 167 033 42 352 93 710 5 699 30 971
Juill. 187 872 47 480 104 125 5 582 36 267
Août 187 636 44 934 107 262 5 671 35 440
Sept. 178 663 41 275 103 329 6 030 34 059
Oct. 176 949 39 772 104 971 5 301 32 206
Nov. 153 806 36 214 89 206 5 337 28 386
Déc. 147 899 35 226 84 519 4 450 28 154

Graphique 2 fin

Début de l'encadré 2

Encadré 2
Collecte mensuelle spéciale de données : crimes déclarés par la police et demandes d’intervention pendant la pandémie de COVID-19

Au cours des premiers mois de la pandémie de COVID-19 au Canada, Statistique Canada a commencé à recueillir des données mensuelles provisoires sur les crimes auprès d’un sous-ensemble de services de police desservant 71 % de la population canadienne, afin d’assurer un suivi de certains types d’infractions au Code criminelNote  durant la pandémie. Statistique Canada a également recueilli des renseignements provisoires sur certaines demandes d’intervention — c’est-à-dire les demandes d’aide qui ne sont pas nécessairement liées à la criminalité — pendant cette périodeNote  .

Demandes d’intervention déclarées par la police durant la pandémie de COVID-19

En plus d’intervenir en cas d’actes criminels, la police exerce de nombreuses fonctions, y compris le fait de répondre aux affaires qui sont directement liées à la sécurité et au bien-être de la population, que l’on qualifie de réponse aux « demandes d’intervention ».

Au cours des mois qu’a sévi la pandémie de COVID-19 en 2020 (c.-à-d. de mars à décembre 2020), les services de police participant à cette enquête spéciale ont répondu à 9 % de plus de demandes d’intervention sélectionnées qu’au cours de la même période en 2019. Plus particulièrement, les services de police qui ont été en mesure de déclarer des données sur ces demandes d’intervention sélectionnées ont vu une augmentation du nombre de demandes liées à des vérifications du bien-être général (+16 %), à des demandes liées à la santé mentale (+13 %), par exemple pour des personnes en crise émotionnelle ou pour des appréhensions en vertu de la Loi sur la santé mentale, et à des querelles de ménage (+7 %).

Consulter l’encadré 3 pour obtenir de plus amples renseignements sur la violence familiale durant la pandémie.

Tendances de la criminalité au cours des premiers mois de 2021

Les premières données recueillies pour 2021 auprès du même sous-ensemble de services de police révèlent que la criminalité a diminué de 20 % au premier trimestre de 2021 par rapport au premier trimestre de 2020Note  . En avril 2021, cependant, la criminalité était de 9 % supérieure au niveau observé en avril 2020, le premier mois complet de la pandémie. Les données de ce projet continueront d’être recueillies mensuellement et diffusées régulièrement.

Voir le tableau de données 35-10-0169-01 pour obtenir plus de renseignementsNote  .

Fin de l’encadré 2

Les crimes déclarés par la police au Canada en 2020 : principales constatations

Diminution marquée des taux d’infractions de vol, y compris l’introduction par effraction, le vol qualifié et le vol à l’étalage

La diminution des crimes contre les biens a été le principal facteur à l’origine de la baisse globale de la criminalité en 2020. En raison des décrets ordonnant de rester à domicile et du fait que de nombreuses personnes travaillaient à distance, la plupart des Canadiens n’ont pas quitté leur domicile aussi souvent qu’avant la pandémie, ce qui a fait croître le temps passé sous tutelle et réduit les occasions de commettre certains crimes contre les biens. Ainsi, des infractions comme l’introduction par effraction, le vol à l’étalage de 5 000 $ ou moins et le vol de 5 000 $ ou moins ont nettement diminué de 2019 à 2020 (graphique 3). Les vols qualifiés, qui sont considérés comme des infractions avec violence en raison de l’utilisation ou de la menace de violence pendant la perpétration du crime, ont aussi connu une diminution annuelle prononcée d’une ampleur semblable (voir la section « Principaux termes et définitions clés »).

Graphique 3 début

Graphique 3 Certains crimes contre les biens et vols qualifiés déclarés par la police, Canada, 1998 à 2020

Tableau de données du graphique 3 
Tableau de données du graphique 3
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 3. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et Introduction par effraction, Vol qualifié, Vol à l’étalage de 5 000 $ ou moins et Vol de 5 000 $ ou moins, calculées selon taux pour 100 000 habitants unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année Introduction par effraction Vol qualifié Vol à l’étalage de 5 000 $ ou moins Vol de 5 000 $ ou moins
taux pour 100 000 habitants
1998 1 163 109 303 2 063
1999 1 046 107 276 1 955
2000 956 100 262 1 899
2001 901 99 258 1 869
2002 879 96 257 1 871
2003 901 101 271 1 944
2004 864 97 240 1 871
2005 811 101 237 1 743
2006 772 106 245 1 652
2007 704 104 234 1 530
2008 635 97 238 1 425
2009 613 97 276 1 386
2010 579 90 268 1 286
2011 528 87 260 1 197
2012 508 80 264 1 175
2013 446 66 250 1 096
2014 429 59 265 1 069
2015 447 62 280 1 085
2016 444 61 285 1 091
2017 437 62 296 1 086
2018 433 61 337 1 100
2019 430 62 374 1 130
2020 362 51 239 904

Graphique 3 fin

En 2020, le taux d’introductions par effraction a diminué de 16 % à l’échelle nationale pour s’établir à 362 affaires pour 100 000 habitants. Depuis le sommet atteint en 1991, le taux d’introductions par effraction déclarées par la police affiche une tendance générale à la baisse au Canada. Au cours des 10 dernières années, le taux d’introductions par effraction a fléchi de 38 %. Malgré cette baisse, les introductions par effraction sont demeurées l’une des formes les plus courantes de crimes contre les biens. Un peu plus de 137 500 affaires ont été déclarées par la police en 2020, ce qui représente 12 % des crimes contre les biens, soit la même proportion que l’année précédente.

Toutes les provinces et tous les territoires ont enregistré une baisse des affaires d’introduction par effraction en 2020, les diminutions allant de 11 % à 33 % dans l’ensemble du pays (tableau 2). Étant donné le volume relativement élevé de cette infraction et son poids dans l’IGC, les variations des taux d’introductions par effraction ont eu une incidence mesurable sur les IGC dans tous les secteurs de compétence (voir l’encadré 7 et l’encadré 10). En 2020, 30 des 35 régions métropolitaines de recensement (RMR)Note  ont déclaré que le nombre d’affaires d’introduction par effraction avait diminué ou était inchangé par rapport à l’année précédente (tableau 3).

À l’aide des caractéristiques des affaires, il est possible d’analyser les changements dans les lieux où se produisent des introductions par effraction. En 2020, la grande majorité (92 %) des affaires d’introduction par effraction déclarées par la police se sont produites dans des résidences ou dans des commercesNote  . De 2019 à 2020, le nombre d’introductions par effraction dans des résidences a diminué de 18 % et le nombre d’introductions par effraction dans des commerces a reculé de 9 %. Au cours des trois premiers mois de la pandémie (mars, avril et mai 2020), comparativement à la même période en 2019, le nombre d’introductions par effraction dans des résidences a diminué de 18 %, tandis que le nombre d’introductions par effraction dans des commerces a augmenté de 9 %. Ainsi, il y a eu une légère hausse des introductions par effraction dans des commerces au cours des premiers mois de la pandémie par rapport à la même période un an plus tôt. De plus, le nombre d’introductions par effraction dans des résidences en 2020 a diminué d’un mois à l’autre (p. ex. mars 2020 par rapport à février 2020) en mars (-4 %), en avril (-6 %) et en mai (-7 %), avant d’augmenter en juin (+10 %), en juillet (+8 %) et en août (+10 %). En revanche, les introductions par effraction dans des commerces ont augmenté en mars (+15 %) et en avril (+6 %), avant de diminuer en mai (-37 %) et en juin (-3 %) (elles n’ont pas varié en juillet et ont augmenté de 18 % en août).

Les taux nationaux de vols qualifiés déclarés par la police, qui étaient demeurés relativement stables au cours des cinq dernières années, ont affiché un recul de 18 %, passant de 62 affaires pour 100 000 habitants à 51 affaires pour 100 000 habitants. Les taux de vols qualifiés ont diminué dans toutes les provinces et tous les territoires, à l’exception de la Nouvelle-Écosse (+11 %) et du Yukon (+3 %). Par ailleurs, les taux ont reculé ou étaient inchangés dans 25 des 35 RMR.

En 2020, comme on pouvait s’y attendre compte tenu des restrictions mises en place à l’échelle du pays pour lutter contre la pandémie, telles que les fermetures temporaires ou le passage à la cueillette à l’auto de nombreuses entreprises, les taux de vols à l’étalage et de vols de 5 000 $ ou moins ont tous deux diminué dans l’ensemble des provinces et territoires et dans la quasi-totalité des RMR (le taux de vols de 5 000 $ ou moins a augmenté à Peterborough et n’a pas varié à Barrie). Bien que ces deux infractions soient moins graves que l’introduction par effraction ou le vol qualifié, elles ont quand même eu une incidence relativement importante sur l’IGC à l’échelle du pays en raison de leur volume. En 2020, la police a déclaré environ 90 900 affaires de vol à l’étalage de 5 000 $ ou moins, ce qui se traduit par un taux de 239 affaires pour 100 000 habitants, soit un taux de 36 % inférieur à celui enregistré en 2019. De même, le taux d’autres vols de 5 000 $ ou moins a reculé de 20 %, le nombre d’affaires étant passé de 1 130 à 904.

Baisse du taux d’agressions sexuelles déclarées par la police pour la première fois en cinq ans

En 2020, la police a déclaré 28 639 agressions sexuelles (niveaux 1, 2 et 3), ce qui se traduit par un taux de 75 affaires pour 100 000 habitants (tableau 1). Le taux était de 9 % inférieur à celui noté en 2019, en baisse pour une première fois après cinq années de hausses. Il s’agit également du recul le plus marqué depuis la diminution de 12 % enregistrée en 1995 (graphique 4). De 2019 à 2020, le taux d’agressions sexuelles déclarées par la police (niveaux 1, 2 et 3) a diminué dans la plupart des provinces et des territoires, sauf à Terre-Neuve-et-Labrador (+9 %), au Nunavut (+7 %) et au Québec (+2 % (tableau 2)Note  .

Graphique 4 début

Graphique 4 Taux d’agressions sexuelles (niveaux 1, 2 et 3), affaires déclarées par la police, Canada, 1986 à 2020

Tableau de données du graphique 4 
Tableau de données du graphique 4
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 4. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et Taux pour 100 000 habitants(figurant comme en-tête de colonne).
Année Taux pour 100 000 habitants
1986 79
1987 85
1988 93
1989 98
1990 101
1991 108
1992 121
1993 121
1994 109
1995 96
1996 91
1997 90
1998 85
1999 78
2000 78
2001 78
2002 78
2003 74
2004 72
2005 73
2006 68
2007 65
2008 65
2009 62
2010 66
2011 64
2012 63
2013 60
2014 58
2015 59
2016 60
2017 68
2018 77
2019 82
2020 75

Graphique 4 fin

Malgré les nombreuses discussions publiques entourant la violence sexuelle ces dernières années, le nombre d’agressions sexuelles déclarées par la police est vraisemblablement une sous-estimation marquée de l’étendue réelle des agressions sexuelles au Canada, puisqu’il arrive souvent que ces types d’infractions ne soient pas signalés à la police. Par exemple, les plus récentes données autodéclarées tirées de l’Enquête sociale générale (ESG) de 2019 sur la sécurité des Canadiens (victimisation) révèlent que seulement 6 % des incidents d’agression sexuelle subis par des Canadiens de 15 ans et plus au cours des 12 mois précédant l’enquête ont été portés à l’attention de la police (Cotter, à paraître en 2021). De même, les données de l’Enquête sur la sécurité dans les espaces publics et privés de 2018 révèlent que 5 % des femmes qui ont été victimes des formes les plus graves d’agression sexuelle au cours des 12 mois précédant l’enquête ont signalé l’incident à la police (Cotter et Savage, 2019).

Il est possible que le confinement lié à la pandémie ait exacerbé les problèmes entourant le sous-signalement des agressions sexuelles. Compte tenu des décrets ordonnant de rester à domicile et de la surcharge des ressources hospitalières et médicales, il pourrait être plus difficile pour les victimes de signaler des cas d’agression sexuelle, et moins probable qu’une tierce partie (p. ex. un médecin ou un enseignant) identifie des signes de mauvais traitements, en particulier chez les enfants et les jeunes. Certaines indications laissent supposer que les services de lutte contre la violence familiale et les victimes de violence familiale pourraient aussi avoir été touchés de façon disproportionnée par la pandémie (voir l’encadré 3).

En 2020, un peu moins de 1 agression sexuelle de niveau 1 signalée à la police sur 10 (9 %) a été classée comme non fondée, ce qui signifie qu’il a été déterminé à la suite d’une enquête policière que l’infraction déclarée ne s’était pas produite, et qu’il n’y avait pas eu de tentative de commettre l’infraction. Le nombre d’affaires non fondées poursuit ainsi sa baisse par rapport au sommet de 14 % atteint en 2017 (tableau 4). En comparaison, la proportion de voies de fait simples de niveau 1 classées comme non fondées a diminué pour passer de 11 % en 2017 à 9 % en 2020. Pour obtenir de plus amples renseignements sur l’incidence possible des affaires criminelles non fondées des années précédentes, consulter l’encadré 2 dans Moreau, 2020.

Début de l'encadré 3

Encadré 3
La violence familiale durant la pandémie

À compter de mars 2020, de nombreux organismes au Canada et ailleurs dans le monde ont soulevé des préoccupations au sujet de l’augmentation de la violence familiale en raison du confinement imposé en réponse à la pandémie de COVID-19 (Femmes et égalité des genres Canada, 2021; Nations Unies, 2020; Vaeza, 2020). L’isolement social, la perte d’emploi et la baisse du revenu sont des facteurs qui peuvent accroître le risque de violence familiale. Ces conditions se sont accentuées depuis mars 2020, particulièrement dans le contexte du confinement, de la fermeture des écoles et des garderies, et d’une possible tension accrue à la maison.

En 2020, le taux global d’affaires de violence familiale déclarées par la police était inchangé par rapport à l’année précédenteNote  . En revanche, le taux de victimes de violence non familiale a diminué de 4 % en 2020. La variation des taux de violence familiale différait selon le groupe d’âge. Chez les personnes âgées, les taux ont augmenté pour la cinquième année consécutive (+5 %). Le taux a aussi augmenté en 2020 chez les adultes de 18 à 64 ans (+2 %), poursuivant une tendance à la hausse sur quatre ans. En revanche, après quatre années d’augmentations, le taux d’affaires de violence familiale commises à l’endroit des enfants et déclarées par la police a diminué de 5 % de 2019 à 2020.

Selon les résultats d’une enquête par panel menée en ligne en mars 2020 auprès des Canadiens pour savoir dans quelle mesure ils étaient préoccupés par différentes situations, 10 % des femmes et 6 % des hommes ont déclaré qu’ils ressentaient de l’inquiétude à propos de la possibilité de violence familiale durant la pandémie (Statistique Canada, 2020b). Un projet de collecte par approche participativeNote  mené par la suite, en avril 2020, a confirmé cette conclusion en révélant que les femmes étaient plus susceptibles que les hommes de déclarer ressentir beaucoup ou énormément d’inquiétude à propos de la possibilité de violence familiale durant la pandémie (8,7 % par rapport à 6,5 %) (Statistique Canada, 2020c).

À l’instar des années précédentes, la majorité (6 sur 10) des victimes de violence familiale en 2020 vivaient avec l’auteur présumé au moment de l’affaire, proportion qui pourrait être exacerbée par les décrets ordonnant de rester à domicile et les restrictions visant les déplacements tout au long de la pandémie. De plus, dans le cas des victimes de violence, surtout à la maison, il pouvait être encore plus difficile de communiquer avec la police ou d’obtenir de l’aide en raison des contacts restreints avec les réseaux et les sources de soutien, autant officiels (écoles, conseillers et services aux victimes) qu’informels (famille et amis). Un rapport détaillé de Statistique Canada portant sur la violence familiale durant la pandémie devrait être publié à l’automne 2021.

Fin de l’encadré 3

Le taux d’affaires de pornographie juvénile déclarées par la police continue d’augmenter

Bien que de nombreux crimes déclarés par la police aient diminué pendant la pandémie, le taux d’affaires de pornographie juvénileNote  déclarées par la police a augmenté de 23 % pour atteindre 29 affaires pour 100 000 habitants. Cette augmentation fait suite à une hausse de 47 % en 2019 et le taux suit généralement une tendance à la hausse depuis 2008 (graphique 5)Note  Note  . En 2020, la police a déclaré 2 178 affaires de plus qu’en 2019 (tableau 1). Les circonstances entourant la pandémie pourraient exacerber les conditions concourant à la victimisation, surtout lorsque les enfants et les jeunes passent plus de temps en ligne (BC Gov News, 2021; Sécurité publique Canada, 2020). Selon Cyberaide.ca, la ligne nationale de signalement des cas d’exploitation sexuelle d’enfants en ligne au Canada, plus de 4 millions de signalements de cas d’exploitation ont été traités de 2002 à 2020, la grande majorité d’entre eux ayant eu lieu à partir de 2017 (Cyberaide, 2021)Note  .

Graphique 5 début

Graphique 5 Taux d’affaires de pornographie juvénile déclarées par la police, Canada, 2008 à 2020

Tableau de données du graphique 5 
Tableau de données du graphique 5
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 5. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et Taux pour 100 000 habitants(figurant comme en-tête de colonne).
Année Taux pour 100 000 habitants
2008 4
2009 4
2010 5
2011 6
2012 6
2013 8
2014 11
2015 12
2016 18
2017 18
2018 16
2019 24
2020 29

Graphique 5 fin

Parmi les provinces, la plupart ont affiché une augmentation du taux d’affaires de pornographie juvénile de 2019 à 2020, y compris l’Île-du-Prince-Édouard (+4 %), la Nouvelle-Écosse (+55 %), le Nouveau-Brunswick (+81 %), le Québec (+30 %), l’Ontario (+2 %), le Manitoba (+32 %) et la Colombie-Britannique (+44 %). La majeure partie de l’augmentation observée à l’échelle nationale est attribuable à un plus grand nombre d’affaires en Colombie-Britannique (+1 465 affaires, +44 % du taux) et au Québec (+417 affaires, +30 % du taux).

Parmi les RMR, Vancouver (+870 affaires), Montréal (+351 affaires), Winnipeg (+144 affaires) et Victoria (+129 affaires) ont enregistré les plus fortes hausses du nombre d’infractions de pornographie juvénile. Ensemble, ces quatre RMR ont représenté 75 % de l’augmentation des affaires de pornographie juvénile dans les RMR de 2019 à 2020.

Comme en 2019, les hausses particulièrement marquées des affaires de pornographie juvénile totales peuvent être en partie attribuables à une augmentation du nombre de cas renvoyés aux services de police locaux par le Centre national contre l’exploitation d’enfants (CNCEE) de la GRC, qui est chargé d’appliquer la loi dans le contexte de la Stratégie nationale pour la protection des enfants contre l’exploitation sexuelle sur Internet. En 2019, Sécurité publique Canada a annoncé l’élargissement de la stratégie nationale, ainsi qu’une augmentation du financement sur trois ans, afin d’appuyer la sensibilisation à l’égard de l’exploitation sexuelle des enfants sur Internet, de réduire la stigmatisation liée au signalement et d’accroître la capacité du Canada de poursuivre en justice les auteurs de l’exploitation sexuelle d’enfants en ligne (Sécurité publique Canada, 2019a). En outre, l’augmentation enregistrée en Colombie-Britannique pourrait s’expliquer en partie par un projet lancé par le Behavioural Sciences Group — Integrated Child Exploitation Unit (BSG) de la Colombie-Britannique en 2014. Le BSG utilise un logiciel mis au point par la Child Rescue Coalition afin de détecter les ordinateurs situés dans la province qui ont servi à accéder à de la pornographie juvénile sur Internet ou à la partager, et à partir desquels il a pu entreprendre des enquêtes (pour plus de renseignements sur le logiciel, voir Child Rescue Coalition, 2020).

Un autre facteur mentionné par les services de police qui pourrait avoir contribué à l’augmentation des taux de pornographie juvénile totale est la conformité continue à l’ancien projet de loi C-22, Loi concernant la déclaration obligatoire de la pornographie juvénile sur Internet par les personnes qui fournissent des services Internet (2011). Essentiellement, la Loi prévoit que les personnes ou les entités qui fournissent des services Internet au public doivent signaler les infractions connues ou soupçonnées de pornographie juvénile à la police.

En 2020, il y a eu plus de 7 200 infractions de pornographie juvénile liées à la cybercriminalité, en hausse de 35 % par rapport à 5 375 infractions en 2019Note  .

Les infractions liées aux opioïdes déclarées par la police sont le seul type d’infraction relative à une drogue en particulier à avoir augmenté en 2020

Selon l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC), la pandémie de COVID-19 aggrave la crise de santé publique continue des décès et des hospitalisations liés aux surdoses d’opioïdes. De janvier 2016 à décembre 2020, l’ASPC a signalé 21 174 décès apparemment liés à la toxicité des opioïdes au Canada. Au cours des neuf premiers mois suivant la mise en œuvre des mesures de prévention en réponse à la pandémie de COVID-19 (d’avril à décembre 2020), 5 148 décès liés aux opioïdes ont été enregistrés, une augmentation de 89 % par rapport à la même période en 2019. De tous les décès accidentels apparemment liés à la toxicité des opioïdes en 2020, 82 % concernaient du fentanyl ou des analogues du fentanyl. Les décès et les hospitalisations liés aux opioïdes ont également été associés à la consommation de stimulants comme la cocaïne et la méthamphétamine, ce qui reflète le fait que l’un des aspects de la crise est la consommation de plusieurs substances (Comité consultatif spécial sur l’épidémie de surdoses d’opioïdes, 2021)Note  .

Un certain nombre de facteurs ont été mentionnés comme pouvant contribuer à l’aggravation de la crise des surdoses d’opioïdes pendant la pandémie, y compris l’approvisionnement en drogues de plus en plus toxiques, les sentiments accrus d’isolement, de stress et d’anxiété, et la disponibilité ou l’accessibilité limitée des services pour les personnes qui consomment des drogues (Comité consultatif spécial sur l’épidémie de surdoses d’opioïdes, 2021).

En 2020, 5 142 infractions liées aux opioïdes ont été dénombrées au Canada, ce qui correspond à un taux de 14 affaires pour 100 000 habitants, soit une hausse de 34 % par rapport à 2019 (tableau 5)Note  . Toutes les infractions liées aux opioïdes ont augmenté, y compris les infractions de possession, de trafic, de production, d’importation ou d’exportation (tableau 6). Parmi les provinces, les taux les plus élevés ont été enregistrés en Colombie-Britannique (54 affaires pour 100 000 habitants), en Alberta (12) et en Ontario (10) (tableau 5). Les RMR affichant les taux les plus élevés d’infractions liées aux opioïdes étaient Kelowna (208 pour 100 000 habitants) et Lethbridge (97), suivies de Vancouver (43), de Guelph (32), d’Abbotsford–Mission (31), de Kitchener–Cambridge–Waterloo (30) et de St. Catharines–Niagara (29). En ce qui concerne les décès liés aux opioïdes, l’Ouest du Canada demeure la région la plus touchée du pays depuis 2016, mais les taux ont commencé à augmenter dans d’autres régions également, notamment en Ontario (Comité consultatif spécial sur l’épidémie de surdoses d’opioïdes, 2021).

Les infractions liées aux opioïdes sont le seul type d’infraction relative à une drogue en particulier à avoir connu une augmentation en 2020 par rapport à 2019. En effet, selon les données policières, les taux d’infractions liées au cannabis (-25 %), à l’héroïne (-15 %), à l’ecstasy (-7 %), à la méthamphétamine (-5 %) et à la cocaïne (-2 %) ont tous diminué. Dans l’ensemble, les taux d’infractions liées à la cocaïne (40 affaires pour 100 000 habitants), à la méthamphétamine (37), au cannabis (33) et aux opioïdes (14) et déclarées par la police étaient les plus élevés parmi ces types d’infractions relatives aux drogues (tableau 5).

Bien que les taux d’infractions liées à ces autres types de drogues aient diminué, le fait que la crise des opioïdes soit liée à la consommation de plusieurs substances peut avoir une incidence sur la façon dont certaines infractions relatives aux drogues, notamment les infractions liées à la méthamphétamine et à la cocaïne, sont déclarées, étant donné qu’un seul type de drogue sera indiqué comme étant l’infraction la plus grave pour une affaire criminelle donnée. Selon les données déclarées par l’ASPC pour six provinces et territoires, dans environ la moitié (52 %) des décès accidentels liés à la toxicité des opioïdes survenus en 2020, un stimulant avait également été consommé. De la cocaïne avait aussi été consommée dans 68 % de ces décès, et de la méthamphétamine, dans 47 % de ces décès. De même, au cours de cette période, un opioïde avait également été consommé dans 84 % des décès apparemment liés à la toxicité des stimulants.

Les taux d’infractions liées au cannabis déclarées par la police continuent de diminuer

À l’échelle nationale, les taux d’infractions liées au cannabis déclarées par la police ont continué de diminuer deux ans après la légalisation du cannabis, le 17 octobre 2018. La Loi sur le cannabis fournit un cadre juridique pour la légalisation et la réglementation de la production, de la distribution, de la vente, de la possession, de l’importation et de l’exportation de cannabis au Canada (Parlement du Canada, 2018).

Selon les résultats de l’Enquête nationale sur le cannabis, au quatrième trimestre de 2020, 20 % des Canadiens de 15 ans et plus avaient consommé du cannabis au cours des trois mois précédant l’enquête, ce qui représente une hausse de 2 % par rapport au premier trimestre de 2019 (après la légalisation) et de 6 % par rapport au premier trimestre de 2018 (avant la légalisation). Au cours de la même période, la proportion des consommateurs qui ont déclaré avoir obtenu du cannabis d’une source légale a augmenté pour passer de 23 % à 68 %, tandis que la proportion de ceux qui ont déclaré avoir obtenu du cannabis d’une source illégale a diminué pour passer de 51 % à 35 % (comme les répondants pouvaient choisir plus d’une source, la somme des pourcentages ne correspond pas à 100). De plus, le nombre de magasins de vente au détail de cannabis légaux au Canada a presque été multiplié par huit depuis le quatrième trimestre de 2018, passant de 182 magasins à 1 445 (Rotermann, 2021).

Depuis 2012, les taux d’infractions liées au cannabis déclarées par la police diminuent au Canada, et ont affiché des baisses prononcées de 2018 à 2020 (graphique 6). En 2020, un peu plus de 66 800 infractions relatives aux drogues ont été déclarées par la police, ce qui représente un taux de 176 affaires pour 100 000 habitants, dont 19 %Note  avaient trait à des infractions liées au cannabis (tableau 6). Comme on pouvait s’y attendre, à la suite de la légalisation, il s’agit de loin de la plus faible proportion d’infractions liées au cannabis par rapport à toutes les infractions relatives aux drogues. De 1986 à 2015, les infractions liées au cannabis ont représenté en moyenne 68 % de toutes les infractions relatives aux drogues.

Graphique 6 début

Graphique 6 Taux d’infractions relatives aux drogues, affaires déclarées par la police, Canada, 1986 à 2020

Tableau de données du graphique 6 
Tableau de données du graphique 6
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 6. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et Cannabis, Cocaïne et Autres drogues, calculées selon taux pour 100 000 habitants unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année CannabisTableau de Note 1 CocaïneTableau de Note 2 Autres droguesTableau de Note 2 Tableau de Note 3
taux pour 100 000 habitants
1986 159 26 31
1987 163 31 39
1988 149 41 31
1989 148 59 39
1990 140 46 33
1991 119 57 28
1992 123 50 34
1993 125 44 29
1994 140 43 25
1995 150 39 22
1996 160 39 24
1997 160 38 24
1998 169 40 26
1999 197 39 27
2000 216 42 29
2001 219 39 30
2002 222 41 33
2003 193 45 36
2004 213 53 40
2005 188 60 43
2006 183 69 44
2007 191 70 47
2008 197 66 45
2009 195 52 44
2010 221 51 49
2011 228 51 51
2012 212 53 52
2013 210 49 52
2014 194 46 56
2015 171 43 66
2016 154 40 73
2017 136 38 80
2018 99 39 91
2019 44 41 101
2020 33 40 102

Graphique 6 fin

En 2020, le taux d’infractions liées au cannabis prévues à la Loi sur le cannabis et à la Loi réglementant certaines drogues et autres substances a diminué de 25 % par rapport aux années précédentesNote  . Les services de police ont déclaré 12 591 affaires au total, ce qui représente un taux de 33 affaires pour 100 000 habitants. Les infractions les plus souvent déclarées étaient liées à l’importation ou à l’exportation (61 % de toutes les infractions à la Loi sur le cannabis), à la possession (11 %) et à la distribution (9 %) (tableau 6). En comparaison, en 2018, avant la légalisation du cannabis, la possession représentait les trois quarts (75 %) des infractions liées au cannabis. Depuis la légalisation du cannabis en vertu de la Loi sur le cannabis, la possession n’est illégale que dans certaines circonstances.

Au cours de la première année de la pandémie, le taux d’infractions liées à l’importation ou à l’exportation a affiché la diminution la plus marquée parmi les infractions à la Loi sur le cannabis, en baisse de 31 % pour passer de 29 affaires pour 100 000 habitants à 20 affaires pour 100 000 habitants. Au total, il y a eu 3 211 affaires de moins concernant des infractions liées à l’importation ou à l’exportation prévues par la Loi sur le cannabis en 2020. La RMR de Montréal, au Québec, qui a enregistré une baisse de 72 % (-4 180 affaires) des infractions d’importation ou d’exportation visées par la Loi sur le cannabis de 2019 à 2020, a été à l’origine de la majorité de la diminution de ces infractions à l’échelle nationale. Le recul marqué des infractions d’une année à l’autre s’explique en partie par la diminution des saisies postales et des saisies effectuées par l’Agence des services frontaliers du Canada à Montréal depuis le début de la pandémie de COVID-19. De plus, la RMR de Vancouver, en Colombie-Britannique, a été à l’origine de 56 % de toutes les infractions d’importation ou d’exportation visées par la Loi sur le cannabis (4 194 des 7 552 infractions déclarées à l’échelle nationale). Cette proportion élevée d’infractions est en partie attribuable aux cas de saisie, menés par l’Agence des services frontaliers du Canada et le Centre du courrier de Postes Canada dans la RMR de Vancouver, qui ont été acheminés aux fins de traitement et d’enquête. En raison de cet échange, il est possible que l’année où l’affaire a été déclarée par la Gendarmerie royale du Canada ne corresponde pas toujours à l’année où elle s’est réellement produite.

À l’échelle provinciale, les taux d’infractions liées au cannabis en Colombie-Britannique (102 affaires pour 100 000 habitants) et au Québec (42 affaires pour 100 000 habitants) étaient plus élevés que le taux national (33 affaires pour 100 000 habitants) (tableau 5). Par le passé, la Colombie-Britannique a affiché les taux les plus élevés d’infractions liées au cannabis prévues par la LRCDAS comparativement aux autres provinces, tandis que le Québec était la deuxième province en importance à ce chapitre en 2017 et en 2018.

Augmentation des infractions liées aux comportements harcelants et menaçants

Contrairement à la baisse relativement généralisée de nombreux types de crimes en 2020, le Canada a enregistré une augmentation continue des taux de divers comportements de harcèlement criminel et de menaces. En particulier, les affaires de distribution non consensuelle d’images intimes (+229 affaires, +10 % du taux pour 100 000 habitants), de menaces (+3 343 affaires, +3 % du taux), de harcèlement criminel (+1 174 affaires, +4 % du taux) et de communications indécentes ou harcelantes (+2 471 affaires, +9 % du taux) ont toutes augmenté par rapport à 2019 (tableau 1; graphique 7).

Graphique 7 début

Graphique 7 Taux de comportements harcelants et menaçants, affaires déclarées par la police, Canada, 2009 à 2020

Tableau de données du graphique 7 
Tableau de données du graphique 7
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 7. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et Menaces, Harcèlement criminel, Communications indécentes ou harcelantes et Distribution non consensuelle d'images intimes, calculées selon taux pour 100 000 habitants unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année Menaces Harcèlement criminel Communications indécentes ou harcelantes Distribution non consensuelle d'images intimes
taux pour 100 000 habitants
2009 234 59 69 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
2010 225 63 64 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
2011 209 63 59 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
2012 203 64 54 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
2013 182 61 47 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
2014 176 55 39 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
2015 176 56 41 1
2016 169 53 42 2
2017 173 54 45 4
2018 180 53 48 4
2019 215 62 62 5
2020 221 64 68 6

Graphique 7 fin

En plus des modifications législatives et des nouvelles infractions qui sont entrées en vigueur en 2015 dans le cadre de l’ancien projet de loi C-13, Loi sur la protection des Canadiens contre la cybercriminalitéNote  Note  , l’augmentation nationale des infractions de harcèlement et de menaces peut être en partie attribuable à l’accessibilité et à l’utilisation accrues d’Internet et des médias sociaux. Dans le contexte de la pandémie de COVID-19, les Canadiens utilisent plus souvent l’ordinateur et Internet pour l’école, le travail et les échanges sociaux, ce qui pourrait donner lieu à une augmentation des possibilités d’infractions criminelles qui n’exigent pas une présence physique sur les lieux de l’affaire. Par exemple, en 2020, il y a eu plus de 14 900 infractions liées aux comportements harcelants et menaçants relatifs à la cybercriminalité, soit une hausse de 17 % par rapport à 2019Note  . L’anonymat que semblent offrir Internet et les médias sociaux peut faciliter le harcèlement criminel, les menaces et les comportements indécents et harcelants (Dhillon, 2012; Perrin, 2018). De plus, les progrès de la technologie de téléphonie cellulaire et la disponibilité de plateformes de partage en nuage ont pu contribuer à l’augmentation de la distribution non consensuelle d’images intimes. L’accent accru mis sur l’application de la loi et l’exactitude de la déclaration de la cybercriminalité, ainsi que la sensibilisation accrue du public et de la police à la cybercriminalité, peuvent également avoir contribué à la variation.

Début de l'encadré 4

Encadré 4
Les crimes haineux déclarés par la police durant la pandémie de COVID-19

Au cours de la pandémie, divers enjeux liés à la sécurité et à la discrimination ont été mis au jour et exacerbés au Canada, y compris les crimes haineux. Selon un projet de collecte par approche participativeNote  mené par Statistique Canada, au cours des premiers mois de la pandémie, la proportion de participants désignés comme faisant partie d’un groupe de minorité visible qui ont perçu une augmentation des incidents de harcèlement ou des attaques motivés par la race était trois fois plus élevée que la proportion observée au sein du reste de la population (18 % par rapport à 6 %) (Statistique Canada, 2020d). Cette différence était la plus marquée chez les Chinois (30 %), les Coréens (27 %) et les Asiatiques du Sud-Est (19 %).

Les crimes haineux ciblent des parties intégrales et visibles de l’identité d’une personne et peuvent avoir une incidence disproportionnée sur l’ensemble de la communauté. Ils peuvent être perpétrés contre une personne ou un bien et cibler la race, la couleur, l’origine nationale ou ethnique, la religion, l’orientation sexuelle, l’identité ou l’expression de genre, la langue, le sexe, l’âge, l’incapacité mentale ou physique, ou d’autres facteurs semblables. De plus, le Code criminel du Canada considère quatre infractions précises comme de la propagande haineuse ou des crimes haineux : l’encouragement au génocide, l’incitation publique à la haine, la fomentation volontaire de la haine, et le méfait motivé par la haine à l’égard d’un bien utilisé par un groupe identifiable.

Le nombre de crimes haineux déclarés par la police au Canada a augmenté de 37 % en 2020, passant de 1 951 affaires à 2 669, un sommet inégalé depuis que des données comparables sont devenues accessibles en 2009. Le nombre de crimes haineux ciblant la race ou l’origine ethnique et déclarés par la police a presque doublé (+80 %) comparativement à l’année précédente, et est à l’origine de la grande majorité de la hausse des crimes haineux observée à l’échelle nationale. Les augmentations les plus marquées ont été observées en Ontario (+321 affaires motivées par la haine à l’égard d’une race ou d’une origine ethnique), suivi de la Colombie-Britannique (+196 affaires) et de l’Alberta (+105 affaires).

La hausse des crimes haineux motivés par la race ou l’origine ethnique et déclarés par la police est en majeure partie attribuable à l’augmentation des crimes ciblant les Noirs (+318 affaires ou +92 %), les Asiatiques de l’Est ou du Sud-EstNote  (+202 affaires ou +301 %), les AutochtonesNote  (+44 affaires ou +152 %) et les Sud-AsiatiquesNote  (+38 affaires ou +47 %). En 2020, le nombre de crimes haineux ciblant chacune de ces populations déclarés par la police a atteint un sommet inégalé depuis que des données comparables sont disponibles.

Les crimes haineux ciblant la religion déclarés par la police ont diminué sous l’effet de la baisse du nombre d’affaires ciblant la population musulmane (-100 affaires)Note  , tandis que les affaires ciblant la population juive ont légèrement augmenté (+15 affaires). Les crimes haineux visant l’orientation sexuelle ont légèrement diminué (-6 affaires) après avoir atteint un sommet en 2019. Parmi tous les crimes haineux, tant les crimes sans violence (+42 %) que les crimes violents (+30 %) ont augmenté en 2020.

Les données des services de police sur les crimes haineux comprennent uniquement les affaires qui sont portées à leur attention et catégorisées comme des crimes haineux. Par conséquent, les fluctuations du nombre d’affaires déclarées peuvent traduire un changement réel du volume de crimes haineux, mais elles peuvent aussi être attribuables à des changements dans le signalement de ces crimes par le public, en raison d’efforts de sensibilisation communautaire de la part de la police ou d’une prise de conscience accrue après des événements très médiatisés.

Un article d’analyse détaillé de Juristat portant sur les crimes haineux déclarés par la police au Canada pour l’année 2020 sera publié au début de 2022.


Encadré 4
Les crimes haineux déclarés par la police durant la pandémie de COVID-19
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Les crimes haineux déclarés par la police durant la pandémie de COVID-19. Les données sont présentées selon Motif détaillé (titres de rangée) et 2018, 2019 et 2020, calculées selon nombre et pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Motif détaillé 2018 2019 2020
nombre pourcentage nombre pourcentage nombre pourcentage
Race ou origine ethnique 793 44 884 46 1 594 62
Noire 295 16 345 18 663 26
Asiatique de l’Est ou du Sud-Est 60 3 67 4 269 11
Asiatique du Sud 84 5 81 4 119 5
Arabe ou Asiatique occidentale 93 5 125 7 123 5
Autochtone (Premières Nations, Métis et Inuits) 39 2 29 2 73 3
Blanche 42 2 48 3 81 3
Autre race ou origine ethniqueEncadré 4 Note 1 163 9 150 8 193 8
Race ou origine ethnique non précisée 17 1 39 2 73 3
Religion 657 37 613 32 515 20
Juive 372 21 306 16 321 13
Musulmane 166 9 182 10 82 3
Catholique 44 2 51 3 42 2
Autre religionEncadré 4 Note 2 52 3 57 3 41 2
Religion non précisée 23 1 17 1 29 1
Orientation sexuelle 186 10 265 14 259 10
Autre motifEncadré 4 Note 3 159 9 150 8 189 7
Motif inconnu 22 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 39 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 112 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Total 1 817 100 1 951 100 2 669 100

Fin de l’encadré 4

Hausse du taux d’infractions au Code criminel relatives aux armes à feu pour une sixième année consécutive

Le Code criminel énumère un certain nombre d’infractions avec violence comportant l’usage d’une arme à feu, dont le fait de décharger une arme à feu intentionnellement, le fait de braquer une arme à feu et l’usage d’une arme à feu lors de la perpétration d’un acte criminelNote  . Toutefois, des crimes plus graves, comme l’homicide, le vol qualifié, les voies de fait et l’agression sexuelle, peuvent aussi impliquer une arme à feu. Afin de mesurer tous les crimes avec violence liés aux armes à feu, il faut connaître les renseignements sur les caractéristiques de l’affaire. En 2020, une arme à feu était présente sur les lieux de l’affaire pour 8 344 victimes de crimes avec violence, ce qui représente un taux de 29 affaires pour 100 000 habitantsNote  . Ce taux était inchangé par rapport à 2019 (29). Depuis qu’ils ont atteint leur plus bas niveau au cours des dernières années en 2013, les crimes violents liés aux armes à feu ont suivi une tendance générale à la hausse, à l’exception d’une baisse enregistrée de 2017 à 2018Note  .

Parmi les infractions avec violence comportant l’usage d’une arme à feu qui sont précisées dans le Code criminel, en 2020, 45 % concernaient le fait de décharger une arme à feu intentionnellement, tandis que 40 % avaient trait au fait de braquer une arme à feu. La proportion de 15 % restante concernait l’usage d’une arme à feu lors de la perpétration d’un acte criminel. Le nombre d’infractions avec violence relatives aux armes à feu a augmenté de 593 en 2020 (passant de 3 544 en 2019 à 4 137 en 2020), ce qui constitue une augmentation de 15 % du taux (tableau 1). Il s’agit de la sixième augmentation annuelle consécutive. Les taux ont augmenté pour les trois infractions avec violence relatives aux armes à feu : le fait de décharger une arme à feu intentionnellement (+21 %, +339 affaires), le fait de braquer une arme à feu (+14 %, +227 affaires) et l’usage d’une arme à feu lors de la perpétration d’un acte criminel (+3 %, +27 affaires). L’augmentation des infractions relatives aux armes à feu en 2020 est en grande partie attribuable aux hausses enregistrées en Alberta (+185), au Québec (+148) et en Ontario (+132).

De plus, le taux d’infractions relatives aux armes sans violence (p. ex. possession d’armes et entreposage non sécuritaire d’armes à feu) a augmenté pour une sixième année consécutive, en hausse de 3 % pour s’établir à 51 affaires pour 100 000 habitants (tableau 1). La grande majorité (91 %) de ces infractions étaient liées à des infractions de possession d’armes et à des infractions de violation pour la possession d’armes contraire à une ordonnance.

Le taux de fraudes déclarées par la police est stable et varie selon le sous-type de fraude

Pour la première fois en neuf ans, le taux de fraudes totales déclarées par la police n’a pas augmenté. Il est plutôt demeuré essentiellement stable (442 affaires pour 100 000 habitants en 2020, comparativement à 443 affaires pour 100 000 habitants en 2019). Cela dit, le taux était de 69 % supérieur à celui enregistré il y a 10 ans (graphique 8; tableau 1)Note  . La stabilité globale est attribuable à des variations opposées de différents types de fraudes : le taux de fraudes en général, le type de fraude le plus volumineux, a diminué de 4 % de 2019 à 2020, alors que les taux de fraudes d’identité (+12 %) et de vols d’identité (+52 %) ont augmenté.

Graphique 8 début

Graphique 8 Taux de fraudes déclarées par la police, Canada, 2010 à 2020

Tableau de données du graphique 8 
Tableau de données du graphique 8
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 8. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et Fraude en général, Fraude d'identité, Vol d'identité et Ensemble des affaires de fraude, calculées selon taux pour 100 000 habitants unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année Fraude en général Fraude d'identité Vol d'identité Ensemble des affaires de fraude
taux pour 100 000 habitants
2010 240 18 2 261
2011 226 23 4 254
2012 227 26 5 258
2013 227 27 6 260
2014 229 30 6 266
2015 264 33 7 305
2016 304 39 9 351
2017 310 39 9 358
2018 351 43 10 404
2019 378 53 13 443
2020 363 59 19 442

Graphique 8 fin

Malgré la baisse du nombre de fraudes, de nouveaux types d’arnaques ou des arnaques plus sournoises continuent d’attirer l’attention du Centre antifraude du Canada (CAFC) et des médias d’information, en particulier celles ciblant les déclarations de revenus en lien avec l’Agence du revenu du Canada, les arnaques liées à la COVID-19, y compris celles liées à la Prestation canadienne d’urgence (PCU), les faux vaccins et les faux résultats de tests, ainsi que les autres arnaques générales en ligne, par téléphone ou par message texte (Centre antifraude du Canada, 2021). Selon une récente enquête sur la cybersécurité durant la pandémie, un peu plus de 4 Canadiens sur 10 (42 %) ont subi au moins un type d’incident de cybersécurité depuis le début de la pandémie, y compris des attaques d’hameçonnage, des logiciels malveillants, de la fraude et des comptes piratés (Statistique Canada, 2020a). Parmi les personnes qui ont été victimes d’un incident de cybersécurité, moins du tiers (29 %) ont signalé l’incident à un fournisseur de services pertinent, à une institution financière pertinente ou à une société de cartes de crédit pertinente, et seulement 5 % des victimes ont signalé l’incident à une autorité, comme la police. Selon le Centre antifraude du Canada, de mars 2020 à mai 2021, il y a eu 19 610 victimes de fraude liée à la COVID-19, et 7,4 millions de dollars ont été perdus en raison d’affaires de fraude liée à la COVID-19 uniquement.

Bien que la fraude ne représente pas un crime particulièrement grave dans le calcul de l’IGC, il s’agit d’un crime dont le volume est relativement élevé, ce qui a fait en sorte que la fraude, habituellement la fraude générale, est devenue un facteur important à l’origine de l’augmentation de l’IGC et de l’IGC sans violence dans plusieurs secteurs de compétence au Canada (voir l’encadré 7 et l’encadré 10).

Parmi les provinces, l’Ouest canadien, les Prairies et l’Ontario ont enregistré des baisses du taux de l’ensemble des fraudes, tandis que le Québec et les provinces de l’Atlantique (à l’exception de Terre-Neuve-et-Labrador) ont affiché des hausses (tableau 2). Dans chaque province et territoire, il y a eu une augmentation d’une année à l’autre d’au moins un sous-type de fraude. Le nombre total de fraudes a diminué dans 20 des 35 RMR en 2020 (tableau 3).

Début de l'encadré 5

Encadré 5
Participation de la police à l’application des mesures visant à faciliter la gestion de la pandémie et de l’administration de la justice

Participation des services de police à l’application des mesures visant à faciliter la gestion de la pandémie

Au début de la pandémie, afin de réduire au minimum les répercussions et la propagation du virus, le gouvernement du Canada a adopté des modifications réglementaires en vertu de la Loi sur les contraventions. Ces modifications permettent aux organismes d’application de la loi de distribuer des contraventions aux personnes qui ne se conforment pas aux décrets adoptés en vertu de la Loi sur la mise en quarantaineNote  . En 2020, la police a déclaré 931 affaires comportant une infraction à la Loi sur la mise en quarantaine. La majorité de ces affaires ont été déclarées en Colombie-Britannique (348 affaires), en Ontario (231), en Alberta (156) et au Québec (90).

À titre de mesure complémentaire au signalement des infractions à la Loi sur la mise en quarantaine à la police, l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) a commencé à faire parvenir à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) des renvois pour vérification de la conformité. Afin de limiter la propagation de la COVID-19, le gouvernement du Canada a mis en œuvre des décrets d'urgence en mars 2020, qui imposent une quarantaine ou un isolement obligatoire de 14 jours à tous les voyageurs arrivant au Canada. Du 1er avril 2020 au 28 juin 2021, selon les données de l'ASPC, celle-ci a fait parvenir à la GRC 110 831 renvois de haute priorité aux fins de vérification de la conformité, en fonction de la capacité et des ressources policières. Cela a donné lieu à 102 483 suivis de l'application de la loi qui ont été signalés à l'ASPC au 28 juin. Les mesures d’exécution ont donné lieu à 2 871 amendes pour des infractions en vertu de la Loi sur la mise en quarantaine, et 16 ont fait l'objet d'une assignation à comparaître pour des accusations portées en vertu de cette loi.

Tribunaux et services correctionnels canadiens

Avant la pandémie de COVID-19, les tribunaux de juridiction criminelle au Canada éprouvaient de la difficulté à traiter les causes en temps opportun, ce qui a donné lieu à une décision de la Cour suprême du Canada (CSC) (R. c. Jordan, 2016) qui a établi de nouveaux délais pour le règlement des causes (R. c. Jordan 2016; Karam et autres, 2020). En raison de la pandémie de COVID-19, de nombreux tribunaux dans tout le pays n’ont pas été en mesure de continuer à fonctionner normalement, ce qui a entraîné de longs retards dans certains cas. Les retards peuvent avoir des répercussions négatives pour les victimes et les témoins de crimes et pour les personnes accusées d’avoir commis un crime (Statistique Canada, 2021a).

De plus, la population carcérale canadienne a connu une diminution sans précédent au cours des premiers mois de la pandémie (Statistique Canada, 2021b). La réduction du nombre de personnes détenues dans les établissements correctionnels, tout en tenant compte des préoccupations en matière de sécurité publique, a été considérée comme une mesure préventive visant à réduire les risques pour la santé publique liés à la transmission de la COVID-19 au sein de la population en détention et du personnel des services correctionnels. En mars et en avril 2020, les premiers mois de la pandémie de COVID-19, la population des adultes au sein des établissements correctionnels canadiens a connu une diminution sans précédent de 15 %. En mai et en juin 2020, les baisses ont été moins prononcées et, de juillet à novembre, le compte quotidien moyen d’adultes en détention a augmenté légèrement chaque mois. En décembre, lorsque le nombre de cas confirmés de COVID-19 au Canada était à la hausse à l’occasion d’une deuxième vague d’infections, le compte quotidien moyen d’adultes en détention a légèrement diminué (-2 %) (Statistique Canada, 2021b).

Peut-être en raison de la réduction de l’activité des tribunaux et des services correctionnels canadiens, le taux d’infractions contre l’administration de la justiceNote  a diminué de 17 % en 2020, après avoir augmenté au cours des cinq années précédentes. La majorité des infractions contre l’administration de la justice concernent le défaut de se conformer à une ordonnance (63 %), le manquement aux conditions de la probation (20 %) et le défaut de comparaître (11 %). Les taux ont diminué considérablement pour ces trois infractions : les infractions liées au défaut de comparaître (-42 %), au manquement aux conditions de la probation (-23 %) et au défaut de se conformer à une ordonnance (-6 %).

Fin de l’encadré 5

Crimes déclarés par la police au Canada : tendances générales de l’Indice de gravité de la criminalité et du taux de criminalité

L’Indice de gravité de la criminalité au Canada diminue après cinq années de hausses

L’Indice de gravité de la criminalité (IGC) permet de mesurer le volume et la gravité des crimes déclarés par la police au Canada, et la valeur de l’indice de base est de 100 pour l’année 2006 (voir l’encadré 5). L’IGC a diminué de 8 % en 2020 pour s’établir à 73,4, comparativement à 79,8 en 2019, ce qui constitue la première baisse après cinq années d’augmentations (tableau 7; graphique 9). De 1998 à 2014, toutefois, l’IGC a diminué de façon constante, sauf en 2003, où il a augmenté de 3 %. Par rapport à 10 ans plus tôt, l’IGC de 2020 a reculé de 11 %.

Graphique 9 début

Graphique 9 Indices de gravité des crimes déclarés par la police, Canada, 1998 à 2020

Tableau de données du graphique 9 
Tableau de données du graphique 9
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 9. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et Indice de gravité de la criminalité, Indice de gravité des crimes violents et Indice de gravité des crimes sans violence, calculées selon indice unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année Indice de gravité de la criminalité Indice de gravité des crimes violents Indice de gravité des crimes sans violence
indice
1998 118,8 97,8 126,9
1999 111,2 99,4 115,8
2000 106,7 97,8 110,2
2001 105,3 97,2 108,4
2002 104,1 96,2 107,2
2003 106,8 97,6 110,4
2004 104,1 96,0 107,2
2005 101,3 98,5 102,4
2006 100,0 100,0 100,0
2007 95,3 97,8 94,3
2008 90,6 95,1 88,9
2009 87,8 94,3 85,3
2010 82,9 89,2 80,5
2011 77,6 85,7 74,5
2012 75,5 82,0 73,0
2013 68,9 74,0 66,9
2014 66,9 70,7 65,4
2015 70,4 75,3 68,4
2016 72,0 76,9 70,1
2017 73,6 81,3 70,7
2018 75,6 83,6 72,6
2019 79,8 90,3 75,8
2020 73,4 87,0 68,4

Graphique 9 fin

La première année de la pandémie a été marquée par des changements généralisés dans la façon dont les gens vivent, travaillent et interagissent avec les autres en raison des divers confinements, des décrets ordonnant de rester à domicile et d’autres restrictions. La baisse de 8 % de l’IGC en 2020 est principalement attribuable à la diminution des taux de nombreuses infractions déclarées par la police, principalement celles liées aux crimes contre les biens. Plus particulièrement, il y a eu un recul des affaires d’introduction par effraction, de vol de 5 000 $ ou moinsNote  , de vol qualifié, de vol à l’étalage de 5 000 $ ou moins et d’agression sexuelle de niveau 1 ainsi que des affaires liées aux infractions contre l’administration de la justice déclarées par la police.

Le taux de crimes déclarés par la police, qui permet de mesurer le volume de crimes pour 100 000 habitants, a diminué de 10 % en 2020 pour se situer à 5 301 affaires pour 100 000 habitants (tableau 8; graphique 10).

Graphique 10 début

Graphique 10 Taux de crimes déclarés par la police, Canada, 1962 à 2020

Tableau de données du graphique 10 
Tableau de données du graphique 10
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 10. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et Total, Crimes contre les biens, Autres infractions et Crimes violents, calculées selon taux pour 100 000 habitants unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année Total Crimes contre les biens Autres infractions Crimes violents
taux pour 100 000 habitants
1962 2 771 1 891 659 221
1963 3 022 2 047 726 249
1964 3 245 2 146 815 284
1965 3 199 2 091 809 299
1966 3 511 2 258 907 347
1967 3 850 2 484 985 381
1968 4 336 2 826 1 087 423
1969 4 737 3 120 1 164 453
1970 5 212 3 515 1 217 481
1971 5 311 3 649 1 170 492
1972 5 355 3 634 1 224 497
1973 5 773 3 704 1 546 524
1974 6 388 4 151 1 684 553
1975 6 852 4 498 1 769 585
1976 6 984 4 533 1 867 584
1977 6 971 4 466 1 933 572
1978 7 154 4 579 1 995 580
1979 7 666 4 903 2 153 610
1980 8 343 5 444 2 263 636
1981 8 736 5 759 2 322 654
1982 8 773 5 840 2 262 671
1983 8 470 5 608 2 182 679
1984 8 387 5 501 2 185 701
1985 8 413 5 451 2 227 735
1986 8 727 5 550 2 392 785
1987 8 957 5 553 2 575 829
1988 8 919 5 439 2 613 868
1989 8 892 5 289 2 692 911
1990 9 485 5 612 2 900 973
1991 10 342 6 160 3 122 1 059
1992 10 040 5 904 3 052 1 084
1993 9 538 5 575 2 881 1 082
1994 9 125 5 257 2 821 1 047
1995 9 008 5 292 2 707 1 009
1996 8 932 5 274 2 656 1 002
1997 8 475 4 880 2 603 993
1998 8 093 4 569 2 529 995
1999 7 695 4 276 2 449 971
2000 7 610 4 081 2 534 996
2001 7 592 4 004 2 593 995
2002 7 516 3 976 2 560 980
2003 7 773 4 125 2 670 978
2004 7 601 3 976 2 668 957
2005 7 326 3 744 2 620 962
2006 7 246 3 605 2 673 968
2007 6 908 3 335 2 621 952
2008 6 632 3 096 2 598 938
2009 6 462 3 005 2 531 926
2010 6 160 2 802 2 451 907
2011 5 781 2 586 2 325 870
2012 5 639 2 524 2 272 843
2013 5 207 2 348 2 089 769
2014 5 062 2 328 1 998 736
2015 5 232 2 437 2 040 755
2016 5 298 2 490 2 039 769
2017 5 375 2 523 2 060 791
2018 5 513 2 625 2 068 819
2019 5 878 2 734 2 259 886
2020 5 301 2 265 2 193 843

Graphique 10 fin

Les services de police canadiens ont déclaré un peu plus de 2 millions d’infractions au Code criminel (sauf les délits de la route) en 2020, soit environ 195 000 affaires de moins qu’en 2019. Outre ces affaires, en 2020, la police a comptabilisé environ 125 200 délits de la route prévus au Code criminel, environ 66 800 infractions à la LRCDAS et à la Loi sur le cannabis, et environ 18 800 infractions à d’autres lois fédérales (comme la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents et la Loi sur les douanes). Au total, la police a déclaré plus de 2,2 millions d’infractions au Code criminel et aux autres lois fédérales en 2020.

Bien que l’IGC et le taux de criminalité soient des mesures distinctes, les deux font ressortir des tendances semblables au chapitre des crimes déclarés par la police au Canada depuis 1998, même si l’IGC rend compte à la fois du volume de crimes déclarés par la police et de la variation de leur gravité relative (voir l’encadré 6).

Début de l'encadré 6

Encadré 6
Mesure des crimes déclarés par la police

Au Canada, il existe deux façons complémentaires de mesurer les crimes déclarés par la police : le taux de criminalité traditionnel et l’Indice de gravité de la criminalité (IGC). Les deux mesures tiennent compte du volume de crimes déclarés par la police, mais l’IGC prend également en compte la gravité des crimes. Tant le taux de criminalité traditionnel que l’IGC permettent de mesurer la criminalité en fonction de l’infraction la plus grave dans l’affaire criminelle (voir la section « Description de l’enquête » pour obtenir plus de précisions). L’infraction la plus grave est déterminée par des critères dont voici l’ordre de priorité: les infractions contre la personne l’emportent sur les autres infractions; l’infraction la plus grave est celle pour laquelle la peine maximale prévue par la loi est la plus lourde; les infractions causant la mort l’emportent sur les autres infractions passibles de la même peine maximale; ou, si les règles qui précèdent ne permettent pas de rompre une égalité, il revient au service de police de décider laquelle des infractions dans l’affaire est la plus graveNote  .

Afin de publier dans les meilleurs délais possible les statistiques sur les crimes déclarés par la police, le présent article est fondé sur des données agrégées (des totaux), soit les premières données sur la criminalité accessibles chaque année civile. Des données plus détaillées sur les caractéristiques des affaires, des victimes et des auteurs présumés seront accessibles après la diffusion du présent article, et elles le seront pour les demandes de données personnalisées ou pourraient éventuellement paraître dans de prochains articles de Juristat.

Taux de criminalité

Le taux de criminalité traditionnel, qui sert à mesurer les crimes déclarés par la police au Canada depuis 1962, est généralement exprimé sous forme de taux pour 100 000 habitants. Pour calculer le taux de criminalité, on fait la somme des infractions au Code criminel déclarées par la police, que l’on divise par la population. Le taux de criminalité exclut les délits de la route prévus au Code criminel et les infractions aux autres lois fédérales, comme les infractions relatives aux drogues.

Afin de calculer le taux traditionnel de crimes déclarés par la police, on compte toutes les infractions de façon égale, peu importe leur gravité. À titre d’exemple, une affaire d’homicide est comptée comme étant l’équivalent d’une affaire de vol. Ainsi, l’une des limites du taux de criminalité traditionnel, c’est qu’il peut fluctuer facilement en raison des variations du nombre d’infractions moins graves, mais fréquentes, comme les vols de 5 000 $ ou moins ou les méfaits. Autrement dit, une forte diminution des infractions fréquentes, mais moins graves, peut faire baisser le taux de crimes déclarés par la police, même si le nombre d’affaires plus graves, mais moins fréquentes, comme les homicides et les vols qualifiés, augmente.

Outre le taux de criminalité global, des taux sont calculés pour les crimes violents, les crimes contre les biens et les autres infractions au Code criminel. De plus, les taux de jeunes qui ont été inculpés par la police ou qui ont fait l’objet de mesures extrajudiciaires sont calculés pour toutes les catégories de crimes.

Indice de gravité de la criminalité

L’Indice de gravité de la criminalité (IGC) a été mis au point pour remédier au fait que le taux de crimes déclarés par la police est établi par les infractions relativement moins graves, mais fréquentes. L’IGC tient compte non seulement du volume de crimes, mais aussi de leur gravité relative. Par conséquent, l’IGC suivra les variations du volume de la criminalité et/ou de la gravité moyenne des crimes lorsque ceux-ci seront consignés.

On calcule l’IGC déclaré par la police en attribuant un poids à chaque infraction. Les poids de l’IGC sont fondés sur le taux d’incarcération lié à l’infraction et sur la durée moyenne de la peine d’emprisonnement prononcée par les tribunaux de juridiction criminelle à l’égard de cette infractionNote  . Plus la peine moyenne est sévère, plus le poids attribué à l’infraction est important, ce qui signifie que les infractions plus graves ont un effet plus marqué sur l’indice. Contrairement au taux de criminalité traditionnel, l’IGC englobe toutes les infractions, y compris les délits de la route prévus au Code criminel et les infractions aux autres lois fédérales, comme les infractions relatives aux drogues.

Pour calculer l’IGC, il s’agit de diviser la somme des infractions pondérées par la population. Comme les autres indices (p. ex. l’Indice des prix à la consommation), on normalise ensuite l’IGC en fonction d’une année de base, dont l’indice est « 100 », et ce, afin de simplifier la comparaison (pour l’IGC, l’année de base est 2006). Toutes les valeurs de l’IGC sont relatives à l’IGC de 2006 à l’échelle du Canada. Les valeurs de l’IGC sont disponibles à compter de 1998.

En plus de l’IGC global, un Indice de gravité des crimes violents (IGC avec violence) et un Indice de gravité des crimes sans violence (IGC sans violence) ont été créés. Comme dans le cas de l’IGC global, on dispose de données sur ces deux indices à compter de 1998. L’IGC avec violence comprend toutes les infractions avec violence déclarées par la police, et l’IGC sans violence comprend toutes les infractions contre les biens déclarées par la police ainsi que les autres infractions au Code criminel, les délits de la route prévus au Code criminel et les infractions aux autres lois fédérales. Les différentes mesures de l’IGC sont également disponibles pour les jeunes auteurs présumés de crimes (inculpés et non inculpés).

Pour s’ajuster aux changements de modèles de détermination des peines par les tribunaux et aux modifications au Code criminel et aux autres lois fédérales, les poids sont mis à jour tous les cinq ans. La plus récente mise à jour a été effectuée en 2018 et s’applique aux données révisées de 2019 et aux données de 2020 présentées dans cet article.

Pour obtenir plus de renseignements sur l’IGC, veuillez consulter les publications La mesure de la criminalité au Canada : présentation de l’Indice de gravité de la criminalité et des améliorations au Programme de déclaration uniforme de la criminalité (Wallace et autres, 2009), La méthodologie de l’Indice de gravité de la criminalité déclarée par la police (Babyak et autres, 2009), Mise à jour des poids de l’Indice de gravité de la criminalité déclarée par la police : perfectionnement de la méthodologie (Babyak et autres, 2013) et Updating the Police-Reported Crime Severity Index: Calculating 2018 Weights (Cormack et Tabuchi, 2020), ainsi que la vidéo « La mesure de la criminalité au Canada : un aperçu détaillé de l’Indice de gravité de la criminalité » (Statistique Canada, 2016).

Fin de l’encadré 6

L’Indice de gravité de la criminalité diminue dans la plupart des provinces

De 2019 à 2020, l’IGC a diminué dans 8 des 10 provinces du Canada ainsi que dans 1 territoire (Nunavut) (tableau 9). La Nouvelle-Écosse (+8 %) et le Nouveau-Brunswick (+3 %) ont enregistré une augmentation de leur IGC. Environ 40 % de la hausse observée en Nouvelle-Écosse est attribuable à la fusillade de masse survenue dans la province qui a fait 22 morts et 3 blessésNote  . Comme c’est le cas depuis 1998, les provinces des Prairies et la Colombie-Britannique ont enregistré les IGC les plus élevés parmi les provinces, tandis que les trois territoires ont affiché les IGC les plus élevés dans l’ensembleNote  . Les affaires d’introduction par effraction, de vol et de vol à l’étalage de 5 000 $ ou moins, de vol qualifié, de fraude et d’homicide ont été des facteurs communs qui ont contribué aux hausses ou aux baisses de l’IGC dans les provinces et les territoires (voir l’encadré 7).

Début de l'encadré 7

Encadré 7
Infractions ayant contribué à la variation de l’Indice de gravité de la criminalité (IGC) de 2019 à 2020, selon la province ou le territoire


Encadré 7
Infractions ayant contribué à la variation de l’Indice de gravité de la criminalité (IGC) de 2019 à 2020, selon la province ou le territoire
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Infractions ayant contribué à la variation de l’Indice de gravité de la criminalité (IGC) de 2019 à 2020. Les données sont présentées selon Province ou territoire (titres de rangée) et Variation en pourcentage de l’IGC de 2019 à 2020 et Infractions à l’origine de la variation de l’IGC(figurant comme en-tête de colonne).
Province ou territoire Variation en pourcentage de l’IGC de 2019 à 2020 Infractions à l’origine de la variation de l’IGC
Canada -8 Diminution des introductions par effraction, des vols de 5 000 $ ou moins (autres que le vol à l’étalage), des vols qualifiés, des vols à l’étalage de 5 000 $ ou moins, des infractions contre l’administration de la justice et des agressions sexuelles de niveau 1.
Terre-Neuve-et-Labrador -4 Diminution des introductions par effraction, des vols de 5 000 $ ou moins (autres que le vol à l’étalage), des vols à l’étalage de 5 000 $ ou moins et des vols qualifiés; contrebalancée en partie par l’augmentation des méfaits et des affaires liées au trafic, à la production, à l’importation ou à l’exportation de cocaïne.
Île-du-Prince-Édouard -11 Diminution des introductions par effraction, des vols de 5 000 $ ou moins (autres que le vol à l’étalage), des homicides et des vols qualifiés; contrebalancée en partie par l’augmentation des affaires de conduite dangereuse d’un véhicule à moteur au cours d’une poursuite policière (délits de la route) et des fraudes.
Nouvelle-ÉcosseEncadré 7 Note 1 8 Augmentation des homicides, des fraudes et des affaires de pornographie juvénile; contrebalancée en partie par la diminution des introductions par effraction et des vols de 5 000 $ ou moins (autres que le vol à l’étalage).
Nouveau-Brunswick 3 Augmentation des fraudes, des vols d’identité, des affaires de conduite dangereuse d’un véhicule à moteur au cours d’une poursuite policière (délits de la route), des affaires de pornographie juvénile et des affaires liées au trafic, à la production, à l’importation ou à l’exportation de méthamphétamine; contrebalancée en partie par la diminution des introductions par effraction et des vols de 5 000 $ ou moins (autres que le vol à l’étalage).
Québec -7 Diminution des introductions par effraction, des affaires liées à l’importation ou à l’exportation de cannabis en vertu de la Loi sur le cannabisEncadré 7 Note 2 et des vols qualifiés; contrebalancée en partie par l’augmentation des fraudes.
Ontario -9 Diminution des introductions par effraction, des vols qualifiés, des vols à l’étalage de 5 000 $ ou moins et des vols de 5 000 $ ou moins (autres que le vol à l’étalage).
Manitoba -10 Diminution des introductions par effraction, des vols qualifiés, des vols de 5 000 $ ou moins (autres que le vol à l’étalage), des homicides et des vols à l’étalage de 5 000 $ ou moins; contrebalancée en partie par l’augmentation des affaires liées au trafic, à la production, à l’importation ou à l’exportation de cocaïne, et des méfaits.
Saskatchewan -6 Diminution des introductions par effraction et des vols de 5 000 $ ou moins (autres que le vol à l’étalage), des vols qualifiés, des vols à l’étalage de 5 000 $ ou moins et des vols de véhicules à moteur; contrebalancée en partie par l’augmentation des voies de fait de niveau 2 et des infractions avec violence relatives aux armes à feu.
Alberta -11 Diminution des introductions par effraction, des vols de 5 000 $ ou moins (autres que le vol à l’étalage), des fraudes, des vols à l’étalage de 5 000 $ ou moins, des vols qualifiés, des vols de véhicules à moteur et des infractions contre l’administration de la justice; contrebalancée en partie par l’augmentation des homicides.
Colombie-Britannique -8 Diminution des vols de 5 000 $ ou moins (autres que le vol à l’étalage), des introductions par effraction, des vols à l’étalage de 5 000 $ ou moins, des fraudes et des vols de véhicules à moteur; contrebalancée en partie par l’augmentation des affaires de pornographie juvénile.
Yukon 1 Augmentation des infractions avec violence relatives aux armes à feu, des méfaits, des voies de fait de niveau 3, des fraudes et des affaires liées au trafic, à la production, à l’importation ou à l’exportation de cocaïne et d’héroïne; contrebalancée en partie par la diminution des introductions par effraction, des vols de 5 000 $ ou moins (autres que le vol à l’étalage), des homicides et des infractions contre l’administration de la justice.
Territoires du Nord-Ouest 6 Augmentation des méfaits et des homicides; contrebalancée en partie par la diminution des introductions par effraction et des vols de 5 000 $ ou moins (autres que le vol à l’étalage).
Nunavut -1 Diminution des introductions par effraction et des homicides; contrebalancée en partie par l’augmentation des méfaits et des infractions sexuelles contre les enfants.

Fin de l’encadré 7

La majorité des provinces ont enregistré une baisse de leur IGC et de leur taux de criminalité en 2020 par rapport à 2010 (tableau 9 et tableau 10; graphiques 11 à 14).

Graphique 11 début

Graphique 11 Indice de gravité des crimes déclarés par la police, provinces de l’Atlantique et Canada, 1998 à 2020

Tableau de données du graphique 11 
Tableau de données du graphique 11
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 11. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et Terre-Neuve-et-Labrador, Île-du-Prince-Édouard, Nouvelle-Écosse , Nouveau-Brunswick et Canada, calculées selon indice de gravité de la ciminalité unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année Terre-Neuve-et-Labrador Île-du-Prince-Édouard Nouvelle-Écosse Nouveau-Brunswick Canada
indice de gravité de la criminalité
1998 76,4 73,3 105,4 90,0 118,8
1999 69,2 79,0 104,6 90,0 111,2
2000 70,1 76,3 95,3 84,8 106,7
2001 69,1 75,4 92,5 83,4 105,3
2002 71,4 85,2 93,9 84,6 104,1
2003 74,4 91,0 101,4 87,8 106,8
2004 79,3 81,9 106,7 87,9 104,1
2005 78,5 76,8 102,1 79,5 101,3
2006 73,1 71,8 101,1 74,2 100,0
2007 75,3 64,1 91,9 70,8 95,3
2008 71,1 68,7 84,2 71,8 90,6
2009 71,5 66,4 84,0 70,7 87,8
2010 78,7 66,4 83,6 69,2 82,9
2011 71,9 67,3 79,5 66,2 77,6
2012 68,0 73,6 76,9 68,0 75,5
2013 68,5 65,3 70,1 60,0 68,9
2014 62,4 55,8 66,8 56,0 66,9
2015 65,8 50,6 63,3 62,4 70,4
2016 69,6 49,3 62,3 61,6 72,0
2017 63,5 45,9 66,3 68,8 73,6
2018 64,9 54,2 65,6 73,0 75,6
2019 71,9 64,3 66,5 80,3 79,8
2020 68,9 57,2 71,7 82,8 73,4

Graphique 11 fin

Graphique 12 début

Graphique 12 Indice de gravité des crimes déclarés par la police, Québec, Ontario, Colombie-Britannique et Canada, 1998 à 2020

Tableau de données du graphique 12 
Tableau de données du graphique 12
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 12. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et Québec, Ontario, Colombie-Britannique et Canada, calculées selon indice de gravité de la criminalité unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année Québec Ontario Colombie-Britannique Canada
indice de gravité de la criminalité
1998 112,7 100,7 166,9 118,8
1999 104,3 92,3 155,8 111,2
2000 101,8 89,0 144,7 106,7
2001 96,6 86,5 146,6 105,3
2002 93,5 84,5 148,1 104,1
2003 92,9 83,2 154,7 106,8
2004 90,3 78,2 153,4 104,1
2005 89,9 77,0 146,3 101,3
2006 91,0 78,6 139,8 100,0
2007 84,7 74,5 132,4 95,3
2008 83,0 70,9 121,8 90,6
2009 81,5 69,3 111,9 87,8
2010 76,0 65,6 104,1 82,9
2011 73,4 61,2 96,7 77,6
2012 70,7 59,0 94,5 75,5
2013 62,7 52,6 87,7 68,9
2014 57,7 49,9 90,2 66,9
2015 57,0 51,1 92,7 70,4
2016 56,6 53,3 91,7 72,0
2017 57,8 56,4 87,1 73,6
2018 56,5 60,4 88,8 75,6
2019 55,8 61,0 104,4 79,8
2020 51,6 55,7 95,7 73,4

Graphique 12 fin

Graphique 13 début

Graphique 13 Indice de gravité des crimes déclarés par la police, provinces des Prairies et Canada, 1998 à 2020

Tableau de données du graphique 13 
Tableau de données du graphique 13
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 13. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et Manitoba, Saskatchewan, Alberta et Canada, calculées selon indice de gravité de la criminalité unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année Manitoba Saskatchewan Alberta Canada
indice de gravité de la criminalité
1998 154,5 176,2 122,5 118,8
1999 152,6 167,3 118,8 111,2
2000 149,5 169,4 111,3 106,7
2001 152,5 176,4 114,8 105,3
2002 148,3 175,7 116,3 104,1
2003 161,3 199,5 124,8 106,8
2004 163,3 192,3 124,1 104,1
2005 156,7 181,3 121,9 101,3
2006 155,9 170,5 115,6 100,0
2007 150,8 164,7 114,4 95,3
2008 129,9 152,5 112,0 90,6
2009 137,7 149,5 105,6 87,8
2010 127,3 148,2 98,2 82,9
2011 116,0 143,6 87,5 77,6
2012 114,5 138,8 86,1 75,5
2013 100,7 126,5 85,3 68,9
2014 96,7 125,0 87,6 66,9
2015 106,3 138,3 104,5 70,4
2016 115,4 151,4 106,0 72,0
2017 119,0 143,2 112,1 73,6
2018 126,2 140,7 113,7 75,6
2019 139,7 149,6 120,2 79,8
2020 125,2 141,1 107,4 73,4

Graphique 13 fin

Graphique 14 début

Graphique 14 Indice de gravité des crimes déclarés par la police, territoires et Canada, 1998 à 2020

Tableau de données du graphique 14 
Tableau de données du graphique 14
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 14. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et Yukon, Territoires du Nord-Ouest , Nunavut et Canada, calculées selon indice de gravité de la criminalité unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année Yukon Territoires du Nord-Ouest Nunavut Canada
indice de gravité de la criminalité
1998 226,2 267,5 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 118,8
1999 230,4 255,4 218,8 111,2
2000 267,7 251,9 250,3 106,7
2001 248,8 260,4 288,9 105,3
2002 263,9 297,2 318,5 104,1
2003 258,7 339,4 360,8 106,8
2004 245,4 353,3 372,1 104,1
2005 199,4 343,3 327,1 101,3
2006 180,4 316,0 279,9 100,0
2007 186,3 335,8 316,0 95,3
2008 182,8 342,9 326,5 90,6
2009 180,9 326,2 332,9 87,8
2010 171,0 348,1 343,1 82,9
2011 154,7 342,0 315,1 77,6
2012 156,0 338,1 318,2 75,5
2013 169,4 315,0 286,0 68,9
2014 187,3 290,2 283,7 66,9
2015 183,0 321,9 275,2 70,4
2016 185,9 297,4 294,9 72,0
2017 183,7 309,5 300,5 73,6
2018 171,7 325,3 325,5 75,6
2019 212,1 389,4 371,6 79,8
2020 214,5 414,5 368,4 73,4

Graphique 14 fin

Presque toutes les régions métropolitaines de recensement enregistrent des baisses de la gravité des crimes déclarés par la police

De 2019 à 2020, 27 des 35 régions métropolitaines de recensement (RMR) ont déclaré une diminution de leur IGC (tableau 11; graphique 15)Note  . Les baisses les plus prononcées de l’IGC ont été enregistrées dans les RMR de Regina (-20 %), de Calgary (-17 %), d’Ottawa (-16 %) et de Barrie (-16 %). Les infractions qui ont contribué aux reculs dans ces RMR ont été quelque peu variables, bien que, de façon générale, les introductions par effraction, les vols à l’étalage de 5 000 $ ou moins, les vols qualifiés et les fraudes aient contribué à la baisse à divers degrés (tableau 12).

Graphique 15 début

Graphique 15 Indice de gravité des crimes déclarés par la police, selon la région métropolitaine de recensement, 2020

Tableau de données du graphique 15 
Tableau de données du graphique 15
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 15. Les données sont présentées selon Région métropolitaine de recensement (titres de rangée) et Région métropolitaine de recensement et Canada(figurant comme en-tête de colonne).
Région métropolitaine de recensementTableau de Note 1 Tableau de Note 2 Tableau de Note 3 Tableau de Note 4 Région métropolitaine de recensement Canada
Indice de gravité de la criminalité
St. John’s 64,3 73,4
Halifax 61,9 73,4
Moncton 104,2 73,4
Saint John 49,3 73,4
Saguenay 43,9 73,4
Québec 42,1 73,4
Sherbrooke 47,8 73,4
Trois-Rivières 47,7 73,4
Montréal 52,7 73,4
GatineauTableau de Note 5 51,4 73,4
OttawaTableau de Note 6 48,3 73,4
Kingston 70,6 73,4
Belleville 63,9 73,4
Peterborough 62,1 73,4
Toronto 46,2 73,4
Hamilton 55,5 73,4
St. Catharines–Niagara 58,1 73,4
Kitchener–Cambridge–Waterloo 74,7 73,4
Brantford 80,8 73,4
Guelph 63,1 73,4
London 74,7 73,4
Windsor 83,3 73,4
Barrie 44,9 73,4
Grand Sudbury 87,8 73,4
Thunder Bay 93,8 73,4
Winnipeg 116,3 73,4
Regina 104,8 73,4
Saskatoon 105,7 73,4
Lethbridge 138,7 73,4
Calgary 78,0 73,4
Edmonton 104,8 73,4
Kelowna 111,9 73,4
Abbotsford–Mission 77,2 73,4
Vancouver 88,6 73,4
Victoria 75,8 73,4

Graphique 15 fin

Les hausses les plus prononcées de l’IGC observées de 2019 à 2020 ont été enregistrées à Peterborough (+14 %), dans le Grand Sudbury (+7 %), à Kingston (+4 %) et à Victoria (+3 %) (tableau 12). Comme dans les RMR qui ont affiché des baisses annuelles marquées, dans celles qui ont déclaré des hausses, celles-ci étaient surtout attribuables à diverses infractions, y compris, en partie, à des hausses du taux d’introductions par effraction et de vols ou de fraudes d’identité.

Tout comme pour la tendance provinciale, les IGC les plus élevés sont habituellement enregistrés dans les RMR situées en Colombie-Britannique et dans les provinces des Prairies, tandis que les IGC les moins élevés sont le plus souvent observés au Québec, en Ontario et dans les provinces de l’Atlantique. Lethbridge (138,7), Winnipeg (116,3) et Kelowna (111,9) sont les RMR qui ont affiché les IGC les plus élevés en 2020, bien qu’elles aient toutes déclaré des baisses par rapport à l’année précédente. Les RMR ayant enregistré les IGC les plus faibles étaient Québec (42,1), Saguenay (43,9) et Barrie (44,9), suivies de Toronto (46,2), Trois-Rivières (47,7), Sherbrooke (47,8) et Ottawa (48,3).

Crimes violents déclarés par la police

En 2020, les crimes violents déclarés par la police ont représenté environ le quart (24 %) de l’ensemble des infractions au Code criminel déclarées par la police (sauf les délits de la route). Il s’agit d’une proportion plus élevée qu’en 2019 (22 %), bien que cela soit attribuable à la forte diminution des crimes sans violence, plutôt qu’à une variation notable des crimes violents. La police a déclaré plus de 476 600 affaires de violence en 2020, ce qui représente une baisse de 2 % du taux d’affaires de violence déclarées par la police (1 254 affaires pour 100 000 habitants en 2020 par rapport à 1 279 affaires pour 100 000 habitants en 2019). Cette diminution fait suite à cinq années d’augmentations, dont une hausse de 11 % en 2019. Ce taux était aussi de 3 % inférieur à celui enregistré 10 ans plus tôt (tableau 8). Les crimes violents désignent les infractions au Code criminel qui sont considérées comme des crimes contre la personne, par opposition aux crimes contre les biens et aux autres infractions au Code criminel, comme les infractions contre l’administration de la justiceNote  .

De 2019 à 2020, les taux ont varié selon les types d’infractions : les taux ont diminué pour 14 des 24 groupes d’infractions habituellement déclarés, tandis qu’ils ont augmenté pour 10 groupes d’infractions, notamment les suivants : les vols qualifiés (-18 %), la traite des personnes (-13 %)Note  , les agressions sexuelles de niveau 1 (-9 %), l’extorsion (+28 %) et les infractions avec violence relatives aux armes à feu (+15 %).

Dans le contexte de la pandémie, alors que les taux de la majorité des infractions criminelles étaient inférieurs à ceux de l’année précédente, plusieurs infractions avec violence sont demeurées à des niveaux semblables ou ont augmenté. Bien que les infractions avec violence soient, par définition, commises contre une personne, bon nombre d’entre elles peuvent être perpétrées sans contact physique, telles que les comportements harcelants ou menaçants, les infractions relatives aux armes à feu ou l’extorsion, ce qui peut expliquer pourquoi ces infractions n’ont pas été aussi touchées par les restrictions établies pour lutter contre la pandémie.

L’Indice de gravité des crimes violents diminue à l’échelle nationale, après cinq années de hausses

En 2020, l’Indice de gravité des crimes violents (IGC avec violence) — qui permet de mesurer le volume et la gravité des crimes avec violence dans leur ensemble — s’est établi à 87,0, en baisse de 4 % par rapport à 2019 et de 2 % par rapport à 2010 (tableau 7; graphique 9). Avant 2020, l’IGC avec violence a diminué chaque année de 2007 à 2014, avant d’augmenter pendant cinq années consécutives.

La majeure partie de la diminution de l’IGC avec violence en 2020 est attribuable à une baisse de 18 % du taux de vols qualifiés et, dans une moindre mesure, à un recul de 9 % du taux d’agressions sexuelles de niveau 1 (voir l’encadré 8). Dans l’ensemble, le taux a diminué pour 14 des 24 infractions ou regroupements d’infractions avec violence habituellement déclarés dans le Programme DUC (tableau 1).

La plupart des provinces ont enregistré une baisse de leur IGC avec violence en 2020, bien que la diminution à l’échelle nationale ait été principalement attribuable aux reculs observés en Ontario et au Manitoba (tableau 9). La Nouvelle-Écosse a enregistré la plus forte augmentation de l’IGC avec violence, soit une hausse de 18 %, laquelle est en majeure partie (72 %) attribuable à une augmentation du nombre d’homicides. En avril 2020, 22 personnes ont été tuées et 3 autres ont été blessées dans une fusillade de masse en Nouvelle-Écosse, ce qui en a fait la fusillade la plus meurtrière de l’histoire du Canada.

La gravité des crimes violents déclarés par la police diminue dans environ la moitié des régions métropolitaines de recensement

L’IGC avec violence a diminué dans 17 des 35 RMR, alors qu’il est demeuré stable dans 2 RMR. Les diminutions les plus marquées ont été enregistrées à Moncton (-25 %), à Belleville (-23 %), à Barrie (-20 %) et à Ottawa (-20 %) (tableau 11). La plupart de ces baisses sont attribuables à une diminution des vols qualifiés, des agressions sexuelles de niveau 1 ou des homicides.

De même, les plus fortes hausses de l’IGC avec violence parmi les RMR découlaient habituellement d’une augmentation des homicides, des agressions sexuelles de niveau 1 et des voies de fait de niveau 2. Les hausses les plus prononcées de l’IGC avec violence ont été enregistrées à Guelph (+26 %), à Peterborough (+23 %) et à Sherbrooke (+22 %).

En 2020, les RMR qui ont enregistré les IGC avec violence les plus élevés étaient Winnipeg (154,8), Thunder Bay (152,5), Regina (127,0) et Saskatoon (119,9). De 2005 à 2020, Thunder Bay, Winnipeg et Regina ont constamment affiché les valeurs d’IGC avec violence parmi les plus élevées de toutes les RMR, Thunder Bay et Winnipeg ayant déclaré des valeurs parmi les trois plus élevées chaque année au cours des 10 dernières années. Thunder Bay a aussi affiché le quatrième taux en importance des crimes avec violence (1 659 affaires de violence pour 100 000 habitants) en 2020, derrière Lethbridge (1 890), Moncton (1 780) et Kelowna (1 721) (tableau 13; graphique 16). Les IGC avec violence les plus faibles ont été enregistrés à Barrie (50,0), à Ottawa (55,7), à St. Catharines–Niagara (56,6) et au Québec (56,8).

Graphique 16 début

Graphique 16 Indice de gravité des crimes violents déclarés par la police, selon la région métropolitaine de recensement, 2020

Tableau de données du graphique 16 
Tableau de données du graphique 16
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 16. Les données sont présentées selon Région métropolitaine de recensement (titres de rangée) et Région métropolitaine de recensement et Canada(figurant comme en-tête de colonne).
Région métropolitaine de recensementTableau de Note 1 Tableau de Note 2 Tableau de Note 3 Tableau de Note 4 Région métropolitaine de recensement Canada
Indice de gravité des crimes violents
St. John’s 83,4 87,0
Halifax 83,8 87,0
Moncton 81,5 87,0
Saint John 67,3 87,0
Saguenay 61,4 87,0
Québec 56,8 87,0
Sherbrooke 68,5 87,0
Trois-Rivières 74,0 87,0
Montréal 73,2 87,0
GatineauTableau de Note 5 74,1 87,0
OttawaTableau de Note 6 55,7 87,0
Kingston 74,0 87,0
Belleville 71,3 87,0
Peterborough 81,2 87,0
Toronto 66,1 87,0
Hamilton 76,8 87,0
St. Catharines–Niagara 56,6 87,0
Kitchener–Cambridge–Waterloo 84,8 87,0
Brantford 95,2 87,0
Guelph 66,2 87,0
London 68,7 87,0
Windsor 82,2 87,0
Barrie 50,0 87,0
Grand Sudbury 112,1 87,0
Thunder Bay 152,5 87,0
Winnipeg 154,8 87,0
Regina 127,0 87,0
Saskatoon 119,9 87,0
Lethbridge 109,3 87,0
Calgary 76,5 87,0
Edmonton 110,6 87,0
Kelowna 94,9 87,0
Abbotsford–Mission 86,4 87,0
Vancouver 76,9 87,0
Victoria 74,3 87,0

Graphique 16 fin

Début de l'encadré 8

Encadré 8
Infractions ayant contribué à la variation de l’Indice de gravité des crimes violents (IGC avec violence) de 2019 à 2020, selon la province ou le territoire


Encadré 8
Infractions ayant contribué à la variation de l’Indice de gravité des crimes violents (IGC avec violence) de 2019 à 2020, selon la province ou le territoire
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Infractions ayant contribué à la variation de l’Indice de gravité des crimes violents (IGC avec violence) de 2019 à 2020. Les données sont présentées selon Province ou territoire (titres de rangée) et Variation en pourcentage de l’IGC avec violence de 2019 à 2020 et Infractions à l’origine de la variation de l’IGC avec violence(figurant comme en-tête de colonne).
Province ou territoire Variation en pourcentage de l’IGC avec violence de 2019 à 2020 Infractions à l’origine de la variation de l’IGC avec violence
Canada -4 Diminution des vols qualifiés et des agressions sexuelles de niveau 1.
Terre-Neuve-et-Labrador 1 Augmentation des agressions sexuelles de niveau 1, des voies de fait de niveau 2 et des menaces; contrebalancée en partie par la diminution des vols qualifiés.
Île-du-Prince-Édouard -13 Diminution des homicides, des vols qualifiés et des agressions sexuelles de niveau 1.
Nouvelle-ÉcosseEncadré 8 Note 1 18 Augmentation des homicides, des voies de fait de niveau 2, des menaces et des vols qualifiés; contrebalancée en partie par la diminution des voies de fait de niveau 3 et des agressions sexuelles de niveau 1.
Nouveau-Brunswick -4 Diminution des homicides, des vols qualifiés, des tentatives de meurtre et d’autres infractions avec violence prévues au Code criminel (voyeurisme); contrebalancée en partie par l’augmentation des menaces.
Québec -1 Diminution des vols qualifiés; contrebalancée en partie par l’augmentation des infractions avec violence relatives aux armes à feu, des tentatives de meurtre et des homicides.
Ontario -8 Diminution des vols qualifiés et des agressions sexuelles de niveau 1.
Manitoba -11 Diminution des vols qualifiés, des homicides, des voies de fait de niveau 3 et des agressions sexuelles de niveau 1.
Saskatchewan 1 Augmentation des voies de fait de niveau 2, des infractions avec violence relatives aux armes à feu et des homicides; contrebalancée en partie par la diminution des vols qualifiés, des tentatives de meurtre et des agressions sexuelles de niveau 1.
Alberta -1 Diminution des vols qualifiés et des agressions sexuelles de niveau 1; contrebalancée en partie par l’augmentation des homicides, des infractions avec violence relatives aux armes à feu et des voies de fait des niveaux 2 et 3.
Colombie-Britannique -3 Diminution des vols qualifiés, des agressions sexuelles de niveau 1 et des voies de fait de niveau 1; contrebalancée en partie par l’augmentation des voies de fait de niveau 2 et des homicides.
Yukon 10 Augmentation des infractions avec violence relatives aux armes à feu, des voies de fait de niveau 3 et des tentatives de meurtre; contrebalancée en partie par la diminution des homicides, des voies de fait de niveau 2 et des agressions sexuelles de niveau 1.
Territoires du Nord-Ouest 7 Augmentation des homicides, des voies de fait de niveau 2 et des menaces; contrebalancée en partie par la diminution des infractions sexuelles contre les enfants et des agressions sexuelles de niveau 1.
Nunavut -1 Diminution des homicides, des infractions avec violence relatives aux armes à feu, des voies de fait de niveau 3 et des vols qualifiés; contrebalancée en partie par l’augmentation des infractions sexuelles contre les enfants, des voies de fait de niveau 2 et des menaces.

Fin de l’encadré 8

Le taux d’homicides augmente au pays pour une deuxième année consécutive

En 2020, la police a déclaré 743 homicides, soit 56 de plus que l’année précédente. À l’échelle nationale, le taux d’homicides s’est accru de 7 % pour passer de 1,83 homicide pour 100 000 habitants en 2019 à 1,95 homicide pour 100 000 habitants en 2020. Les homicides représentaient 0,2 % de tous les crimes violents, soit une proportion semblable à celle observée au cours des années précédentes (tableau 1; graphique 17; tableau de données 35-10-0068-01).

Graphique 17 début

Graphique 17 Taux de tentatives de meurtre et d’homicides, affaires déclarées par la police, Canada, 1986 à 2020

Tableau de données du graphique 17 
Tableau de données du graphique 17
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 17. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et Homicide et Tentative de meurtre, calculées selon taux pour 100 000 habitants unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année Homicide Tentative de meurtre
taux pour 100 000 habitants
1986 2,18 3,37
1987 2,43 3,46
1988 2,15 3,12
1989 2,41 3,04
1990 2,38 3,27
1991 2,69 3,72
1992 2,58 3,72
1993 2,19 3,43
1994 2,06 3,18
1995 2,01 3,20
1996 2,14 2,97
1997 1,96 2,89
1998 1,85 2,47
1999 1,77 2,26
2000 1,78 2,50
2001 1,78 2,34
2002 1,86 2,16
2003 1,74 2,23
2004 1,95 2,10
2005 2,06 2,55
2006 1,86 2,57
2007 1,81 2,41
2008 1,84 2,17
2009 1,81 2,38
2010 1,63 1,96
2011 1,74 1,94
2012 1,56 1,92
2013 1,46 1,81
2014 1,47 1,78
2015 1,71 2,18
2016 1,69 2,18
2017 1,82 2,25
2018 1,78 2,22
2019 1,83 2,33
2020 1,95 2,27

Graphique 17 fin

Le nombre d’homicides survenus en Nouvelle-Écosse en 2020 était beaucoup plus élevé qu’au cours des années précédentes, en raison du fait qu’en avril 2020, 22 personnes ont été tuées et 3 autres ont été blessées dans une fusillade de masse en Nouvelle-Écosse, ce qui en a fait la fusillade la plus meurtrière de l’histoire du Canada (CBC News, 2020).

Dans l’ensemble, l’augmentation du nombre d’homicides à l’échelle nationale est attribuable aux hausses enregistrées en Alberta (+39, la deuxième augmentation relativement importante de suite), en Nouvelle-Écosse (+29) et au Québec (+10). En revanche, affichant 19 homicides de moins en 2020, l’Ontario a enregistré sa deuxième baisse relativement importante d’affilée. Suivant la tendance historique des comparaisons entre les provinces, les taux d’homicides les plus élevés ont été enregistrés en Saskatchewan (5,09 homicides pour 100 000 habitants) et au Manitoba (4,50 pour 100 000 habitants), alors que le taux en Nouvelle-Écosse a augmenté pour atteindre 3,57 pour 100 000 habitants (+478 %) en raison de la tragédie sans précédent qui s’y est déroulée en 2020. Des taux élevés ont également été observés dans les Territoires du Nord-Ouest (13,29 homicides pour 100 000 habitants) et au Nunavut (7,62 pour 100 000 habitants), tandis qu’aucun homicide n’a été déclaré au Yukon en 2020. Les chiffres relativement faibles de population dans les territoires donnent habituellement lieu à des taux plus élevés et plus instables, ce qui rend les comparaisons d’une année à l’autre moins significatives (tableau 2; tableau de données 35-10-0068-01).

Pour une cinquième année consécutive, Thunder Bay a enregistré le taux d’homicides le plus élevé parmi les RMR (6,35 homicides pour 100 000 habitants, ou 8 homicides) (tableau 3). Barrie et Saguenay sont les seules RMR à n’avoir déclaré aucun homicide en 2020.

Affichant 105 homicides, Toronto, la RMR la plus populeuse du Canada, a enregistré le plus grand nombre d’homicides en 2020, mais le 16e taux en importance. Le taux d’homicides à Toronto a diminué de 20 % sous l’effet d’une baisse du nombre d’homicides de 25. Parmi les RMR, Edmonton et Calgary ont affiché les plus fortes augmentations du nombre d’homicides de 2019 à 2020 (+15 chacune).

Le taux d’homicides chez les Autochtones est sept fois plus élevé que celui observé chez les non-Autochtones

En 2020, on a dénombré 201 victimes d’homicide autochtonesNote  , ce qui constitue une hausse par rapport aux 179 victimes dénombrées en 2019. Cela représente une augmentation de 10 % du taux de victimes chez les Autochtones en 2020 (10,05 victimes pour 100 000 Autochtones en 2020, par rapport à 9,17 en 2019). Ce taux était environ sept fois plus élevé que celui enregistré chez les non-Autochtones en 2020 (1,42 victime pour 100 000 non-Autochtones)Note  . Parmi les 201 victimes d’homicide autochtones, 62 % ont été identifiées par la police comme Premières Nations, 4 % comme Métis et 9 % comme Inuits. En outre, pour 24 % des victimes d’homicide autochtones, le groupe autochtone auquel elles appartenaient n’a pas été identifié. Pour de plus amples renseignements sur les victimes d’homicide autochtones, voir le tableau de données 35-10-0156-01.

En ce qui concerne le genre, le nombre de victimes autochtones de genre féminin a diminué pour passer de 47 à 38, tandis que le nombre de victimes de genre masculin a augmenté de 32 (passant de 131 à 163)Note  . Le taux d’homicides le plus élevé a été observé chez les garçons et les hommes autochtones (16,50 homicides pour 100 000 habitants), suivis des filles et des femmes autochtones (3,76 pour 100 000 habitants) et des garçons et des hommes non autochtones (2,14 pour 100 000 habitants). Le taux d’homicides était le plus faible chez les filles et les femmes non autochtones (0,69 pour 100 000 habitants).

Un passé de colonisation, y compris au moyen des pensionnats (dont le dernier a fermé en 1996), des camps de travail et de réinstallation forcée, est considéré comme ayant profondément touché les communautés et les familles autochtones (Bombay et autres, 2014; Bombay et autres, 2011; Bombay et autres, 2009 Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées [FFADA], 2019; Commission de vérité et réconciliation du Canada, 2015). Les Autochtones font souvent l’objet de marginalisation sociale et institutionnelle, de discrimination et de diverses formes de traumatisme et de violence, y compris le traumatisme intergénérationnel et la violence fondée sur le genre. Par conséquent, de nombreux peuples autochtones vivent des situations sociales et économiques difficiles (Arriagada et autres, 2020; FFADA, 2019; Statistique Canada, 2020e; Commission de vérité et réconciliation du Canada, 2015). Ces facteurs jouent un rôle important dans la surreprésentation des Autochtones dans le système de justice pénale et en tant que victimes d’actes criminels (Commission ontarienne des droits de la personne, 2003; Chambres des communes, 2018).

Pour obtenir plus de renseignements sur les victimes d’homicide selon le groupe d’âge, le genre et l’identité autochtone, voir les tableaux de données 35-10-0156-01 et 35-10-0060-01.

Début de l'encadré 9

Encadré 9
Mesurer la criminalité au Canada : données autodéclarées et données déclarées par la police

Les enquêtes reposant sur l’autodéclaration fournissent un complément important aux données officielles déclarées par la police portant sur les crimes. Au Canada, les données sur la criminalité sont principalement recueillies au moyen de deux enquêtes nationales : le Programme de déclaration uniforme de la criminalité (DUC) et l’Enquête sociale générale (ESG) sur la sécurité des Canadiens (victimisation). Le Programme DUC permet de recueillir les données déclarées par la police, alors que l’ESG sur la victimisation sert à recueillir des renseignements auprès d’un échantillon de Canadiens de 15 ans et plus sur leurs expériences par rapport aux actes criminels. L’ESG sur la victimisation est menée tous les cinq ans, et le cycle le plus récent a eu lieu en 2019Note  . Contrairement au Programme DUC, l’ESG sur la victimisation permet de réunir des renseignements sur les crimes qui ont été signalés à la police ou non. Par contre, l’ESG sur la victimisation permet seulement de recueillir des renseignements sur un sous-ensemble d’infractions — agression sexuelle, vol qualifié, voies de fait, introduction par effraction, vol de véhicules à moteur ou de leurs pièces, vol de biens personnels, vol de biens du ménage et vandalisme — et elle exclut les crimes commis contre des entreprises ou des institutions.

Bien que les deux enquêtes servent à mesurer la criminalité, d’importantes différences méthodologiques et conceptuelles existent entre elles et influent sur les comparaisons directes des constatations issues des données de ces enquêtes (pour plus de renseignements, voir Wallace et autres, 2009). Il est toutefois possible de comparer la répartition des infractions afin de mieux comprendre l’évolution des crimes signalés à la police. Par exemple, les deux enquêtes révèlent que les voies de fait sont le type le plus courant de crime avec violence, et que les agressions sexuelles sont plus fréquentes que les vols qualifiés.

En revanche, l’ESG révèle que les femmes sont exposées à un plus grand risque d’être victimes d’un crime avec violence, constatation qui est nettement différente de ce qui se dégage des données déclarées par la police, lesquelles indiquent que le taux global de crimes violents est seulement un peu plus élevé chez les femmes que chez les hommes. Cette différence peut s’expliquer par plusieurs facteurs. Les données déclarées par la police comprennent un plus large éventail de types de crimes violents, alors que ceux auxquels s’intéresse l’ESG se limitent aux agressions sexuelles, aux vols qualifiés et aux voies de fait. De plus, les agressions sexuelles sont largement sous-signalées à la police, ce qui signifie qu’une grande partie des crimes violents qui touchent de façon disproportionnée les femmes sont les moins susceptibles d’être représentés dans les données officielles (Cotter, à paraître en 2021).

D’après les données de l’ESG sur la victimisation, 29 % des huit types de crimes mesurés dans le cycle de 2019 ont été signalés à la police. Les taux de signalement variaient entre 6 % dans le cas des agressions sexuelles et 52 % dans le cas des vols de véhicules à moteur ou de leurs pièces. En outre, les questions rétrospectives sur la violence envers les enfants démontrent aussi que la grande majorité (93 %) des personnes victimes de violence de la part d’un adulte avant l’âge de 15 ans n’ont jamais signalé les incidents de violence à la police ou aux services de protection de l’enfance (Cotter, à paraître en 2021).

Pour compléter les données déclarées par la police et pour faire progresser les connaissances sur la violence fondée sur le genre au Canada, Statistique Canada a mené le premier cycle de l’Enquête sur la sécurité dans les espaces publics et privés (ESEPP) en 2018, un nouveau cycle de collecte étant prévu tous les cinq ans. L’ESEPP permet de recueillir des données autodéclarées sur les expériences de victimisation avec violence et leurs caractéristiques, ainsi que sur le continuum d’autres expériences non désirées dans les espaces publics, en ligne ou au travail. Selon les données de l’ESEPP, la grande majorité des crimes avec violence qui se sont produits au cours des 12 mois précédant l’enquête n’ont pas été portés à l’attention de la police : 5 % des femmes ont déclaré que la police a eu connaissance de l’incident d’agression sexuelle le plus grave dont elles ont été victimes, tout comme 26 % des femmes et 33 % des hommes qui ont été agressés physiquement (Cotter et Savage, 2019).

Fin de l’encadré 9

Les infractions liées à la traite des personnes déclarées par la police diminuent au pays, mais augmentent à l’échelle internationale

Les infractions liées à la traite des personnes, aussi appelée « trafic de personnes », déclarées par la police comprennent le fait de recruter, de transporter, de transférer, de recevoir, de détenir, de cacher ou d’héberger une personne, ou d’exercer un contrôle, une direction ou une influence sur les mouvements d’une personne, en vue de l’exploiter ou de faciliter son exploitation (Sécurité publique Canada, 2019b; Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, 2018). Les victimes ont tendance à provenir de façon disproportionnée de populations vulnérables ou marginalisées, principalement des jeunes femmes ou des enfants, et en raison de la nature de l’infraction, la véritable portée de la traite des personnes au Canada est sous-estimée (Sécurité publique Canada, 2019b; ministère de la Justice du Canada, 2015). L’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime et l’Organisation internationale de police criminelle (INTERPOL) ont indiqué que les récessions économiques et les pertes d’emplois causées par la pandémie de COVID-19 dans le monde pourraient exposer davantage de personnes aux risques associés à la traite des personnes (ONUDC, 2021; INTERPOL, 2020).

En 2020, un nombre total combiné de 515 affaires comportant des infractions de traite de personnes ont été déclarées en vertu du Code criminel (342 affaires) et de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés (LIPR) (173 affaires). Il s’agit d’une légère baisse par rapport au nombre total enregistré en 2019, année où le nombre d’affaires déclarées a été le plus élevé (546 affaires) (tableau 1). Dans l’ensemble, le nombre combiné d’affaires de traite de personnes est à la hausse depuis 2011Note  .

De 2010 à 2020, il y a eu au total 2 977 affaires de traite de personnes, la majorité (70 %) étant des infractions au Code criminel. Bien que les infractions au Code criminel puissent ou non comporter le passage de frontières internationales, la LIPR fait précisément référence aux affaires de traite transfrontalière de personnes, ce qui donne à penser qu’au moins 30 % des affaires de traite de personnes concernaient le passage de la frontière canadienne. La majorité des affaires de traite de personnes ont été signalées en Ontario (1 938 affaires, ou 65 %) et, en général, elles avaient tendance à se produire dans les centres urbains, notamment Toronto, Ottawa, Montréal et Halifax.

Pour obtenir de plus amples renseignements sur la traite des personnes au Canada, voir Ibrahim, 2021Note  .

Crimes sans violence déclarés par la police

En 2020, la plupart des crimes déclarés par la police sont demeurés de nature non violente, les infractions contre les biens et les autres infractions au Code criminel représentant plus des trois quarts (76 %) des infractions au Code criminel déclarées par la police (sauf les délits de la route). Au total, la police a déclaré plus de 1,5 million d’affaires sans violence (sauf les délits de la route) en 2020, dont près de 1,2 million étaient des crimes contre les biens (tableau 8). De 2019 à 2020, le taux de crimes contre les biens a diminué de 13 %, en baisse pour la première fois après trois années d’augmentations. Le taux de crimes contre les biens a reculé pour passer de 3 512 affaires pour 100 000 habitants à 3 071 affaires pour 100 000 habitants. Selon les données historiques du Programme DUC (qui ne sont pas directement comparables aux données diffusées à l’aide de la nouvelle version du Programme DUC 2), le taux de crimes contre les biens de 2020 était le plus faible enregistré depuis 1966 (graphique 10).

L’Indice de gravité des crimes sans violence diminue après cinq années de hausses

De 2019 à 2020, l’Indice de gravité des crimes sans violence (IGC sans violence) au Canada, qui comprend les crimes contre les biens et d’autres infractions sans violence prévues au Code criminel, les infractions relatives aux drogues, les infractions aux autres lois fédérales et les délits de la route prévus au Code criminel, a diminué de 10 % (tableau 7). Cette baisse est principalement attribuable aux reculs des infractions d’introduction par effraction, de vol de 5 000 $ ou moins et de vol à l’étalage de 5 000 $ ou moins, qui ont été contrebalancés en partie par l’augmentation des infractions de pornographie juvénile (voir l’encadré 10).

De 2019 à 2020, 10 des 13 provinces et territoires ont déclaré une baisse de leur IGC sans violence (tableau 9). Parmi les provinces, les reculs les plus marqués ont été observés en Alberta (-14 %), au Québec (-11 %), à l’Île-du-Prince-Édouard (-10 %), au Manitoba (-10 %), en Colombie-Britannique (-10 %), en Ontario (-9 %) et en Saskatchewan (-9 %). Parmi les territoires, l’IGC sans violence a diminué au Yukon (-2 %) et au Nunavut (-1 %), tandis qu’il a augmenté dans les Territoires du Nord-Ouest (+6 %).

La majorité (29 sur 35) des régions métropolitaines de recensement (RMR)Note  ont enregistré une diminution de leur IGC sans violence en 2020 (tableau 11). Les baisses les plus marquées ont été observées à Regina (-26 %), à Trois-Rivières (-19 %), à Calgary (-19 %) et à Abbotsford–Mission (-17 %). Les introductions par effraction, les vols de 5 000 $ ou moins, les vols à l’étalage de 5 000 $ ou moins, les vols de véhicules à moteur et la fraude ont contribué de façon importante à la diminution de l’IGC sans violence dans la plupart de ces RMR. La pornographie juvénile, le vol d’identité et la fraude d’identité ont aussi été d’importants facteurs, soit en contrebalançant les diminutions ou en contribuant aux hausses dans les RMR où l’IGC sans violence a augmenté, soit à Peterborough (+9 %), à Kitchener–Cambridge–Waterloo (+4 %), à Halifax (+3 %), à Moncton (+2 %), dans le Grand Sudbury (+2 %) et à Kingston (+2 %).

Début de l'encadré 10

Encadré 10
Infractions ayant contribué à la variation de l’Indice de gravité des crimes sans violence (IGC sans violence) de 2019 à 2020, selon la province ou le territoire


Encadré 10
Infractions ayant contribué à la variation de l’Indice de gravité des crimes sans violence (IGC sans violence) de 2019 à 2020, selon la province ou le territoire
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Infractions ayant contribué à la variation de l’Indice de gravité des crimes sans violence (IGC sans violence) de 2019 à 2020. Les données sont présentées selon Province ou territoire (titres de rangée) et Variation en pourcentage de l’IGC sans violence de 2019 à 2020 et Infractions à l’origine de la variation de l’IGC sans violence(figurant comme en-tête de colonne).
Province ou territoire Variation en pourcentage de l’IGC sans violence de 2019 à 2020 Infractions à l’origine de la variation de l’IGC sans violence
Canada -10 Diminution des introductions par effraction, des vols de 5 000 $ ou moins (autres que le vol à l’étalage) et des vols à l’étalage de 5 000 $ ou moins.
Terre-Neuve-et-Labrador -6 Diminution des introductions par effraction, des vols de 5 000 $ ou moins (autres que le vol à l’étalage) et des vols à l’étalage de 5 000 $ ou moins; contrebalancée en partie par l’augmentation des méfaits et des affaires liées au trafic, à la production, à l’importation ou à l’exportation de cocaïne.
Île-du-Prince-Édouard -10 Diminution des introductions par effraction, des vols de 5 000 $ ou moins (autres que le vol à l’étalage) et des infractions contre l’administration de la justice; contrebalancée en partie par l’augmentation des affaires de conduite dangereuse d’un véhicule à moteur au cours d’une poursuite policière (délits de la route) et des fraudes.
Nouvelle-Écosse 3 Augmentation des fraudes, des affaires de pornographie juvénile et des vols d’identité; contrebalancée en partie par la diminution des introductions par effraction et des vols de 5 000 $ ou moins (autres que le vol à l’étalage).
Nouveau-Brunswick 6 Augmentation des fraudes, des vols d’identité, des affaires de conduite dangereuse d’un véhicule à moteur au cours d’une poursuite policière (délits de la route), des affaires de pornographie juvénile et des affaires liées au trafic, à la production, à l’importation ou à l’exportation de méthamphétamine; contrebalancée en partie par la diminution des introductions par effraction et des vols de 5 000 $ ou moins (autres que le vol à l’étalage).
Québec -11 Diminution des introductions par effraction et des affaires liées à l’importation ou à l’exportation de cannabis en vertu de la Loi sur le cannabisEncadré 10 Note 1; contrebalancée en partie par l’augmentation des fraudes.
Ontario -9 Diminution des introductions par effraction, des vols à l’étalage de 5 000 $ ou moins et des vols de 5 000 $ ou moins (autres que le vol à l’étalage).
Manitoba -10 Diminution des introductions par effraction, des vols de 5 000 $ ou moins (autres que le vol à l’étalage), des vols à l’étalage de 5 000 $ ou moins et des vols de véhicules à moteur; contrebalancée en partie par l’augmentation des affaires liées au trafic, à la production, à l’importation ou à l’exportation de cocaïne, et des méfaits.
Saskatchewan -9 Diminution des introductions par effraction, des vols de 5 000 $ ou moins (autres que le vol à l’étalage), des vols à l’étalage de 5 000 $ ou moins et des vols de véhicules à moteur; contrebalancée en partie par l’augmentation des affaires de conduite dangereuse d’un véhicule à moteur au cours d’une poursuite policière (délits de la route).
Alberta -14 Diminution des introductions par effraction, des vols de 5 000 $ ou moins (autres que le vol à l’étalage), des fraudes, des vols à l’étalage de 5 000 $ ou moins, des vols de véhicules à moteur et des infractions contre l’administration de la justice.
Colombie-Britannique -10 Diminution des vols de 5 000 $ ou moins (autres que le vol à l’étalage), des introductions par effraction, des vols à l’étalage de 5 000 $ ou moins, des fraudes et des vols de véhicules à moteur; contrebalancée en partie par l’augmentation des affaires de pornographie juvénile.
Yukon -2 Diminution des introductions par effraction, des vols de 5 000 $ ou moins (autres que le vol à l’étalage), des infractions contre l’administration de la justice et des vols à l’étalage de 5 000 $ ou moins; contrebalancée en partie par l’augmentation des méfaits, des fraudes et des affaires liées au trafic, à la production, à l’importation ou à l’exportation de cocaïne et d’héroïne.
Territoires du Nord-Ouest 6 Augmentation des méfaits, des affaires liées au trafic, à la production, à l’importation ou à l’exportation de cocaïne, des affaires de pornographie juvénile et des infractions contre l’administration de la justice; contrebalancée en partie par la diminution des introductions par effraction et des vols de 5 000 $ ou moins (autres que le vol à l’étalage).
Nunavut -1 Diminution des introductions par effraction, des crimes d’incendie, des infractions sans violence relatives aux armes à feu et des vols de 5 000 $ ou moins (autres que le vol à l’étalage); contrebalancée en partie par l’augmentation des méfaits et des affaires liées au fait de troubler la paix.

Fin de l’encadré 10

Baisse du taux de vols de véhicules à moteur déclarés par la police

Selon le Bureau d’assurance du Canada (BAC), certains vols de véhicules à moteur sont liés au crime organisé, notamment pour blanchir de l’argent et revendre des voitures haut de gamme. D’après le BAC, les motifs les plus courants de cette infraction sont la vente d’un véhicule volé à l’étranger, la revente du véhicule à un acheteur sans méfiance, une « balade dans une voiture volée », et le vol du véhicule dans la perpétration d’un autre crime, puis son abandon (Sommerfeld, 2018). Récemment, la police et les médias d’information ont fait état d’une augmentation, à l’échelle nationale et internationale, des vols de convertisseurs catalytiques (qui font partie du système d’échappement) de véhicules dans le but de récupérer des métaux précieux qui ont pris de la valeur au cours des dernières années (Bueckert, 2021). L’Insurance Corporation of British Columbia, par exemple, a déclaré que les réclamations liées à ces affaires avaient décuplé en cinq ans. Par ailleurs, plusieurs affaires ou saisies importantes ont été déclarées sur de courtes périodes en Ontario et au Nouveau-Brunswick (CBC News, 2021).

Malgré ce problème relativement récent de vols de convertisseurs catalytiques, le nombre d’affaires de vol de véhicules à moteur (et de leurs pièces) a diminué de 8 890 en 2020 par rapport à 2019, ce qui a entraîné une baisse du taux de 11 %. Le taux de vols de véhicules à moteur au Canada en 2020 était inférieur de 24 % par rapport au taux observé 10 ans plus tôt (graphique 18). Le taux a diminué d’une année à l’autre dans presque toutes les provinces et dans les trois territoires, à l’exception de Terre-Neuve-et-Labrador (+12 %) et du Nouveau-Brunswick (+1 %), alors qu’il était inchangé en Ontario. Les importantes baisses en Colombie-Britannique (-23 %) et en Alberta (-20 %) ont été les principaux facteurs à l’origine de la diminution du taux de vols de véhicules à moteur (tableau 2). Comme dans les provinces et les territoires, le taux de vols de véhicules à moteur a diminué dans la majorité (27 sur 35) des RMR (tableau 3).

Graphique 18 début

Graphique 18 Taux de vols de véhicules à moteur, affaires déclarées par la police, Canada, 1986 à 2020

Tableau de données du graphique 18 
Tableau de données du graphique 18
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 18. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et Vol de véhicules à moteur, calculées selon taux pour 100 000 habitants unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année Vol de véhicules à moteur
taux pour 100 000 habitants
1986 328
1987 329
1988 334
1989 367
1990 412
1991 497
1992 518
1993 546
1994 550
1995 552
1996 608
1997 592
1998 550
1999 531
2000 522
2001 544
2002 516
2003 551
2004 532
2005 496
2006 487
2007 443
2008 378
2009 321
2010 272
2011 240
2012 225
2013 207
2014 209
2015 221
2016 219
2017 233
2018 233
2019 232
2020 206

Graphique 18 fin

Les affaires de conduite avec les facultés affaiblies diminuent après une hausse marquée en 2019

En 2020, la police a déclaré un peu plus de 77 600 affaires de conduite avec les facultés affaiblies, soit près de 8 200 affaires de moins que l’année précédente. La diminution observée en 2020 fait suite à l’augmentation la plus marquée depuis 1987 (graphique 19).

Graphique 19 début

Graphique 19 Taux de conduite avec les facultés affaiblies, affaires déclarées par la police, Canada, 1986 à 2020

Tableau de données du graphique 19 
Tableau de données du graphique 19
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 19. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et Conduite avec les facultés affaiblies, calculées selon taux pour 100 000 habitants unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année Conduite avec les facultés affaiblies
taux pour 100 000 habitants
1986 577
1987 561
1988 538
1989 529
1990 502
1991 502
1992 467
1993 410
1994 372
1995 349
1996 325
1997 301
1998 291
1999 283
2000 258
2001 267
2002 255
2003 245
2004 252
2005 243
2006 234
2007 241
2008 255
2009 263
2010 257
2011 261
2012 242
2013 221
2014 210
2015 201
2016 197
2017 189
2018 191
2019 228
2020 204

Graphique 19 fin

Les conditions liées à la pandémie de COVID-19 peuvent avoir eu une incidence sur le nombre d’affaires de conduite avec les facultés affaiblies. D’une part, les restrictions et les répercussions économiques peuvent accroître le niveau de stress ou d’anxiété des personnes, ce qui pourrait les amener à consommer plus de substances ou des substances différentes pouvant affaiblir leurs facultés. De plus, il est possible que les solutions de rechange à la conduite automobile, par exemple le transport en commun ou les programmes de covoiturage, soient réduites ou modifiées, de sorte que les personnes peuvent être plus susceptibles de prendre le volant avec les facultés affaiblies. D’autre part, les habitudes de conduite peuvent avoir changé, étant donné que moins de personnes quittent leur domicile, surtout pour se rendre au restaurant ou dans un bar, et sont donc moins susceptibles de conduire en état d’ébriété.

La plupart des provinces et deux territoires ont enregistré des baisses du taux de conduite avec les facultés affaiblies par rapport à 2019. Les diminutions les plus marquées ont été observées au Québec (-24 %), en Alberta (-20 %) et à l’Île-du-Prince-Édouard (-17 %), tandis que des augmentations ont été constatées en Saskatchewan (+11 %), au Manitoba (+9 %) et au Nunavut (+3 %) (tableau 2).

En 2020, l’alcool a continué d’être en cause dans la majorité (79 %) des affaires de conduite avec les facultés affaiblies déclarées par la police, mais cette proportion a diminué au cours des dernières années, en raison de l’augmentation des affaires dans lesquelles des drogues étaient en cause (10 %), ou des affaires dans lesquelles une combinaison d’alcool et de drogues était en cause (9 %).

Récemment, les taux de conduite avec les facultés affaiblies ont été touchés par les dispositions législatives adoptées en vertu de l’ancien projet de loi C-46, Loi modifiant le Code criminel (infractions relatives aux moyens de transport) et apportant des modifications corrélatives à d’autres lois, qui a pris effet en deux parties, soit la partie 1, le 21 juin 2018 et la partie 2, le 18 décembre 2018. Ces dispositions législatives ont permis d’instaurer des modifications aux articles du Code criminel portant sur la conduite avec les facultés affaiblies, notamment en octroyant à la police de nouveaux pouvoirs lui permettant d’effectuer le dépistage de l’alcool et des drogues. Elles ont aussi instauré de nouvelles infractions permettant de saisir les infractions de conduite avec les facultés affaiblies lorsque la substance en cause (que ce soit de l’alcool ou des drogues) n’est pas connue, de même que les infractions de conduite avec les facultés affaiblies lorsqu’une combinaison d’alcool et de drogues est à l’origine de l’affaiblissement des facultés. Pour obtenir de plus amples renseignements sur les nouvelles dispositions législatives et la conduite avec les facultés affaiblies en général au Canada, voir Perreault, 2021.

Hausse du taux d’infractions de conduite avec les facultés affaiblies par la drogue pour la septième année d’affilée

Le taux d’infractions de conduite avec les facultés affaiblies par la drogue a augmenté de 15 % de 2019 à 2020 (graphique 20). Au total, 7 510 affaires de conduite avec les facultés affaiblies par la drogue ont été déclarées en 2020, en hausse de 1 037 affaires par rapport au nombre observé l’année précédente (tableau 1). Avant l’entrée en vigueur des nouvelles dispositions législatives sur la conduite avec les facultés affaiblies, dans le cas des affaires où le conducteur pouvait avoir les facultés affaiblies à la fois par l’alcool et par la drogue, il était généralement plus simple pour la police de porter des accusations de conduite avec les facultés affaiblies par l’alcool. C’est la raison pour laquelle la majorité de ces cas étaient consignés comme tels (Owusu-Bempah, 2014; Perreault, 2016). En vertu des nouvelles dispositions législatives, cela pourrait changer, car il y a eu aussi une augmentation importante du nombre d’affaires déclarées comme étant des affaires de conduite avec les facultés affaiblies par une combinaison d’alcool et de drogues, lesquelles ont crû de 59 %, passant de 4 479 à 7 105 affaires.

Graphique 20 début

Graphique 20 Taux de conduite avec les facultés affaiblies par la drogue, affaires déclarées par la police, Canada, 2009 à 2020

Tableau de données du graphique 20 
Tableau de données du graphique 20
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 20. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et Conduite avec les facultés affaiblies par la drogue, calculées selon taux pour 100 000 habitants unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année Conduite avec les facultés affaiblies par la drogue
taux pour 100 000 habitants
2009 4
2010 5
2011 5
2012 6
2013 6
2014 7
2015 8
2016 9
2017 10
2018 12
2019 17
2020 20

Graphique 20 fin

L’augmentation des infractions de conduite avec les facultés affaiblies par la drogue est presque entièrement attribuable à une hausse de ces affaires en Ontario (+686 affaires) et au Québec (+336 affaires). Par ailleurs, le Québec et la Colombie-Britannique sont les seules régions parmi les provinces et les territoires à avoir enregistré une diminution du nombre d’affaires de conduite avec les facultés affaiblies par une combinaison d’alcool et de drogues.

Le nombre d’affaires de conduite avec les facultés affaiblies déclarées par la police peut dépendre de certains facteurs, comme les modifications législatives, les différentes pratiques d’application de la loi entre les secteurs de compétence (p. ex. les programmes de contrôle routier comme le programme ontarien Reduce Impaired Driving Everywhere [R.I.D.E.] [réduire la conduite avec les facultés affaiblies partout]) et l’évolution des attitudes de la société à l’égard de la drogue et de l’alcool au volant (Perreault, 2016). Dans certains secteurs de compétence, y compris la Colombie-Britannique, les affaires de conduite avec les facultés affaiblies qui correspondent aux éléments énoncés dans le Code criminel peuvent être traitées au moyen d’une loi provinciale. Plus précisément, les variations des infractions de conduite avec les facultés affaiblies, et particulièrement les infractions de conduite avec les facultés affaiblies par la drogue, pourraient être en partie attribuables à plusieurs facteurs : de plus grands pouvoirs législatifs pour effectuer des tests de dépistage de la drogue et de l’alcool, un nombre accru de policiers formés pour détecter la conduite avec les facultés affaiblies, grâce à des tests de sobriété uniformisés et administrés sur place, et un nombre accru d’experts en reconnaissance de drogues, ce qui donne lieu à un plus grand nombre confirmé de cas de conduite avec les facultés affaiblies, ainsi que l’utilisation accrue de dispositifs de dépistage de drogues par voie orale.

Compte tenu des nouvelles dispositions législatives et des moyens supplémentaires dont dispose la police pour détecter la conduite avec les facultés affaiblies par la drogue, il est possible qu’au moins une partie de l’augmentation observée soit attribuable à une meilleure détection plutôt qu’à une véritable augmentation des affaires de conduite avec les facultés affaiblies par la drogue. Selon les données de l’Enquête sur l’administration policière, 604 experts en reconnaissance de drogues ont été formés au cours de l’exercice 2018-2019, ce qui porte leur nombre total à un peu plus d’un millier. Au cours de la même période, plus de 8 000 policiers ont suivi une formation ou une formation d’appoint sur le test de sobriété normalisé. Par conséquent, la sensibilisation et la capacité de détecter la conduite avec les facultés affaiblies par la drogue ont évolué rapidement au cours des dernières années. Pour obtenir de plus amples renseignements sur la conduite avec les facultés affaiblies par la drogue au Canada jusqu’en 2019 inclusivement, voir Perreault, 2021.

En ce qui concerne le Programme DUC, la police ne déclare pas le type de drogue lié aux affaires de conduite avec les facultés affaiblies par la drogue. Il est donc difficile de déterminer l’incidence de la légalisation du cannabis sur les affaires de conduite avec les facultés affaiblies par la drogue. Selon les résultats de l’Enquête nationale sur le cannabis de Statistique Canada, parmi les consommateurs de cannabis titulaires d’un permis de conduire valide, 13,2 % ont déclaré avoir déjà conduit moins de deux heures après avoir consommé du cannabis, soit une proportion semblable à celle observée avant la légalisation (14,2 %) (Rotermann, 2020).

Crimes commis par des jeunes et déclarés par la police

Alors que les statistiques de la criminalité sont généralement fondées sur le nombre d’affaires criminelles déclarées par la police (qu’un auteur présumé ait été identifié ou non), les mesures des crimes commis par des jeunes et déclarés par la police sont fondées sur le nombre de jeunes auteurs présumés âgés de 12 à 17 ans dans une affaire criminelle déclarée par la policeNote  . Le nombre de jeunes auteurs présumés comprend les jeunes qui ont été inculpés ou dont la mise en accusation a été recommandée, et ceux dont l’affaire a été classée sans mise en accusation, notamment ceux qui ont été détournés du système de justice pénale officiel au moyen d’avertissements, de mises en garde ou de renvois à des programmes communautaires ou d’autres programmes de déjudiciarisation.

En 2020, on a dénombré environ 54 300 jeunes auteurs présumés d’une infraction criminelle, soit environ 23 200 de moins que l’année précédente. Le taux de criminalité chez les jeunes a diminué de 31 % et suit une longue tendance à la baisse depuis plus de 20 ans, après avoir atteint un sommet en 1991 (tableau 14; tableau 15). Étant donné que la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents vise à détourner les jeunes du système de justice pénale lorsque c’est possible, cela pourrait avoir exacerbé les répercussions de la pandémie, tant sur le plan des changements apportés à l’administration de la justice que sur celui des possibilités pour les jeunes de commettre des crimes. De 2010 à 2020, le taux de jeunes auteurs présumés d’actes criminels a diminué de 63 %, et l’IGC chez les jeunes — qui permet de mesurer à la fois le volume et la gravité des crimes impliquant de jeunes auteurs présumés (inculpés et non inculpés) — a reculé de 53 % (tableau 16; graphique 21).

Graphique 21 début

Graphique 21 Indices de gravité de la criminalité chez les jeunes, affaires déclarées par la police, Canada, 1998 à 2020

Tableau de données du graphique 21 
Tableau de données du graphique 21
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 21. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et Indice de gravité de la criminalité chez les jeunes, Indice de gravité des crimes violents chez les jeunes et Indice de gravité des crimes sans violence chez les jeunes , calculées selon indice unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année Indice de gravité de la criminalité chez les jeunes Indice de gravité des crimes violents chez les jeunes Indice de gravité des crimes sans violence chez les jeunes
indice
1998 110,2 86,6 128,3
1999 99,3 83,5 111,4
2000 103,5 89,3 114,4
2001 106,0 91,4 117,1
2002 101,1 87,3 111,7
2003 106,0 92,6 116,2
2004 100,9 87,9 110,8
2005 97,4 94,2 99,8
2006 100,0 100,0 100,0
2007 101,5 102,1 101,0
2008 95,7 95,7 95,6
2009 95,6 96,7 94,7
2010 90,0 93,2 87,6
2011 81,7 87,5 77,3
2012 77,4 82,3 73,6
2013 66,2 71,2 62,3
2014 60,6 64,8 57,4
2015 60,4 66,4 55,9
2016 59,9 70,9 51,8
2017 62,7 80,5 49,9
2018 56,6 77,0 42,1
2019 55,1 79,8 37,7
2020 42,3 65,7 26,0

Graphique 21 fin

La diminution de l’IGC chez les jeunes en 2020 est attribuable aux baisses généralisées des taux de presque l’ensemble des infractions ou regroupements d’infractions habituellement déclarés (tableau 14). Toutes les provinces et tous les territoires ont enregistré une baisse de leur IGC chez les jeunes, de leur IGC avec violence et de leur IGC sans violence chez les jeunes, à l’exception du Yukon, où l’IGC avec violence chez les jeunes a augmenté et a donné lieu à une hausse de l’IGC global chez les jeunes (tableau 17). En raison de leur population peu nombreuse et du nombre d’affaires comparativement moins élevé, les territoires sont plus susceptibles de voir leur IGC et leur taux de criminalité fluctuer considérablement d’une année à l’autre.

Comme dans les années précédentes, les infractions criminelles les plus souvent commises par des jeunes en 2020 étaient les voies de fait de niveau 1 (374 auteurs présumés pour 100 000 jeunes), les méfaits (281 pour 100 000 jeunes) et les infractions contre l’administration de la justice (256 pour 100 000 jeunes), telles que le manquement aux conditions de la probation et le défaut de comparaître (tableau 14). Les taux de vols à l’étalage de 5 000 $ ou moins et de menaces étaient aussi relativement élevés.

Résumé

La première année de la pandémie de COVID-19 a eu des répercussions sans précédent sur la vie économique et sociale des Canadiens. Les mesures déployées pour limiter la propagation du virus ont radicalement modifié la façon dont les gens vivent, travaillent et socialisent. De nombreuses personnes demeurent à la maison pendant de longues périodes et évitent les rassemblements publics, et les entreprises adaptent leurs activités pour trouver des façons nouvelles ou différentes de servir les Canadiens. Les crimes déclarés par la police au Canada ont diminué, au moins en partie en raison de ces changements, tout au long de la pandémie. Cependant, d’importantes variations ont été constatées pour certains types de crimes.

En 2020, toutes les mesures de l’Indice de gravité de la criminalité (IGC) déclarées par la police — l’IGC global, l’IGC avec violence et l’IGC sans violence — ont diminué après avoir augmenté pendant cinq années consécutives. La baisse de l’IGC global en 2020 est principalement attribuable à la diminution des taux de nombreuses infractions déclarées par la police. Plus particulièrement, il y a eu un recul des affaires d’introduction par effraction (-16 %), de vol de 5 000 $ ou moins (-20 %), de vol qualifié (-18 %), de vol à l’étalage de 5 000 $ ou moins (-36 %) et d’agression sexuelle de niveau 1 (-9 %) ainsi que des affaires liées aux infractions contre l’administration de la justice (-17 %) déclarées par la police. En revanche, les taux de certaines infractions ont augmenté en 2020, notamment les infractions de pornographie juvénile (+23 %), les infractions liées aux opioïdes (+34 %), le vol d’identité (+52 %) et la fraude d’identité (+12 %), ainsi que les comportements harcelants et menaçants.

En avril 2020, 22 personnes ont été tuées et 3 autres ont été blessées dans une fusillade de masse en Nouvelle-Écosse, ce qui en a fait la fusillade la plus meurtrière de l’histoire du Canada. En 2020, 743 homicides ont été dénombrés au pays, soit 56 de plus que l’année précédente. À l’échelle nationale, le taux d’homicides s’est accru de 7 % pour passer de 1,83 homicide pour 100 000 habitants en 2019 à 1,95 homicide pour 100 000 habitants en 2020.

Afin de publier dans les meilleurs délais possible les statistiques sur les crimes déclarés par la police, le présent article s’appuie principalement sur des données agrégées (des totaux), soit les premières données sur la criminalité accessibles chaque année civile. Ces données continueront de faire l’objet d’analyses plus détaillées, et les microdonnées disponibles ultérieurement fourniront de plus amples renseignements sur la situation entourant la pandémie ainsi que la sécurité et le bien-être des Canadiens.

Principaux termes et définitions clés

Affaire (ou infraction) : Une affaire criminelle comprend une ou plusieurs infractions liées qui sont commises au cours d’un seul événement criminel, et qui ont été signalées à la police. Lorsqu’un même événement criminel compte plus d’une victime, une affaire agrégée distincte est consignée pour chaque victime. À titre d’exemple, un seul événement dans lequel trois victimes sont agressées au même moment et au même endroit est considéré dans les statistiques agrégées comme trois affaires de voies de fait. Pour qu’une affaire soit comptée dans les statistiques sur la criminalité, elle doit être consignée comme étant « fondée » plutôt que « non fondée ». Les services de police peuvent déclarer jusqu’à quatre infractions pour chaque affaire, mais le taux de criminalité traditionnel et l’Indice de gravité de la criminalité (IGC) sont fondés sur l’infraction la plus grave dans l’affaire criminelle. Aux fins du présent article, les termes « infraction » et « affaire » sont utilisés de façon interchangeable.

Infraction la plus grave : Les cas des auteurs présumés d’un crime sont classés selon l’infraction la plus grave commise dans une affaire déclarée par la police dans laquelle ils ont été impliqués. Dans les affaires où il y a plusieurs auteurs présumés et de multiples infractions, chaque personne impliquée se verra attribuer le code de l’infraction la plus grave, même s’il ne s’agit pas de l’infraction de laquelle la personne est l’auteur présumé. Il est donc possible que l’infraction la plus grave ne soit pas l’infraction de laquelle une personne est l’auteur présumé, mais plutôt une infraction commise par un autre auteur présumé dans l’affaire. Par ailleurs, dans ce type d’affaires, les accusations déposées contre un auteur présumé peuvent l’être pour des infractions moins graves dans l’affaire.

Affaire fondée : Une affaire est « fondée » s’il a été déterminé après l’enquête policière que l’infraction déclarée s’est produite ou qu’il y a eu tentative de commettre l’infraction (même si l’accusé ou le suspect pouvant être inculpé [ASI] n’est pas connu), ou qu’il n’y a pas de preuve crédible confirmant que l’affaire n’a pas eu lieu. Cela comprend les rapports fournis par une tierce partie qui répondent à ces critères. Dans le cadre du Programme de déclaration uniforme de la criminalité, le concept de l’ASI désigne une personne contre laquelle il existe une preuve suffisante pour que la police dépose une accusation ou recommande à la Couronne de porter une accusation. Cette définition est entrée en vigueur le 1er janvier 2018.

Affaire non fondée : Une affaire est « non fondée » s’il a été déterminé après l’enquête policière que l’infraction déclarée ne s’est pas produite et qu’il n’y a pas eu tentative de commettre l’infraction. Cette définition est entrée en vigueur le 1er janvier 2018.

Homicide attribuable à des gangs : Un homicide est considéré comme attribuable à des gangs lorsque la police confirme ou soupçonne que l’auteur présumé ou la victime de l’homicide était un membre ou un membre potentiel d’un groupe du crime organisé ou d’un gang de rue, ou était associé d’une façon ou d’une autre à un groupe du crime organisé ou à un gang de rue, et que l’homicide a été commis en raison de cette association. Avant 2005, on demandait à la police si l’homicide était « attribuable à des gangs ». En 2005, la question a été modifiée de manière à permettre à la police de préciser a) si elle pouvait confirmer que l’homicide était attribuable à des gangs ou b) si elle soupçonnait que l’homicide était attribuable à des gangs.

Crimes violents liés aux armes à feu : Les crimes violents liés aux armes à feu indiquent le nombre de victimes d’infractions avec violence au Code criminel lorsqu’une arme à feu a été tirée ou utilisée comme menace, ou lorsqu’une arme à feu était présente et non utilisée, mais que la présence de l’arme à feu était pertinente dans l’affaire, selon la police.

Homicide commis à l’aide d’une arme à feu : Un homicide est considéré comme étant commis à l’aide d’une arme à feu lorsque l’arme utilisée pour tuer la victime est une arme à feu. Les armes à feu comprennent les armes de poing, les carabines ou fusils de chasse, les armes à feu entièrement automatique, les armes semblables à une arme à feu (p. ex. pistolets à clous, fusils, pistolets à plombs) et autres armes à feu — genre inconnu.

Crimes violents : Actes criminels qui comportent l’usage de la violence contre une personne ou la menace d’en faire usage. Ces crimes comprennent l’homicide, la tentative de meurtre, les voies de fait, l’agression sexuelle et le vol qualifié. Le vol qualifié est considéré comme un crime violent, car contrairement aux autres types de vol, il comporte l’usage de la violence ou la menace d’en faire usage. Voir le tableau 1 pour obtenir la liste de certaines infractions comprises dans cette catégorie.

Homicide : Comprend le meurtre au premier degré, le meurtre au deuxième degré, l’homicide involontaire coupable et l’infanticide. Les décès causés par la négligence criminelle, le suicide et les accidents ou l’homicide excusable ne sont pas compris dans cette catégorie.

Voies de fait : Renvoie aux catégories de voies de fait prévues au Code criminel.

Agression sexuelle : Les agressions sexuelles sont réparties en trois catégories prévues au Code criminel en fonction de la nature et de la gravité de l’affaire : niveau 1, qui correspond à une agression de nature sexuelle portant atteinte à l’intégrité sexuelle de la victime; niveau 2, agression sexuelle commise à l’aide d’une arme, en menaçant d’utiliser une arme ou en causant des lésions corporelles; niveau 3, agression sexuelle qui blesse, mutile ou défigure la victime ou qui met sa vie en danger.

Infractions sexuelles contre les enfants : Comprend les infractions prévues au Code criminel dont les victimes sont des enfants et des jeunes. Il s’agit notamment d’infractions telles que les contacts sexuels, l’incitation à des contacts sexuels, l’exploitation sexuelle, le fait de rendre accessible à un enfant ou à un jeune du matériel sexuellement explicite en vue de faciliter la perpétration d’une infraction sexuelle à son égard, le leurre d’enfants au moyen de télécommunications ou d’une entente ou d’un arrangement par un moyen de télécommunication pour perpétrer une infraction d’ordre sexuel à l’égard d’un enfant et, depuis décembre 2014, les infractions suivantes : père, mère ou tuteur qui sert d’entremetteur (Code criminel, art. 170) et maître de maison qui permet des actes sexuels interdits (Code criminel, art. 171). Un maître de maison est le propriétaire, l’occupant, le gérant, l’aide-gérant ou tout autre responsable de l’accès ou de l’utilisation d’un lieu (Code criminel, art. 171). Les affaires de pornographie juvénile ne sont pas comprises dans la catégorie des infractions sexuelles contre les enfants. Exclut les affaires d’agression sexuelle des niveaux 1, 2 ou 3 commises contre des enfants et des jeunes qui sont classées dans ces trois catégories d’infraction.

Autres infractions sexuelles : Infractions sexuelles dans lesquelles il n’y a pas eu d’agression ou d’infractions sexuelles contre des enfants; elles font partie de la catégorie « Autres crimes violents ».

Crimes sans violence : Comprend les crimes contre les biens et d’autres infractions au Code criminel ainsi que les délits de la route prévus au Code criminel, les infractions relatives aux drogues et les infractions aux autres lois fédérales.

Crimes contre les biens : Actes illicites commis avec l’intention d’acquérir des biens, mais qui ne comportent pas l’usage de la violence contre une personne ou la menace d’en faire usage. Ces infractions comprennent l’introduction par effraction, le vol et le méfait. Voir le tableau 1 pour obtenir la liste de certaines infractions comprises dans cette catégorie.

Autres infractions au Code criminel : Comprend notamment le fait de troubler la paix et les infractions contre l’administration de la justice, comme le défaut de se conformer à une ordonnance, le défaut de comparaître et le manquement aux conditions de la probation.

Infractions relatives aux drogues : Comprend les infractions à la Loi réglementant certaines drogues et autres substances, comme la possession, le trafic, la production, l’importation et l’exportation de drogues ou de stupéfiants. Par exemple, il y a le cannabis (avant l’entrée en vigueur de la Loi sur le cannabis le 17 octobre 2018), la cocaïne, l’héroïne et d’autres drogues comme la méthamphétamine (p. ex. « crystal meth »), la phencyclidine (PCP), la diéthylamide de l’acide lysergique (LSD) et l’ecstasy. Ces infractions comprennent également les infractions liées au cannabis en vertu de la Loi sur le cannabis et, à compter de novembre 2017, les infractions propres aux opioïdes (y compris le fentanyl, mais à l’exception de l’héroïne).

Infractions aux autres lois fédérales : Il s’agit notamment d’infractions aux lois fédérales autres que celles prévues au Code criminel et à la Loi réglementant certaines drogues et autres substances. Comprend notamment les infractions à la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents.

Tableaux de données détaillés

Tableau 1 Crimes déclarés par la police, certaines infractions, Canada, 2019 et 2020

Tableau 2 Crimes déclarés par la police, certaines infractions, selon la province ou le territoire, 2020

Tableau 3 Crimes déclarés par la police, certaines infractions, selon la région métropolitaine de recensement, 2020

Tableau 4 Crimes déclarés par la police et proportion d’affaires jugées non fondées, certaines infractions, Canada, 2018 à 2020

Tableau 5 Crimes déclarés par la police, certaines infractions relatives aux drogues, selon la province ou le territoire, 2020

Tableau 6 Crimes déclarés par la police, certaines infractions relatives aux drogues, Canada, 2019 et 2020

Tableau 7 Indices de gravité des crimes déclarés par la police, Canada, 2010 à 2020

Tableau 8 Taux de crimes déclarés par la police, Canada, 2010 à 2020

Tableau 9 Indices de gravité des crimes déclarés par la police, selon la province ou le territoire, 2020

Tableau 10 Taux de crimes déclarés par la police, selon la province ou le territoire, 2020

Tableau 11 Indices de gravité des crimes déclarés par la police, selon la région métropolitaine de recensement, 2020

Tableau 12 Infractions contribuant à la variation de l’Indice de gravité de la criminalité, selon la région métropolitaine de recensement, 2019 et 2020

Tableau 13 Taux de crimes déclarés par la police, selon la région métropolitaine de recensement, 2020

Tableau 14 Crimes commis par des jeunes et déclarés par la police, certaines infractions, Canada, 2019 et 2020

Tableau 15 Jeunes auteurs présumés de crimes déclarés par la police, Canada, 2010 à 2020

Tableau 16 Indices de gravité des crimes commis par des jeunes, affaires déclarées par la police, Canada, 2010 à 2020

Tableau 17 Indices de gravité des crimes commis par des jeunes, affaires déclarées par la police, selon la province ou le territoire, 2020

Description de l’enquête

Programme de déclaration uniforme de la criminalité

Le Programme de déclaration uniforme de la criminalité (DUC) a été mis sur pied en 1962 avec la collaboration et l’aide de l’Association canadienne des chefs de police. Le Programme DUC a été conçu pour mesurer les affaires criminelles qui ont été signalées aux services de police fédéraux, provinciaux, territoriaux et municipaux au Canada.

Une affaire peut comprendre plus d’une infraction. Afin d’assurer la comparabilité des données, les chiffres figurant dans le présent article sont fondés sur l’infraction la plus grave dans l’affaire, qui est déterminée d’après une règle de classification normalisée utilisée par tous les services de police. Toutefois, il est possible de produire des chiffres fondés sur toutes les infractions sur demande.

Chaque année, la base de données du Programme DUC est figée à la fin du mois de mai dans le but de permettre la production des statistiques de la criminalité de l’année civile précédente. Cependant, les services de police continuent d’envoyer des données à jour à Statistique Canada après cette date pour des affaires qui sont survenues au cours d’années antérieures. En général, ces révisions représentent de nouveaux enregistrements sur les auteurs présumés, au fur et à mesure que les affaires sont résolues et que les auteurs présumés sont identifiés par la police. Toutefois, dans certains cas, de nouveaux enregistrements sur les affaires peuvent être ajoutés et des enregistrements sur des affaires déjà déclarées peuvent être supprimés lorsque de nouveaux renseignements sont connus.

Des révisions sont acceptées pendant une période d’un an suivant la diffusion initiale des données. À titre d’exemple, lorsque les statistiques de la criminalité de 2020 sont diffusées, les données de 2019 sont mises à jour afin de tenir compte des révisions qui ont été apportées à partir de mai 2020 jusqu’à mai 2021. Les données sont révisées une seule fois, puis elles sont figées de façon permanente. Au cours des 16 années précédentes (2004 à 2020), les données correspondant aux années antérieures ont été révisées à la hausse 13 fois et à la baisse 3 fois, la révision annuelle moyenne s’élevant à 0,26 %. Les révisions de 2019 concernant les chiffres des personnes inculpées et des jeunes non inculpés ont entraîné une hausse de 0,5 % des chiffres de 2019.

La mesure des affaires criminelles

Les données du Programme DUC servent à mesurer tant le taux de criminalité traditionnel que l’Indice de gravité de la criminalité (IGC). Ces deux mesures sont fondées sur le compte agrégé des affaires criminelles. Une affaire criminelle comprend une ou plusieurs infractions liées qui ont été commises au cours d’un seul événement criminel et qui ont été signalées à la police. Lorsqu’un même événement criminel compte plus d’une victime, une affaire agrégée distincte est consignée pour chaque victime. Par exemple, un seul événement dans lequel trois victimes sont agressées au même moment et au même endroit est considéré dans les statistiques agrégées comme trois affaires de voies de fait. Pour qu’une affaire soit comptabilisée dans les statistiques de la criminalité, elle doit être classée comme « fondée ». Une affaire est « fondée » s’il a été déterminé après l’enquête policière que l’infraction déclarée s’est produite ou qu’il y a eu tentative de commettre l’infraction, ou qu’il n’y a pas de preuve crédible confirmant que l’affaire n’a pas eu lieu. Cela comprend les rapports fournis par une tierce partie qui répondent à ces critères.

Les services de police peuvent déclarer un maximum de quatre infractions pour chaque affaire; toutefois, cette façon de procéder est utilisée depuis la fin des années 1980 seulement, et elle n’a pas été adoptée par tous les services de police. Par conséquent, le taux de criminalité traditionnel et l’IGC sont tous les deux fondés sur l’infraction la plus grave dans l’affaire criminelle. En fondant ces mesures sur l’infraction la plus grave dans l’affaire, il est possible d’effectuer des comparaisons au fil du temps et de faire de meilleures comparaisons entre les services de police.

Toutefois, il se peut que certaines infractions soient sous-représentées lorsque seule l’infraction la plus grave est considérée. Cette méthode a peu ou pas d’effet sur les infractions graves avec violence, comme l’homicide, l’agression sexuelle et les voies de fait graves. Cependant, certains délits mineurs sont moins susceptibles d’être l’infraction la plus grave dans l’affaire lorsqu’ils se produisent en même temps que d’autres crimes plus graves. Ces infractions secondaires ne sont donc pas comprises dans le calcul des statistiques agrégées, du taux de criminalité ou de l’IGC.

Pour obtenir plus de renseignements sur le dénombrement des crimes au Canada, veuillez consulter les publications La mesure de la criminalité au Canada : Présentation de l’Indice de gravité de la criminalité et des améliorations au Programme de déclaration uniforme de la criminalité (Wallace et autres, 2009), La méthodologie de l’Indice de gravité de la criminalité déclarée par la police (Babyak et autres, 2009) et Updating the Police-Reported Crime Severity Index: Calculating 2018 Weights (Cormack et Tabuchi, 2020).

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