Section 4 : La violence familiale envers les enfants et les jeunes

par Maire Sinha

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De nombreuses études ont montré que la violence envers les enfants et les jeunes peut avoir des conséquences désastreuses immédiates sur le bien-être physique et émotionnel des enfants (Maniglio, 2009; Wang et Holton, 2007). Lorsque cette violence s'exerce au sein de la famille, en particulier si la violence est constante, les enfants ou les jeunes peuvent également être aux prises avec une peur chronique de violence future et pourraient être incapables de composer avec d'autres aspects de leur vie, comme l'école et la socialisation avec les pairs (Fox et Shonkoff, 2012). Ces répercussions peuvent avoir des effets prolongés tout au long de leur vie, et pourraient influer sur leur trajectoire émotionnelle et comportementale jusqu'à l'âge adulte (Murray et Farrington, 2010).

De plus, les actes de violence perpétrés par des membres de la famille demeurent souvent cachés et pourraient ne jamais être portés à l'attention de la police ou des autorités de protection de l'enfance, ce qui signifie que les agressions risquent de continuer en l'absence d'intervention extérieure. Il est difficile de quantifier les niveaux de sous-déclaration aux autoritésNote 1, mais certains chercheurs ont laissé entendre que la violence envers les enfants serait plus susceptible d'être sous-déclarée à la police que la violence envers les victimes plus âgées (Organisation des Nations Unies, 2011; AuCoin, 2005). Cela s'explique par le fait que les enfants peuvent être incapables de parler de leur victimisation, ou peuvent hésiter à le faire, en raison de leur âge et du stade de leur développement physique, mental ou cognitif, jumelés à la crainte possible de subir des représailles de l'agresseur ou d'autres membres de la famille (Organisation des Nations Unies, 2011; AuCoin, 2005; ministère de la Justice Canada, 2001).

La responsabilité de signaler la violence envers les enfants et les jeunes ne repose pas uniquement sur la victime. En effet, chaque province et territoire a adopté des lois sur la déclaration obligatoire qui obligent les professionnels travaillant avec les enfants et souvent les membres du grand public à faire un signalement aux autorités — à la police ou aux agences de protection de l'enfance — lorsqu'ils soupçonnent ou croient qu'un enfant a besoin d'être protégé (Trocmé et autres, 2010). En raison de la nature cachée de l'agression, toutefois, les niveaux de détection et de signalement ultérieurs par d'autres pourraient être faibles (Kesner, Bingham et Kwon, 2009; Lazenbatt et Freeman, 2006).

Les statistiques déclarées par la police ne saisissent qu'une partie de l'ensemble des cas de violence envers les enfants, en particulier les très jeunes enfants, mais elles fournissent des renseignements importants sur les affaires qui ont été portées à l'attention de la police. La présente analyse, qui repose sur les données déclarées par la police dans le cadre du Programme de déclaration uniforme de la criminalité fondé sur l'affaire et de l'Enquête sur les homicides, porte sur l'ampleur et la nature de la violence familiale envers les enfants et les jeunes. Tous les types d'infractions avec violence au Code criminel dont les enfants et les jeunes sont la cible sont examinés, que ce soit les menaces, la violence physique et sexuelle ou l'homicide.

Les enfants et les jeunes sont beaucoup plus susceptibles que les adultes d'être victimes de violence sexuelle

Par le passé, les enfants et les jeunes étaient moins susceptibles que les adultes d'être victimes de crimes violents portés à l'attention de la police. Cela était toujours le cas en 2011. La police a indiqué que près de 70 000 enfants ont été victimes de violence, ce qui représentait un taux de 1 014 victimes pour 100 000 enfants et jeunes de 18 ans et moins (tableau 4.1). Ce taux était de 9 % inférieur à celui des adultes. Bien que la fréquence globale de la violence envers les enfants et les jeunes ait été plus faible que la violence à l'endroit des adultes, cela n'était pas le cas pour tous les types d'infractions avec violence.

En 2011, les enfants et les jeunes étaient beaucoup plus susceptibles d'être victimes d'infractions sexuelles, le taux de ces affaires déclarées par la police étant cinq fois plus élevé que celui des adultes (207 victimes pour 100 000 enfants et jeunes par rapport à 41 victimes pour 100 000 adultes). Cela valait pour tous les types d'agressions sexuelles, ainsi que pour les autres infractions à caractère sexuel. Cette dernière catégorie comprend les infractions particulières aux enfants, comme les contacts sexuels, l'incitation à des contacts sexuels, le leurre d'enfants au moyen d'un ordinateur, l'exploitation sexuelle et la corruption d'enfants.

Les membres de la famille représentent le quart des auteurs présumés de violence envers les enfants et les jeunes

La plupart du temps, les enfants et les jeunes victimes de violence connaissent leur agresseur. Environ le quart (26 %) des auteurs présumés de violence envers les enfants et les jeunes étaient des membres de la famille, comme un parent, un beau-parent, un parent de famille d'accueil, un frère ou une sœur, un grand-parent ou un membre de la famille élargie. En revanche, 53 % des auteurs présumés étaient des amis ou des connaissances de l'enfant ou du jeune.

Au total, la police a indiqué qu'un peu plus de 18 300 enfants ont été victimes de violence familiale en 2011. Cela représentait un taux de 267 enfants victimes de violence familiale pour chaque tranche de 100 000 Canadiens de 18 ans et moins.

L'agresseur le plus commun était un membre de la famille pour les formes les plus graves de violence envers les enfants et les jeunes, y compris l'homicide (51 %) et la tentative de meurtre (43 %) (graphique 4.1). Les membres de la famille étaient également plus souvent impliqués dans les affaires de séquestration et d'enlèvement, qui sont généralement attribuables à l'infraction propre aux parents, soit l'enlèvement d'enfants par un parent (42 %). Les infractions ayant une plus faible représentation de membres de la famille en tant qu'auteurs présumés étaient les infractions sexuelles, les infractions liées à l'intimidation (comme le harcèlement criminel et les menaces), ainsi que les voies de fait.

Description du graphique 4.1

Graphique 4.1 Enfants et jeunes de 0 à 17 ans qui ont été victimes d'un crime violent, affaires déclarées par la police, selon le lien de l'auteur présumé avec la victime et le type d'infraction, Canada, 2011

Les jeunes enfants sont plus susceptibles d'être victimisés par un membre de leur famille

La dépendance des jeunes enfants envers leurs principaux aidants et le fait qu'ils sont probablement isolés des systèmes sociaux, comme l'école, se reflète dans le fait que les nourrissons et les bambins sont plus susceptibles d'être victimisés par un membre de leur propre famille que par tout autre type d'agresseur. En 2011, 68 % des nourrissons de moins d'un an et 69 % des enfants de 1 à 3 ans ont été victimes de violence aux mains d'un membre de la famille, le plus souvent un parent ou un beau-parent (graphique 4.2). Lorsque les enfants font leur entrée à l'école, les membres de la famille représentent toujours la majorité des auteurs présumés, mais dans une moindre mesure. Par exemple, 67 % des victimes âgées de quatre ans ont subi de la violence de la part d'un membre de la famille, cette proportion étant passée à 66 % pour les enfants de cinq ans et à 59 % pour ceux de six ans.

Description du graphique 4.2

Graphique 4.2 Taux de signalement à la police selon le type de violence conjugale envers les femmes, Canada, 2009

Lorsque les enfants atteignent l'âge de 9 ans, les membres de la famille deviennent moins susceptibles que les autres personnes d'être responsables de violence envers les enfants déclarée par la police. Ainsi, pour les jeunes de 12 à 17 ans, plus de la moitié (57 %) des crimes violents ont été commis par des amis ou des connaissances, suivis des étrangers (24 %) et des membres de la famille (18 %). Ce changement d'agresseur le plus commun peut s'expliquer en partie par le fait que les enfants plus âgés élargissent leurs activités à l'extérieur de la famille.

Les taux de violence déclarée par la police augmentent au fur et à mesure que les enfants vieillissent

La fréquence globale de la violence déclarée par la police tend à s'accroître au fur et à mesure que les enfants vieillissent, que l'agresseur soit un membre de la famille ou une personne à l'extérieur de celle-ci (graphique 4.3). Par conséquent, les taux de violence familiale commise envers les enfants et déclarée par la police étaient les plus faibles chez les jeunes enfants, alors que les jeunes ont affiché les taux les plus élevés. Il faut attirer l'attention sur le fait que ces résultats peuvent être attribuables au plus faible signalement à la police de la violence faite aux jeunes enfants. En effet, ces derniers ont souvent moins de contacts à l'extérieur de la famille et ont une capacité réduite pour signaler leur propre victimisation à la police. Par conséquent, les taux de violence commise envers les jeunes enfants et déclarée par la police pourraient être davantage sous-estimés.

Description du graphique 4.3

Graphique 4.3 Raisons pour lesquelles la violence conjugale n'a pas été signalée à la police, selon le sexe de la victime, Canada, 2009

En revanche, le taux d'homicides dans la famille, soit le crime violent le plus grave et le plus souvent signalé, était le plus élevé chez les plus jeunes enfants. Au cours d'une période de 10 ans, les nourrissons de moins d'un an étaient les plus à risque d'être tués par un membre de la famille, le taux étant au moins le double de ceux des autres groupes d'âge (graphique 4.4). Venaient ensuite les taux d'homicides dans la famille sur des bambins et sur des enfants de 1 à 3 ans. Les taux diminuaient généralement avec l'âge et augmentaient ensuite, dans une moindre mesure, vers la fin de l'adolescence.

Description du graphique 4.4

Graphique 4.4 Raisons pour lesquelles la violence non conjugale n'a pas été signalée à la police, selon le sexe de la victime, Canada, 2009

Le syndrome du bébé secoué est la cause de décès la plus courante dans les homicides sur des nourrissons

Les causes de décès dans les homicides commis par un membre de la famille varient selon l'âge de la victime. Les plus jeunes enfants — les nourrissons — meurent le plus souvent des suites de violentes secousses; cette cause de décès est aussi appelée le syndrome du bébé secoué. Au cours d'une période de 10 ans, près de 1 nourrisson de moins d'un an sur 3 (31 %) a été tué de cette façon (tableau 4.2). Des coups portés étaient la méthode la plus souvent utilisée envers les enfants de 1 à 3 ans; jumelés à l'étranglement et à la suffocation, il s'agissait également de la méthode la plus souvent utilisée à l'endroit des enfants de 4 à 6 ans. Contrairement aux plus jeunes, ceux de 12 à 17 ans étaient le plus souvent tués par un membre de la famille au moyen d'une arme pointue (32 %).

Il est également possible d'examiner, au moyen des données de l'Enquête sur les homicides, les facteurs ayant poussé des membres de la famille à commettre des homicides sur des enfants et des jeunes. Pour chaque groupe d'âge, un sentiment de frustration et de colère était le mobile le plus courant derrière les homicides dans la famille sur un enfant ou un jeune, mais il diminuait généralement au fur et à mesure qu'augmentait l'âge (tableau 4.3). Plus particulièrement, environ 7 homicides sur 10 dans la famille sur des enfants de trois ans et moins étaient attribuables à de la frustration, de la colère ou du désespoir de l'auteur présumé. À titre de comparaison, la frustration a été déclarée comme le mobile pour 33 % des homicides dans la famille sur des jeunes de 12 à 17 ans, suivie du mobile de l'intensification d'une dispute (21 %).

Les filles sont plus souvent victimes de violence familiale que les garçons

Les filles sont représentées de façon disproportionnée comme victimes de violence familiale. En 2011, le taux de violence familiale était 56 % plus élevé chez les filles que chez les garçons. La disparité entre les taux de violence familiale chez les filles et les garçons était plus faible dans les groupes d'âge plus jeunes, où les filles et les garçons présentaient des taux semblables avant l'âge de trois ans. Toutefois, à compter de cet âge, les filles étaient plus nombreuses que les garçons à être victimes de violence familiale. Cet écart continuait à s'élargir avec l'âge, atteignant un sommet à l'adolescence. À l'âge de 15 ans, le taux des filles était le double de celui des garçons (566 victimes pour 100 000 filles par rapport à 281 victimes pour 100 000 garçons).

Les filles présentaient toujours des taux de violence familiale plus élevés pour presque tous les types d'infractions avec violence. Cependant, ce risque était le plus marqué dans le cas des infractions à caractère sexuel. En effet, les filles étaient quatre fois plus susceptibles que les garçons d'être victimes d'agression sexuelle déclarée par la police ou d'autres infractions à caractère sexuel aux mains de membres de la famille (129 victimes pour 100 000 filles par rapport à 30 victimes pour 100 000 garçons) (tableau 4.4).

La majorité des enfants et des jeunes victimes de violence familiale ne subissent pas de blessures corporelles

Alors que les voies de fait représentaient près de 6 affaires de violence familiale sur 10 commises à l'endroit des enfants (graphique 4.5), la plupart des enfants et des jeunes victimes n'ont pas été blessés. En 2011, 6 enfants et jeunes victimes de violence familiale sur 10 n'avaient pas subi de blessures corporelles. Dans les cas où il y avait des blessures, la plupart (97 %) des victimes n'ont pas nécessité de soins médicaux professionnels ou ont nécessité seulement des premiers soins. Moins de 1 % des enfants et des jeunes victimes de violence familiale ont subi des blessures graves ou qui ont causé la mort.

Description du graphique 4.5

Graphique 4.5 Proportion d'affaires classées de violence faite aux femmes ayant donné lieu à des accusations, selon le lien de l'auteur présumé avec la victime, Canada, 2011

La faible proportion de blessures corporelles ne signifie pas nécessairement qu'aucune blessure n'a été infligée. Des recherches antérieures ont révélé que les répercussions de la violence sur les enfants et les jeunes peuvent avoir des effets à court et à long terme sur le bien-être comportemental, affectif et du développement des enfants (Murray et Farrington, 2010).

Les nourrissons de moins d'un an étaient plus susceptibles de subir des blessures corporelles. Près de la moitié (47 %) de ces victimes ont subi une forme ou une autre de blessures, 15 % des nourrissons de moins d'un an et 5 % des bambins d'un an ayant subi des blessures graves ou causant la mort. Ces tendances peuvent être le reflet des écarts en ce qui concerne les taux de signalement à la police. Puisque les affaires de violence familiale envers les nourrissons doivent être signalées par une personne autre que la victime directe, le signalement par d'autres n'est possible que lorsque les affaires sont graves et qu'elles impliquent le système social, comme les services d'urgence de l'hôpital.

Dans la plupart des affaires de violence familiale envers les enfants (75 %), l'auteur présumé s'est servi de sa propre force physique dans l'intention de causer des blessures corporelles. Une proportion supplémentaire de 15 % des affaires impliquaient l'utilisation d'une arme, alors que 10 % des affaires ne comportaient ni le recours à la force physique ni à une arme (p. ex. l'auteur présumé a proféré des menaces).

Moins de la moitié des affaires de violence familiale envers les enfants ont mené à une inculpation

Les interventions officielles en matière de violence familiale envers les enfants et les jeunes comportent plusieurs aspects, et comprennent divers systèmes, dont les systèmes de justice civile et pénale, les services de protection de l'enfance, les programmes d'enseignement et les systèmes de soins de santé primaires. Souvent, ces systèmes travaillent en collaboration afin de mieux répondre aux besoins des enfants et des jeunes victimes de violence familiale (Regan, s.d.). Par exemple, la police travaillera souvent en partenariat avec les autorités de protection de l'enfance pour réduire le nombre de fois qu'une jeune victime sera soumise à un interrogatoire dans le cadre d'une enquête criminelle.

Au cours d'une enquête, la police peut porter des accusations contre l'auteur présumé ou elle peut classer l'affaire d'une autre façon, notamment en exerçant son pouvoir discrétionnaire. Par ailleurs, l'affaire peut ne pas être classée. Cela se produit lorsqu'un suspect a été identifié, mais que les preuves sont insuffisantes pour porter une accusationNote 2. En 2011, la police a porté ou recommandé des accusations dans 44 % des affaires de violence familiale envers les enfants et les jeunes, alors que 30 % des affaires ont été classées sans mise en accusation, comme par le pouvoir discrétionnaire de la police. Par comparaison, 59 % des affaires de violence familiale envers les victimes de 18 ans et plus ont entraîné le dépôt ou la recommandation d'accusations et 27 % ont été classées sans mise en accusation.

La Saskatchewan affiche le plus fort taux de violence familiale envers les enfants et les jeunes parmi les provinces

Comme dans le cas des crimes violents en général, les variations régionales de la violence familiale envers les enfants et les jeunes peuvent subir l'influence d'un certain nombre de facteurs, comme les différences entre les niveaux de détection et de déclaration. Dans l'ensemble, les taux de violence familiale envers les enfants et les jeunes avaient tendance à être plus élevés dans les territoires que dans les provinces. En particulier, les taux enregistrés par les territoires étaient au moins le double de la moyenne nationale; le Nunavut a inscrit un taux qui était près de sept fois supérieur à la moyenne canadienne en 2011 (1 818 pour 100 000 enfants et jeunes par rapport à 267 pour 100 000) (tableau 4.5).

À l'échelon provincial, le taux le plus élevé a été affiché par la Saskatchewan, 578 enfants ayant été victimes pour 100 000 enfants et jeunes de 18 ans et moins. Suivaient Terre-Neuve-et-Labrador (420 pour 100 000) et le Manitoba (391 pour 100 000). Toutes les régions métropolitaines de recensement (RMR) de ces provinces affichaient les mêmes taux que le Canada dans son ensemble, ou des taux plus élevés (tableau 4.6). L'Ontario a enregistré le taux provincial le plus faible, mais des variations considérables existaient entre les taux des RMR de cette province.

Les homicides dans la famille sur des enfants et des jeunes demeurent rares

Il est possible d'examiner les tendances des voies de fait et des agressions sexuelles qui ont été commises envers les enfants au cours d'une période de trois ans à l'aide de la base de données sur les tendances du Programme DUC fondé sur l'affaire, qui contient les données recueillies auprès de pratiquement tous les services de police au CanadaNote 3. Les voies de faitNote 4 envers les enfants et les jeunes commises par un membre de la famille sont demeurées relativement stables entre 2009 et 2011, le taux s'établissant à 156 victimes pour 100 000 enfants et jeunes (tableau 4.7). Cela valait peu importe le sexe de l'enfant victime, ce qui correspond exactement à la tendance stable observée au chapitre des voies de fait simples de niveau 1 — la forme la moins grave de voies de fait qui entraîne peu ou pas de blessures corporelles. Au cours de cette période de trois ans, le taux de voies de fait majeures envers les enfants et les jeunes a augmenté de 6 %, étant passé de 28 victimes pour 100 000 enfants et jeunes à 30 victimes pour 100 000.

Entre 2009 et 2011, le taux d'agressions sexuellesNote 5 envers les enfants et les jeunes commises par un membre de la famille a reculé de 7 %. Cette diminution a été observée chez les victimes féminines et masculines, mais elle était plus prononcée chez les victimes de sexe masculin. En particulier, le taux d'agressions sexuelles envers les garçons a diminué de 16 %, par rapport à un recul de 4 % chez les filles. Ces tendances au chapitre des agressions sexuelles ne comprennent pas les infractions sexuelles particulières aux enfants, comme le leurre d'enfants au moyen d'un ordinateur et l'incitation à des contacts sexuels, qui ont généralement augmenté ces dernières années (Brennan, 2012).

Étant donné que l'homicide risque moins de causer de problèmes de signalement à la police, les renseignements sur les tendances relatives aux homicides sur les enfants et les jeunes sont souvent considérés comme un baromètre de l'évolution de la violence à leur endroit, du moins pour les formes de violence les plus graves (Nivette, 2011; Organisation des Nations Unies, 2011). Les données sur les tendances à long terme de l'Enquête sur les homicides indiquent que les homicides dans la famille sur des enfants et des jeunes sont relativement rares et, en raison de cette rareté, ils ont tendance à fluctuer grandement d'une année à l'autre (graphique 4.6).

Description du graphique 4.6

Graphique 4.6 Nombre de programmes de traitement pour les hommes violents, Canada, 1984 à 2008

Résumé

La présente section a permis d'examiner la violence familiale commise envers les enfants et les jeunes et déclarée par la police, en faisant ressortir le fait que les membres de la famille étaient le plus souvent les auteurs présumés des formes de violence les plus graves. Ils étaient également le plus souvent responsables de la violence à l'endroit des enfants de neuf ans et moins. Les taux de violence envers les enfants et les jeunes, y compris la violence familiale, ont tendance à augmenter au fur et à mesure que les enfants vieillissent, mais les taux d'homicides demeurent plus élevés chez les nourrissons et les jeunes enfants.

À l'instar des années précédentes, il existe un effet combiné de l'âge et du sexe sur les taux de violence familiale déclarée par la police. Les filles sont plus susceptibles que les garçons d'être victimes de violence familiale, ce risque augmentant avec l'âge. Les filles, en particulier à mesure qu'elles vieillissent, affichent des taux beaucoup plus élevés de victimisation sexuelle que les garçons.

Dans la majorité des affaires de violence familiale envers les enfants, les agresseurs ont eu recours à leur propre force physique, plutôt qu'à une arme, pour menacer l'enfant ou pour lui infliger des blessures corporelles. Moins de la moitié des enfants et des jeunes victimes de violence familiale déclarée par la police ont subi des blessures corporelles. 

Tableaux de données détaillés

Tableau 4.1 Enfants et jeunes de 0 à 17 ans qui ont été victimes d’un crime violent, affaires déclarées par la police, selon l’âge de la victime et le type d’infraction, Canada, 2011

Tableau 4.2 Enfants et jeunes de 0 à 17 ans qui ont été victimes d’un homicide dans la famille, selon le groupe d’âge de la victime et la cause du décès, Canada, 2001 à 2011

Tableau 4.3 Enfants et jeunes de 0 à 17 ans qui ont été victimes d’un homicide dans la famille, selon le groupe d’âge de la victime et le mobile, Canada, 2001 à 2011

Tableau 4.4 Enfants et jeunes de 0 à 17 ans qui ont été victimes de violence familiale, affaires déclarées par la police, selon le sexe de la victime et le type d’infraction, Canada, 2011

Tableau 4.5 Enfants et jeunes de 0 à 17 ans qui ont été victimes de violence familiale, affaires déclarées par la police, selon la province et le territoire, 2011

Tableau 4.6 Enfants et jeunes de 0 à 17 ans qui ont été victimes de violence familiale, affaires déclarées par la police, selon la région métropolitaine de recensement, 2011

Tableau 4.7 Enfants et jeunes de 0 à 17 ans qui ont été victimes de certaines infractions avec violence dans la famille, affaires déclarées par la police, selon le sexe de la victime, 2009 à 2011

Références

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BRENNAN, Shannon. 2012. « Statistiques sur les crimes déclarés par la police au Canada, 2011 », Juristat, produit no 85-002-X au catalogue de Statistique Canada.

FOX, Nathan A., et Jack P. SHONKOFF. 2012 (février). « How persistent fear and anxiety can affect young children's learning, behaviour and health », Social and Economic Costs of Violence: Workshop Summary, National Academies Press.

KESNER, John E., Gary E. BINGHAM et Kyong-Ah KWON. 2009. « Child maltreatment in United States: An examination of child reports and substantiation rates », International Journal of Children's Right, vol. 17, p. 433 à 444.

LAZENBATT, Anne, et Ruth FREEMAN. 2006 (novembre). « Recognizing and reporting child physical abuse: A survey of primary healthcare professionals », Journal of Advanced Nursing, vol. 56, no 3, p. 227 à 236.

MANIGLIO, Roberto. 2009. « The impact of child sexual abuse on health: A systematic review of reviews », Clinical Psychology Review, vol. 29, no 7, p. 647 à 656.

MINISTÈRE DE LA JUSTICE CANADA. 2001. Violence envers les enfants : fiche d'information du ministère de la Justice du Canada (site consulté le 12 décembre 2011).

MURRAY, Joseph, et David P. FARRINGTON. 2010. « Risk factors for conduct disorder and delinquency: Key findings from longitudinal studies », La revue canadienne de psychiatrie, vol. 55, no 10, p. 633 à 642.

NIVETTE, Amy E. 2011. « Cross-national predictors of crime: A meta-analysis », Homicide Studies, Sage Publications, vol. 15, no 2, p. 103 à 131.

ORGANISATION DES NATIONS UNIES. 2011. Manual for the Measurement of Indicators of Violence against Children.

REGAN, Matthew. sans date. Child Abuse Investigations and the Role of Police Services, Research Institute for Evidence-based Social Work, Université de Toronto (site consulté le 19 mars 2013).

TROCMÉ, Nico, et autres. 2010. « Chapitre 1 : Introduction », Étude canadienne sur l'incidence des signalements de cas de violence et de négligence envers les enfants — 2008 : Données principales, Ottawa.

WANG, Ching-Tung, et John HOLTON. 2007. « Total estimated cost of child abuse and neglect in the United States », Prevent Child Abuse America, Chicago.

Notes

  1. Contrairement aux victimes plus âgées, qui sont visées par des enquêtes auprès de la population telles que l'Enquête sociale générale (ESG) sur la victimisation, laquelle fournit des indicateurs de la victimisation autodéclarée et des taux de déclaration à la police, les enfants et les jeunes ne font l'objet d'aucune enquête nationale équivalente. Dans le cadre de l'ESG sur la victimisation, on saisit des données sur les Canadiens de 15 ans et plus. Ainsi, certains renseignements sont disponibles pour les jeunes de 15 à 17 ans, mais ils ne peuvent pas être diffusés en raison des chiffres trop peu élevés.
  2. L'affaire peut ne pas être classée au moment de la déclarer au Programme de déclaration uniforme de la criminalité (DUC), mais elle peut être classée par la police à une date ultérieure. Les mises à jour de l'état de classement dans le Programme DUC sont effectuées en conséquence.
  3. La base de données sur les tendances du Programme DUC fondé sur l'affaire représente 99 % des services de police au Canada. L'analyse de la base de données sur les tendances de trois ans se limite aux infractions pour lesquelles il existe un enregistrement complet sur la victime et pour lesquelles le modèle de classification du Programme DUC est demeuré constant au cours de la période de trois ans.
  4. Comprend les niveaux 1, 2 et 3.
  5. Comprend les niveaux 1, 2 et 3.
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