La violence familiale au Canada : un profil statistique, 2011 : faits saillants

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Section 1
Un survol de la violence familiale

  • Selon les données policières pour l'année 2011, il y a eu près de 95 000 victimes de violence familiale, ce qui s'est traduit par un taux de 279 victimes pour chaque tranche de 100 000 habitants dans la population.
  • Le plus souvent, les victimes de violence familiale entretenaient une relation conjugale avec l'auteur présumé, environ la moitié (49 %) des victimes étant mariées ou ayant déjà été mariées à l'auteur présumé. De plus, une proportion de 18 % des victimes de violence familiale ont été agressées par un de leurs parents, 13 %, par un membre de la famille élargie, 11 %, par un frère ou une sœur et 9 %, par un enfant, le plus souvent un enfant adulte.
  • Les victimes de violence familiale étaient surtout de sexe féminin (69 %). Cette représentation disproportionnée était la plus marquée pour la violence conjugale, 80 % des victimes étant des femmes; elle ressortait également dans les cas où l'auteur présumé était un enfant (63 %), un membre de la famille élargie (58 %), un parent (57 %) et un frère ou une sœur (57 %). 
  • À l'échelon provincial, les plus forts taux de violence familiale ont été enregistrés en Saskatchewan (583 pour 100 000 habitants) et au Manitoba (402), alors que les plus faibles taux ont été observés en Ontario (190), à l'Île-du-Prince-Édouard (227), en Nouvelle-Écosse (246) et en Colombie-Britannique (271).

Section 2
Les meurtres-suicides dans la famille

  • Entre 2001 et 2011, on a dénombré 344 meurtres-suicides au Canada, dont plus des trois quarts (77 %) ont impliqué au moins une victime apparentée à l'auteur présumé.
  • Au cours des 50 dernières années, le taux moyen de meurtres-suicides dans la famille sur cinq ans variait entre 0,6 et 1,2 affaire pour 1 million d'habitants. Malgré des fluctuations annuelles pendant cette période, le taux de meurtres-suicides familiaux affiche une tendance générale à la baisse depuis le sommet atteint au milieu des années 1980.
  • Les conjoints étaient à l'origine de la plus forte proportion des meurtres-suicides survenus dans la famille entre 2001 et 2011. Les femmes et les jeunes de 15 à 24 ans étaient les plus à risque d'être victimes d'un meurtre-suicide entre conjoints. Dans les affaires de meurtre-suicide entre conjoints, 97 % des auteurs présumés étaient des hommes.
  • Les coups de feu étaient la cause de décès la plus fréquente chez les victimes de meurtres-suicides entre conjoints, plus de la moitié (53 %) des victimes étant décédées par balles. Venaient ensuite les coups de couteau (22 %).
  • Entre 2001 et 2011, 52 meurtres-suicides familiaux mettant en cause des enfants et des jeunes sont survenus. Le taux de meurtres-suicides familiaux d'enfants et de jeunes a atteint un sommet vers la fin des années 1980 pour afficher une tendance générale à la baisse par la suite.
  • Les parents et les beaux-parents représentaient la majorité (95 %) des auteurs présumés du meurtre-suicide d'enfants et de jeunes, alors que les autres membres de la famille, comme des oncles et des tantes, constituaient la proportion restante de 5 %.
  • Pendant la période allant de 2001 à 2011, il y a eu 47 meurtres-suicides familiaux mettant en cause au moins une victime âgée. Contrairement aux tendances de l'ensemble des meurtres-suicides dans la famille, le taux de meurtres-suicides de personnes âgées est à la hausse depuis le début des années 1990.

Section 3
La violence entre partenaires intimes

  • En 2011, environ 97 500 personnes ont été victimes de violence entre partenaires intimes, ce qui représentait un taux de 341 victimes pour 100 000 habitants. La grande majorité des victimes (80 %) étaient des femmes, un résultat qui concorde avec ceux observés au fil des ans.
  • De façon générale, la violence entre partenaires amoureux était plus fréquente que la violence conjugale, le taux étant au moins 1,6 fois plus élevé que celui de la violence conjugale.
  • Comme dans le cas des crimes violents en général, les jeunes Canadiens étaient plus souvent victimes de violence entre partenaires intimes. Les femmes et les hommes à la fin de la vingtaine et au début de la trentaine affichaient les plus forts taux de victimisation avec violence entre partenaires intimes, et ils étaient suivis de près des jeunes de 15 à 24 ans. Les taux diminuaient généralement au fur et à mesure qu'augmentait l'âge, mais ils étaient plus élevés dans le cas des femmes pour chaque groupe d'âge.
  • Le risque d'homicide entre conjoints, bien qu'il soit relativement faible, est plus élevé après une séparation et chez les personnes vivant en union libre.
  • La plupart des victimes de violence entre partenaires intimes ont subi des voies de fait. Ces infractions étaient plus fréquentes dans les affaires de violence conjugale commises contre un partenaire actuel que dans celles perpétrées à l'endroit d'un ex-partenaire.
  • L'infraction la plus fréquente entre partenaires intimes — les voies de fait simples — a diminué ces dernières années. Entre 2009 et 2011, le taux de voies de fait simples a reculé de 4 %.

Section 4
La violence familiale envers les enfants et les jeunes

  • En 2011, la police a indiqué qu'environ 18 300 enfants ont été victimes de violence familiale, ce qui s'est traduit par un taux de 267 enfants victimes pour chaque tranche de 100 000 Canadiens de 18 ans et moins.
  • Alors que les jeunes enfants affichaient les plus faibles taux de violence familiale commise contre les enfants et déclarée par la police, ils étaient les plus à risque d'être tués par un membre de leur famille. Au cours d'une période de 10 ans, les nourrissons de moins d'un an étaient les plus à risque d'être tués par un membre de la famille, suivis des bambins et des enfants de 1 à 3 ans.
  • Les filles sont représentées de façon disproportionnée comme victimes de violence familiale. En 2011, le taux de violence familiale était 56 % plus élevé chez les filles que chez les garçons. Les filles présentaient toujours des taux de violence familiale plus élevés pour presque tous les types d'infractions avec violence. Cependant, ce risque était le plus marqué dans le cas des infractions à caractère sexuel déclarées par la police.
  • Entre 2009 et 2011, les taux de voies de fait envers les enfants et les jeunes commises par un membre de la famille sont demeurés relativement stables, alors que les taux d'agressions sexuelles ont reculé.

Section 5
La violence familiale envers les personnes âgées

  • Affichant un taux de 61 victimes de violence familiale pour 100 000 habitants, les personnes de 65 ans et plus ont enregistré les plus faibles taux de violence familiale. Cela valait tant pour les femmes que pour les hommes, bien que le taux de violence familiale chez les femmes âgées ait été plus élevé que celui observé chez les hommes âgés (67 par rapport à 53 pour 100 000 habitants).
  • Le plus souvent, des enfants adultes étaient à l'origine de la violence familiale à l'endroit des aînés, suivis des conjoints.
  • Les voies de fait simples — dans lesquelles la victime subit des blessures corporelles mineures ou ne subit aucune blessure — constituent la forme de violence familiale la plus souvent perpétrée envers les personnes âgées. Au total, les voies de fait simples représentaient plus de la moitié (52 %) des affaires de violence familiale, devant les menaces (20 %) et les voies de fait majeures (12 %).
  • Les taux de voies de fait et d'agressions sexuelles envers les personnes âgées sont demeurés stables au cours des trois années précédentes.
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