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A. Évolution des naissances
Pour une sixième année consécutive, le nombre de naissances vivantes au Canada a augmenté pour s'établir à 377 886 en 2008. Cependant, cette hausse annuelle de 2,7 % a été moins importante que celle observée les deux années précédentes, soit de 3,6 % en 2006 et de 3,7 % en 2007 (graphique 1).
Au cours des vingt dernières années, le nombre de naissances au Canada a connu des tendances à la hausse et à la baisse. Après avoir atteint un sommet en 1990 de 405 486 naissances, le nombre de naissances s'est mis à diminuer de façon constante tout au long de la décennie des années 1990. En 2000, 327 882 naissances ont été enregistrées, le niveau le plus faible depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Depuis 2001, à l'exception de 2002, le nombre de naissances est à la hausse avec un ralentissement en 2008 par rapport aux deux années précédentes.
A.1. Différences géographiques
De 2007 à 2008, le nombre de naissances a augmenté dans toutes les provinces et les territoires, sauf aux Territoires du Nord-Ouest (tableau 1). Huit provinces et un territoire ont affiché des croissances relatives supérieures à la moyenne nationale de 2,7 %. On retrouve les augmentations les plus importantes à Terre-Neuve-et-Labrador (7,6 %), à l'Île-du-Prince-Édouard (6,8 %) et au Yukon (5,1 %). Pour Terre-Neuve-et-Labrador, il s'agit d'une quatrième hausse consécutive et de la plus forte depuis 2005. D'autre part, un premier signe de ralentissement dans la croissance des naissances en 2008 est observé surtout en Ontario et dans les provinces de l'Ouest.
En 2008, 76 % de l'accroissement total du nombre de naissances provenait principalement de trois provinces ; le Québec avait contribué le plus avec 35 % de l'accroissement total, suivi de l'Ontario (23 %) et de l'Alberta (18 %). Toutefois en 2007, c'était l'Alberta qui était en tête avec 29 %, suivi de l'Ontario (21 %), du Québec (18 %) et de la Colombie-Britannique (14 %).
B. Évolution de la fécondité
L'indice synthétique de fécondité (ISF) est la somme des taux de fécondité par âge observés une année donnée. C'est un indice conjoncturel de fécondité qui donne le nombre d'enfants moyen qu'aurait une femme tout au long de sa vie reproductive si elle connaissait les taux de fécondité par âge observés une année donnée.
En 2008, l'ISF était de 1,68 enfant par femme (tableau 2). Il s'agit du plus haut niveau depuis 1992, alors qu'il était de 1,69. Toutefois, cet indice se situe bien en dessous du seuil de remplacement des générations de 2,1 enfants par femme. Ce seuil représente le niveau qu'il faudrait maintenir pour remplacer la population en l'absence de migration. La dernière année au cours de laquelle l'indice synthétique de fécondité a dépassé le seuil de remplacement des générations remonte à 1971 1 .
Au cours des vingt dernières années, l'ISF a suivi de très près l'évolution des naissances (graphique 2). En effet, après avoir atteint un sommet en 1990 avec 1,71 enfant par femme, l'ISF a diminué tout au long des années 1990 pour ensuite amorcer une tendance à la hausse au début des années 2000. La baisse de l'ISF (et du nombre de naissances) en 2000 et la reprise en 2001 pourraient être liées au désir de concevoir un bébé au cours de la première année du nouveau millénaire. On observe que le nombre de mariages a aussi augmenté au cours de l'année 2000 2 .
À l'exception de 2002, l'ISF connaît une tendance à la hausse depuis 2001 (tableau 2). De 2007 à 2008, l'ISF a augmenté de 1,3 %, une croissance bien inférieure à celle observée les deux années précédentes, où il s'est accru de 2,8 % et de 4,6 % respectivement.
En 2008, le Nunavut avait la plus forte fécondité du pays avec un ISF de 2,98 enfants par femme, assurant ainsi le remplacement des générations. À l'opposé, c'est en Colombie-Britannique que l'on observe le plus faible ISF avec 1,51 enfant par femme (tableau 2).
D'autres provinces et territoires affichaient un ISF inférieur à la moyenne nationale de 1,68 enfant par femme, soit la Nouvelle-Écosse, Terre-Neuve-et-Labrador, l'Ontario, le Nouveau-Brunswick et le Yukon. D'autre part, les Territoires du Nord-Ouest ainsi que la Saskatchewan étaient les deux seules autres régions où la fécondité était supérieure à deux enfants par femme, soit 2,08 et 2,05 respectivement. Notons toutefois que c'est dans les territoires et les provinces des Prairies que l'on retrouve les plus fortes concentrations d'Autochtones 3 . Il est connu que la population autochtone est une population relativement jeune avec une fécondité plus forte que la population non autochtone.
De 2007 à 2008, l'ISF a augmenté dans toutes les provinces et les territoires sauf aux Territoires du Nord-Ouest, en Colombie-Britannique et au Manitoba. La plus forte augmentation a été observée à Terre-Neuve-et-Labrador avec 0,12 enfant par femme de plus qu'en 2007. Cinq autres régions (l'Île-du-Prince-Édouard, la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick, le Québec et le Yukon) affichaient une variation en pourcentage plus élevée que la moyenne nationale. À l'opposé, on retrouvait les plus faibles croissances en Ontario, en Saskatchewan, en Alberta et au Nunavut.
B.1. Âge des mères et taux de fécondité par groupe d'âge
En 1991, l'âge moyen à l'accouchement des mères canadiennes était de 27,7 ans. Il a ensuite progressé pour atteindre 29,3 ans en 2006 où il se maintient depuis. En 2008, l'âge moyen à l'accouchement des mères le plus bas est observé au Nunavut (24,4 ans) alors que le plus haut se retrouve en Ontario et en Colombie-Britannique (30,0 ans).
De 1988 à 2008, il y a eu d'importants changements dans l'évolution des taux de fécondité par âge au Canada. En effet, au cours des vingt dernières années, on assiste généralement à un déclin des taux de fécondité des femmes canadiennes dans la vingtaine, alors que ceux des femmes dans la trentaine ne cesse d'augmenter. En 2006, la fécondité des femmes âgées de 30 à 34 ans a même dépassé celle des femmes âgées de 25 à 29 ans (graphique 3).
De 2006 à 2008, tous les taux de fécondité par groupes d'âge des mères canadiennes ont connu une augmentation. Cependant pour une quatrième année consécutive, on retrouve le taux de fécondité le plus élevé chez les mères âgées de 30 à 34 ans (107,4 naissances pour 1 000 femmes en 2008). Ce taux était aussi le plus haut depuis 1965 (119 naissances pour 1 000 femmes). En plus, depuis 2006, l'augmentation des taux de fécondité chez les femmes âgées de 30 à 34 ans a été plus forte que celle des femmes âgées de 25 à 29 ans, élargissant ainsi l'écart entre ces deux groupes d'âge.
Même si la fécondité des femmes âgées de 15 à 19 ans a légèrement augmenté ces dernières années, le niveau en 2008 (14,3 naissances pour 1 000 femmes) était de 1,6 fois inférieur à celui de 1988 (23,0 naissances pour 1 000 femmes).
Par ailleurs, la fécondité des femmes âgées de 40 à 44 ans a plus que doublé de 1988 à 2008, où elle est passée de 3,6 à 8,4 pour 1 000 femmes respectivement. Une étude récente révèle que la durée de la scolarité constitue un facteur explicatif important pour comprendre cette progression 4 . De plus, cette étude indique que les femmes immigrantes, qui sont plus susceptibles d'avoir un diplôme universitaire, sont aussi plus susceptibles d'être mères d'un jeune enfant dans la quarantaine. Le poids démographique de ces femmes est par ailleurs en hausse sous l'effet d'une immigration soutenue depuis le début des années 1990 5 .
En 2008, parmi les 10 provinces et chez les femmes âgées de 29 ans et moins, les plus hauts taux de fécondité ont été observés en Saskatchewan. Pour les femmes âgées de 30 à 34 ans, c'était en Alberta que l'on retrouvait le taux de fécondité le plus élevé, alors que pour les femmes âgées de 35 à 39 ans c'était en Ontario. Par ailleurs, pour les femmes âgées 40 ans et plus, c'était en Colombie-Britannique que les taux de fécondité y étaient les plus hauts.
B.2 Analyse des taux de fécondité de 2008
Deux facteurs pourraient expliquer l'augmentation du nombre de naissances observée ces dernières années, soit la hausse du nombre de femmes en âge de procréer et l'augmentation des taux de fécondité.
Lorsque l'on applique les taux de fécondité par âge (TFA) de 2007 à la population féminine de 2008, il est possible d'estimer la part de l'augmentation des naissances en 2008 attribuable aux variations de la taille de la population par rapport aux variations du taux de fécondité (tableau 3).
Si les taux de fécondité selon l'âge n'avaient pas changé de 2007 à 2008, le nombre de naissances attendu en 2008 aurait été de 372 620, soit une augmentation de 4 756 naissances par rapport à 2007. Toutefois, l'augmentation totale entre 2007 et 2008 a été beaucoup plus forte soit de 10 022 naissances. Les 5 266 naissances supplémentaires peuvent par conséquent être attribuées à des variations dans la fécondité. En outre, c'est chez les femmes âgées de 30 à 39 ans qu'il y a eu une plus forte variation dans les taux de fécondité entre 2007 et 2008.
C. Tendances historiques et récentes des naissances
La période qui s'est écoulée entre la fin de la Deuxième Guerre mondiale et le milieu des années 1960 a été marquée par une hausse importante des taux de fécondité chez les femmes en âge de procréer, ce qui a donné lieu au phénomène du baby-boom.
En 1947, lorsque l'ISF se situait à 3,6 enfants par femme, le niveau le plus élevé depuis 1921 6 , le nombre de naissances se chiffrait à 372 600 et le taux brut de natalité se situait à 28,9 naissances pour 1 000 personnes.
Au sommet du baby-boom, en 1959, alors que l'ISF était de 3,9 enfants par femme, le nombre annuel de naissances dépassait 479 000, soit le nombre le plus élevé depuis que des statistiques de l'état civil comparables à l'échelle du Canada ont été compilées pour la première fois en 1921 (graphique 4).
Le nombre annuel de naissances est demeuré élevé pendant quelques années, puis a commencé à diminuer de façon marquée à partir de 1964. Cette période de baisse du nombre de naissances est connue comme la période du « baby-bust » 7 , qui a duré environ dix ans, jusqu'au milieu des années 1970, où le niveau le plus bas des naissances a été atteint en 1973.
Le premier « écho » 8 du baby-boom était attendu au milieu des années 1970, soit environ 25 ans après le début du baby-boom. Toutefois, même si on a noté une augmentation appréciable du nombre de naissances de 1974 à 1975, les hausses ont été relativement modestes les années suivantes. Ce n'est qu'à la fin des années 1980 (1988 à 1990) qu'on a noté une hausse substantielle du nombre de naissances.
De 1988 à 1995, il y a eu un nombre important d'enfants. En effet, le nombre de naissances avait atteint alors un sommet de 405 486 en 1990. Par la suite, le nombre annuel de naissances s'est mis à diminuer, chutant à 327 882 en 2000, un niveau inférieur à celui observé pendant la période du baby-bust.
Entre 2002 et 2008, le Canada a connu une tendance à la hausse continue du nombre de naissances. Une partie de l'augmentation récente des naissances pourrait s'expliquer par le fait qu'à l'heure actuelle, de nombreuses femmes de la génération des enfants du baby-boom ont atteint les âges de la reproduction et par un rattrapage de la fécondité à des âges plus avancés. Entre 2002 et 2008, les indices synthétiques de fécondité sont passés de 1,50 à 1,68 enfant par femme.
D. Comparaison avec certains pays à faible fécondité
Par pays à faible fécondité, on entend les pays pour lesquels l'indice synthétique de fécondité (ISF) est en dessous (ou proche) du seuil de remplacement des générations (2,1 enfants par femme). Une faible fécondité est un phénomène que le Canada a en commun avec de nombreux pays. En outre, l'augmentation récente du nombre de naissances au Canada est comparable aux tendances observées dans plusieurs pays de l'OCDE à faible fécondité, qui ont eux aussi connu une hausse de leur fécondité ces dernières années (tableau 4).
En effet, de 2004 à 2008, l'ISF s'est accru dans les 15 pays de l'OCDE sélectionnés (voir tableau 4). En ce qui concerne le Canada, l'augmentation de la fécondité n'a été que modeste jusqu'en 2006, alors qu'en 2007, il y a eu une forte poussée, qui a ralenti par la suite. Entre 2006 et 2007, deux autres pays, la République Tchèque et l'Australie, ont eu une augmentation de la fécondité plus forte que celle du Canada et un léger ralentissement entre 2007 et 2008.
De 2007 à 2008, tous les pays de l'OCDE sélectionnés ont connu une augmentation de leur fécondité, à l'exception des États-Unis pour lequel l'indice synthétique de fécondité est passé de 2,12 à 2,08 enfants par femme.
E. Évolution des mortinaissances
Le nombre de mortinaissances (ou morts foetales) au Canada s'élevait à 2 774 en 2008, une augmentation de 137 mortinaissances (5,2 %) par rapport à 2007.
Le taux de mortinatalité a aussi légèrement augmenté de 7,1 pour 1 000 naissances totales (naissances vivantes et mortinaissances) en 2007 à 7,3 en 2008. Depuis 1991 et jusqu'en 2006, les taux de mortinatalité ont fluctué autour de 6,0 pour 1 000 naissances totales. Par ailleurs, le taux de mortinatalité tardive (morts foetales à 28 semaines de gestation ou plus) a atteint un sommet de 3,8 pour 1 000 naissances totales en 1992 pour ensuite diminuer jusqu'à 3,1 en 2008.
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