Rapports sur la santé
Troubles de l’humeur au sein de la population
canadienne âgée
DOI: https://www.doi.org/10.25318/82-003-x202501200002-fra
Résumé
Contexte
Un nombre croissant de Canadiennes et de Canadiens vivent avec des problèmes de santé mentale, y compris des troubles de l’humeur. Cependant, peu d’études ont porté sur la prévalence des troubles de l’humeur et les facteurs qui leur sont associés au sein de la population canadienne âgée (65 ans et plus).
Données et méthodologie
Un échantillon groupé composé de 172 524 Canadiennes et Canadiens âgés vivant dans la collectivité a été constitué à partir de neuf cycles de l’Enquête annuelle sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC), menés de 2015 à 2022. Cet échantillon a été utilisé pour analyser les troubles de l’humeur ainsi que leurs corrélats. Une régression logistique multivariée et stratifiée selon le sexe a été mise en œuvre pour déterminer les facteurs associés aux troubles de l’humeur.
Résultats
De 2015 à 2023, en moyenne, 7,0 % de la population canadienne âgée a déclaré un diagnostic de trouble de l’humeur, et les femmes (8,3 %) étaient plus susceptibles que les hommes (5,5 %) d’en avoir déclaré un. Dans une analyse à plusieurs variables tenant compte de facteurs démographiques, socioéconomiques et géographiques ainsi que de facteurs liés à la santé, les Autochtones (hommes et femmes) étaient plus susceptibles de présenter des troubles de l’humeur que les personnes non autochtones et non racisées. Les hommes sud-asiatiques et chinois, ainsi que les femmes noires et celles appartenant à d’autres groupes racisés, étaient considérablement moins susceptibles d’avoir des troubles de l’humeur que leurs pairs non autochtones et non racisés. Le fait de vivre seul, d’être un homme immigrant et de faire partie d’un ménage à plus faible revenu étaient tous des facteurs associés à une probabilité plus élevée d’éprouver des troubles de l’humeur au sein de la population canadienne âgée.
Interprétation
Les résultats de la présente étude soulignent l’importance de tenir compte des groupes de population racisés ainsi que des facteurs socioéconomiques et géographiques de même que des facteurs liés à la santé, en les analysant séparément selon le sexe, afin d’orienter les programmes de dépistage et d’intervention visant les troubles de l’humeur au sein de la population canadienne âgée.
Mots-clés
troubles mentaux, populations racisées, fait de vivre seul, statut d’immigrant, COVID-19
Auteurs
Md Kamrul Islam et Heather Gilmour travaillent à la Division de l’analyse et de la modélisation de la santé de Statistique Canada.
Ce que l’on sait déjà sur le sujet
- Un nombre croissant de Canadiennes et de Canadiens présentent des problèmes de santé mentale, y compris des troubles de l’humeur. Les femmes sont plus susceptibles d’avoir des troubles de l’humeur que les hommes.
- Les troubles de l’humeur peuvent avoir de nombreuses conséquences négatives sur la santé physique, le fonctionnement social et la qualité de vie.
- Les troubles de l’humeur sont associés à des facteurs démographiques, socioéconomiques et géographiques ainsi qu’à des facteurs liés à la santé.
Ce qu’apporte l’étude
- Au sein de la population canadienne âgée, les femmes étaient considérablement plus susceptibles que les hommes de faire état de troubles de l’humeur, même après la prise en compte de facteurs démographiques, socioéconomiques et géographiques ainsi que de facteurs liés à la santé.
- Les Autochtones étaient plus susceptibles de présenter des troubles de l’humeur que les personnes non autochtones et non racisées, ce qui a été observé tant chez les hommes que chez les femmes. Les personnes appartenant aux groupes de population « Chinois », « Noir » et « autres personnes racisées » étaient moins susceptibles de faire état d’un diagnostic de trouble de l’humeur que les personnes non autochtones et non racisées.
- Le fait de vivre seul était associé à une probabilité plus élevée d’éprouver des troubles de l’humeur que celui de vivre en famille ou avec d’autres personnes, tant chez les hommes que chez les femmes. De manière similaire, le revenu du ménage était inversement associé aux troubles de l’humeur.
- Chez les hommes, les immigrants étaient plus susceptibles de présenter des troubles de l’humeur que les personnes nées au Canada. Les immigrantes affichaient une probabilité légèrement plus faible de déclarer des troubles de l’humeur.
Introduction
Un nombre croissant de Canadiennes et de Canadiens présentent des problèmes de santé mentale, y compris des troubles de l’humeurNote 1, Note 2. En 2022, on estimait que 4,7 millions de personnes de 15 ans et plus (15,6 %) avaient fait état d’un diagnostic de trouble de l’humeur au cours de leur vie, les taux étant plus élevés chez les femmes (18,4 %) que chez les hommes (12,6 %)Note 3. Toutefois, cette estimation peut être inférieure à la réalité, car de nombreuses personnes présentant des symptômes ne sont pas diagnostiquées ou ne consultent pas de professionnel de la santéNote 4, Note 5, notamment en raison de divers facteurs comme la stigmatisation, un manque de sensibilisation et une faible littératie en matière de santé mentaleNote 4, Note 6.
Les troubles de l’humeur englobent un éventail de problèmes de santé qui touchent l’état émotionnel des personnes, notamment les troubles bipolaires, les troubles dépressifs majeurs, les troubles cyclothymiques et la manieNote 7, Note 8. Dans la plupart des cas, ces problèmes de santé ont des effets négatifs sur le bien-être physique, le fonctionnement social et la qualité de vieNote 9, Note 10, Note 11. Par exemple, une méta-analyse portant sur plus de 91 millions de personnesNote 12 a révélé que la probabilité d’hospitalisation et de décès liés à la COVID-19 était plus élevée chez les personnes présentant des troubles de l’humeur préexistants. Parker et ses collaborateurs9 ont constaté que les personnes atteintes de troubles bipolaires étaient de 1,4 à 2,3 fois plus susceptibles de faire face à l’endettement, d’éprouver des difficultés scolaires ou d’être exposées à des risques de préjudice. Les personnes atteintes de troubles unipolaires étaient quant à elles de 1,1 à 1,7 fois plus susceptibles de vivre un retrait social, d’éprouver une satisfaction à l’égard de la vie et un bien-être moindres, d’avoir peu d’ambition et de laisser passer des occasions opportunes.
Les études antérieures sur les déterminants sociaux de la santé mentale ont mis en évidence plusieurs facteurs ayant une incidence sur les troubles mentaux courants, y compris les contextes sociaux, économiques et physiques dans lesquels on vitNote 13, Note 14, Note 15. Ces études ont montré que les personnes ayant un statut socioéconomique inférieur sont plus à risque d’éprouver des troubles mentaux découlant de circonstances quotidiennes, de conditions de vie précaires et d’un sentiment de perte de contrôleNote 16. Parmi d’autres facteurs, la situation dans le ménageNote 17, le statut d’immigrantNote 18, Note 19, le fait de vivre en milieu urbain13 et le stress dans la vieNote 20 ont été associés à des troubles mentaux, y compris les troubles de l’humeur.
Même si de nombreuses études ont porté sur les facteurs associés aux troubles de l’humeur dans la population générale (12 ans et plus)Note 21, Note 22, Note 23, peu se sont concentrées sur la population canadienne âgée (65 ans et plus). Les personnes âgées représentent une proportion croissante de la population au Canada : elles en constituaient 19,9 % en 2024, et cette proportion devrait atteindre entre 21,9 % (scénario de vieillissement lent) et 32,3 % (scénario de vieillissement rapide) d’ici 2073Note 24. Les personnes âgées sont plus vulnérables que les jeunes adultes aux effets négatifs des troubles de l’humeur, dont les troubles comorbides, le déclin cognitif, un risque accru de suicide et une mortalité plus élevéeNote 25, Note 26. D’autres recherches sont nécessaires pour examiner les variations des troubles de l’humeur au sein de la population canadienne âgée, notamment en ce qui concerne les différences entre les sexes. Ces observations pourraient contribuer à orienter l’élaboration de politiques et de mesures de prévention axées sur l’égalité entre les sexes afin de soutenir les personnes âgées vulnérables au sein de la population canadienne.
La présente étude vise à combler ces lacunes grâce à l’examen de la prévalence des troubles de l’humeur au sein de la population canadienne âgée (65 ans et plus) et des facteurs qui leur sont associés. Les données recueillies au cours de plusieurs cycles (2015 à 2023) de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) ont été regroupées afin d’obtenir un échantillon suffisamment important pour permettre une analyse détaillée, ventilée selon le sexe, et des comparaisons entre des sous-groupes de population. Fondée sur la littérature relative aux déterminants sociaux de la santé mentaleNote 13, Note 14, Note 15, l’étude traite des facteurs démographiques, socioéconomiques et géographiques associés aux troubles de l’humeur.
Méthodologie
Sources des données
L’ESCC est une enquête transversale représentative à l’échelle nationale dans le cadre de laquelle on recueille des renseignements auprès de la population canadienne de 12 ans et plus (2015 à 2022) vivant dans des logements privés; elle vise l’ensemble des provinces et des territoires. Dans l’ESCC de 2023, les données ont été recueillies auprès de la population de 18 ans et plus. Ont été exclus de l’enquête les personnes vivant dans les réserves autochtones et d’autres peuplements autochtones dans les provinces, les membres à temps plein des Forces canadiennes, les personnes vivant en établissement institutionnel ainsi que les résidents de certaines régions éloignées.
Au cours des cycles de l’ESCC menés de 2015 à 2020, les données ont été recueillies au moyen d’interviews téléphoniques assistées par ordinateur (ITAO) et d’interviews sur place assistées par ordinateur (IPAO). En 2021, les données ont été recueillies uniquement au moyen d’ITAO en raison de la pandémie de COVID-19. À partir de 2022, les données de l’ESCC ont été recueillies au moyen d’un questionnaire électronique (QE), pour lequel un suivi a été effectué à l’aide d’ITAO ou d’IPAO en cas de non-réponse. Une description détaillée des bases de sondage et des stratégies de collecte des données de l’ESCC est disponible à l’adresse suivante : https://www23.statcan.gc.ca/imdb/p2SV_f.pl?Function=getSurvey&Id=1383236 . Les taux de réponse à l’Enquête canadienne sur la santé dans les collectivités (ECSC) variaient de 62,8 % en 2017 à un minimum de 24,1 % en 2021. La documentation détaillée sur l’enquête la plus récente est disponible à l’adresse suivante : https://www23.statcan.gc.ca/imdb/p2SV_f.pl?Function=getSurvey&Id=1496481.
Échantillon de l’étude
L’échantillon de l’étude est limité aux personnes de 65 ans et plus. Les cas manquants (non déclarés) pour la variable sur les troubles de l’humeur (n = 412) ont été exclus de l’analyse. Les répondants vivant dans les trois territoires ont également été exclus parce que les données n’étaient pas disponibles dans les fichiers de données pour une seule année. Ainsi, l’échantillon final de l’étude comprend 172 524 répondants de 65 ans et plus (76 238 hommes et 96 286 femmes) vivant dans la communauté et étant résidents de l’une des 10 provinces au cours de la période de 2015 à 2023.
Définitions
Troubles de l’humeur
On a demandé aux répondants : « Êtes-vous atteint d’un trouble de l’humeur tel que la dépression, le trouble bipolaire, la manie ou la dysthymie? » On leur a indiqué de répondre « oui » si leur état avait été diagnostiqué par un professionnel de la santé et avait duré, ou devait durer, au moins six mois.
Covariables
La sélection des covariables démographiques, socioéconomiques et géographiques ainsi que de celles liées à la santé en vue des analyses multivariées a été guidée par la littérature sur les déterminants sociaux de la santé mentaleNote 13, Note 14, Note 15 et la disponibilité des données de l’ESCC.
L’ESCC permet de recueillir, le cas échéant, des renseignements sur l’identité autochtone des répondants — Premières Nations (y compris les Indiens inscrits et les Indiens non inscrits), Métis ou Inuit — ou de déterminer leur appartenance à un ou à plusieurs groupes racisés ou culturels. En fonction de ces renseignements et de la taille de l’échantillon disponible, six groupes de population ont été créés : Autochtone; Sud-Asiatique; Chinois; Noir; autres personnes racisées; personnes non autochtones et non racisées. La catégorie « autres personnes racisées » comprend les groupes de population pour lesquels l’échantillon était trop petit pour permettre une analyse distincte (Philippin, Latino-Américain, Arabe, Asiatique du Sud-Est, Asiatique occidental, Coréen, Japonais, groupes racisés non inclus ailleurs et groupes racisés multiples).
Les renseignements sur le genre n’étaient disponibles que pour une partie de la période à l’étude (2019 à 2023). Par conséquent, le sexe à la naissance (homme ou femme) a été utilisé dans la présente analyse. L’âge des répondants reposait sur une catégorisation distinguant trois groupes : 65 à 74 ans, 75 à 84 ans et 85 ans et plus. La situation dans le ménage a été ventilée comme suit : les personnes vivant seules ou celles vivant avec des membres de leur famille ou d’autres personnes.
Le niveau de scolarité des répondants a été décliné en deux catégories : sans études postsecondaires ou études postsecondaires. Le revenu du ménage a quant à lui été divisé en cinq catégories : inférieur (déciles 1 et 2); intermédiaire-inférieur (déciles 3 et 4); intermédiaire (déciles 5 et 6); intermédiaire-supérieur (déciles 7 et 8); supérieur (déciles 9 et 10). Le statut d’immigrant a été codé comme suit : immigrant ou personne née au Canada.
Des renseignements sur huit problèmes de santé chroniques étaient systématiquement pris en compte dans les neuf cycles de l’ESCC utilisés aux fins de cette analyse : l’arthrite, l’hypertension artérielle, les niveaux élevés de cholestérol ou de lipides dans le sang, les maladies du cœur, les accidents vasculaires cérébraux, le diabète, le cancer, la maladie d’Alzheimer ou toute autre forme de démence. Par « multimorbidité », on entend le fait de présenter deux problèmes de santé chroniques ou plus, diagnostiqués par un professionnel de la santé, qui ont duré ou devraient durer au moins six mois.
La perception du stress dans la vie a été mesurée à l’aide de la question suivante : « En pensant à la quantité de stress dans votre vie, diriez-vous que la plupart de vos journées sont : pas du tout stressantes, pas tellement stressantes, un peu stressantes, assez stressantes ou extrêmement stressantes? » En 2022 et en 2023, la question a été légèrement modifiée : « En pensant à la quantité de stress dans votre vie, comment décririez-vous la plupart de vos journées? » Cette variable a été dichotomisée de la façon suivante : vie stressante (pas tellement, un peu, assez ou extrêmement stressante) ou vie pas du tout stressante.
Le lieu de résidence a été codé selon qu’il se trouve en région rurale (moins de 1 000 habitants) ou en région urbaine (1 000 habitants ou plus). Le moment de la tenue de l’enquête a été classifié comme suit : avant la pandémie de COVID-19 (janvier 2015 à mars 2020) ou pendant la pandémie de COVID-19 (septembre 2020 à décembre 2023).
Approche analytique
Neuf cycles de l’ESCC, couvrant la période de 2015 à 2023, ont été combinés selon l’approche groupée. Les données-échantillons étaient combinées au niveau individuel, afin que l’ensemble de données qui en résulte puisse être traité comme s’il s’agissait d’un échantillon d’une seule populationNote 27. Les poids d’échantillonnage et les poids bootstrap originaux ont été remis à l’échelle par un facteur de neuf; les estimations en résultant sont interprétées comme si elles représentaient les caractéristiques de la population moyenne de 2015 à 2023. Une description détaillée de l’approche groupée pour combiner les cycles de l’ESCC est disponible à l’adresse suivante : les cycles de l'ECSC sont disponibles dans Thomas et Wannell.Note 27
L’approche groupée peut masquer les tendances d’un cycle à l’autre en ce qui concerne les troubles de l’humeur, mais cet effet ne remet pas en cause sa pertinenceNote 27. Néanmoins, les changements dans la prévalence des troubles de l’humeur au cours de la période à l’étude ont été évalués. De manière générale, la prévalence des troubles de l’humeur est demeurée stable au cours de cette période, à l’exception de quelques augmentations modestes observées chez les hommes et l’ensemble de la population en 2017, ainsi que chez les deux sexes en 2022 et en 2023 (tableau 1). Après l’augmentation enregistrée en 2017, la prévalence affichait de nouveau une tendance stable. Le taux de réponse à l’enquête a été le plus élevé en 2017, mais son effet sur la prévalence des troubles de l’humeur demeure inconnu. Pour vérifier si cette hausse a pu influencer les résultats, des analyses supplémentaires ont été effectuées en excluant le cycle de 2017 de l’ESCC. Les résultats sont demeurés les mêmes (données non présentées).
| Année | Les deux sexes | Hommes | Femmes | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| % | Intervalle de confiance à 95 % |
% | Intervalle de confiance à 95 % |
% | Intervalle de confiance à 95 % |
||||
| de | à | de | à | de | à | ||||
| 2015Tableau 1 Note † | 6,1 | 5,5 | 6,7 | 4,5 | 3,8 | 5,3 | 7,4 | 6,6 | 8,3 |
| 2016 | 6,2 | 5,7 | 6,8 | 4,5 | 3,9 | 5,2 | 7,7 | 6,8 | 8,6 |
| 2017 | 7,3Note * | 6,7 | 7,9 | 6,0Note * | 5,1 | 6,9 | 8,4 | 7,6 | 9,3 |
| 2018 | 6,3 | 5,8 | 6,9 | 5,1 | 4,3 | 5,9 | 7,4 | 6,6 | 8,3 |
| 2019 | 6,4 | 5,9 | 6,9 | 5,3 | 4,7 | 6,0 | 7,3 | 6,6 | 8,0 |
| 2020 | 6,6 | 6,1 | 7,2 | 5,1 | 4,4 | 5,9 | 7,9 | 7,2 | 8,8 |
| 2021 | 6,8 | 6,2 | 7,4 | 4,8 | 4,1 | 5,6 | 8,5 | 7,6 | 9,5 |
| 2022 | 8,1Note * | 7,5 | 8,7 | 6,8Note * | 6,1 | 7,6 | 9,2Note * | 8,4 | 10,1 |
| 2023 | 8,5Note * | 8,0 | 9,1 | 6,9Note * | 6,2 | 7,6 | 10,0Note * | 9,2 | 10,9 |
|
|||||||||
L’augmentation de la prévalence des troubles de l’humeur en 2022 et en 2023 pourrait être attribuable à la pandémie de COVID-19, qui a été associée à une prévalence accrue de ceux-ci au sein de la population canadienneNote 28. De plus, la transition vers un QE en 2022 a pu influencer les estimations. Une variable du moment de la tenue de l’enquête (avant la pandémie de COVID-19 ou pendant la pandémie de COVID-19) a été incluse dans le modèle multivarié pour tenir compte d’un effet de cycle potentiel.
La composition de la population à l’étude a également été comparée de 2015 à 2023 (données non présentées) afin d’évaluer l’évolution des variables incluses. Les résultats ont montré une augmentation importante de la proportion de femmes chinoises, d’hommes sud-asiatiques, de personnes de 75 à 84 ans, de personnes vivant seules, de ménages des quintiles de revenu supérieurs, de personnes atteintes de multimorbidité et de personnes déclarant un stress dans la vie. À l’inverse, des diminutions ont été observées chez les hommes noirs, les femmes appartenant à d’autres groupes racisés, les personnes de 65 à 74 ans et les immigrantes. Certaines de ces tendances, telles que l’augmentation de l’âge moyen, la multimorbidité et le nombre de personnes vivant seules, pourraient refléter le vieillissement de la population au Canada au cours de la période à l’étude. Bien que la population immigrante canadienne ait augmenté, la majorité des nouveaux arrivants sont âgés de moins de 65 ansNote 29.
Des pourcentages pondérés et des tableaux croisés des troubles de l’humeur au sein de la population canadienne âgée ont été estimés. Une régression logistique multivariée a permis d’évaluer l’association entre la présence de troubles de l’humeur et de covariables démographiques, socioéconomiques et géographiques et de celles liées à la santé. Les pourcentages de cas manquants dans les covariables étaient relativement faibles, allant de 0,04 % (situation dans le ménage) à 1,9 % (groupes de population). Une suppression des cas manquants d’après une liste a été appliquée à l’analyse de régression.
Des poids d’échantillonnage ont été utilisés dans les analyses pour tenir compte du plan de sondage et de la non-réponse. Des poids bootstrap ont également été inclus dans les analyses à l’aide de la version 11.0.3 du logiciel SUDAAN exécutable par SAS pour prendre en considération la sous-estimation des erreurs-typesNote 30. Le niveau de signification a été établi à p < 0,05. Les différences entre les groupes de référence et entre les sexes ont été calculées à l’aide de tests t.
Résultats
Caractéristiques de la population étudiée
La population à l’étude comprenait la population canadienne âgée vivant dans des logements privés dans les 10 provinces, de 2015 à 2023 (46,5 % d’hommes et 53,5 % de femmes). La majorité de ces personnes (60,1 %) faisaient partie du groupe des 65 à 74 ans, et 86,5 % d’entre elles appartenaient à la population non autochtone et non racisée. De plus amples renseignements sont fournis à l’annexe A.
Prévalence des troubles de l’humeur
De 2015 à 2023, en moyenne, 7,0 % des Canadiennes et Canadiens âgés ont déclaré avoir reçu un diagnostic de trouble de l’humeur. Les femmes (8,3 %) étaient plus susceptibles que les hommes (5,5 %) de déclarer un tel diagnostic. Les Autochtones présentaient une prévalence des troubles de l’humeur plus élevée (10,4 %) que les personnes non autochtones et non racisées (7,2 %), et une tendance similaire se dégageait entre les deux sexes au sein de ce groupe de population (tableau 2).
| Caractéristiques | Les deux sexes | Hommes | Femmes | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| % | Intervalle de confiance à 95 % | % | Intervalle de confiance à 95 % | % | Intervalle de confiance à 95 % | ||||
| de | à | de | à | de | à | ||||
| Total | 7,0 | 6,8 | 7,2 | 5,5 | 5,3 | 5,8 | 8,3Tableau 2 Note ‡ | 8,0 | 8,6 |
| Groupe de population | |||||||||
| Autochtone | 10,4Note * | 9,1 | 11,7 | 8,8Note * | 7,0 | 10,9 | 11,8Note * Tableau 2 Note ‡ | 10,2 | 13,6 |
| Sud-Asiatique | 5,5Note E: à utiliser avec prudence | 4,1 | 7,5 | 4,2Note E: à utiliser avec prudence | 3,0 | 6,0 | 7,0 | 4,5 | 10,8 |
| Chinois | 4,0Note * | 3,1 | 5,1 | 2,5Note E: à utiliser avec prudence | 1,7 | 3,9 | 5,5Note * Note E: à utiliser avec prudence Tableau 2 Note ‡ | 4,0 | 7,6 |
| Noir | 5,0Note E: à utiliser avec prudence | 3,4 | 7,3 | 4,6Note E: à utiliser avec prudence | 2,5 | 8,5 | 5,3Note * Note E: à utiliser avec prudence | 3,3 | 8,5 |
| Autres personnes racisées | 6,0Note * | 5,0 | 7,2 | 6,1 | 4,6 | 8,1 | 5,9Note * Note E: à utiliser avec prudence | 4,6 | 7,6 |
| Personnes non autochtones et non raciséesTableau 2 Note † | 7,2 | 7,0 | 7,4 | 5,6 | 5,3 | 5,9 | 8,5Tableau 2 Note ‡ | 8,2 | 8,8 |
| Groupe d’âge | |||||||||
| 65 à 74 ansTableau 2 Note † | 7,9 | 7,6 | 8,1 | 6,0 | 5,7 | 6,3 | 9,6Tableau 2 Note ‡ | 9,2 | 10,0 |
| 75 à 84 ans | 5,7Note * | 5,4 | 6,0 | 4,5 | 4,1 | 5,0 | 6,7Note * Tableau 2 Note ‡ | 6,2 | 7,1 |
| 85 ans et plus | 5,5Note * | 5,0 | 6,2 | 5,3 | 4,4 | 6,3 | 5,7Note * | 5,0 | 6,5 |
| Situation dans le ménage | |||||||||
| Personne vivant seule | 8,4Note * | 8,1 | 8,7 | 7,2Note * | 6,7 | 7,6 | 9,0Note * Tableau 2 Note ‡ | 8,7 | 9,4 |
| Personne vivant avec des membres de la famille ou d’autres personnesTableau 2 Note † | 6,4 | 6,1 | 6,6 | 5,0 | 4,8 | 5,3 | 7,8Tableau 2 Note ‡ | 7,5 | 8,2 |
| Niveau de scolarité | |||||||||
| Sans études postsecondaires | 7,0 | 6,7 | 7,2 | 5,5 | 5,1 | 5,8 | 8,0Tableau 2 Note ‡ | 7,7 | 8,4 |
| Études postsecondairesTableau 2 Note † | 7,0 | 6,8 | 7,3 | 5,5 | 5,2 | 5,9 | 8,5Tableau 2 Note ‡ | 8,1 | 8,9 |
| Revenu du ménage | |||||||||
| Inférieur (déciles 1 et 2) | 8,8Note * | 8,4 | 9,2 | 7,1Note * | 6,5 | 7,7 | 9,9Note * Tableau 2 Note ‡ | 9,3 | 10,4 |
| Intermédiaire-inférieur (déciles 3 et 4) | 7,1Note * | 6,7 | 7,5 | 6,1Note * | 5,6 | 6,7 | 7,9Note * Tableau 2 Note ‡ | 7,4 | 8,4 |
| Intermédiaire (déciles 5 et 6) | 6,5Note * | 6,0 | 6,9 | 5,0Note * | 4,5 | 5,6 | 7,8Tableau 2 Note ‡ | 7,2 | 8,5 |
| Intermédiaire-supérieur (déciles 7 et 8) | 6,2Note * | 5,7 | 6,6 | 4,8Note * | 4,3 | 5,4 | 7,5Tableau 2 Note ‡ | 6,9 | 8,3 |
| Supérieur (déciles 9 et 10)† | 5,3 | 4,8 | 5,8 | 3,8 | 3,3 | 4,4 | 6,9Tableau 2 Note ‡ | 6,2 | 7,8 |
| Statut d’immigrant | |||||||||
| Immigrant | 6,3Note * | 5,9 | 6,7 | 5,5 | 5,0 | 6,1 | 7,0Note * Tableau 2 Note ‡ | 6,4 | 7,6 |
| Personne née au CanadaTableau 2 Note † | 7,3 | 7,1 | 7,5 | 5,5 | 5,2 | 5,8 | 8,8Tableau 2 Note ‡ | 8,5 | 9,1 |
| Personne présentant une multimorbidité | |||||||||
| Oui | 9,0Note * | 8,7 | 9,3 | 7,3Note * | 6,9 | 7,7 | 10,6Note * Tableau 2 Note ‡ | 10,1 | 11,0 |
| NonTableau 2 Note † | 4,9 | 4,7 | 5,1 | 3,6 | 3,4 | 3,9 | 5,9Tableau 2 Note ‡ | 5,6 | 6,2 |
| Perception du stress dans la vie | |||||||||
| Vie stressante | 8,5Note * | 8,2 | 8,7 | 6,8Note * | 6,5 | 7,1 | 9,8Note * | 9,5 | 10,2 |
| Vie pas du tout stressanteTableau 2 Note † | 2,5 | 2,3 | 2,8 | 2,2 | 1,9 | 2,6 | 2,9Tableau 2 Note ‡ | 2,6 | 3,2 |
| Lieu de résidence | |||||||||
| Région urbaine | 7,1Note * | 6,9 | 7,4 | 5,7Note * | 5,4 | 6,0 | 8,4Tableau 2 Note ‡ | 8,0 | 8,7 |
| Région rurale | 6,3 | 6,0 | 6,7 | 4,8 | 4,4 | 5,2 | 7,9Tableau 2 Note ‡ | 7,4 | 8,5 |
| Moment de la tenue de l’enquête | |||||||||
| Avant la pandémie de COVID-19Tableau 2 Note † |
6,5 | 6,2 | 6,7 | 5,1 | 4,8 | 5,4 | 7,7Tableau 2 Note ‡ | 7,3 | 8,0 |
| Pendant la pandémie de COVID-19 |
7,6Note * | 7,3 | 7,9 | 6,0Note * | 5,6 | 6,4 | 9,0Note * Tableau 2 Note ‡ | 8,6 | 9,4 |
E à utiliser avec prudence
Source : Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, 2015 à 2023. |
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Chez les Chinois, la prévalence des troubles de l’humeur était plus faible que celle observée chez les personnes non autochtones et non racisées, tant chez les hommes que chez les femmes. En revanche, les Noirs et les autres personnes racisées affichaient une prévalence plus faible chez les femmes, comparativement aux personnes non racisées et non autochtones, ce qui n’était pas le cas pour les hommes.
La prévalence des troubles de l’humeur était plus élevée chez les personnes vivant seules que chez celles vivant avec leur famille ou d’autres personnes, tant chez les hommes que chez les femmes. La population canadienne âgée dont le ménage avait un revenu plus faible présentait une prévalence plus élevée des troubles de l’humeur que celles situées dans le quintile de revenu supérieur. Dans l’ensemble, les immigrants étaient moins susceptibles que les personnes nées au Canada d’avoir des troubles de l’humeur, bien que cette différence ne soit notable que chez les femmes. Les prévalences pour les autres covariables sont présentées au tableau 2.
Facteurs associés aux troubles de l’humeur
Les femmes étaient 1,4 fois plus susceptibles que les hommes de faire état de troubles de l’humeur, même en tenant compte des facteurs démographiques, socioéconomiques et géographiques ainsi que des facteurs liés à la santé. Les Autochtones étaient également 1,4 fois plus susceptibles d’indiquer avoir des troubles de l’humeur que les personnes non autochtones et non racisées (1,6 fois chez les hommes et 1,2 fois chez les femmes) (tableau 3).
| Caractéristiques | Les deux sexes | Sexe à la naissance | |||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Hommes | Femmes | ||||||||
| RCc | Intervalle de confiance à 95 % | RCc | Intervalle de confiance à 95 % | RCc | Intervalle de confiance à 95 % | ||||
| de | à | de | à | de | à | ||||
| Groupe de population | |||||||||
| Autochtone | 1,4Note * | 1,2 | 1,6 | 1,6Note * | 1,3 | 2,1 | 1,2Note * | 1,0 | 1,5 |
| Sud-Asiatique | 0,7 | 0,5 | 1,1 | 0,6Note * | 0,4 | 1,0 | 0,8 | 0,5 | 1,4 |
| Chinois | 0,5Note * | 0,4 | 0,7 | 0,3Note * | 0,2 | 0,5 | 0,7 | 0,5 | 1,0 |
| Noir | 0,6Note * | 0,4 | 0,9 | 0,6 | 0,3 | 1,4 | 0,5Note * | 0,3 | 0,9 |
| Autres personnes racisées | 0,8Note * | 0,6 | 1,0 | 0,9 | 0,7 | 1,3 | 0,7Note * | 0,5 | 0,9 |
| Personnes non autochtones et non raciséesTableau 3 Note † | 1,0 | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | 1,0 | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | 1,0 | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer |
| Sexe à la naissance | |||||||||
| Femme | 1,4Note * | 1,3 | 1,5 | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | |
| HommeTableau 3 Note † | 1,0 | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | |
| Groupe d’âge | |||||||||
| 65 à 74 ansTableau 3 Note † | 1,0 | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | 1,0 | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | 1,0 | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer |
| 75 à 84 ans | 0,6Note * | 0,6 | 0,7 | 0,7Note * | 0,6 | 0,7 | 0,6Note * | 0,6 | 0,7 |
| 85 ans et plus | 0,6Note * | 0,5 | 0,6 | 0,7Note * | 0,6 | 0,9 | 0,5Note * | 0,4 | 0,6 |
| Situation dans le ménage | |||||||||
| Personne vivant seule | 1,2Note * | 1,1 | 1,3 | 1,3Note * | 1,2 | 1,5 | 1,2Note * | 1,1 | 1,2 |
| Personne vivant avec des membres de la famille ou d’autres personnesTableau 3 Note † | 1,0 | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | 1,0 | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | 1,0 | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer |
| Niveau de scolarité | |||||||||
| Sans études postsecondaires | 0,9Note * | 0,9 | 1,0 | 0,9Note * | 0,8 | 1,0 | 0,9 | 0,9 | 1,0 |
| Études postsecondairesTableau 3 Note † | 1,0 | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | 1,0 | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | 1,0 | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer |
| Revenu du ménage | |||||||||
| Inférieur (déciles 1 et 2) | 1,7Note * | 1,5 | 1,9 | 2,0Note * | 1,6 | 2,4 | 1,6Note * | 1,4 | 1,8 |
| Intermédiaire-inférieur (déciles 3 et 4) | 1,4Note * | 1,3 | 1,6 | 1,7Note * | 1,4 | 2,0 | 1,2Note * | 1,1 | 1,4 |
| Intermédiaire (déciles 5 et 6) | 1,3Note * | 1,1 | 1,4 | 1,4Note * | 1,2 | 1,7 | 1,2 | 1,0 | 1,4 |
| Intermédiaire-supérieur (déciles 7 et 8) | 1,2Note * | 1,0 | 1,3 | 1,3Note * | 1,1 | 1,6 | 1,1 | 0,9 | 1,3 |
| Supérieur (déciles 9 et 10)Tableau 3 Note † | 1,0 | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | 1,0 | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | 1,0 | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer |
| Statut d’immigrant | |||||||||
| Immigrant | 1,0 | 0,9 | 1,1 | 1,2Note * | 1,1 | 1,4 | 0,9Note * | 0,8 | 1,0 |
| Personne née au CanadaTableau 3 Note † | 1,0 | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | 1,0 | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | 1,0 | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer |
| Personne présentant une multimorbidité | |||||||||
| Oui | 1,9Note * | 1,8 | 2,0 | 1,9Note * | 1,7 | 2,2 | 1,9Note * | 1,8 | 2,1 |
| NonTableau 3 Note † | 1,0 | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | 1,0 | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | 1,0 | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer |
| Perception du stress dans la vie | |||||||||
| Vie stressante | 3,1Note * | 2,8 | 3,5 | 3,0Note * | 2,5 | 3,5 | 3,3Note * | 2,9 | 3,7 |
| Vie pas du tout stressanteTableau 3 Note † | 1,0 | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | 1,0 | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | 1,0 | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer |
| Lieu de résidence | |||||||||
| Région urbaine | 1,1Note * | 1,0 | 1,2 | 1,2Note * | 1,1 | 1,3 | 1,1Note * | 1,0 | 1,2 |
| Région rurale | 1,0 | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | 1,0 | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | 1,0 | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer |
| Moment de la tenue de l’enquête | |||||||||
| Avant la pandémie de COVID-19Tableau 3 Note † | 1,0 | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | 1,0 | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | 1,0 | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer |
| Pendant la pandémie de COVID-19 | 1,1Note * | 1,0 | 1,2 | 1,1 | 1,0 | 1,2 | 1,1Note * | 1,0 | 1,2 |
... n'ayant pas lieu de figurer
Source : Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, 2015 à 2023. |
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Au sein du groupe de population sud-asiatique, aucune différence globale n’a été observée, mais les hommes étaient considérablement moins susceptibles de faire état de troubles de l’humeur (0,6 fois) que leurs pairs non autochtones et non racisés. Chez les Chinois, les hommes affichaient aussi une probabilité plus faible et ce constat s’appliquait à eux seuls.
En revanche, les femmes noires et celles appartenant à d’autres groupes racisés étaient dans l’ensemble moins susceptibles d’avoir des troubles de l’humeur (0,6 et 0,8 fois, respectivement) que les femmes non autochtones et non racisées, même après la prise en compte de tous les autres facteurs. Cette différence persistait uniquement chez les femmes.
Les personnes d’âge avancé étaient moins susceptibles de faire état de troubles de l’humeur que celles de 65 à 74 ans, tant chez les hommes que chez les femmes. Les personnes vivant seules étaient plus susceptibles de faire état de troubles de l’humeur (1,2 fois) que celles vivant avec des membres de leur famille ou d’autres personnes, une tendance notable tant chez les hommes (1,3 fois) que chez les femmes (1,2 fois).
Dans l’ensemble, la population canadienne âgée n’ayant pas fait d’études postsecondaires était moins susceptible de déclarer un diagnostic de trouble de l’humeur; ce résultat n’était notable que chez les hommes. Un faible revenu du ménage était associé à une probabilité plus élevée de présenter des troubles de l’humeur. Par exemple, les personnes vivant dans les ménages ayant le plus faible revenu étaient 1,7 fois plus susceptibles de faire état de troubles de l’humeur que celles vivant dans les ménages ayant le revenu le plus élevé (2,0 fois chez les hommes et 1,6 fois chez les femmes).
Chez les hommes, les immigrants étaient plus susceptibles que ceux nés au Canada (1,2 fois) de faire état de troubles de l’humeur, tandis que les immigrantes étaient moins susceptibles de déclarer en avoir que les femmes nées au Canada. Tant chez les hommes que chez les femmes, la population canadienne âgée présentant une multimorbidité était 1,9 fois plus susceptible d’avoir des troubles de l’humeur que celles sans multimorbidité. De manière similaire, les personnes qui évaluaient leur vie comme étant stressante étaient 3,1 fois plus susceptibles de souffrir de troubles de l’humeur que celles déclarant que leur vie n’était pas du tout stressante (3,0 fois chez les hommes et 3,3 fois chez les femmes).
La population canadienne âgée vivant dans des régions urbaines était plus susceptible de faire état de troubles de l’humeur que celle vivant dans des régions rurales. Enfin, les personnes qui ont participé à l’enquête pendant la pandémie étaient plus susceptibles d’être atteintes de troubles de l’humeur que celles y ayant répondu avant la pandémie, bien que cette différence ne soit importante que chez les femmes.
Discussion
Selon les données des cycles combinés de l’ESCC de 2015 à 2023, en moyenne, environ 7,0 % des Canadiennes et Canadiens âgés ont déclaré avoir reçu un diagnostic de trouble de l’humeur. Les femmes étaient beaucoup plus susceptibles que les hommes de faire état d’un tel diagnostic, même après la prise en compte de facteurs démographiques, socioéconomiques et géographiques ainsi que de facteurs liés à la santé. La différence entre les sexes à ce chapitre est l’un des constats vers lequel tendent invariablement les ouvrages de santé mentaleNote 4, Note 23, Note 31, Note 32, Note 33. Selon cette littérature, des facteurs individuels et sociétaux contribuent à la prévalence plus élevée des troubles de l’humeur chez les femmes. Sur le plan sociétal, des facteurs comme les inégalités de genre et la discrimination peuvent aussi contribuer aux taux plus élevés observés chez les femmesNote 32, Note 34. Dans le cadre de recherches futures, on pourrait examiner si ces facteurs s’appliquent de la même manière à tous les groupes d’âge chez les femmes.
Conformément à des études antérieuresNote 35, Note 36, la présente analyse montre que les Autochtones étaient plus susceptibles d’éprouver des troubles de l’humeur que les personnes non autochtones et non racisées, tant chez les hommes que chez les femmes. Une étude reposant sur une méthodologie comparable a également révélé que les hommes autochtones étaient plus susceptibles de faire état d’un diagnostic de troubles anxieux que les hommes non autochtones et non racisésNote 18. Il est important de noter qu’en excluant de l’échantillon analytique les territoires et les populations vivant dans les réserves, on obtient des résultats qui ne sont pas représentatifs de l’ensemble de la population autochtone. Chez les Autochtones, les piètres résultats en matière de santé mentale peuvent découler de facteurs tels que les traumatismes historiques et intergénérationnels, les disparités socioéconomiques, les obstacles géographiques à l’accès aux soins de santé et les iniquités persistantes en matière d’accès aux services de soins de santéNote 37, Note 38.
Au sein des groupes de population racisés, les hommes sud-asiatiques et chinois, ainsi que les femmes noires et celles appartenant à d’autres groupes racisés, étaient moins susceptibles de faire état d’un diagnostic de trouble de l’humeur que les personnes non autochtones et non racisées. Ce résultat concorde en partie avec le paradoxe de la santé mentale entre les Noirs et les Blancs, selon lequel les adultes noirs affichent des taux de troubles mentaux inférieurs ou comparables à ceux qu’enregistrent les adultes blancs, malgré une exposition plus grande à l’adversité, à la discrimination et aux désavantages socioéconomiques39. Ce paradoxe remet en question l’hypothèse selon laquelle une plus grande adversité entraîne nécessairement une prévalence plus élevée de troubles mentaux. Bien que ce paradoxe ait surtout fait l’objet d’études aux États-Unis, les résultats qui en découlent demeurent mitigésNote 39, Note 40. Une étude antérieure fondée sur les données de l’ESCC a également révélé que les femmes noires étaient moins susceptibles de déclarer avoir une santé mentale passable ou mauvaise que les femmes blanches, contrairement à ce que l’on a observé chez les hommes noirs par rapport aux hommes blancsNote 41. D’autres études canadiennes ont observé une prévalence plus faible des troubles de l’humeur diagnostiqués chez les personnes sud-asiatiques, chinoises et noires que chez les personnes non raciséesNote 2, Note 42.
En ce qui a trait à la situation dans le ménage, les résultats indiquent que les personnes vivant seules étaient plus susceptibles de déclarer éprouver des troubles de l’humeur que celles vivant avec des membres de leur famille ou d’autres personnes. Cette constatation est conforme aux résultats d’études antérieures montrant un risque accru des troubles de l’humeur chez les personnes plus âgées vivant seulesNote 43, Note 44.
L’absence de relations intergénérationnelles et de soutien familialNote 45, Note 46 pourrait en partie expliquer ce risque plus élevé. À ce sujet, Li et ses collaborateursNote 44 ont montré que les relations intergénérationnelles et le soutien familial étaient négativement associés à la dépression chez les personnes âgées.
Conformément à ce qui a été relevé dans des recherches antérieures, un faible revenu du ménage était associé à une probabilité plus élevée de présenter des troubles de l’humeurNote 47, Note 48. Cette tendance peut s’expliquer à la lumière de l’hypothèse de la causalité sociale, selon laquelle le stress, un moindre soutien social et une diminution de la capacité de faire face à l’adversité contribuent à l’apparition de troubles mentauxNote 18, Note 47, Note 48.
Dans la présente étude, les hommes immigrants étaient légèrement plus susceptibles de déclarer un diagnostic de trouble de l’humeur, tandis que les immigrantes l’étaient légèrement moins comparativement aux femmes nées au Canada. Ces probabilités plus faibles pourraient en partie s’expliquer par la présence d’un réseau social fort, l’appartenance religieuse, le soutien communautaire, la résilience et des mécanismes d’adaptation, ainsi que « l’effet de l’immigrant en bonne santé »Note 39, Note 40, Note 41, Note 42. À l’inverse, la probabilité la plus élevée de présenter des troubles de l’humeur chez les hommes immigrants pourrait s’expliquer par les effets cumulés de leurs trajectoires de vie, y compris le stress associé au fait d’élire domicile dans un nouveau pays, les perturbations dans le réseau social, une moindre satisfaction à l’égard de la vie et la discrimination perçue dans la société d’accueilNote 49.
Des taux plus faibles chez les immigrants pourraient refléter un sous-diagnostic plutôt que de véritables différences entre les groupes quant à la prévalence de déclaration d’un diagnostic de trouble de l’humeur. Ces écarts pourraient indiquer un accès limité à des soins adaptés sur le plan culturel, la stigmatisation et l’utilisation d’outils diagnostiques qui ne tiennent pas toujours compte du fait que l’expression de la détresse varie selon les réalités culturelles, ainsi que des problèmes d’ordre méthodologique comme le biais de sélectionNote 8, Note 40. La stigmatisation peut aussi varier selon le lieu de naissance, ce qui influe sur la recherche d’aide et la reconnaissance des symptômes chez les immigrants par rapport aux personnes racisées nées au CanadaNote 42. Par conséquent, des recherches futures pourraient porter sur la façon dont les facteurs structurels et culturels, ainsi que le sexe et le lieu de naissance, ont une incidence sur la détection et la déclaration des troubles de l’humeur au sein des diverses populations racisées et immigrantes du Canada.
Sur le plan des facteurs physiques et psychosociaux, l’étude a mis en évidence des données probantes solides selon lesquelles la multimorbidité et le stress étaient tous deux associés à une probabilité plus élevée de présenter des troubles de l’humeur au sein de la population canadienne âgée, tant chez les hommes que chez les femmes. Bien que le lien entre la multimorbidité et les troubles de l’humeur puisse être bidirectionnelNote 50, des études antérieures ont systématiquement montré que le risque de présenter des troubles mentaux courants était accru chez les personnes présentant une multimorbiditéNote 51, Note 52. De manière similaire, le stress quotidien a été constamment associé à un risque accru de présenter des troubles mentauxNote 53, Note 54.
Points forts et limites
Les principaux points forts de la présente étude comprennent l’analyse distincte en fonction du sexe, rendue possible grâce à la grande taille de l’échantillon, ainsi que l’examen d’un large éventail de covariables. Toutefois, l’échantillon n’était pas suffisamment important pour permettre des analyses plus détaillées selon les groupes de population (p. ex. Premières Nations, Métis et Inuit) ni pour explorer la durée de résidence au Canada ou le pays d’origine des immigrants, ou encore pour étudier l’intersectionnalité et la diversité au sein des groupes.
En 2022, on a mis en œuvre un changement dans le mode de collecte de l’ESCC, passant des ITAO et IPAO à un format de QE avec un suivi des cas de non-réponse au moyen d’ITAO et d’IPAO. Par conséquent, les estimations reposant sur les données de l’ESCC recueillies avant 2022 peuvent différer de celles fondées sur les données dont la collecte a eu lieu en 2022 et en 2023. Pour évaluer cet effet, une analyse distincte fondée sur les données combinées de l’ESCC de 2015 à 2021 a été effectuée. Les estimations obtenues étaient comparables à celles fondées sur les données de 2015 à 2023 (données non présentées).
La variable « province » n’a pas été incluse comme covariable dans l’analyse multivariée. Cependant, une analyse supplémentaire incluant la province a produit des estimations de rapports de cotes très comparables (données non présentées). Afin d’examiner davantage la robustesse des résultats, un modèle de régression logistique à niveaux multiples, plaçant les participants à l’enquête au niveau 1 et les provinces, au niveau 2, a été calibré. Les résultats ont montré de très faibles corrélations intraclasse, 0,009 pour les deux sexes, 0,008 pour les hommes et 0,011 pour les femmes, ainsi que des estimations identiques des effets fixes des rapports de cotes au niveau 1. Dans un souci de parcimonie, le modèle final de régression logistique sans la province comme covariable a donc été conservé.
En raison des limites de l’enquête, il n’a pas été possible d’examiner le lien entre le genre (plutôt que le sexe à la naissance) et les troubles de l’humeur ni de distinguer les types de troubles de l’humeur (p. ex. troubles bipolaires, dépression majeure, manie). L’orientation sexuelle a été exclue en raison d’incohérences dans la catégorisation utilisée d’un cycle de l’ESCC à l’autre. Les renseignements sur l’état matrimonial n’étaient pas disponibles dans les cycles 2022 et 2023 de l’ESCC. Le faible nombre de cas a également empêché d’explorer les effets de l’interaction entre le statut d’immigrant et le statut racisé, ainsi qu’entre le statut racisé et d’autres covariables sélectionnées comme les variables démographiques, socioéconomiques et géographiques. L’étude couvre une période d’environ 10 ans (2015 à 2023), durant laquelle plusieurs éléments ont pu évoluer, notamment les perceptions de la santé mentale, les pays d’origine des immigrants et les effets de la pandémie. Certains changements dans la composition de l’échantillon analytique ont été observés au cours de la période à l’étude, mais on ignore si ceux-ci ont pu avoir une incidence sur les liens observés avec le fait de déclarer un diagnostic de trouble de l’humeur. Pour cette raison, le moment de la tenue de l’enquête a été inclus comme covariable de contrôle dans l’analyse.
La variable dépendante a été mesurée à partir d’une seule question permettant de déterminer si les répondants avaient reçu un diagnostic de trouble de l’humeur posé par un professionnel de la santé. Les répondants ayant des troubles de l’humeur non diagnostiqués ou choisissant de ne pas divulguer de diagnostic ont pu être omis de l’étude. D’autres recherches reposant sur des instruments d’enquête validés pour le dépistage ou le diagnostic des troubles de l’humeur sont nécessaires pour confirmer les résultats de la présente étudeNote 55. Enfin, comme l’ESCC est une enquête transversale, aucune causalité ne peut en être déduite.
Conclusion
Cette étude a montré que les diagnostics de trouble de l’humeur sont fréquents au sein de la population canadienne âgée et qu’ils sont associés à plusieurs facteurs démographiques et socioéconomiques ainsi qu’à des facteurs liés à la santé. Les Autochtones étaient notamment plus susceptibles de faire état d’un trouble de l’humeur que les personnes non autochtones et non racisées, tandis que les hommes sud-asiatiques et chinois, ainsi que les femmes appartenant à d’autres groupes racisés, étaient moins susceptibles de déclarer un tel trouble. Le fait de vivre seul, d’être un homme immigrant, de fait partie d’un ménage plus faible revenu, de présenter une multimorbidité et de percevoir un stress quotidien étaient tous des facteurs associés à un risque plus élevé de faire état de troubles de l’humeur chez la population canadienne âgée. Ces résultats soulignent la nécessité de tenir compte des groupes de population racisés en les analysant selon le sexe et de prendre en considération d’autres covariables pertinentes lors de l’élaboration de programmes et d’interventions visant les troubles de l’humeur au sein de cette population. De futures recherches pourraient porter sur l’utilisation des services de soins de santé mentale et les besoins insatisfaits en la matière chez les Canadiennes et les Canadiens âgés présentant des troubles de l’humeur.
| Caractéristiques | Les deux sexes | Hommes | Femmes | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| % | Intervalle de confiance à 95 % | % | Intervalle de confiance à 95 % | % | Intervalle de confiance à 95 % | ||||
| de | à | de | à | de | à | ||||
| Groupe de population | |||||||||
| Autochtone | 2,0 | 1,9 | 2,0 | 2,0 | 1,9 | 2,1 | 1,9 | 1,8 | 2,0 |
| Sud-Asiatique | 2,8 | 2,6 | 3,0 | 3,2 | 2,9 | 3,5 | 2,4Note * | 2,2 | 2,6 |
| Chinois | 2,9 | 2,7 | 3,1 | 3,3 | 3,0 | 3,6 | 2,6Note * | 2,4 | 2,9 |
| Noir | 1,5 | 1,4 | 1,7 | 1,5 | 1,3 | 1,7 | 1,6 | 1,4 | 1,8 |
| Autres personnes racisées | 4,3 | 4,1 | 4,6 | 4,3 | 4,0 | 4,7 | 4,3 | 4,0 | 4,6 |
| Personnes non autochtones et non racisées | 86,5 | 86,0 | 86,9 | 85,7 | 85,1 | 86,3 | 87,1Note * | 86,6 | 87,6 |
| Groupe d’âge | |||||||||
| 65 à 74 ans | 60,1 | 59,8 | 60,3 | 61,9 | 61,5 | 62,3 | 58,5Note * | 58,1 | 58,9 |
| 75 à 84 ans | 30,5 | 30,2 | 30,8 | 29,9 | 29,5 | 30,3 | 31,0Note * | 30,6 | 31,4 |
| 85 ans et plus | 9,4 | 9,2 | 9,7 | 8,2 | 7,9 | 8,5 | 10,5Note * | 10,2 | 10,8 |
| Situation dans le ménage | |||||||||
| Personne vivant seule | 30,6 | 29,7 | 31,6 | 22,5 | 21,7 | 23,4 | 37,6Note * | 36,6 | 38,7 |
| Personne vivant avec des membres de la famille ou d’autres personnes | 69,4 | 68,4 | 70,3 | 77,5 | 76,6 | 78,3 | 62,4Note * | 61,3 | 63,4 |
| Niveau de scolarité | |||||||||
| Sans études postsecondaires | 46,6 | 46,2 | 47,1 | 42,0 | 41,4 | 42,6 | 50,7Note * | 50,1 | 51,3 |
| Études postsecondaires | 53,4 | 52,9 | 53,8 | 58,0 | 57,4 | 58,6 | 49,3Note * | 48,7 | 49,9 |
| Revenu du ménage | |||||||||
| Inférieur (déciles 1 et 2) | 24,8 | 24,4 | 25,1 | 20,7 | 20,2 | 21,2 | 28,3Note * | 27,8 | 28,8 |
| Intermédiaire-inférieur (déciles 3 et 4) | 25,7 | 25,3 | 26,0 | 25,0 | 24,5 | 25,6 | 26,2Note * | 25,7 | 26,7 |
| Intermédiaire (déciles 5 et 6) | 19,9 | 19,6 | 20,2 | 20,9 | 20,4 | 21,3 | 19,0Note * | 18,6 | 19,5 |
| Intermédiaire-supérieur (déciles 7 et 8) | 15,7 | 15,4 | 16,0 | 17,3 | 16,9 | 17,8 | 14,3Note * | 14,0 | 14,7 |
| Supérieur (déciles 9 et 10) | 14,0 | 13,7 | 14,3 | 16,1 | 15,6 | 16,5 | 12,2Note * | 11,8 | 12,5 |
| Statut d’immigrant | |||||||||
| Immigrant | 27,1 | 26,6 | 27,5 | 28,0 | 27,4 | 28,6 | 26,3Note * | 25,8 | 26,8 |
| Personne née au Canada | 72,9 | 72,5 | 73,4 | 72,0 | 71,4 | 72,6 | 73,7Note * | 73,2 | 74,2 |
| Personne présentant une multimorbidité | |||||||||
| Oui | 50,6 | 50,3 | 51,0 | 51,0 | 50,4 | 51,6 | 50,3 | 49,8 | 50,8 |
| Non | 49,4 | 49,0 | 49,7 | 49,0 | 48,4 | 49,6 | 49,7 | 49,2 | 50,2 |
| Perception du stress dans la vie | |||||||||
| Vie stressante | 74,4 | 74,1 | 74,8 | 70,7 | 70,1 | 71,2 | 77,7Note * | 77,2 | 78,1 |
| Vie pas du tout stressante | 25,6 | 25,2 | 25,9 | 29,3 | 28,8 | 29,9 | 22,3Note * | 21,9 | 22,8 |
| Lieu de résidence | |||||||||
| Région urbaine | 79,5 | 79,1 | 79,9 | 77,7 | 77,2 | 78,2 | 81,0Note * | 80,6 | 81,5 |
| Région rurale | 20,5 | 20,1 | 20,9 | 22,3 | 21,8 | 22,8 | 19,0Note * | 18,5 | 19,4 |
| Moment de la tenue de l’enquête | |||||||||
| Avant la pandémie de COVID-19 | 53,9 | 53,7 | 54,0 | 53,6 | 53,4 | 53,8 | 54,2Note * | 54,0 | 54,4 |
| Pendant la pandémie de COVID-19 |
46,1 | 46,0 | 46,3 | 46,4 | 46,2 | 46,6 | 45,8Note * | 45,6 | 46,0 |
Source : Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, 2015 à 2023. |
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