Résumé
Contexte
Il a été démontré que les soins palliatifs (SP) améliorent les résultats des personnes en fin de vie. Malgré cet état de fait, de nombreux Canadiens ne reçoivent pas de SP avant leur décès. La présente étude permet d’examiner la réception de SP en milieu hospitalier et son association avec le lieu de décès, ainsi qu’avec l’admission dans les unités de soins intensifs et l’utilisation des lits pour les patients nécessitant un autre niveau de soins à l’hôpital au cours des 30 derniers jours de vie.
Données et méthodes
L’échantillon de l’étude est une cohorte rétrospective de Canadiens adultes (âgés de 19 ans et plus) qui sont décédés entre le 1er avril 2010 et le 31 décembre 2014. Les décès ont été confirmés au moyen de la Base canadienne de données sur l’état civil, et les données ont été couplées aux dossiers d’hospitalisation de la Base de données sur les congés des patients pour relever la réception de soins palliatifs en milieu hospitalier.
Résultats
Plus de la moitié (57,7 %) des adultes canadiens sont décédés à l’hôpital; seulement 12,6 % d’entre eux avaient reçu des soins palliatifs (SP) en milieu hospitalier au cours de l’année précédant leur décès et 1,7 % d’entre eux avaient eu une désignation préterminale de SP (c.-à-d. des SP amorcés avant les 30 derniers jours de vie). Dans les analyses corrigées, la réception de SP en milieu hospitalier était associée à une plus grande probabilité de décès à l’hôpital, mais à une plus faible probabilité d’admission à l’unité de soins intensifs (USI). Les SP en phase préterminale étaient associés à une plus faible probabilité de décès à l’hôpital, d’admission à l’USI et d’utilisation d’un lit pour les patients nécessitant un autre niveau de soins.
Interprétation
Cette étude apporte un nouvel éclairage sur l’association entre les soins palliatifs (SP) en milieu hospitalier et les résultats en fin de vie chez les Canadiens. Les études futures pourraient examiner plus en détail ces observations pour permettre de mieux comprendre le rôle des SP en milieu hospitalier dans l’expérience de fin de vie chez différentes populations au Canada.
Mots-clés
couplage d’enregistrements, données administratives, fin de vie, résultats en matière de santé, soins palliatifs
DOI : https://www.doi.org/10.25318/82-003-x202001000001-fra
Résultats
Le Canada continue d’avoir un système de soins de santé centré sur l’hôpital pour les personnes qui sont en fin de vie, malgré la préférence de la plupart des gens de finir leurs jours dans leur collectivité ou dans un autre cadre familial. En 2015, 58 % des personnes décédées au Canada avaient été hospitalisées plus d’une fois au cours de la dernière année de leur vie et 61 % des Canadiens sont décédés à l’hôpital. Dans un système centré sur l’hôpital, les coûts des soins de santé associés au décès sont élevés. Malgré l’importance des soins hospitaliers en fin de vie, on en sait peu sur les caractéristiques des personnes qui sont admises à l’hôpital pendant cette période et sur les types de soins qui sont prodigués aux patients hospitalisés. Les hospitalisations au cours de la dernière année de vie peuvent donner l’occasion de commencer à prodiguer des soins palliatifs (SP) ou de poursuivre un plan de traitement en SP établi avant l’hospitalisation. [Article complet]
Auteurs
Amy T. Hsu (ahsu@ohri.ca) travaille à l’Institut de recherche Bruyère, au Département de médecine familiale de l’Université d’Ottawa et au Programme d’épidémiologie clinique de l’Institut de recherche de l’Hôpital d’Ottawa. Rochelle E. Garner (rochelle.garner@canada.ca) travaille à la Division de l’analyse de la santé de Statistique Canada, à Ottawa, en Ontario.
Début de l'encadré
Ce que l'on sait déjà sur le sujet?
- Si les causes du décès de la plupart des Canadiens ont des trajectoires prévisibles, bon nombre d’entre eux ne reçoivent pas de soins palliatifs ou un soutien adéquat avant le décès.
- La réception de soins palliatifs est associée à des résultats bénéfiques en fin de vie, y compris des coûts moins élevés de soins de santé, la diminution du recours aux soins de courte durée et une meilleure satisfaction des patients à l’égard des soins.
- Les hospitalisations sont courantes chez les personnes qui approchent la fin de leur vie et pourraient servir de point d’inflexion des soins et donner l’occasion de commencer à prodiguer des soins palliatifs aux Canadiens au cours de leur dernière année de vie.
Ce qu'apporte l'étude?
- Le lieu de décès des personnes décédées (c.-à-d. en milieu hospitalier ou ailleurs qu’en milieu hospitalier) et la réception de soins palliatifs en milieu hospitalier variaient grandement d’une province à l’autre.
- Peu de Canadiens reçoivent des soins palliatifs en milieu hospitalier avant leur hospitalisation en phase terminale (c.-à-d. l’épisode de soins en milieu hospitalier pendant lequel le patient est décédé).
- Dans les analyses corrigées, la réception de soins palliatifs en milieu hospitalier était associée à une plus grande probabilité de décès à l’hôpital, mais à une plus faible probabilité d’admission aux soins intensifs. Cependant, la réception de soins palliatifs en phase préterminale (c.-à-d. la réception de soins en milieu hospitalier avant les 30 derniers jours de vie) était associée à une plus faible probabilité de décès à l’hôpital, d’admission aux soins intensifs et d’utilisation d’un lit pour les patients nécessitant un autre niveau de soins.
Fin de l'encadré
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