Résumé

Contexte

La surveillance de l’activité physique chez les adultes canadiens repose généralement sur des données provenant de questionnaires, qui présentent de nombreuses limites. Depuis 2007, l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS) permet de recueillir des données objectives sur l’activité physique mesurée par accéléromètre auprès d’un échantillon d’adultes canadiens représentatif à l’échelle nationale.

Méthodes

L’étude est fondée sur les données des cycles de l’ECMS, soit le cycle 1 (de 2007 à 2009), le cycle 2 (de 2009 à 2011), le cycle 3 (de 2012 à 2013), le cycle 4 (de 2014 à 2015) et le cycle 5 (de 2016 à 2017). L’échantillon à l’étude comprenait des adultes de 18 à 79 ans (cycle 1 : n = 2 952, cycle 2 : n = 2 959, cycle 3 : n = 2 517, cycle 4 : n = 2 390, cycle 5 : n = 2 355). Le nombre quotidien moyen de minutes d’activité physique modérée (APM), d’activité physique vigoureuse (APV) et d’activité physique modérée à vigoureuse (APMVTOT) a été calculé d’après des données accélérométriques mesurées à la minute pendant 7 jours consécutifs. On a également calculé l’APMV pratiquée par tranches d’au moins 10 minutes (APMVSÉANCES), et on a évalué la mesure dans laquelle les Directives canadiennes en matière d’activité physique ont été respectées.

Résultats

Aucune tendance linéaire significative n’a été observée quant à l’APMV mesurée par accéléromètre de 2007 à 2017. Selon les données du cycle de l’ECMS le plus récent (de 2016 à 2017), les adultes canadiens ont pratiqué en moyenne 26 minutes d’APMVTOT par jour, dont moins de la moitié (12 minutes par jour, en moyenne) à raison d’au moins 10 minutes par séance. La durée quotidienne moyenne de l’APV était inférieure à 5 minutes. Environ 3 % des adultes canadiens n’ont pratiqué aucune APMV, alors qu’environ 36 % n’ont pas pratiqué d’APMV dans le cadre de séances d’au moins 10 minutes; 16 % des adultes canadiens ont respecté la recommandation des directives canadiennes actuelles en matière d’activité physique selon laquelle il faut faire 150 minutes d’APMV par semaine par tranches d’au moins 10 minutes.

Interprétation

Les résultats de la présente étude pourraient être importants pour les administrations publiques et d’autres organisations qui élaborent des initiatives visant à accroître les niveaux d’activité physique des adultes canadiens.

Mots-clés

activité physique, accélérométrie, directives, surveillance

DOI : https://www.doi.org/10.25318/82-003-x201900800001-fra

Résultats

L’inactivité physique est associée à un risque accru de développer plusieurs maladies chroniques et à un risque accru de mortalité prématurée. On estime que l’inactivité physique est à l’origine de 3,7 % du total des coûts directs et indirects liés aux soins de santé au Canada (6,8 milliards de dollars par an). Les Directives canadiennes en matière d’activité physique qui sont en vigueur recommandent aux adultes de faire au moins 150 minutes d’activité physique modérée à vigoureuse (APMV) par semaine à raison d’au moins 10 minutes par séance, en plus d’exercer des activités de renforcement des muscles et des os au moins deux fois par semaine. Avant qu’on commence à utiliser des accéléromètres dans le cadre de l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS) en 2007, on évaluait la prévalence et les tendances de l’activité physique au Canada à l’aide de données autodéclarées et de données mesurées par podomètre. [Article complet]

Auteurs

Janine Clarke (janine.clarke@canada.ca) travaille au Centre de données sur la santé de la population et Rachel Colley, à la Division de l’analyse de la santé de Statistique Canada à Ottawa, en Ontario. Ian Janssen travaille à l’École de kinésiologie et d’études sur la santé ainsi qu’au Département des sciences de la santé publique de l’Université Queen’s à Kingston, en Ontario. Mark S. Tremblay travaille au Groupe de recherche sur les saines habitudes de vie et l’obésité de l’Institut de recherche du Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario à Ottawa.

Début de l'encadré

 

Ce que l'on sait déjà sur le sujet

  • Des rapports récents fondés sur des données autodéclarées semblent indiquer que près des deux tiers des adultes canadiens respectaient les Directives canadiennes en matière d’activité physique; au contraire, des données mesurées par accéléromètre de 2007 à 2009 indiquent que moins du cinquième des adultes canadiens respectaient ces directives.
  • Si l’on se fonde sur des données autodéclarées, les évaluations des tendances des niveaux d’activité physique au fil du temps sont incohérentes; certaines ont indiqué que l’activité physique avait augmenté, alors que d’autres ont laissé entendre qu’elle est stable depuis les dernières décennies.
  • Les données issues de questionnaires d’autoévaluation sont limitées, puisqu’elles ne comportent généralement pas de renseignements sur l’activité physique pratiquée par tranches de plus courte durée (activité sporadique ou occasionnelle); des données récentes laissent entendre que l’activité physique faite à raison de séances plus courtes peut avoir des bienfaits pour la santé qui sont équivalents à l’activité physique pratiquée à raison de séances plus longues.
  • La disponibilité des données accélérométriques provenant de plusieurs cycles de l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé (de 2007 à 2017) fournit l’occasion d’évaluer les tendances récentes en matière d’activité physique ainsi que la pratique de l’activité physique sous forme de séances plus courtes et plus longues.

Ce qu'apporte l'étude

  • L’activité physique chez les adultes canadiens, telle qu’elle est mesurée par un accéléromètre, est demeurée faible et stable de 2007 à 2017.
  • Les adultes canadiens pratiquent la majorité de leur activité physique modérée à vigoureuse à une intensité modérée et par tranches de moins de 10 minutes.
  • Ces résultats pourraient être importants pour les administrations publiques et d’autres organisations qui élaborent des initiatives visant à accroître les niveaux d’activité physique des adultes canadiens.

Fin de l'encadré

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