Les adultes canadiens les plus en forme sont-ils les plus en santé?

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par Jonathon Fowles, Joel Roy, Janine Clarke et Shilpa Dogra

Le lien entre la condition physique et la maladie ainsi que l’incapacité est bien établiNote1-3. Ainsi, on se sert d’évaluations de la condition physique pour estimer les risques pour la santé à l’échelle de la population. Si de telles évaluations sont généralement moins exigeantes que celles permettant d’évaluer la condition physique liée à la performance, les résultats permettent de catégoriser les niveaux de condition physique, par exemple, comme il suit : « mauvaise », « passable », « bonne », « très bonne » ou « excellente »Note4. Les personnes se situant dans les catégories supérieures de condition physique sont généralement présumées être en meilleure santé que les autres.

Dans les études épidémiologiques qui ont trouvé une association entre la condition physique et la morbidité ainsi que la mortalitéNote5-7, on répartit habituellement les scores de condition physique en quintiles ou en quartiles, plutôt que d’avoir recours à un classement fondé sur des données normatives. Par conséquent, ces études ne permettent pas de déterminer si les personnes dont on a qualifié la condition physique d’« excellente » ou de « très bonne » sont réellement plus en santé que les personnes classées dans les catégories inférieures de condition physique.

La présente analyse porte sur les liens entre les résultats d’une évaluation normalisée de la condition physique et certains résultats pour la santé chez les Canadiens de 15 à 69 ans (voir Les données). Elle a pour but de déterminer si les personnes dans les catégories supérieures de condition physique sont vraiment plus en santé que celles se situant dans les catégories inférieures.

Santé cardiorespiratoire

La santé cardiorespiratoire est un prédicteur important et indépendant de la morbidité et de la mortalitéNote5-7. Dans la présente étude, les participants à l’enquête dont les scores au titre de la santé cardiorespiratoire les plaçaient dans les catégories les plus élevées (c.-à-d. qui avaient les meilleurs niveaux de santé cardiovasculaire) avaient généralement de meilleurs résultats pour la santé que les autres. Tous les résultats, sauf dans le cas de la fonction pulmonaire (VEMS/CVF), étaient nettement meilleurs chez les personnes dont la santé cardiorespiratoire était « excellente » que chez celles se situant dans la catégorie « amélioration nécessaire ». Il en allait de même pour la plupart des résultats pour la santé chez les personnes dont la santé cardiorespiratoire était « très bonne » (tableau 1). Après ajustement pour tenir compte de l’effet de la circonférence de la taille, la tension artérielle systolique ne demeurait pas significativement plus faible chez les participants ayant une « excellente » santé cardiorespiratoire que chez ceux appartenant à la catégorie « amélioration nécessaire » (tableau 2). Entre la catégorie « amélioration nécessaire » et les catégories « passable » ou « bonne », il y avait peu de différences dans les résultats pour la santé.

Force de préhension

La force de préhension est associée à l’autonomie fonctionnelle chez les adultes plus âgésNote16. Toutefois, selon les données de l’ECMS, les résultats pour la circonférence de la taille, le rapport cholestérol total/lipoprotéines de haute densité (TC/HDL) et la fonction pulmonaire n’étaient pas aussi bons chez les participants à l’enquête dont la force de préhension était « excellente » que chez ceux se situant dans la catégorie « amélioration nécessaire » (tableau 1). Par exemple, les participants à l’enquête dont la circonférence de la taille était suffisamment importante pour être associée à des risques accrus pour la santéNote17 avaient une force de préhension significativement plus grande (p < 0,005) (73 kg comparativement à 70 kg) que ceux ayant une plus petite taille (données non présentées).

Ces résultats reflètent peut-être l’association entre la force de préhension et la masse corporelle. Étant donné que la force est égale à la masse multipliée par l’accélération, on pourrait croire qu’une masse corporelle plus importante (telle qu’indiquée par un tour de taille plus grand) signifie une plus grande force de préhension. Lorsque la circonférence de la taille était prise en compte, les résultats à l’égard de l’hémoglobine glycosylée (HbA1c) étaient meilleurs et la prévalence de l’autoévaluation positive de l’état de santé plus grande parmi les participants à l’enquête ayant une excellente force de préhension que chez ceux chez qui une amélioration était nécessaire; en ce qui a trait à la fonction pulmonaire, toutefois, les moins bons résultats associés à une force de préhension « excellente » persistaient (tableau 2).

Les résultats des évaluations de la force de préhension doivent être interprétés avec prudence et en tenant compte de la circonférence de la taille, qui comporte une association négative avec certains résultats pour la santé.

Flexibilité du tronc

La flexibilité du tronc est associée aux douleurs lombairesNote18 et à d’autres morbidités musculosquelettiquesNote19. Lorsque le groupe d’âge et le sexe étaient pris en compte, les résultats à l’égard de la circonférence de la taille, de l’HbA1c, du rapport TC/HDL et de l’autoévaluation positive de l’état de santé étaient significativement meilleurs chez les participants à l’enquête dont les scores d’évaluation de la flexion du tronc les plaçaient dans la catégorie « excellente » comparativement à la catégorie « amélioration nécessaire » (tableau 1). Toutefois, une fois l’effet de la circonférence de la taille pris en compte, il ne subsistait aucune association significative entre la flexibilité du tronc et quelque résultat pour la santé que ce soit (tableau 2).

Ainsi, lorsque la circonférence de la taille est prise en compte, la flexibilité du tronc ne semble pas être associée avec les résultats pour la santé examinés dans la présente étude.

Endurance musculaire abdominale

À l’instar de la flexibilité du tronc, l’endurance musculaire abdominale est liée aux douleurs lombairesNote20 et aux morbidités musculosquelettiquesNote19. Les données de l’ECMS corrigées de l’âge et du sexe portent à croire qu’une endurance musculaire abdominale excellente entraîne de meilleurs résultats en ce qui a trait à la circonférence de la taille, l’HbA1c, le rapport TC/HDL et l’autoévaluation de la santé qu’une endurance musculaire devant être améliorée (tableau 1). Toutefois, lorsqu’on tenait compte également de la circonférence de la taille, seuls les résultats à l’égard de l’HbA1c et de la prévalence de l’autoévaluation positive de l’état de santé présentaient des différences significatives entre les catégories d’endurance musculaire abdominale « excellente » et « amélioration nécessaire ».

Il convient de souligner la répartition bimodale des résultats du test des redressements assis partiels. En effet, la plupart des participants à l’enquête étaient classés soit dans la catégorie « amélioration nécessaire », soit dans la catégorie « excellente »Note21,Note22. Cela s’explique peut-être par la complexité du test (technique et/ou cadence). Quoi qu’il en soit, étant donné cette répartition bimodale et le manque d’association entre cet élément de la condition physique et les résultats pour la santé, le protocole pour ce test a été supprimé de la mise à jour du SCPENote4. D’autres protocoles, comme ceux se rapportant à la planche abdominale ou à l’appui costal étendu, pourraient convenir davantage à l’évaluation de l’endurance musculaire abdominale à l’échelle de la population, ce qu’il faudra vérifier en effectuant d’autres recherches.

Scores composites pour la santé du dos et la santé musculosquelettique

Parmi les participants à l’enquête dont la santé du dos était « excellente », les scores obtenus pour tous les résultats en matière de santé à l’exception de la tension artérielle diastolique étaient meilleurs que chez les participants dont les scores quant à la santé du dos les plaçaient dans la catégorie « amélioration nécessaire ». De même, les participants dont la santé musculosquelettique était « excellente » affichaient de meilleurs résultats à l’égard de la circonférence de la taille, de l’HbA1c et de l’autoévaluation de l’état de santé que leurs homologues de la catégorie « amélioration nécessaire »; lorsque les données étaient corrigées pour tenir compte de la circonférence de la taille, le lien avec l’HbA1c et l’autoévaluation de l’état de santé subsistait.

Mot de la fin

En général, la présente analyse fait état d’une association entre les niveaux de condition physique mesurés, particulièrement la santé cardiorespiratoire, et divers résultats pour la santé. Toutefois, cela semble s’appliquer uniquement dans le cas des personnes ayant les niveaux de condition physique les plus élevés (« excellente » ou « très bonne »), pas chez celles se situant aux niveaux intermédiaires (« bonne » et « passable »), comparativement aux personnes de la catégorie « amélioration nécessaire ». L’étude porte à croire que les résultats des évaluations de la condition physique doivent être examinés dans le contexte de résultats pour la santé spécifiques; les scores de condition physique élevés peuvent comporter une association positive avec certains résultats pour la santé, mais négative avec d’autres. Il se peut que la composition corporelle soit un médiateur de ces associations négatives.

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