Série de documents de recherche sur l’éducation, l’apprentissage et la formation
Mobilité géographique des diplômés canadiens du baccalauréat, 2012 à 2021

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Introduction

La mobilité géographique des diplômés postsecondaires, c’est-à-dire les mouvements entre leur lieu de résidence avant leurs études, leur lieu d’études et leur lieu de résidence après l’obtention de leur diplôme, suscite un grand intérêt auprès des administrations publiques provinciales et territoriales. En effet, non seulement l’éducation relève de leur compétence, mais les diplômés constituent aussi une main-d’œuvre qualifiée, c’est-à-dire des travailleurs spécialisés qui peuvent contribuer à plusieurs aspects des collectivités.

Les déplacements des étudiants et des diplômés d’une province ou d’un territoire à l’autre ont une incidence sur l’investissement requis en enseignement postsecondaire et dans d’autres services publics connexes, la composition de la population étudiante, les revenus des établissements postsecondaires provenant des droits de scolarité et la disponibilité de travailleurs qualifiés dans chacune des provinces et chacun des territoires.

Il est essentiel de pouvoir mesurer la mobilité des diplômés postsecondaires et de suivre son évolution au fil du temps puisque cette dernière est parfois tributaire des politiques liées à l’éducation (l’offre de certains programmes, les ententes interprovinciales, la facilité ou non des transferts de compétences, les droits de scolarité, entre autres) et de la santé économique des provinces et des territoires (les taux d’emploi et de chômage, les salaires, entre autres), qui varient aussi dans le temps. Il est ainsi possible d’évaluer l’efficacité de certaines politiques et de certains programmes et de les ajuster au besoin.

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Méthodologie et sources de données

La Plateforme longitudinale entre l’éducation et le marché du travail (PLEMT) permet l’intégration des données anonymisées du Système d’information sur les étudiants postsecondaires (SIEP) aux données fiscales du Fichier des familles T1 (FFT1). À l’aide de cette plateforme, Statistique Canada a publié de nouveaux tableauxNote  sur la mobilité géographique des diplômés canadiens de grades de premier cycle universitaireNote  (baccalauréat), de 2012 à 2021. Les données du SIEP sont utilisées pour déterminer la province ou le territoire de résidence avant (« origine » dans les tableaux) et pendant les études (« lieu des études » dans les tableaux). Le FFT1, pour sa part, est utilisé pour déterminer le lieu de résidence un an après l’obtention du diplôme (« destination » dans les tableaux). La méthodologieNote  employée pour créer ces nouveaux tableaux comporte plusieurs avantages comparativement aux études publiées précédemmentNote . Cette façon de procéder permet non seulement d’obtenir des renseignements sur le lieu de résidence avant, pendant et après les études, mais aussi d’obtenir un échantillon de grande taille pour la plupart des provincesNote  et de suivre les tendances de la mobilité année après année. En contrepartie, à l’échelle pancanadienne, cette méthodologie se limite à l’étude des grades de premier cycleNote .

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Le présent article tire profit des nouvelles données publiées par Statistique Canada pour faire la lumière sur les questions suivantes : quelles provinces attirent le plus les étudiants postsecondaires à venir se former chez elles? Quelles proportions de diplômés du baccalauréat les provinces réussissent-elles à retenir et à intégrer sur leur marché du travail un an après l’obtention du diplôme? Quelles sont les provinces qui affichent un gain net ou une perte nette de diplômés, c’est-à-dire d’une main-d’œuvre qualifiée? Et surtout, quelles sont les tendances au fil des ans?

Plus d’un diplômé de la Nouvelle-Écosse sur trois provient d’une autre province

Quelles sont les provinces qui attirent le plus la population des autres provinces pour la poursuite d’études? Bien que les établissements postsecondaires des provinces accueillent en grande majorité les étudiants de leur propre province (entre 62 % et 95 % selon la province et selon l’année), le graphique 1 montre que la proportion de diplômés d’une province provenant d’une autre province (aussi appelés « étudiants hors province »), varie considérablement d’une province à l’autre.

Les provinces de l’Atlantique affichent les proportions les plus élevées de diplômés provenant d’une autre province. La Nouvelle-Écosse se classe au premier rang : plus d’un diplômé sur trois est étudiant hors province. Bien que l’on observe un mouvement important entre les provinces de l’Atlantique, la plus importante source d’étudiants provenant de l’extérieur de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick est l’Ontario. Le Manitoba, le Québec et l’Ontario affichent les plus faibles proportions d’étudiants hors province (entre 5 % et 7 % selon les années). La Saskatchewan, l’Alberta et la Colombie-Britannique, quant à elles, enregistrent des proportions d’étudiants hors province oscillant autour de 10 % par année. 

De façon générale, les étudiants hors province proviennent surtout des provinces voisines, et leurs proportions sont relativement stables au fil des ans, à l’exception de l’Île-du-Prince-Édouard, où la proportion augmente légèrement au cours de la période observée.

graphique 1 Proportion de diplômés canadiens du baccalauréat qui provient d'une province différente de sa 
province d'études, selon la province d'études, 2012 à 2021

Tableau de données du graphique 1
Tableau de données du graphique 1
Sommaire du tableau
Les données sont présentées selon Province d'études (titres de rangée) et 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018, 2019, 2020 et 2021, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Province d'études 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021
pourcentage
Source : Statistique Canada, Tableau 37-10-0289-01.
Terre-Neuve-et-Labrador 15 14 18 18 18 17 19 16 13 13
Île-du-Prince-Édouard 18 15 12 19 25 25 22 28 28 22
Nouvelle-Écosse 36 35 36 38 36 37 38 36 35 35
Nouveau-Brunswick 26 26 28 23 24 26 30 29 27 28
Québec 6 6 6 6 6 5 5 5 5 5
Ontario 6 6 6 5 5 5 5 5 6 6
Manitoba 6 6 6 6 6 6 7 6 5 5
Saskatchewan 10 10 10 9 8 11 12 14 13 11
Alberta 11 11 11 12 12 12 11 11 11 10
Colombie-Britannique 8 8 10 9 9 8 10 10 10 10

La population des Maritimes est celle qui a le plus tendance à quitter sa province pour obtenir un baccalauréat dans une autre province

La question de mobilité pour poursuivre des études peut se poser d’un autre angle : est-ce que la population de certaines provinces a davantage tendance à quitter sa province d’origine pour obtenir un baccalauréat? Le graphique 2 montre que la population de l’Île-du-Prince-Édouard est celle qui a le plus tendance (entre 30 % et 45 % selon les années) à quitter sa province pour obtenir un baccalauréat dans une autre province, principalement en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick.

En revanche, le Québec et l’Ontario voient partir entre 5 % et 6 % de leur population pour obtenir un baccalauréat dans une autre province. Les étudiants québécois qui mettent le cap sur une autre province pour obtenir leur baccalauréat ont majoritairement tendance à aller étudier en Ontario, tandis que les étudiants ontariens choisissent une plus grande variété de provinces d’études : le Québec, province voisine, mais aussi la Nouvelle-Écosse, l’Alberta, la Colombie-Britannique et le Nouveau-Brunswick.

En ce qui concerne les tendances au fil des ans, le Nouveau-Brunswick affiche une légère hausse dans la proportion de sa population qui obtient un baccalauréat dans une autre province, principalement en Nouvelle-Écosse et en Ontario, passant de 20 % en 2012 à 24 % en 2021. De façon générale, les étudiants qui choisissent une autre province pour étudier se tournent majoritairement vers les provinces voisines ou l’Ontario.

graphique 2 Proportion de diplômés canadiens qui obtient un baccalauréat dans une province différente de sa 
province d'origine, selon la province d'origine, 2012 à 2021

Tableau de données du graphique 2
Tableau de données du graphique 2
Sommaire du tableau
Les données sont présentées selon Province d'origine (titres de rangée) et 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018, 2019, 2020 et 2021, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Province d'origine 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021
pourcentage
Source : Statistique Canada, Tableau 37-10-0289-01.
Terre-Neuve-et-Labrador 12 12 12 12 12 11 11 10 10 11
Île-du-Prince-Édouard 45 39 30 36 40 42 37 41 40 34
Nouvelle-Écosse 19 17 18 18 18 17 20 17 19 19
Nouveau-Brunswick 20 19 21 22 22 21 25 23 22 24
Québec 6 5 6 6 5 5 5 5 5 5
Ontario 5 5 6 6 6 5 5 5 5 5
Manitoba 9 9 9 8 9 9 9 9 9 10
Saskatchewan 14 15 14 15 13 13 13 13 14 13
Alberta 13 12 13 13 12 12 13 14 14 14
Colombie-Britannique 12 11 12 11 12 12 12 12 12 12

Parmi les quelques 200 diplômés par année qui ont comme lieu d’origine l’un des trois territoires canadiens, la très grande majorité étudient dans une autre provinceNote . Plus de la moitié de ces diplômés obtiennent leur baccalauréat en Alberta ou en Colombie-Britannique (entre 51 % et 66 % selon l’année), et les diplômés restants l’obtiennent surtout en Saskatchewan ou en Ontario (entre 18 % et 30 % selon l’année).

La majorité des diplômés provenant d’une autre province quittent leur province d’études un an après l’obtention de leur baccalauréat

Le taux de rétention mesure en quelque sorte l’attractivité de la province d’études pour les nouveaux diplômés, lesquels représentent une main-d’œuvre qualifiée. Les prochains graphiques montrent le taux de rétention des diplômés selon la province d’études et l’origine des diplômés : le graphique 3 concerne les diplômés provenant de la même province que la province d’études et le graphique 4 concerne les diplômés provenant d’une province différente de la province d’études. La comparaison de ces deux graphiques montre que les diplômés qui proviennent de la même province que la province d’études présentent des taux de rétention beaucoup plus élevés (79 % et plus) comparativement aux diplômés qui proviennent d’une province différente de la province d’obtention du baccalauréat (entre 10 % et 41 %). Puisque cette différence est déterminante dans les taux de rétention, ces deux populations sont étudiées séparément dans la mesure du possible.

Les provinces de l’Atlantique affichent les plus faibles taux de rétention des diplômés provenant de leur province (graphique 3). Cependant, ces taux ont tendance à augmenter avec les années, se rapprochant de plus en plus des taux des autres provinces. En 2012, l’Alberta est la province qui enregistre le plus haut taux de rétention (40 %) chez les diplômés provenant de l’extérieur de la province (graphique 4), mais ce taux décline pour s’établir à 29 % en 2021. La Colombie-Britannique et la Nouvelle-Écosse enregistrent une tendance inverse : de 2012 à 2021, les taux de rétention chez les diplômés provenant d’une autre province augmentent, passant de 17 % à 31 % pour la Colombie-Britannique et de 13 % à 19 % pour la Nouvelle-Écosse.

graphique 3 Taux de rétention des diplômés canadiens du baccalauréat qui proviennent de la même province 
que leur province d'études, selon la province d'études, 2012 à 2021

Tableau de données du graphique 3
Tableau de données du graphique 3
Sommaire du tableau
Les données sont présentées selon Province d'études (titres de rangée) et 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018, 2019, 2020 et 2021, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Province d'études 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021
pourcentage
Source : Statistique Canada, Tableau 37-10-0289-01.
Terre-Neuve-et-Labrador 87 85 87 89 86 87 83 88 90 89
Île-du-Prince-Édouard 83 82 84 84 86 88 90 89 90 93
Nouvelle-Écosse 79 81 83 84 87 89 88 91 93 93
Nouveau-Brunswick 82 80 81 83 88 90 89 89 92 92
Québec 97 97 97 97 97 98 98 99 99 99
Ontario 96 96 96 97 97 98 98 98 97 97
Manitoba 93 92 93 93 94 94 94 94 93 94
Saskatchewan 94 95 93 95 93 93 93 92 94 93
Alberta 96 96 96 96 95 96 96 96 95 95
Colombie-Britannique 94 94 95 96 96 96 97 97 98 97

graphique 4 Taux de rétention des diplômés canadiens du baccalauréat qui proviennent d'une province différente 
de leur province d'études, selon la province d'études, 2012 à 2021

Tableau de données du graphique 4
Tableau de données du graphique 4
Sommaire du tableau
Les données sont présentées selon Province d'études (titres de rangée) et 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018, 2019, 2020 et 2021, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Province d'études 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021
pourcentage
Source : Statistique Canada, Tableau 37-10-0289-01.
Terre-Neuve-et-Labrador 27 23 24 27 18 20 18 17 17 13
Île-du-Prince-Édouard 30 27 20 31 37 28 21 21 33 23
Nouvelle-Écosse 13 14 14 16 16 15 17 19 20 19
Nouveau-Brunswick 14 10 12 15 16 15 16 20 16 14
Québec 22 19 20 20 20 22 24 25 23 23
Ontario 26 24 27 29 29 27 28 26 24 23
Manitoba 34 33 37 27 30 21 28 31 31 19
Saskatchewan 27 22 36 35 39 26 33 26 30 26
Alberta 40 41 39 37 33 33 32 30 27 29
Colombie-Britannique 17 24 29 27 32 31 32 35 32 31

Les diplômés ayant étudié dans leur province d’origine ont plus tendance à quitter leur province d’études s’ils ont étudié dans un domaine d’études en STIM que dans un domaine d’études en SACHES

L’analyse détaillée des taux de rétention selon le domaine d’études pourrait faire l’objet d’un article en soi et dépasse le cadre de la présente étude. Mentionnons tout de même que les taux de rétention des diplômés dont la province d’origine est la même que la province d’études dans les domaines d’études en SACHESNote  sont de façon générale plus élevés que ceux des domaines d’études en STIMNote .

Chez les diplômés provenant de l’extérieur de la province d’études, de plus hauts taux de rétention dans les domaines des STIM sont enregistrés en Ontario, au Manitoba, en Alberta et en Colombie-Britannique pour la plupart des années à l’étude. Terre-Neuve-et-Labrador et la Saskatchewan, quant à elles, ont généralement des taux de rétention des diplômés dans les domaines d’études en SACHES plus élevés. Les autres provinces n’affichent pas de tendance distincte dans les taux de rétention des diplômés provenant d’une autre province que la province d’études dans les domaines des STIM et des SACHES.

En ce qui a trait au genre des diplômés, certaines provinces comme Terre-Neuve-et-Labrador, le Nouveau-Brunswick, le Manitoba et la Saskatchewan affichent, année après année, des taux de rétention des diplômés provenant de leur propre province, légèrement plus élevés pour les femmes que pour les hommes. C’est le cas aussi des taux de rétention des diplômés provenant d’une autre province à Terre-Neuve-et-Labrador et en Nouvelle-Écosse. Les autres provinces ne présentent pas de différence notoire ou constante entre les taux de rétention des femmes et des hommes au fil des ans.

D’autre part, on peut se demander si l’âge des diplômés à l’obtention de leur titre scolaire a une incidence sur leurs taux de rétention. Dans le cas des diplômés provenant de la même province que leur province d’études, l’Ontario, le Manitoba et l’Alberta réussissent, au fil des ans, à légèrement mieux retenir leurs plus jeunes diplômés de 20 à 24 ans que les diplômés du groupe des 25 à 34 ans. Les autres provinces ne présentent pas de tendance particulière.

En ce qui concerne les diplômés provenant d’une autre province que la province d’études, la Nouvelle-Écosse et le Québec affichent des taux de rétention des diplômés de 25 à 34 ans plus élevés comparativement aux plus jeunes diplômés (de 20 à 24 ans). Cependant, en Alberta et en Colombie-Britannique, une tendance inverse est observée : au fil des ans, les taux de rétention des diplômés sont en général légèrement plus élevés pour le plus jeune groupe d’âge comparativement aux diplômés plus âgés.

Le gain net de diplômés de l’Alberta recule entre 2012 et 2021, pour devenir presque nul à partir de 2018

La comparaison du nombre de diplômés qu’une province ou un territoire accueille un an après l’obtention du baccalauréat et du nombre de diplômés ayant comme origine cette province ou ce territoire (peu importe le lieu d’études) permet de calculer un gain net ou une perte nette de diplômés, c’est-à-dire d’une main-d’œuvre qualifiée, selon la province ou le territoire.

Le graphique 5 montre ce gain relatif ou cette perte relative de diplômés par année pour chacune des provinces. Le gain de diplômés de 17% observé en l’Alberta en 2012 diminue pour s’établir à 0 % en 2021. Une tendance décroissante est aussi observée en Saskatchewan au cours de la même période. D’autres provinces affichent une tendance croissante entre 2012 et 2021, comme l’Île-du-Prince-Édouard, la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick et la Colombie-Britannique.

graphique 5 Gain relatif net ou perte relative nette de diplômés canadiens du baccalauréat (main-d'oeuvre qualifiée), 
selon la province, 2012 à 2021

Tableau de données du graphique 5
Tableau de données du graphique 5
Sommaire du tableau
Les données sont présentées selon Province (titres de rangée) et 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018, 2019, 2020 et 2021, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Province 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021
pourcentage
Source : Statistique Canada, Tableau 37-10-0289-01.
Terre-Neuve-et-Labrador -7 -11 -7 -5 -11 -9 -14 -11 -7 -10
Île-du-Prince-Édouard -21 -20 -19 -15 -7 -9 -6 -7 -1 2
Nouvelle-Écosse -12 -9 -7 -5 -3 -1 -2 3 4 6
Nouveau-Brunswick -15 -17 -16 -15 -10 -8 -8 -3 -5 -5
Québec -1 -1 -2 -1 -1 0 0 0 1 1
Ontario -2 -2 -1 -1 0 0 0 0 -1 -1
Manitoba -4 -4 -3 -5 -4 -5 -4 -5 -5 -6
Saskatchewan 2 3 -2 -1 -4 -4 -2 -5 -4 -7
Alberta 17 16 12 7 4 3 1 0 -2 0
Colombie-Britannique -3 -2 1 2 2 1 2 3 6 5

Année après année, les territoires observent les plus importants gains nets de diplômés, mais ceux-ci reculent au fil des ans, passant de 66 % en 2012 à 20 % en 2021. Le nombre de personnes qui a déclaré son lieu de résidence avant l’obtention de son baccalauréat dans l’un des trois territoires canadiens demeure relativement stable durant cette période, mais le nombre de diplômés qui habite dans les territoires un an après l’obtention de son diplôme diminue.

Conclusion

La mobilité des étudiants postsecondaires a une grande incidence sur les provinces et les territoires qui les accueillent pendant et après leurs études. En effet, la mobilité joue un rôle déterminant dans l’investissement requis en enseignement postsecondaire et dans d’autres services publics connexes ainsi que dans la disponibilité de main-d’œuvre qualifiée. Il est essentiel de pouvoir mesurer ces mouvements et de suivre leur évolution au fil du temps puisque ces derniers sont parfois tributaires des politiques liées à l’éducation et de la santé économique des provinces et des territoires, qui varient aussi dans le temps.

Les nouvelles données publiées par Statistique Canada permettent de constater que les provinces de l’Atlantique affichent une importante mobilité géographique, tant pour l’accueil d’étudiants d’autres provinces que pour le départ de leur population pour obtenir un baccalauréat dans une autre province. Elles possèdent de faibles taux de rétention comparativement aux autres provinces, mais ces taux ont tendance à augmenter entre 2012 à 2021.

Le Québec et l’Ontario affichent peu de mobilité, et les tendances sont plutôt stables de 2012 à 2021 : les diplômés formés par les deux provinces proviennent en très grande partie de leur propre province, et leurs taux de rétention sont parmi les plus élevés au Canada.

Le Manitoba, la Saskatchewan, l’Alberta et la Colombie-Britannique, se situent en quelque sorte entre les provinces de l’Atlantique et les provinces du Québec et de l’Ontario en ce qui a trait aux divers indicateurs de la mobilité postsecondaire. L’Alberta enregistre le gain net de diplômés le plus élevé parmi les provinces en 2012 mais ce gain disparait en 2021.

La quasi-totalité de la population des territoires qui obtient un baccalauréat part se former à dans une autre province. Les territoires enregistrent un important gain net de diplômés de 2012 à 2021, mais ce gain recule au fil des ans.

Le présent article constitue un premier pas dans le suivi de la mobilité géographique des diplômés de grades de premier cycle au fil des ans. Plusieurs autres aspects de la mobilité pourraient être examinés dans de prochaines études, par exemple les effets des conditions économiques des provinces sur la mobilité des diplômés, l’incidence de la langue maternelleNote , le retour éventuel des diplômés partis un an après l’obtention de leur titre scolaire, les taux de rétention selon l’établissement postsecondaire ou encore les revenus d’emploi selon la présence ou l’absence de mobilité des diplômés dans leur parcours scolaire et leur transition vers le marché du travail. De plus, il serait intéressant d’analyser la mobilité des diplômés dans le cas d’autres niveaux de titres scolaires (certificats et diplômes d’études collégiales, grades professionnels, maîtrises et doctorats) pour les provinces et les territoires dont le lieu de résidence avant les études est de qualité suffisante dans le SIEP. Finalement, l’étude de la mobilité des étudiants internationaux, qui nécessite une méthodologie distincte, serait très utile, spécialement dans le contexte actuel où le financement des établissements postsecondaires et la pénurie de logements sont des enjeux d’actualité.

Auteurs

Sylvie Brunet, George Marshall et Youssouf Azmi sont tous trois analystes au Centre canadien de la statistique de l’éducation de Statistique Canada.

Références

Burbidge, J. et R. Finnie. 2000. « The Inter-Provincial Mobility of Baccalaureate Graduates: Who Moves and When », Revue canadienne des sciences régionales, vol. 23, no3, p. 377 à 402.

Frenette, M. et T. Handler. 2024. « Maintien en poste et recrutement de jeunes travailleurs qualifiés : résultats par province et territoire », Rapports économiques et sociaux, produit no 36-28-0001 au catalogue de Statistique Canada.

Narh, E.D. et M. Buzzelli. 2022. « Higher Education Student Migration in Canada: Interprovincial Structure and the Influence of Student Mother Tongue », Revue canadienne des sciences régionales, vol. 45, no 1, p. 36 à 47.

Statistique Canada. 2025a. Tableau 37-10-0289 « Nombre de diplômés canadiens d'un grade de premier cycle, selon le lieu des études, le lieu d’origine et le lieu de destination un an après l'obtention du titre scolaire», Tableau 37-10-0290 « Taux de rétention des diplômés canadiens d'un grade de premier cycle un an après l'obtention du titre scolaire, selon le lieu des études, le lieu d’origine, le domaine d'études (regroupements STIM et SACHES) et les caractéristiques des diplômés » et Tableau 37-10-0291 « Taux de rétention des diplômés canadiens d'un grade de premier cycle un an après l'obtention du titre scolaire, selon le lieu des études, le lieu d’origine, le domaine d'études (Classification des programmes d’enseignement 2021) et les caractéristiques des diplômés ».

Statistique Canada. 2025b. « Indicateurs de mobilité géographique des diplômés canadiens de grades de premier cycle », Guides de référence technique de la Plateforme longitudinale entre l’éducation et le marché du travail (PLEMT), produit no 37-20-0001 au catalogue de Statistique Canada.

Usher, A. 2021. « Inter-provincial Student Mobility » dans Higher Education Strategy Associates, [Blogue], 31 août 2021.

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