Guides de référence technique de la Plateforme longitudinale entre l’éducation et le marché du travail (PLEMT)
Indicateurs de mobilité géographique des diplômés canadiens de grades de premier cycle

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1. Introduction

La mobilité géographique des diplômés postsecondaires, c’est-à-dire leurs mouvements entre leur lieu de résidence avant leurs études, leur lieu d’études et leur lieu de résidence un an après l’obtention de leur titre scolaireNote , suscite un grand intérêt auprès des administrations publiques provinciales et territoriales puisque non seulement l’éducation relève de leur compétence, mais les diplômés constituent une main-d’œuvre qualifiée.

Statistique Canada, en collaboration avec les ministères provinciaux et territoriaux de l’Éducation, a élaboré une méthodologie afin de diffuser des données sur la mobilité géographique des diplômés. Cela a été possible au moyen de la Plateforme longitudinale entre l’éducation et le marché du travail (PLEMT), qui permet l’intégration longitudinale des données administratives relatives à l’éducation et d’autres sources de données afin de fournir des ensembles de données anonymisés et personnalisés à des fins analytiques.

Le présent guide de référence technique porte sur la méthodologie adoptée pour la publication de tableaux (37-10-0289, 37-10-0290, 37-10-0291) et d'un article analytique sur la mobilité des diplômés canadiens de grades de premier cycleNote .

2. Sources de données

2.1 Sources de données et intégration des données

Les données utilisées pour la mobilité géographique des diplômés sont tirées de l’intégration du Système d’information sur les étudiants postsecondaires (SIEP) et du Fichier des familles T1 (FFT1) dans la PLEMT.

2.1.1 Système d’information sur les étudiants postsecondaires (SIEP)

Le SIEP est une base de données administrative annuelle nationale qui permet à Statistique Canada de fournir des renseignements détaillés sur les effectifs et les diplômés des établissements d’enseignement postsecondaires publics canadiens, afin de répondre aux besoins en matière d’élaboration de politiques et de planification dans le domaine de l’enseignement postsecondaire. Le SIEP permet de recueillir des renseignements relatifs aux programmes et aux cours offerts dans un établissement, de même que des renseignements au sujet des étudiants eux-mêmes, ainsi que sur les programmes et les cours auxquels ils sont inscrits ou dont ils sont diplômés.

2.1.2 Fichier des familles T1 (FFT1)

Le FFT1 est une base de données qui combine le fichier de déclaration T1 de revenu des particuliers avec le fichier T4 et celui de l’Allocation canadienne pour enfants dans un même fichier sur la composition de la famille. Il comprend des variables relatives au revenu ainsi que des variables démographiques et géographiques concernant chaque déclarant, son conjoint, ses enfants et sa famille.

3. Méthodologie utilisée pour calculer les indicateurs de mobilité des diplômés

3.1 Création des cohortes de diplômés

La création des cohortes de diplômés est fondée sur la même méthodologie que celle élaborée pour la diffusion annuelle des résultats sur le marché du travail des diplômés des collèges et des universités. Cette méthodologie est présentée en détail dans le document Indicateurs de résultats sur le marché du travail des diplômés postsecondaires, 2010 à 2021, qui fait partie de la série des guides de référence technique de la Plateforme longitudinale entre l’éducation et le marché du travail (PLEMT). Les points principaux sont les suivants :

  • Puisque les données fiscales du FFT1 sont compilées selon l’année civile (du 1er janvier au 31 décembre de chaque année), les cohortes de diplômés ont été définies en fonction de l’obtention des titres scolaires lors de chaque année civile. Les renseignements sur les diplômés de chaque année civile sont donc tirés de deux années de déclaration du SIEPNote .
  • Un certain nombre de types de programmes, de types de sanction d’études et de domaines d’études ont été exclus de la définition de la population des diplômés, car ils ont été considérés comme hors champ : programmes d’apprentissage, programmes menant à l’obtention d’un certificat ou d’un diplôme d’études secondaires, programmes préparatoires aux études en technologie ou en arts industriels, programmes de formation de base, programmes préparatoires au premier cycle, au deuxième cycle ou au troisième cycle, microprogrammes (associés aux stages d’enseignement coopératif au Québec), hors programme. Les enregistrements des diplômés associés aux programmes non postsecondaires, aux programmes non crédités ou au domaine d'études « perfectionnement et initiation aux loisirs » ont également été supprimés.
  • Les diplômés ont été regroupés selon leur titre scolaire en utilisant la Classification des programmes et des sanctions d’études – variante grade professionnel (une combinaison des variables portant sur le type de programme et le type de sanction d’études du SIEP). Les définitions des catégories de titres scolaires font l’objet de deux ajustements par rapport au SIEP afin de permettre une plus grande uniformité et homogénéité : 1) Les baccalauréats et les grades de premier cycle postérieurs au baccalauréat dans les six domaines d’études que sont la dentisterie (D.D.S., D.M.D.), le droit (LL. B., J.D., B.C.L.), la médecine (M.D.), l’optométrie (O.D.), la pharmacie (Pharm. D., B.S., B. Sc., B. Pharm.) et la médecine vétérinaire (D.M.V.) ont été classés dans leur propre catégorie appelée « grade professionnel »; 2) Les grades de premier cycle postérieurs au baccalauréat en éducation et en travail social ont été regroupés avec le groupe des grades de premier cycle pour permettre une plus grande uniformité entre les provinces et territoires.
  • Afin de simplifier l’analyse de la mobilité des diplômés selon les groupes de titres scolaires, un seul enregistrement a été conservé pour les personnes ayant obtenu plus d’un titre scolaire au cours d’une même année civile. Les règles séquentielles suivantes ont été appliquées afin de choisir l’enregistrement le plus pertinent : garder l’enregistrement du type de programme ayant le niveau le plus élevé (p. ex. un programme de deuxième cycle l’emporte sur un programme de premier cycle); si les types de programmes sont les mêmes, garder l’enregistrement du type de sanction d’études ayant le titre scolaire le plus élevé (p. ex. un grade l’emporte sur un diplôme); si les types de sanctions d’études sont aussi les mêmes, mais que l’un des titres scolaires est dans le domaine d’études « éducation », alors il l’emporte sur les autres domaines d’études; si les types de sanctions d’études sont aussi les mêmes et qu’aucun des titres scolaires n’est dans le domaine d’études « éducation », alors un des enregistrements est choisi au hasard.
  • Les enregistrements des diplômés dans lesquels il manquait des renseignements démographiques clés (genre ou âge) ont été exclus ainsi que les enregistrements des diplômés âgés de moins de 15 ans ou de plus de 64 ans. L’âge est défini comme il a été déclaré au 31 décembre de l’année civile lors de laquelle le diplômé a reçu son titre scolaire.

3.2 Critères de sélection supplémentaires

Pour qu’un diplômé soit inclus dans la population utilisée aux fins du calcul des indicateurs de mobilité, les critères de sélection supplémentaires suivants ont été utilisés :

  • La province ou le territoire à l'obtention du titre scolaire (ou lieu des études), qui représente la province ou le territoire durant les études, est la province ou le territoire de l'établissement postsecondaireNote Note  (les deux premiers caractères de la variable « INSTIT » du SIEP) où a été obtenu le titre scolaire et doit être situé au Canada.
  • La province ou le territoire d’origine (ou à l'admission), qui représente la province ou le territoire de résidence avant les études (« PERMPR1 » du SIEP)Note , doit être situé au Canada et avoir une valeur valide, c'est-à-dire qu'elle exclut « non déclarée » (ZZ), « sans objet » (ZY), « citoyen canadien vivant à l'étranger » (ZX) et les États des États-Unis.
  • La province ou le territoire de résidence un an après l'obtention du titre scolaire (ou de destination)Note  (variable « FPROV » du fichier FFT1) doit être situé au Canada (c'est-à-dire qu'elle exclut « à l'extérieur du Canada » [70]). Le point de mesure après l’obtention du titre scolaire a été fixé à un an après l’obtention du titre scolaire, plus précisément le 31 décembre de l’année suivant l’année de l’obtention du titre scolaire, puisque la grande majorité des diplômés qui quittent leur lieu d’études le font dans l’année suivant l’obtention du titre scolaireNote .
  • Les renseignements sur les diplômés doivent être disponibles dans les deux sources de données utilisées. Les données du SIEP qui ont été imputéesNote  ou les enregistrements de diplômés pour lesquels des données fiscales n’étaient pas disponibles un an après l’obtention du titre scolaire ont été exclus.
  • L’analyse de la mobilité géographique porte sur les diplômés qui entrent sur le marché du travail après leurs études, et non sur ceux qui poursuivent des études. Les diplômés qui sont retournés aux études à temps plein pendant l’année suivant l’obtention du titre scolaire ont été exclus de l’analyse de la mobilité.
  • Seuls les diplômés canadiens (citoyens canadiens et résidents permanents) sont inclus dans l’analyse. Les étudiants internationaux ont été exclus, car la méthodologie et les bases de données utilisées pour déterminer l’endroit où ils vivaient avant les études et l’endroit où ils se trouvaient après l’obtention du titre scolaire ne sont pas les mêmes.
  • Les diplômés doivent avoir obtenu un grade de premier cycle. Les diplômés ayant obtenu d’autres titres scolaires (p. ex. des certificats et diplômes d’études collégiales, des grades professionnels, des maîtrises et des doctorats) ont été exclus de l’analyse, car la variable « PERMPR1 » du SIEP, utilisée pour déterminer la province d’origine, n’est pas de qualité suffisante dans certaines provinces pour ces titres scolaires.

3.3 Calcul des indicateurs de la mobilité des diplômés

3.3.1 Nombre de diplômés canadiens d'un grade de premier cycle, selon le lieu des études, le lieu d’origine et le lieu de destination un an après l'obtention du titre scolaire

Le tableau 37-10-0289 affiche le nombre de diplômés d’une province, d’un territoire ou d’une régionNote , selon leur lieu de résidence d’origine (ou à l’admission) et selon leur lieu de résidence un an après l’obtention du titre scolaire (ou destination). Ce tableau permet de mesurer toutes les permutations possibles du lieu de résidence avant et après l’obtention du titre scolaire. Ainsi, on peut savoir d’où viennent les diplômés d’une province, d’un territoire ou d’une région, et où ils vont, un an après l’obtention de leur titre scolaire.

3.3.2 Taux de rétention des diplômés canadiens d'un grade de premier cycle un an après l'obtention du titre scolaire, selon le lieu des études, le lieu d’origine, le domaine d'études et les caractéristiques des diplômés

Les tableaux 37-10-0290 et 37-10-0291 affichent le nombre de diplômés qui sont restés dans la province, le territoire ou la région à l'obtention du titre scolaire, un an après l'obtention du titre scolaire et le taux de rétentionNote Note  associé, selon la provenance des diplômés (identique ou différente de la province, du territoire ou de la région des études), leur domaine d’études, leur genre et leur groupe d’âge. Le taux de rétention mesure en quelque sorte l’attractivité de la province d’études pour les diplômés, selon les caractéristiques des diplômés et leur domaine d’études.

Dans le tableau 37-10-0290, les domaines d’études sont classés jusqu’au troisième niveau de la variante « Variante de la Classification des programmes d'enseignement (CPE) Canada 2021 version 1.0 pour regroupements Science, technologie, ingénierie et mathématiques (STIM) et Santé, arts, commerce, sciences humaines, éducation et sciences sociales (SACHES) » de la Classification des programmes d’enseignement (CPE) de 2021, ce qui équivaut à une quarantaine de domaines d’études.

Dans le tableau 37-10-0291, les domaines d’études sont classés jusqu’au niveau des sous-séries (comprenant 4 chiffres) de la « La Classification des programmes d'enseignement (CPE) Canada 2021 version 1.0 », ce qui équivaut à un peu plus de 450 domaines d’études.

4. Limites des données

Des limites doivent être prises en compte quant à la qualité des données, à leur l’intégration ainsi qu’à leur interprétation.

4.1 Qualité de la variable « PERMPR1 » du SIEP

Parmi les diplômés de grades de premier cycle, les cohortes de diplômés de 2010 et de 2011 ont été exclues de l’analyse en raison de la qualité insuffisante de la variable « PERMPR1 », qui détermine la province d’origine (ou avant les études), relativement à certaines provinces pour ces années. Pour cette raison, l’analyse de la mobilité commence à la cohorte de diplômés de 2012.

Pour l’année 2012 et les années suivantes, le taux de réponses valides pour la variable « PERMPR1 » est élevé chez les diplômés de grades de premier cycle, et ce, pour toutes les provinces d’études.

En revanche, les diplômés ayant obtenu d’autres titres scolaires (p. ex. des certificats et diplômes d’études collégiales, des grades professionnels, des maîtrises et des doctorats) ont été exclus de l’analyse, car la variable « PERMPR1 » n’était pas de qualité suffisante, dans certaines provinces, pour ces autres titres scolaires. Des tableaux pancanadiens qui donneraient un bon portrait global de la situation ne sont donc pas possibles pour les autres titres scolaires à l’heure actuelle.

4.2 Couverture des données

Les données du SIEP présentent certaines lacunes statistiques liées aux taux de non-réponse à l’échelle des établissements ou de non-intégration avec les données fiscales pour certaines années. Toutefois, les données des années les plus récentes sont généralement plus complètes.

En raison d’une disponibilité limitée des données, les données des collèges de l’Ontario n’ont pas pu être utilisées pour les années scolaires 2011-2012 et 2012-2013. Cette lacune peut avoir une incidence sur les grades de premier cycle universitaire offerts dans les collèges pour les cohortes de diplômés de 2012 et de 2013.

4.3 Utilisation de la province de l'établissement postsecondaire comme province de résidence durant les études

Même si la province de l'établissement postsecondaire constitue la meilleure source de données disponible dans la PLEMT pour définir la province de résidence pendant les études, la province de l'établissement postsecondaire et la province de résidence peuvent être différentes pour plusieurs raisons :

  • Les étudiants qui fréquentent des établissements situés aux frontières provinciales ne résident pas nécessairement dans la province de l'établissement postsecondaire.
  • Les étudiants qui terminent un programme scolaire en ligne peuvent résider dans une province qui est différente de la province de l'établissement postsecondaire.
  • Les étudiants qui fréquentent des établissements qui possèdent des campus dans plus d’une province peuvent être considérés comme fréquentant un établissement d’enseignement postsecondaire dans une province où ils ne s’y trouvent pas physiquement.
  • Les étudiants qui fréquentent des établissements qui ont des ententes interprovinciales, dans le cadre desquelles ils peuvent être inscrits dans un établissement (conférant le titre scolaire) pendant qu’ils fréquentent physiquement un autre établissement, peuvent résider dans une province qui est différente de la province de l'établissement postsecondaire.

Cependant, les diplômés qui sont formés au sein d’un établissement d’une province représentent des coûts pour cette province, et leur départ peut avoir une incidence sur la disponibilité de la main-d’œuvre qualifiée dans la province où ils ont été formés. Ainsi, la province de l'établissement postsecondaire, même si elle peut différer, dans certains cas, de la province de résidence pendant les études, reste pertinente.

4.4 Données administratives

Les données administratives, tout comme les données d’enquête, ne sont pas exemptes d’erreurs et d’incohérences. Il pourrait y avoir des différences dans la manière dont certains établissements déclarent différentes variables ou différents programmes dans le cadre du SIEP. Pour certaines variables, certains établissements pourraient fournir leur meilleure approximation, plutôt que de ne pas répondre.

4.5 Intégration des données

Il pourrait y avoir un biais potentiel ou des erreurs de mesure dans l’estimation des indicateurs de mobilité en raison d’une petite proportion d’enregistrements incorrectement intégrés entre le SIEP et le FFT1 et en raison des enregistrements n’ayant pas pu être intégrés pour cause de renseignements manquants ou incomplets.

4.6 Non-déclarants ou déclarants retardataires

Il est également possible que les indicateurs de mobilité comportent un biais en raison des personnes qui ne remplissent pas leur déclaration de revenus (ou des personnes qui remplissent leur déclaration de revenus plus de six mois après la date limite du 15 juin). Dans la présente étude, il n’est pas possible de faire la distinction entre les personnes qui ne remplissent pas leur déclaration de revenus et celles dont les enregistrements n’ont pas pu être intégrés en raison de données manquantes.

5. Confidentialité, arrondissement et qualité des estimations

Toutes les données sont assujetties à des procédures de confidentialité et d’arrondissement. De plus, les données sur le taux de rétention peuvent faire l’objet d’une suppression (valeur remplacée par le symbole « F ») si les estimations sont jugées trop peu fiables pour être publiées, ou sont accompagnées du symbole « E » si elles sont à utiliser avec prudence.

6. Validation de la méthodologie au moyen de l’Enquête nationale auprès des diplômés

Afin de valider la méthodologie proposée, les données de l’Enquête nationale auprès des diplômés (END) de la promotion de 2015Note  ont été utilisées.

Tout d’abord, les données de l’END de la promotion de 2015 ont été appariées aux données intégrées SIEP 2015–FFT1 2018, et les valeurs des trois variables principales (lieu des études, lieu d’origine, destination) utilisées dans le calcul de la mobilité entre les deux sourcesNote  ont été comparées. Le degré de concordance était supérieur à 90 % pour toutes les provinces, à l’exception de la province d’origine de l’Île-du-Prince-Édouard, dont la concordance s’établissait à 86 %.

Ensuite, en utilisant les deux sources de données et en harmonisant le plus possible la sélection des diplômés, la mobilité géographique des diplômés, trois ans après l’obtention du titre scolaire a été comparée entre les deux sources. Chez les diplômés venant de la même province que celle à l’obtention du titre scolaire, les valeurs des taux de rétention différaient d’au plus de deux points de pourcentage, à l’exception de l’Île-du-Prince-ÉdouardNote , qui affichait un écart de cinq points de pourcentage. Chez les diplômés venant d’une province différente de celle à l’obtention du titre scolaire, de plus grandes différences entre les valeurs des taux de rétention ont été observées de façon générale, mais les échantillons, surtout pour l’END, étaient de petites tailles. Les taux des provinces pour lesquelles l’END comportait un échantillon de plus de 150 diplômés venant d’une province différente de celle à l'obtention du titre scolaire présentaient des différences d’au plus de six points de pourcentage par rapport aux taux de rétention mesurés à partir des données SIEPFFT1.


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