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L'analyse dans le présent document est fondée sur les données d'emploi provenant des recensements de la population de 1991, 1996 et 2001. Il porte sur les années 90 pour deux raisons. En premier lieu, les années 90 ont été une ère de mutation profonde dans l'économie canadienne. L'importance croissante des technologies de l'information et de la communication, comme l'Internet, l'effet de l'Accord de libre- échange nord-américain et la croissance de la concurrence mondiale ne sont que trois exemples des mutations économiques importantes pendant cette décennie. C'est pourquoi les années 90 sont d'intérêt particulier pour déterminer le rôle joué par les professions culturelles dans l'économie. En deuxième lieu, et d'un point de vue plus pratique, les limites des données découlant essentiellement des changements apportés au système de codage des professions nous empêchent d'inclure des données antérieures au recensement de la population de 1991 dans cette étude. En outre, au moment de la rédaction du présent article, les données sur l'emploi du recensement de 2006 n'étaient pas encore disponibles.

Pour déterminer quelles professions sont de nature culturelle nous avons utilisé le Cadre canadien pour les statistiques culturelles . Le Cadre définit ainsi les professions culturelles : « activités artistiques créatrices et les biens et services produits par cette activité, et conservation du patrimoine humain ». À titre d'exemples de professions culturelles mentionnées dans ce document, il y a les artistes, les écrivains et les curateurs de musée. D'autres types de professions qui ne sont pas directement liés à la production de biens et de services culturels, mais qui offrent des services techniques, de gestion ou de fabrication, sont également incluses dans le Cadre . Mentionnons à titre d'exemple les gestionnaires artistiques, les commis de bibliothèque et les techniciens en enregistrement audio et vidéo. La liste des 48 professions culturelles est présentée au tableau 1 et est extraite du Cadre . De ce nombre, 21 portent directement sur la création et la production artistique ou la collection et la conservation du patrimoine (profession culturelle primaire), tandis que les 27 autres sont des professions de soutien culturel. La présente étude se limite à examiner le rôle que les professions culturelles axées sur la création jouent dans l'économie et elles excluent les professions de soutien culturel. Les professions culturelles axées sur la création et essentielles dans le Cadre sont plus directement liées aux formes de créativité mentionnées récemment par Richard Florida. Comme on peut le voir au tableau 1, les professions culturelles primaires axées sur la création se répartissent en quatre groupes professionnels principaux : arts littéraires, arts visuels et design, arts de la scène et professions liées au patrimoine. Bien que la présente étude porte essentiellement sur les tendances de l'emploi pour seulement les professions primaires axées sur la création, pour simplifier l'exposé, nous utiliserons à partir de maintenant, le terme « travailleurs de la culture » plutôt que « travailleurs de la culture primaires » pour parler de ceux qui travaillent dans les professions primaires axées sur la création.

Dans le recensement, les travailleurs occupant un emploi sont classifiés selon leur profession (selon la Classification type de professions) et aussi selon l'industrie à laquelle appartient leur employeur. La Classification type des industries – Établissements (CTIÉ) a servi à définir les industries pour les recensements de 1991 et de 1996. Pour le recensement de 2001, à la fois la CTIÉ et le nouveau Système de classification des industries de l'Amérique du Nord (SCIAN) ont servi à classer les travailleurs selon l'industrie. Un tableau illustrant la structure des deux systèmes de classification figure à l'annexe 1 et peut être consulté par les lecteurs qui ne les connaissent pas. La CTIÉ a été retenue pour la présente étude puisqu'elle a servi à attribuer un code aux travailleurs dans les trois recensements. Par conséquent, le choix de la CTIÉ nous a permis d'éviter des problèmes découlant de l'analyse rétrospective des données, ce qui aurait été inévitable si nous avions utilisé plutôt le SCIAN. Comme le recensement attribue un double code aux travailleurs à la fois selon leur profession et selon l'industrie, il est possible de déterminer les professions qui se trouvent dans une industrie et aussi le nombre de travailleurs employés dans chaque profession que comprend une industrie. Par exemple, pour l'industrie du cinéma et de la vidéo, il est possible de savoir le nombre d'acteurs, de techniciens en radiotélédiffusion, de gestionnaires et de travailleurs d'autres professions qui sont employés dans l'industrie. Ainsi, comme on peut utiliser le double codage des travailleurs à la fois selon la profession et selon l'industrie, les données du recensement peuvent servir à déterminer dans quelle mesure les travailleurs de la culture servent d'intrants travail pour toute une gamme d'activités d'économiques.

La CTIÉ répartit l'économie en 18 divisions, par exemple, les industries manufacturières et les services aux entreprises. Les divisions représentent donc un très haut niveau d'agrégation dans la CTIÉ. Chaque division est ensuite subdivisée en grands groupes, le deuxième niveau d'agrégation. Dans la CTIÉ, il y a 76 grands groupes au total. Ceuxci à leur tour sont divisés en groupes. Par conséquent, le groupe est le troisième niveau d'agrégation dans la CTIÉ. Outre qu'il définit quelles professions sont de nature culturelle, le Cadre précise également quelles industries sont de nature culturelle. Selon le Cadre, il y a 20 groupes au total qui sont de nature culturelle et ils sont énumérés au tableau 2. Beaucoup sont intégrés dans les grands groupes qui sont, dans l'ensemble, non culturels. Par exemple, l'industrie des communications (un grand groupe) comprend à la fois les services de radiodiffusion, ainsi que les services postaux et de messageries. Les premiers sont un groupe de l'industrie culturelle, mais non les deuxièmes. Comme cette étude porte sur l'emploi dans le secteur culturel dans des secteurs non culturels de l'économie, les 20 groupes culturels ont été séparés du grand groupe d'agrégation élevé. Ensemble, les 20 groupes culturels constituent le secteur culturel de l'économie dans la présente étude. Les travailleurs qui restent dans les grands groupes, après l'élimination des industries culturelles, représentent donc le volet non culturel de l'économie5. Le nombre de travailleurs de la culture et la taille de la main-d'œuvre totale pour chaque division ont été calculés, ce qui nous a permis de déterminer la proportion de travailleurs de la culture (sur le nombre total de travailleurs)6. La proportion de travailleurs de la culture dans chaque division par ailleurs indique dans quelle mesure les travailleurs de la culture servent d'intrants travail pour produire des biens et des services dans cette division.

Comme le recensement de la population de 2001 a été codé selon les deux systèmes de classification des industries, il a été possible de déterminer dans quelle mesure le choix de la CTIÉ nous a conduit à des résultats différents en 2001 comparativement à ce qui ce serait produit si nous avions utilisé le SCIAN pour cette annéelà. Nous avons constaté qu'un grand groupe et un groupe dans la CTIÉ contenait un grand nombre de travailleurs de la culture qui auraient été classés à titre de travailleurs dans les industries culturelles si nous avions utilisé le SCIAN, même s'il s'agit d'industries non culturelles dans la CTIÉ7. Nous ne savons pas donc exactement s'ils doivent être inclus dans le secteur culturel ou le secteur non culturel. Par conséquent, aux fins de la présente étude. les deux sont jugés être distincts du secteur culturel et du secteur non culturel, et il s'agit d'« industries non attribuées ». Par conséquent, selon la CTIÉ, l'économie canadienne a été répartie en trois grands secteurs : le secteur non culturel comprenant 74 grands groupes (sans les groupes culturels), le secteur culturel et les industries non attribuées. Dans le présent document, nous examinons les caractéristiques générales de l'emploi des travailleurs de la culture dans le secteur non culturel ainsi que les caractéristiques de l'emploi dans certaines divisions.

Tableau 1
Professions culturelles

Tableau 2
Liste des groupes de la CTI-É réputés faire partie du secteur culturel pour la présente étude