Regards sur la société canadienne
Les diverses contributions bénévoles des Canadiennes et des Canadiens racisés
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Aperçu de l’étude
La présente étude s’appuie sur les données tirées de l’Enquête sur le don, le bénévolat et la participation de 2023 pour examiner les tendances en matière de bénévolat au sein des groupes de population racisés au Canada. Plus précisément, elle porte sur les taux de bénévolat et les heures qui y sont consacrées, les caractéristiques des bénévoles racisés, les secteurs bénéficiant du bénévolat, les types d’activités bénévoles, ainsi que sur les motivations et les obstacles liés au fait de faire du bénévolat.
- En 2023, 70 % des Canadiennes et des Canadiens racisés avaient fait du bénévolat au cours des 12 mois précédant l’enquête. Leur contribution bénévole annuelle représentait une moyenne de 145 heures par personne.
- Les activités de bénévolat informel, à savoir l’aide apportée directement à autrui ou la participation à des activités qui renforcent la communauté, étaient plus courantes que les activités de bénévolat encadré, c’est-à-dire effectuées par l’intermédiaire d’un organisme (64 % par rapport à 29 %).
- Les tendances observées en matière de bénévolat au sein des groupes de population racisés ont révélé un profil similaire à celui de la population bénévole dans son ensemble : les bénévoles avaient tendance à être plus jeunes et à avoir un niveau de scolarité et de revenu plus élevé.
- Les personnes racisées nées au Canada (79 %) étaient plus susceptibles de faire du bénévolat que les immigrants racisés (67 %). Les taux de bénévolat enregistrés chez les bénévoles racisés nés au Canada étaient également plus élevés que ceux observés chez leurs homologues non racisés et non autochtones nés au Canada (74 %) et à l’extérieur du pays (70 %).
- Les taux plus élevés de bénévolat enregistrés chez les personnes racisées nées au Canada s’observaient au sein de tous les groupes de population racisés. Par exemple, chez les Sud-Asiatiques, qui affichaient l’un des taux de bénévolat les plus élevés, 82 % des personnes nées au Canada avaient fait du bénévolat au cours des 12 mois précédant l’enquête, comparativement à 69 % des immigrants de ce groupe.
- Le désir d’aider la communauté était la principale motivation à faire du bénévolat chez les personnes racisées et celles non racisées et non autochtones interviewées dans le cadre de l’enquête. Cependant, les bénévoles racisés étaient plus susceptibles de déclarer avoir donné de leur temps afin de découvrir leurs points forts, se constituer un réseau social et améliorer leurs perspectives d’emploi.
- Bien que les personnes racisées ainsi que les personnes non racisées et non autochtones aient indiqué que le manque de temps était le principal obstacle les empêchant de faire du bénévolat, cet obstacle a été plus souvent déclaré par les Canadiennes et les Canadiens racisés.
Introduction
La richesse de la diversité ethnique et culturelle du Canada continue de croître, portée par la hausse de la proportion des personnes appartenant à un groupe raciséNote . Cette diversité contribue à façonner toutes les sphères de la vie canadienne. Des recherches antérieures ont mis en évidence les contributions de divers groupes de population au marché du travailNote , au secteur des sports et loisirsNote , aux dimensions de l’engagement civique et de la participation politiqueNote , ainsi qu’à d’autres aspects de la vie canadienne. Cependant, jusqu’à présent, on connaissait mal les contributions des Canadiennes et des Canadiens racisés au secteur du bénévolat, lequel a une incidence sociale et économique importante aux niveaux individuel et communautaire.
En 2023, des renseignements sur les groupes de population ont été recueillis pour la première fois dans le cadre de l’Enquête sur le don, le bénévolat et la participation (EDBP), ce qui a permis d’examiner les tendances nationales en matière de bénévolat chez les Canadiennes et les Canadiens racisés. Les populations racisées sont d’une incroyable diversité; elles comprennent différents groupes, dont les Noirs, les Sud-Asiatiques, les Chinois, les Philippins, les Arabes, les Latino-Américains, les Asiatiques du Sud-Est, les Asiatiques occidentaux, les Coréens et les Japonais. Chaque groupe se distingue par des expériences uniques dont le recoupement avec des caractéristiques sociodémographiques peut influer sur l’engagement bénévole.
La présente étude offre un premier regard sur les taux et les heures de bénévolat enregistrés au sein des groupes racisés grâce à l’examen des caractéristiques des bénévoles racisés, des secteurs bénéficiant du bénévolat, des types d’activités bénévoles, ainsi que des motivations à faire du bénévolat et des obstacles à l’engagement bénévole. L’article est divisé en trois sections. La première section présente les résultats globaux en matière de bénévolat et est suivie d’un examen plus approfondi de deux formes de bénévolat : 1) le bénévolat encadré et 2) le bénévolat informel.
Étant donné que les bénévoles jouent un rôle important dans la promotion du bien-être de la communauté et sont essentiels au succès et à la durabilité des activités non rémunérées, l’établissement des tendances du bénévolat au sein de divers groupes peut avoir une incidence notable sur le secteur du bénévolat. Parmi les retombées possibles, mentionnons l’adaptation des initiatives de recrutement et de fidélisation des bénévoles à des fins d’inclusion, la facilitation de l’élaboration de programmes de bénévolat axés sur l’équité, la promotion d’une représentation diversifiée des bénévoles afin de mieux servir les communautés et l’amélioration des activités bénévoles existantes en tirant parti des compétences, des talents et des expériences de Canadiennes et de Canadiens issus de milieux diversifiés.
Au cours des 12 mois précédant l’enquête, 7 Canadiennes et Canadiens racisés sur 10 ont fait du bénévolat
En 2023, 70 % des Canadiennes et Canadiens racisés avaient fait du bénévolat au cours des 12 mois précédant l’enquête, que ce soit de manière encadrée — c’est-à-dire pour le compte d’une organisation caritative ou sans but lucratif —, ou de manière informelle, en aidant directement les gens ou en contribuant à améliorer la communauté. Au total, leurs contributions bénévoles se sont élevées à 936 millions d’heures, ce qui représente une moyenne annuelle de 145 heures par personne (tableau 1). Ce temps a été consacré à une gamme d’activités et a permis de soutenir un large éventail de causes.
| Formes de bénévolat | Proportion | Intervalle de confiance de 95 % | Nombre moyen d’heures de bénévolat (par année) | |
|---|---|---|---|---|
| Limite inférieure | Limite supérieure | |||
| pourcentage | nombre | |||
| Source : Statistique Canada, Enquête sur le don, le bénévolat et la participation, 2023. | ||||
| Total | 70 | 69 | 72 | 145 |
| Bénévolat encadré | 29 | 28 | 30 | 90 |
| Bénévolat informel | 64 | 63 | 66 | 118 |
À l’instar de ce qui a été observé au chapitre des tendances générales en matière de bénévolat, les Canadiennes et les Canadiens racisés ont le plus souvent apporté leur aide directement à autrui, par exemple en aidant les personnes ne faisant pas partie de leur ménage, y compris les membres de la famille élargie, les voisins et les inconnus, et en participant au renforcement de la communauté. En 2023, 64 % des Canadiennes et des Canadiens racisés ont déclaré avoir apporté une aide directe à autrui. Ce taux de bénévolat informel était deux fois plus élevé que celui enregistré pour le bénévolat effectué de manière plus encadrée (29 %).
Dans certains cas, les bénévoles racisés ont pris part à des activités de bénévolat informel et à des activités de bénévolat encadré, au lieu de s’en tenir exclusivement à une seule forme de bénévolat. En 2023, le tiers (33 %) des bénévoles racisés ont donné de leur temps à autrui et à leur communauté, en plus de faire du bénévolat pour le compte d’un organisme.
Les taux de bénévolat sont plus élevés chez les personnes racisées nées au Canada que chez les immigrants racisés
Au sein des groupes de population racisés, le profil des bénévoles reflète les tendances générales en matière de bénévolat, leur probabilité de faire du bénévolat selon différentes caractéristiques démographiques étant similaire à celle enregistrée chez la population non racisée et non autochtone. Par exemple, le fait d’être plus jeune est un facteur prédictif du bénévolat, ce que les données recueillies en 2023 ont également confirmé dans le cas des Canadiennes et des Canadiens racisés. Plus précisément, 81 % des adolescents et des jeunes adultes racisés de 15 à 24 ans ont donné de leur temps, de manière encadrée ou informelle (tableau 2). Chez les adultes racisés, cette proportion diminuait; elle s’établissait à 74 % chez les personnes de 35 à 44 ans et continuait à diminuer avec l’âge. En effet, le taux le plus bas a été observé chez les personnes de 75 ans et plus (43 %).
Au-delà de l’âge, les personnes racisées présentaient d’autres similitudes avec les personnes non racisées et non autochtones en ce qui concerne la probabilité de faire du bénévolat. Les Canadiennes et les Canadiens racisés, comme les personnes non racisées et non autochtones, étaient plus susceptibles de faire du bénévolat lorsque le revenu de leur ménage et leur niveau de scolarité étaient plus élevés. Par ailleurs, le genre et le fait d’avoir une incapacité ne jouaient aucun rôle notable quant à la probabilité de faire du bénévolat chez les Canadiennes et les Canadiens racisés, ce qui reflète une fois de plus les tendances observées chez les personnes non racisées et non autochtones.
Le fait d’être né au Canada est un facteur prédictif important du bénévolat, comme on l’a observé chez les personnes racisées ainsi que chez celles non racisées et non autochtones. Ce facteur pourrait être considéré comme plus pertinent lorsqu’il est question de l’engagement bénévole des personnes racisées, puisque les trois quarts (75 %) de celles-ci sont nées à l’extérieur du paysNote . À titre illustratif, bien que les taux de bénévolat enregistrés chez les Canadiennes et les Canadiens racisés (70 %) semblent inférieurs à ceux observés chez leurs homologues non racisés et non autochtones (74 %), cette différence reflète les tendances observées en ce qui a trait au lieu de naissance.
En effet, les personnes racisées nées au Canada affichaient le taux de bénévolat le plus élevé, lequel s’établissait à 79 %. Il s’agit d’un taux supérieur à celui enregistré chez les personnes non racisées et non autochtones nées au Canada (74 %). Chez les immigrants racisés (67 %) ainsi que chez les immigrants non racisés et non autochtones (70 %), le bénévolat était moins répandu, ce qui reflète probablement les désavantages particuliers auxquels sont confrontés les immigrants en matière d’intégration sociale, tels que la méconnaissance d’une langue officielle et de plus petits réseaux de soutien social. Ces résultats soulignent l’importance d’examiner le recoupement entre les groupes de population racisés et ceux issus de l’immigration, non seulement en ce qui a trait à la fréquence du bénévolat ou à la probabilité globale d’en faire, mais aussi en ce qui a trait aux tendances en la matière, c’est-à-dire le secteur choisi pour faire du bénévolat, la façon de s’engager dans la communauté et les raisons qui sous-tendent cette décision.
| Caractéristiques | Personnes racisées | Personnes non racisées et non autochtones | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Proportion | Intervalle de confiance de 95 % | Proportion | Intervalle de confiance de 95 % | |||
| Limite inférieure | Limite supérieure | Limite inférieure | Limite supérieure | |||
| pourcentage | ||||||
|
||||||
| Total | 70 | 69 | 72 | 74 | 73 | 75 |
| Genre | ||||||
| Hommes+ | 72 | 70 | 74 | 74 | 72 | 75 |
| Femmes+ (réf.) | 69 | 67 | 71 | 74 | 73 | 75 |
| Groupe d’âge | ||||||
| 15 à 24 ans (réf.) | 81 | 77 | 85 | 81 | 78 | 84 |
| 25 à 34 ans | 75 | 72 | 78 | 76 | 74 | 79 |
| 35 à 44 ans | 74 Tableau 2 Note * | 71 | 77 | 77 | 74 | 80 |
| 45 à 54 ans | 67 Tableau 2 Note * | 64 | 71 | 77 | 74 | 79 |
| 55 à 64 ans | 63 Tableau 2 Note * | 59 | 67 | 76 Tableau 2 Note * | 74 | 78 |
| 65 à 74 ans | 58 Tableau 2 Note * | 53 | 62 | 70 Tableau 2 Note * | 67 | 72 |
| 75 ans et plus | 43 Tableau 2 Note * | 37 | 49 | 57 Tableau 2 Note * | 54 | 60 |
| Statut d’immigrant | ||||||
| Personne née à l’extérieur du Canada | 67 Tableau 2 Note * | 66 | 69 | 70 Tableau 2 Note * | 67 | 73 |
| Immigrant récent (admis au cours des cinq années précédentes) | 66 Tableau 2 Note * | 56 | 76 | F trop peu fiable pour être publié | F trop peu fiable pour être publié | F trop peu fiable pour être publié |
| Immigrant établi (admis il y a plus de cinq ans) | 67 Tableau 2 Note * | 66 | 69 | 70 | 67 | 73 |
| Personne née au Canada (réf.) | 79 | 76 | 82 | 74 | 73 | 75 |
| Situation vis-à-vis de l’incapacité | ||||||
| Personne ayant une incapacité | 70 | 67 | 72 | 73 | 71 | 74 |
| Personne sans incapacité (réf.) | 71 | 69 | 72 | 75 | 73 | 76 |
| 2ELGBTQ+ | ||||||
| Oui | 78 Tableau 2 Note * | 73 | 84 | 86 Tableau 2 Note * | 82 | 89 |
| Non (réf.) | 71 | 69 | 73 | 73 | 72 | 74 |
| Niveau de scolarité | ||||||
| Sans diplôme d'études secondaires (réf.) | 62 Tableau 2 Note * | 58 | 67 | 57 | 54 | 60 |
| Études secondaires | 68 Tableau 2 Note * | 65 | 71 | 71 Tableau 2 Note * | 69 | 73 |
| Études postsecondaires partielles | 68 Tableau 2 Note * | 65 | 71 | 74 Tableau 2 Note * | 73 | 76 |
| Université | 76 | 74 | 78 | 86 Tableau 2 Note * | 85 | 88 |
| Emploi | ||||||
| En emploi (réf.) | 74 | 72 | 76 | 78 | 76 | 79 |
| Sans emploi | 78 | 74 | 83 | 84 Tableau 2 Note * | 79 | 88 |
| Personne inactive | 60 Tableau 2 Note * | 58 | 63 | 67 Tableau 2 Note * | 65 | 68 |
| Revenu personnel | ||||||
| Quintile inférieur (réf.) | 72 | 69 | 75 | 76 | 73 | 79 |
| Deuxième quintile | 66 | 62 | 69 | 67 Tableau 2 Note * | 64 | 69 |
| Troisième quintile | 65 | 62 | 69 | 69 Tableau 2 Note * | 67 | 71 |
| Quatrième quintile | 71 | 67 | 74 | 76 | 74 | 78 |
| Quintile supérieur | 79 Tableau 2 Note * | 76 | 81 | 81 Tableau 2 Note * | 79 | 82 |
| Présence d’enfants de moins de 18 ans dans le ménage | ||||||
| Oui | 72 | 70 | 75 | 79 Tableau 2 Note * | 76 | 81 |
| Non (réf.) | 69 | 67 | 71 | 72 | 71 | 73 |
Le taux de bénévolat varie quelque peu d’un groupe de population à l’autre
Au Canada, la population racisée est diversifiéeNote . Toutefois, les trois groupes racisés les plus importants — les Sud-Asiatiques, les Chinois et les Noirs — représentent ensemble 16 % de la population totaleNote . Pour permettre une plus grande désagrégation des données et mieux comprendre les diverses expériences des groupes de population racisés, ceux-ci ont été suréchantillonnés dans le cadre de l’EDBP.
Les résultats de l’EDBP de 2023 semblent indiquer que le taux de bénévolat varie d’un groupe racisé à l’autre. Chez les Sud-Asiatiques (72 %) et les Noirs (74 %), les taux étaient plus élevés que ceux enregistrés pour les Chinois (68 %) et les autres personnes racisées (69 %). Toutefois, au sein de ces groupes, ces taux globaux masquent d’importantes différences entre les personnes nées au Canada et les immigrants.
Les immigrants appartenant à ces groupes racisés étaient notamment moins susceptibles que leurs homologues nés au Canada de faire du bénévolat, à l’instar des personnes racisées et de celles non racisées et non autochtones chez qui on a relevé une tendance générale similaire. Au sein des différents groupes de population racisés, les taux de bénévolat enregistrés chez les personnes nées au Canada étaient égaux ou supérieurs à celui observé pour l’ensemble des personnes non racisées et non autochtones nées au Canada (74 %) (tableau 3).
| Groupe de population | Proportion | Intervalle de confiance de 95 % | |
|---|---|---|---|
| Limite inférieure | Limite supérieure | ||
| pourcentage | |||
|
|||
| Total, personnes racisées | 70 Tableau 3 Note * | 69 | 72 |
| Personnes nées au Canada | 79 Tableau 3 Note * | 76 | 82 |
| Immigrants | 67 Tableau 3 Note * | 66 | 69 |
| Sud-Asiatique | 72 | 70 | 74 |
| Personnes nées au Canada | 82 Tableau 3 Note * | 77 | 87 |
| Immigrants | 69 Tableau 3 Note * | 66 | 71 |
| Chinois | 68 Tableau 3 Note * | 66 | 71 |
| Personnes nées au Canada | 78 | 71 | 84 |
| Immigrants | 65 Tableau 3 Note * | 63 | 67 |
| Noir | 74 | 72 | 76 |
| Personnes nées au Canada | 79 | 75 | 84 |
| Immigrants | 72 | 70 | 74 |
| Autres personnes racisées | 69 Tableau 3 Note * | 66 | 72 |
| Personnes nées au Canada | 79 | 73 | 85 |
| Immigrants | 66 Tableau 3 Note * | 62 | 69 |
| Total, personnes non racisées et non autochtones (réf.) | 74 | 73 | 75 |
| Personnes nées au Canada | 74 | 73 | 75 |
| Immigrants | 70 | 67 | 73 |
La pratique religieuse est associée à un niveau plus élevé de participation bénévole
Historiquement, la participation régulière à des services ou à des événements religieux a été associée à des niveaux accrus de participation bénévoleNote , et cette tendance a également été observée chez les personnes racisées. En 2023, 76 % des personnes racisées ayant assisté à des services religieux au cours de l’année précédente ont fait du bénévolat, comparativement à 64 % de celles n’ayant pas participé à de telles activités. Le lien entre la pratique religieuse et la probabilité accrue de faire du bénévolat s’observait tant chez les personnes racisées nées au Canada que chez celles nées à l’extérieur du pays. Cependant, le nombre d’heures consacrées au bénévolat ne variait pas en fonction de la pratique religieuse. Cette constatation contraste avec les tendances observées au sein de la population bénévole non racisée et non autochtone dont le nombre d’heures consacrées au bénévolat était plus élevé chez les personnes qui assistaient à des services religieux.
Bénévolat encadré
La plupart des bénévoles racisés donnent régulièrement de leur temps à des organismes et à des groupes
Le bénévolat effectué par l’intermédiaire d’organismes et de groupes est souvent structuré et peut parfois prendre la forme d’une participation ponctuelle, par exemple en offrant son aide lors d’un événement. Il peut aussi s’agir d’un engagement continu, comme approvisionner régulièrement les étagères d’une banque alimentaire. Ces deux types d’activités sont considérés comme du bénévolat encadré. Dans l’ensemble, 29 % des personnes racisées ont fait du bénévolat encadré, cette proportion s’élevant à 36 % chez les personnes racisées nées au Canada et à 27 % chez les immigrants racisés.
Le plus souvent, les personnes faisant du bénévolat encadré avaient un emploi du temps récurrent. Plus précisément, 28 % des bénévoles racisés ont donné de leur temps sur une base hebdomadaire, 21 % sur une base mensuelle et une plus petite proportion (6 %) ont donné de leur temps sur une base quotidienne. Les 46 % restants ont exercé leurs activités de manière épisodique, soit d’une à quatre fois par année. La fréquence du bénévolat encadré chez les bénévoles racisés reflète les tendances générales, et aucune différence n’a été relevée entre les bénévoles racisés nés au Canada et ceux issus de l’immigration.
À l’instar des tendances générales observées en matière de bénévolat, les deux mesures de l’intensité de l’engagement bénévole — la fréquence du bénévolat et le nombre d’heures qui y sont consacrées — vont de pair chez les bénévoles racisés. Les personnes de ce groupe qui font du bénévolat sur une base quotidienne ont enregistré le plus grand nombre moyen d’heures de bénévolat par année, soit 407 heures, ou environ 8 heures par semaine. À titre de comparaison, les personnes faisant du bénévolat hebdomadairement ont effectué en moyenne 156 heures de bénévolat par année, celles dont la fréquence de bénévolat est mensuelle, 67 heures et celles faisant du bénévolat une ou deux fois par année, 13 heures.
Dans l’ensemble, les personnes racisées ont consacré en moyenne 90 heures par année au bénévolat pour le compte d’un organisme ou d’un groupe, et celles nées au Canada et issues de l’immigration ont affiché des niveaux similaires de bénévolat encadré.
Les services religieux et sociaux sont les secteurs qui reçoivent le plus souvent l’aide de bénévoles racisés
Bien que les organismes de bienfaisance et les organismes sans but lucratif qui bénéficient du dévouement des bénévoles soient nombreux, les Canadiennes et les Canadiens racisés ont le plus souvent fait du bénévolat dans deux secteurs : les organismes religieux et les services sociaux (tableau 4). Le quart (25 %) des bénévoles racisés ont donné de leur temps à des organismes religieux. Cette proportion est similaire à celle (24 %) enregistrée chez les personnes racisées qui ont offert leur aide aux organismes de services sociaux, lesquels comprennent les organismes de services aux familles, de services d’urgence et de secours, et d’aide au revenu. Venait ensuite le secteur de l’enseignement et de la recherche (15 %), suivi du secteur des sports et des loisirs (12 %) et du secteur du développement et du logement (8 %).
Le niveau de participation bénévole était de loin le plus élevé chez les bénévoles racisés du secteur religieux, le nombre total d’heures de bénévolat y dépassant celui enregistré dans tous les autres secteurs. Plus précisément, les bénévoles racisés ont consacré 65 millions d’heures au secteur religieux, soit environ le double du nombre total d’heures de bénévolat effectuées dans tous les autres secteurs (tableau 4). Ce résultat contraste avec les tendances observées chez les bénévoles non racisés et non autochtones, pour lesquels le nombre total d’heures de bénévolat enregistré dans le secteur religieux ne différait pas beaucoup de celui relevé dans les autres secteurs.
L’engagement accru des bénévoles racisés dans le secteur religieux est en grande partie attribuable aux immigrants racisés (28 %), qui sont plus susceptibles que les personnes racisées nées au Canada (19 %) de faire du bénévolat dans ce secteur. Parmi les autres différences observées entre ces deux sous-groupes, mentionnons la plus grande probabilité des bénévoles racisés nés au Canada à consacrer leur temps au secteur de l’enseignement et de la recherche (23 % par rapport à 11 % chez les immigrants racisés) et à leur plus grand niveau de participation dans le secteur des sports et des loisirs (17 % par rapport à 10 %).
| Secteur | Bénévolat encadré | ||||
|---|---|---|---|---|---|
| Proportion | Intervalle de confiance de 95 % | Total des heures (millions) | Nombre moyen d’heures (par année) |
||
| Limite inférieure | Limite supérieure | ||||
| pourcentage | nombre | ||||
|
|||||
| Religion | 25 | 23 | 27 | 65 | 96 |
| Services sociaux | 24 | 22 | 26 | 33 | 52 |
| Enseignement et recherche | 15 | 13 | 17 | 23 | 59 |
| Sports et loisirs | 12 | 11 | 14 | 21 | 64 |
| Développement et logement | 8 | 7 | 9 | 10 | 45 |
| Santé | 7 | 6 | 8 | 13 | 70 E à utiliser avec prudence |
| Universités et collèges | 6 | 5 | 7 | 9 | 55 |
| Hôpitaux | 5 | 4 | 6 | 9 | 63 E à utiliser avec prudence |
| Arts et culture | 5 | 4 | 6 | 9 | 73 E à utiliser avec prudence |
| Droit, défense des intérêts et politique | 5 | 4 | 6 | 8 | 67 E à utiliser avec prudence |
| Environnement | 3 | 3 | 4 | 3 | 33 E à utiliser avec prudence |
| Octroi de subventions, collecte de fonds et promotion du bénévolat | 3 | 2 | 4 | 3 | 37 E à utiliser avec prudence |
| International | 3 | 2 | 3 | 4 | 64 E à utiliser avec prudence |
| Associations d’affaires, associations professionnelles et syndicats | 2 | 1 | 3 | 4 | 75 E à utiliser avec prudence |
Les bénévoles racisés sont moins susceptibles de siéger à des conseils d’administration et à des comités de bénévoles
Le type d’activités bénévoles et les tâches particulières réalisées pour le compte d’organisations et de groupes varient considérablement, bien que les bénévoles racisés soient de loin les plus susceptibles de prendre part à l’organisation d’événements. En effet, 43 % d’entre eux ont organisé, coordonné ou supervisé des événements (graphique 1). Bien que ce chiffre soit supérieur à celui enregistré chez les bénévoles non racisés et non autochtones (38 %), l’organisation d’événements demeurait la principale activité bénévole encadrée pour tous les groupes. Cette constatation s’applique aux bénévoles racisés et aux bénévoles non racisés et non autochtones, qu’ils soient nés au Canada ou immigrants.
Cependant, le résultat le plus frappant dans le contexte du bénévolat effectué par les Canadiennes et les Canadiens racisés pourrait être leur plus faible probabilité de siéger à un conseil ou à un comité (20 %), par rapport à leurs homologues non racisés et non autochtones (32 %). Cette possible sous-représentation des bénévoles racisés dans les groupes de prise de décision a été soulevée comme une importante lacune en matière d’équité dans le secteur du bénévolatNote . D’autres différences notables ont été observées. Les activités d’enseignement et de mentorat étaient plus courantes chez les bénévoles racisés (34 %) que chez les bénévoles non racisés et non autochtones (26 %), tandis que les travaux d’entretien et de réparation étaient deux fois plus courants chez les bénévoles non racisés et non autochtones (16 %) que chez leurs homologues racisés (8 %).

Tableau de données du graphique 1
| Types d’activités de bénévolat encadré | Bénévoles racisés | Bénévoles non racisés et non autochtones (réf.) | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Proportion | Intervalle de confiance de 95 % | Proportion | Intervalle de confiance de 95 % | |||
| Limite inférieure | Limite supérieure | Limite inférieure | Limite supérieure | |||
| pourcentage | ||||||
Source : Statistique Canada, Enquête sur le don, le bénévolat et la participation, 2023. |
||||||
| Organiser des événements | 43 Tableau de données du Graphique 1 Note * | 40 | 45 | 38 | 37 | 39 |
| Enseigner ou agir à titre de mentor | 34 Tableau de données du Graphique 1 Note * | 32 | 36 | 26 | 25 | 28 |
| Solliciter des fonds | 30 Tableau de données du Graphique 1 Note * | 28 | 32 | 35 | 33 | 36 |
| Recueillir, servir ou distribuer de la nourriture ou d’autres biens | 29 Tableau de données du Graphique 1 Note * | 27 | 31 | 24 | 23 | 25 |
| Donner des avis ou des conseils | 22 | 20 | 24 | 20 | 18 | 21 |
| Siéger à un comité ou à un conseil d’administration | 20 Tableau de données du Graphique 1 Note * | 18 | 22 | 32 | 31 | 33 |
| Autres activités bénévoles | 19 | 17 | 21 | 19 | 17 | 20 |
| Accomplir du travail de bureau ou la tenue des livres | 18 | 16 | 19 | 17 | 16 | 18 |
| Assurer la prestation de soins de santé ou offrir du soutien | 17 | 15 | 18 | 17 | 16 | 18 |
| Assurer un transport bénévole | 15 | 13 | 16 | 14 | 13 | 15 |
| Agir à titre d’entraîneur ou d’arbitre | 12 | 10 | 14 | 13 | 12 | 14 |
| Participer à des activités ayant pour objet la protection de l’environnement | 9 Tableau de données du Graphique 1 Note * | 8 | 10 | 12 | 11 | 13 |
| Effectuer du travail d’entretien ou de réparation | 8 Tableau de données du Graphique 1 Note * | 7 | 10 | 16 | 15 | 17 |
| Faire du porte-à-porte | 6 Tableau de données du Graphique 1 Note * | 5 | 7 | 4 | 3 | 4 |
| Donner les premiers soins ou participer à la lutte contre les incendies | 4 | 3 | 5 | 4 | 4 | 5 |
Au total, 4 bénévoles racisés sur 10 se joignent aux membres de leur famille ou à leurs amis pour faire du bénévolat
Le bénévolat effectué par l’intermédiaire d’un groupe ou d’un organisme peut aider les gens à établir de nouveaux liens ainsi qu’à diversifier et à étendre leurs réseaux sociaux, par exemple en ce qui a trait à l’âge, au groupe racisé et aux expériences vécues. En même temps, les gens peuvent choisir de faire du bénévolat avec des membres de leur famille ou leurs amis s’ils préfèrent s’engager bénévolement en groupe plutôt qu’individuellement.
Dans l’ensemble, 46 % des bénévoles racisés se sont joints aux membres de leur famille et à leurs amis pour consacrer leur temps, leur énergie et leurs compétences au bénévolat encadré, les 54 % restant ayant choisi de s’engager individuellement dans des activités de bénévolat. À l’inverse, les bénévoles non racisés et non autochtones ont le plus souvent fait du bénévolat avec les membres de leur famille et leurs amis (57 %), plutôt que seuls (43 %). À ce chapitre, parmi les bénévoles racisés et les bénévoles non racisés et non autochtones, aucune différence n'a été observée entre ceux nés au Canada et ceux nés à l’extérieur du pays.
Le fait de faire une différence est l’une des principales motivations sous-jacentes au bénévolat
Interviewées sur les raisons qui les motivent à faire du bénévolatNote , les personnes racisées et celles non racisées et non autochtones ont indiqué comme principales raisons le fait de pouvoir contribuer à la communauté et de pouvoir mettre à profit leurs compétences et leurs expériences (graphique 2).

Tableau de données du graphique 2
| Raisons de faire du bénévolat encadré | Bénévoles racisés | Bénévoles non racisés et non autochtones (réf.) | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Proportion | Intervalle de confiance de 95 % | Proportion | Intervalle de confiance de 95 % | |||
| Limite inférieure | Limite supérieure | Limite inférieure | Limite supérieure | |||
| pourcentage | ||||||
Source : Statistique Canada, Enquête sur le don, le bénévolat et la participation, 2023. |
||||||
| Contribuer à la communauté | 87 | 85 | 88 | 88 | 87 | 89 |
| Mettre à profit ses compétences et ses expériences | 74 | 72 | 76 | 72 | 71 | 74 |
| Constituer un réseau ou rencontrer des gens | 52 Tableau de données du Graphique 2 Note * | 49 | 55 | 43 | 42 | 45 |
| Découvrir ses propres points forts | 52 Tableau de données du Graphique 2 Note * | 49 | 54 | 36 | 34 | 38 |
| Améliorer son sentiment de bien-être ou sa santé | 51 | 48 | 53 | 48 | 46 | 49 |
Toutefois, certaines différences ont été observées entre les groupes. Par exemple, les bénévoles racisés (52 %) étaient nettement plus susceptibles que les bénévoles non racisés et non autochtones (36 %) de déclarer avoir fait du bénévolat pour découvrir leurs points forts.
De plus, le réseautage et l’épanouissement professionnel figuraient parmi les raisons les plus susceptibles d’être déclarées chez les Canadiennes et les Canadiens racisés, comparativement aux personnes non racisées et non autochtones. Près de la moitié (52 %) des personnes racisées ont indiqué que le fait de réseauter ou de rencontrer des gens était une raison importante pour laquelle elles faisaient du bénévolat, comparativement à 43 % des personnes non racisées et non autochtones. Aucune différence n’a été observée à ce chapitre selon le lieu de naissance (Canada ou ailleurs). Les bénévoles racisés (35 %) étaient également plus susceptibles de déclarer avoir fait du bénévolat pour améliorer leurs perspectives d’emploi, par rapport à leurs homologues non racisés et non autochtones (20 %). L’écart le plus marqué concernant les motivations professionnelles sous-jacentes au bénévolat a été observé entre les personnes racisées nées au Canada (48 %) et les immigrants racisés (28 %).
Conformément aux taux de bénévolat plus élevés dans le secteur religieux, les motivations spirituelles ou religieuses revêtaient une importance particulière chez les immigrants racisés. Plus précisément, les immigrants racisés (42 %) étaient nettement plus susceptibles de déclarer avoir fait du bénévolat en raison de croyances spirituelles ou autres, comparativement aux bénévoles racisés nés au Canada (22 %) et aux bénévoles non racisés et non autochtones aussi nés au Canada (19 %).
Les personnes racisées nées au Canada sont plus susceptibles de se heurter à des obstacles au bénévolat encadré
Malgré les avantages sociaux, psychologiques et économiques bien documentés du bénévolatNote , nombre de Canadiennes et de Canadiens se heurtent à des obstacles qui les empêchent de participer à des activités de bénévolat encadré. Il est essentiel de comprendre ces obstacles — qui vont des contraintes pratiques, telles que le manque de temps, aux circonstances personnelles et aux barrières systémiques — non seulement pour accroître la participation bénévole, mais aussi pour garantir à l’ensemble de la population canadienne un accès équitable et inclusif aux occasions de contribuer à la société.
L’EDBP de 2023 a permis d’examiner les obstacles au bénévolat encadré. On a demandé aux personnes faisant du bénévolat d’indiquer les raisons pour lesquelles elles n’avaient pas fait plus de bénévolat au cours des 12 mois précédant l’enquêteNote et à celles ne faisant pas de bénévolat, les raisons pour lesquelles elles n’en avaient pas fait du tout.
Dans l’ensemble, les Canadiennes et les Canadiens racisés (93 %) étaient aussi susceptibles d’indiquer au moins un obstacle au bénévolat encadré que les personnes non racisées et non autochtones (92 %). Toutefois, lorsque les groupes racisés et ceux issus de l’immigration ont été examinés plus en détail, les personnes racisées nées au Canada (95 %) étaient légèrement plus susceptibles de déclarer au moins un obstacle au bénévolat encadré, comparativement aux immigrants racisés (92 %), aux personnes non racisées et non autochtones nées au Canada (92 %) et aux immigrants non racisés (91 %). Chez les personnes racisées nées au Canada, cette probabilité plus élevée d’être confronté à des obstacles au bénévolat a été observée exclusivement au sein des groupes de population Chinois et Noir, aucune autre différence n’ayant été observée au sein des autres groupes.
Le manque de temps était l’obstacle au bénévolat encadré le plus fréquemment invoqué par les personnes racisées ainsi que par les personnes non racisées et non autochtones. Les deux principaux défis indiqués par l’ensemble des Canadiennes et des Canadiens étaient le manque de temps et le fait de ne pas être en mesure de prendre un engagement à long terme (graphique 3).

Tableau de données du graphique 3
| Obstacles au bénévolat encadré | Personnes racisées | Personnes non racisées et non autochtones (réf.) | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Proportion | Intervalle de confiance de 95 % | Proportion | Intervalle de confiance de 95 % | |||
| Limite inférieure | Limite supérieure | Limite inférieure | Limite supérieure | |||
| pourcentage | ||||||
Source : Statistique Canada, Enquête sur le don, le bénévolat et la participation, 2023. |
||||||
| Le fait de manquer de temps | 76 Tableau de données du Graphique 3 Note * | 74 | 77 | 66 | 65 | 67 |
| Le fait de ne pas être en mesure de prendre un engagement à long terme | 56 Tableau de données du Graphique 3 Note * | 54 | 57 | 47 | 45 | 48 |
| Le fait de ne pas recevoir d’invitation à faire du bénévolat | 51 Tableau de données du Graphique 3 Note * | 49 | 52 | 40 | 39 | 42 |
| Le fait de ne pas savoir comment s’impliquer ou s’impliquer davantage | 41 Tableau de données du Graphique 3 Note * | 39 | 42 | 21 | 21 | 22 |
| Le fait de ne pas être sollicité pour contribuer de manière importante à ses yeux | 36 Tableau de données du Graphique 3 Note * | 35 | 38 | 27 | 26 | 28 |
Si les obstacles liés au temps ont été couramment déclarés par les personnes racisées et les personnes non racisées et non autochtones, ils l’ont été plus souvent par les Canadiennes et les Canadiens racisés. En effet, les trois quarts (76 %) des personnes racisées ont indiqué ne pas avoir assez de temps pour faire du bénévolat ou pour augmenter leur niveau actuel de participation bénévole. À titre de comparaison, 66 % des personnes non racisées et non autochtones ont déclaré la même chose. De plus, les personnes racisées nées au Canada (82 %) étaient nettement plus susceptibles que les immigrants racisés (74 %) de déclarer que le manque de temps constituait un obstacle au bénévolat.
Le manque de temps comme obstacle à la participation bénévole se traduit souvent par une incapacité à s’engager à long terme dans des activités de bénévolat encadré. Encore une fois, un plus grand nombre de Canadiennes et de Canadiens racisés (56 %) ont invoqué cette raison que de personnes non racisées et non autochtones (47 %).
Outre les contraintes de temps et les enjeux liés à l’engagement, les Canadiennes et les Canadiens racisés ont été davantage confrontés à des obstacles liés au manque de connaissances, d’accessibilité et de renseignements. Par exemple, 41 % des personnes racisées ont déclaré ne pas savoir comment s’impliquer, soit près du double de la proportion enregistrée chez les personnes non racisées et non autochtones (21 %). Les immigrants racisés étaient les plus touchés par cette situation : 42 % d’entre eux ont déclaré ne pas savoir comment participer à des activités de bénévolat encadré, comparativement à 36 % des personnes racisées nées au Canada.
À l’exception des problèmes de santé et du manque d’intérêt, tous les autres obstacles au bénévolat encadré, y compris les coûts financiers liés au bénévolat, ont été plus souvent indiqués par les personnes racisées que par les personnes non racisées et non autochtones.
Bénévolat informel
Les personnes racisées nées au Canada sont les plus susceptibles de fournir une aide directe ou de participer à des activités qui contribuent à améliorer la communauté
D’autres formes de bénévolat peuvent être des sources de soutien tout aussi importantes que le bénévolat effectué par l’intermédiaire d’un organisme. Ces autres activités bénévoles comprennent l’aide directe apportée à des voisins, à des membres de la famille et à des amis ne faisant pas partie du ménage et l’engagement dans des activités qui renforcent la communauté, telles que l’entretien d’un espace public (pour obtenir plus de renseignements sur le bénévolat informel, veuillez consulter la section Sources de données, méthodes et définitions).
Dans l’ensemble, 64 % des personnes racisées ont fait du bénévolat informel, bien que les taux soient plus élevés chez les personnes nées au Canada. Plus précisément, 73 % des personnes racisées nées au Canada ont fait du bénévolat informel, ce qui est supérieur à la proportion enregistrée chez les immigrants racisés (62 %) de même qu’aux taux observés chez les personnes non racisées et non autochtones (69 % chez les personnes nées au Canada et 64 % chez les immigrants).
En moyenne, les Canadiennes et les Canadiens racisés ont consacré 115 heures à aider directement les gens ou leur communauté. Aucun écart important entre les groupes racisés n’a été enregistré à ce chapitre.
Les tâches ménagères et les travaux d’entretien de la maison sont les activités de bénévolat informel les plus courantes
En ce qui concerne le bénévolat informel, l’aide directe apportée à autrui était beaucoup plus fréquente que l’engagement dans des activités visant à renforcer la communauté. En 2023, 62 % des Canadiennes et des Canadiens racisés ont aidé directement des amis, des connaissances, des voisins et des membres de leur famille ne faisant pas partie de leur ménage, tandis que 21 % ont participé à l’amélioration de leur communauté, par exemple en entretenant un espace public.
De plus, les taux enregistrés au chapitre de l’aide directe variaient davantage que les taux de bénévolat communautaire. Plus précisément, les personnes racisées nées au Canada (71 %) étaient plus susceptibles que les immigrants racisés (59 %) de fournir de l’aide à une personne ne faisait pas partie de leur ménage au cours des 12 mois précédant l’enquête (tableau 5). Par ailleurs, aucune différence importante relative à la probabilité de participer à des activités visant à améliorer la communauté n’a été constatée entre les personnes racisées nées au Canada (23 %) et les immigrants racisés (20 %).
| Personnes racisées | Personnes non racisées et non autochtones (réf.) | |||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Total | Personnes nées au Canada | Immigrants | Total | Personnes nées au Canada | Immigrants | |
| pourcentage | ||||||
Source : Statistique Canada, Enquête sur le don, le bénévolat et la participation, 2023. |
||||||
| Total, bénévolat informel | 64 Tableau 5 Note * | 73 | 62 Tableau 5 Note † | 68 | 69 | 64 Tableau 5 Note † |
| Aide directe à autrui | 62 Tableau 5 Note * | 71 | 59 Tableau 5 Note † | 66 | 66 | 61 Tableau 5 Note † |
| Amélioration de la communauté | 21 | 23 | 20 | 21 | 21 | 21 |
En ce qui a trait aux types particuliers d’activités de bénévolat informel, l’aide aux tâches ménagères (telles que la préparation des repas, le nettoyage et la lessive), à l’entretien de la maison et aux travaux extérieurs figuraient en tête de liste (tableau 6). Environ les deux tiers (65 %) des bénévoles racisés ont déclaré avoir aidé une personne en accomplissant ces tâches, y consacrant en moyenne une heure par semaine ou 51 heures par année. De plus, 51 % des bénévoles racisés ont aidé une personne à faire ses courses et à se déplacer, qu’il s’agisse de l’accompagner au magasin ou à un rendez-vous, et 43 % ont déclaré avoir aidé une personne en lui donnant des soins de santé ou des soins personnels.
Bien que ces exemples constituent les principaux types d’activités de bénévolat informel auxquelles ont participé les personnes nées au Canada et les immigrants, quelques différences ont été observées entre ces deux sous-groupes. Premièrement, une plus grande proportion de personnes racisées nées au Canada (47 %) que d’immigrants racisés (42 %) ont déclaré avoir donné des soins de santé. Deuxièmement, les personnes racisées nées au Canada (24 %) étaient plus susceptibles que les immigrants racisés (17 %) d’offrir des leçons gratuites, de l’encadrement et du tutorat.
| Type d’activités de bénévolat informel | Personnes racisées | Personnes non racisées et non autochtones (réf.) | ||||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Total | Personnes nées au Canada | Immigrants | Total | Personnes nées au Canada | Immigrants | |||||||||||||
| Proportion | Intervalle de confiance de 95 % | Proportion | Intervalle de confiance de 95 % | Proportion | Intervalle de confiance de 95 % | Proportion | Intervalle de confiance de 95 % | Proportion | Intervalle de confiance de 95 % | Proportion | Intervalle de confiance de 95 % | |||||||
| Limite inférieure | Limite supérieure | Limite inférieure | Limite supérieure | Limite inférieure | Limite supérieure | Limite inférieure | Limite supérieure | Limite inférieure | Limite supérieure | Limite inférieure | Limite supérieure | |||||||
| pourcentage | ||||||||||||||||||
|
||||||||||||||||||
| Aide directe à autrui | ||||||||||||||||||
| Accomplir des tâches ménagères ou liées à l’entretien de la maison | 65 Tableau 6 Note * | 63 | 67 | 68 | 64 | 72 | 64 | 62 | 66 | 69 | 68 | 70 | 70 | 68 | 71 | 64 | 61 | 68 |
| Faire des courses et assurer le transport ou l’accompagnement au magasin ou à un rendez-vous | 51 | 49 | 53 | 51 | 47 | 55 | 51 | 49 | 53 | 48 | 47 | 50 | 49 | 47 | 50 | 44 | 40 | 48 |
| Effectuer des tâches administratives | 32 Tableau 6 Note * | 30 | 33 | 29 | 26 | 33 | 33 | 31 | 35 | 26 | 25 | 27 | 26 | 25 | 27 | 27 | 24 | 31 |
| Donner des soins de santé ou des soins personnels | 43 Tableau 6 Note * | 42 | 45 | 47 Tableau 6 Note † | 43 | 51 | 42 | 40 | 44 | 48 | 47 | 49 | 48 | 47 | 49 | 45 | 41 | 48 |
| Offrir des leçons, de l’encadrement ou du tutorat | 19 Tableau 6 Note * | 18 | 20 | 24 Tableau 6 Note † | 20 | 27 | 17 | 16 | 19 | 12 | 11 | 13 | 11 | 11 | 12 | 14 | 11 | 17 |
| Autres activités | 10 | 9 | 11 | 7 | 5 | 9 | 12 | 10 | 13 | 11 | 11 | 12 | 11 | 10 | 12 | 14 | 12 | 17 |
| Amélioration de la communauté | ||||||||||||||||||
| Entretenir un parc ou un autre espace public, planter des arbres ou réparer des installations publiques | 5 Tableau 6 Note * | 4 | 5 | 4 | 3 | 5 | 5 | 4 | 6 | 6 | 6 | 7 | 6 | 6 | 7 | 6 | 4 | 7 |
| Participer activement à des rencontres publiques où il est question d’affaires communautaires | 8 | 7 | 9 | 7 | 5 | 9 | 8 | 7 | 9 | 9 | 8 | 10 | 9 | 8 | 10 | 10 | 8 | 12 |
| Diffuser des renseignements (en ligne ou ailleurs) pour faire connaître un enjeu à d’autres personnes | 14 | 13 | 15 | 18 Tableau 6 Note † | 15 | 20 | 13 | 11 | 14 | 14 | 13 | 15 | 14 | 13 | 15 | 14 | 11 | 16 |
| Coordonner un groupe ou un événement | 13 Tableau 6 Note * | 12 | 14 | 11 | 9 | 14 | 14 | 13 | 15 | 8 | 7 | 9 | 8 | 7 | 9 | 8 | 6 | 10 |
Conclusion
Il est essentiel de comprendre les tendances relatives à l’engagement bénévole, ainsi que les motivations sous-jacentes au bénévolat et les obstacles à celui-ci chez les personnes racisées afin d’aider le secteur du bénévolat à tirer parti des points forts et des talents des Canadiennes et des Canadiens d’origines diverses.
Les résultats de l’EDBP de 2023 indiquent qu’un bon nombre de Canadiennes et de Canadiens racisés (environ 7 sur 10) ont fait du bénévolat au cours des 12 mois précédant l’enquête, soit par l’intermédiaire d’un organisme, soit de leur propre chef. Les tendances observées en matière de bénévolat au sein des groupes de population racisés ont révélé un profil similaire à celui de la population bénévole dans son ensemble : les bénévoles racisés avaient tendance à être plus jeunes et à avoir des niveaux de scolarité et de revenu plus élevés.
Conformément à ce qu’ont révélé les tendances générales, les personnes racisées nées au Canada étaient plus susceptibles de faire du bénévolat que les immigrants racisés. Cette constatation est particulièrement importante dans le contexte du bénévolat effectué par les Canadiennes et les Canadiens racisés, étant donné que les trois quarts de ceux-ci sont nés à l’extérieur du pays. Par conséquent, cette étude a permis de distinguer les différences entre les tendances relatives au bénévolat chez les personnes racisées nées au Canada et chez les immigrants racisés, afin de fournir un portrait plus nuancé et plus complet du bénévolat.
Dans le cas du bénévolat encadré, la participation bénévole dans le secteur religieux était plus répandue chez les immigrants racisés que chez les personnes racisées nées au Canada. Par ailleurs, le bénévolat dans le secteur de l’enseignement était plus fréquent chez les bénévoles racisés nés au Canada. En outre, des différences ont été observées quant aux types de bénévolat informel réalisé par les bénévoles racisés. Une plus grande proportion de bénévoles racisés nés au Canada que de bénévoles étant des immigrants racisés ont fourni une forme quelconque de soins de santé et d’aide à l’apprentissage et à l’encadrement.
En ce qui concerne les obstacles au bénévolat, les Canadiennes et les Canadiens racisés, tant les immigrants que les personnes nées au Canada, font face à des défis distincts relativement à l’engagement bénévole au sein d’un organisme ou d’un groupe, tels que le manque de temps, de connaissances, d’accessibilité et de renseignements. Bien que ces obstacles puissent entraver la participation bénévole, plusieurs personnes reconnaissent l’importance du bénévolat et sont motivées par un sens aigu de la communauté et de l’engagement civique, ainsi que par le désir de mettre à profit leurs compétences et leurs expériences, d’établir des liens sociaux et professionnels. Le bénévolat peut être considéré comme un moyen de rendre à la communauté ce qu’on a reçu et de renforcer le sentiment d’appartenance et d’autonomisation au sein de la société canadienne.
Les approches visant à encourager le bénévolat peuvent inclure la création d’une communauté de bénévoles plus inclusive, l’établissement de partenariats avec des organismes ethnoculturels pour promouvoir les occasions de bénévolat, et le développement de stratégies de sensibilisation efficaces qui sont adaptées sur le plan culturel aux besoins et aux expériences des immigrants racisés et des personnes racisées nées au Canada.
Dans le cadre de recherches futures, on pourrait explorer la manière dont les identités intersectionnelles (p. ex. l’appartenance à un groupe racisé, le genre, le statut d’immigrant) façonnent les expériences de bénévolat, analyser les effets à long terme du bénévolat sur les personnes racisées, et évaluer les résultats de l’adoption de pratiques inclusives sur la fidélisation des bénévoles et le bien-être de la communauté.
Maire Sinha est analyste principale au Centre de développement et d’analyse des données sociales de Statistique Canada, et Christy Lenhardt est analyste au Centre des statistiques sociales et de la population de Statistique Canada.
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Sources de données, méthodes et définitions
Source de données
La présente étude est fondée sur des données tirées de l’Enquête sur le don, le bénévolat et la participation (EDBP) de 2023, qui a été menée du 15 septembre 2023 au 30 mars 2024. La population cible de l’EDBP de 2023 était constituée des personnes de 15 ans et plus vivant dans les 10 provinces du Canada, à l’exclusion des résidents à temps plein en établissement et des personnes qui résident dans une réserve des Premières Nations.
Il est possible d’obtenir plus de renseignements au sujet de l’EDBP sur le site Web de Statistique Canada : Enquêtes et programmes statistiques — Enquête sur le don, le bénévolat et la participation (EDBP).
Définitions
Personnes faisant du bénévolat encadré : Il s’agit des personnes de 15 ans et plus qui ont exercé des activités non rémunérées pour le compte d’un groupe ou d’un organisme, au moins une fois au cours des 12 mois précédant l’enquête. Ces activités comprennent toute aide non rémunérée apportée à des établissements d’enseignement, à des organismes religieux, à des associations sportives ou à des associations communautaires, pour ne mentionner que quelques exemples.
Personnes faisant du bénévolat informel :
Aide directe : Il s’agit de l’aide fournie par les personnes de 15 ans et plus, de leur propre chef, et non pour le compte d’un groupe ou d’un organisme, au cours des 12 mois précédant l’enquête. L’aide directe englobe l’aide apportée à des amis, à des voisins et à des membres de la famille, mais exclut l’aide apportée à une personne vivant au sein du même ménage que le bénévole. Il peut s’agir de donner des soins de santé ou des soins personnels, de donner des leçons ou d’offrir de l’encadrement, de faire des tâches administratives, de faire des courses, d’assurer le transport de personnes, de cuisiner, ou d’accomplir des tâches d’entretien ou de nettoyage.
Amélioration de la communauté : Le bénévolat informel comprend également l’aide apportée, au cours des 12 mois précédant l’enquête, par des personnes de 15 ans et plus, en vue d’améliorer directement la communauté, au moyen d’activités qui ne sont pas réalisées pour le compte d’un groupe ou d’un organisme. Parmi ces activités figurent, par exemple, l’entretien d’un espace public, la participation à des réunions publiques, la production ou la diffusion de renseignements pour faire connaître un enjeu à d’autres personnes, l’organisation ou la coordination d’un groupe ou d’un événement ainsi que l’aide apportée au développement de projets économiques et sociaux pour la communauté ou pour une autre raison.
Forme de bénévolat : La forme de bénévolat renvoie au spectre de la participation totale aux activités de bénévolat parmi les formes de bénévolat (le bénévolat encadré, le bénévolat informel, ou une combinaison des deux formes, c’est-à-dire le bénévolat global).
Canadiennes et Canadiens : Il s’agit de toutes les personnes vivant au Canada, quel que soit leur statut de citoyenneté.
Population racisée : Le concept de « population racisée » ou de « groupe racisé » provient directement du concept de « minorité visible » dans le Recensement de 2021. La Loi sur l’équité en matière d’emploi définit les membres des minorités visibles comme « les personnes, autres que les Autochtones, qui ne sont pas de race blanche ou qui n’ont pas la peau blanche ». Cette population est principalement composée des groupes suivants : Sud-Asiatique, Chinois, Noir, Philippin, Latino-Américain, Arabe, Asiatique du Sud-Est, Asiatique occidental, Coréen et Japonais. Les Autochtones ne font pas partie des groupes de population racisés de l’analyse.
Immigrant : Le terme « immigrant » désigne une personne qui est, ou qui a déjà été, un immigrant reçu ou un résident permanent. Il s’agit d’une personne à qui les autorités canadiennes de l’immigration ont accordé le droit de vivre au Canada en permanence. Les immigrants qui ont obtenu la citoyenneté canadienne par naturalisation sont compris dans ce groupe.
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