Mettre l'accent sur les Canadiens : résultats de l'Enquête sociale générale
La confiance du public envers les institutions canadiennes

par Adam Cotter

Date de publication : 7 décembre 2015 Date de correction : (si requis)

Début de l'encadré

Faits saillants

Section 1 : Confiance envers les institutions

  • Selon les résultats de l’Enquête sociale générale de 2013 sur l’identité sociale, 3 Canadiens sur 4 (76 %) ont une grande confiance ou une certaine confiance dans la police, ce qui fait de celle-ci l’institution bénéficiant de la plus grande confiance du public. Viennent ensuite le système scolaire (61 %), les banques (59 %) et le système de justice et les tribunaux (57 %).
  • Moins de la moitié des Canadiens ont déclaré faire confiance aux médias (40 %), au Parlement fédéral (38 %) et aux grandes corporations (30 %).
  • Les femmes et les Canadiens plus âgés étaient généralement les personnes qui faisaient le plus confiance au gouvernement et aux institutions, à quelques exceptions près. On n’a notamment constaté aucune différence entre les sexes en ce qui concerne la confiance dans les médias, alors que les jeunes Canadiens de 15 à 24 ans étaient ceux qui avaient la plus grande confiance envers le Parlement fédéral.
  • La confiance globale dans les institutions était la plus élevée chez les minorités visibles et les immigrants, particulièrement ceux qui ont immigré au Canada depuis 2000.
  • Les Autochtones étaient moins susceptibles que les non-Autochtones d’avoir une grande confiance envers les institutions, mais aussi enclins à avoir une grande confiance ou une certaine confiance envers les banques et les grandes corporations.
  • Les résidents de Terre-Neuve-et-Labrador et du Nouveau-Brunswick avaient généralement une confiance supérieure à la moyenne envers la plupart des institutions, alors que les résidents du Québec et de la Colombie-Britannique avaient généralement une confiance dans les institutions inférieure à la moyenne.
  • La confiance était généralement la plus élevée dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Toronto, et la plus faible dans les RMR québécoises de Montréal et de Sherbrooke.

Section 2 : Perceptions du rendement de la police

  • Selon les résultats de l’Enquête sociale générale de 2014 sur la victimisation, la majorité des Canadiens, en plus d’avoir une grande confiance dans la police, estiment que cette dernière fait du bon travail lorsqu’il s’agit d’avoir une attitude ouverte, invitant à la discussion (73 %), d’assurer la sécurité des citoyens (70 %), de répondre rapidement aux appels (68 %), de traiter les personnes équitablement (68 %), de faire respecter la loi (65 %) et d’informer le public sur la prévention d’actes criminels (62 %).
  • Les Canadiens qui ont déclaré être entrés en contact avec la police pour une raison ou une autre au cours des 12 mois précédant l’enquête ont évalué le rendement de la police moins favorablement que les répondants qui n’ont pas eu affaire à la police.
  • Les incidents de victimisation des ménages ou de victimisation avec violence vécus par les répondants sont liés à une évaluation inférieure du rendement de la police, les victimes ayant accordé une note inférieure à celle attribuée par les personnes n’ayant pas été victimes d’un acte criminel au cours des 12 mois précédents.
  • Les victimes qui ont signalé l’incident criminel à la police étaient plus susceptibles d’estimer que la police fait du bon travail, y compris lorsqu’il s’agit d’avoir une attitude ouverte, invitant à la discussion (64 % par rapport à 54 %) et de traiter les personnes équitablement (58 % par rapport à 46 %), comparativement à celles qui n’ont pas signalé l’incident à la police.
  • Les perceptions quant au rendement de la police étaient généralement les plus favorables au Québec et les moins favorables dans les provinces de l’Ouest. À l’échelle des RMR, les résidents de Winnipeg et de Vancouver étaient ceux qui évaluaient le moins favorablement la police locale, alors que les résidents d’Ottawa ont attribué une note supérieure à la moyenne de toutes les autres RMR dans chacune des six catégories.

Fin de l'encadré

La mesure des attitudes des Canadiens à l’égard des institutions fournit des renseignements importants sur la façon dont les citoyens perçoivent les principales institutions publiques et privées, comme le système de justice, les écoles, le Parlement fédéral, les institutions bancaires, les grandes corporations et les médias. D’une certaine manière, cette information peut être considérée comme une mesure de leur rendement, puisque la qualité des services offerts au public peut souffrir d’un manque de confiance (Jang, Lee et Gibbs, 2015). En outre, on a constaté que des niveaux élevés de confiance et de satisfaction à l’égard des institutions publiques contribuaient à stimuler le sentiment d’appartenance à un pays et à favoriser la cohésion sociale (Roberts, 2007; Letki, 2006). De façon plus générale, les perceptions du public peuvent influer sur l’élaboration des politiques et programmes sociaux (Cao, 2014).

Les perceptions des institutions sont souvent fondées sur les sentiments interdépendants de confiance et de foi que l’on a envers elles. Bien que l’on emploie indifféremment les termes « confiance » et « foi » dans certaines études sur les perceptions des institutions, il s’agit en fait de concepts reliés, mais distincts (Barbalet, 2009; Luhmann, 2000). Ainsi, la confiance est liée aux perceptions quant à la capacité de l’institution à s’acquitter de ses fonctions, alors que la foi est liée aux actions, aux expériences interpersonnelles, aux attentes et aux perceptions de l’intégrité de l’institution (Cao, 2014; Maslov, 2014; Bean, 2003). Dans le présent rapport, les mesures de la confiance sont des questions portant spécifiquement sur la confiance qu’éprouve le répondant (p. ex. dans quelle mesure faites-vous confiance à la police?). En outre, on approfondit au moyen de questions plus précises sur le contact avec la police, les niveaux de signalement à la police et l’évaluation globale du rendement de la police en fonction de certains éléments du travail des policiers afin de mesurer la confiance.

À l’aide des données de l’Enquête sociale générale (ESG) de 2014 sur la victimisation et de l’ESG de 2013 sur l’identité sociale (voir Sources des données), le présent rapport explore les questions relatives à la confiance envers le gouvernement et les institutions. On examine globalement les niveaux de confiance, les mesures du rendement perçu, la confiance globale et la confiance dans des institutions spécifiques. Il est aussi question de l’incidence des caractéristiques géographiques et sociodémographiques et des caractéristiques du quartier sur les perceptions.

Section 1
Les Canadiens font plus confiance à la police qu’aux autres institutions

Dans le cadre de l’ESG sur l’identité sociale, on a demandé aux Canadiens d’indiquer, sur une échelle de 1 (« aucune confiance ») à 5 (« une grande confiance »), la mesure dans laquelle ils faisaient confiance à la police, au système de justice et aux tribunaux, au système scolaire, au Parlement fédéral, aux banques, aux grandes corporations et aux médias canadiensNote 1.

Environ les trois quarts (76 %) des Canadiens de 15 ans ou plus, soit presque 22 millions de personnes, ont indiqué qu’ils avaient une grande confiance ou une certaine confiance dans la police, une proportion plus élevée que pour toutes les autres institutions examinées dans le présent rapport (graphique 1, tableau 1)Note 2. Cette constatation correspond aux résultats d’une étude antérieure sur la confiance envers les institutions (Grabb et autres, 2009).

En 2013, environ 6 Canadiens sur 10 ont dit avoir une grande confiance ou une certaine confiance dans le système scolaire (61 %), les banques (59 %), et le système de justice et les tribunaux (57 %). Par comparaison, moins de la moitié des Canadiens ont dit avoir confiance dans les médias (40 %), le Parlement fédéral (38 %) et les grandes corporations (30 %).

Description du graphique 1

Le titre du graphique est « Graphique 1 Confiance dans les institutions canadiennes, 2013 ».
Ceci est un graphe à barres empilées.
Ceci est un graphique à barres horizontales, donc les catégories sont sur l'axe vertical et les valeurs sont sur l'axe horizontal.
Il y a au total 7 catégories sur l'axe vertical. L'axe horizontal débute à 0 et se termine à 80 avec des mesures à tous les 10 points.
Il y a 2 séries dans ce graphique.
L'axe horizontal s'intitule « pourcentage de répondants ».
L'axe vertical s'intitule « Institution ».
Le titre de la série 1 est « Une grande confiance ».
La valeur minimale est 6 et ceci correspond à « Grandes corporations ».
La valeur maximale est 37 et ceci correspond à « Police ».
Le titre de la série 2 est « Une certaine confiance ».
La valeur minimale est 24 et ceci correspond à « Grandes corporations ».
La valeur maximale est 41 et ceci correspond à « Système scolaire ».

Tableau de données du graphique 1
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 1. Les données sont présentées selon Institution (titres de rangée) et Une grande confiance et Une certaine confiance, calculées selon pourcentage de répondants unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Institution Une grande confiance Une certaine confiance
pourcentage de répondants
Grandes corporations 6 24
Parlement fédéral 10 27
Médias 9 32
Système de justice et tribunaux 20 37
Banques 24 36
Système scolaire 20 41
Police 37 38

Près de 4 Canadiens sur 10 (37 %) ont déclaré avoir une grande confiance dans la police, une proportion plus élevée que pour n’importe quelle autre institution. Bien que les Canadiens aient été tout aussi susceptibles de dire qu’ils avaient une grande confiance ou une certaine confiance dans la police, la proportion des répondants qui avaient une grande confiance dans d’autres institutions était beaucoup moins grande que celle des répondants qui avaient une certaine confiance.

Bien qu’un moins grand nombre de Canadiens aient une grande confiance ou une certaine confiance dans les médias, le Parlement fédéral et les grandes corporations comparativement aux autres institutions, ces institutions n’ont pas obtenu une évaluation entièrement défavorable. Pour chacune d’elles, environ 4 Canadiens sur 10 ont dit qu’ils n’éprouvaient ni confiance ni méfiance. Tout juste un peu moins de 1 Canadien sur 10 a indiqué qu’il n’avait aucune confiance dans les grandes corporations (9 %) ou le Parlement fédéral (9 %).

Les femmes font plus confiance aux institutions que les hommes

En règle générale, les femmes faisaient légèrement plus confiance aux institutions que les hommes (graphique 2, tableau 2). La seule exception concernait les médias canadiens, pour lesquels il n’y avait pas de différence selon le sexe. Les écarts les plus grands dans la confiance envers les institutions concernaient les banques (63 % des femmes par rapport à 56 % des hommes) et la police (79 % des femmes par rapport à 73 % des hommes).

Description du graphique 2

Le titre du graphique est « Graphique 2 Confiance dans les institutions, selon le sexe, 2013 ».
Ceci est un graphique à colonnes groupées.
Il y a au total 7 catégories sur l'axe horizontal. L'axe vertical débute à 0 et se termine à 90 avec des mesures à tous les 10 points.
Il y a 2 séries dans ce graphique.
L'axe vertical s'intitule « pourcentage des répondants faisant confiance aux institutions ».
L'axe horizontal s'intitule « Institution ».
Le titre de la série 1 est « HommesNote  ».
La valeur minimale est 28 et ceci correspond à « Grandes corporations ».
La valeur maximale est 73 et ceci correspond à « Police ».
Le titre de la série 2 est « Femmes ».
La valeur minimale est 32 et ceci correspond à « Grandes corporations ».
La valeur maximale est 79 et ceci correspond à « Police ».

Tableau de données du graphique 2
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 2. Les données sont présentées selon Institution (titres de rangée) et Hommes et Femmes, calculées selon pourcentage des répondants faisant confiance aux institutions unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Institution HommesNote  Femmes
pourcentage des répondants faisant confiance aux institutions
Police 73 79Note *
Système scolaire 60 62Note *
Banques 56 63Note *
Système de justice et tribunaux 56 59Note *
Médias 40 41
Parlement fédéral 35 40Note *
Grandes corporations 28 32Note *

La confiance envers les institutions augmente généralement en fonction de l’âge

En général, les Canadiens plus âgés font davantage confiance aux institutions. Le niveau de confiance est généralement le plus faible chez les Canadiens de 25 à 34 ans, avant d’augmenter graduellement avec l’âge pour atteindre un sommet chez les 75 ans et plus (tableau 2).

La seule exception à cette tendance concerne le Parlement fédéral, envers lequel les Canadiens de 15 à 24 ans étaient les plus susceptibles de déclarer avoir confiance (50 % par rapport à 38 % pour l’ensemble des répondants). Les Canadiens de 15 à 24 ans ont aussi exprimé un niveau  de confiance supérieur à la moyenne envers les banques, le système de justice et les tribunaux, et les grandes corporations.

Les Autochtones sont ceux qui font le moins confiance aux institutions

Dans l’ensemble, les Autochtones étaient moins susceptibles que les non-Autochtones d’avoir une grande confiance envers les institutions, mais aussi enclins à avoir une grande confiance ou une certaine confiance envers les banques et les grandes corporations. L’écart le plus marqué concernait le système de justice et les tribunaux, en effet, la proportion d’Autochtones ayant déclaré avoir confiance dans cette institution était inférieure de 15 points de pourcentage à celle des non-Autochtones (43 % par rapport à 58 %).

Des recherches antérieures ont montré que les Autochtones sont surreprésentés dans le système correctionnel canadien (Perreault, 2014; Perreault, 2009) et sont plus susceptibles que les non-Autochtones d’avoir affaire au système de justice soit en tant que victimes, soit en tant qu’auteurs de crime (Perreault, 2011; Perreault, 2015).

Les minorités visibles et les immigrants sont ceux qui font le plus confiance aux institutions

Le niveau de confiance envers la police ne variait pas selon l’appartenance à une minorité visible, mais on a constaté que les niveaux élevés de confiance étaient plus nombreux chez les minorités visibles pour toutes les autres institutions. Par exemple, 56 % des répondants appartenant à une minorité visible ont déclaré faire confiance au Parlement fédéral, soit 1,5 fois plus que chez les répondants n’appartenant pas à une minorité visible (34 %).

De même, les immigrants étaient plus susceptibles que les non-immigrants de déclarer avoir confiance dans chacune des institutions, et l’écart le plus marqué a été observé dans le niveau de confiance envers le Parlement fédéral (18 points de pourcentage de plus que les non-immigrants). Les niveaux de confiance étaient aussi beaucoup plus élevés pour le système de justice et les tribunaux, comparativement aux non-immigrants (72 % par rapport à 54 %).

De plus, les immigrants récents ont déclaré des niveaux de confiance plus élevés que les immigrants de longue date et que les répondants nés au Canada (graphique 3). Plus de la moitié de tous les immigrants récents ont dit avoir confiance dans toutes les institutions, à l’exception des grandes corporations (44 %). Des études antérieures indiquent que les expériences précédentes avec des institutions peuvent mener à des niveaux de confiance plus élevés chez les immigrants lorsqu’ils arrivent dans un nouveau pays, une situation qui change ensuite au fil du temps pour se rapprocher des niveaux de confiance généraux des non-immigrants (Roder et Muhlau, 2011; Roder et Muhlau, 2010).

Description du graphique 3

Le titre du graphique est « Graphique 3 Confiance dans les institutions, selon le statut d'immigrant, 2013 ».
Ceci est un graphique à colonnes groupées.
Il y a au total 7 catégories sur l'axe horizontal. L'axe vertical débute à 0 et se termine à 90 avec des mesures à tous les 10 points.
Il y a 3 séries dans ce graphique.
L'axe vertical s'intitule « pourcentage des répondants faisant confiance aux institutions ».
L'axe horizontal s'intitule « Institution ».
Le titre de la série 1 est « Non-immigrantNote  ».
La valeur minimale est 28 et ceci correspond à « Grandes corporations ».
La valeur maximale est 75 et ceci correspond à « Police ».
Le titre de la série 2 est « Immigrant de longue date (avant 2000) ».
La valeur minimale est 33 et ceci correspond à « Grandes corporations ».
La valeur maximale est 76 et ceci correspond à « Police ».
Le titre de la série 3 est « Immigrant récent (2000 ou après) ».
La valeur minimale est 44 et ceci correspond à « Grandes corporations ».
La valeur maximale est 83 et ceci correspond à « Police ».

Tableau de données du graphique 3
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 3. Les données sont présentées selon Statut d'immigrant (titres de rangée) et Police, Système scolaire, Banques, Systèmes de justice et tribunaux, Médias, Parlement fédéral et Grandes corporations, calculées selon pourcentage des répondants faisant confiance aux institutions unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Statut d'immigrant Police Système scolaire Banques Systèmes de justice et tribunaux Médias Parlement fédéral Grandes corporations
pourcentage des répondants faisant confiance aux institutions
Non-immigrantNote  75 59 58 54 38 34 28
Immigrant de longue date (avant 2000) 76 68Note * 64Note * 69Note * 46Note * 46Note * 33Note *
Immigrant récent (2000 ou après) 83Note ** 75Note ** 69Note ** 79Note ** 52Note ** 63Note ** 44Note **

De même, les répondants dont la langue maternelle n’est ni l’anglais ni le français ont une plus grande confiance dans l’ensemble des institutions, comparativement aux Canadiens dont la langue maternelle est l’anglais, le français ou les deux. Quand on observe ces trois caractéristiques simultanément, les immigrants appartenant à une minorité visible et dont la langue maternelle n’est pas une langue officielle déclarent des niveaux de confiance beaucoup plus élevés à l’endroit des institutions, comparativement aux personnes nées au Canada qui n’appartiennent pas à une minorité visible et dont la langue maternelle est l’anglais ou le français. Les écarts les plus importants ont été constatés dans les niveaux de confiance envers le système de justice et les tribunaux et envers le Parlement fédéral (24 et 28 points de pourcentage de plus, respectivement).

Un niveau de scolarité et un revenu supérieurs sont associés à une plus grande confiance dans la police et le système de justice

Un revenu supérieur est associé à un niveau de confiance plus élevé envers beaucoup d’institutions. Plus particulièrement, les Canadiens dont le revenu annuel du ménage est de 150 000 $ et plus ont indiqué avoir davantage confiance dans la police et le système de justice et les tribunaux que ceux qui ont des revenus annuels inférieurs (tableau 2).

Un niveau de scolarité élevé est aussi lié à un degré de confiance supérieur envers la police et le système de justice et les tribunaux. En effet, les Canadiens titulaires d’un grade universitaire ont déclaré avoir une plus grande confiance dans ces institutions que ceux qui détiennent un diplôme ou un certificat d’études postsecondaires, un diplôme d’études secondaires ou un niveau de scolarité inférieur aux études secondaires.

Le fait d’être titulaire d’un grade universitaire était aussi lié à une plus grande confiance dans le système scolaire. En effet, les deux tiers des diplômés universitaires ont déclaré avoir confiance envers le système scolaire, soit 8 points de pourcentage de plus que les Canadiens détenant un certificat d’études postsecondaires ou un diplôme d’études secondaires.

En revanche, les Canadiens ayant un niveau de scolarité inférieur aux études secondaires étaient ceux qui faisaient le plus confiance aux banques (67 %), au Parlement fédéral (45 %) et aux grandes corporations (38 %). Ce résultat pourrait toutefois aussi être lié à l’âge, puisque les Canadiens de 15 à 24 ans ont déclaré à l’égard de ces institutions des niveaux de confiance supérieurs à la moyenne. Le tiers (31 %) des Canadiens qui ont indiqué avoir un niveau de scolarité inférieur aux études secondaires étaient âgés de 15 à 24 ans.

Début de l'encadré

Encadré 1 – Les Canadiens qui font confiance aux gens font davantage confiance aux institutions

L’ESG sur l’identité sociale comportait aussi des questions sur la confiance aux gens, ou la foi en autrui, un concept étroitement lié à la confiance en général. Toutefois, comme on l’a souligné plus haut, il s’agit de deux concepts distincts. Selon l’ESG de 2013, les Canadiens qui ont généralement plus foi en autrui font aussi plus confiance aux institutions.

On a notamment demandé aux Canadiens d’indiquer dans quelle mesure ils estiment pouvoir faire confiance aux gens en général, aux membres de leur famille, aux gens de leur voisinage, aux personnes avec qui ils travaillent ou vont à l’école, aux gens parlant une langue différente de la leur et aux inconnus. Sans exception, tous les Canadiens qui croient qu’on peut faire confiance aux membres de ces groupes font plus confiance aux institutions que ceux qui pensent qu’on ne peut pas faire confiance à ces groupes (tableau 3).

De même, les Canadiens qui pensaient qu’il serait très probable qu’ils récupèrent un portefeuille perdu contenant 200 $ s’il était trouvé par un voisin, un policier ou un inconnu faisaient davantage confiance aux institutions publiques (tableau 3). Cette constatation s’est avérée pour chacun des trois scénarios, et pour chacune des sept institutions.

Plus spécifiquement, la proportion de Canadiens qui faisaient confiance à la police était de 61 points de pourcentage plus élevée chez ceux qui croyaient très probable qu’ils récupèrent un portefeuille perdu si celui-ci était retrouvé par un policier que chez ceux qui croyaient ce scénario improbable (86 % par rapport à 25 %). Ce résultat indique que les Canadiens qui sont plus enclins à faire confiance aux policiers sont plus susceptibles de faire aussi confiance à la police en tant qu’institution.

Fin de l'encadré

La confiance envers les institutions varie selon la province

En règle générale, les niveaux de confiance envers les institutions étaient supérieurs à la moyenne au Nouveau-Brunswick et à Terre-Neuve-et-Labrador. Plus précisément, le niveau de confiance était supérieur à la moyenne de l’ensemble des provinces pour 6 des 7 institutions au Nouveau-Brunswick, l’exception étant le Parlement fédéral (6 points de pourcentage de moins) (tableau 4). À Terre-Neuve-et-Labrador, bien que la confiance à l’égard du système de justice et des tribunaux et du Parlement fédéral corresponde à la moyenne de l’ensemble des provinces, la confiance envers les autres institutions était supérieure d’au moins 5 points de pourcentage dans cette province.

En revanche, les résidents du Québec et de la Colombie-Britannique avaient tendance à faire moins confiance aux institutions que les résidents des autres provinces. Les résidents du Québec ont déclaré un niveau de confiance inférieur à la moyenne à l’égard de 5 des 7 institutions, mais un niveau de confiance semblable en ce qui concerne les médias et le Parlement fédéral. En Colombie-Britannique, la confiance perçue à l’égard de quatre des institutions était inférieure à celle de l’ensemble des provinces canadiennes, les proportions des résidents faisant confiance aux banques, aux médias et aux grandes corporations étant semblables.

À l’échelle de la région métropolitaine de recensement (RMR), le niveau de confiance était généralement supérieur à Toronto (tableau 5). En effet, les résidents de Toronto ont déclaré le niveau le plus élevé de confiance envers les banques, le système de justice et les tribunaux, et le Parlement fédéral; le niveau de confiance envers les grandes corporations était également supérieur à la moyenne des RMR.

Fidèle aux variations provinciales, la confiance globale était la plus faible dans la RMR québécoise de Montréal, où les niveaux de confiance étaient inférieurs à la moyenne des RMR pour cinq institutions. Plus particulièrement, les résidents de Montréal avaient une confiance moins grande que la moyenne dans la police (71 %), le système scolaire (59 %), les banques (53 %), le système de justice et les tribunaux (54 %), et les grandes corporations (26 %). Les résidents de Sherbrooke, quant à eux, ont déclaré des niveaux de confiance inférieurs à l’égard de quatre institutions : les banques (46 %), le système de justice et les tribunaux (47 %), les médias (32 %) et les grandes corporations (20 %Note E).

Facteurs liés à une confiance générale

Des modèles de régression ont été élaborés pour examiner l’importance relative des caractéristiques sociodémographiques et économiques liées à la confiance dans les institutions. Si l’on tient compte des autres caractéristiques mesurées par l’ESG, le sexe demeure un facteur prédictif pour 5 des 7 institutions (tableau 6).

De même, le modèle de régression reflète aussi l’influence de l’âge; les Canadiens âgés de 75 ans et plus sont généralement les plus susceptibles de faire confiance aux institutions publiques, toutes choses étant égales par ailleurs. Les seules exceptions étaient le système de justice et les tribunaux, à l’égard desquels les Canadiens de 15 à 24 ans avaient une propension comparable à celle des personnes plus âgées, et le Parlement fédéral, auquel les 15 à 24 ans étaient les plus susceptibles de faire confiance.

L’appartenance à une minorité visible, le statut d’immigrant et une langue maternelle autre que le français ou l’anglais étaient étroitement liés à un niveau de confiance plus élevé dans les institutions, même en tenant compte des autres facteurs. La seule exception était la confiance dans la police, pour laquelle on constate, si l’on tient compte des caractéristiques sociodémographiques et économiques, que les minorités visibles étaient moins susceptibles de faire confiance à la police (0,71) que les personnes n’appartenant pas à une minorité visible (0,77) Note 3.

Bien que le sexe, l’âge, l’état matrimonial, le niveau de scolarité, le revenu, l’appartenance à une minorité visible, le statut d’immigrant et la langue maternelle demeurent des prédicteurs du niveau de confiance envers certaines ou toutes les institutions, toutes ces caractéristiques ne sont pas nécessairement significatives. C’est notamment le cas de l’identité autochtone, qui n’est plus un prédicteur significatif de la confiance dans les institutions lorsqu’on maintient constantes les autres caractéristiques démographiques, sauf en ce qui concerne le système de justice et les tribunaux, auxquels les non-Autochtones sont légèrement plus susceptibles de faire confiance (0,57 par rapport à 0,52).

Section 2
Perceptions du rendement de la police

Outre le sentiment général de confiance, les perceptions à l’égard des institutions peuvent aussi refléter ce qu’on perçoit comme étant le niveau de rendement associé à certaines tâches ou fonctions. Autrement dit, est-ce que le public estime qu’une institution s’acquitte comme il se doit de son mandat? En 2014, on a recueilli dans le cadre de l’ESG sur la victimisation des renseignements sur les mesures du rendement d’une institution, soit la police. Bien que l’enquête ne porte que sur une seule institution, l’examen de la perception du rendement de la police fournit des renseignements importants sur l’institution à laquelle les Canadiens font le plus confiance. La police est la composante la plus visible du système de justice pénale (Roberts, 2007), et les perceptions de son rendement peuvent avoir une incidence sur les perceptions qu’ont les Canadiens de la légitimité de la police, sur leur volonté à signaler les crimes et sur leur degré de coopération avec la police (Sindall et autres, 2012; Roberts, 2010; Sunshine et Tyler, 2003; Tyler et Blader, 2003).

La plupart des Canadiens estiment que la police fait du bon travail

Dans le cadre de l’ESG sur la victimisation, on a demandé aux Canadiens d’évaluer si le travail de leur police locale était bon, passable ou mauvais à l’égard de six mesures, soit lorsqu’il s’agit : d’avoir une attitude ouverte, invitant à la discussion, d’assurer la sécurité des citoyens, de répondre rapidement aux appels, de traiter les personnes équitablement, de faire respecter la loi et d’informer le public sur la prévention d’actes criminels.

En 2014, la majorité des Canadiens estimaient que la police faisait du bon travail pour chacune des six mesures spécifiques (graphique 4). Fait à souligner, les Canadiens ont donné l’évaluation la plus favorable à l’attitude ouverte, invitant à la discussion, près des trois quarts (73 %) d’entre eux ayant déclaré que leur police locale faisait du bon travail à cet égard. Environ 6 Canadiens sur 10 (62 %) estimaient que la police faisait un bon travail lorsqu’il s’agit d’informer le public sur la prévention d’actes criminels, la proportion la plus faible de toutes les mesures.

Description du graphique 4

Le titre du graphique est « Graphique 4 Perceptions du rendement de la police, 2014 ».
Ceci est un histogramme à barres groupées.
Ceci est un graphique à barres horizontales, donc les catégories sont sur l'axe vertical et les valeurs sont sur l'axe horizontal.
Il y a au total 6 catégories sur l'axe vertical. L'axe horizontal débute à 0 et se termine à 80 avec des mesures à tous les 10 points.
Il y a 3 séries dans ce graphique.
L'axe horizontal s'intitule « pourcentage de répondants ».
L'axe vertical s'intitule « Mesures du rendement de la police ».
Le titre de la série 1 est « Mauvais travail ».
La valeur minimale est 4 et ceci correspond à « Assurer la sécurité des citoyens du voisinage ».
La valeur maximale est 8 et ceci correspond à « Informer le public sur la prévention d'actes criminels ».
Le titre de la série 2 est « Travail passable ».
La valeur minimale est 22 et ceci correspond à « Avoir une attitude ouverte, invitant à la discussion ».
La valeur maximale est 31 et ceci correspond à « Faire respecter la loi ».
Le titre de la série 3 est « Bon travail ».
La valeur minimale est 62 et ceci correspond à « Informer le public sur la prévention d'actes criminels ».
La valeur maximale est 73 et ceci correspond à « Avoir une attitude ouverte, invitant à la discussion ».

Tableau de données du graphique 4
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 4. Les données sont présentées selon Mesures du rendement
de la police (titres de rangée) et Bon travail, Travail passable et Mauvais travail, calculées selon pourcentage de répondants unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Mesures du rendement
de la police
Bon travail Travail passable Mauvais travail
pourcentage de répondants
Informer le public sur la prévention d’actes criminels 62 30 8
Faire respecter la loi 65 31 5
Traiter les personnes équitablement 68 25 7
Répondre rapidement aux appels 68 25 6
Assurer la sécurité des citoyens du voisinage 70 26 4
Avoir une attitude ouverte, invitant à la discussion 73 22 5

La perception du rendement de la police s’est améliorée depuis 10 ans

Les perceptions des Canadiens en ce qui concerne la police se sont améliorées au fil du temps; un plus grand nombre de Canadiens estimaient que la police fait du bon travail comparativement à 10 ans plus tôt (graphique 5). Alors qu’une proportion semblable de Canadiens a déclaré que la police fait du bon travail lorsqu’il s’agit d’avoir une attitude ouverte, invitant à la discussion comparativement à 2004, la proportion de Canadiens ayant indiqué que la police fait du bon travail a augmenté pour chacune des cinq autres catégories.

Description du graphique 5

Le titre du graphique est « Graphique 5 Perceptions du rendement de la police, 2004, 2009 et 2014 ».
Ceci est un graphique à colonnes groupées.
Il y a au total 6 catégories sur l'axe horizontal. L'axe vertical débute à 0 et se termine à 80 avec des mesures à tous les 10 points.
Il y a 3 séries dans ce graphique.
L'axe vertical s'intitule « pourcentage des répondants ayant déclaré que la police fait du bon travail ».
L'axe horizontal s'intitule « Mesures du rendement de la police ».
Le titre de la série 1 est « 2004 ».
La valeur minimale est 56 et ceci correspond à « Informer le public sur la prévention d'actes criminels ».
La valeur maximale est 73 et ceci correspond à « Avoir une attitude ouverte, invitant à la discussion ».
Le titre de la série 2 est « 2009 ».
La valeur minimale est 54 et ceci correspond à « Informer le public sur la prévention d'actes criminels ».
La valeur maximale est 71 et ceci correspond à « Avoir une attitude ouverte, invitant à la discussion ».
Le titre de la série 3 est « 2014Note  ».
La valeur minimale est 62 et ceci correspond à « Informer le public sur la prévention d'actes criminels ».
La valeur maximale est 73 et ceci correspond à « Avoir une attitude ouverte, invitant à la discussion ».

Tableau de données du graphique 5
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 5. Les données sont présentées selon Mesures du rendement de la police (titres de rangée) et 2004, 2009 et 2014, calculées selon pourcentage des répondants ayant déclaré que la police fait du bon travail unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Mesures du rendement de la police 2004 2009 2014Note 
pourcentage des répondants ayant déclaré que la police fait du bon travail
Avoir une attitude ouverte, invitant à la discussion 73 71Note ** 73
Assurer la sécurité des citoyens 65Note * 65Note * 70
Répondre rapidement aux appels 63Note * 63Note ** 68
Traiter les personnes équitablement 65Note * 63Note ** 68
Faire respecter la loi 62Note * 61Note ** 65
Informer le public sur la prévention d’actes criminels 56Note * 54Note ** 62

Au cours de la dernière décennie, l’évaluation des six indicateurs du rendement de la police est demeurée relativement stable. En 2014, comme en 2004, les Canadiens ont donné l’évaluation la plus favorable  à la police lorsqu’il s’agit d’avoir une attitude ouverte, invitant à la discussion, plus de 7 répondants sur 10 ayant indiqué que leur police locale faisait du bon travail à cet égard.

Les femmes sont plus susceptibles de percevoir la police comme faisant du bon travail

Certains des facteurs liés à une plus grande confiance envers les institutions publiques étaient aussi associés aux perceptions du rendement de la police. Par exemple, tout comme elles font généralement plus confiance aux institutions que les hommes, les femmes ont aussi évalué la police plus favorablement dans presque toutes les catégories (tableau 7). La seule exception concernait l’assurance de la sécurité des citoyens, pour laquelle les hommes et les femmes étaient tout aussi susceptibles de dire que leur police locale fait du bon travail.

Comme pour la confiance globale dans les institutions, le fait de croire que la police fait du bon travail augmente généralement avec l’âge, et les Canadiens de 75 ans et plus sont les plus susceptibles d’estimer que leur police locale fait du bon travail, dans les six catégories.

Dans l’ensemble, les minorités visibles évaluent le rendement de la police moins favorablement que les personnes n’appartenant pas à une minorité visible

Des études antérieures ont révélé qu’il y a une distinction entre les questions relatives aux aspects opérationnels des services de police, par rapport aux questions touchant les relations interpersonnelles entre les policiers et le public (Sprott et Doob, 2014). Les aspects opérationnels se rapportent généralement aux tâches des policiers pour ce qui est de faire respecter les lois, d’assurer la sécurité et de réagir face aux actes criminels. Les mesures des relations interpersonnelles ont plutôt trait au contrôle social informel et au système général de valeurs de la police (Cao, 2014; Jackson et Bradford, 2010).

Pour ce qui est des questions principalement liées à la capacité de la police à exercer ses fonctions, on ne constate aucune tendance particulière chez les minorités visibles. Par exemple, les répondants appartenant à une minorité visible ont évalué la police plus favorablement que ceux n’appartenant pas à une minorité visible en ce qui concerne la rapidité à répondre aux appels, mais moins favorablement pour ce qui est de la diffusion d’information sur la prévention d’actes criminels (tableau 7). En revanche, les membres de minorités visibles ont donné une évaluation moins favorable aux questions relatives aux relations interpersonnelles avec les policiers — avoir une attitude ouverte, invitant à la discussion et traiter les personnes équitablement — comparativement aux non-membres de minorités visibles.

Les Autochtones évaluent la police moins favorablement que les non-Autochtones

Les Autochtones ont attribué une moins bonne note que les non-Autochtones à chacune des six mesures du rendement de la police (tableau 7). Les plus grands écarts entre les évaluations des Autochtones et des non-Autochtones concernent les perceptions de la capacité de la police à répondre rapidement aux appels (69 % par rapport à 52 %) et à faire respecter la loi (65 % par rapport à 51 %). Bien que l’écart soit moins important, les Autochtones étaient aussi moins susceptibles que les non-Autochtones de déclarer que leur police locale fait du bon travail à l’égard des mesures relatives aux relations interpersonnelles.

Le contact avec la police est lié à une évaluation plus faible de l’efficacité de la police

La police, en raison de la nature de sa fonction, représente la composante la plus visible du système de justice pénale, de sorte que le public est plus susceptible d’avoir affaire à des policiers qu’à d’autres professionnels de la justice pénale (Roberts, 2007; Skogan, 2006). En 2014, 31 % des Canadiens ont déclaré avoir eu affaire à la police au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête. En revanche, environ 1 Canadien sur 5 (20 %) a déclaré avoir eu affaire à un tribunal canadien de juridiction criminelle. Les Canadiens qui sont entrés en contact avec la police au cours des 12 mois précédant l’enquête ont donné une évaluation moins favorable à cette dernière pour chacune des six mesures du rendement (tableau 8, graphique 6).

Description du graphique 6

Le titre du graphique est « Graphique 6 Perception du rendement de la police, selon qu'il y ait eu un contact ou non avec la police au cours des 12 mois prédédents, 2014  ».
Ceci est un graphique à colonnes groupées.
Il y a au total 6 catégories sur l'axe horizontal. L'axe vertical débute à 0 et se termine à 80 avec des mesures à tous les 10 points.
Il y a 2 séries dans ce graphique.
L'axe vertical s'intitule « pourcentage des répondants ayant déclaré que la police fait du bon travail ».
L'axe horizontal s'intitule « Mesures du rendement de la police ».
Le titre de la série 1 est « Contact avec la policeNote  ».
La valeur minimale est 58 et ceci correspond à « Informer le public sur la prévention d'actes criminels ».
La valeur maximale est 68 et ceci correspond à « Avoir une attitude ouverte, invitant à la discussion ».
Le titre de la série 2 est « Aucun contact avec la police ».
La valeur minimale est 64 et ceci correspond à « Informer le public sur la prévention d'actes criminels ».
La valeur maximale est 75 et ceci correspond à « Avoir une attitude ouverte, invitant à la discussion ».

Tableau de données du graphique 6
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 6 Mesures du rendement de la police, Avoir une attitude ouverte, invitant à la discussion, Assurer la sécurité des citoyens, Répondre rapidement aux appels, Traiter les personnes équitablement, Faire respecter la loi et Informer le public sur la prévention d’actes criminels, calculées selon pourcentage des répondants ayant déclaré que la police fait du bon travail unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Mesures du rendement de la police
Avoir une attitude ouverte, invitant à la discussion Assurer la sécurité des citoyens Répondre rapidement aux appels Traiter les personnes équitablement Faire respecter la loi Informer le public sur la prévention d’actes criminels
pourcentage des répondants ayant déclaré que la police fait du bon travail
Contact avec la policeNote  68 65 63 62 59 58
Aucun contact avec la police 75Note * 73Note * 71Note * 71Note * 67Note * 64Note *

Des études antérieures indiquent qu’un contact avec la police est souvent lié à une perception défavorable de la police (Bradford et autres, 2009; Skogan, 2006)Note 4. Les résultats de l’ESG de 2014 confirment dans une large mesure ces constatations. Bien que dans l’ensemble, un contact avec la police soit lié à des perceptions plus défavorables du rendement de la police, certains types de contact ont des effets plus marqués que d’autresNote 5.

Notamment, comme on pouvait s’y attendre, les Canadiens qui ont déjà été arrêtés ont évalué la police de façon plus négative, particulièrement en ce qui concerne les mesures relatives aux relations interpersonnelles comme le fait d’avoir une attitude ouverte, invitant à la discussion (40 % par rapport à 73 % des Canadiens qui n’ont jamais été arrêtés) et de traiter les personnes équitablement (34 % par rapport à 68 %).

Dans le même ordre d’idées, les Canadiens qui sont entrés en contact avec la police en raison de leurs propres problèmes émotionnels, de santé mentale ou de consommation d’alcool ou de drogues étaient moins susceptibles que ceux qui n’ont pas eu affaire à la police pour ces raisons de déclarer que leur police locale fait du bon travail lorsqu’il s’agit d’avoir une attitude ouverte, invitant à la discussion (51 % par rapport à 73 %) ou de traiter les personnes équitablement (45 % par rapport à 68 %).

Toutefois, d’autres formes de contact avec la police ont obtenu des notes plus neutres ou favorables. Par exemple, on n’a constaté aucun écart dans les notes attribuées à la police entre les Canadiens qui ont assisté à une séance d’information publique et ceux qui n’y ont pas assisté, à l’exception d’une perception plus favorable de la capacité du service de police à informer le public sur la prévention d’actes criminels (68 % par rapport à 61 %).

Les Canadiens qui sont satisfaits de leur sécurité personnelle par rapport à la criminalité attribuent une note supérieure à la police

Les niveaux de criminalité sont influencés par un certain nombre de facteurs qui ne relèvent pas de la police, et bien que l’application de la loi constitue l’une de leurs fonctions principales, il ne s’agit que de l’une des nombreuses tâches que les policiers accomplissent chaque jour (Boyce, 2015; Hutchins, 2015). Les facteurs extérieurs au travail de la police qui peuvent influer sur le niveau de criminalité sont nombreux, par exemple les caractéristiques du quartier (Livingston et autres, 2014; Charron, 2011; Savoie, 2008), la répartition de la population par âge (Carrington, 2001) et la conjoncture économique (Andresen, 2012; Phillips et Land, 2012). Cela étant dit, les perceptions et les expériences des Canadiens en matière de criminalité et de victimisation criminelle ont une incidence sur leurs perceptions du rendement de la police.

Les Canadiens qui déclarent être satisfaits de leur sécurité personnelle par rapport à la criminalité évaluent la police plus favorablement — particulièrement à l’égard des mesures opérationnelles — pour l’ensemble des catégories, comparativement à ceux qui sont moins satisfaits (tableau 8). Plus des trois quarts des Canadiens qui sont très satisfaits ont déclaré que la police fait du bon travail pour ce qui est de faire respecter la loi (75 %), de répondre rapidement aux appels (77 %) et d’assurer la sécurité des citoyens (80 %), des proportions beaucoup plus élevées que pour ceux qui sont très insatisfaits de leur sécurité personnelle (28 %, 35 % et 46 %, respectivement).

Dans le même ordre d’idées, on constate une relation inverse entre la perception de la criminalité dans le quartier comparativement aux autres quartiers et la perception du rendement de la police. Les Canadiens qui estiment que le niveau de criminalité dans leur quartier est élevé plus étaient susceptibles de donner une moins bonne évaluation à la police, contrairement à ceux qui estiment que le niveau de criminalité dans leur quartier est faible. De même, les répondants qui croient que le taux de criminalité est demeuré stable ou a diminué dans leur quartier au cours des cinq dernières années plus susceptibles de penser que la police fait du bon travail, comparativement à ceux qui estiment que le taux de criminalité dans leur quartier a augmenté.

En ce qui a trait aussi avec les perceptions de la criminalité dans le quartier, les Canadiens qui considéraient comme un gros problème un ou plusieurs facteurs de désordre socialNote 6 dans leur quartier ont évalué la police moins favorablement. Plus particulièrement, les résidents qui percevaient un ou plusieurs gros problèmes dans leur quartier étaient moins susceptibles que ceux qui ne percevaient aucun problème d’estimer que la police fait un bon travail pour assurer la sécurité des citoyens (47 % par rapport à 79 %) et faire respecter la loi (41 % par rapport à 73 %).

Les victimes d’actes criminels attribuent de moins bonnes notes que les non-victimes à tous les aspects du rendement de la police

Tout comme les perceptions en matière de sécurité personnelle et de criminalité dans le quartier, l’expérience directe en tant que victime d’un acte criminel influe aussi sur les perceptions du rendement de la police. Les Canadiens qui ont été victimes d’un acte criminel au cours des 12 mois précédant l’ESG sur la victimisation avaient une opinion moins favorable de leur police locale à l’égard de chacune des six mesures. Même si les victimes n’ont pas nécessairement eu de contact avec la police en raison de l’incident, la perception favorable du rendement de la police diminue de façon constante avec chaque victimisation subséquente (graphique 7, tableau 8). Cette constatation concerne aussi bien les incidents autodéclarés de victimisation avec violence que de victimisation des ménages.

Description du graphique 7

Le titre du graphique est « Graphique 7 Perceptions du rendement de la police, selon la victimisation autodéclarée au cours des 12 mois précédents, 2014 ».
Ceci est un graphique à colonnes groupées.
Il y a au total 6 catégories sur l'axe horizontal. L'axe vertical débute à 0 et se termine à 80 avec des mesures à tous les 10 points.
Il y a 4 séries dans ce graphique.
L'axe vertical s'intitule « pourcentage des répondants ayant déclaré que la police fait du bon travail ».
L'axe horizontal s'intitule « Mesures du rendement de la police ».
Le titre de la série 1 est « Aucune victimisationNote  ».
La valeur minimale est 65 et ceci correspond à « Informer le public sur la prévention d'actes criminels ».
La valeur maximale est 75 et ceci correspond à « Avoir une attitude ouverte, invitant à la discussion ».
Le titre de la série 2 est « Une victimisation ».
La valeur minimale est 53 et ceci correspond à « Informer le public sur la prévention d'actes criminels ».
La valeur maximale est 65 et ceci correspond à « Avoir une attitude ouverte, invitant à la discussion ».
Le titre de la série 3 est « Deux victimisations ».
La valeur minimale est 43 et ceci correspond à « Informer le public sur la prévention d'actes criminels ».
La valeur maximale est 56 et ceci correspond à « Avoir une attitude ouverte, invitant à la discussion ».
Le titre de la série 4 est « Trois victimisations ou plus ».
La valeur minimale est 38 et ceci correspond à « Faire respecter la loi ».
La valeur maximale est 51 et ceci correspond à « Avoir une attitude ouverte, invitant à la discussion ».

Tableau de données du graphique 7
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 7. Les données sont présentées selon Victimisation autodéclarée au cours des 12 mois précédents, 2014 (titres de rangée) et Mesures du rendement de la police, Avoir une attitude ouverte, invitant à la discussion, Assurer la sécurité des citoyens, Répondre rapidement aux appels, Traiter les personnes équitablement, Faire respecter la loi et Informer le public sur la prévention d’actes criminels, calculées selon pourcentage des répondants ayant déclaré que la police fait du bon travail unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Victimisation autodéclarée au cours des 12 mois précédents, 2014 Mesures du rendement de la police
Avoir une attitude ouverte, invitant à la discussion Assurer la sécurité des citoyens Répondre rapidement aux appels Traiter les personnes équitablement Faire respecter la loi Informer le public sur la prévention d’actes criminels
pourcentage des répondants ayant déclaré que la police fait du bon travail
Aucune victimisationNote  75 74 72 71 68 65
Une victimisation 65Note * 61Note * 60Note * 60Note * 55Note * 53Note *
Deux victimisations 56Note * 49Note * 49Note * 50Note * 46Note * 43Note *
Trois victimisations ou plus 51Note * 42Note * 45Note * 43Note * 38Note * 39Note *

Les victimes qui ont signalé l’incident à la police lui donnent une meilleure évaluation

Des études montrent que la confiance à l’égard de la police peut être liée à la volonté de signaler les incidents criminels, qu’on en soit victime ou témoin (Sindall et autres, 2012). Bien que les victimes d’actes criminels, dans l’ensemble, aient accordé une moins bonne note au rendement de la police que les personnes qui n’ont pas été victimes d’actes criminels, les victimes qui ont signalé l’incident à la police ont évalué plus favorablement le rendement de la police que celles qui ne l’ont pas signalé.

Les victimes qui ont signalé l’incident à la police étaient plus susceptibles de penser que la police fait du bon travail à l’égard des mesures des relations interpersonnelles, comparativement à celles qui n’ont pas signalé l’incident. Plus spécifiquement, les victimes d’actes criminels qui ont déclaré l’incident à la police étaient plus susceptibles que celles qui n’ont pas déclaré l’incident de dire que la police locale fait un bon travail lorsqu’il s’agit d’avoir une attitude ouverte, invitant à la discussion (64 % par rapport à 54 %) et de traiter les personnes équitablement (58 % par rapport à 46 %).

Les victimes qui ont déclaré l’incident étaient non seulement plus susceptibles d’évaluer favorablement la police en ce qui concerne les relations interpersonnelles, mais aussi plus susceptibles d’estimer que les policiers font du bon travail pour ce qui est de faire respecter la loi (50 % par rapport à 43 %) et d’informer le public sur la prévention d’actes criminels (51 % par rapport à 44 %).

Les incidents de discrimination sont liés à des perceptions moins favorables de la police

En 2014, environ 4 millions de Canadiens, soit 13 % des habitants de 15 ans et plus, ont déclaré avoir été victimes de discrimination au cours des cinq années précédentes. De ce nombre, environ 330 000 (8 %) estimaient avoir fait l’objet de discrimination de la part de la policeNote 7. On a pu constater que le fait de subir de la discrimination de la part de la police peut miner à la fois la confiance du public à l’égard de la police comme institution légitime et efficace, et la confiance générale envers les policiers (Cao, 2014).

Les Canadiens qui croient avoir fait l’objet de discrimination de la part de la police ont attribué au rendement de la police une note considérablement inférieure à celle des Canadiens qui estiment avoir été victimes de discrimination dans d’autres circonstances ou des Canadiens qui disent n’avoir jamais vécu de discrimination (graphique 8). Plus particulièrement, les perceptions du rendement de la police en matière de relations interpersonnelles étaient beaucoup moins favorables chez les répondants qui estimaient avoir subi de la discrimination de la part de la police. La proportion des Canadiens qui estimaient que la police fait du bon travail pour ce qui est de traiter les personnes équitablement était inférieure de 51 points de pourcentage pour les répondants qui estimaient avoir subi de la discrimination par la police, comparativement à ceux qui n’avaient pas vécu de discrimination. De même, 30 % des Canadiens qui estimaient avoir subi de la discrimination de la part de la police ont dit que la police faisait du bon travail pour ce qui est d’avoir une attitude ouverte, invitant à la discussion, soit 45 points de pourcentage de moins que ceux qui n’ont été victimes de discrimination dans aucune situation.

Description du graphique 8

Le titre du graphique est « Graphique 8 Perceptions du rendement de la police, selon les incidents de discrimination, 2014 ».
Ceci est un graphique à colonnes groupées.
Il y a au total 6 catégories sur l'axe horizontal. L'axe vertical débute à 0 et se termine à 80 avec des mesures à tous les 10 points.
Il y a 3 séries dans ce graphique.
L'axe vertical s'intitule « pourcentage des répondants ayant déclaré que la police fait du bon travail ».
L'axe horizontal s'intitule « Mesures du rendement de la police ».
Le titre de la série 1 est « Victime de discrimination de la part de la police ».
La valeur minimale est 20 et ceci correspond à « Traiter les personnes équitablement ».
La valeur maximale est 36 et ceci correspond à « Répondre rapidement aux appels ».
Le titre de la série 2 est « Victime de discrimination, mais non de la part de la police ».
La valeur minimale est 47 et ceci correspond à « Informer le public sur la prévention d'actes criminels ».
La valeur maximale est 59 et ceci correspond à « Avoir une attitude ouverte, invitant à la discussion ».
Le titre de la série 3 est « Pas une victime de discriminationNote  ».
La valeur minimale est 64 et ceci correspond à « Informer le public sur la prévention d'actes criminels ».
La valeur maximale est 75 et ceci correspond à « Avoir une attitude ouverte, invitant à la discussion ».

Tableau de données du graphique 8
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 8. Les données sont présentées selon Mesures du rendement de la police (titres de rangée) et Victime de discrimination de la part de la police, Victime de discrimination, mais non de la part de la police et Pas une victime de discrimination, calculées selon pourcentage des répondants ayant déclaré que la police fait du bon travail unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Mesures du rendement de la police Victime de discrimination de la part de la police Victime de discrimination, mais non de la part de la police Pas une victime de discriminationNote 
pourcentage des répondants ayant déclaré que la police fait du bon travail
Avoir une attitude ouverte, invitant à la discussion 30Note * 59Note ** 75
Assurer la sécurité des citoyens 33Note * 56Note ** 73
Répondre rapidement aux appels 36Note * 56Note ** 71
Traiter les personnes équitablement 20Note E: à utiliser avec prudence Note * 51Note ** 71
Faire respecter la loi 25Note * 51Note ** 67
Informer le public sur la prévention d’actes criminels 32Note * 47Note ** 64

Le rendement de la police est généralement moins bien noté dans l’Ouest

Les points de vue sur le rendement de la police varient d’une région à l’autre du Canada. En règle générale, les perceptions du rendement de la police étaient moins bonnes dans l’Ouest, alors qu’elles étaient plus contrastées dans les autres provinces. Plus particulièrement, les résidents des provinces des Prairies et de la Colombie-Britannique étaient moins susceptibles de déclarer que leur police locale fait un bon travail à l’égard de 5 des 6 mesures du rendement de la police. Seules les perceptions de la capacité du service de police pour ce qui est d’avoir une attitude ouverte, invitant à la discussion se comparaient à la moyenne des provinces. Des études antérieures indiquent que la fréquence et la gravité globales des crimes déclarés par la police et le taux de victimisation autodéclarée sont supérieurs dans l’Ouest (Boyce, 2015; Perreault, 2015).

Les résidents des quatre provinces de l’Atlantique étaient plus nombreux à croire que leur police locale fait un bon travail pour ce qui est d’avoir une attitude ouverte, invitant à la discussion. Toutefois, les Canadiens de Terre-Neuve-et-Labrador et de la Nouvelle-Écosse étaient moins susceptibles de déclarer que la police fait du bon travail à l’égard des volets opérationnels de la police, notamment pour ce qui est d’assurer la sécurité des citoyens, de répondre rapidement aux appels et de faire respecter la loi (tableau 9).

Les résidents du Québec étaient moins susceptibles que ceux des autres provinces de penser que la police fait du bon travail pour ce qui est d’avoir une attitude ouverte, invitant à la discussion, mais ils étaient plus susceptibles de déclarer que la police locale fait du bon travail à l’égard de chacune des cinq autres mesures (tableau 9).

Les résidents d’Ottawa accordent des notes supérieures à la moyenne pour l’ensemble des mesures du rendement de la police

Parmi les RMR, les résidents d’Ottawa étaient les plus susceptibles de dire que leur police locale fait du bon travail à l’égard de chacune des six mesures, qu’il s’agisse d’informer le public sur la prévention d’actes criminels (6 points de pourcentage de plus que la moyenne des RMR) ou de répondre rapidement aux appels (11 points de pourcentage de plus) (tableau 10).

Les résidents de Winnipeg et de Vancouver ont donné les évaluations les moins favorables à leur police locale (tableau 10). Pour chacune des six mesures du rendement de la police, les résidents de Winnipeg étaient moins susceptibles de déclarer que la police locale fait du bon travail, particulièrement pour ce qui est de faire respecter la loi et de répondre rapidement aux appels (12 et 19 points de pourcentage sous la moyenne, respectivement). Bien que la proportion de résidents ayant indiqué que la police fait du bon travail soit inférieure pour 5 des 6 mesures à Vancouver, la différence relative était moindre; les écarts les plus marqués avaient trait à la capacité de la police à faire respecter la loi et à informer le public sur la prévention d’actes criminels (6 points de pourcentage sous la moyenne pour chacun).

Facteurs liés à la perception du rendement de la police

D’autres modèles de régression ont été bâtis afin de déterminer les caractéristiques sociodémographiques et économiques qui demeurent des prédicteurs significatifs des perceptions du rendement de la police lorsque l’on maintient les autres facteurs constants (tableau 11).

Lorsque l’on tient compte des autres facteurs, trois facteurs demeurent significatifs pour chacune des six mesures du rendement de la police. Les Canadiens de 65 ans et plus et ceux qui ont immigré au Canada depuis 2000 étaient plus susceptibles d’avoir des perceptions favorables. Ceux qui ont été victimes d’actes criminels dans les 12 mois précédant l’enquête étaient plus susceptibles d’avoir des perceptions défavorables. Les différences les plus marquées entre victimes et non-victimes avaient notamment trait à la perception de la capacité de la police à assurer la sécurité des citoyens (0,60 par rapport à 0,74) et à faire respecter la loi (0,55 par rapport à 0,68).

D’autres facteurs, bien qu’ils ne soient pas significatifs pour chaque mesure, demeurent des prédicteurs significatifs de certaines mesures du rendement de la police. Le sexe, l’état matrimonial, le revenu, le niveau de scolarité, l’appartenance à une minorité visible et le contact avec la police demeurent tous des prédicteurs significatifs de la perception du rendement de la police pour au moins une mesure. Dans certains cas, l’effet de certaines variables était opposé selon la mesure. Par exemple, toutes choses étant égales par ailleurs, le fait de détenir un grade universitaire était associé à une plus grande probabilité de  croire que la police fait du bon travail pour ce qui est de faire respecter la loi, mais à une moins grande probabilité d’estimer que la police fait du bon travail pour ce qui est de traiter les personnes équitablement et d’informer le public sur la prévention d’actes criminels.

Contrairement aux résultats du modèle de régression pour les institutions publiques en général, l’identité autochtone demeure liée à la perception du rendement de la police lorsque l’on tient compte des autres facteurs. Les non-Autochtones étaient plus susceptibles d’avoir une perception favorable de la capacité de la police pour ce qui est d’avoir une attitude ouverte, invitant à la discussion, de répondre rapidement aux appels, de traiter les personnes équitablement et de faire respecter la loi.

Sommaire

La majorité des Canadiens âgés de 15 ans et plus ont une grande confiance ou une certaine confiance à l’égard de la police, du système scolaire, des banques, et du système de justice et des tribunaux. En revanche, moins de la moitié des Canadiens font confiance aux médias, au Parlement fédéral et aux grandes corporations.

Plusieurs caractéristiques démographiques et socioéconomiques sont associées à la confiance dans les institutions. Sauf pour les médias, les femmes faisaient généralement plus confiance au gouvernement et aux institutions que les hommes. Les Canadiens âgés de 15 à 24 ans étaient les plus susceptibles de déclarer faire confiance au Parlement fédéral, et une plus grande proportion de Canadiens plus âgés faisaient confiance à chacune des autres institutions. En règle générale, les minorités visibles et les immigrants étaient plus susceptibles de faire confiance aux institutions.

La majorité des Canadiens estiment que la police fait du bon travail à l’égard de chacune des six mesures spécifiques du rendement. Dans l’ensemble, la proportion de Canadiens qui estiment que leur police locale fait du bon travail a augmenté depuis 2004.

La victimisation autodéclarée est liée à une évaluation moins favorable du rendement de la police. En effet, les Canadiens qui ont déclaré avoir été victimes d’un acte criminel au cours des 12 mois précédant l’enquête ont évalué la police moins favorablement que les autres. En outre, la proportion de Canadiens qui estimaient que la police fait du bon travail à l’égard de chacune des six mesures diminue avec chaque victimisation subséquente.

Sources des données

Le présent rapport est fondé sur les données de l’Enquête sociale générale (ESG) de 2013 et de 2014. La population cible était composée de personnes âgées de 15 ans et plus vivant dans les 10 provinces du Canada, sauf les personnes résidant à temps plein dans des institutions. Le nombre de répondants était de 27 695 en 2013 et de 33 127 en 2014.

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les sources de données, veuillez consulter les documents suivants :

Dans le présent rapport, les réponses manquantes ont été exclues du dénominateur, ce qui explique pourquoi certains résultats pourraient être légèrement différents de ceux présentés dans d’autres rapports.

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