Regards sur la société canadienne
Les compétences en lecture évaluées à l’âge de 15 ans ont-elles une incidence sur la rémunération d’emploi des jeunes adultes?

par Laura Gibson, Carlos Rodriguez, Sarah Jane Ferguson, John Zhao et Darcy Hango

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Aperçu de l’étude

Selon certaines études antérieures, les compétences acquises à un jeune âge, telles que les compétences en lecture ou en mathématiques, peuvent avoir une incidence sur les résultats initiaux des personnes sur le marché du travail. Dans la présente étude, on utilise des données fiscales couplées aux données de l’Enquête auprès des jeunes en transition (EJET) et aux résultats obtenus dans le cadre du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) afin d’examiner le lien entre des facteurs contextuels observés à l’âge de 15 ans (y compris les compétences en lecture) et la rémunération d’emploi au début de l’âge adulte parmi une cohorte de répondants âgés de 15 ans en 2000.

  • En 2000, 51 % des filles et 38 % des garçons âgés de 15 ans affichaient un niveau élevé de compétences en lecture. Un niveau élevé de compétences en lecture est défini comme l’obtention d’une note de 4 et plus (sur 5) aux tests de lecture effectués dans le cadre du PISA.
  • Les jeunes femmes et les jeunes hommes ayant des compétences élevées en lecture à l’âge de 15 ans gagnaient plus que leurs homologues dont les compétences en lecture étaient plus faibles, que ce soit lors de la première année suivant la fin de leurs études ou lors des années subséquentes. Ces résultats ne tiennent cependant pas compte des autres facteurs influant également sur la rémunération.
  • Après la prise en compte de divers facteurs individuels et contextuels (p. ex. le niveau de scolarité des parents, le revenu parental, les notes générales obtenues à 15 ans et d’autres caractéristiques comme le niveau de scolarité le plus élevé atteint et le domaine d’études), les compétences en lecture évaluées à l’âge de 15 ans n’étaient plus associées à la rémunération d’emploi après la fin des études (chez les hommes comme chez les femmes), même lors de la première année après la fin des études.
  • Chez les femmes, les compétences en lecture influent sur la rémunération d’emploi au cours de la carrière principalement en agissant sur le niveau de scolarité. Autrement dit, les femmes ayant des compétences élevées en lecture obtiennent une scolarité plus élevée, laquelle mène à une rémunération plus élevée. Chez les hommes, d’autres caractéristiques contextuelles, comme le revenu parental et les notes obtenues à l’âge de 15 ans, avaient une plus grande incidence sur la rémunération d’emploi que les compétences en lecture.

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Introduction

Dans le monde entier, la littératie, la numératie et les compétences en résolution de problèmes sont généralement associées à de meilleurs résultats sur le marché du travail. Les adultes ayant des compétences élevées en lecture sont plus susceptibles de participer à la population active et moins enclins à ne pas avoir d’emploi que les adultes ayant des compétences moindres en lectureNote . De plus, la littératie, la numératie et les compétences en technologies de l’information et des communications sont associées de façon positive à la rémunération à travers le mondeNote . Au Canada, les adultes ayant des compétences élevées en littératie gagnent généralement des revenus d’emploi élevés et reçoivent moins de transferts sociaux que leurs homologues dont les compétences en littératie sont plus faiblesNote .et sont également moins susceptibles de vivre au sein de ménages à faible revenuNote .

Les compétences et le plus haut niveau de scolarité atteint sont étroitement liés. Les élèves canadiens ayant des compétences élevées en lecture à l’âge de 15 ans sont, par exemple, souvent plus susceptibles de terminer leurs études secondaires avant d’avoir 21 ans et de poursuivre des études postsecondaires que leurs homologues dont les compétences en littératie étaient plus faiblesNote . De plus, lorsqu’ils poursuivent des programmes d’études postsecondaires, les étudiants qui avaient des compétences en lecture plus élevées à 15 ans sont plus enclins à poursuivre des études universitaires que leurs homologues ayant des compétences plus faibles en lectureNote .

Le niveau de scolarité est également associé à de meilleurs résultats sur le marché du travail. En général, les jeunes adultes terminant des études postsecondaires gagnent des revenus d’emploi plus élevés et sont plus enclins à avoir un emploi rémunéré à temps plein toute l’année que les jeunes adultes ayant un diplôme d’études secondairesNote . Le fait d’atteindre un niveau de scolarité élevé est également associé à une rémunération élevéeNote  et, au fil de la carrière d’un travailleur, cet avantage en matière de rémunération peut entraîner une hausse significative des revenus cumulésNote .

Parallèlement, l’association entre le niveau de scolarité et les compétences est souvent réciproque; le niveau de scolarité peut également accroître les compétences d’une personneNote . Ce lien complexe présente un défi pour ce qui est de dissocier l’effet de chaque facteur sur les résultats sur le marché du travail. Dans les études antérieures s’intéressant à la fois à la littératie et au niveau de scolarité, les deux facteurs ont eu des effets indépendants sur la rémunération d’emploiNote Note Note .

Afin de tenir compte de la nature réciproque du lien entre les compétences et le niveau de scolarité, une approche consiste en l’évaluation des niveaux de compétences à un âge plus jeune, soit avant les études postsecondaires. Un étude antérieure reposant sur les données de l’Enquête auprès des jeunes en transition (EJET) a permis d’analyser le lien entre les notes obtenues en lecture dans le cadre du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) à l’âge de 15 ans et la rémunération horaire six ans après, soit à l’âge de 21 ansNote . À l’âge de 21 ans, des notes élevées obtenues en lecture dans le cadre du PISA ont été associées à une rémunération plus élevée chez les hommes comme chez les femmes. Néanmoins, dans les études précédentes, une fois le niveau de scolarité et des facteurs contextuels pris en compte, l’association entre les compétences et la rémunération disparaissait chez les hommes, mais demeurait chez les femmes. Le fait que peu d’étudiants universitaires étaient diplômés à l’âge de 21 ans et que ceux qui l’étaient n’étaient pas sur le marché du travail depuis une longue période constituait l’une des limites de cette étude.

Dans la présente étude, les données de l’EJET sont également utilisées afin d’obtenir les compétences en lecture des jeunes de 15 ansNote . Cette évaluation des compétences en lecture a été effectuée dans le cadre du PISA; les résultats obtenus au moyen de ce programme ont été couplés aux données du premier cycle de l’EJET en 2000, soit au moment où les répondants étaient âgés de 15 ans. L’EJET a été menée tous les deux ans pendant 10 ans (jusqu’en 2010), ce qui a permis de recueillir des renseignements opportuns et utiles sur le niveau de scolarité ainsi que sur d’autres aspects de la vie d’une cohorte de jeunes Canadiens jusqu’à ce qu’ils aient atteint l’âge de 25 ans.

Récemment, les données tirées de l’EJET et les résultats obtenus dans le cadre du PISA ont été couplés à des données fiscales administratives (le Fichier des familles T1 [FFT1]). Les données fiscales couplées aux données de l’EJET et aux résultats du PISA sont utiles, car elles permettent une analyse de la rémunération des répondants jusqu’en 2015, soit six ans après la fin de l’enquête initiale, lorsque les répondants étaient âgés de 25 ans (voir Sources de données, méthodes et définitions)Note Note . Ce couplage permet un examen plus complet des premières expériences de jeunes adultes canadiens sur le marché du travail. Six ans constituent une période significative permettant d’étudier les premières années de la carrière de jeunes personnes, puisqu’il peut leur falloir plusieurs années pour trouver un emploi stable dans le domaine de leur choixNote . Les données couplées permettent d’éliminer la limite à laquelle faisaient face les chercheurs lors des travaux antérieurs effectués lorsque les répondants étaient âgés de 21 ans. Les données fiscales permettent également d’étudier la totalité de la rémunération d’emploi gagnée au cours d’une année entière. Les jeunes adultes peuvent occuper plusieurs emplois à temps partiel pendant la même période ou avoir plusieurs contrats à temps plein au cours d’une année.

On a utilisé ces données couplées pour examiner les résultats en lecture obtenus dans le cadre du PISA par les répondants au moment où ils étaient âgés de 15 ans, de même que leur niveau de scolarité et leurs caractéristiques contextuelles tirés de l’EJET, afin de déterminer leur incidence sur la rémunération d’emploi au cours des premières années de carrière des jeunes Canadiens. Dans la présente étude, on s’intéresse plus particulièrement à la réponse à ces trois questions : Les compétences en lecture évaluées à l’âge de 15 ans (au-delà de leur incidence sur le niveau de scolarité atteint) influent-elles sur la rémunération d’emploi des jeunes adultes après la fin de leurs études? De quelle façon les compétences en lecture interagissent-elles avec d’autres caractéristiques observées à l’âge de 15 ans, comme le revenu parental et les notes obtenues pendant les études secondaires, de sorte à influer sur la rémunération d’emploi après l’obtention du diplôme? Ces effets varient-ils en fonction du nombre d’années écoulées depuis la fin des études?

Les jeunes femmes affichaient à l’âge de 15 ans des compétences en lecture plus élevées que celles des jeunes hommes

Lorsque les répondants à l’EJET étaient âgés de 15 ans, au moment du cycle initial de 2000, ceux-ci ont fait l’objet d’une évaluation de leurs compétences en lecture dans le cadre du PISA (test international uniformisé auquel le Canada a participé). Selon le PISA, les compétences en lecture sont définies comme suit : « comprendre, utiliser et analyser des textes écrits afin de pouvoir réaliser des objectifs personnels, développer des connaissances et des capacités et prendre une part active dans la société »Note . Les compétences en lecture peuvent être divisées en cinqNote  niveaux de compétence correspondant à des tâches de difficultés croissantes. Le niveau 1 indique le niveau le plus bas de compétences, alors que le niveau 5 indique le niveau le plus élevé. Ces niveaux représentent essentiellement les éléments les plus difficiles du test auxquels un élève est en mesure de répondre. Par conséquent, on pouvait supposer qu’un élève ayant atteint un certain niveau était en mesure de répondre à toutes les questions des niveaux inférieurs. L’Organisation de coopération et de développement économiques désigne un écart de un niveau de compétence comme suit : « En termes réels, on pourrait considérer un écart d’un niveau de compétence comme un écart relativement important dans le rendement des élèves »Note . Dans le cadre de la présente étude, des compétences élevées en lecture désignent les niveaux 4 et 5 et des compétences plus faibles en lecture sont représentées par un niveau inférieur à 1 (c.-à-d. 0) ainsi que par les niveaux 1, 2 et 3.

Dans l’ensemble, 51 % des jeunes femmes et 38 % des jeunes hommes ont obtenu des niveaux élevés (4 ou 5) de compétences en lecture au moment où ils étaient âgés de 15 ans, alors que les proportions de jeunes femmes et de jeunes hommes ayant obtenu le niveau 3 étaient les mêmes (29 %). Parallèlement, pour ce qui est des trois niveaux les plus bas de compétences en lecture (niveaux 0, 1 et 2), la proportion parmi les jeunes hommes (33 %) était plus élevée que celle observée chez les jeunes femmes (20 %) (graphique 1)Note .

Graphique 1 Niveaux de compétences en lecture obtenus dans le cadre du Programme international pour le suivi des acquis des élèves par une cohorte d’élèves âgés de 15 ans en 2000, selon le sexe

Tableau de données du graphique 1 
Tableau de donne du graphique 1
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de donne du graphique 1. Les données sont présentées selon Compétences en lecture élevées
(titres de rangée) et Hommes et Femmes, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Compétences en lecture élevées
Hommes Femmes
pourcentage
0 3,5 1,1
1 9,8 4,3
2 19,5 15,1
3 29,0 28,5
4 25,3 30,7
5 12,9 20,4

Dans des analyses supplémentaires, le fait d’avoir des compétences élevées en lecture était plus répandu chez les jeunes dont le revenu parental était élevé, peu importe le sexe des jeunes. Environ 60 % des jeunes femmes des quatrième et cinquième quintiles de revenu parental, par exemple, avaient des compétences élevées en lecture, comparativement à 35 % de celles faisant partie du premier quintile de revenu parental. La tendance observée chez les jeunes hommes est similaire. De même, les jeunes adultes dont les parents avaient fait des études universitaires présentaient des résultats en lecture significativement plus élevés : 52 % des jeunes hommes et 66 % des jeunes femmes dont au moins un parent avait fait des études universitaires présentaient des compétences élevées en lecture à l’âge de 15 ans, comparativement à 26 % et 37 %, respectivement, des jeunes hommes et des jeunes femmes dont les parents avaient tout au plus un diplôme d’études secondaires.

Les jeunes hommes et jeunes femmes dont les compétences en lecture étaient élevées à l’âge de 15 ans avaient une rémunération d’emploi supérieure à celle de leurs homologues dont les compétences en lecture étaient plus faibles

Les compétences élevées sont associées à une rémunération d’emploi plus élevée en moyenne. Il en va de même en ce qui concerne les compétences en lecture observées pendant les études secondaires. Les graphiques 2a et 2b présentent la rémunération d’emploi moyenne des hommes et des femmes entre un et sept ans après la fin de leurs études, séparément selon les niveaux de compétences en lectureNote . Le lien entre les niveaux de compétence en lecture observés à l’âge de 15 ans et la rémunération d’emploi semble plus fort chez les femmes que chez les hommes, puisque l’écart au chapitre de la rémunération d’emploi entre les niveaux de compétence en lecture élevés et plus faibles est plus marqué chez les femmes que chez les hommes.

Graphique 2a Revenus d’emploi annuels selon le nombre d'années depuis la fin des études, selon les compétences en lecture (valeurs non ajustées) hommes âgés de 15 ans en 2000

Tableau de données du graphique 2a 
Tableau de donne du graphique 2a
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de donne du graphique 2a. Les données sont présentées selon Années depuis la fin des études (titres de rangée) et Compétences en lecture élevées et Compétences en lecture plus faibles, calculées selon en dollars unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Années depuis la fin des études Compétences en lecture élevées Compétences en lecture plus faibles
en dollars
1 30 900 23 900
2 36 200 27 200
3 40 200 32 100
4 47 300 35 000
5 46 800 40 200
6 50 400 41 800
7 53 000 42 300

Graphique 2b Revenus d’emploi annuels selon le nombre d'années depuis la fin des études, selon les compétences en lecture (valeurs non ajustées) femmes âgés de 15 ans en 2000

Tableau de données du graphique 2b 
Tableau de donne du graphique 2b
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de donne du graphique 2b. Les données sont présentées selon Années depuis la fin des études
(titres de rangée) et Compétences en lecture élevées et Compétences en lecture plus faibles, calculées selon en dollars unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Années depuis la fin des études
Compétences en lecture élevées Compétences en lecture plus faibles
en dollars
1 27 500 18 000
2 32 100 19 800
3 31 300 21 700
4 31 600 20 100
5 33 200 21 500
6 32 800 21 000
7 33 300 20 700

Au cours de la première année suivant la fin de leurs études, les jeunes femmes présentant des compétences élevées en lecture à l’âge de 15 ans gagnaient environ 27 500 $; c’est-à-dire 53 % de plus que la rémunération (environ 18 000 $) de leurs homologues dont le niveau de compétences en lecture était plus faible. Parallèlement, les hommes présentant des compétences en lecture élevées à l’âge de 15 ans gagnaient, la première année suivant la fin de leurs études, environ 29 % de plus que leurs homologues dont les compétences en lecture étaient plus faibles.

Au fil du temps, la rémunération d’emploi a augmenté, quelles que soient les compétences en lecture. La rémunération d’emploi a augmenté d’au moins 70 % chez les hommes dont les compétences en lecture étaient élevées et plus faibles. Chez les femmes, l’augmentation correspondante était plus modeste, allant de 15 % chez celles dont les compétences en lecture étaient plus faibles à 21 % chez celles dont les compétences en lecture étaient élevées. Parallèlement, l’écart au chapitre de la rémunération d’emploi persistait au fil des années entre celles dont les compétences en lecture étaient élevées et plus faibles. Les résultats présentés aux graphiques 2a et 2b ne tiennent cependant pas compte de facteurs pouvant avoir une incidence sur la rémunération d’emploi, comme le nombre d’heures de travail, le niveau de scolarité, le secteur d’emploi et l’état matrimonial.

Dans le reste de l’analyse, on se concentrera sur deux années particulières suivant la fin des études, à savoir la première année et la septième année, et non sur les années entre celles-ci. Ces années ont été choisies afin de souligner les différences relatives au lien entre les compétences en lecture et la rémunération d’emploi moyenne peu après la fin des études, puis après plusieurs années d’expérience sur le marché de l’emploi. La présente analyse porte sur les années depuis l’obtention du diplôme et non sur l’âge, puisque l’âge au moment de l’obtention du diplôme dépend du type d’études postsecondaires poursuivies (ou non), du temps ayant été nécessaire à l’obtention du diplôme (ou avant tout abandon) et de l’âge du répondant au début du programme d’étudesNote . Le rôle du niveau de scolarité atteint est de première importance dans la présente étude, puisque les compétences sont étroitement liées au niveau de scolarité et que le niveau de scolarité est à son tour étroitement associé aux résultats obtenus sur le marché du travailNote .

Une série de modèles de régression par les moindres carrés ordinaires a été estimée pour tenter d’isoler l’effet du niveau de scolarité sur le lien entre les compétences et la rémunération d’emploiNote . On a utilisé des logarithmes de la rémunération d’emploi, mais on les a reconvertis en dollars pour pouvoir les interpréter, et les résultats sont présentés sous forme de différence au chapitre de la rémunération d’emploi prévue (plutôt que les montants réels en dollars). En outre, comme les facteurs influant sur la rémunération d’emploi des hommes et des femmes ont déjà fait l’objet de plusieurs analyses, les résultats de la présente étude portent spécifiquement sur l’association entre les compétences en lecture et la rémunération d’emploi, de même que sur les variations selon les spécifications des modèles.

La rémunération d’emploi des jeunes hommes était davantage liée aux notes obtenues pendant les études secondaires qu’aux compétences en lecture évaluées à l’âge de 15 ans

Le tableau 1a (hommes) et le tableau 1b (femmes) présentent la rémunération d’emploi prévue (exprimés selon l’écart par rapport à la catégorie de référence) lors des première et septième années suivant l’obtention du diplôme, certificat ou grade le plus élevé avant l’âge de 25 ans (pour ce qui est des jeunes sans diplôme d’études secondaires, on a utilisé les années écoulées depuis la fin de leurs études)Note . Le modèle 1 comprend uniquement les compétences en lecture comme variable indépendante, et les résultats indiquent que les hommes et les femmes ayant des compétences élevées en lecture gagnaient significativement plus que leurs homologues dont les compétences en lecture étaient basses, et ce, lors des deux années.


Tableau 1a
Régression du logarithme de la rémunération d'emploi en fonction du niveau de compétences obtenu en lecture à l’âge de 15 ans et d'autres variables, selon le nombre d'années depuis la fin des études, hommes
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Régression du logarithme de la rémunération d'emploi en fonction du niveau de compétences obtenu en lecture à l’âge de 15 ans et d'autres variables Année 1 après la fin des études, Année 7 après la fin des études, Modèle 1, Modèle 2 et Modèle 3, calculées selon écart au chapitre de la rémunération d’emploi par rapport à la catégorie de référence (en dollars) unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année 1 après la fin des études Année 7 après la fin des études
Modèle 1 Modèle 2 Modèle 3 Modèle 1 Modèle 2 Modèle 3
écart au chapitre de la rémunération d’emploi par rapport à la catégorie de référence (en dollars)
Niveau de compétences en lecture à l’âge de 15 ans
Compétences plus faibles (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Compétences élevées 7 000Note ** 700 100 10 700Note ** -900 -3 300
Quintile de revenu parental (au moment où les répondants étaient âgés de 15 ans)
Premier quintile (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Deuxième quintile Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 4 600Note * 4 300Note * Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 10 700Note * 11 700Note **
Troisième quintile Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 2 000 2 300 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 12 600Note ** 13 000Note **
Quatrième quintile Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 4 800Note * 3 600Tableau 1a Note  Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 9 600Note * 8 400Tableau 1a Note 
Cinquième quintile Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 5 300Note * 4 700Note * Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 15 800Note ** 15 300Note **
Plus haut niveau de scolarité atteint par les parents (au moment où les répondants étaient âgés de 15 ans)
Diplôme d’études secondaires ou moins (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Études collégiales ou école de métiers Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 1 900 1 500 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 5 100Tableau 1a Note  2 600
Diplôme universitaire Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 1 900 -400 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 9 900Note ** 3 400
Statut d’immigration
Immigrant de première génération Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 1 800 300 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -3 700 -6 600
Immigrant de deuxième génération Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 3 000 1 100 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 8 100Note * 4 700
Personne née au Canada (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Année scolaire à l’âge de 15 ans
9e année ou moins Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -2 500 800 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -6 500Tableau 1a Note  -1 500
10e année et plus (réf,) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Notes générales obtenues à l’âge de 15 ans
Moins de 55 % Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -13 500Note ** -11 000Note ** Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -18 900Tableau 1a Note  -15 800
De 55 % à 69 % Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -2 300 100 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -7 900Note ** -5 300Note *
De 70 % à 79 % (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
De 80 % à 89 % Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 5 800Note ** 1 600 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 6 200Tableau 1a Note  400
De 90 % à 100 % Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 7 800Note ** 1 200 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 20 500Note ** 7 300Tableau 1a Note 
Niveau de scolarité et domaine d’études
Diplôme d’études secondaires ou moins Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -20 800Note ** Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -38 900Note **
Études postsecondaires autres qu’universitaires, sciences sociales Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -16 000Note ** Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -31 800Note **
Études postsecondaires autres qu’universitaires, affaires Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -5 300 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -23 900Note **
Études postsecondaires autres qu’universitaires, STGM Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -5 000 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -16 000Note **
Études postsecondaires autres qu’universitaires, santé Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -20 200Note ** Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -42 800Note **
Études postsecondaires autres qu’universitaires, autres domaines Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -9 300Note * Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -7 400
Études universitaires, sciences sociales Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -13 100Note ** Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -24 900Note **
Études universitaires, affaires (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Études universitaires, STGM Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 100 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -4 300
Études universitaires, santé Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 12 500Tableau 1a Note  Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -500
Études universitaires, autres domaines Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 7 700 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 12 900

Tableau 1b
Régression du logarithme de la rémunération d'emploi en fonction du niveau de compétences obtenu en lecture à l’âge de 15 ans et d'autres variables, selon le nombre d'années depuis la fin des études, femmes
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Régression du logarithme de la rémunération d'emploi en fonction du niveau de compétences obtenu en lecture à l’âge de 15 ans et d'autres variables Année 1 après la fin des études, Année 7 après la fin des études, Modèle 1, Modèle 2 et Modèle 3, calculées selon écart au chapitre de la rémunération d’emploi par rapport à la catégorie de référence (en dollars) unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année 1 après la fin des études Année 7 après la fin des études
Modèle 1 Modèle 2 Modèle 3 Modèle 1 Modèle 2 Modèle 3
écart au chapitre de la rémunération d’emploi par rapport à la catégorie de référence (en dollars)
Niveau de compétences en lecture obtenu à l’âge de 15 ans
Compétences plus faibles (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Compétences élevées 9 400Note ** 2 500Tableau 1b Note  600 12 600Note ** 6 300Note ** 3 300
Quintile de revenu parental (au moment où les répondants étaient âgés de 15 ans)
Premier quintile (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Deuxième quintile Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 700 -200 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 3 100 3 900
Troisième quintile Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 4 300Note * 2 100 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 4 800 3 500
Quatrième quintile Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 4 200Note * 2 100 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 3 700 2 300
Cinquième quintile Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 5 700Note ** 2 600 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 3 000 1 800
Plus haut niveau de scolarité atteint par les parents (au moment où les répondants étaient âgés de 15 ans)
Diplôme d’études secondaires ou moins (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Études collégiales ou école de métiers Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -2 200 -2 100 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 900 100
Diplôme universitaire Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 1 500 -900 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 6 500Note * 2 200
Statut d’immigration
Immigrant de première génération Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 3 900 4 000 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 1 600 1 300
Immigrant de deuxième génération Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 2 300 1 800 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -5 000 -5 800Tableau 1b Note 
Personne née au Canada (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Année scolaire à l’âge de 15 ans
9e année ou moins Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -2 800 600 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 300 3 200
10e année et plus (réf,) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Notes générales obtenues à l’âge de 15 ans
Moins de 55 % Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -9 500Note * -6 400 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -4 400 -900
De 55 % à 69 % Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -9 000Note ** -6 700Note ** Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -6 100Note * -4 200
De 70 % à 79 % (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
De 80 % à 89 % Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -500 -2 900Tableau 1b Note  Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 600 -1 800
De 90 % à 100 % Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 2 700 -1 400 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 6 800Note * 2 000
Niveau de scolarité et domaine d’études
Diplôme d’études secondaires ou moins Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -20 300Note ** Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -20 800Note **
Études postsecondaires autres qu’universitaires, sciences sociales Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -14 900Note ** Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -13 200Note **
Études postsecondaires autres qu’universitaires, affaires Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -8 900Note ** Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -12 100Note *
Études postsecondaires autres qu’universitaires, STGM Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -3 800 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 500
Études postsecondaires autres qu’universitaires, santé Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -4 300 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -8 000
Études postsecondaires autres qu’universitaires, autres domaines Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -13 000Note * Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -14 300
Études universitaires, sciences sociales Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -6 100Note * Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -5 900
Études universitaires, affaires (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Études universitaires, STGM Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 1 600 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 3 200
Études universitaires, santé Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 5 000 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 5 700
Études universitaires, autres domaines Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer -5 100 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 3 700

Les compétences en lecture ne sont cependant pas le seul facteur susceptible d’influer sur la rémunération d’emploi d’un étudiant après la fin de ses études. L’EJET permettait également de mesurer plusieurs autres caractéristiques au cours de l’adolescence des répondants, lesquelles étaient susceptibles d’influer sur les compétences, sur le plus haut niveau de scolarité atteint et, en fin de compte, sur la rémunération d’emploi. Afin de tenir compte de ces facteurs, le modèle 2 comprenait également le revenu parental et le niveau de scolarité des parents des répondants à l’âge de 15 ans, les notes générales obtenues à l’âge de 15 ans, le niveau de scolarité atteint à l’âge de 15 ans, le statut d’immigration et d’autres facteurs mesurés au cours de l’année de mesure de la rémunération d’emploi (à l’aide du FFT1), comme le secteur d’emploi, la province de résidence, l’état matrimonial et la présence d’enfants (mesurée uniquement chez les femmes, puisque cette donnée n’est pas disponible pour les hommes)Note .

L’effet des compétences en lecture sur la rémunération d’emploi chez les jeunes hommes lors des première et septième années suivant la fin de leurs études a disparu après la prise en compte de ces facteurs. Chez les hommes, la rémunération d’emploi semble plutôt liée aux notes obtenues; les jeunes hommes ayant obtenu des notes supérieures à 80 % à l’âge de 15 ans avaient une rémunération d’emploi significativement supérieure à celle des jeunes hommes ayant obtenu des notes situées entre 70 % et 79 %. Pour ce qui est de la septième année suivant la fin des études, les jeunes hommes ayant obtenu les notes les plus élevées (90 % à 100 %) à l’âge de 15 ans continuaient à percevoir une rémunération d’emploi supérieure à celle des jeunes hommes ayant obtenu des notes moyennes (70 % à 79 %), l’écart étant de plus de 20 000 $.

Chez les femmes, en revanche, la rémunération d’emploi était significativement associée aux compétences en lecture, mais uniquement pour ce qui est de la septième année suivant la fin de leurs études, année lors de laquelle les femmes dont les compétences en lecture étaient élevées gagnaient 6 300 $ de plus que celles dont les compétences en lecture étaient plus faibles.

Comme en ce qui concerne les hommes, d’autres facteurs contextuels observés chez les élèves étaient également associés à la rémunération d’emploi des femmes. La première année suivant la fin des études, les femmes dont les parents gagnaient un revenu plus élevé avaient une rémunération d’emploi significativement supérieure à celle des femmes dont les parents faisaient partie du premier quintile de revenus. Les résultats scolaires des femmes étaient également liés à la rémunération d’emploi, mais, contrairement à la situation observée chez les hommes, la rémunération d’emploi n’était pas significativement plus élevée chez les femmes ayant obtenu des notes plus élevées à l’âge de 15 ans. Cependant, les femmes ayant obtenu des notes moyennes plus basses (69 % ou moins) à l’âge de 15 ans gagnaient significativement moins que les femmes ayant obtenu des notes plus élevées. Pour ce qui est de la septième année suivant la fin des études, l’effet du revenu parental avait disparu et celui des notes scolaires élevées s’était affaibli, mais l’effet des compétences en lecture demeurait significatifNote .

Après la prise en compte du plus haut niveau de scolarité atteint et du domaine d’études, l’avantage en matière de rémunération d’emploi chez les personnes dont les compétences en lecture étaient élevées à l’âge de 15 ans a disparu chez les femmes

Dans le modèle 3, on a ajouté le niveau de scolarité et le domaine d’études. On a utilisé trois catégories de niveau de scolarité et cinq domaines d’études. Les catégories de niveau de scolarité sont le diplôme d’études secondaires ou moins, des études postsecondaires autres qu’universitaires, et un baccalauréat ou un titre de niveau supérieur au baccalauréat. Les cinq catégories de domaines d’études sont les sciences sociales (y compris les arts et les sciences humaines), les STGM (sciences, technologie, génieNote , et mathématiques et informatique), les affaires, la santé et les autres domaines. Dans ce modèle, les variables de domaine d’études et de niveau de scolarité ont été combinées afin de créer des domaines d’études différents pour ceux ayant achevé des programmes universitaires et non universitairesNote .

Comme on pouvait s’y attendre, il existe un lien entre le niveau de scolarité et le domaine d’études et la rémunération d’emploi chez les hommes et les femmes. Les hommes ayant un diplôme d’études secondaires ou moins gagnaient significativement moins que leurs homologues ayant poursuivi des études universitaires et ayant obtenu un diplôme en commerce, en particulier lors de la septième année suivant la fin de leurs études (de près de 40 000 $). Il est intéressant de noter que, chez les hommes, les écarts entre les catégories de niveau de scolarité augmentaient au fil du temps, alors qu’ils demeuraient plus ou moins identiques chez les femmes lors de la première année et de la septième année suivant la fin de leurs études.

L’inclusion des variables du niveau de scolarité et du domaine d’études modifie le lien entre les compétences en lecture et la rémunération d’emploi dans une certaine mesure, mais pas de la même manière chez les hommes et les femmes. Chez les femmes, qu’il s’agisse de la première ou de la septième année, l’ajout de ces variables a réduit l’écart au chapitre de la rémunération d’emploi entre les niveaux de compétences en lecture, jusqu’à éliminer tout écart significatif. Chez les hommes, l’écart entre les niveaux de compétences est demeuré non significatif dans le modèle 3, comme c’était le cas dans le modèle 2Note .

En outre, après l’ajout du niveau de scolarité et du domaine d’études au modèle 3, aucune association significative entre l’obtention de notes élevées à l’âge de 15 ans et la rémunération d’emploi ne subsistait lors de la première ou de la septième année suivant la fin des études chez les jeunes hommes. Une association demeurait toutefois la première année suivant la fin des études chez les jeunes hommes ayant obtenu des notes plus basses. Chez les femmes, l’association négative entre des notes plus faibles durant les études secondaires et la rémunération d’emploi demeurait également après la prise en compte du niveau de scolarité et du domaine d’études lors de la première année suivant la fin des études, mais non lors de la septième année. Ces résultats laissent penser que la réussite scolaire n’est pas nécessairement associée à une rémunération d’emploi plus élevée en début de carrière chez les jeunes hommes et les jeunes femmes, au-delà de l’effet d’un niveau de scolarité plus élevé.

Une association relativement persistante entre le revenu parental à l’âge de 15 ans et la rémunération d’emploi a été observée chez les hommes même dans le modèle 3, lequel englobait le niveau de scolarité et le domaine d’études. Ces écarts au chapitre de la rémunération étaient même encore plus prononcés lors de la septième année suivant la fin des études que lors de la première. Aucune association entre le revenu parental et la rémunération d’emploi n’a cependant été observée chez les femmes dans le modèle 3.

Dans l’ensemble, après inclusion du niveau de scolarité et du domaine d’études dans le modèle 3, l’écart au chapitre de la rémunération d’emploi attribuable aux compétences en lecture disparaissait chez les deux sexes (graphique 3). Par conséquent, la majeure partie de la variation de la rémunération d’emploi chez les jeunes adultes présentant des compétences élevées et plus faibles en lecture à l’âge de 15 ans s’expliquait par d’autres facteurs, comme le plus haut niveau de scolarité atteint et le domaine d’études.

Graphique 3 Écart prévu au chapitre des revenus d’emploi entre les niveaux élevé et bas de compétences en lecture obtenus à l’âge de 15 ans, première et septième années après la fin des études

Tableau de données du graphique 3 
Tableau de donne du graphique 3
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de donne du graphique 3 Année 1 après la fin des études et Année 7 après la fin des études(figurant comme en-tête de colonne).
Année 1 après la fin des études Année 7 après la fin des études
Modèle 1 Modèle 2 Modèle 3 Modèle 1 Modèle 2 Modèle 3
Hommes 7 000Note ** 700 100 10 700Note ** -900 -3 300
Femmes 9 400Note ** 2 500Tableau de Note  600 12 600Note ** 6 300Note ** 3 300

Conclusion

Les liens entre les compétences en lecture, le niveau de scolarité et les caractéristiques individuelles sont complexes. Dans la présente étude, on a exploré la façon dont ces facteurs ont une incidence sur la rémunération d’emploi en début de carrière chez les jeunes Canadiens à l’aide des données de l’EJET et des résultats obtenus dans le cadre du PISA. Avant la prise en compte des autres facteurs, les jeunes hommes comme les jeunes femmes ayant présenté des compétences élevées en lecture à l’âge de 15 ans avaient une rémunération d’emploi significativement plus élevée que leurs homologues dont les compétences en lecture étaient plus faibles.

Cependant, des facteurs individuels et familiaux contextuels, comme le revenu parental mesuré à l’âge de 15 ans et les résultats scolaires obtenus durant les études secondaires, ont entièrement permis d’expliquer l’écart au chapitre de la rémunération d’emploi observée entre les hommes ayant présenté des niveaux élevés et plus faibles de compétences en lecture. Chez les femmes, l’écart au chapitre de la rémunération d’emploi favorisant celles ayant présenté des compétences élevées en lecture était significatif un an après la fin de leurs études et est demeuré sept ans après la fin de celles-ci, même lorsque l’on a tenu compte d’autres facteurs contextuels. Toutefois, après la prise en compte du niveau de scolarité et du domaine d’études, l’effet des compétences en lecture sur la rémunération d’emploi chez les femmes n’était plus significatif. Ce résultat laisse croire que, à tout le moins chez les femmes, les compétences en lecture agissent sur la rémunération d’emploi en début de carrière principalement par le biais d’un niveau de scolarité plus élevé.

Chez les hommes, les compétences en lecture observées à l’âge de 15 ans n’ont pas eu d’incidence perceptible sur la rémunération d’emploi en début de carrière. Par conséquent, la rémunération d’emploi semble être le produit d’autres facteurs contextuels, comme les études postsecondaires, le revenu parental mesuré à l’âge de 15 ans et les notes obtenues à l’âge de 15 ans.

Cela ne signifie cependant pas que les compétences ne jouent aucun rôle dans la rémunération d’emploi. D’autres types de compétences, tels que les compétences en mathématiques, en résolution de problèmes et dans la sphère sociale, pourraient jouer un rôle plus important. En outre, il peut s’avérer que les compétences acquises plus tard au cours de la vie jouent un rôle plus important. L’incidence d’autres compétences n’a pas pu être évaluée à l’aide des données utilisées en raison des limites de l’échantillon. D’autres recherches seront nécessaires afin de mieux comprendre le rôle des compétences dans les résultats obtenus sur le marché du travail.

Laura Gibson est analyste, John Zhao est chef et Sarah-Jane Ferguson est chef de sous-section et analyste principale au Centre canadien de la statistique de l’éducation de Statistique Canada. Au moment de réaliser l’étude, Carlos Rodriguez était économiste chercheur au Centre canadien de la statistique de l’éducation de Statistique Canada. Darcy Hango est chercheur principal au Centre de renseignements et d’innovation en données sociales de Statistique Canada.

Début de l’encadré

Sources de données, méthodes et définitions

Sources des données

Les données utilisées dans la présente étude proviennent des cycles 1 à 6 de l’Enquête auprès des jeunes en transition (EJET). Au cycle 1 de l’EJET, les participants étaient âgés de 15 ans, étaient aux études et avaient participé au Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA). Le PISA permet de mesurer les compétences en lecture, en mathématiques et en sciences au moyen de tests réalisés auprès des répondants à l’enquête. L’année 2000, lors du cycle 1, l’accent du PISA portait principalement sur les compétences en littératie; cela signifie qu’on évaluait les compétences des participants en lecture, puis celles en mathématiques ou en sciences, ou les deux. Dans la présente étude, les compétences en lecture ont été utilisées pour maximiser la taille de l’échantillon et parce qu’une étude antérieure de ce groupe avait relevé que les compétences en lecture permettaient de prévoir plus particulièrement la poursuite d’études postsecondairesNote .

Les renseignements recueillis auprès des parents des répondants au cycle 1 comprennent le niveau de scolarité des parents et leur revenu, la langue maternelle, le statut de minorité visible et le statut d’immigration. Le plus haut certificat, diplôme ou grade du répondant est déterminé à l’aide des données de tous les cycles jusqu’à ce que le répondant atteigne l’âge de 25 ans (cycle 6).

Les données de l’EJET utilisées dans le cadre de la présente étude ont été couplées aux données fiscales du Fichier des familles T1 (FFT1). Les données fiscales fournissent des renseignements sur la rémunération d’emploi ainsi que sur le secteur d’emploi et la province de résidence. La Prestation fiscale canadienne pour enfants ainsi que les déductions et crédits pour frais de scolarité ont servi à définir d’autres variables, mais n’ont pas été inclus comme variables d’intérêt dans l’étude. L’année 1 suivant la fin des études, 93 % des répondants au cycle 6 de l’EJET dont les pondérations relatives aux parents étaient non nulles ont été couplés aux données fiscales du FFT1. Pour ce qui est de l’année 7 suivant la fin des études, 62 % des répondants ont été couplés.

Attrition de l’échantillon

L’EJET, comme toute enquête longitudinale, fait l’objet d’une attrition au fur et à mesure des cycles. La taille de l’échantillon a, par conséquent, diminué entre le cycle 1 et le cycle 6. En raison de cette attrition, il a été nécessaire d’utiliser les poids de sondage du cycle 6, lesquels tiennent compte de la non-réponseNote .

Pour vérifier la fiabilité des données de l’étude, les répartitions des compétences en lecture relevées lors du cycle 1 en 2000 ont été comparées à celles observées lors du cycle 6 en 2010, de façon distincte pour les hommes et pour les femmes. Cette analyse a révélé que les variations des profils de compétences en lecture des hommes et des femmes étaient faibles entre le cycle 1 et le cycle 6. En ce qui concerne les années 2000 et 2010, par exemple, environ 37 % des hommes se situaient au niveau 4 ou 5 quant à leurs compétences en lecture, alors que les chiffres correspondants chez les femmes étaient de 48 % en 2000 et de 51 % en 2010.

Il semble y avoir une légère hausse des niveaux de compétences en lecture les plus élevés chez les femmes, alors qu’essentiellement aucune différence n’existait chez les hommes. Malgré cette légère différence au chapitre des compétences en lecture chez les femmes entre 2000 et 2010, l’effet d’attrition de l’échantillon entre les cycles de l’EJET semble avoir été minime dans la présente étude. Les résultats de l’analyse sont disponibles sur demande.

Échantillon de l’étude

L’échantillon de la présente étude s’est limité aux répondants dont les parents avaient rempli le questionnaire du cycle 1 de l’EJET, qui avaient produit une déclaration de revenus au moins une année après la fin de leurs études, qui avaient une rémunération d’emploi positive cette année-là, qui n’avaient pas continué ou repris leurs études et qui vivaient encore dans l’une des provinces canadiennes. Un répondant était déterminé comme ayant repris ses études s’il fréquentait un établissement d’enseignement lors du cycle 6 ou s’il déclarait des montants positifs de déductions et de crédits d’impôt pour frais de scolarité à temps partiel ou à temps plein. Les répondants étaient exclus de l’analyse pour toutes les années suivant la reprise de leurs études. Les tailles d’échantillon non pondérées respectives utilisées dans les régressions multivariées aux tableaux 1a et 1b sont les suivantes :

  • hommes au cours de l’année 1 : 2 054 répondants;
  • hommes au cours de l’année 7 : 1 642 répondants;
  • femmes au cours de l’année 1 : 2 064 répondantes;
  • femmes au cours de l’année 7 : 1 630 répondantes.

Régression par les moindres carrés ordinaires

Des régressions par les moindres carrés ordinaires ont permis d’analyser l’incidence des compétences en lecture sur la rémunération d’emploi. On a utilisé des logarithmes de la rémunération d’emploi, mais on les a reconvertis en dollars aux fins d’interprétation. Seules les observations concernant les première et septième années suivant l’obtention du diplôme d’un répondant ont été analysées.

Définitions

Rémunération d’emploi

La rémunération d’emploi désigne la somme du revenu d’emploi du T4 et d’autres revenus d’emploi tels qu’ils sont déclarés dans les fichiers de données fiscales FFT1. Le revenu d’emploi du T4 désigne tous les revenus d’emploi perçus (c.-à-d. traitements, salaires et commissions) avant les déductions. Les autres revenus d’emploi comprennent toutes les sommes reçues imposables provenant d’emplois autres que les traitements, les salaires et les commissions. Au nombre de ces sommes figurent, par exemple, les pourboires, les gratifications et les honoraires de directeur qui ne figurent pas sur les feuillets T4 ainsi que d’autres composantes ayant changé au fil des années. Les revenus d’un emploi autonome sont exclus de la rémunération d’emploi.

Situation parentale

Dans le cadre de la présente étude, la situation parentale a été mesurée pour les femmes à l’aide de la Prestation fiscale canadienne pour enfants figurant sur le FFT1. Presque tous les enregistrements du FFT1 (99,0 %) déclarant une Prestation fiscale canadienne pour enfants l’année 7 après la fin des études concernaient des femmes; il n’a donc pas été possible de mesurer la situation parentale des hommes. De faux négatifs peuvent survenir pour les femmes dont le partenaire a déclaré la prestation pour leur enfant. Cependant, en raison du pourcentage élevé de femmes ayant déclaré la prestation, ce chiffre devrait être très faible.

Fin de l’encadré

Renseignements additionnels

Articles connexes

Sources de données

Références bibliographiques

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