Regards sur la société canadienne
L’association entre la souplesse de l’emploi et la satisfaction au travail

par Steve Martin

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Début de l’encadré

Aperçu de l’étude

Dans la présente étude, on explore l’association entre la souplesse de l’emploi et la satisfaction au travail chez les hommes et les femmes de 18 à 64 ans à l’aide des données de l’Étude longitudinale et internationale des adultes (ELIA) de 2014. On y examine quatre aspects de la souplesse de l’emploi : l’ordre du travail (ou l’ordre d’exécution des tâches), la méthode de travail, le rythme de travail et les heures de travail.

  • Parmi les hommes et les femmes de 18 à 64 ans, environ la moitié se sont déclarés satisfaits de leur emploi. Les répondants sont considérés comme « satisfaits » s’ils donnent une note de 8 et plus à une question portant sur la satisfaction au travail, où 0 correspond au fait d’être « très insatisfait » et 10 correspond à celui d’être « très satisfait ».
  • Dans le cadre de l’ELIA, on mesure divers aspects de la souplesse de l’emploi. Environ 40 % des hommes et des femmes ont déclaré avoir beaucoup ou énormément de contrôle sur l’ordre d’exécution de leurs tâches. Environ 37 % des hommes et 33 % des femmes ont déclaré avoir beaucoup ou énormément de contrôle sur leur méthode de travail.
  • Par ailleurs, 3 hommes et femmes sur 10 ont déclaré avoir beaucoup ou énormément de contrôle sur leur rythme de travail. Environ 2 hommes et femmes sur 10 ont déclaré avoir beaucoup ou énormément de contrôle sur leurs heures de travail.
  • Parmi les quatre aspects de la souplesse de l’emploi mentionnés ci-dessus, le contrôle sur les heures de travail était celui qui était le plus fortement associé à la satisfaction au travail à la fois chez les hommes et les femmes, même après avoir tenu compte d’autres facteurs associés à la satisfaction au travail.
  • L’association entre le contrôle sur les heures de travail et la satisfaction au travail était plus forte chez les jeunes. Les travailleurs de 18 à 33 ans qui avaient déclaré avoir beaucoup ou énormément de contrôle sur leurs heures de travail étaient 17 points de pourcentage plus susceptibles d’être satisfaits au travail que ceux qui ayant moins de contrôle. Chez les travailleurs de 34 à 49 ans, l’écart correspondant était de 7 points de pourcentage.

Fin de l’encadré

Introduction

La satisfaction au travail est une caractéristique importante d’un emploi. Un travailleur satisfait est, toutes choses étant égales par ailleurs, moins susceptible de quitter son emploi ou de s’absenter du travailNote . Cette relation entre la satisfaction au travail et l’attachement au milieu de travail a d’importantes répercussions sur le roulement et l’absentéisme des employés et, par conséquent, sur les relations humaines au travail, puisque la satisfaction au travail peut être associée au niveau d’attachement d’une personne à son travail. La satisfaction au travail peut également avoir une incidence positive sur la satisfaction globale d’une personne à l’égard de sa vie et de sa qualité de vie perçueNote .

Bien qu’il existe une multitude de caractéristiques propres à la personne et au milieu de travail qui ont une incidence sur la satisfaction au travail, l’un des aspects ayant reçu peu d’attention est l’incidence de la souplesse de l’emploi — l’étendue du contrôle sur divers aspects d’un emploi — sur la satisfaction au travailNote . Même s’il n’est pas difficile d’imaginer que la souplesse de l’emploi devrait être un déterminant important de la satisfaction au travail, il est particulièrement approprié d’analyser la relation entre ces deux éléments à une époque où les employeurs s’éloignent de plus en plus des régimes de travail rigides et traditionnels pour privilégier des formules plus souples, tandis que les jeunes travailleurs accordent de plus en plus d’importance au fait d’occuper un emploi dans un milieu de travail soupleNote .

Dans la présente étude, on utilise les données de la deuxième vague de l’Étude longitudinale et internationale des adultes (ELIA) pour analyser l’association entre la souplesse de l’emploi et la satisfaction au travail chez les hommes et les femmes de 18 à 64 ans. L’ELIA recueille des renseignements sur de nombreux aspects de la qualité de l’emploi, dont quatre aspects de la souplesse de l’emploi, c’est-à-dire le degré de contrôle sur : l’ordre du travail (ou l’ordre d’exécution des tâches), la méthode de travail, le rythme de travail et les heures de travail. L’ELIA comprend également une mesure de la satisfaction au travail et de nombreuses autres variables démographiques et socioéconomiques. Ces variables de contrôle sont utiles pour isoler l’association entre la souplesse de l’emploi et la satisfaction au travail des autres facteurs qui influencent la satisfaction au travail. Malgré ces variables de contrôle, il est toutefois possible que l’association entre la satisfaction au travail et la souplesse de l’emploi ne constitue pas une relation de causalité.

La présente étude vient s’ajouter aux études existantes sur la satisfaction au travail en exploitant une nouvelle source de données, l’ELIA, et en examinant l’association entre les multiples aspects de la souplesse de l’emploi et de la satisfaction au travail. Dans la première section de cet article, on examine les chiffres concernant la satisfaction au travail et la stabilité d’emploi en fonction d’un certain nombre de caractéristiques sociodémographiques. Dans la deuxième section, on présente un examen détaillé de la relation entre la satisfaction au travail et la souplesse de l’emploi.

La probabilité de ne pas quitter son emploi actuel est associée à la satisfaction au travail

Dans l’ELIA, la satisfaction au travail est autodéclarée sur une échelle ordinale de 11 points, où 0 correspond au fait d’être « très insatisfait » et 10 à celui d’être « très satisfait ». Aux fins de la présente étude, on dit qu’un répondant est satisfait de son emploi, ou de son travail, s’il donne une note de 8 et plus à la question sur la satisfaction au travail (voir la section Sources de données, méthodes et définitions). D’après cette mesure, 49 % des hommes et 51 % des femmes se sont déclarés satisfaits de leur emploiNote .

L’une des principales raisons d’explorer la relation entre la souplesse de l’emploi et la satisfaction au travail est de déterminer l’influence potentielle de la satisfaction au travail sur le fait qu’une personne quitte son emploi actuel. Par exemple, une personne qui a peu de souplesse au travail peut devenir insatisfaite de son travail et, conséquemment, s’absenter pour trouver du travail ailleurs ou quitter complètement le marché du travail. Dans l’ELIA, l’intention d’une personne de ne pas quitter son emploi actuel est mesurée sur une échelle de probabilité de 100 points et reflète sa croyance subjective selon laquelle elle ne quittera pas son emploi actuel au cours de la prochaine année.

Comme on pouvait s’y attendre, il existe un lien entre la satisfaction au travail et la probabilité qu’une personne ne quitte pas son emploi actuel au cours de la prochaine année (graphique 1). Tant chez les hommes que chez les femmes, les personnes qui étaient satisfaites de leur emploi étaient 17 points de pourcentage plus susceptibles d’affirmer qu’elles ne quitteraient pas leur emploi actuel que les personnes moins satisfaites. Compte tenu de ce qui précède, il convient d’examiner l’association potentielle entre un degré plus élevé de souplesse de l’emploi et la satisfaction au travail.

Graphique 1 Probabilité de ne pas quitter son emploi au cours de la prochaine année, selon la satisfaction au travail et le sexe, 2014

Tableau de données du graphique 1
Tableau de données du graphique 1
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 1. Les données sont présentées selon Sexe (titres de rangée) et Score de satisfaction au travail de 7 ou moins (moins satisfait) et Score de satisfaction au travail de 8 et plus (satisfait), calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Sexe Score de satisfaction au travail de 7 ou moins (moins satisfait) Score de satisfaction au travail de 8 et plus (satisfait)
pourcentage
Hommes 68,2 84,8Note *
Femmes 68,5 85,7Note *

La satisfaction au travail et la souplesse de l’emploi varient selon le sexe, l’âge, le niveau de scolarité et la profession

Environ la moitié de la population des travailleurs de 18 à 64 ans a donné une note de satisfaction au travail d’au moins 8 sur une échelle de 0 à 10, et est donc considérée comme « satisfaite » au travail. Toutefois, cette proportion variait selon les caractéristiques personnelles et celles de l’emploi (tableau 1).

Tableau 1
Indicateurs de la satisfaction au travail et de la souplesse de l’emploi chez les travailleurs de 18 à 64 ans, selon les caractéristiques personnelles, 2014
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau 1 Indicateurs de la satisfaction au travail et de la souplesse de l’emploi chez les travailleurs de 18 à 64 ans Score de satisfaction au travail de 8 et plus (satisfait), Beaucoup ou énormément de contrôle sur l’ordre d’exécution des tâches, Beaucoup ou énormément de contrôle sur la méthode de travail, Beaucoup ou énormément de contrôle sur le rythme de travail et Beaucoup ou énormément de contrôle sur les heures de travail, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Score de satisfaction au travail de 8 et plus (satisfait) Beaucoup ou énormément de contrôle sur l’ordre d’exécution des tâches Beaucoup ou énormément de contrôle sur la méthode de travail Beaucoup ou énormément de contrôle sur le rythme de travail Beaucoup ou énormément de contrôle sur les heures de travail
pourcentage
Sexe
Hommes 49,1 40,6 37,0Note * 32,3Note * 19,4
Femmes (réf.) 51,2 40,3 33,4 28,9 18,7
Âge
18 à 24 ans 44,5Note * 33,2 30,2 29,1 22,4Note *
25 à 34 ans 50,2 42,4Note * 36,4 31,3 20,4
35 à 44 ans 48,9Note * 44,4Note * 38,0Note * 32,4 19,5
45 à 54 ans 51,7 40,8Note * 35,2 29,8 16,6
55 à 64 ans (réf.) 53,7 36,2 33,0 29,5 17,6
Scolarité
Pas d’études postsecondaires 47,9 27,9Note * 26,7Note * 26,4Note * 15,5Note *
Études postsecondaires inférieures au baccalauréat 50,8 41,6Note * 34,5Note * 31,5 16,4Note *
Grade universitaire (réf.) 51,3 49,8 43,2 33,3 24,9
Groupe professionnel
Fabrication et services d’utilité publique 42,5Note * 20,4Note * 19,9Note * 16,2Note * Note x: confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique
Ressources naturelles et agriculture 52,9 26,1Note * Note E: à utiliser avec prudence 24,0Note * Note E: à utiliser avec prudence 19,6Note * Note E: à utiliser avec prudence Note x: confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique
Métiers, transports et conducteurs de matériel 50,1 26,5Note * 26,7Note * 27,1Note * 9,2Note *
Vente et services 42,4Note * 35,3Note * 29,9Note * 30,5Note * 19,1Note *
Arts, culture, sports et loisirs 51,8 45,9Note * 42,8Note * 30,7Note * Note E: à utiliser avec prudence 24,4Note * Note E: à utiliser avec prudence
Enseignement, droit et services sociaux, communautaires et gouvernementaux 56,1 43,3Note * 41,1Note * 29,3Note * 15,0Note *
Santé 52,9 25,5Note * 19,9Note * 19,9Note * 11,4Note *
Sciences naturelles et appliquées 50,1 50,4Note * 46,3Note * 34,4Note * 28,6
Affaires, finance et administration 51,2 49,8Note * 37,2Note * 34,9Note * 24,3Note *
Gestion (réf.) 56,1 65,6 58,6 46,8 34,8

Comparativement aux personnes plus jeunes, une plus grande proportion de personnes plus âgées (55 à 64 ans) se déclaraient satisfaites de leur emploiNote . De même, on observe des différences à l’égard de la satisfaction au travail selon la profession, c’est-à-dire que les personnes travaillant dans les secteurs des services et de la fabrication étaient moins susceptibles d’être satisfaites de leur emploi que celles travaillant dans le secteur de la gestion.

Les degrés de souplesse de l’emploi déclarés par les répondants variaient également en fonction des caractéristiques socioéconomiques. Les quatre aspects de la souplesse de l’emploi dans l’ELIA sont mesurés sur une échelle ordinale de cinq points, mesurant le degré de contrôle dont une personne dispose sur un aspect donné de la souplesse de l’emploi; le plus faible est « pas du tout » et le plus élevé est « énormément ». Pour les fins de la présente étude, ces cinq points sont regroupés en deux catégories pour chaque aspect de la souplesse de l’emploi, soit les personnes ayant beaucoup ou énormément de contrôle (c.-à-d. celles qui contrôlent un aspect de la souplesse de l’emploi) et celles qui n’en ont pas du tout, très peu ou moyennement.

Environ 40 % des hommes et des femmes ont déclaré avoir beaucoup ou énormément de contrôle sur l’ordre du travail effectué (défini comme la mesure dans laquelle un travailleur peut contrôler l’ordre d’exécution de ses tâches). Par ailleurs, 19 % des hommes et des femmes ont déclaré avoir beaucoup ou énormément de contrôle sur les heures de travail. Une plus grande proportion d’hommes que de femmes a déclaré avoir beaucoup ou énormément de contrôle sur la méthode de travail (37 % par rapport à 33 %) et sur le rythme de travail (32 % par rapport à 29 %).

Environ un tiers des personnes de 18 à 24 ans et de 55 à 64 ans ont déclaré avoir beaucoup ou énormément de contrôle sur l’ordre du travail effectué. En comparaison, plus de 40 % des personnes de 25 à 54 ans ont déclaré avoir beaucoup ou énormément de contrôle sur cet aspect. On a constaté des tendances semblables parmi tous les groupes d’âge pour ce qui est du contrôle sur la méthode de travail. Il est intéressant de noter qu’une plus grande proportion de personnes plus jeunes a déclaré avoir beaucoup ou énormément de contrôle sur les heures de travail, par rapport aux personnes plus âgées.

En ce qui concerne les quatre aspects de la souplesse de l’emploi, la proportion de personnes ayant déclaré avoir beaucoup ou énormément de contrôle augmentait en fonction du niveau de scolarité. En effet, les personnes qui n’avaient pas poursuivi d’études postsecondaires étaient de 7 à 22 points de pourcentage moins susceptibles de déclarer avoir beaucoup ou énormément de contrôle sur un aspect de la souplesse de l’emploi que celles qui avaient un grade universitaire. Les perceptions à l’égard de la souplesse de l’emploi variaient également entre les groupes professionnels; les personnes de presque tous les groupes professionnels ont déclaré avoir un degré de contrôle moindre pour chaque aspect, par rapport aux personnes occupant un poste de gestion.

La souplesse de l’emploi est associée à une plus grande satisfaction au travail

Chaque mesure de la souplesse de l’emploi en soi est positivement corrélée à la satisfaction au travail. En effet, pour chaque aspect de la souplesse de l’emploi, les hommes ayant beaucoup ou énormément de contrôle sur chacun des aspects étaient de 8 à 14 points de pourcentage plus susceptibles d’être satisfaits de leur emploi, par rapport à ceux qui ont déclaré ne pas en avoir du tout, très peu ou moyennement (graphique 2.1).

Graphique 2.1 Probabilité d'être satisfait de son emploi, selon le degré de contrôle sur certains aspects de la souplesse de l'emploi, hommes, 2014

Tableau de données du graphique 2.1
Tableau de données du graphique 2.1
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 2.1. Les données sont présentées selon Aspect de la souplesse de l’emploi (titres de rangée) et Degré de contrôle, Pas du tout, un peu ou moyennement et Beaucoup ou énormément, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Aspect de la souplesse de l’emploi Degré de contrôle
Pas du tout, un peu ou moyennement Beaucoup ou énormément
pourcentage
Ordre d’exécution des tâches 45,6 54,2Note *
Méthode de travail 45,4 55,4Note *
Rythme de travail 46,7 54,2Note *
Heures de travail 46,3 60,7Note *

Parmi les femmes ayant déclaré avoir beaucoup ou énormément de contrôle sur chaque aspect, la probabilité d’être satisfaites de leur emploi était plus élevée de 6 à 11 points de pourcentage, comparativement à celles qui avaient moins de contrôle sur la souplesse de l’emploi (graphique 2.2).

Graphique 2.2 Probabilité d'être satisfait de son emploi, selon le degré de contrôle sur certains aspects de la souplesse de l'emploi, femmes, 2014

Tableau de données du graphique 2.2
Tableau de données du graphique 2.2
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 2.2. Les données sont présentées selon Aspect de la souplesse de l’emploi (titres de rangée) et Degré de contrôle, Pas du tout, un peu ou moyennement et Beaucoup ou énormément, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Aspect de la souplesse de l’emploi Degré de contrôle
Pas du tout, un peu ou moyennement Beaucoup ou énormément
pourcentage
Ordre d’exécution des tâches 47,6 56,6Note *
Méthode de travail 48,6 56,5Note *
Rythme de travail 49,5 55,4Note *
Heures de travail 49,2 59,9Note *

Tant chez les hommes que chez les femmes, la plus forte association observée entre la souplesse de l’emploi et la satisfaction au travail se rapportait au contrôle sur les heures de travail, alors que la plus faible association observée se rapportait au contrôle sur le rythme de travail. Par exemple, parmi les hommes qui avaient beaucoup ou énormément de contrôle sur leurs heures de travail, 61 % ont déclaré qu’ils étaient satisfaits de leur emploi (c.-à-d. qu’ils ont donné une note d’au moins 8, sur une échelle de 0 à 10, en ce qui a trait à la satisfaction au travail). En revanche, 46 % des hommes ayant déclaré avoir pas du tout, un peu ou moyennement de contrôle sur les heures de travail se sont déclarés satisfaits. Chez les femmes, la différence entre les degrés de satisfaction au travail était moindre, mais tout de même significative, soit 60 % des femmes ayant beaucoup de contrôle sur leurs heures de travail se disant satisfaites, et 49 % de celles ayant moins de contrôle se disant satisfaites.

Bien qu’il y ait une association entre chaque aspect de la souplesse de l’emploi et la satisfaction au travail, la souplesse peut être corrélée à d’autres aspects d’un emploi qui influencent la satisfaction au travail, comme l’industrie ou la profession. Les caractéristiques individuelles (p. ex. l’âge ou le chômage récent) peuvent également influer sur le bien-être subjectif individuel, ainsi que sur le type d’emploi qu’occupe une personneNote . Dans la section suivante, on utilise des modèles de régression pour vérifier la robustesse de l’association entre la satisfaction au travail et la souplesse de l’emploi.

La satisfaction au travail est plus grande chez les personnes ayant déclaré un haut degré de contrôle sur de nombreux aspects de la souplesse de l’emploi

Afin de tenir compte d’autres facteurs lors de l’examen de l’association entre la souplesse de l’emploi et la satisfaction au travail, un modèle de régression logistique a été estimé à l’aide d’un indicateur permettant de déterminer si une personne est satisfaite de son emploi comme variable dépendanteNote . Comme dans les sections précédentes, les travailleurs sont considérés comme satisfaits de leur emploi s’ils donnent une note de 8 et plus à la question portant sur la satisfaction au travail.

La satisfaction au travail est une variable ordinale comportant 11 catégories; par conséquent, une approche de régression consisterait à utiliser un modèle ordonné (p. ex. logit ou probit ordonné), plutôt qu’un modèle binaire. Toutefois, en raison du grand nombre de catégories pour cette variable, il n’est pas possible d’indiquer des effets marginaux pour un modèle ordonné; les effets marginaux sont par ailleurs plus simples à interpréter que les rapports de cotes. Les résultats du modèle logistique sont examinés dans cette section et présentés au tableau 2. Il convient toutefois de noter que les principaux résultats qualitatifs demeurent inchangés si un modèle logit ordonné est utilisé au lieu d’un modèle binaireNote .

Tableau 2
Résultats associés au degré de souplesse de l’emploi dans un modèle logit de la satisfaction au travail, hommes et femmes, 2014
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Résultats associés au degré de souplesse de l’emploi dans un modèle logit de la satisfaction au travail. Les données sont présentées selon Beaucoup ou énormément de contrôle sur les aspects de la souplesse de l’emploi (titres de rangée) et Hommes et Femmes, calculées selon effets marginaux moyens unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Beaucoup ou énormément de contrôle sur les aspects de la souplesse de l’emploi Hommes Femmes
effets marginaux moyens
Aucun aspect (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Un aspect 0,010 0,047Tableau 2 Note 
Deux aspects 0,040 0,063Note *
Trois aspects 0,090Note ** 0,095Note **
Tous les aspects 0,186Note ** 0,177Note **

Les personnes qui ont déclaré avoir beaucoup ou énormément de contrôle sur un plus grand nombre d’aspects de la souplesse de l’emploi (parmi les quatre aspects mesurés au moyen de l’ELIA) étaient plus susceptibles d’être satisfaites de leur emploi que celles qui avaient moins de contrôle sur ces aspectsNote . Chez les hommes, le fait d’exercer un contrôle sur trois des quatre aspects de la souplesse de l’emploi dans l’ELIA était associé à une augmentation de 9 points de pourcentage de la probabilité d’être satisfaits de leur emploi, tandis que le fait d’exercer un contrôle sur tous les aspects était associé à une augmentation de 19 points de pourcentage de la probabilité d’être satisfaits de leur emploi (par rapport à ceux n’ayant pas un contrôle élevé sur aucun des quatre aspects). Le fait de contrôler un ou deux aspects de la souplesse de l’emploi n’était pas associé à une augmentation significative du degré de satisfaction au travail.

Chez les femmes, le fait d’exercer un contrôle sur un ou deux aspects de la souplesse de l’emploi était associé à une augmentation de 5 à 6 points de pourcentage de la probabilité d’être satisfaites de leur emploi, par rapport à ceux qui n’exerçaient aucun contrôle. Par ailleurs, le fait d’exercer un contrôle sur trois aspects ou sur tous les aspects de la souplesse de l’emploi dans l’ELIA était associé à une augmentation de 10 à 18 points de pourcentage de la probabilité d’être satisfaites de leur emploi, ce qui est semblable aux résultats observés chez les hommes.

Le contrôle sur les heures de travail est l’aspect le plus fortement associé à la satisfaction au travail

Chez les hommes comme chez les femmes, chaque aspect de la souplesse de l’emploi est à lui seul associé à des niveaux plus élevés de satisfaction au travail, et ce, même après avoir tenu compte d’un certain nombre de variables socioéconomiques et professionnelles qui peuvent influencer le degré de satisfaction au travail. Le fait d’avoir le contrôle sur chaque aspect de la souplesse de l’emploi augmentait la satisfaction au travail de 6 à 13 points de pourcentage chez les hommes et de 5 à 14 points de pourcentage chez les femmes, selon l’aspect examiné (tableau 3, modèles 1 à 4). Ces résultats concordent dans l’ensemble avec ceux présentés aux graphiques 1 et 2. Tant chez les hommes que chez les femmes, le contrôle sur les heures de travail était le plus fortement associé à la satisfaction au travail.

Tableau 3
Résultats associés aux aspects individuels de la souplesse de l’emploi dans un modèle logit de la satisfaction au travail, hommes et femmes, 2014
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau 3 Résultats associés aux aspects individuels de la souplesse de l’emploi dans un modèle logit de la satisfaction au travail Modèle 1, Modèle 2, Modèle 3, Modèle 4 et Modèle 5, calculées selon effets marginaux moyens unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Modèle 1 Modèle 2 Modèle 3 Modèle 4 Modèle 5
effets marginaux moyens
Hommes
Contrôle sur l’ordre d’exécution des tâches
Pas du tout, un peu ou moyennement (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Beaucoup ou énormément 0,060Note ** Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 0,011
Contrôle sur la méthode de travail
Pas du tout, un peu ou moyennement (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Beaucoup ou énormément Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 0,077Note ** Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 0,045Tableau 3 Note 
Contrôle sur le rythme de travail
Pas du tout, un peu ou moyennement (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Beaucoup ou énormément Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 0,058Note ** Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 0,013
Contrôle sur les heures de travail
Pas du tout, un peu ou moyennement (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Beaucoup ou énormément Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 0,131Note ** 0,112Note **
Femmes
Contrôle sur l’ordre d’exécution des tâches
Pas du tout, un peu ou moyennement (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Beaucoup ou énormément 0,078Note ** Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 0,049Note *
Contrôle sur la méthode de travail
Pas du tout, un peu ou moyennement (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Beaucoup ou énormément Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 0,054Note * Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 0,005
Contrôle sur le rythme de travail
Pas du tout, un peu ou moyennement (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Beaucoup ou énormément Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 0,052Note * Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 0,005
Contrôle sur les heures de travail
Pas du tout, un peu ou moyennement (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Beaucoup ou énormément Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 0,139Note ** 0,122Note **

Pour tenir compte du fait que les aspects de la souplesse de l’emploi peuvent être corrélés entre eux, la régression a également été effectuée en groupant tous les aspects dans le même modèle. Les résultats indiquent que le contrôle sur les heures de travail était le plus fortement associé à la satisfaction au travail (tableau 3, modèle 5). Chez les hommes, le fait d’avoir beaucoup ou énormément de contrôle sur les heures de travail était associé à une augmentation de 11 points de pourcentage de la probabilité d’être satisfaits de leur emploi. Chez les femmes, le contrôle sur les heures de travail était associé à une augmentation de 12 points de pourcentage de la probabilité d’être satisfaites de leur emploi. À l’exception d’une légère association observée entre le contrôle sur l’ordre du travail et la satisfaction au travail chez les femmes, et entre le contrôle sur la méthode de travail et la satisfaction au travail chez les hommes, aucun des autres aspects de la souplesse de l’emploi ne présentait une association statistiquement ou économiquement significative avec la satisfaction au travail.

Les résultats présentés ci-dessus laissent croire que la nature de l’association entre la souplesse de l’emploi et la satisfaction au travail diffère peu entre les hommes et les femmes. Toutefois, il est possible que les femmes ayant des enfants à la maison accordent une plus grande valeur à la souplesse de l’emploi que celles n’en ayant pas, étant donné que les femmes sont souvent les personnes qui s’occupent principalement des enfantsNote . Afin de mettre cette hypothèse à l’essai, les modèles ont été exécutés séparément pour les femmes ayant des enfants à la maison et les femmes sans enfants à la maison.

Chez les femmes ayant au moins un enfant de moins de 18 ans à la maison, le fait d’avoir beaucoup ou énormément de contrôle sur les heures de travail était associé à une augmentation de 13 points de pourcentage de la probabilité d’être satisfaites de leur emploi. Chez les femmes sans enfants à la maison, la souplesse concernant les heures de travail était associée à une augmentation de 12 points de pourcentage de la probabilité d’être satisfaites de leur emploi (tableau 4)Note . Même si l’association entre le contrôle sur les heures de travail et la satisfaction au travail est un peu plus grande chez les femmes ayant des enfants, ce résultat laisse croire que la présence d’enfants n’est pas un facteur prépondérant de l’association entre la souplesse au travail et la satisfaction au travail chez les femmes.

Tableau 4
Résultats associés aux aspects individuels de la souplesse de l’emploi dans un modèle logit de la satisfaction au travail, femmes ayant des enfants à la maison et femmes sans enfants à la maison, 2014
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau 4 Résultats associés aux aspects individuels de la souplesse de l’emploi dans un modèle logit de la satisfaction au travail Femmes ayant des enfants à la maison et Femmes sans enfants à la maison, calculées selon effets marginaux moyens unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Femmes ayant des enfants à la maison Femmes sans enfants à la maison
effets marginaux moyens
Contrôle sur l’ordre d’exécution des tâches
Pas du tout, un peu ou moyennement (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Beaucoup ou énormément 0,040 0,068Note *
Contrôle sur la méthode de travail
Pas du tout, un peu ou moyennement (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Beaucoup ou énormément 0,011 -0,007
Contrôle sur le rythme de travail
Pas du tout, un peu ou moyennement (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Beaucoup ou énormément -0,010 0,013
Contrôle sur les heures de travail
Pas du tout, un peu ou moyennement (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Beaucoup ou énormément 0,128Note ** 0,117Note **

Il est aussi possible que les jeunes travailleurs accordent plus d’importance ou de valeur à certains aspects de la souplesse de l’emploi que leurs homologues plus âgés. Les résultats examinés séparément selon le groupe d’âge révèlent que, chez les travailleurs de 18 à 33 ans, la plus forte augmentation de la satisfaction au travail se rapportait au contrôle sur les heures de travail (tableau 5). En effet, chez les personnes de ce groupe d’âge, le fait d’avoir beaucoup ou énormément de contrôle sur les heures de travail était associé à une augmentation de 17 points de pourcentage de la probabilité d’être satisfaites de leur emploi. En revanche, chez les personnes de 34 à 49 ans, le fait d’avoir beaucoup ou énormément de contrôle sur les heures de travail était associé à une augmentation de 7 points de pourcentage de la probabilité d’être satisfaites de leur emploi.

Tableau 5
Résultats associés aux aspects individuels de la souplesse de l’emploi dans un modèle logit de la satisfaction au travail, selon le groupe d’âge, 2014
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau 5 Résultats associés aux aspects individuels de la souplesse de l’emploi dans un modèle logit de la satisfaction au travail Groupe d’âge, 18 à 33 ans, 34 à 49 ans et 50 à 64 ans, calculées selon effets marginaux moyens unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Groupe d’âge
18 à 33 ans 34 à 49 ans 50 à 64 ans
effets marginaux moyens
Contrôle sur l’ordre d’exécution des tâches
Pas du tout, un peu ou moyennement (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Beaucoup ou énormément 0,040 0,035 0,038
Contrôle sur la méthode de travail
Pas du tout, un peu ou moyennement (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Beaucoup ou énormément 0,003 0,034 0,011
Contrôle sur le rythme de travail
Pas du tout, un peu ou moyennement (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Beaucoup ou énormément -0,015 0,017 0,026
Contrôle sur les heures de travail
Pas du tout, un peu ou moyennement (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Beaucoup ou énormément 0,170Note ** 0,068Note * 0,101Note **

En ce qui concerne les personnes de 50 à 64 ans, le fait d’avoir beaucoup ou énormément de contrôle sur les heures de travail était associé à une augmentation de 10 points de pourcentage de la probabilité d’être satisfaites de leur emploi. Cette association non linéaire entre la souplesse de l’emploi et la satisfaction au travail selon l’âge est semblable à la relation en forme de U entre l’âge et la satisfaction au travail observée dans d’autres étudesNote .

Une explication possible de cette conclusion, voulant que les jeunes travailleurs éprouvent une plus grande satisfaction au travail lorsqu’ils contrôlent leurs heures de travail, par rapport aux travailleurs plus âgés, est que l’importance relative des heures de travail diminue avec l’âgeNote . Cette hypothèse concorde avec l’observation selon laquelle la génération des milléniaux — les personnes de 18 à 33 ans en 2014 — accorde souvent plus d’importance aux formules de travail souples que les générations plus âgéesNote .

Conclusion

Dans la présente étude, on examine l’association entre la souplesse de l’emploi et la satisfaction au travail en fournissant de nouveaux renseignements sur leur relation. On a utilisé, à cette fin, l’Étude longitudinale et internationale des adultes (ELIA), un ensemble de données relativement nouveau qui comprend de multiples indicateurs de la qualité des emplois. Il est important d’examiner cette association puisque les travailleurs qui sont davantage satisfaits de leur emploi sont plus susceptibles que ceux qui le sont moins de déclarer qu’ils n’ont pas l’intention de quitter leur emploi actuel au cours de l’année à venir.

Dans cette étude, on innove en faisant appel à de multiples aspects de la souplesse de l’emploi afin de mieux comprendre l’association entre le contrôle qu’une personne exerce sur son travail et sa satisfaction au travail dans son ensemble. Les résultats montrent que la souplesse de l’emploi, en particulier par rapport aux heures de travail, est un indicateur important de la satisfaction au travail.

La satisfaction au travail et le contrôle sur les quatre aspects de la souplesse de l’emploi de l’ELIA varient selon le sexe, l’âge, le plus haut niveau de scolarité atteint et la profession. La satisfaction au travail est positivement associée à chaque aspect de la souplesse de l’emploi. Un certain nombre de caractéristiques au niveau de la personne et de l’emploi sont prises en compte. La probabilité qu’une personne soit très satisfaite de son emploi est plus élevée chez les personnes qui contrôlent un plus grand nombre d’aspects de la souplesse de l’emploi, bien que chaque aspect soit associé positivement à la satisfaction au travail en soi. Parmi les quatre aspects de la souplesse de l’emploi abordés dans l’ELIA, le contrôle sur les heures de travail est celui qui a la plus forte relation avec la satisfaction au travail, même après la prise en compte des autres aspects liés à la satisfaction au travail.

Chez les femmes, la présence d’enfants à la maison ne semble pas être un facteur à l’origine de la relation entre la souplesse de l’emploi et la satisfaction au travail. Il existe toutefois des différences importantes selon le groupe d’âge. Les personnes de 18 à 33 ans, en particulier, présentent la plus forte augmentation de la satisfaction au travail en raison du contrôle qu’elles exercent sur les heures de travail, suivies de celles de 50 à 64 ans, et enfin de celles de 34 à 49 ans. D’autres recherches sont nécessaires pour comprendre les raisons pour lesquelles un plus grand contrôle sur les heures de travail se répercute davantage sur la satisfaction au travail des jeunes travailleurs.

Steve Martin est analyste à la Division de la statistique du revenu de Statistique Canada.

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Sources de données, méthodes et définitions

Sources de données

Les données ayant servi à la présente étude proviennent de la deuxième vague (2014) de l’Étude longitudinale et internationale des adultes (ELIA). L’ELIA est une enquête longitudinale qui est menée tous les deux ans depuis 2012 auprès des ménages et dans le cadre de laquelle les données sont autodéclarées. La population cible est composée de la population canadienne et de ses descendants en 2012, ne vivant pas en établissement et vivant dans les 10 provinces. Sont exclus du champ de l’enquête les personnes vivant dans les réserves et les communes, ainsi que les membres des Forces armées canadiennes en mission à l’étranger. Voir Statistique Canada (2015) pour une définition complète de la population cible. Cette étude porte sur les personnes de 18 à 64 ans qui occupaient un emploi pendant la semaine de référence de l’enquête, ce qui a donné lieu à un échantillon de 8 610 personnes.

Méthodes

Les coefficients du modèle sont les effets marginaux moyens provenant d’une régression logistique. Toutes les estimations sont pondérées pour être représentatives de la population cible de l’ELIA. Puisque l’ELIA s’appuie sur un plan d’échantillonnage stratifié complexe, les écarts types utilisées pour déterminer la signification statistique sont calculées à l’aide de poids bootstrap.

Définitions

Dans le cadre de l’ELIA, on mesure la satisfaction au travail au moyen de la réponse à la question « Quel sentiment éprouvez-vous à l’égard de votre emploi? » et qui comporte une échelle de 11 points, où 0 correspond au fait d’être « très insatisfait » et 10 correspond à celui d’être « très satisfait ». Une personne est considérée comme satisfaite de son emploi si elle accorde une note de 8 et plus à cette question.

Dans l’ELIA, on mesure la souplesse de l’emploi à l’aide de la réponse à la question « Dans quelle mesure pouvez-vous choisir ou modifier [...] », suivie d’un aspect particulier de la souplesse de l’emploi. Les quatre aspects considérés dans l’ELIA sont « l’ordre d’exécution de vos tâches », « votre méthode de travail », « votre rythme de travail » et « vos heures de travail ». La réponse à chacune de ces quatre questions est mesurée en fonction de la même échelle de 5 points : (1) « pas du tout »; (2) « très peu »; (3) « moyennement »; (4) « beaucoup »; (5) « énormément ». On dit qu’une personne contrôle un aspect particulier de la souplesse de l’emploi si elle répond qu’elle a beaucoup ou énormément de contrôle sur cet aspect.

Fin de l’encadré

Renseignements additionnels

Articles connexes

Sources de données

Références bibliographiques

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