Statistique Canada
Symbole du gouvernement du Canada

Liens de la barre de menu commune

2. Connectivité et déterminants clés

Avertissement Consulter la version la plus récente.

Information archivée dans le Web

L’information dont il est indiqué qu’elle est archivée est fournie à des fins de référence, de recherche ou de tenue de documents. Elle n’est pas assujettie aux normes Web du gouvernement du Canada et elle n’a pas été modifiée ou mise à jour depuis son archivage. Pour obtenir cette information dans un autre format, veuillez communiquer avec nous.

2.1 Évolution de la connectivité des TIC au Canada

Par suite de l’entrée sur le marché de navigateurs Internet en 1993, le taux de pénétration d’Internet au Canada a été rapide. Même si, en 1996, seulement un très petit nombre de ménages utilisaient Internet au foyer (7,4 %), en 2001, le taux de pénétration se rapprochait de la moitié de tous les ménages (48,7 %) et, en 2003, il atteignait 55 %, tandis que l’utilisation d’Internet, peu importe l’endroit, atteignait 64 % en 2003 (Statistique Canada 2004a). La croissance a été rapide au départ1, particulièrement chez les ménages à revenu élevé. Ces dernières années, la croissance a ralenti, la technologie étant plus largement utilisée et le bassin potentiel de nouveaux utilisateurs diminuant. Comme nous le verrons plus tard dans la présente section, l’utilisation d’Internet chez les groupes de revenu supérieur est très élevée, ce qui signifie qu’une part importante de la nouvelle croissance de la pénétration d’Internet dépend actuellement des ménages ayant un faible revenu.

Comparativement à la pénétration d’Internet, la croissance de l’utilisation de l’ordinateur personnel s’est étendue sur une plus longue période et a été relativement stable, compte tenu de l’attrait exercé par l’ordinateur sur les utilisateurs spécialisés au départ. Au moment où Internet a acquis de la popularité, les ordinateurs avaient terminé leur période de croissance initiale (Sciadas 2002). L’utilisation de l’ordinateur a augmenté de façon constante, passant de 16,3 % des ménages en 1990, aux deux tiers (66,8 %) en 2003. Le taux de pénétration déclaré par les individus dans le cadre de l’ELCA est légèrement supérieur (75,6 %) à celui pour les ménages, en partie parce que les familles comptant plusieurs membres sont plus susceptibles d’avoir un ordinateur que les ménages à une personne.

En ce qui a trait aux autres TIC, le taux de pénétration du téléphone et de la télévision en couleurs est presque universel au Canada, tandis que le taux de pénétration des magnétoscopes s’est stabilisé à des niveaux élevés depuis un certain temps. Les lecteurs de disques compacts ont été adoptés à un rythme légèrement plus rapide que les ordinateurs personnels, tandis que la croissance de la proportion d’abonnés à la télévision par câble a stagné au Canada, en partie en raison de la concurrence d’autres fournisseurs de services, y compris par satellite (Graphique 1).

Note aux lecteurs

La principale source des données du présent document est l’Enquête sur la littératie et les compétences des adultes (ELCA) de 2003, un projet international coordonné par Statistique Canada et Educational Testing Service (ETS), de concert avec le National Center for Education Statistics (NCES) du American Department of Education, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et l’Institut statistique de l’UNESCO (UIS). Les pays participants comprennent le Canada, les Bermudes, l’Italie, la Norvège, la Suisse et les États-Unis. La population cible a été les individus agés de 16 à 65 ans. L’ELCA a été élaborée à partir du modèle d’évaluation de la littératie mis au point pour l’Enquête internationale sur l’alphabétisation des adultes (EIAA), qui a été menée pour la première fois en 19942. L’objectif premier de l’ELCA de 2003 était de mesurer la littératie dans plusieurs domaines (compréhension de textes suivis et de textes schématiques, numératie et résolution de problèmes), mais comprenait pour la première fois un module sur les TIC, en reconnaissance du rôle important que celles-ci jouent dans la société du savoir (Kirsch et Lennon 2005). Le module sur les TIC a permis de recueillir des données de base concernant le degré de connectivité des répondants à l’égard des TIC, mais a aussi servi à poser des questions aux répondants concernant leur utilisation des TIC, ainsi que leur perception et leur attitude à l’égard des TIC. Outre qu’elle a permis d’établir le profil d’utilisation des TIC par les répondants, l’étude porte sur le rapport entre l’utilisation des TIC et les compétences en littératie, deux éléments qui sont mesurés à partir de cette source d’enquête unique.

Au niveau international, l’enquête s’appelle Enquête sur la littératie et les compétences des adultes (ELCA), tandis qu’au Canada, elle est désignée sous le nom d’Enquête internationale sur l’alphabétisation et les compétences des adultes (EIACA). Pour plus de clarté, et étant donné que l’on utilise les données internationales, on utilisera uniquement l’appellation internationale (ELCA) dans le présent document lorsque cette source est mentionnée.

Parmi les autres sources utilisées pour la présente étude figurent les enquêtes suivantes de Statistique Canada : l’Enquête sociale générale, Cycle 14 : Accès et utilisation des technologies de l’information et des communications, l’Enquête sur l’utilisation d’Internet par les ménages, l’Enquête sur les dépenses des ménages et l’enquête qui l’a précédée, l’Enquête sur l’équipement ménager. La présente étude comprend en outre des données tirées d’un rapport comparatif au niveau international sur les TIC et les compétences en littératie fondé sur l’ELCA (voir Veenhof, Clermont et Sciadas 2005), ainsi que d’un rapport axé sur les résultats pour le Canada (voir Statistique Canada et Ressources humaines et Développement des compétences Canada 2005).

2.2 Accès personnel à l’ordinateur et à Internet

Les écarts quant à la pénétration et l’utilisation de diverses TIC, à l’intérieur des pays et entre eux, ont fait couler beaucoup d’encre au cours des dernières années. Des études sur la fracture numérique (par exemple, U.S. Department of Commerce 1995, 1998, 1999, 2000, 2002, 2004, OCDE 2001b, Sciadas 2002, 2003) ont également cerné et analysé de nombreux facteurs qui influencent la connectivité et l’utilisation des TIC au niveau du ménage ou au niveau individuel. Si le revenu constitue habituellement un déterminant essentiel, il semble que beaucoup d’autres facteurs exercent une influence, notamment le niveau de scolarité, l’âge, le sexe, le lieu de résidence (urbain ou rural) et même la composition de la famille.

Les résultats de l’ELCA confirment ces conclusions. Les estimations montrent qu’en 2003, l’accès à l’ordinateur s’échelonne entre plus de 80 % en Suisse à seulement un peu plus de 40 % en Italie. À cette tendance est étroitement liée celle de l’accès à Internet : en effet, près des trois quarts des Suisses, contre moins du tiers des Italiens, vivent dans un foyer ayant accès à Internet (Graphique 2). Au Canada, les trois quarts (75,6 %) des personnes âgées de 16 à 65 ans avaient accès à un ordinateur, l’accès à Internet au foyer suivant de près (68,1 %).

Tout comme il existe des écarts entre les pays, il en existe aussi entre les régions et les provinces. Au Canada, l’Ontario, l’Alberta, la Colombie- Britannique et le Yukon menaient la marche du point de vue de l’accès à un ordinateur et à Internet au foyer (Graphique 3). Les provinces de l’Ouest arrivent aux premiers rangs dans ce domaine depuis un certain temps et ont toujours été des chefs de file pour le taux de pénétration d’Internet à haute vitesse par câble (Veenhof, Neogi et van Tol 2003, April 2000). Les seules provinces ayant des taux de pénétration d’Internet inférieurs à 60 % étaient les provinces de l’Atlantique de Terre-Neuve-et- Labrador, de l’Île-du-Prince-Édouard et du Nouveau-Brunswick, ainsi que les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut.

En ce qui a trait uniquement aux utilisateurs de l’ordinateur, la Colombie-Britannique (92,3 %) et l’Ontario (92,1 %) menaient la marche du point de vue de la proportion d’utilisateurs de l’ordinateur ayant accès à Internet au foyer. Le Nunavut tirait de l’arrière avec environ les deux tiers (67,4 %) de ses utilisateurs d’ordinateur qui avaient accès à un branchement au foyer. Les autres chiffres au niveau national masquent les disparités qui existent entre les régions.

Même si en Ontario, en Alberta et en Colombie-Britannique, les taux d’accès à Internet étaient tous supérieurs à 70 %, les taux de pénétration ont augmenté plus rapidement de 2000 à 2003 dans la plupart des autres provinces (Tableau 1). Cela vient en partie du fait que les taux de pénétration dans les provinces venant aux premiers rangs étaient déjà beaucoup plus élevés, ce qui a limité les possibilités d’augmentation. Les taux de pénétration pour l’Alberta, la Colombie-Britannique et l’Ontario ont augmenté de moins de 40 % de 2000 à 2003, tandis que ceux pour le Manitoba, la Saskatchewan, le Nouveau-Brunswick et le Québec ont connu une hausse de près de 60 %.

2.3 Buts de l’utilisation de l’ordinateur et d’Internet

Même s’il est important de contrôler l’accès aux TIC clés, comme les ordinateurs personnels et Internet, il importe aussi d’examiner leur utilisation, pour en comprendre les répercussions. Au Canada, en 2003, les ordinateurs ont été utilisés le plus couramment pour accéder à Internet (91,2 % des utilisateurs). Environ les trois quarts (75,4 %) des utilisateurs d’ordinateurs au Canada ont aussi utilisé des logiciels de traitement de textes pour rédiger ou modifier des textes, au moins sur une base mensuelle. La troisième activité en importance était la lecture d’information sur un CD-ROM ou un DVD (58,9 %). L’ordinateur est une source de divertissement pour de nombreux Canadiens, plus de la moitié des utilisateurs canadiens l’utilisant pour participer à des jeux au cours d’un mois type. Près de la moitié utilisent leur ordinateur pour gérer des comptes, des tableurs ou une analyse statistique (49,0 %), ainsi que créer des graphiques, des dessins, des images ou des présentations (42,8 %). Une faible proportion d’utilisateurs au Canada effectue de la programmation (12,3 %).

Comparativement aux autres pays visés par l’étude, le Canada comptait la proportion la plus forte d’utilisateurs d’ordinateurs qui se servaient d’Internet, mais les différences entre la plupart des pays n’étaient pas très importantes. Les utilisateurs d’ordinateurs au Canada et aux États-Unis étaient aussi plus susceptibles de s’en servir pour participer à des jeux. En ce qui a trait à la plupart des autres activités informatiques, toutefois, les utilisateurs d’ordinateurs des Bermudes et de la Suisse étaient généralement les plus actifs. Les personnes utilisant l’ordinateur en Italie étaient moins susceptibles de le faire pour la plupart des types d’activités (Tableau 2).

Les analyses régionales et provinciales des activités informatiques au Canada révèlent aussi certaines tendances intéressantes (Tableau 3). Les résidents de l’Alberta, de la Colombie- Britannique, du Yukon et des Territoires du Nord-Ouest étaient les plus nombreux à rédiger ou à modifier des textes à l’ordinateur. En Ontario, la proportion d’utilisateurs d’ordinateurs ayant cette activité était aussi assez élevée. Les utilisateurs d’ordinateurs en Alberta et dans les Territoires du Nord-Ouest se situaient aussi au-dessus de la moyenne nationale en ce qui a trait à l’utilisation des ordinateurs pour tenir un échéancier ou un calendrier et pour lire de l’information sur un CD-ROM ou un DVD. Le Yukon avait la proportion la plus forte d’utilisateurs d’ordinateurs qui accédaient à Internet à partir de n’importe quel endroit. Dans les provinces de l’Atlantique, les taux d’utilisation pour de nombreuses activités étaient plus faibles; toutefois, l’utilisation de l’ordinateur pour participer à des jeux était assez populaire à Terre-Neuveet- Labrador, au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse. La programmation informatique n’est pas une activité particulièrement populaire, quelle que soit la province, même si les taux étaient supérieurs en Ontario et au Québec comparativement à la plupart des autres provinces.

Un examen plus étroit des types d’activités habituellement exécutées sur Internet montre la polyvalence de ce support comme outil d’information, de communication, de divertissement et d’affaire. Au Canada, la grande majorité des internautes utilisaient le courriel (87,0 %), naviguaient en général (85,2 %), et lisaient les nouvelles et suivaient l’actualité (69,4 %) au cours d’un mois type. En outre, près de la moitié des utilisateurs canadiens avaient recours à Internet pour chercher des renseignements sur la santé (49,7 %) et la météo (44,9 %), ainsi que des renseignements gouvernementaux (44,0 %). Le classement des services publics les plus fréquemment utilisés en ligne fait partie de l’initiative Gouvernement en direct (GED) (voir Gouvernement du Canada 2005, Statistique Canada 2003). Internet joue aussi un rôle important sur le marché du travail, près du tiers des utilisateurs canadiens (31,7 %) y ayant recours pour chercher des offres d’emploi au cours d’un mois type.

Il existe certaines différences dignes de mention entre les Canadiens et les habitants d’autres pays quant aux modèles d’utilisation d’Internet. Les habitants des États-Unis ont tendance à utiliser Internet pour la plus vaste gamme d’activités. En fait, les Américains figuraient parmi les utilisateurs importants pour la plupart des activités sur Internet examinées. Les États-Unis sont souvent reconnus comme un chef de file du commerce électronique, et les trois quarts (75,1 %) des Américains ont utilisé Internet pour faire des achats au cours d’un mois type en 2003. La majorité des utilisateurs d’Internet aux Bermudes (71,6 %) et en Norvège (61,0 %) y avaient aussi recours pour faire des achats ou pour chercher des produits et des services. Les Canadiens étaient beaucoup moins susceptibles de faire de même (43,2 %). La Norvège s’est aussi distinguée comme chef de file pour les opérations bancaires en ligne (64,1 %).

Même si relativement peu de personnes ont utilisé Internet pour participer à une formation structurée au cours d’un mois type, environ le quart l’ont fait en Suisse (26,5 %), aux États-Unis (25,1 %) et aux Bermudes (24,8 %). Les autres activités moins fréquentes sur Internet consistaient à obtenir ou sauvegarder de la musique et à participer à des forums de discussion ou à d’autres dialogues en ligne. Les individus du Canada et de l’Italie étaient les plus susceptibles de télécharger de la musique en ligne (Tableau 4).

Au Canada, les habitants des Territoires du Nord-Ouest et de la Colombie-Britannique étaient les internautes les plus actifs du point de vue de la proportion d’utilisateurs exécutant des tâches précises en ligne. Ils étaient suivis de près par les habitants de Terre-Neuve-et-Labrador, de la Nouvelle-Écosse et de l’Ontario (Tableau 5).

Les envois de courriels se situaient au-dessus de la moyenne nationale dans l’ouest et le nord du Canada, y compris en Alberta (87,5 %), en Colombie-Britannique (91,1 %), dans les Territoires du Nord-Ouest (89,9 %) et au Yukon (89,8 %), de même qu’en Ontario (88,8 %). Par ailleurs, les habitants des Territoires du Nord-Ouest, de la Colombie- Britannique et de l’Alberta étaient les plus actifs lorsqu’il s’agissait d’utiliser Internet pour lire les nouvelles et suivre l’actualité et pour faire des opérations bancaires. Du point de vue de la recherche de renseignements en ligne, les internautes de la Colombie- Britannique et des Territoires du Nord- Ouest étaient aussi très actifs, cherchant des renseignements dans le domaine de la santé et des renseignements gouvernementaux, et ceux de Terre-Neuve-et-Labrador et des Territoires du Nord-Ouest menant à la marche en ce qui a trait à l’accès aux renseignements météorologiques.

Internet peut être un outil important pour la formation structurée, y compris les cours en ligne, particulièrement pour les personnes qui vivent dans des endroits isolés et qui ne peuvent fréquenter une école traditionnelle. Les utilisateurs d’Internet des Territoires du Nord-Ouest venaient au premier rang (22,4 %) en ce qui a trait à l’utilisation d’Internet pour des activités de formation structurée, comme suivre un cours ou un programme d’études.

Les habitants des provinces de l’Atlantique de Terre-Neuve-et- Labrador, de la Nouvelle-Écosse et de l’Île-du-Prince-Édouard étaient nombreux à chercher des offres d’emploi en ligne. Les provinces de l’Atlantique figuraient aussi parmi les chefs de file pour le téléchargement de musique et les jeux sur Internet. Ceux de Terre-Neuve-et-Labrador ainsi que du Yukon se situaient bien au-dessus de la moyenne nationale pour les achats en ligne. Les utilisateurs d’Internet au Nunavut et au Québec avaient tendance à être relativement moins actifs sur Internet.

2.4 Utilisation des autres TIC

En 2003, les Canadiens étaient des utilisateurs fréquents de guichets automatiques (88,6 % au cours d’un mois type) et de calculatrices (85,6 %). Ces dernières années, les téléphones portables ont suivi une tendance similaire à celle de l’accès à Internet au foyer en ce qui a trait à la croissance, étant utilisés par environ les deux tiers (65,8 %) des Canadiens. Le fait que près de la moitié de ces utilisateurs de téléphones portables les aient utilisés sur une base quotidienne montre qu’ils deviennent partie intégrante de la vie quotidienne. Un peu plus de la moitié (54,5 %) des Canadiens ont utilisé des télécopieurs à des fins personnelles, et plus du tiers (37,6 %) ont effectué des transactions à l’aide du clavier de leur téléphone au cours d’un mois type.

Au niveau international, l’utilisation de ces TIC était aussi très fréquente. De façon générale, la majorité des répondants utilisaient une calculatrice, un téléphone portable, un guichet automatique et un télécopieur au moins une fois par mois. En ce qui a trait à l’incidence de l’utilisation, les calculatrices étaient utilisées par le nombre le plus important de répondants. En ce qui a trait à la fréquence, les téléphones portables étaient utilisés le plus fréquemment. La moitié de tous les répondants utilisaient des téléphones portables quotidiennement, et cette utilisation était particulièrement élevée dans les pays d’Europe. Les guichets automatiques étaient utilisés régulièrement, mais pas aussi souvent en Italie et aux États-Unis. L’utilisation du clavier du téléphone pour effectuer des transactions financières ou des achats ou pour payer des factures était populaire aux États-Unis, mais moins courante ailleurs (Graphique 4). Par ailleurs, les agendas électroniques étaient utilisés au travail par près de 22 % en moyenne des utilisateurs d’ordinateurs qui travaillaient. Cette utilisation était la plus élevée en Suisse et en Italie.

Outre l’ordinateur et Internet, les provinces de l’Ouest étaient aussi des utilisatrices importantes de nombreuses autres technologies au Canada (Tableau 6). Le téléphone portable était particulièrement populaire en Saskatchewan (74,1 %) et en Alberta (72,9 %), tandis que les habitants des territoires étaient beaucoup moins susceptibles d’utiliser des téléphones portables en 2003. L’utilisation de télécopieurs à des fins personnelles a eu tendance à augmenter d’est en ouest, et elle se situait bien au-dessus de la moyenne nationale dans les Territoires du Nord- Ouest (63,0 %), au Yukon (62,9 %), en Colombie-Britannique (62,4 %) et en Alberta (61,2 %). Les habitants des territoires ont aussi utilisé les TIC pour effectuer des transactions financières, le Yukon (49,0 %) et les Territoires du Nord-Ouest (43,8 %) venant en tête pour les transactions au moyen du clavier du téléphone. Par ailleurs, l’utilisation des guichets automatiques était élevée dans la plupart des provinces, et particulièrement au Québec (91,1 %) et au Yukon (90,7 %).

2.5 Rapport entre l’accès aux TIC et le revenu

Comme dans les recherches précédentes, une corrélation importante a été établie entre la connectivité aux TIC et le revenu, tant entre les pays qu’à l’intérieur des pays. On a établi que le revenu constituait l’un des facteurs clés à la base de la fracture numérique, étant donné qu’il détermine si des personnes vivent dans des ménages qui peuvent se permettre d’avoir un ordinateur ou d’accéder à Internet et à d’autres TIC. Les personnes vivant dans des ménages à faible revenu sont généralement désavantagées en raison de l’absence d’accès à un ordinateur et à Internet au foyer, et elles ont par conséquent moins d’occasions de faire l’apprentissage de l’informatique (Felstead et coll. 2002). Lorsque l’on examine l’accès aux TIC clés selon le revenu à l’intérieur des divers pays, on a une idée de l’ampleur de la fracture numérique dans ces pays. À titre d’indication, le Graphique 5 fait état de l’accès aux ordinateurs selon le quartile de revenu et le pays. (La situation est très similaire pour l’accès à Internet.) Sauf pour l’Italie, il existe relativement peu de différences entre les deux quartiles de revenu supérieurs, tant pour l’accès à l’ordinateur que pour l’accès à Internet. C’est entre le deuxième quartile de revenu, le troisième quartile et le quartile inférieur que l’on observe les écarts les plus révélateurs. Au Canada, par exemple, l’accès à l’ordinateur dans le quartile supérieur (91,8 %) dépasse légèrement celui dans le deuxième groupe de revenu en importance (82,5 %). Ces taux sont beaucoup plus élevés que pour l’accès à l’ordinateur pour le quartile de revenu inférieur (54,6 %). Dans chaque quartile, l’Italie accuse un retard sur les autres pays quant à l’accès à l’ordinateur et à Internet. En effet, l’accès à l’ordinateur et à Internet chez les utilisateurs italiens du quartile supérieur de revenu (62,5 %) correspond à peu près aux taux d’accès des quartiles inférieurs des autres pays.

2.6 Non-utilisateurs des TIC

Même s’il existe des preuves abondantes que la connectivité a augmenté à des degrés divers dans tous les pays, il est instructif, à des fins stratégiques, d’évaluer les perceptions parmi les non-utilisateurs. Les données de l’enquête révèlent que, dans la plupart des pays, seule une minorité de personnes qui n’utilisent pas d’ordinateur se sont montrées intéressées à commencer à en utiliser un (Graphique 6). Au Canada, seulement 29,2 % des non-utilisateurs ont indiqué être intéressés à commencer à utiliser un ordinateur, et une proportion encore plus faible (22,7 %) s’attendait à en utiliser un au cours de l’année suivante. Comme il sera expliqué dans la section suivante, les conséquences sont importantes, étant donné que cela peut marginaliser encore davantage le segment de la population affichant des compétences plus faibles. Cela nous mène à un examen plus détaillé du rapport entre les TIC et les compétences.

____________

  1. Ce taux de croissance rapide d’une nouvelle technologie n’est pas un phénomène nouveau. En fait, la pénétration d’Internet a été plus lente que la pénétration de la télévision dans les années 1950 (Sciadas 2002).
  2. Pour plus de renseignements sur l’Enquête internationale sur l’alphabétisation des adultes de 1994, voir Jones, Kirsch, Murray et Tuijnman (1995).