Rapports économiques et sociaux
Parcours en éducation des étudiants postsecondaires de première génération
DOI : https://doi.org/10.25318/36280001202600200004-fra
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Résumé
La présente étude examine les parcours et les résultats en éducation des étudiants postsecondaires de première génération (c’est-à-dire les étudiants dont les parents n’ont pas terminé d’études postsecondaires [EPS]), par rapport aux étudiants qui ne sont pas de première génération. À l’aide de statistiques descriptives, la présente étude s’appuie sur un ensemble de données intégré unique constitué de données du Recensement de 2006 et du Système d’information sur les étudiants postsecondaires (SIEP) pour examiner : 1) les taux d’inscription, 2) les taux d’obtention de diplôme et de persistance par cohorte inscrite dans la période allant de 2010-2011 à 2015-2016, et 3) le temps nécessaire à l’obtention du diplôme. Les résultats indiquent un taux d’inscription plus élevé (75,08 %) pour les personnes potentielles n’étant pas de première génération, comparativement aux personnes de première génération (58,91 %). Ils montrent également que, parmi les étudiants inscrits, le taux d’obtention du diplôme est plus élevé chez les étudiants postsecondaires n’étant pas de première génération (73,66 %) que chez ceux de première génération (68,60 %). De plus, le taux de persistance, soit la proportion d’étudiants dans la cohorte d’entrée qui sont toujours inscrits au programme au moment du seuil d’obtention du diplôme désigné, est de 4,30 % chez les étudiants postsecondaires n’étant pas de première génération, comparativement à 5,44 % chez les étudiants de première génération. Lorsque les résultats sont ventilés selon certaines caractéristiques, on observe des écarts plus importants selon le niveau de scolarité, le sexe, l’âge d’entrée dans le programme d’études et le groupe de population racisé.
Mots clés : étudiants de première génération, études postsecondaires, résultats en éducation, Canada
Auteurs
Landry Kuate et Jenny Watt travaillent à la Division de l’analyse et de la modélisation économiques et sociales, Direction des études analytiques et de la modélisation, à Statistique Canada. Amélie Lafrance-Cooke travaille à la Direction de la gestion stratégique des données à Statistique Canada.
Remerciements
Les auteurs tiennent à remercier Winnie Chan et Tomasz Handler pour leurs conseils dans la préparation de l’ensemble de données utilisé pour cette étude. Ils tiennent également à remercier Liliana Corak, Laura Gibson-MacGregor, Klarka Zeman, Aneta Bonikowska et Joe Lacampo pour leurs commentaires très utiles.
Introduction
Les études postsecondaires (EPS) peuvent améliorer les résultats sur le marché du travail, y compris la participation au marché du travail, les revenus et le milieu de travail (Frenette, 2019; Finnie et coll., 2019; Lauder et Mayhew, 2020; Zeman, 2023). Toutefois, le parcours menant au marché du travail n’est pas le même pour tout le monde. Les jeunes issus de familles dont ni l’un ni l’autre des parents n’a terminé d’EPS (étudiants de première génération) peuvent se trouver désavantagés par rapport aux étudiants n’étant pas de première génération, définis ici comme des étudiants dont au moins un parent a terminé des EPS. La présente étude vise à présenter des statistiques canadiennes sur les parcours et les résultats en éducation des étudiants de première génération et ceux n’étant pas de première génération, âgés de 19 à 24 ans au moment de la première inscription aux EPS, désagrégées selon certaines caractéristiques, comme les titres scolaires, le sexe, l’âge d’entrée dans le programme d’études et le groupe de population racisé.
Des études antérieures sur les expériences des étudiants de première génération et leur parcours en éducation ont été menées dans divers contextes, notamment aux États-Unis. Des recherches menées aux États-Unis ont révélé que les étudiants de première génération avaient, en moyenne, un revenu familial plus faible, un niveau inférieur de préparation scolaire à l’école secondaire, une connaissance plus limitée des démarches liées aux EPS et une moins grande proximité avec le corps professoral et le personnel (Pascarella et coll., 2004; Brookover et coll., 2021). Les étudiants de première génération éprouvent souvent un sentiment d’appartenance plus fragile (Birani et Lehmann, 2013; Checkoway, 2018; Lehmann, 2007; Longwell-Grice et coll., 2016); de plus, alors que les étudiants postsecondaires de première génération et ceux qui ne le sont pas peuvent ressentir un sentiment d’imposteur, cela est plus fortement associé au stress chez les étudiants de première génération (Holden et coll., 2024). Suivre des EPS exerce souvent une plus grande pression sur les relations familiales des étudiants de première génération, surtout lorsqu’ils ont des responsabilités familiales (Lehmann, 2007; Longwell-Grice et coll., 2016).
Une grande partie de la recherche propre au Canada est axée sur l’Ontario et repose sur les résultats des enquêtes menées dans des universités données. Une étude menée dans une grande université du Sud-Ouest de l’Ontario a révélé que certains étudiants de première génération abandonnent leurs études malgré de bons résultats scolaires (Lehmann, 2007). Les étudiants interrogés ont indiqué avoir l’impression de ne pas « appartenir » au milieu postsecondaire, et certains étudiants estimaient que leurs études les éloignaient de leur famille. Une étude menée dans une université ontarienne a révélé que les étudiants racisés de première génération peuvent faire face à des obstacles supplémentaires liés à la discrimination et au manque de représentation, et que l’accès à des groupes et à des réseaux d’étudiants peut constituer une source importante de soutien (Birani et Lehmann, 2013). Deux autres études ont montré que les étudiants de première génération participaient en moins grand nombre aux activités étudiantes, lesquelles sont positivement associées à la moyenne pondérée cumulative (Grayson, 1997; Grayson, 2013). Une étude menée dans une université de Toronto a examiné les choix de carrière des étudiants de première génération, constatant que ces étudiants manquaient souvent de conseils professionnels de la part des parents (Dos Santos, 2018).
Quelques études canadiennes fournissent des estimations nationales à l’aide de l’Enquête auprès des jeunes en transition (EJET), une enquête longitudinale ayant suivi des Canadiennes et Canadiens âgés de 18 à 20 ans jusqu’à l’âge de 24 à 26 ans. Même si Finnie et Mueller (2017) ne se sont pas concentrés spécifiquement sur les étudiants de première génération, ils ont constaté que le niveau de scolarité des parents était un facteur prédictif plus important de la poursuite d’EPS que le revenu familial. Des études de Michalski et coll. (2017) ainsi que Kamanzi et coll. (2010) ont révélé que les personnes dont les parents n’avaient pas suivi d’EPS étaient moins portées à s’inscrire à ce niveau d’études; toutefois, Kamanzi et coll. (2010) ont constaté que les personnes qui s’inscrivaient étaient tout aussi susceptibles de persévérer que les étudiants postsecondaires n’étant pas de première génération.
La présente étude contribue à la documentation sur les étudiants de première génération en fournissant des estimations nationales actualisées des résultats en matière de niveau de scolarité atteint selon le titre scolaire, le sexe et l’âge d’entrée aux études postsecondaires. Elle produit également de nouvelles estimations de ces indicateurs selon des groupes racisés particuliers.
Il importe de noter que les estimations fournies dans la présente étude ne tiennent pas compte des caractéristiques individuelles des étudiants ni des politiques ou des mesures de soutien auxquelles ils ont recours pour s’adapter aux EPS. Par conséquent, elles ne reflètent pas la diversité des antécédents et des besoins des étudiants de première génération. Des chercheurs ont fait remarquer que les études tendent souvent à présenter les étudiants de première génération comme présentant des lacunes, plutôt qu’à analyser l’interaction entre ces étudiants et les environnements postsecondaires (Spiegler et Bednarek, 2013; Ives et Castillo-Montoya, 2020). De nombreux étudiants de première génération font preuve d’une grande résilience et d’une grande débrouillardise et utilisent diverses formes de soutien pour améliorer leurs résultats (Brookover et coll., 2021; Longwell-Grice et coll., 2016). Par exemple, les élèves qui ne bénéficient pas de conseils professionnels de la part de leurs parents peuvent s’appuyer davantage sur des réseaux de pairs (Dos Santos, 2018). Plusieurs activités étudiantes ont également été reconnues comme favorisant la réussite des étudiants de première génération, notamment les interactions avec les professionnels des services aux étudiants (Checkoway, 2018), les cours sur les méthodes d’écriture et d’études universitaires (Conefrey, 2021), les programmes de mentorat (Ogden et coll., 2024) et les programmes d’études à l’étranger (Odgen et coll., 2024). Bien que les données utilisées pour la présente étude ne permettent pas d’examiner les interventions mises en place pour soutenir les étudiants de première génération, cette discussion est incluse pour souligner que des recherches antérieures ont indiqué que les environnements et les politiques postsecondaires peuvent contribuer à réduire les écarts, plutôt que d’attribuer la responsabilité uniquement au statut de première génération des étudiants. Certains auteurs ont également fait remarquer que les politiques visant à soutenir les étudiants de première génération peuvent être particulièrement bénéfiques lorsqu’elles profitent à l’ensemble des étudiants; p. ex., accroître la transparence des politiques et des processus universitaires soutient également les étudiants postsecondaires qui ne sont pas de première génération (Spiegler et Bednarek, 2013).
Données et méthodologie
La présente analyse repose sur deux principales sources de données de Statistique Canada : 1) le Système d’information sur les étudiants postsecondaires (SIEP) et (2) le Recensement de la population de 2006.
Les données du Recensement de 2006 sont particulièrement utiles parce qu’elles permettent d’examiner les parcours individuels d’EPS sur une plus longue période que les cycles de recensement plus récents. Dans la présente étude, l’ensemble de données du Recensement de 2006 est limité aux familles dont au moins un enfant âgé de 15 ans vit avec ses parents, c.-à-d. la population à l’étude (X) Note . À partir des renseignements sur le niveau de scolarité des parents, les personnes sont classées en deux sous-groupes : X1, correspondant au sous-groupe des personnes dont les parents détiennent des titres de scolarité postsecondaire (futurs étudiants postsecondaires potentiels n’étant pas de première génération), et X2, correspondant au sous-groupe de personnes dont les parents ne détiennent aucun titre de scolarité postsecondaire (futurs étudiants postsecondaires potentiels de première génération)Note . Le nombre de personnes dans chaque sous-groupe constitue le dénominateur servant au calcul du taux d’inscription. Par exemple, le taux d’inscription des étudiants postsecondaires potentiels de première génération est le nombre d’étudiants postsecondaires de première génération divisé par X2.
L’échantillon d’analyse tiré du Recensement de 2006 constitue l’ensemble de données de base de l’étude et exclut les Autochtones. Cet ensemble de données est intégré à l’univers des étudiants du SIEP de l’année universitaire 2010-2011 jusqu’à la dernière année disponible dans le SIEP au moment de la présente analyse (2022-2023)Note Note .
Au cours de l’année scolaire 2010-2011, les personnes de l’échantillon sont âgées de 19 et 20 ans et certaines peuvent avoir terminé leurs EPS. Par conséquent, l’estimation devrait être inférieure à la valeur réelle. De plus, l’analyse suppose que les parents ayant déclaré ne pas avoir suivi d’EPS dans le Recensement de 2006 n’avaient pas suivi d’EPS avant l’inscription de leur enfant aux EPS.
Pour examiner les résultats en matière de scolarité, c.-à-d. l’obtention d’un diplôme, la persistance et le temps requis pour obtenir un diplôme compte tenu du seuil autorisé, l’échantillon est encore plus restreint à la seule proportion (Y) de la population étudiée du Recensement de 2006 inscrite pour la première fois à un programme d’EPS particulier dans la période allant de 2010-2011 à 2015-2016Note . Pour interpréter adéquatement les taux de persistance et d’obtention du diplôme, il est important de comprendre comment ces indicateurs sont calculés. Plus précisément, un étudiant est considéré comme persistant (ou diplômé) s’il demeure inscrit au même titre scolaire que celui auquel il s’est initialement inscrit (ou s’il l’achève). Ainsi, les étudiants qui changent de programme sans avoir terminé leur programme initial ne sont pas considérés comme persistants ni comme diplômés dans cette étude. Par exemple, un étudiant inscrit à un programme de premier cycle qui abandonne ce programme, puis s’inscrit ultérieurement à un programme collégial est exclu de l’analyse.
Dans la présente étude, le délai d’obtention du diplôme après l’inscription initiale est de huit ans pour les doctorats, de six ans pour les autres grades universitaires, c.-à-d. les baccalauréats, les maîtrises et les autres titres universitaires, et de quatre ans pour les titres de niveau collégial. Les résultats d’intérêt sont examinés par cohorte à l’aide de variables sélectionnées, comme l’année et la session d’automne d’inscription au programme, le titre de scolarité des nouveaux inscrits et le statut d’étudiant postsecondaire de première génération. De plus, l’analyse est effectuée sur un échantillon restreint dans le cadre dont certains titres de scolarité ont été exclus, notamment les programmes préparatoires, les programmes d’éducation de base, et les programmes d’apprentissage et les études hors programme. Cette méthodologie correspond à l’approche normalisée utilisée dans les études de Statistique Canada portant sur l’éducation et fondées sur le SIEPNote . Pour une cohorte donnée, le nombre total d’étudiants inscrits constitue le dénominateur servant à calculer tous les résultats d’intérêt. Par exemple, le taux d’obtention du diplôme des étudiants inscrits à une maîtrise correspond au ratio du nombre de diplômés six ans après l’inscription initiale sur le nombre d’étudiants inscrits initialement à un programme de maîtrise pour une cohorte donnée. Une définition semblable est appliquée au taux d’obtention du diplôme des étudiants collégiaux, en utilisant un seuil d’obtention du diplôme de quatre ans après l’inscription initiale.
Les données finales permettent d’examiner les résultats scolaires des étudiants postsecondaires de première génération et de ceux qui ne le sont pas selon des caractéristiques désagrégées. Le tableau A1 de l’annexe présente les définitions des principaux concepts et variables utilisés dans la présente étude.
L’ensemble de données intégré qui en résulte offre des avantages significatifs pour explorer les trajectoires éducatives des étudiants postsecondaires de première génération. Toutefois, il présente également certaines limites. La plupart de ces limites découlent de l’utilisation des données du Recensement de 2006. Le recours à ce recensement plutôt qu’à des cycles plus récents repose sur deux considérations : 1) inclure le plus grand nombre possible de personnes vivant avec au moins un parent dans le même ménage, afin de pouvoir déterminer le plus haut niveau de scolarité des parents; et 2) maximiser le nombre d’années pendant lesquelles les résultats scolaires des étudiants peuvent être suivis dans le temps. Les limites des données utilisées dans l’étude comprennent les suivantes :
- Le Recensement de 2006 ne fournit des clés de couplage que pour les personnes de 15 ans et plus. Par conséquent, l’échantillon de l’étude exclut tous les enfants âgés de 0 à 14 ans en 2006 (c.-à-d. seules les personnes âgées de 15 ans sont incluses dans l’échantillon).
- Environ 20 % des ménages ont rempli le questionnaire détaillé du recensement (formulaire 2B); ce qui réduit le nombre de répondants pouvant être couplés à l’ensemble de données du SIEP.
Malgré ces limites, les résultats obtenus dans cette analyse sont comparables aux tableaux publiés par Statistique Canada à partir des données du SIEP (Statistique Canada, 2024).
Résultats
L’échantillon comprend près de 85 000 personnes âgées de 15 ans au moment du Recensement de 2006. Parmi ces personnes, environ 27 % avaient des parents n’ayant pas suivi d’EPS et ont été classées comme étudiants postsecondaires de première génération s’ils suivaient des EPS par la suite, et les autres ont été classés comme étudiants postsecondaires n’étant pas de première génération s’ils suivaient des EPS.
La répartition géographique des étudiants est étendue; les concentrations les plus élevées étant au Québec et en Ontario, représentant respectivement près de 25 % et 34 % de l’échantillon. Cette répartition est semblable à celle de la population canadienne dans son ensemble.
Cette section présente et examine le niveau de scolarité des étudiants postsecondaires de première génération par rapport aux étudiants n’étant pas de première génération selon certaines caractéristiques, notamment les titres scolaires, le sexeNote , l’âge d’entrée aux EPS et l’appartenance à un groupe racisé.
Taux d’inscription
Les potentiels étudiants postsecondaires de première génération enregistraient des taux d’inscription inférieurs à ceux des potentiels étudiants n’étant pas de première génération; l’écart étant plus prononcé pour certains groupes de population
Les taux d’inscription sont calculés pour les sous-groupes de l’échantillon de l’étude du Recensement de 2006, définis par leur statut potentiel de première génération. Dans l’ensemble de ce document, le taux d’inscription correspond au pourcentage de personnes inscrites à des EPS par rapport au nombre total de personnes dans chaque sous-groupe (X1 et X2) de l’échantillon de l’étude du Recensement de 2006. Les résultats indiquent que le taux d’inscription des potentiels étudiants postsecondaires de première génération (59 %) était inférieur à celui du sous-groupe n’étant pas de première génération (75 %), dans la période allant de 2010-2011 à 2022-2023 (tableau 1). Autrement dit, parmi le sous-groupe X1 de potentiels étudiants postsecondaires de première génération recensés dans l’échantillon de l’étude du Recensement de 2006, environ 59 % étaient inscrits aux EPS, comparativement à 75 % pour le sous-groupe X2 de potentiels étudiants postsecondaires n’étant pas de première génération. La différence dans les taux d’inscription selon le niveau de scolarité des parents est statistiquement significative au seuil de 1 %. Ces estimations générales reflètent celles d’études canadiennes antérieures de Michalski et coll. (2017) ainsi que de Kamanzi et coll. (2010).
| Catégories selon les caractéristiques démographiques | Potentiels étudiants postsecondaires n’étant pas de première génération | Potentiels étudiants postsecondaires de première génération |
|---|---|---|
| pourcentage | ||
| Notes : EPS = études postsecondaires. Les taux d’inscription pour « toutes les personnes » correspondent aux moyennes pondérées et tiennent compte des différences de taille de groupes dans l’ensemble de la population. Par conséquent, la moyenne des taux d’inscription selon le sexe et les groupes racisés ne devrait pas correspondre au taux global. Source : Statistique Canada, calculs des auteurs à partir de données du Recensement de 2006 et du Système d’information sur les étudiants postsecondaires. |
||
| Toutes les personnes | 75,08 | 58,91 |
| Sexe | ||
| Hommes | 70,01 | 52,45 |
| Femmes | 80,6 | 65,82 |
| Groupe racisé | ||
| Blancs | 72,98 | 55,69 |
| Noirs | 72,84 | 55,96 |
| Chinois | 91,28 | 90,31 |
| Sud-Asiatiques | 91,45 | 83,33 |
| Philippins | 81,08 | 78,78 |
| Latino-Américains | 81,19 | 67,92 |
| Arabes | 83,83 | 66,66 |
| Autres groupes racisés | 84,12 | 72,11 |
Les données révèlent des écarts considérables dans les taux d’inscription aux études postsecondaires entre les potentiels étudiants postsecondaires de première génération et ceux n’étant pas de première génération; ces écarts varient selon le sexe et le groupe raciséNote (tableau 1). Les femmes enregistraient systématiquement des taux d’inscription plus élevés que les hommes, quel que soit le niveau de scolarité des parents. Toutefois, l’écart entre les potentiels étudiants n’étant pas de première génération et ceux étant de première génération est notable : le taux d’inscription des femmes est passé de 80,60 % à 65,82 %, tandis que le taux d’inscription des hommes est passé de 70,01 % à 52,45 %. Les comparaisons entre les groupes racisés soulignent davantage l’influence du niveau de scolarité des parents. Alors que les Chinois et les Sud-Asiatiques affichent des taux d’inscription élevés, peu importe le niveau de scolarité des parents, d’autres groupes (en particulier les Blancs, les Noirs, les Arabes et les Latino-Américains) présentent des baisses marquées chez les potentiels étudiants de première génération. Par exemple, le taux d’inscription des Blancs est passé de 72,98 % à 55,69 % et de 83,83 % à 66,66 % chez les Arabes. Ces différences mettent en évidence des obstacles potentiels qui peuvent avoir une incidence disproportionnée sur les étudiants de première génération, en particulier au sein de certains groupes racisés.
L’écart dans les taux d’inscription entre les potentiels étudiants postsecondaires de première génération et ceux n’étant pas de première génération est en partie attribuable aux différences dans les inscriptions aux programmes de premier cycle
Le graphique 1 présente la proportion de potentiels étudiants postsecondaires de première génération et de ceux n’étant pas de première génération inscrits, selon les titres scolaires. Les proportions de personnes inscrites sont relativement semblables pour les deux groupes, à l’exception des inscriptions à des programmes de premier cycle. Près de 23 % des potentiels étudiants postsecondaires de première génération étaient inscrits à un programme menant à un titre de niveau collégial, suivis de 18 % à des programmes de premier cycle et de 15 % à un programme menant à d’autres titres universitaires pendant la période allant de 2010-2011 à 2022-2023. En comparaison, les données révèlent que parmi les potentiels étudiants postsecondaires n’étant pas de première génération, 22 % étaient inscrits à un programme menant à un titre de niveau collégial et 32 % étaient inscrits à un programme de premier cycle. Il existe donc un écart important (environ 14 points de pourcentage) entre les taux d’inscription aux programmes de premier cycle entre les potentiels étudiants postsecondaires de première génération et ceux n’étant pas de première génération. Cet écart peut indiquer que les potentiels étudiants postsecondaires de première génération sont plus susceptibles de s’inscrire au collège plutôt qu’à l’université.

Tableau de données du graphique 1
| Titres de niveau collégial | Grades de premier cycle | Maîtrises et doctorats | Autres titres universitaires | Non inscrits à des EPS | |
|---|---|---|---|---|---|
| pourcentage | |||||
| Notes : EPS = études postsecondaires. En plus des personnes non inscrites à des EPS, la catégorie « Non inscrits à des EPS » comprend également les étudiants exclus de l’analyse, car ils étaient inscrits dans les programmes suivants : programmes préparatoires, programmes d’éducation de base, et programmes d'apprentissage et études hors programme. Source : Statistique Canada, calculs des auteurs à partir de données du Recensement de 2006 et du Système d’information sur les étudiants postsecondaires. |
|||||
| Étudiants postsecondaires n’étant pas de première génération | 22,59 | 32,61 | 3,76 | 16,11 | 24,93 |
| Étudiants postsecondaires de première génération | 23,1 | 18,86 | 1,51 | 15,43 | 41,1 |
Parcours en éducation : taux d’obtention de diplôme, taux de persistance, et taux de non-inscription et de non-obtention de diplôme
Pour le reste de l’analyse, l’échantillon de l’étude est limité aux étudiants inscrits pour la première fois à un programme d’EPS particulier dans la période allant de 2010-2011 à 2015-2016. Les étudiants peuvent appartenir à l’une des trois catégories suivantes : 1) diplômés, 2) persistants ou 3) non inscrits et non diplômés.
Deux facteurs sont pris en compte pour calculer les résultats en matière de niveau de scolarité d’intérêt : 1) la cohorte définie en fonction de l’année d’admission et du programme d’études, c.-à-d. le titre scolaire; et 2) le seuil d’obtention de diplôme désigné, qui varie en fonction du titre scolaire : six ans pour les grades de premier cycle, les maîtrises et les autres titres universitaires, et quatre ans pour les titres de niveau collégial. Les taux de persistance, les taux de non-inscription et de non-obtention du diplôme, ainsi que le temps nécessaire à l’obtention du diplôme sont calculés en fonction de ce seuil d’obtention du diplôme désigné.
Environ les deux tiers des étudiants postsecondaires de première génération ont obtenu leur diplôme, comparativement à près des trois quarts des étudiants n’étant pas de première génération
Le graphique 2 présente les taux d’obtention de diplôme, les taux de persistance, et les taux de non-inscription et de non-obtention de diplôme des étudiants postsecondaires de première génération et de ceux n’étant pas de première génération. Parmi les étudiants inscrits, les étudiants postsecondaires de première génération enregistraient un taux d’obtention de diplôme plus faible, soit 69 % comparativement à 74 % pour les étudiants n’étant pas de première génération. En ce qui concerne la persistance, le taux d’étudiants postsecondaires de première génération inscrits de façon continue après le seuil d’obtention de diplôme (5 %) était plus élevé, soit environ 1 point de pourcentage de plus que le taux des étudiants n’étant pas de première génération. Le graphique 2 indique également que plus d’un étudiant sur cinq n’était ni inscrit ni diplômé au moment du seuil d’obtention du diplôme; ce taux étant légèrement plus élevé chez les étudiants de première génération que chez les étudiants n’étant pas de première génération.

Tableau de données du graphique 2
| Obtention du diplôme | Persistance | Non-inscription et non-obtention de diplôme | |
|---|---|---|---|
| pourcentage | |||
| Notes : EPS = études postsecondaires. L’écart entre les chiffres relatifs aux étudiants postsecondaires de première génération et à ceux n’étant pas de première génération est statistiquement significatif au niveau de 5 %. Source : Statistique Canada, calculs des auteurs à partir de données du Recensement de 2006 et du Système d’information sur les étudiants postsecondaires. |
|||
| Étudiants postsecondaires n’étant pas de première génération | 73,66 | 4,3 | 22,04 |
| Étudiants postsecondaires de première génération | 68,6 | 5,44 | 25,96 |
L’écart le plus important dans les taux d’obtention de diplôme entre les étudiants postsecondaires de première génération et ceux n’étant pas de première génération est observé au niveau de la maîtrise
La comparaison des résultats selon le type de titre scolaire fournit des renseignements supplémentaires. Le graphique 3 présente les taux d’obtention de diplôme, les taux de persistance, et les taux de non-inscription et de non-obtention de diplôme selon le type de titre scolaire des étudiants postsecondaires de première génération et de ceux n’étant pas de première génération. Dans l’ensemble, les résultats correspondent aux tableaux publiés sur le rendement des étudiants postsecondaires canadiens (Statistique Canada, 2025). Indépendamment du statut d’étudiants postsecondaires de première génération, les taux d’obtention de diplôme sont les plus élevés au niveau de la maîtrise, suivis des grades de premier cycle, des titres de niveau collégial et des autres titres universitaires. Les différences observées entre les collèges et les universités peuvent être influencées par plusieurs facteurs, notamment l’orientation vers des programmes (formation axée sur la carrière dans les collèges et sur la recherche à l’université), qui a une incidence sur les aptitudes et les compétences que les étudiants acquièrent.
De plus, l’écart le plus important dans les taux d’obtention de diplôme entre les étudiants postsecondaires de première génération et ceux n’étant pas de première génération se situait au niveau de la maîtrise et s’élevait à environ 10 points de pourcentage. En ce qui concerne la persistance, les étudiants postsecondaires de première génération enregistraient des taux plus élevés que ceux n’étant pas de première génération, en particulier ceux inscrits à des programmes de niveau collégial et de premier cycle. Autrement dit, les étudiants postsecondaires de première génération sont plus susceptibles de demeurer inscrits à leur programme en fonction du seuil d’obtention du diplôme, en particulier chez ceux inscrits à des programmes collégiaux ou de premier cycle.

Tableau de données du graphique 3
| Obtention du diplôme | Persistance | Non-inscription et non-obtention de diplôme | ||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Titres de niveau collégial | Grades de premier cycle | Maîtrises | Autres titres universitaires | Titres de niveau collégial | Grades de premier cycle | Maîtrises | Autres titres universitaires | Titres de niveau collégial | Grades de premier cycle | Maîtrises | Autres titres universitaires | |
| pourcentage | pourcentage | pourcentage | ||||||||||
| Notes : EPS = études postsecondaires. Les écarts entre les chiffres relatifs aux étudiants postsecondaires de première génération et ceux n’étant pas de première génération sont statistiquement significatifs au niveau de 5 %. La catégorie « doctorats » est supprimée pour répondre aux exigences en matière de confidentialité. Source : Statistique Canada, calculs des auteurs à partir de données du Recensement de 2006 et du Système d’information sur les étudiants postsecondaires. |
||||||||||||
| Étudiants postsecondaires n’étant pas de première génération | 70,7 | 76,18 | 79,75 | 70,23 | 5,51 | 5,09 | 1,32 | 0 | 23,79 | 18,73 | 18,93 | 29,77 |
| Étudiants postsecondaires de première génération | 67,04 | 71,41 | 69,97 | 65,63 | 7,09 | 5,54 | 0,51 | 0 | 25,87 | 23,05 | 29,52 | 34,37 |
Parmi les étudiants postsecondaires de première génération, les taux d’obtention de diplôme étaient les plus élevés chez les étudiants arabes, les femmes et les étudiants de 19 ans ou moins à l’admission
Des études antérieures offrent des analyses approfondies des résultats scolaires selon le groupe d’âge, le sous-groupe de population et le sexe des étudiants (Handler, Bonikowska et Frenette, 2024). L’examen des résultats selon des caractéristiques démographiques, comme le présente le tableau 2, montre que l’ampleur des écarts dans les résultats scolaires entre les étudiants postsecondaires de première génération et ceux n’étant pas de première génération varie considérablement. À l’exception des étudiants philippins et arabes, les taux d’obtention du diplôme des étudiants postsecondaires de première génération sont inférieurs à ceux des étudiants n’étant pas de première génération dans toutes les catégories de caractéristiques démographiques examinées. De plus, parmi les étudiants postsecondaires de première génération, les taux d’obtention de diplôme étaient les plus élevés chez les étudiants arabes, les femmes et les étudiants âgés de 19 ans et moins au moment de leur première inscription. En revanche, les étudiants noirs et latino-américains de première génération au niveau postsecondaire enregistraient les taux d’obtention de diplôme les plus faibles, qui étaient inférieurs à 50 %. Les étudiants postsecondaires blancs et chinois n’étant pas de première génération enregistraient les taux d’obtention de diplôme les plus élevés parmi les groupes de population.
| Catégories selon les caractéristiques démographiques | Taux d’obtention de diplôme | Taux de persistance | Taux de non-inscription et de non-obtention de diplôme | |||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Étudiants postsecondaires n’étant pas de première génération | Étudiants postsecondaires de première génération | Étudiants postsecondaires n’étant pas de première génération | Étudiants postsecondaires de première génération | Étudiants postsecondaires n’étant pas de première génération | Étudiants postsecondaires de première génération | |
| pourcentage | ||||||
| Source : Statistique Canada, calculs des auteurs à partir de données du Recensement de 2006 et du Système d’information sur les étudiants postsecondaires. | ||||||
| Sexe | ||||||
| Hommes | 71,25 | 66,29 | 5,12 | 5,85 | 23,63 | 27,86 |
| Femmes | 75,54 | 70,29 | 3,67 | 5,15 | 20,79 | 24,56 |
| Âge d’entrée | ||||||
| 19 ans ou moins | 74,88 | 69,74 | 4,62 | 5,57 | 20,50 | 24,69 |
| 20 à 21 ans | 64,12 | 62,47 | 3,35 | 4,67 | 32,53 | 32,86 |
| 22 à 24 ans | 73,79 | 65,96 | 2,98 | 5,36 | 23,23 | 28,68 |
| Groupe racisé | ||||||
| Blancs | 75,60 | 70,22 | 3,99 | 4,95 | 20,41 | 24,83 |
| Noirs | 49,12 | 43,31 | 8,69 | 6,76 | 42,19 | 49,93 |
| Chinois | 73,15 | 68,02 | 3,73 | 5,49 | 23,12 | 26,49 |
| Sud-Asiatiques | 63,00 | 58,31 | 7,01 | 11,58 | 29,99 | 30,11 |
| Philippins | 56,56 | 62,48 | 8,62 | 12,24 | 34,82 | 25,28 |
| Latino-Américains | 63,49 | 40,33 | 9,78 | 18,06 | 26,73 | 41,61 |
| Arabes | 70,94 | 82,59 | 1,63 | 2,80 | 27,43 | 14,61 |
| Autres groupes racisés | 65,84 | 63,47 | 4,77 | 5,33 | 29,39 | 31,2 |
En ce qui concerne la persistance, les Latino-Américains (18 %) enregistraient le taux le plus élevé parmi les étudiants postsecondaires de première génération; ce qui indique un délai plus long pour terminer leur programme comparativement aux autres groupes de population. Les Philippins (12 %) enregistraient le deuxième taux de persistance le plus élevé, suivis des Sud-Asiatiques (11 %). À l’inverse, parmi les étudiants postsecondaires n’étant pas de première génération, les Latino-Américains enregistraient le taux de persistance le plus élevé (9 %), suivis des étudiants philippins et noirs, qui affichaient un taux d’environ 8 %.
Délai d’obtention du diplôme
Pour l’ensemble des titres scolaires, la durée moyenne d’obtention du diplôme est légèrement plus élevée chez les étudiants postsecondaires de première génération que chez ceux n’étant pas de première génération
Les recherches portant sur les parcours scolaires discontinus ont été plus approfondies dans les études menées aux États-Unis. Toutefois, l’Enquête auprès des jeunes en transition (EJET) et l’Enquête nationale auprès des diplômés (END) ont permis aux équipes de recherche d’examiner ce sujet de façon plus approfondie au Canada. À partir des données de l’EJET, Doray et coll. (2012) ont montré que la réinscription aux EPS était la plus fréquente au cours des trois premiers trimestres suivant une interruption. À l’aide des données de l’END, Fortin et Ragued (2017) ont documenté un effet positif sur les salaires des interruptions temporaires pour les hommes qui occupaient un emploi à temps plein pendant qu’ils n’étaient pas aux études.
Conformément aux résultats d’études précédentes (Zeman, 2023), les étudiants inscrits à des programmes de niveau collégial ont mis près de deux ans à obtenir leur diplôme, comparativement à environ quatre ans pour les étudiants de premier cycle universitaire (graphique 4). Les résultats indiquent également que les étudiants postsecondaires de première génération ont mis légèrement plus de temps pour obtenir leur diplôme que ceux n’étant pas de première génération, quel que soit le titre scolaire.

Tableau de données du graphique 4
| Titres de niveau collégial | Grades de premier cycle | Maîtrises | Autres titres universitaires | |
|---|---|---|---|---|
| années | ||||
| Notes : Les écarts entre les chiffres relatifs aux étudiants postsecondaires de première génération et ceux n’étant pas de première génération sont statistiquement significatifs au niveau de 5 %. La catégorie « doctorats » est supprimée pour répondre aux exigences en matière de confidentialité. Source : Statistique Canada, calculs des auteurs à partir de données du Recensement de 2006 et du Système d’information sur les étudiants postsecondaires. |
||||
| Étudiants postsecondaires n’étant pas de première génération | 1,85 | 4,05 | 4,38 | 4,54 |
| Étudiants postsecondaires de première génération | 1,99 | 4,28 | 5,23 | 4,56 |
| Catégories selon les caractéristiques démographiques | Étudiants postsecondaires n’étant pas de première génération | Étudiants postsecondaires de première génération |
|---|---|---|
| années | ||
| Notes : Les écarts entre les chiffres relatifs aux étudiants postsecondaires de première génération et ceux n’étant pas de première génération sont statistiquement significatifs au niveau de 5 %, sauf pour les résultats selon l’âge d’entrée aux études postsecondaires. Les groupes racisés philippins et latino-américains sont retirés pour répondre aux exigences en matière de confidentialité. Source : Statistique Canada, calculs des auteurs à partir de données du Recensement de 2006 et du Système d’information sur les étudiants postsecondaires. |
||
| Sexe | ||
| Hommes | 1,90 | 1,92 |
| Femmes | 1,82 | 2,04 |
| Âge d’entrée | ||
| 19 ans ou moins | 1,88 | 2,07 |
| 20 à 21 ans | 1,99 | 1,93 |
| 22 à 24 ans | 1,56 | 1,61 |
| Groupe racisé | ||
| Blancs | 1,80 | 1,97 |
| Noirs | 2,34 | 2,27 |
| Chinois | 2,08 | 1,71 |
| Sud-Asiatiques | 2,27 | 2,48 |
| Arabes | 2,63 | 1,49 |
| Autres groupes racisés | 2,05 | 2,14 |
| Catégories selon les caractéristiques démographiques | Étudiants postsecondaires n’étant pas de première génération | Étudiants postsecondaires de première génération |
|---|---|---|
| années | ||
| Notes : Les écarts entre les étudiants postsecondaires de première génération et ceux n’étant pas de première génération sont statistiquement significatifs au niveau de 5 %, sauf pour les résultats selon l’âge d’entrée aux études postsecondaires. Les groupes racisés philippins et latino-américains sont retirés pour répondre aux exigences en matière de confidentialité. Source : Statistique Canada, calculs des auteurs à partir de données du Recensement de 2006 et du Système d’information sur les étudiants postsecondaires. |
||
| Sexe | ||
| Hommes | 4,21 | 4,45 |
| Femmes | 3,94 | 4,17 |
| Âge d’entrée | ||
| 19 ans ou moins | 4,11 | 4,4 |
| 20 à 21 ans | 3,62 | 3,63 |
| 22 à 24 ans | 3,48 | 3,41 |
| Groupe racisé | ||
| Blancs | 4,06 | 4,34 |
| Noirs | 4,16 | 4,62 |
| Chinois | 3,85 | 3,86 |
| Sud-Asiatiques | 3,67 | 3,57 |
| Arabes | 4,73 | 4,57 |
| Autres groupes racisés | 4,09 | 4,41 |
L’écart dans le délai d’obtention du diplôme entre les étudiants postsecondaires de première génération et ceux n’étant pas de première génération est plus important pour les diplômes universitaires de premier cycle que pour les diplômes collégiaux; l’écart étant plus marqué entre les étudiants blancs et noirs
Le tableau 3 présente le délai d’obtention du diplôme selon les caractéristiques démographiques des étudiants postsecondaires de première génération et ceux n’étant pas de première génération pour les titres collégiaux, tandis que le tableau 4 présente ces résultats pour les grades universitaires de premier cycle. En ce qui concerne le sexe, les résultats indiquent qu’en moyenne, les étudiantes ont obtenu leur diplôme plus rapidement que les étudiants masculins, quel que soit le titre scolaire. Il convient de noter que le délai d’obtention d’un diplôme d’études collégiales pour les hommes est presque identique entre les étudiants postsecondaires de première génération et ceux n’étant pas de première génération.
Les tableaux 3 et 4 montrent également qu’en moyenne les étudiants plus jeunes au moment de leur première inscription ont obtenu leur diplôme plus tard que les étudiants plus âgés. Par exemple, les étudiants ayant commencé des EPS à l’âge de 22 à 24 ans étaient susceptibles d’obtenir leur diplôme d’études collégiales dans un délai de 1,56 an, en moyenne, comparativement à environ 1,88 an pour ceux ayant commencé à 19 ans ou moins.
Les tableaux 3 et 4 présentent également les résultats désagrégés selon les groupes racisés. Certains groupes d’étudiants postsecondaires de première génération ont obtenu leur diplôme plus rapidement que les étudiants n’étant pas de première génération. Par exemple, les étudiants blancs et chinois affichaient les plus courts délais d’obtention de leur diplôme d’études collégiales. Les étudiants arabes et noirs avaient tendance à avoir l’un des plus longs délais d’obtention du diplôme pour les deux titres scolaires, quel que soit le niveau de scolarité des parents.
Discussion
La présente étude examine les trajectoires des résultats scolaires des étudiants postsecondaires de première génération par rapport à ceux n’étant pas de première génération. En d’autres termes, elle cherche à déterminer si les étudiants postsecondaires issus de familles au sein desquelles aucun des parents n’a terminé des EPS (étudiants postsecondaires de première génération) se trouvent désavantagés par rapport aux étudiants postsecondaires n’étant pas de première génération. Pour documenter les statistiques descriptives, l’étude s’appuie sur un ensemble de données couplées uniques combinant les données du Recensement de la population de 2006 et du SIEP; ce qui permet d’examiner les parcours en éducation des étudiants postsecondaires de première génération et ceux n’étant pas de première génération. Cette étude révèle un taux d’inscription plus élevé pour les potentiels étudiants postsecondaires n’étant pas de première génération (près de 75 %) que pour les potentiels étudiants postsecondaires de première génération (environ 59 %). Parmi ces étudiants inscrits, les étudiants postsecondaires n’étant pas de première génération ont obtenu leur diplôme dans une proportion plus élevée que les étudiants de première génération (74 % comparativement à 69 %). De plus, les taux de persistance sont plus faibles pour les étudiants n’étant pas de première génération que pour les étudiants de première génération (4 % comparativement à 5 %). En moyenne, les étudiants de première génération ont tendance à mettre plus de temps pour obtenir leur diplôme que les étudiants n’étant pas de première génération.
Lors de la désagrégation des résultats selon certaines caractéristiques, des écarts plus marqués sont observés selon les titres scolaires, le sexe, l’âge d’entrée aux EPS et le groupe de population racisé. Par exemple, l’écart du taux d’obtention de diplôme entre les étudiants postsecondaires de première génération et ceux n’étant pas de première génération était le plus élevé pour les étudiants latino-américains, suivis des étudiants arabes et noirs.
Même si cette étude constitue une contribution initiale précieuse aux résultats scolaires fondés sur le statut de scolarité postsecondaire des parents au Canada, des recherches supplémentaires sont nécessaires afin d’établir un lien de causalité entre le statut d’EPS de première génération et le niveau de scolarité atteint. Il s’agirait notamment de dissocier les effets du statut d’EPS de première génération de ceux de facteurs de confusion, comme les milieux postsecondaires, les programmes et les politiques de mentorat, qui peuvent expliquer les différences dans les résultats. Un autre domaine de recherche consisterait à examiner et à comparer les résultats sur le marché du travail après l’obtention du diplôme des étudiants postsecondaires de première génération et de ceux n’étant pas de première génération.
Annexe
| Concepts et variables | Définitions |
|---|---|
|
|
| Cohortes | Cohorte 1 (utilisée pour calculer le taux d’inscription) : tous les futurs étudiants potentiels tirés du Recensement de 2006 âgés de 15 ans. Cette cohorte est utilisée pour calculer le taux d’inscription à tout moment au cours de la période allant de 2010-2011 à 2022-2023. Cohorte 2 (pour d’autres résultats en matière de scolarité) : composée de nouveaux inscrits (étudiants inscrits pour la première fois à un niveau scolaire donné) au cours de l’automne de toute année civile universitaire dans la période allant de 2010-2011 à 2015-2016, inscrits à un niveau scolaire particulier. |
| Étudiants de première génération | Personnes ayant fréquenté un établissement d’enseignement postsecondaire et dont les parents n’ont pas obtenu de titre d’études postsecondaires (y compris un certificat ou diplôme de métier, d’apprentissage, collégial ou universitaire). |
| Étudiants n’étant pas de première génération | Personnes fréquentant un établissement d’enseignement postsecondaire dont un parent ou les deux parents a ou ont obtenu un titre d’études postsecondaires (y compris un certificat ou diplôme de métier, d’apprentissage, collégial ou universitaire). |
| Population de l’étude (X) | Personnes âgées de 15 ans selon le Recensement de 2006 vivant avec au moins un parent. |
| Sous-groupes de X : (X1, X2) | X1 : personnes dont les parents n’avaient pas suivi d’études postsecondaires (EPS) en 2006, X2 : personnes dont les parents avaient suivi des EPS en 2006, |
| Couplage (Y) : Couplage de X et du Système d'information sur les étudiants postsecondaires (SIEP) | Y désigne la proportion de X récupérée du SIEP. |
| Sous-groupes de Y : (Y1, Y2) | Y1 : fraction des étudiants postsecondaires de première génération figurant dans le SIEP. Y2 : fraction des étudiants postsecondaires n’étant pas de première génération figurant dans le SIEP. |
| Taux d’inscription | Pourcentage de personnes inscrites selon le statut d’étudiants postsecondaires de première génération à tout moment dans la période allant de 2010-2011 à 2022-2023 par rapport à l’échantillon d’étude du Recensement de 2006, |
| Taux d’obtention de diplôme | Rapport entre le nombre total de diplômés et le nombre initial d’étudiants inscrits pour la cohorte 2, Le taux d’obtention du diplôme est défini comme suit : plus de quatre ans pour les programmes de niveau collégial; six ans pour les grades de premier cycle les maîtrises et les autres titres universitaires; et huit ans pour les doctorats comptés dès le début du programme, |
| Taux de persistance | Proportion d’étudiants de la cohorte 2, selon le statut d’étudiant de première génération, toujours inscrits au programme au moment du seuil d’obtention du diplôme désigné. |
| Taux de non-inscription et de non-obtention de diplôme | Proportion d’étudiants de la cohorte 2, selon le statut d’étudiant de première génération, n’étant plus inscrits et n’ayant pas terminé le programme au moment du seuil d’obtention du diplôme désigné. |
| Âge d’entrée aux EPS | Âge d’un étudiant au moment de son inscription initiale à un niveau scolaire particulier. Trois catégories d’âge sont prises en compte : 1) 19 ans ou moins, 2) 20 à 21 ans et 3) 22 à 24 ans. |
| Sexe | Le sexe des étudiants est soit « homme », « femme » ou « non déclaré ou manquant ». |
| Titre scolaire Tableau A1 Note 1 | 1. À l’aide des types de programmes et des titres scolaires cinq catégories sont prises en compte : titres collégiaux 2. grades de premier cycle 3. maîtrises 4. doctorats 5. autres titres universitaires, |
| Groupes racisés | Groupes de sous-populations d’étudiants relevés au moment du Recensement de 2006, Huit catégories sont prises en compte : 1) Arabes 2) Noirs 3) Chinois 4) Philippins 5) Latino-Américains 6) Sud-Asiatiques 7) Blancs et 8) autres groupes racisés, |
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