Rapports économiques et sociaux
Sentiment d’appartenance des immigrants au Canada par province de résidence

Date de diffusion : le 28 juin 2023

DOI: https://doi.org/10.25318/36280001202300600003-fra

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Résumé

Fondée sur les résultats de l’Enquête sociale générale de 2020, la présente étude montre que la probabilité de déclarer un très fort sentiment d’appartenance au Canada est plus élevée parmi les immigrants de l’Ontario et du Canada atlantique et plus faible parmi les immigrants de la Colombie-Britannique et de l’Alberta. Une fois neutralisées les différences régionales dans la composition sociodémographique de la population immigrée, la discrimination perçue et les conditions structurelles, la différence au chapitre du sentiment d’appartenance au Canada entre les immigrants en Alberta et en Ontario disparaît. En revanche, après la prise en compte de ces facteurs, une grande différence persiste entre les immigrants vivant en Ontario et ceux vivant en Colombie-Britannique. Cette différence est attribuable au sentiment d’appartenance au Canada particulièrement fort chez les immigrants de l’Ontario.

Auteurs

Max Stick et Christoph Schimmele travaillent à la Division de l’analyse sociale et de la modélisation de la Direction des études analytiques et de la modélisation à Statistique Canada. Maciej Karpinski et Seyba Cissokho travaillent à la Division de la recherche en politiques à Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada.

Remerciements

La présente étude a été menée en collaboration avec Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada. Les auteurs remercient Chris Hamilton, Feng Hou, Filsan Hujaleh, Lisa Kaida, Allison Leanage, Grant Schellenberg et Martin Turcotte pour leurs conseils et commentaires sur une version antérieure de l’article.

Introduction

Le sentiment d’appartenance au Canada est une mesure bien documentée de l’intégration sociale, et il est également corrélé avec le bien-être subjectif (Berry et Hou, 2016; Bilodeau et coll., 2020; Wu et coll., 2012). Le sentiment d’appartenance est un indicateur de l’identification nationale et du sentiment qu’on est accepté et « chez soi » au Canada (Wu et coll., 2011). Les immigrants développent leur sentiment d’appartenance au Canada en fonction de leurs expériences postmigratoires, en particulier leur perception de l’acceptation et des possibilités de succès dans le pays d’accueil (Hou et coll., 2018; White et coll., 2015).

Dans les cycles de 2003 et de 2013 de l’Enquête sociale générale (ESG), des nombres proportionnellement plus élevés d’immigrants que de personnes nées au Canada ont déclaré un très fort sentiment d’appartenance au Canada, soit la cote la plus élevée de l’échelle (Schellenberg, 2004; Statistique Canada, 2015). Cette différence est en partie attribuable au sentiment d’appartenance plus fort chez les immigrants, qui découle des politiques multiculturelles du Canada (Pearce, 2008) et à un sentiment d’appartenance relativement plus faible chez les Canadiens nés au Québec (Berry et Hou, 2020). D’autres études ont révélé que les immigrants sont aussi plus susceptibles que les personnes nées au Canada de croire que la Charte canadienne des droits et libertés, le multiculturalisme et les symboles nationaux (p. ex. le drapeau canadien) sont des aspects importants de l’identité canadienne (Adams et Parkin, 2022).

Toutefois, le niveau du sentiment d’appartenance des immigrants au Canada diffère selon les caractéristiques sociodémographiques, comme le nombre d’années depuis l’immigration, l’âge au moment de l’immigration, la catégorie d’admission et le groupe de population (Berry et Hou, 2016; Painter, 2013; Schellenberg, 2004). Le sentiment d’appartenance des immigrants au Canada varie également d’une région géographique à l’autre, comme les quartiers (Wu et coll., 2011) et les régions métropolitaines de taille différente (Kitchen, Williams et Gallina, 2015), ainsi qu’entre le Québec et d’autres provinces en raison de politiques d’intégration différentes (Berry et Hou, 2020).

La présente étude permet d’examiner si le sentiment d’appartenance des immigrants au Canada dépend de leur province de résidence. La majorité des immigrants résident au Québec, en Ontario ou en Colombie-Britannique, mais les immigrants sont devenus plus dispersés dans toutes les provinces au cours des deux dernières décennies (Bonikowska et coll., 2015; Vézina et Houle, 2017). Les différences à long terme dans les modes d’établissement des immigrants ont contribué aux différences dans la composition sociodémographique de la population d’immigrants dans chaque province. Pour les raisons exposées ci-dessous, ces différences de composition peuvent avoir des répercussions sur la variation interprovinciale du sentiment d’appartenance des immigrants au Canada.

Tout d’abord, les provinces diffèrent quant à la part des immigrants récents qui composent leurs populations d’immigrants. En 2021, la proportion d’immigrants récents allait de 14 % en Colombie-Britannique et en Ontario à 30 % (ou plus) d’immigrants résidant en Saskatchewan et dans les provinces de l’AtlantiqueNote . Cette différence de composition peut contribuer à la variation interprovinciale parce que le sentiment d’appartenance au Canada est plus faible chez les immigrants récents que chez les immigrants plus anciens (Gilkinson et Sauvé, 2010; Schellenberg, 2004; Wu et So, 2020). Cela signifie que le sentiment d’appartenance des immigrants au Canada peut être plus fort dans les provinces (p. ex. en Ontario) qui comptent une plus grande proportion d’immigrants plus anciens que d’immigrants récents. Cependant, malgré l’augmentation du nombre d’années passées au Canada, [traduction] « les minorités racialement distinctes demeurent moins confiantes dans leur pleine appartenance » (Soroka, Johnston et Banting, 2007, p. 584).

Deuxièmement, les provinces diffèrent quant à la taille des groupes de population (p. ex. les Chinois, les Sud-Asiatiques, les Noirs et les Blancs) qui composent leurs populations d’immigrants (Bonikowska et coll., 2015; Hou, 2005). Cette différence de composition peut influer sur la variation interprovinciale de la proportion d’immigrants ayant un très fort sentiment d’appartenance au Canada parce que les expériences d’exclusion (p. ex. la discrimination) sont connues pour influencer l’identité nationale des immigrants et réduire leur sentiment d’appartenance (Bilodeau et coll., à venir; Reitz et Banerjee, 2007; Schimmele et Wu, 2015). Ces expériences ne sont pas uniformes et la façon dont les immigrants sont accueillis dans leur collectivité diffère selon les groupes de population. Par exemple, il a été démontré que le sentiment d’appartenance est plus faible chez ceux qui ne sont pas d’ascendance britannique ou nord-européenne (Soroka et coll., 2007). En outre, la discrimination a une incidence négative plus forte sur le sentiment d’appartenance des groupes racisés que pour les Blancs (Wu et Finnsdottir, 2021).

Troisièmement, les différences provinciales dans le choix des immigrants au moyen de programmes d’admission spéciaux (p. ex. le Programme des candidats des provinces) peuvent avoir contribué à des différences dans la composition sociodémographique des populations d’immigrants provinciaux. Par exemple, l’augmentation récente de l’immigration dans les Prairies a été largement réalisée grâce à la désignation provinciale d’immigrants et à la sélection de personnes en fonction de leurs caractéristiques économiques et des besoins locaux du marché du travail (Bonikowska et coll., 2015). Cela peut avoir augmenté la proportion d’immigrants ayant certaines caractéristiques (p. ex. des études postsecondaires) et les possibilités d’emploi. Pour de nombreux immigrants, [traduction] « le critère d’être “pleinement arrivé” dans la société canadienne (et donc d’avoir un véritable sentiment d’appartenance) est lié à l’emploi à temps plein » (Kitchen et coll., 2015, p. 15).

Outre ces différences de composition, les provinces diffèrent pour ce qui est des facteurs structurels comme l’emploi, les possibilités de formation et la diversité économique, qui influent tous sur l’acculturation et l’intégration des immigrants (Hou, 2021; Williams et coll., 2015). Le sentiment d’appartenance chez les immigrants dépend de leurs possibilités de contribuer économiquement à la société d’accueil et d’assurer leur bien-être matériel ainsi que celui de leurs familles (Hou, Schellenberg et Berry, 2018). Lorsqu’ils font face à des possibilités limitées de mobilité socioéconomique, les immigrants ont tendance à avoir des niveaux d’identification plus faibles avec la société d’accueil.

La présente étude établit une comparaison entre les provinces et la proportion d’immigrants ayant un très fort un sentiment d’appartenance au Canada. Elle permet d’examiner si la variation observée est attribuable aux différences provinciales dans la composition sociodémographique de la population immigrée et le contexte structurel. Le contexte structurel fait référence aux conditions socioéconomiques dans les provinces (revenu médian du ménage et pourcentage de chômeurs) et à la taille de la population immigrante dans les provinces.

Données et méthodes

La présente étude a été effectuée à l’aide des données de l’ESG de 2020. L’ESG est une enquête transversale annuelle qui permet de recueillir des renseignements sur les tendances sociales. Chaque cycle de l’ESG porte sur un thème précis, qui fait généralement l’objet d’une rotation tous les cinq à sept ans. L’ESG de 2020 (cycle 35) était axée sur l’identité sociale. La population cible était composée des personnes âgées de 15 ans et plus vivant dans les 10 provinces, à l’exclusion des résidents à temps plein des établissements et des réserves, et comprenait 13 931 immigrants ayant obtenu le droit d'établissement. L’enquête a été menée entre août 2020 et février 2021 au moyen d’un questionnaire électronique à remplir soi-même ou d’une interview téléphonique assistée par ordinateur (Statistique Canada, 2021).

Dans le cadre de l’ESG, on a demandé aux répondants : « Comment décririez-vous votre sentiment d’appartenance au Canada? ». Les répondants pouvaient choisir l’une des options suivantes : très fort, plutôt fort, plutôt faible, très faible, aucune opinion. Dans le présent article, les catégories de réponses ont été réduites pour créer une variable dichotomique, où le code 1 était attribué aux réponses « très fortes » et le code 0, à toutes les autres réponses. Les probabilités prédites de déclarer un très fort sentiment d’appartenance au Canada chez les immigrants à l’échelle des provinces de résidence, soit la variable indépendante principale, ont été estimées à l’aide d’un modèle de régression par les moindres carrés ordinaires (MCO). Bien que la variable dépendante soit binaire, les modèles de régression MCO sont présentés pour faciliter l’interprétation. Des modèles de régression logistique ont également été exécutés et des résultats similaires ont été constatés. En raison du petit nombre de répondants, une agrégation régionale a été utilisée pour les provinces de l’Atlantique.

Une analyse multivariée a été effectuée pour déterminer si les différences provinciales dans le sentiment d’appartenance au Canada étaient attribuables à des facteurs de composition et de structureNote . La composition de la population d’immigrants dans les provinces a été mesurée en fonction de caractéristiques individuelles : le nombre d’années écoulées depuis l’établissement, la catégorie d’admission des immigrants, l’âge au moment de l’immigration, le groupe de populationNote , le sexe, le groupe d’âge, l’état matrimonial, le revenu familial logarithmique ajusté par équivalence « membres adultes » la situation d’emploi, le niveau de scolarité et la discrimination perçue. Le contexte structurel a été mesuré au moyen de variables à l’échelle de la région économique : le revenu familial médian logarithmique ajusté par équivalence « membres adultes », le taux de chômage (en pourcentage) et le d’immigrants. Ces variables structurelles ont été tirées des réponses au questionnaire détaillé du Recensement de la population de 2016.

Toutes les estimations ont été calculées à l’aide de poids d’enquête pour tenir compte de la surreprésentation ou de la sous-représentation de certains groupes, et les poids bootstrap ont été utilisés dans les tests de signification.

Sentiment d’appartenance des immigrants au Canada dans toutes les provinces, 2020

Le graphique 1 montre les probabilités prédites de déclarer un très fort sentiment d’appartenance au Canada (par rapport à un niveau d’appartenance plutôt fort et à des niveaux d’appartenance faibles) chez les immigrants par province (ces estimations sont fondées sur un modèle de régression MCO, qui prend en compte le mode d’enquête). Il permet de comparer les immigrants de l’Ontario et ceux des autres provinces. L’Ontario a été choisi comme province de référence parce que c’est là que réside la majorité des immigrants.

La probabilité prédite de déclarer un sentiment d’appartenance très fort était la plus élevée pour les immigrants vivant en Ontario et ceux vivant dans les provinces de l’Atlantique, soit 63 %. À titre de comparaison, ce chiffre était de 59 % pour les immigrants vivant au Québec et au Manitoba, de 56 % pour les immigrants vivant en Alberta et de 54 % pour les immigrants vivant en Saskatchewan. Les immigrants de la Colombie-Britannique avaient la plus faible probabilité de déclarer un sentiment d’appartenance très fort, soit 53 %.

Seuls les immigrants de l’Alberta et de la Colombie-Britannique avaient une probabilité beaucoup plus faible de déclarer un très fort sentiment d’appartenance au Canada comparativement aux immigrants de l’Ontario. Malgré des probabilités prédites plus faibles pour les immigrants au Manitoba, au Québec et en Saskatchewan, ces estimations ne différaient pas significativement de la probabilité pour les immigrants en Ontario.

Graphique 1 : Probalité prédite d’immigrants déclarant un très fort sentiment d’appartenance au Canada, par province de résidence, 2020

Tableau de données du graphique 1 
Tableau de données du graphique 1
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 1 Pourcentage(figurant comme en-tête de colonne).
Pourcentage
Canada atlantique 63,85
Ontario (référence) 63,19
Manitoba 58,89
Québec 58,52
Alberta* 55,85
Saskatchewan 53,79
Colombie-Britannique** 52,77

Le tableau 1 montre les différences provinciales dans la probabilité de déclarer un très fort un sentiment d’appartenance au Canada aux fins de comparaison, après la prise en compte des caractéristiques sociodémographiques des immigrants, de la discrimination perçue et du contexte structurel des régions économiques. La différence entre les immigrants de l’Alberta et de l’Ontario disparaît presque entièrement et n’est statistiquement pas significative après avoir pris en compte ces variables. Cela montre que si la composition de la population d’immigrants, les perceptions de la discrimination et les caractéristiques structurelles dans ces provinces étaient les mêmes, les immigrants de l’Alberta ne seraient pas moins susceptibles que les immigrants de l’Ontario d’avoir un très fort sentiment d’appartenance au Canada.


Tableau 1
Régressions multivariées pour le très fort sentiment d’appartenance des immigrants au Canada, par province et selon certaines caractéristiques sociodémographiques et structurelles sélectionnées
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Régressions multivariées pour le très fort sentiment d’appartenance des immigrants au Canada coefficient(figurant comme en-tête de colonne).
Coefficient
Région
Ontario (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Provinces de l’Atlantique 0,031
Québec -0,114Note *
Manitoba -0,084
Saskatchewan -0,094
Alberta -0,004
Colombie-Britannique -0,110Note **
Sexe
Hommes (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Femmes -0,029
Groupe d’âge
De 15 à 24 ans (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
De 25 à 54 ans 0,042
55 ans et plus 0,018
Revenu familial logarithmique AEMA -0,010
Situation d’emploi
Employé (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Au chômage -0,072
Personne inactive 0,027
Niveau de scolarité
Diplôme d’études secondaires ou moins (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Études postsecondaires partielles 0,068Note *
Baccalauréat ou grade supérieur 0,046
État matrimonial
Marié ou union libre (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Séparé, divorcé ou veuf -0,023
Jamais marié -0,069
Groupe de population
Blancs (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Noirs 0,108Note *
Chinois -0,177Note ***
Sud-Asiatiques 0,172Note ***
Asiatiques du Sud-Est et Philippins 0,057
Arabes ou Asiatiques occidentaux 0,170Note ***
Latino-Américains 0,181Note ***
Nombre d’années écoulées depuis l’établissement
De 0 à 5 ans (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
De 6 à 9 ans 0,102Note *
10 ans ou plus 0,045
Âge au moment de l’immigration
13 ans et plus (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
12 ans et moins 0,051
Catégorie d’admission des immigrants
Immigrant économique (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Catégorie du regroupement familial -0,004
Réfugié 0,089
Admis avant 1980 0,141Note ***
Discrimination
Non (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Oui -0,057Note *
Revenu familial médian logarithmique AEMA (RE) -0,203
Pourcentage d’immigrants (RE) 0,000
Pourcentage de chômeurs (RE) -0,018
Constant 2,988

Après l’ajout de covariables, une différence importante et significative subsiste entre les immigrants vivant en Ontario et ceux vivant en Colombie-Britannique. Cela montre que même une fois neutralisées la composition de la population d’immigrants, les perceptions de discrimination et les caractéristiques de la région économique, les immigrants de la Colombie-Britannique étaient moins susceptibles d’environ 11 points de pourcentage de déclarer un très fort sentiment d’appartenance au Canada que les immigrants de l’Ontario.

En revanche, une différence significative entre les immigrants du Québec et ceux de l’Ontario est apparue après la prise en compte de ces variables. Dans ce modèle, les immigrants du Québec étaient moins susceptibles de 11 points de pourcentage de déclarer un très fort sentiment d’appartenance au Canada comparativement aux immigrants de l’Ontario. Cela donne à penser que les conditions structurelles et le profil sociodémographique des immigrants du Québec ont une incidence sur l’expression par les immigrants d’un fort sentiment d’appartenance au Canada.

Conclusion

Le sentiment d’appartenance est associé à la qualité de vie des immigrants au Canada et à leur niveau d’intégration sociale (Kitchen, 2015; Wu et coll., 2011). La présente étude a démontré que le niveau du sentiment d’appartenance des immigrants au Canada varie légèrement selon la province de résidence. En général, le sentiment d’appartenance au Canada était plus fort chez les immigrants vivant dans la région de l’Atlantique et en Ontario, et plus faible chez les immigrants vivant en Colombie-Britannique et en Alberta.

La différence au chapitre du sentiment d’appartenance au Canada entre les immigrants de l’Alberta et ceux de l’Ontario est attribuable à la composition de la population d’immigrants de l’Alberta (selon les caractéristiques sociodémographiques, comme le nombre d’années écoulées depuis l’établissement, le groupe de population, le groupe d’âge et le niveau de scolarité), les perceptions de la discrimination et les différences dans les conditions structurelles (taux de chômage, revenu médian et taille de la population d’immigrants) entre l’Alberta et l’Ontario. Si ces facteurs étaient égaux, la proportion d’immigrants de l’Alberta qui ont déclaré avoir un très fort sentiment d’appartenance au Canada serait semblable à celle de l’Ontario.

La différence entre les immigrants de l’Ontario et ceux de la Colombie-Britannique n’a pas été expliquée par ces caractéristiques sociodémographiques, la discrimination perçue ou les facteurs structurels. Même une fois ces facteurs neutralisés, les immigrants de l’Ontario étaient plus susceptibles de déclarer un très fort sentiment d’appartenance au Canada que les immigrants de la Colombie-Britannique. Toutefois, les immigrants de l’Ontario étaient aussi plus susceptibles de déclarer ce résultat que les Canadiens nés en Ontario (résultats non présentés). À l’inverse, il y avait peu de différence dans le sentiment d’appartenance au Canada entre les immigrants et les personnes nées au Canada vivant en Colombie-Britannique.

Ensemble, ces données montrent que les immigrants de l’Ontario et des provinces de l’Atlantique ont des opinions particulièrement positives sur l’appartenance au Canada.

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