Rapports économiques et sociaux
Les différences selon le genre dans les effectifs des programmes en STGM et l’obtention du diplôme : quels sont les rôles du rendement et de la préparation scolaires?

Date de diffusion : le 24 novembre 2021

DOI: https://doi.org/10.25318/36280001202101100004-fra

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Résumé

Bien que les femmes soient plus nombreuses que les hommes dans les établissements d’enseignement postsecondaire, elles continuent de gagner moins que les hommes sur le marché du travail. Alors que de nombreux facteurs peuvent expliquer l’écart salarial entre les sexes, l’écart en ce qui a trait au niveau de scolarité qui favorise les femmes pourrait mener à réduire l’écart salarial à l’avenir. À cet égard, le choix du domaine d’études revêt une grande importance, car les revenus ont tendance à varier considérablement selon ce facteur. Par exemple, les diplômés des programmes en science, technologie, génie et mathématiques (STGM) gagnent généralement plus que les diplômés d’autres programmes, mais les femmes qui font des études universitaires ou collégiales sont beaucoup moins susceptibles que leurs homologues masculins de choisir des domaines en STGM.

L’objectif de la présente étude est d’estimer les différences entre les sexes en ce qui concerne la probabilité de s’inscrire à un programme d’études postsecondaires en STGM et d’obtenir un diplôme dans ce domaine (en particulier au niveau du baccalauréat). Des résultats sont générés pour tous les diplômés du secondaire et le sous-échantillon qui s’est inscrit à un programme de baccalauréat. Des résultats sont également générés en fonction d’une définition traditionnelle des STGM, ainsi que pour d’autres définitions, au sens large et restreint des STGM. L’étude s’appuie sur les données relatives aux inscriptions dans les universités et les collèges et aux grades décernés par ces derniers (le Système d’information sur les étudiants postsecondaires), ainsi que sur des données sur le rendement et la préparation scolaires avant l’obtention du diplôme d’études secondaires des étudiants de la Colombie-Britannique. Les résultats indiquent que parmi les diplômés du secondaire, les femmes sont 29,8 % moins portées que les hommes à s’inscrire à un programme d’études postsecondaires en STGM peu après l’obtention de leur diplôme. L’écart entre les sexes dans les inscriptions aux programmes en STGM passe à 19,9 % si l’on se concentre uniquement sur le baccalauréat en STGM. Toutefois, lorsque l’on tient compte du sous-échantillon de diplômés du secondaire qui étaient inscrits à un programme de baccalauréat, l’écart entre les sexes pour les inscriptions aux programmes en STGM est près de deux fois plus important (36,4 %). Pour les échantillons de diplômés du secondaire et d’étudiants au baccalauréat, l’écart entre les sexes en ce qui concerne l’obtention d’un baccalauréat dans un programme d’études en STGM est à peu près aussi grand que l’écart entre les sexes dans les inscriptions aux programmes en STGM. Parmi les étudiants au baccalauréat, l’écart le plus important dans les inscriptions aux programmes en STGM se situe, de loin, dans les programmes de génie, tandis que des écarts beaucoup plus faibles existent dans d’autres domaines en STGM très axés sur les mathématiques. Les femmes titulaires d’un baccalauréat sont légèrement plus susceptibles que leurs homologues masculins de s’inscrire à d’autres programmes d’études en STGM.

Seulement le tiers de l’écart entre les sexes dans les effectifs des programmes en STGM et l’obtention du diplôme parmi les étudiants au baccalauréat peut s’expliquer par les différences entre les sexes quant au rendement scolaire dans les matières d’enseignement au secondaire liées et non liées aux STGM, la préparation en STGM (basée sur le fait qu’au moins trois cours facultatifs en STGM ont été suivis en 12e année), ainsi que les caractéristiques du quartier et de l’école secondaire. Ces facteurs peuvent expliquer une proportion encore plus faible de l’écart entre les sexes dans les inscriptions aux programmes de génie. Les différences entre les sexes en ce qui concerne les modèles en STGM (enseignants ou parents) ainsi que l’intérêt, la confiance et les normes sociales pourraient également jouer un rôle important dans la compréhension des différences entre les sexes dans les effectifs des programmes en STGM et l’obtention du diplôme, et pourraient également expliquer les différences entre les sexes quant à la préparation en STGM. Pour mieux comprendre l’écart entre les sexes lié aux STGM, il faudra peut-être recueillir des données supplémentaires dans ces domaines.

Auteurs

Ping Ching Winnie Chan, Tomasz Handler et Marc Frenette travaillent au sein de la Division de l’analyse sociale et de la modélisation, Direction des études analytiques, à Statistique Canada.

Introduction

De nombreuses études ont montré que les femmes gagnent moins que les hommes, même si elles ont atteint un niveau de scolarité plus élevé (Pelletier, Patterson et Moyser, 2019). Étant donné le nombre élevé de jeunes femmes dans les universités et les collèges, il existe un réel potentiel pour la parité salariale, mais le choix du programme d’études est un facteur déterminant (Frenette et Handler, 2020). Alors que le monde d’aujourd’hui devient de plus en plus numérique, les technologies jouent un rôle plus important dans l’innovation et le développement économique. Au fil du temps, il pourrait y avoir une demande accrue de compétences en science, technologie, génie et mathématiques (STGM) sur le marché du travail. À ce jour, les diplômés de nombreux programmes d’études en STGM gagnent généralement plus que les diplômés de programmes non liés aux STGMNote . Au niveau agrégé, les données du Recensement de la population de 2016 montrent que les salaires et les traitements moyens des titulaires d’un baccalauréat en STGM qui travaillent toute l’année à temps plein étaient supérieurs d’environ 15 000 $ à ceux de leurs homologues d’autres domaines (92 800 $ contre 78 025 $) en 2015 (Statistique Canada, 2016). Comme les femmes sont moins nombreuses que les hommes à obtenir un diplôme en STGM (Wall, 2019)Note , leur sous-représentation dans ces domaines contribue probablement aux disparités globales entre les sexes dans les résultats sur le marché du travail, tels que la situation d’emploi, la concordance entre l’emploi et les compétences et la rémunération (Brown et Corcoran, 1997; Beede et coll., 2011).

Comme de nombreux emplois en STGM exigent un diplôme en STGM décerné par un établissement d’enseignement postsecondaire, de nombreuses études ont examiné la sous-représentation persistante des femmes dans les programmes en STGM parmi les diplômés à l’enseignement postsecondaire, comme il est décrit dans l’analyse documentaire à la section suivante. La présente étude a pour but d’affiner les données canadiennes sur la mesure dans laquelle les différences entre les sexes en matière de compétences en STGM avant l’obtention du diplôme d’études secondaires expliquent les différences entre les sexes quant à la probabilité de s’inscrire à un programme de baccalauréat dans une discipline liée aux STGM. À cette fin, l’étude utilise un ensemble de données administratives qui fournissent des renseignements détaillés sur le rendement scolaire des élèves de la maternelle à la 12e année dans la troisième province la plus peuplée du Canada, la Colombie-Britannique.

L’étude contribue à la documentation sur l’écart entre les sexes lié aux STGM de trois façons.

Premièrement, l’étude fait la distinction entre deux types de différences entre les sexes dans la probabilité de sélectionner des domaines liés aux STGM dans un programme de baccalauréat, soit les différences qui sont conditionnelles à l’inscription à un programme de baccalauréat et celles qui ne le sont pas. Des études antérieures portent sur les différences conditionnelles entre les sexes. Bien que de telles différences soient importantes (puisqu’elles peuvent faire ressortir d’importantes différences entre les sexes quant au choix du domaine d’études une fois inscrit dans un programme de baccalauréat), elles ne tiennent pas compte du fait que les femmes sont beaucoup plus enclines que les hommes à s’inscrire à un programme de baccalauréat. Par conséquent, l’écart inconditionnel entre les sexes dans la sélection de disciplines en STGM est forcément plus petit que l’écart conditionnel, ce qui permet d’envisager cette question d’une autre manière. Dans la présente étude, les deux écarts sont mis en évidence et examinés.

Deuxièmement, l’étude souligne non seulement les différences entre les sexes quant à la sélection d’un programme d’études en STGM ou dans un autre domaine, mais aussi les différences entre les sexes dans des programmes précis en STGM. Ces variations n’ont pas été présentées dans des études canadiennes antérieures, en grande partie en raison des limites de taille d’échantillon. Pourtant, c’est important d’en tenir compte, car différents domaines en STGM exigent différentes compétences, et différentes situations sur le marché du travail sont associées à différents programmes d’études en STGM. De plus, il existe d’importants écarts entre les sexes en ce qui concerne la participation aux divers programmes d’études en STGM ; les hommes sont plus susceptibles de poursuivre des études en génie ou en informatique, tandis que les femmes sont plus enclines à étudier en biologie.

Troisièmement, l’étude relie les données de la Colombie-Britannique à celles du Système d’information sur les étudiants postsecondaires (SIEP), qui rend compte de presque toutes les transitions dans les établissements d’enseignement postsecondaire publics du Canada. Ainsi, l’étude peut suivre les étudiants du secondaire au fil du temps avec beaucoup de précision, c’est-à-dire en évitant l’attrition importante de l’échantillon qui touche les enquêtes-ménages longitudinales.

L’étude est subdivisée de la façon suivante : la section 2 analyse la documentation, la section 3 décrit les données et les méthodes, la section 4 expose les résultats et, enfin, la conclusion résume l’étude et propose des réflexions sur les travaux futurs dans le domaine.

Analyse documentaire

Un grand nombre de publications portant sur l’économie, la sociologie, la psychologie et d’autres disciplines ont étudié la sous-représentation persistante des femmes dans les professions en STGM. En se concentrant principalement sur le contexte des États-Unis, Kahn et Ginther (2017) ont résumé cette vaste documentation sur les femmes dans les disciplines des STGM, de l’enfance au premier et deuxième cycle du secondaire, puis à l’université et aux études supérieures, et enfin au marché du travail. L’une des principales conclusions de leur travail était qu’il y avait des variations parmi les disciplines des STGM, et que la sous-représentation des femmes se trouvait surtout dans les domaines des sciences très axés sur les mathématiques, soit les géosciences, les sciences physiques, le génie, l’économie, les mathématiques et l’informatiqueNote . Conformément aux travaux d’Arcidiacono (2004) et de Zafar (2013)Note , l’analyse de Kahn et de Ginther a souligné que des préférences et des facteurs psychologiques peuvent expliquer la sous-représentation des femmes dans les domaines très axés sur les mathématiques en STGM. Les auteures ont conclu que bien que la plupart des études aient révélé que les notes ou les résultats d’examen étaient corrélés avec les décisions subséquentes de suivre des cours en STGM et le choix du domaine d’études, la corrélation expliquait peu les différences globales entre les sexes dans ces résultats (p. ex. Turner et Bowen, 1999; Xie et Shauman, 2003).

Delaney et Devereux (2019) ont utilisé des données uniques sur l’ordre de préférence de tous les étudiants du secondaire qui ont présenté une demande d’admission à une université en Irlande ainsi que des renseignements détaillés sur les matières d’enseignement et les notes à l’examen de fin d’études secondaires (le « Leaving Certificate Examination ») afin de décomposer les sources de l’écart entre les sexes dans les programmes d’enseignement postsecondaire en STGM. Ils ont également constaté d’importants écarts entre les sexes quant à l’inscription à des programmes d’études en génie et en technologies, mais pas en sciences. L’écart entre les sexes était plus faible lorsque les programmes d’études en soins infirmiers étaient inclus dans les STGM, ce qui indique que les résultats et les conclusions peuvent varier selon la définition des STGM.

Plus étroitement liée à la présente étude, l’étude de Fryer et de Levitt (2010) a permis d’analyser une cohorte représentative à l’échelle nationale d’enfants américains ayant commencé l’école maternelle en 1998 et faisant partie de la cohorte maternelle de la Early Childhood Longitudinal Study des États-Unis. Les auteurs ont constaté que les garçons et les filles qui sont entrés à l’école maternelle avaient des notes moyennes semblables aux tests de mathématiques, mais qu’au printemps de leur cinquième année scolaire, un écart-type de 0,2 en faveur des garçons est ressorti. De plus, les garçons étaient plus susceptibles que les filles d’obtenir des résultats positifs aux deux extrémités des répartitions mathématiques (en particulier du côté droit), ce qui pourrait avoir provoqué plus tard certaines des différences entre les sexes observées dans la décision d’entreprendre des études en STGMNote .

Quelle est la corrélation entre les notes ou les résultats de tests antérieurs et les décisions subséquentes relatives à l’inscription à des cours en STGM et aux études postsecondaires? Friedman-Sokuler et Justman (2016) ont étudié les choix de cours facultatifs en STGM d’étudiants au secondaire en Israël afin de déterminer si les notes ou les résultats de tests antérieurs étaient corrélés avec les décisions subséquentes de s’inscrire à des cours ou à des programmes d’études en STGM. Ils ont constaté que les résultats des tests normalisés de la 8e année avaient une incidence relativement faible sur la probabilité de choisir des cours en STGM. De plus, la question de savoir si les garçons ou les filles étaient plus touchés par leurs résultats antérieurs dépendait de la matière; les décisions des filles étaient plus motivées par les notes en biologie et en chimie, tandis que celles des garçons étaient plus motivées par les notes en informatique et en physique.

En plus de l’incidence des notes ou des résultats dans des cours en STGM, l’avantage comparatif que les garçons et les filles peuvent avoir à la fin de l’école secondaire (c.-à-d. leurs aptitudes en STGM par rapport à d’autres aptitudes) peut également être important. Riegle-Crumb et coll. (2012) ont constaté que l’avantage comparatif entre les aptitudes en STGM et l’habilité verbale expliquait davantage le choix du domaine d’études que les aptitudes en STGM seulement. Speer (2017) a découvert que l’avantage comparatif peut expliquer environ 6 des 17 points de pourcentage de l’écart entre les sexes dans l’échantillon des États-Unis. Toutefois, les conclusions de Delaney et Devereux (2019) laissent à penser que le rendement global et l’avantage comparatif (mesurés selon les résultats différentiels dans toutes les matières d’enseignement, en particulier l’anglais et les mathématiques) sont des déterminants relativement insignifiants de l’écart entre les sexes en STGM.

Le fait de suivre des cours en STGM très axés sur les mathématiques au secondaire peut-il permettre de prédire à lui seul la probabilité de s’inscrire à un programme d’études postsecondaires en STGM? Gottfried et Bozick (2016) ont constaté que les étudiants qui ont suivi des cours dans les domaines appliqués des STGM au secondaire (surtout les garçons) étaient plus portés à poursuivre des études appliquées en STGM. Jacob et coll. (2020) ont étudié l’incidence des exigences en matière de programmes d’études secondaires de chaque pays sur les différences entre les sexes liées aux choix dans l’enseignement supérieur. Ils ont comparé les variations dans la liberté de choix des matières d’enseignement secondaire en Irlande, en Écosse et en Allemagne et ont constaté que dans les trois pays, les filles étaient moins susceptibles que les garçons de s’inscrire à un programme d’études en STGM, mais que le fait de suivre plus de cours en STGM au secondaire était corrélé à l’inscription à des programmes connexes d’enseignement postsecondaire (autant chez les filles que chez les garçons).

La documentation comprend également certaines publications pertinentes à ce domaine qui reposent sur des données canadiennes. Hango (2013) a utilisé les données longitudinales de l’Enquête auprès des jeunes en transition (EJET) jumelées aux données du Programme international pour le suivi des acquis des élèves et a conclu que, bien que les aptitudes en mathématiques à l’âge de 15 ans étaient positivement corrélées avec la probabilité de choisir un programme d’études universitaires en STGM, les différences entre les sexes dans le rendement en mathématiques ne peuvent expliquer qu’une faible partie des différences entre les sexes dans la décision de poursuivre des études en STGM. Finnie et Childs (2018) ont utilisé les mêmes données pour examiner les différences dans les taux d’inscription dans un plus large éventail de groupes (y compris les femmes et de nombreux autres groupes) et ont également trouvé que les femmes étaient beaucoup moins enclines que les hommes à s’inscrire à des programmes d’études en STGM, même après avoir tenu compte des différences dans les notes en mathématiques et en sciences au secondaire. Les mesures du rendement scolaire tirées des données sur les élèves de la maternelle à la 12e année en Colombie-Britannique dans la présente étude sont plus générales, car elles comprennent les notes de cours en mathématiques, en sciences et en anglais (cette dernière matière d’enseignement étant importante pour mesurer l’avantage comparatif), les résultats d’évaluations normalisées en sciences et en anglais, et le choix de cours liés aux STGM en 12e année (ce facteur étant important pour l’admission aux programmes en STGM). En outre, la présente étude repose sur des données administratives, qui sont moins sujettes à l’attrition que les données d’enquêteNote . Hango (2013) a également mis en évidence les différences entre les hommes et les femmes parmi les jeunes diplômés universitaires des programmes en STGM (âgés de 25 à 34 ans et titulaires d’un diplôme dans une discipline des STGM en 2011) à l’aide de l’Enquête nationale auprès des ménages de 2011. Les résultats indiquent que les hommes titulaires d’un diplôme en STGM, qui étaient surtout concentrés en génie, ont obtenu de meilleurs résultats sur le marché du travail comparativement à leurs homologues ayant obtenu leur diplôme dans un autre domaine qu’en STGM (c.-à-d. un taux de chômage plus faible, des salaires plus élevés et un taux plus faible de disparité entre l’emploi et les compétences). Cependant, les conditions d’emploi des femmes diplômées d’un programme en STGM, qui sont surtout concentrées en sciences et technologies, n’étaient pas nettement différentes de celles ayant obtenu leur diplôme dans un autre domaine qu’en STGM. Ces résultats sont importants, car ils soulignent les différences dans les résultats sur le marché du travail entre des domaines précis au sein du groupe élargi des STGM. Qui plus est, ils mettent en évidence l’importance d’analyser le choix de disciplines précises en STGM parallèlement à la dimension du genre (ce qui sera fait dans la présente étude).

En s’appuyant sur les données du Centre de demande d’admission aux universités de l’Ontario (OUAC) sur les diplômés du secondaire qui se sont inscrits à une université de l’Ontario entre 2005 et 2012 ainsi que sur les données de la cohorte d’étudiants du secondaire qui étaient en 9e année en 2005-2006, Card et Payne (2017) ont révélé un écart significatif entre les sexes en ce qui concerne les inscriptions aux programmes d’études universitaires en STGM (30,3 % des femmes et 42,5 % des hommes à l’université étaient inscrits à un programme d’études en STGM). Toutefois, cet écart n’était pas attribuable à des différences dans la préparation en STGM (définie comme l’achèvement d’au moins trois cours liés aux STGM pendant les dernières années du secondaire). En fait, parmi les diplômés du secondaire qui ont présenté une demande d’admission à une université de l’Ontario par l’entremise du OUAC, 17,9 % des filles avaient la préparation requise en STGM, soit presque autant que leurs homologues masculins (18,8 %). Au contraire, les filles étaient beaucoup plus susceptibles d’aller à l’université que les garçons (53,5 % comparativement à 32,2 % respectivement, parmi l’échantillon de candidats aux universités de l’Ontario). Cela s’est traduit par une plus faible proportion d’étudiantes universitaires ayant une préparation en STGM (33,3 %) par rapport à leurs homologues masculins (47,4 %). C’est ce facteur, soit le niveau inférieur de préparation en STGM chez les femmes inscrites à un programme universitaire, qui explique principalement l’écart entre les sexes dans les inscriptions aux programmes d’études en STGM parmi les étudiants à l’enseignement universitaire. Une distinction primordiale entre la présente étude et celle de Card et Payne (2017) est que les données de la Colombie-Britannique sur les élèves de la maternelle à la 12e année sont couplées au SIEP dans la première étude. Ce couplage permet l’analyse du choix de programmes d’études en STGM en fonction du choix de cours au secondaire, des notes et des résultats d’évaluations normalisées. De plus, les données comprennent des renseignements sur les étudiants qui n’ont pas présenté de demande d’admission. Il s’agit d’une distinction importante, car les femmes sont considérablement plus portées à s’inscrire à des programmes d’études postsecondaires que les hommes et, par conséquent, elles peuvent aussi être plus susceptibles de présenter une demande d’admission. L’examen des différences entre les sexes en matière d’inscription à des programmes en STGM (et d’obtention de diplômes) chez les diplômés du secondaire donne une perspective différente de celle obtenue à partir d’un échantillon d’étudiants à l’enseignement postsecondaire.

Enfin, Wall (2019) a utilisé les données de la Plateforme longitudinale entre l’éducation et le marché du travail pour examiner la persévérance et la représentation des femmes en STGM au cours d’un diplôme de premier cycle au CanadaNote . L’étude a permis de conclure que, si les femmes sont moins représentées que les hommes dans les programmes d’études en STGM, c’est en grande partie en raison des plus faibles taux d’inscription dans ces programmes au début des études postsecondaires, puisque la représentation des femmes en STGM est demeurée essentiellement stable tout au long de leurs études de premier cycle. Plus précisément, la rétention des hommes et des femmes dans les programmes d’études en STGM était plus ou moins similaire; par conséquent, la proportion de femmes parmi les diplômés de programmes d’études en STGM en 2015 était semblable à celle des étudiants de première année en STGM en 2010. La présente étude examine également la diplomation en STGM, non seulement au regard d’un échantillon d’étudiants inscrits à des études postsecondaires, mais aussi sur un échantillon de diplômés du secondaire.

Bien que les femmes soient plus susceptibles que les hommes d’abandonner un programme d’études en STGM pour suivre un programme non lié aux STGM, les hommes sont plus enclins à abandonner un programme d’études en STGM pour mettre fin à leur programme de baccalauréat, ce qui signifie que les hommes ne s’engagent pas dans des programmes non liés aux STGM dans la même mesure que les femmes.

La documentation canadienne a généralement maintenu une définition traditionnelle des STGM. La présente étude analyse également les différences entre les sexes dans les disciplines traditionnelles en STGM. De plus, elle examine d’autres définitions pour les STGM, en tenant compte des différences importantes entre les sexes dans des domaines précis des STGM.

Données et méthodes

L’objectif de la présente étude est d’estimer les différences entre les sexes dans la probabilité de s’inscrire à un programme d’études postsecondaires en STGM et d’obtenir un diplôme dans ce domaine (en particulier au niveau du baccalauréat). Des résultats seront générés pour tous les diplômés du secondaire et le sous-échantillon qui s’est inscrit à un programme de baccalauréat. Des résultats seront également générés en fonction d’une définition traditionnelle des STGM, ainsi qu’en fonction d’autres définitions au sens large et restreint des STGM.

Les résultats de la présente étude ont été obtenus à partir de deux sources de données couplées au niveau individuel, soit l’ensemble de données sur les élèves de la maternelle à la 12e année du ministère de l’Éducation de la Colombie-Britannique) et le Système d’information sur les étudiants postsecondaires (SIEP).

L’ensemble de données de la Colombie-Britannique sur les élèves de la maternelle à la 12e année fournit des renseignements au niveau des étudiants pour les personnes qui fréquentent les écoles publiques et privées en Colombie-Britannique. Les données comprennent des renseignements sur les caractéristiques des élèves (sexe, âge, emplacement géographique, etc.) et sur la progression dans le système d’éducation (résultats à l’évaluation des habiletés de base, notes aux examens provinciaux du secondaire, notes par matière, obtention du diplôme, et coll.). Les données sont disponibles de 1991 à aujourd’hui.

Le SIEP contient des renseignements détaillés sur toutes les personnes inscrites dans tous les établissements d’enseignement postsecondaire canadiens financés par les provinces, comme l’année d’inscription, le statut d’inscription au semestre d’automne (temps plein ou temps partiel), le type de programme (niveau et sanction d’études), le domaine d’études (Classification des programmes d’enseignement de 2011) et la date d’obtention du diplôme. Des données exhaustives sur les inscriptions sont disponibles à partir de 2009, tandis que des données exhaustives sur les grades décernés sont disponibles à partir de 2010.

Grâce à un travail de collaboration avec le ministère de l’Éducation de la Colombie-Britannique, Statistique Canada a couplé les particuliers entre les ensembles de données sur les élèves de la maternelle à la 12e année en Colombie-Britannique et du SIEP. Ce couplage permet l’utilisation de données longitudinales pour examiner le choix du domaine d’études dans un programme de baccalauréat en ce qui concerne les mesures du rendement scolaire antérieures. Dans la présente étude, trois cohortes de diplômés du secondaire en Colombie-Britannique sont suivies, soit ceux qui étaient âgés de 18 et 19 ans au moment de l’obtention de leur diplôme en 2009, 2010 ou 2011Note . Ces critères ont permis d’obtenir un échantillon de 56 685 hommes et de 56 411 femmes diplômés du secondaire.

Pour être inclus dans l’échantillon des effectifs au baccalauréat, les étudiants devaient s’inscrire à un programme de baccalauréat dans un établissement d’enseignement postsecondaire (université ou collège) avant la fin de l’année suivant l’obtention de leur diplôme d’études secondaires. Par exemple, pour la cohorte de diplômés du secondaire de 2011, l’échantillon d’étudiants au baccalauréat comprend seulement les étudiants qui étaient inscrits à un programme de baccalauréat en 2011 ou 2012Note . Ces critères ont permis de constituer un échantillon de 17 851 étudiants et de 22 365 étudiantes au baccalauréat.

Les résultats examinés dans la présente étude comprennent l’inscription à un programme d’enseignement postsecondaire traditionnel en STGM (certificat, diplôme, diplôme associé ou baccalauréat), l’inscription à un programme de baccalauréat en STGM et l’obtention d’un baccalauréat en STGM. En ce qui concerne les résultats des inscriptions, une définition au sens large et deux définitions au sens restreint des STGM ont également été incluses. La définition au sens large des STGM comprend les domaines traditionnels en STGM et les domaines en soins de santé. La définition traditionnelle des STGM a également été divisée en deux définitions restreintes mutuellement exclusives et exhaustives des STGM. La première repose sur les domaines très axés sur les mathématiques, notamment l’informatique, le génie, les mathématiques, la physique, la chimie et d’autres domaines très axés sur les mathématiques (p. ex. combinaison de l’un ou l’autre des domaines ci-dessus). La deuxième comprend les domaines en STGM moins axés sur les mathématiques, comme les sciences biologiques et les sciences générales et intégrées. À titre de comparaison, les résultats sont également présentés pour les inscriptions dans des programmes autres qu’en STGM, réparties entre les soins de santé, le commerce et les domaines connexes, et les autres domaines d’études. Comme il a été mentionné ci-dessus, les inscriptions à la fin de l’année qui suit l’obtention du diplôme d’études secondaires sont examinées. Un résultat final est l’obtention d’un baccalauréat dans un programme en STGM dans les six ans suivant l’obtention du diplôme d’études secondaires. Il est à noter que les données sur les inscriptions et l’obtention du diplôme provenant de l’ensemble du SIEP sont incluses dans cette étude (y compris celles provenant d’établissements situés à l’extérieur de la Colombie-Britannique).

Ces résultats seront présentés séparément pour les hommes et les femmes. Il est important de noter que les différences entre les sexes dans les résultats seront également illustrées après leur prise en compte dans les déterminants importants de l’inscription en STGM et de l’obtention du diplôme dans une série de modèles de probabilité linéaireNote . Il s’agit notamment de diverses mesures du rendement scolaire en 10e année (indicateurs par quintile de l’examen provincial et du relevé de notes en sciences, du relevé de notes en mathématiques ainsi que du relevé de notes et de l’examen provincial en anglais)Note  ; une mesure de la préparation en STGM (un indicateur qu’au moins trois des quatre cours facultatifs liés aux STGM ont été suivis en 12e année – mathématiques, physique, chimie et biologie); les caractéristiques du quartier (pourcentage de personnes possédant au moins un baccalauréat et revenu moyen selon le code postal de l’étudiant); et les effets fixes pour l’école secondaire, la cohorte de diplômés du secondaire et l’âge au moment de l’obtention du diplôme.

Résultats

Le graphique 1 présente le pourcentage de personnes qui se sont inscrites à un programme traditionnel en STGM ou qui ont obtenu un diplôme dans ce programme. En commençant par l’échantillon le plus vaste (diplômés du secondaire) et tous les programmes d’études postsecondaires en STGM comme résultat, 12,9 % des femmes étaient inscrites à un programme en STGM à la fin de l’année suivant l’obtention de leur diplôme d’études secondaires. En comparaison, 18,3 % de leurs homologues masculins ont suivi la même voie. Cette différence de 5,5 points de pourcentage correspond à une probabilité moins élevée de 29,8 % que les femmes s’inscrivent en STGM.

Graphique 1 Pourcentage d’inscriptions ou de diplômés d'un programme en STGM

Tableau de données du graphique 1 
Tableau de données du graphique 1
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 1 Effectifs postsecondaires en STGM (diplômés du secondaire), Inscription à un baccalauréat en STGM (diplômés du secondaire), Diplômés au baccalauréat en STGM (diplômés du secondaire), Inscription à un baccalauréat en STGM (étudiants au baccalauréat) et Diplômés au baccalauréat en STGM (étudiants au baccalauréat), calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Effectifs postsecondaires en STGM (diplômés du secondaire) Inscription à un baccalauréat en STGM (diplômés du secondaire) Diplômés au baccalauréat en STGM (diplômés du secondaire) Inscription à un baccalauréat en STGM (étudiants au baccalauréat) Diplômés au baccalauréat en STGM (étudiants au baccalauréat)
pourcentage
Hommes 18,34 14,73 8,34 46,78 26,50
Femmes 12,87 11,80 6,49 29,76 16,38

Lorsque l’on ne tient compte que des programmes de baccalauréat en STGM, l’écart entre les hommes et les femmes en matière d’inscription rétrécit, tant en termes absolus que relatifs. Plus précisément, 14,7 % des hommes diplômés du secondaire étaient inscrits à un programme de baccalauréat en STGM, comparativement à 11,8 % des femmes diplômées du secondaire (une différence de 2,9 points de pourcentage, ou 19,9 %).

Évidemment, l’objectif ultime de l’inscription à un programme en STGM est l’obtention d’un diplôme. Le graphique 1 montre également le pourcentage d’hommes et de femmes diplômés du secondaire qui ont terminé un programme de baccalauréat en STGM dans les six ans suivant l’obtention de leur diplôme d’études secondaires. Dans ce cas-ci, l’écart entre les sexes est encore plus petit que celui relatif aux inscriptions en STGM. Plus précisément, 8,3 % des hommes diplômés du secondaire ont terminé un programme de baccalauréat en STGM, comparativement à 6,5 % de leurs homologues féminines. Cet écart de 1,9 point de pourcentage entre les sexes représente une différence de 22,2 %.

L’écart entre les sexes en matière d’inscription et de diplomation en STGM est beaucoup plus faible chez les diplômés du secondaire que dans l’échantillon plus restreint des étudiants au baccalauréat. La raison est que les femmes diplômées du secondaire sont plus susceptibles (39,6 %) que leurs homologues masculins (31,5 %) de s’inscrire à un programme de baccalauréat. Cela se traduit par une augmentation des inscriptions (parmi les diplômées du secondaire) dans tous les domaines, y compris ceux liés aux STGMNote .

Dans quelle mesure le fait de mettre l’accent sur les étudiants au baccalauréat fait-il une différence? Les résultats du graphique 1 suggèrent que cela fait une différence considérable. Par exemple, 46,8 % des étudiants de sexe masculin au baccalauréat étaient inscrits à un programme en STGM, comparativement à 29,8 % de leurs homologues de sexe féminin. Cela correspond à un écart de 17,0 points de pourcentage entre les sexes, soit 36,4 % (comparativement à 19,9 % chez les diplômés du secondaire). Des écarts semblables entre les sexes sont observés en ce qui concerne l’obtention d’un baccalauréat dans un programme en STGM (38,2 % chez les étudiants au baccalauréat, comparativement à 22,2 % chez les diplômés du secondaire).

Le fait que l’écart entre les sexes dans les inscriptions en STGM et l’obtention du diplôme soit considérablement plus faible chez tous les diplômés du secondaire est notable, puisque la plupart des études portent sur l’écart entre les sexes chez les étudiants au baccalauréat. La décision de mettre l’accent sur l’écart entre les sexes en matière d’inscription et de diplomation en STGM chez les diplômés du secondaire ou chez les étudiants au baccalauréat est importante, car les sources sous-jacentes des différences peuvent varier énormément.

Les résultats du graphique 1 suggèrent également que les différences entre les sexes dans le domaine d’études choisi par les étudiants qui étaient inscrits à un programme de baccalauréat représentent environ le double de l’écart global entre les sexes en STGM chez les diplômés du secondaireNote . Aux fins de l’élaboration des politiques, il peut être primordial de comprendre ce qui se cache derrière ces différents choix, compte tenu de l’ampleur de cet écart. Par conséquent, le reste de la présente étude portera sur les étudiants au baccalauréat. Une première étape vers l’atteinte de cet objectif consiste à envisager d’autres définitions des STGM. Par exemple, la définition au sens large des domaines en STGM proposée dans la présente étude comprend les domaines en soins de santé, puisque ceux-ci comprennent généralement plusieurs cours de sciences dans le cadre des exigences de leurs programmes. De plus, les femmes sont plus susceptibles que les hommes de s’inscrire dans ces domaines. Dans cette optique plus large, l’écart entre les sexes en matière d’inscription en STGM est quelque peu réduit par rapport à la définition traditionnelle des STGM (graphique 2). Lorsqu’on ajoute les domaines en soins de santé, le pourcentage d’étudiantes au baccalauréat inscrites dans un programme en STGM passe de 29,8 % à 35,6 %. Il en va de même pour leurs homologues masculins, mais dans une moindre mesure (de 46,8 % à 48,8 %). Cela se traduit par une réduction de l’écart entre les sexes en matière d’inscription dans un programme en STGM de 36,4 % (programmes traditionnels en STGM) à 27,0 % (programmes traditionnels en STGM et soins de santé).

Graphique 2 Pourcentage d’etudiants inscrits à un programme de baccalauréat en STGM - Étudiants au baccalauréat

Tableau de données du graphique 2 
Tableau de données du graphique 2
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 2 Disciplines traditionnelles en STGM, Disciplines traditionnelles en STGM et soins de santé, Disciplines traditionnelles en STGM, très axées sur les mathématiques, Disciplines traditionnelles en STGM, moins axées sur les mathématiques, Programme autre qu’en STGM (soins de santé), Programme autre qu’en STGM (commerce et domaines connexes) et Programme autre qu’en STGM (autre), calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Disciplines traditionnelles en STGM Disciplines traditionnelles en STGM et soins de santé Disciplines traditionnelles en STGM, très axées sur les mathématiques Disciplines traditionnelles en STGM, moins axées sur les mathématiques Programme autre qu’en STGM (soins de santé) Programme autre qu’en STGM (commerce et domaines connexes) Programme autre qu’en STGM (autre)
pourcentage
Hommes 46,78 48,78 24,19 22,16 2,43 16,28 34,94
Femmes 29,76 35,61 5,41 23,53 6,67 11,71 52,68

Les inscriptions à un programme traditionnel en STGM sont ensuite divisées selon deux définitions restreintes, mutuellement exclusives et exhaustives, soit les domaines très axés sur les mathématiques et les domaines moins axés sur les mathématiques. À titre de comparaison, les résultats sont également présentés pour les inscriptions dans des programmes autres qu’en STGM, réparties entre les soins de santé, le commerce et les domaines connexes (associés à une rémunération relativement élevée; voir Frenette et Handler, [2020]), et les autres domaines d’études.

Les résultats indiquent que l’écart le plus important entre les sexes en matière d’inscription dans un programme en STGM se trouve au sein des domaines traditionnels très axés sur les mathématiques. Plus précisément, 24,2 % des étudiants de sexe masculin au baccalauréat étaient inscrits à un programme en STGM très axé sur les mathématiques, comparativement à 5,4 % de leurs homologues de sexe féminin. En revanche, les étudiantes au baccalauréat étaient légèrement plus susceptibles que leurs homologues masculins de s’inscrire à des programmes en STGM moins axés sur les mathématiques (23,5 % comparativement à 22,2 %) et près de trois fois plus susceptibles que leurs homologues masculins de s’inscrire dans des domaines en soins de santé (6,7 % comparativement à 2,4 %). Ainsi, l’écart entre les sexes en matière d’inscription dans un programme en STGM, qu’il soit fondé sur une définition traditionnelle ou au sens large, s’explique entièrement par l’écart entre les sexes en matière d’inscription dans les domaines très axés sur les mathématiques. Parmi les programmes non liés aux STGM autres que les soins de santé, les étudiantes au baccalauréat étaient proportionnellement moins nombreuses que leurs homologues masculins à s’inscrire en commerce et dans les domaines connexes (11,7 % comparativement à 16,3 %), mais plus susceptibles de s’inscrire à d’autres programmes non liés aux STGM (52,7 % comparativement à 34,9 %).

Le présent article vise principalement à mettre en lumière le rôle du rendement et de la préparation scolaires au secondaire pour expliquer les différences entre les sexes dans les inscriptions en STGM et l’obtention du diplôme parmi les étudiants au baccalauréat. Les données sur les élèves de la maternelle à la 12e année en Colombie-Britannique contiennent les relevés de notes et les résultats aux examens provinciaux pour plusieurs matières obligatoires. Toutefois, pour être admis dans un programme en STGM, il faut avoir suivi un certain nombre de cours liés aux STGM en 12e année. Les données sur les élèves de la maternelle à la 12e année en Colombie-Britannique contiennent également des renseignements sur ces matières afin de pouvoir calculer le nombre de cours suivis en 12e année liés aux STGM. Le graphique 3 présente les résultats pour les étudiants de sexe masculin et féminin au baccalauréat selon les divers regroupements de domaines d’études. Pour les hommes et les femmes, au moins 80 % des étudiants inscrits à un programme en STGM ont suivi trois cours ou plus liés aux STGM en 12e année, selon toutes les définitions des STGM. Pour les soins de santé, les pourcentages sont près de 80 % (75,3 % des hommes et 67,7 % des femmes ont suivi au moins trois cours liés aux STGM en 12e année). En revanche, environ le tiers des hommes et des femmes inscrits en commerce et dans les domaines connexes ont suivi au moins trois cours liés aux STGM en 12e année, et environ le quart de leurs homologues inscrits à d’autres programmes non liés aux STGM ont fait de même. Ces résultats appuient l’approche adoptée par Card et Payne (2017), qui ont travaillé avec des données de l’Ontario. Ainsi, la mesure de la préparation en STGM utilisée dans la présente étude reposera sur le nombre d’étudiants qui ont suivi au moins trois cours liés aux STGM en 12e annéeNote .

Graphique 3 Pourcentage de personnes qui ont suivi trois ou quatre cours facultatifs liés au STGM en 12 année - Inscription à un programme de baccalauréat

Tableau de données du graphique 3 
Tableau de données du graphique 3
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 3 Trois et Quatre, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Trois Quatre
pourcentage
Disciplines traditionnelles en STGM
Hommes 50,96 37,37
Femmes 51,25 35,72
Disciplines traditionnelles en STGM et soins de santé
Hommes 50,63 37,09
Femmes 51,48 32,04
Disciplines traditionnelles en STGM, très axées sur les mathématiques
Hommes 57,76 30,01
Femmes 50,12 33,94
Disciplines traditionnelles en STGM, moins axées sur les mathématiques
Hommes 43,88 45,15
Femmes 51,73 36,16
Programme autre qu’en STGM (soins de santé)
Hommes 41,24 34,10
Femmes 51,71 15,96
Programme autre qu’en STGM (commerce et domaines connexes)
Hommes 27,98 5,71
Femmes 26,76 4,77
Programme autre qu’en STGM (autre)
Hommes 22,56 5,11
Femmes 19,77 2,84

Le tableau 1 présente des statistiques descriptives sur les principales variables explicatives utilisées dans la présente étude pour les étudiants au baccalauréat de sexe masculin et féminin. Dans l’ensemble, les hommes et les femmes ont obtenu de bons résultats dans les sujets liés aux STGM en 10e année. Par exemple, 36,6 % des hommes ont obtenu des résultats se situant dans le quintile supérieur (20 %) de la répartition des cours de sciences de 10e année (calculée à partir de l’échantillon de diplômés du secondaire de sexe masculin et féminin), comparativement à 36,8 % des femmes. De même, 33,2 % des hommes se sont retrouvés dans le quatrième quintile, comparativement à 33,0 % des femmes. Les hommes et les femmes ont obtenu des résultats pratiquement identiques dans les quintiles du cours de mathématiques de 10e année. Toutefois, les hommes ont obtenu de meilleurs résultats que les femmes à l’examen provincial en sciences de 10e année : 44,7 % des hommes se situaient dans le quintile supérieur, comparativement à 36,9 % des femmes.

Malgré la parité relative entre les sexes en 10e année en matière de réussite pour les sujets liés aux STGM (à l’exception de l’examen provincial en sciences), les hommes avaient un état de préparation plus élevé en STGM que les femmes après l’obtention du diplôme d’études secondaires (57,9 % et 45,3 %, respectivement).

À titre de comparaison, les femmes ont obtenu des résultats nettement supérieurs à ceux des hommes à l’examen provincial et au cours d’anglais de 10e année. Par exemple, 37,5 % des femmes se situaient dans le quintile supérieur de la répartition de l’examen provincial d’anglais, comparativement à 28,1 % des hommes. De même, 45,3 % des femmes se situaient dans le quintile supérieur du cours d’anglais, comparativement à 27,3 % des hommes.

Le fait que les femmes obtiennent généralement des résultats nettement supérieurs à ceux des hommes en anglais en 10e année peut expliquer en partie les raisons pour lesquelles elles étaient moins susceptibles que les hommes d’avoir la préparation requise en STGM sur la base de l’achèvement des cours de 12e année, malgré la parité relative entre les sexes dans la répartition du rendement lié aux STGM en 10e année. Il est possible que les femmes aient choisi un cheminement de carrière non lié aux STGM en partie en raison de leur avantage comparatif en anglais, qui est un cours de base pour de nombreux programmes de sciences sociales, d’éducation, d’arts et de sciences humaines.


Tableau 1
Rendement scolaire en 10e année et préparation en STGM selon l’obtention du diplôme d’études secondaires – Étudiants au baccalauréat
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Rendement scolaire en 10 année et préparation en STGM selon l’obtention du diplôme d’études secondaires – Étudiants au baccalauréat Hommes et Femmes, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Hommes Femmes
pourcentage
Quintile de l’examen provincial en sciences
Inférieur 4,1 5,9
Deuxième 9,1 12,0
Troisième 15,1 17,6
Quatrième 27,0 27,6
Supérieur 44,7 36,9
Quintile des cours de sciences
Inférieur 3,7 3,6
Deuxième 10,0 10,1
Troisième 16,4 16,6
Quatrième 33,2 33,0
Supérieur 36,6 36,8
Quintile des cours de mathématiques
Inférieur 5,9 6,0
Deuxième 10,3 10,5
Troisième 19,0 18,6
Quatrième 25,1 24,7
Supérieur 39,7 40,1
Quintile de l’examen provincial d’anglais
Inférieur 9,6 6,3
Deuxième 16,1 12,6
Troisième 18,9 15,7
Quatrième 27,3 27,8
Supérieur 28,1 37,5
Quintile des cours d’anglais
Inférieur 6,1 2,4
Deuxième 15,7 8,3
Troisième 20,8 15,1
Quatrième 30,1 28,8
Préparation en STGM 57,9 45,3

Le tableau 2 présente les pourcentages d’étudiants masculins et féminins au baccalauréat qui avaient la préparation requise pour les STGM, qui étaient inscrits à un programme en STGM ou qui ont obtenu un diplôme dans un programme en STGM ou non lié aux STGM, selon différents niveaux de rendement scolaire en 10e année. Les résultats donnent à penser que des différences importantes entre les sexes subsistent en ce qui concerne les inscriptions en STGM et l’obtention du diplôme, même en tenant compte des différences entre les sexes en matière de rendement et de préparation scolaires en STGM. Par exemple, les taux d’inscription à un programme traditionnel en STGM, à un programme en STGM selon la définition au sens large (programmes traditionnels et soins de santé) et les taux d’obtention d’un diplôme dans un programme traditionnel en STGM sont encore un peu plus élevés chez les étudiants masculins au baccalauréat ayant la préparation requise en STGM qui se situent dans la tranche supérieure de la répartition du rendement scolaire dans les matières liées aux STGM par rapport à leurs homologues féminines. Toutefois, les différences sont particulièrement importantes lorsque l’accent est mis sur les inscriptions à un programme en STGM très axé sur les mathématiques. Par exemple, 24,0 % des étudiants masculins au baccalauréat ayant la préparation requise en STGM dans le quintile supérieur des évaluations de l’examen provincial en sciences étaient inscrits à un programme de baccalauréat en STGM très axé sur les mathématiques, comparativement à 6,8 % de leurs homologues féminines. Des résultats semblables sont évidents pour les étudiants du quintile supérieur de la répartition des résultats aux cours de sciences et de mathématiques. En revanche, les étudiantes au baccalauréat ayant la préparation requise en STGM dans la tranche supérieure de la répartition pour le rendement en STGM en 10e année étaient plus susceptibles que leurs homologues masculins de s’inscrire à des programmes en STGM ou en soins de santé moins axés sur les mathématiques.


Tableau 2
Pourcentage d’étudiants inscrits dans un programme de baccalauréat en STGM ou ayant obtenu un baccalauréat dans un tel programme selon leur rendement scolaire dans des domaines liés aux STGM en 10e année – Étudiants au baccalauréat ayant la préparation requise en STGM
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Pourcentage d’étudiants inscrits dans un programme de baccalauréat en STGM ou ayant obtenu un baccalauréat dans un tel programme selon leur rendement scolaire dans des domaines liés aux STGM en 10 année – Étudiants au baccalauréat ayant la préparation requise en STGM Inscriptions, Obtention du diplôme, Disciplines traditionnelles en STGM, Disciplines traditionnelles en STGM et soins de santé, Disciplines traditionnelles en STGM, très axées sur les mathématiques, Disciplines traditionnelles en STGM , moins axées sur les mathématiques, Programme autre qu’en STGM (soins de santé), Programme autre qu’en STGM (commerce et domaines connexes), Programme autre qu’en STGM (autre), Hommes et Femmes, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Inscriptions Obtention du diplôme
Disciplines traditionnelles en STGM Disciplines traditionnelles en STGM et soins de santé Disciplines traditionnelles en STGM, très axées sur les mathématiques Disciplines traditionnelles en STGM , moins axées sur les mathématiques Programme autre qu’en STGM (soins de santé) Programme autre qu’en STGM (commerce et domaines connexes) Programme autre qu’en STGM (autre) Disciplines traditionnelles en STGM
Hommes Femmes Hommes Femmes Hommes Femmes Hommes Femmes Hommes Femmes Hommes Femmes Hommes Femmes Hommes Femmes
pourcentage
Quintile de l’examen provincial en sciences
Inférieur 0,6 0,7 0,6 0,9 0,3 0,1 0,3 0,6 0,0 0,2 0,2 0,1 0,5 0,6 0,1 0,1
Deuxième 2,5 2,1 2,7 2,8 1,2 0,3 1,3 1,7 0,2 0,8 0,6 0,5 1,0 1,7 0,7 0,6
Troisième 6,2 5,6 6,5 7,0 2,7 0,7 3,4 4,6 0,5 1,6 1,1 1,0 2,5 4,2 2,4 2,1
Quatrième 17,6 14,4 18,2 17,2 8,5 2,2 8,9 11,9 0,8 3,1 2,7 2,0 5,6 8,8 8,9 7,2
Supérieur 44,5 34,3 45,7 37,7 24,0 6,8 20,1 26,8 1,6 4,2 4,9 4,4 6,9 11,0 28,9 21,9
Quintile des cours de sciences
Inférieur 0,4 0,2 0,4 0,2 0,2 0,0 0,2 0,1 0,0 0,1 0,1 0,1 0,3 0,2 0,1 0,0
Deuxième 2,4 1,1 2,5 1,5 1,2 0,2 1,2 0,9 0,1 0,4 0,6 0,3 1,4 1,3 0,7 0,3
Troisième 6,4 3,8 6,8 4,9 3,1 0,5 3,2 3,3 0,4 1,2 1,3 0,8 3,1 3,7 2,5 1,3
Quatrième 23,1 16,2 24,0 19,5 11,8 2,5 11,1 13,3 1,1 3,7 3,4 2,5 6,5 10,3 11,9 7,7
Supérieur 39,0 35,7 40,1 39,4 20,3 6,9 18,3 28,0 1,5 4,5 4,1 4,3 5,4 10,8 25,9 22,5
Quintile des cours de mathématiques
Inférieur 0,6 0,3 0,6 0,4 0,2 0,0 0,4 0,3 0,0 0,1 0,2 0,0 0,4 0,4 0,2 0,0
Deuxième 2,5 1,4 2,7 1,9 0,9 0,1 1,6 1,3 0,2 0,5 0,5 0,3 1,4 1,5 0,8 0,4
Troisième 8,7 4,8 9,1 6,2 3,7 0,5 5,0 4,2 0,5 1,5 1,4 0,9 3,5 4,4 3,4 1,9
Quatrième 17,8 12,9 18,6 15,7 8,4 1,5 9,3 11,0 0,9 3,1 2,5 1,6 5,4 7,7 9,2 6,0
Supérieur 41,7 37,6 42,9 41,5 23,6 7,9 17,8 28,8 1,5 4,8 4,9 5,3 6,0 12,3 27,4 23,5
Quintile de l’examen provincial d’anglais
Inférieur 5,5 2,3 5,7 2,8 3,4 0,7 2,0 1,6 0,2 0,5 1,0 0,6 1,9 1,8 2,6 1,1
Deuxième 10,2 5,7 10,6 6,7 5,3 1,2 4,7 4,3 0,6 1,2 1,5 1,1 2,7 3,3 4,9 2,9
Troisième 13,0 7,6 13,6 9,1 6,8 1,3 6,1 6,2 0,7 1,6 1,7 1,4 3,1 4,0 7,2 3,8
Quatrième 20,5 16,2 21,1 18,7 10,1 2,6 10,2 13,1 0,8 2,9 2,7 2,4 4,4 7,1 12,0 9,2
Supérieur 22,2 25,2 22,9 28,3 10,9 4,2 11,0 20,3 0,9 3,8 2,6 2,7 4,5 10,0 14,3 14,9
Quintile des cours d’anglais
Inférieur 2,6 0,4 2,7 0,6 1,5 0,2 1,1 0,3 0,1 0,1 0,4 0,1 1,1 0,5 1,0 0,1
Deuxième 7,9 2,2 8,2 2,6 4,6 0,6 3,3 1,6 0,4 0,5 1,4 0,5 2,7 1,9 3,4 0,9
Troisième 13,4 5,5 13,9 6,7 7,1 1,2 6,2 4,3 0,6 1,2 2,1 1,3 3,7 3,9 6,7 2,9
Quatrième 23,2 15,2 24,0 17,8 11,8 2,6 11,2 12,3 1,1 2,9 3,1 2,5 5,0 7,7 13,9 8,4
Supérieur 24,2 33,7 25,0 37,9 11,7 5,5 12,2 27,2 1,0 5,2 2,6 3,7 4,2 12,1 16,1 19,6

Comme mentionné ci-dessus, l’avantage comparatif que présentaient les femmes en anglais pourrait être en partie à l’origine des différences qui subsistent entre les sexes en matière d’inscription dans un programme en STGM et d’obtention du diplôme. Pour cette raison, il est important de tenir compte des différences entre les sexes dans le plus grand nombre possible de déterminants de l’inscription dans un programme en STGM et de l’obtention du diplôme. À cette fin, les résultats des modèles multivariés sont présentés au tableau 3. Dans chaque cas, une variable binaire indiquant l’inscription dans un regroupement de domaines d’études particulier ou l’obtention d’un diplôme dans un tel regroupement est reportée sur une variable binaire féminine, ainsi que les covariables suivantes : diverses mesures du rendement scolaire en 10e année (indicateurs par quintile du relevé de notes de cours et de l’examen provincial en sciences, du relevé de notes en mathématiques, ainsi que du relevé de notes de cours et de l’examen provincial en anglais); une mesure de la préparation en STGM (indicateur qu’au moins trois des quatre cours facultatifs liés aux STGM ont été suivis en 12e année – mathématiques, physique, chimie et biologie); les caractéristiques du quartier (pourcentage de personnes possédant au moins un baccalauréat et revenu moyen selon le code postal de l’étudiant); et les effets fixes de l’école secondaire, de la cohorte de diplômés du secondaire et de l’âge au moment de l’obtention du diplôme.


Tableau 3
Écart entre les sexes en matière d’inscription aux programmes de baccalauréat en STGM et d’obtention du diplôme selon des modèles de probabilité linéaire – Étudiants au baccalauréat
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Écart entre les sexes en matière d’inscription aux programmes de baccalauréat en STGM et d’obtention du diplôme selon des modèles de probabilité linéaire – Étudiants au baccalauréat Inscriptions, Obtention du diplôme, Modèle 1 : Aucune covariable et Modèle 2 : Ajout de covariables, calculées selon coefficient et erreur-type unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Inscriptions Obtention du diplôme
Modèle 1 : Aucune covariable Modèle 2 : Ajout de covariables Modèle 1 : Aucune covariable Modèle 2 : Ajout de covariables
coefficient erreur-type coefficient erreur-type coefficient erreur-type coefficient erreur-type
STGM
Disciplines traditionnelles -0,170Note *** 0,005 -0,104Note *** 0,004 -0,101Note *** 0,004 -0,071Note *** 0,004
Disciplines traditionnelles et soins de santé -0,132Note *** 0,005 -0,062Note *** 0,004 -0,046Note *** 0,004 -0,011Note ** 0,004
Disciplines traditionnelles, très axées sur les mathématiques -0,188Note *** 0,003 -0,160Note *** 0,003 -0,120Note *** 0,003 -0,105Note *** 0,003
Informatique -0,032Note *** 0,002 -0,028Note *** 0,002 -0,019Note *** 0,001 -0,016Note *** 0,001
Génie -0,115Note *** 0,002 -0,100Note *** 0,003 -0,085Note *** 0,002 -0,077Note *** 0,002
Mathématiques -0,007Note *** 0,001 -0,004Note *** 0,001 -0,006Note *** 0,001 -0,004Note *** 0,001
Physique -0,007Note *** 0,001 -0,006Note *** 0,001 -0,004Note *** 0,001 -0,004Note *** 0,001
Chimie -0,006Note *** 0,001 -0,003Note ** 0,001 -0,003Note ** 0,001 -0,002Tableau 3 Note  0,001
Autre -0,022Note *** 0,001 -0,018Note *** 0,001 -0,003Note *** 0,001 -0,003Note *** 0,001
Disciplines traditionnelles, moins axées sur les mathématiques 0,014Note ** 0,004 0,052Note *** 0,004 0,018Note *** 0,003 0,034Note *** 0,003
Non liés au STGM
Soins de santé 0,042Note *** 0,002 0,047Note *** 0,002 0,056Note *** 0,002 0,060Note *** 0,002
Commerce et domaines connexes -0,046Note *** 0,003 -0,054Note *** 0,004 -0,019Note *** 0,003 -0,028Note *** 0,003
Autre 0,177Note *** 0,005 0,116Note *** 0,005 0,160Note *** 0,004 0,116Note *** 0,005

Les résultats donnent à penser que des différences statistiquement et empiriquement significatives entre les sexes quant aux inscriptions en STGM et à l’obtention du diplôme demeurent après la prise en compte de l’ensemble complet de variables pertinentes disponibles dans les données. Par exemple, l’écart non corrigé entre les sexes en matière d’inscription dans un programme traditionnel en STGM est de 17,0 points de pourcentage (modèle 1). Une fois les covariables incluses dans le modèle, l’écart entre les sexes tombe à 10,4 points de pourcentage. Ainsi, environ le tiers seulement de l’écart entre les sexes en matière d’inscription dans un programme en STGM peut s’expliquer par les différences entre les sexes en matière de rendement et de préparation scolaires, de caractéristiques du quartier et de l’école secondaire, ainsi que de cohorte et d’âge au moment de l’obtention du diplôme. De tous ces facteurs, la préparation scolaire (la préparation requise en STGM) varie le plus selon le sexeNote . Selon la définition des STGM au sens large (programmes traditionnels en STGM et soins de santé), le pouvoir explicatif du modèle est un peu plus important. Plus précisément, un peu plus de la moitié de l’écart non corrigé entre les sexes en ce qui concerne l’inscription à un programme en STGM au sens large peut s’expliquer par les différences entre les sexes dans les covariables. Fait intéressant, les covariables du modèle expliquent très peu l’écart important entre les sexes en matière d’inscriptions dans les programmes très axés sur les mathématiques (18,8 points de pourcentage), car l’écart passe à seulement 16,0 points de pourcentage après leur inclusion. Autrement dit, environ 85 % de l’écart entre les sexes en matière d’inscription à un programme en STGM très axé sur les mathématiques chez les étudiants au baccalauréat ne peut pas s’expliquer par des facteurs saisis dans les données disponibles. En revanche, les écarts plus faibles entre les sexes dans les domaines en STGM moins axés sur les mathématiques et les soins de santé, tous deux en faveur des femmes, se creusent modérément après la prise en compte des différences dans le rendement scolaire, la préparation en STGM et d’autres facteurs.

Cet écart largement inexpliqué entre les sexes dans les programmes en STGM très axés sur les mathématiques mérite d’être examiné davantage. Dans le tableau 3, cette catégorie est également répartie en ses éléments constitutifs. L’écart de loin le plus important entre les sexes dans les taux d’inscription, avec ou sans covariables, est observé en génie. Il s’élève à 11,5 points de pourcentage avant la prise en compte des différences dans les covariables disponibles, et à 11,0 points de pourcentage après la prise en compte de ces différences. Le deuxième écart le plus important est en informatique (environ 3 points de pourcentage, avec ou sans ajustements des covariables). Les écarts entre les sexes en matière d’inscription en mathématiques, en physique et en chimie sont beaucoup moins importants (moins de 1 point de pourcentage dans chaque cas).

En général, l’écart entre les sexes en matière d’obtention du diplôme en STGM est un peu plus petit que l’écart entre les sexes en matière d’inscription en STGM. Il est également vrai que l’écart en matière de diplomation en STGM demeure en grande partie inexpliqué après l’inclusion des covariables dans le modèle. De plus, les programmes très axés sur les mathématiques (en particulier le génie) constituent le principal écart entre les sexes en matière de diplomation en STGM.

Par conséquent, une part importante des écarts entre les sexes en ce qui concerne les inscriptions en STGM et l’obtention du diplôme demeure inexpliquée, malgré la richesse des données sur les élèves de la maternelle à la 12e année en Colombie-Britannique. C’est également le cas en génie, où les écarts sont les plus importants. Cela indique que d’autres facteurs pourraient jouer un rôle important. Bien qu’on ne sache pas quels sont ces facteurs, il y a plusieurs pistes possibles. Par exemple, les modèles peuvent compter à la fois à la maison et à l’école. La profession de la mère peut jouer un rôle important, car elle pourrait potentiellement fournir aux filles l’information, l’intérêt et la confiance nécessaires pour poursuivre une carrière en particulier (p. ex. en STGM). Le même argument peut être évoqué pour les enseignants : le fait qu’une femme enseigne des matières liées aux STGM au secondaire peut motiver les filles à étudier en STGMNote . De telles hypothèses pourraient être vérifiées à l’aide d’indicateurs de la profession de la mère et du père ainsi que du sexe des enseignants dans des classes particulières au secondaire. À l’heure actuelle, ces renseignements ne sont pas disponiblesNote Note . Plus précisément, en ce qui a trait au génie, une possibilité pourrait être le manque d’intérêt des femmes à travailler là où des ingénieurs sont employés, en particulier dans la construction ou l’exploitation minière, deux industries hautement dominées par les hommes en général (pas seulement parmi les ingénieurs).

Conclusion

L’écart entre les sexes dans les domaines des STGM est important compte tenu des possibilités d’avancement professionnel associées aux STGM. L’objectif de la présente étude était de mieux comprendre les différences entre les sexes en ce qui concerne les inscriptions en STGM à partir de données récentes provenant des écoles secondaires en Colombie-Britannique et des établissements d’enseignement postsecondaire au Canada.

Les résultats indiquent que parmi les diplômés du secondaire, les femmes sont 29,8 % moins portées que les hommes à s’inscrire à un programme d’enseignement postsecondaire en STGM peu après l’obtention de leur diplôme. L’écart entre les sexes dans les inscriptions aux programmes en STGM passe à 19,9 % lorsque l’on n’envisage que les programmes de baccalauréat en STGM. Toutefois, lorsque l’on tient compte du sous-échantillon de diplômés du secondaire qui étaient inscrits à un programme de baccalauréat, cet écart est près de deux fois plus important (36,4 %). Pour les échantillons de diplômés du secondaire et d’étudiants au baccalauréat, l’écart entre les sexes en ce qui concerne l’obtention d’un baccalauréat dans un programme d’études en STGM est à peu près aussi grand que l’écart entre les sexes dans les inscriptions aux programmes en STGM. Parmi les étudiants au baccalauréat, l’écart de loin le plus important en matière d’inscriptions aux programmes en STGM se trouve dans les programmes de génie, tandis que des écarts beaucoup plus faibles existent dans d’autres domaines en STGM très axés sur les mathématiques. Les femmes titulaires d’un baccalauréat sont légèrement plus susceptibles de s’inscrire dans d’autres domaines en STGM que leurs homologues masculins.

Seulement le tiers de l’écart entre les sexes dans les inscriptions aux programmes en STGM et l’obtention du diplôme parmi les étudiants au baccalauréat peut s’expliquer par des différences entre les sexes quant au rendement scolaire dans les matières d’enseignement au secondaire liées et non liées aux STGM, la préparation en STGM (basée sur le fait qu’au moins trois cours facultatifs en STGM ont été suivis en 12e année), ainsi que les caractéristiques du quartier et de l’école secondaire. Ces facteurs peuvent expliquer une proportion encore plus faible de l’écart entre les sexes dans les inscriptions en génie. Les différences entre les sexes en ce qui concerne les modèles en STGM (enseignants ou parents) ainsi que les intérêts, l’estime de soi et les normes sociales pourraient également jouer un rôle important dans la compréhension des différences selon le genre dans les inscriptions aux programmes de STGM et l’obtention d’un diplôme, et pourraient également expliquer les différences entre les sexes quant à la préparation en STGM. Pour mieux comprendre l’écart entre les sexes lié aux STGM, il faudra peut-être recueillir davantage de données dans ces domaines.

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