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Bulletin d'analyse - Régions rurales et petites villes du Canada
Évolution de l'emploi dans les secteurs des ressources naturelles : accent sur les chaînes de valeur rurales
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- Pourquoi les chaînes de valeur des secteurs des ressources naturelles sont-elles importantes?
- Dans l'ensemble, on a constaté une croissance de l'emploi pour la chaîne de valeur de la foresterie, mais l'emploi a diminué dans la production primaire et la transformation dans la plupart des chaînes de valeur des ressources
- L'emploi dans la production primaire, les services et les facteurs de production est devenu plus concentré sur le plan géographique
- Intensité du secteur : une hausse dans les régions rurales non adjacentes à une zone métropolitaine, une baisse dans les régions essentiellement urbaines
- Les services à la production primaire et au commerce de gros étaient de plus en plus regroupés ou situés dans les principales régions de production
- Répartition de la chaîne de valeur à l'étendue des régions et du milieu régional : tendances spatiales
- Conclusion
- Tableaux à l'annexe
Début du texte
Pourquoi les chaînes de valeur des secteurs des ressources naturelles sont-elles importantes?
Une « chaîne de valeur » peut se définir comme l'éventail complet d'activités qui sont nécessaires pour faire passer un produit ou un service de la conception aux étapes intermédiaires de la production, puis à la livraison aux consommateurs finaux, et enfin à la destruction après utilisation (Kaplinsky, 1999, p. 121). Ces activités peuvent comprendre les intrants et les services au producteur principal, la production primaire, la transformation, la manutention, les transports, l'entreposage et le commerce de détail et les activités de service liées à la transformation et à la commercialisation, y compris les services de finances et d'assurances, etc. (Porter, 1985). Dans cette analyse, nous étudions seulement quatre aspects de la chaîne de valeur : production primaire, services à la production primaire, commerce de gros et première transformation (encadré 2).
Les secteurs des ressources naturelles doivent composer depuis longtemps avec la mondialisation (chute des prix des transports et des communications) et les fluctuations des prix sur la scène internationale (Innis, 1933, 1940, 1951). Cela dit, le contexte international changeant et les nouveaux concurrents sur le marché mondial ne cessent d'apporter son lot de nouvelles difficultés aux secteurs traditionnels de la production et de la transformation.
Au cours des dernières décennies, l'économie des régions rurales est devenue de plus en plus diversifiée et axée sur les services. Cette transformation est fortement corrélée à d'importants changements survenus dans les secteurs des ressources des régions essentiellement rurales et des régions rurales du Nord (agriculture, foresterie, pêche, mines et énergie). Deux caractéristiques prédominantes de ces changements sont pertinentes pour les initiatives de développement rural et peuvent être mieux expliquées en examinant les composantes de la chaîne de valeur. D'abord, il y a eu une évolution constante de l'emploi de la production primaire à la transformation et aux activités de service; par exemple, de l'agriculture aux services aux agriculteurs et à la transformation des produits agricoles. Ensuite, il y a eu un réaménagement spatial de certaines des activités des chaînes de valeur, entre les régions essentiellement rurales et les régions essentiellement urbaines et au sein de ces régions. Par exemple, certains des services aux agriculteurs qui se trouvaient dans les petits villages ont migré vers les plus gros villages ou les villes.
Ces deux processus de changement sont en cours. Les nouvelles technologies ne cessent de réduire la quantité de main-d'œuvre par unité de production dans la production primaire (et de plus en plus dans le secteur des services également). De même, le processus de réorganisation spatiale a fait l'objet d'une évolution rapide à l'échelle nationale et internationale. Fait intéressant, après des décennies de concentration soutenue des activités de transformation dans les principales régions essentiellement urbaines, bien des pays doivent désormais composer avec une tendance noyau-périphérie inversée, où les activités de fabrication migrent vers les régions essentiellement rurales (Baldwin et coll., 2001).
L'analyse des chaînes de valeur, d'une perspective régionale, nécessite la définition et la compréhension des façons dont les activités économiques d'une région sont liées au reste de l'économie nationale et internationale. La nature de ces corrélations peut déterminer, en grande partie, les résultats de la répartition le long de la chaîne et la capacité d'une région d'améliorer et de conserver sa base économique (Kaplinsky et Morris, 2001). La réussite des régions défavorisées pour créer de l'emploi grâce à leurs produits primaires repose en partie sur leur capacité d'accéder aux avantages de chaînes de valeur particulières et d'en tirer profit (CNUCED, 2000). En revanche, l'inaccessibilité d'une chaîne de valeur particulière pourrait avoir de graves conséquences pour une région. Par conséquent, une analyse de la structure et de la nature des chaînes de valeur essentiellement rurales pourrait faciliter la reconnaissance des inégalités régionales persistantes et, dans certains cas, grandissantes (Kaplinsky and Morris, 2001).
Une analyse des chaînes de valeur essentiellement rurales, même au-delà des secteurs des ressources naturelles, peut jeter un meilleur éclairage sur la façon dont l'économie rurale contribue souvent aux principales chaînes de valeur, qui sont souvent considérées comme essentiellement urbaines. Pour l'économie américaine, Feser et Isserman (2008) démontrent que dans certaines chaînes de valeur nationales, une proportion considérable de l'emploi qui est généralement considérée comme urbaine est en fait rurale. Ils concluent que les comtés ruraux jouent un rôle considérable dans de nombreuses chaînes de valeur diversifiées. Cet énoncé se maintient que l'on mette l'accent sur la production primaire, en faisant la distinction entre les principales industries d'une chaîne de valeur, ou sur les industries dont les salaires sont plus élevés. L'énoncé s'applique également aux comtés ruraux, qu'ils se situent dans les régions métropolitaines ou à l'extérieur de ce genre d'économies régionales intégrées. Les comtés ruraux ne jouent pas toujours un rôle secondaire dans les principales chaînes de valeur américaines, et ils ne correspondent pas non plus nécessairement à l'emplacement des segments à faible revenu dans les principales chaînes. Par conséquent, pour comprendre et favoriser la concurrence de l'industrie américaine, il faut reconnaître et soutenir sa composante rurale. (Feser et Isserman, 2008, p. 107).
Enfin, bien que l'augmentation de l'économie du savoir ait éclipsé le rôle du secteur des ressources dans l'économie de bon nombre de pays de l'OCDE, l'intensification des préoccupations mondiales en ce qui a trait aux changements climatiques, à la production d'énergie et à la durabilité des systèmes alimentaires a ramené l'attention sur le rôle des secteurs des ressources pour régler ces problèmes. L'intendance des ressources naturelles et environnementales demeurera une caractéristique particulière des régions essentiellement rurales. L'utilisation de ces ressources continuera de représenter un atout précieux sur lequel peuvent reposer les initiatives de développement des régions essentiellement rurales.
Dans l'ensemble, on a constaté une croissance de l'emploi pour la chaîne de valeur de la foresterie, mais l'emploi a diminué dans la production primaire et la transformation dans la plupart des chaînes de valeur des ressources
En 2001, l'emploi total dans toutes les chaînes de valeur des secteurs des ressources se chiffrait à 2 millions de travailleurs, ce qui représentait 13 % de l'emploi total au Canada (tableau 1). Pendant la période de 1991 à 2001, l'emploi dans la chaîne de valeur des secteurs des ressources est demeuré à environ 2 millions de travailleurs, tandis que l'emploi total dans tous les secteurs a augmenté de 10 % pendant cette période, pour passer de 14,2 millions à 15,6 millions de travailleurs. Par conséquent, la proportion de travailleurs œuvrant dans les chaînes de valeur des secteurs des ressources a diminué pour passer de 14 % en 1991 à 13 % en 2001.
Une partie de la transformation au sein des chaînes de valeur des secteurs des ressources est prise en compte dans l'évolution de l'emploi entre les composantes des chaînes de valeur. La principale tendance enregistrée au cours des années 1990 est un fléchissement de l'emploi dans le secteur de la production primaire dans la plupart des chaînes de valeur et un recul de l'emploi dans le secteur de la transformation dans la plupart des chaînes de valeur. Ce repli général est survenu dans le contexte d'une hausse de l'emploi dans le secteur des services et/ou du commerce de gros dans la plupart des chaînes de valeur. Dans le cas de la foresterie, cette augmentation des services et du commerce de gros a donné lieu à une croissance de l'emploi pour l'ensemble de la chaîne de valeur.
L'emploi dans la composante de la production primaire des chaînes de valeur des secteurs des ressources a diminué entre 1991 et 2001, en baisse d'environ 120 000 employés. Cette tendance est particulièrement évidente dans le secteur des mines, de l'énergie et de l'agriculture (figure 1). En termes absolus, le repli était particulièrement marqué pour l'agriculture (en baisse de presque 80 000 travailleurs dans le secteur de la production primaire). Toutefois, en ce qui concerne le taux de variation, la contraction était plus prononcée dans le secteur des mines (en baisse de 30 % ou 24 000 employés) et dans le secteur de l'énergie (en baisse de 20 % ou d'environ 14 000 employés). Pour l'industrie de la pêche, les niveaux d'emploi de la production primaire sont demeurés relativement stables entre le début et la fin de la décennie. Cette tendance pourrait être en partie attribuable aux percées dans le secteur de l'aquaculture (Statistique Canada, 2008).
À l'instar de la production primaire, l'emploi dans le secteur de la première transformation pour tous les secteurs des ressources confondus était plus faible à la fin des années 1990, comparativement au début des années 1990. On a enregistré une perte globale de près de 20 000 employés. Cependant, l'emploi dans le secteur de la transformation de la foresterie et des mines était plus élevé en 2001 qu'en 1991. Toutefois, pour ces deux secteurs, l'augmentation observée entre 1991 et 2001 représentait un redressement partiel par rapport à la baisse plus marquée survenue vers la fin des années 1980. La première transformation dans les chaînes de valeur de la pêche et de l'énergie accusait le plus net recul aussi bien en termes absolus qu'en pourcentage, les pertes d'emploi s'étant chiffrées à 20 000 travailleurs dans chaque secteur, ce qui s'est traduit par un fléchissement relatif de 31 % et de 18 %, respectivement.
Contrairement aux tendances pour les activités de production primaire et de première transformation, l'emploi dans le secteur des services à la production primaire a considérablement augmenté de 1991 à 2001. Pour les cinq secteurs des ressources confondus, l'emploi dans les services à la composante primaire de la chaîne de valeur a grimpé de près de 26 000 travailleurs. Les changements étaient particulièrement prononcés pour la composante des services de la chaîne de valeur de l'énergie (en hausse de 59 % ou d'environ 19 000 employés) et pour l'agriculture (en hausse de 29 % ou 14 000 employés).
De même, l'emploi dans la composante du commerce de gros pour l'ensemble de la chaîne de valeur du secteur des ressources était en hausse entre 1991 et 2001. La composante du commerce de gros pour toutes les chaînes de valeur des secteurs des ressources a augmenté de presque 50 000 travailleurs, mais cette croissance était en grande partie attribuable à l'expansion du secteur du commerce de gros dans le secteur de la foresterie (presque 45 000 emplois supplémentaires), en plus de l'ajout de 13 000 emplois dans le secteur du commerce de gros en agriculture. Cependant, les secteurs de l'énergie et des mines ont enregistré un repli de l'emploi.
Cette évolution de l'emploi a eu pour effet net une certaine croissance de 1991 à 2001 dans la chaîne de valeur de la foresterie, alimentée notamment par l'expansion du commerce de gros et de la transformation. Pour les autres chaînes de valeur, l'effet net des variations survenues pendant cette période s'est traduit par une tendance baissière de l'emploi, bien que l'expansion des services et/ou du commerce de gros ait épongé une partie du recul de l'emploi dans la production primaire et la transformation.
La principale chaîne de valeur des secteurs des ressources, dans le contexte de notre étude, est la chaîne de valeur de l'agriculture. Le niveau de l'emploi en 2001 s'établissait à 739 000 (figure 1), ce qui équivalait à 5 % de l'emploi total (tableau 1). Suivaient la chaîne de valeur de la foresterie, à 494 000 personnes occupées (3,2 % de l'emploi total) et la chaîne de valeur des mines, à 426 000 personnes occupées (2,7 % de l'emploi total).
Figure 1 Emploi total dans les chaînes de valeur des ressources naturelles, Canada, 1991 à 2001
Comme l'indique le tableau 1, 13 % de l'emploi total au Canada était alimenté par la chaîne de valeur d'un secteur de ressources en 2001. Cependant, cette proportion varie considérablement par type de région. En 2001, l'emploi dans les chaînes de valeur des secteurs des ressources représentait 25 % de l'emploi total dans les régions rurales non adjacentes à une zone métropolitaine (figure 2). Il s'agit d'un repli de 2 points de pourcentage pendant la période de 1991 à 2001. Ce recul de la proportion dans les régions rurales non adjacentes à une zone métropolitaine est attribuable à la fois à la croissance de l'emploi total (en hausse de 4 % de 1991 à 2001) et à un repli de l'emploi dans les secteurs des ressources (en baisse de 5 % de 1991 à 2001) (tableau A.16 en annexe).
La proportion de l'emploi dans les secteurs des ressources dans les régions rurales du Nord a subi un recul plus marqué (baisse de 4 points de pourcentage entre 1991 et 2001). Encore une fois, cette baisse était attribuable à une croissance de l'emploi total et à une diminution de l'emploi dans les chaînes de valeur des secteurs des ressources.
On ne s'en étonnera pas, la proportion de l'emploi dans chaque chaîne de valeur des secteurs des ressources fluctue par type de région. Dans chacune des régions rurales adjacentes à une zone métropolitaine et des régions rurales non adjacentes à une zone métropolitaine en 2001, presque 10 % de l'emploi total se situait dans la chaîne de valeur du secteur de l'agriculture (figure 3 et tableau A.17 en annexe). Dans les régions rurales du Nord, 10 % de l'emploi total se situait dans la chaîne de valeur du secteur de la foresterie.
Lorsque nous examinons seulement l'emploi dans les chaînes de valeur des secteurs des ressources, nous constatons que 43 % de l'emploi dans la chaîne de valeur des secteurs des ressources en 2001 dans les régions rurales du Nord se situait dans la chaîne de valeur du secteur de la foresterie (figure 4 et tableau A.17 en annexe). Dans les chaînes de valeur des secteurs des ressources, la foresterie est relativement plus importante dans les régions rurales du Nord et dans les régions rurales non adjacentes à une zone métropolitaine. L'agriculture est relativement plus importante dans les régions rurales adjacentes à une zone métropolitaine. Le secteur des mines est relativement important dans l'emploi de la chaîne de valeur des secteurs des ressources dans les régions intermédiaires. L'énergie a une proportion relativement constante de l'emploi dans la chaîne de valeur des secteurs des ressources dans chaque type de région.
Lorsque nous examinons la contribution de chaque composante des chaînes de valeur des secteurs des ressources à l'emploi total, nous constatons qu'en 2001, la composante de la transformation a contribué à 6,3 % du total des emplois au Canada, suivie d'une contribution de 4,1 % par la production primaire (tableau 1).
Encore une fois, l'ampleur de cette contribution diffère selon le type de région. Dans les régions rurales non adjacentes à une zone métropolitaine, 12 % de l'emploi régional total se trouve dans la composante de la production primaire des chaînes de valeur des secteurs des ressources (figure 5 et tableau A.17 en annexe). La majorité de ces emplois sont dans l'agriculture primaire (tableau 1). Dans les régions rurales non adjacentes à une zone métropolitaine et les régions rurales du Nord, 9 % de l'emploi total a trait à la composante de la transformation des chaînes de valeur des secteurs des ressources.
Lorsque nous examinons la contribution de chaque composante des chaînes de valeur, nous constatons que les contributions varient selon le type de chaîne de valeur. Par exemple, dans la chaîne de valeur de l'agriculture, l'emploi dans la production primaire représentait 55 % de l'emploi en 2001 (figure 6 et tableau A.17 en annexe). Par ailleurs, dans la chaîne de valeur des mines, l'emploi dans la première transformation représentait 80 % de l'emploi total dans la chaîne de valeur.
Encore une fois, ces proportions de l'emploi dans les limites des chaînes varient par type de région. Dans les régions essentiellement rurales, plus de 40 % de l'emploi dans les chaînes de valeur des secteurs des ressources a trait à la production primaire (figure 7 et tableau A.17 en annexe). Plus de 25 % des personnes travaillent dans la composante de la transformation. Cependant, parmi les travailleurs des secteurs des ressources dans les régions essentiellement urbaines, plus de 60 % occupent un emploi dans la composante de la transformation.
Comme susmentionné (tableau 1), le repli de la proportion de l'emploi total par chaîne de valeur des secteurs des ressources était attribuable à un agencement des facteurs suivants :
- croissance globale de l'emploi; et
- fléchissement général de l'emploi dans l'ensemble des chaînes de valeur des secteurs des ressources.
Cette tendance est évidente dans chaque type de région (figure 8 et tableau A.16 en annexe).
L'emploi dans la production primaire, les services et les facteurs de production est devenu plus concentré sur le plan géographique
Dans les chaînes de valeur des secteurs des ressources canadiens, l'emploi dans la production primaire et les services à la production primaire a eu tendance à devenir plus concentré dans l'espace pendant la période de 1991 à 2001. En général, l'emploi de la production primaire a diminué relativement plus dans les régions où il était moins concentré, tandis que l'emploi dans les services et les facteurs de production a augmenté relativement plus dans les régions où il était déjà plus concentré.
On ne s'étonnera pas du fait que la composante de la production primaire de chaque chaîne de valeur est fortement concentrée sur le plan géographique. Autrement dit, relativement peu de secteurs de compétence constituent la majorité de l'emploi dans la production primaire dans chaque chaîne de valeur des ressources. Manifestement peut-être, la production primaire est corrélée à l'emplacement de la ressource. Le coefficient géographique de Gini (encadré 4), qui fait partie des mesures de la concentration couramment utilisées, traduit cette tendance. Les valeurs du coefficient de Gini qui se rapprochent de 1 indiquent un degré élevé de concentration de l'emploi dans un petit nombre de divisions de recensement, tandis que les valeurs qui se rapprochent de zéro indiquent une répartition plus uniforme à l'étendue des divisions de recensement. Le coefficient géographique de Gini pour la production primaire est relativement élevé pour la pêche, les mines, l'agriculture et la foresterie (tableau A.2 en annexe).
L'emploi dans les services à la production primaire a également affiché une concentration géographique relativement élevée, en particulier pour la pêche, l'énergie, les mines et la foresterie, le coefficient de Gini oscillant de 0,7 à 0,9. Dans la plupart des cas, la concentration géographique de l'emploi dans les services a augmenté pendant la période de 1991 à 2001.
En revanche, les activités de transformation et de commerce de gros étaient réparties de façon plus uniforme dans l'espace, les valeurs du coefficient géographique de Gini oscillant généralement de 0,15 à 0,58. L'exception à souligner était l'emploi dans la transformation dans le secteur de la pêche, qui était aussi concentré que l'emploi dans la production primaire (coefficient de Gini de plus de 0,9).
Pendant la période de 1991 à 2001, la concentration géographique de l'emploi dans les activités de transformation a augmenté pour l'agriculture, la pêche et l'énergie, tandis qu'elle a diminué pour la foresterie et les mines. Ces deux derniers secteurs ont également affiché une expansion de l'emploi dans la transformation en termes absolus pendant cette période.
Dans cette section, nous avons présenté le niveau général de la concentration géographique. La prochaine question que nous voulons aborder est la suivante : quelle est la concentration relative de l'emploi de diverses activités de chaîne de valeur le long du continuum des régions essentiellement rurales aux régions essentiellement urbaines, et comment cette concentration a-t-elle évolué au cours des années 1990?
Intensité du secteur : une hausse dans les régions rurales non adjacentes à une zone métropolitaine, une baisse dans les régions essentiellement urbaines
Rappelons que l'emploi a fléchi dans la plupart des composantes des chaînes de valeur des secteurs des ressources dans la plupart des types de régions de 1991 à 2001 (tableau A.16 en annexe). Ici, nous examinons les fluctuations de l'intensité relative de l'emploi, au moyen d'un quotient de localisation (encadré 4) comme indicateur. La valeur repère pour calculer le quotient de localisation est l'intensité nationale (ou la proportion de l'emploi national). Ainsi, si la proportion de l'emploi dans une région diminuait davantage que la moyenne nationale, le quotient de localisation (ou « intensité » relative ou « spécialisation » relative) fléchirait. Si la proportion de l'emploi dans une région diminuait moins vite que la moyenne nationale, le quotient de localisation pour la région en question augmenterait, indiquant une hausse de l'intensité relative de l'emploi dans la région donnée, par rapport à la moyenne nationale.
Entre 1991 et 2001, l'intensité de l'emploi (c.-à-d. le quotient de localisation) pour l'emploi dans les chaînes de valeur des secteurs des ressources des régions essentiellement rurales (et en particulier dans les régions rurales non adjacentes à une zone métropolitaine) a augmenté. En ce qui concerne l'évolution du quotient de localisation, ce résultat est attribuable à un repli plus marqué de la proportion de l'emploi dans les secteurs des ressources des régions essentiellement urbaines comparativement aux régions essentiellement rurales. Par conséquent, à la fin de la période, l'emploi dans les secteurs des ressources (figure 9) était légèrement plus concentré dans les régions essentiellement rurales que dans l'ensemble du Canada.
Cependant, l'emploi dans les chaînes de valeur des secteurs des ressources, comme pourcentage de l'emploi dans chaque région, a diminué de 1991 à 2001 (figure 2, ci-dessus). Par conséquent, de 1991 à 2001, la proportion de l'emploi total provenant des secteurs des ressources a diminué dans les régions essentiellement rurales, mais dans une moindre mesure qu'à l'échelon du Canada, et donc l'intensité par rapport à l'échelon national a augmenté (autrement dit, le LQ a augmenté).
En ce qui concerne la composante des services des chaînes de valeur des secteurs des ressources dans l'ensemble, le quotient de localisation a affiché une hausse dans les régions rurales adjacentes à une zone métropolitaine et les régions rurales non adjacentes à une zone métropolitaine (tableau A.3 en annexe). Au cours des années 1990, les régions rurales du Nord et les régions essentiellement urbaines ont enregistré une baisse de la valeur du quotient de localisation de la composante des services pour les secteurs des ressources dans l'ensemble. La mesure relative à la localisation pour les régions intermédiaires est demeurée plus stable.
Dans la chaîne de valeur de l'agriculture, les régions rurales non adjacentes à une zone métropolitaine avaient un degré de spécialisation relativement plus élevé (comparativement à la moyenne canadienne) dans toutes les composantes de la chaîne de valeur (tableau A.4 en annexe). De plus, toutes les composantes dans les régions rurales non adjacentes à une zone métropolitaine ont enregistré une hausse de leur quotient de localisation de 1991 à 2001. Au cours des années 1990, l'emploi dans les activités de services agricoles a augmenté d'environ 40 % dans les régions rurales adjacentes à une zone métropolitaine et dans les régions rurales non adjacentes à une zone métropolitaine (approchant le niveau de 15 000 et 10 000 employés en 2001, pour les deux types de régions respectivement) (tableau A.16 en annexe). Un changement d'une ampleur similaire est survenu dans les régions intermédiaires (où la croissance de 36 % a donné lieu à environ 15 000 employés supplémentaires dans les services agricoles en 2001).
En revanche, les régions rurales du Nord et les régions essentiellement urbaines ont continué de se déspécialiser de l'agriculture. Par exemple, de 1991 à 2001, l'emploi dans la transformation agricole a diminué de moitié dans les régions rurales du Nord (passant d'environ 1 000 employés à approximativement 500).
Dans la chaîne de valeur de la pêche, les régions rurales adjacentes à une zone métropolitaine et les régions rurales non adjacentes à une zone métropolitaine ont affiché une augmentation générale de leur quotient de localisation de 1991 à 2001 (tableau A.5 en annexe). Les quotients de localisation dans les régions rurales non adjacentes à une zone métropolitaine ont monté pour toutes les composantes de la chaîne de valeur, en particulier l'emploi dans la production primaire et les services. Les régions rurales du Nord ont conservé un degré de spécialisation relativement plus élevé (c.-à-d. un quotient de localisation plus élevé) dans les activités de pêche, mais elles ont enregistré un repli du quotient de localisation, sauf dans les activités de services. Les régions essentiellement urbaines et intermédiaires ont affiché une baisse de leur intensité relative de l'emploi dans le secteur de la pêche (c.-à-d. un recul du quotient de localisation).
Le quotient de localisation pour l'emploi dans la production primaire de la foresterie a augmenté dans chaque type de région essentiellement rurale (tableau A.6 en annexe). En revanche, l'intensité relative de l'emploi dans le secteur du commerce de gros de la foresterie a diminué dans chaque type de région essentiellement rurale. Cette baisse était attribuable à une forte hausse du commerce de gros de la foresterie dans les régions intermédiaires et les régions essentiellement urbaines (75 % et 66 % respectivement, soit une augmentation de 11 000 et de 25 000 employés respectivement) (tableau A.16 en annexe). Les régions rurales adjacentes à une zone métropolitaine ont également enregistré une croissance de l'emploi de 53 % (correspondant à environ 6 000 employés supplémentaires dans le commerce de gros des produits forestiers). Cependant, cette croissance de l'emploi dans la composante du commerce de gros de la chaîne de valeur de la foresterie était inférieure à la croissance pour l'ensemble du Canada, qui a enregistré un repli de l'intensité de l'emploi (c.-à-d. un recul du quotient de localisation) dans les régions rurales adjacentes à une zone métropolitaine.
Dans le secteur de l'exploitation minière, chaque type de région essentiellement rurale a affiché des réductions des quotients de localisation dans la composante de la production primaire. Les régions rurales du Nord sont relativement plus concentrées au niveau de l'emploi dans la prestation de services au secteur de l'exploitation minière; cette intensité relative s'est accrue pendant la décennie. Les régions rurales adjacentes à une zone métropolitaine ont également enregistré une augmentation générale de leur quotient de localisation dans le secteur de l'exploitation minière (en raison d'une augmentation dans la production primaire et dans la transformation), tandis que les régions rurales du Nord ont affiché une baisse (en raison d'une baisse de la transformation).
Enfin, chaque type de région essentiellement rurale a enregistré une augmentation générale de l'intensité de l'emploi (quotient de localisation plus élevé) dans la chaîne de valeur du secteur de l'énergie. Le seul repli dans une composante est survenu dans les services à l'énergie dans les régions rurales du Nord (tableau A.9 en annexe).
Les services à la production primaire et au commerce de gros étaient de plus en plus regroupés ou situés dans les principales régions de production
La plupart des recherches sur les collectivités dépendantes des ressources étaient axées sur le concept de la dépendance locale du secteur (Ressources naturelles Canada, 2001; White et Watson, 2001, Stedman et coll., 2007). Nous appliquons ce concept à deux orientations; d'abord, en examinant la dépendance régionale dans le contexte de son milieu régional; et ensuite, en étudiant la corrélation entre la région et le milieu de la région pour différentes composantes de la même chaîne de valeur.
Pour ce faire, nous examinons en concurrence les indicateurs d'intensité (quotient de localisation) pour une région donnée et les valeurs correspondantes de décalage spatial pour cette région. Un quotient de localisation à décalage spatial n'est que la valeur moyenne du quotient de localisation dans les régions environnantes. Nous utilisons la statistique I de Moran et les régressions bivariées entre le quotient de localisation pour une région donnée et le quotient de localisation moyen des régions environnantes (c.-à-d. le quotient de localisation à décalage spatial) pour analyser ces tendances (encadré 3). Le quotient de localisation pour une région particulière ne nous renseigne pas sur le milieu où se trouve la région. En ce sens, le quotient de localisation pour une région en particulier se contente de brosser un tableau partiel de l'intensité spatiale de l'emploi dans la chaîne de valeur des secteurs des ressources. Par conséquent, l'information pour n'importe quelle région donnée n'indique pas la répartition de ces unités dans l'espace.
En termes simples, nous répondons aux types de questions qui suivent : Les secteurs ayant une forte intensité de l'emploi dans un secteur donné sont-ils regroupés au même endroit? Ou sont-ils répartis dans l'espace de façon aléatoire? Y a-t-il des localités ayant une forte intensité des activités de transformation dans un milieu régional caractérisé par une forte intensité de la production primaire? Les tableaux A.9 à A.13 en annexe résument les résultats de cette analyse.
Dans la chaîne de valeur de l'agriculture, les régions (divisions de recensement) ayant une plus forte intensité de l'emploi dans l'agriculture primaire ont tendance à être regroupées (coefficients de 0,53 en 1991 et de 0,49 en 2001, tableau A.9 en annexe); autrement dit, ces régions ont tendance à se trouver dans un milieu axé sur l'agriculture primaire. Dans ces grappes spatiales, on trouve également une plus forte intensité de l'emploi dans les services et le commerce de gros. Plus précisément, les services à l'agriculture semblent être fortement corrélés à un milieu de l'agriculture primaire (coefficients de 0,91 en 1991 et de 1,03 en 2001). Dans le cas de la chaîne de valeur de l'agriculture, les activités du commerce de gros incluses dans cette analyse ont trait au commerce de gros des facteurs de production en vue de l'achat par les agriculteurs (tableau A.1 en annexe). Par conséquent, on ne s'étonnera pas que les régions qui ont une plus forte intensité de l'emploi dans le commerce de gros des produits agricoles ont tendance à être entourées de régions ayant une plus forte intensité de l'emploi dans le secteur de l'agriculture primaire (coefficients de 0,86 en 1991 et de 0,67 en 2001).
Pour la production de l'agriculture primaire, les services et le commerce de gros, le même type d'association spatiale s'applique dans l'autre direction, mais l'ampleur des coefficients varie. Par exemple, les régions qui ont une plus forte intensité de l'emploi dans l'agriculture primaire sont entourées de régions qui ont une plus forte intensité de l'emploi dans le commerce de gros des produits agricoles (coefficients de 0,32 en 1991 et de 0,40 en 2001). De même, l'emploi dans les services agricoles et le commerce de gros a tendance à être concentré dans l'espace; par exemple, le coefficient de régression de l'intensité des services agricoles régionaux et du milieu du commerce de gros de l'agriculture est de 0,62 en 1991 et de 0,89 en 2001.
En revanche, il y a une corrélation spatiale limitée entre la première transformation des produits agricoles et la production primaire agricole, les services et le commerce de gros; par conséquent, l'agriculture démontre un niveau plutôt manifeste de divergence spatiale à ce stade de la chaîne de valeur. L'emploi dans la transformation des aliments n'est pas dans le milieu de la production, des services à la production ou du commerce de gros (les coefficients sont faibles ou non statistiquement différents de zéro). Ce phénomène est attribuable en partie au fait qu'il y a seulement quelques installations de transformation des aliments (relativement importantes) et que souvent, ces installations se trouvent à un endroit (plutôt) urbain.
Pour ce qui est de la chaîne de valeur de la pêche, la production primaire, le service à la production primaire et la transformation du poisson ont tous tendance à relever d'un milieu de production primaire (les coefficients pour 1991 et 2001 oscillent de 0,29 à 0,39, tableau A.10 en annexe), mais les corrélations ne sont pas aussi fortes que pour l'agriculture. L'indication qui ressort des coefficients de l'association spatiale est celle des regroupements géographiques de régions où se trouvent la production primaire, les services et la transformation.
Pour la chaîne de valeur de la foresterie, le plus haut degré de corrélation spatiale se trouve entre la production primaire et les services à la production primaire. Les régions ayant une plus forte intensité de l'emploi dans la foresterie primaire ont tendance à être regroupées dans des milieux de la foresterie primaire (coefficients de 0,38 en 1991 et de 0,35 en 2001, tableau A.11 en annexe) et les services à la production primaire ont une plus forte corrélation à un milieu de la foresterie primaire (coefficients de 0,54 en 1991 et de 0,42 en 2001). De plus, les régions ayant une plus forte intensité de l'emploi dans la transformation des produits forestiers ont tendance à être entourées de régions ayant une plus forte intensité de l'emploi dans la foresterie primaire (coefficients de 0,55 en 1991 et de 0,44 en 2001), mais ce degré d'association spatiale n'est pas aussi robuste que dans la direction opposée.
Dans la chaîne de valeur de la foresterie, les activités du commerce de gros incluses dans ce rapport ont trait au commerce de gros des produits du bois et du papier aux consommateurs. Par conséquent, le commerce de gros aux consommateurs révèle un degré relativement modeste de regroupement spatial (coefficients de 0,13 en 1991 et de 0,24 en 2001), et plus intéressant encore, il est corrélé négativement au milieu de la foresterie primaire, parce que les produits forestiers sont vendus en gros à un marché urbain et que la production forestière est une activité de l'arrière-pays.
Un examen de la chaîne de valeur des mines indique que les mines et les services connexes et la transformation révèlent en général un degré modeste de corrélation spatiale, ce qui porte à croire que ces activités existent dans la même division de recensement (c.-à-d. dans la région donnée), contrairement à une grappe de DR. Il n'y a pas de « milieu » apparent ou groupe de divisions de recensement qui montrent une intensité relativement forte dans les mines. Plus intéressant encore, on observe une corrélation spatiale de la transformation avec la production, ce qui signifie que les régions qui ont une plus forte intensité de l'emploi dans la production primaire ont tendance à être entourées de régions ayant une plus faible intensité de l'emploi dans la transformation (coefficients de -0,34 en 1991 et -0,36 en 2001, tableau A. 12 en annexe), et vice versa. Autrement dit, les minerais sont transformés à l'endroit où ils sont extraits.
Enfin, en ce qui concerne la chaîne de valeur de l'énergie, les régions ayant une plus forte intensité de l'emploi dans la production primaire affichent un certain degré de regroupement spatial entre elles (coefficients de 0,23 en 1991 et de 0,28 en 2001, tableau A.13 en annexe). Les services à la production primaire ont une plus forte corrélation spatiale avec un milieu de production primaire (coefficients de 0,42 en 1991 et 0,48 en 2001); plus important encore, le commerce de gros de la production primaire, qui, dans la chaîne de valeur de l'énergie comprend les industries du transport par pipeline (tableau A.1 en annexe) est fortement corrélé à la production primaire (coefficients de 1,39 en 1991 et 1,17 en 2001). En revanche, l'emploi dans le secteur de la transformation semble avoir très peu de regroupement spatial avec d'autres segments de la chaîne de valeur de l'énergie ou avec d'autres DR axées sur la transformation (dans la plupart des cas, les coefficients ne sont pas statistiquement différents de zéro).
Répartition de la chaîne de valeur à l'étendue des régions et du milieu régional : tendances spatiales
Comme dernière étape de cette analyse, nous utilisons la corrélation entre le quotient de localisation pour une zone donnée et le quotient de localisation du milieu régional (décalage spatial) pour déterminer;
- les zones qui ont une dépendance relativement directe à une chaîne de valeur des ressources; et
- les zones ayant une économie qui ne repose pas directement sur une chaîne de valeur des secteurs des ressources, mais qui se trouve dans le milieu d'une chaîne de valeur des ressources et qui pourrait donc être touchée par les tendances économiques des secteurs des ressources en raison de la proximité géographique.
L'analyse porte sur les données de 2001; nous montrons une série de cartes pour les composantes des chaînes de valeur qui semblent afficher une corrélation spatiale, comme l'indiquent les résultats présentés aux tableaux A.9 à A.13 en annexe. Par exemple, selon les indications qui sont ressorties du tableau A.9 en annexe, nous répartissons la chaîne de valeur de l'agriculture dans un groupe composé d'une part de la production primaire, des services et du commerce de gros, et d'autre part, de la transformation. Par conséquent, aux fins de la mise en correspondance, nous avons recalculé les quotients de localisation et leur décalage spatial pour ces composantes redéfinies de chaque chaîne de valeur.
Les méthodes utilisées à cette fin sont présentées dans l'encadré 3. En bref, chaque division de recensement est affectée à un des quatre groupes, selon l'agencement de la dépendance régionale (le quotient de localisation de la division de recensement) et de la dépendance du milieu régional (valeur du décalage spatial du même quotient de localisation). Les groupes obtenus sont les suivants :
- valeurs régionales plus élevées et valeurs du milieu régional plus élevées (bleu foncé sur les cartes);
- valeurs régionales plus élevées et valeurs du milieu régional plus faibles (bleu clair);
- valeurs régionales plus faibles et valeurs du milieu régional plus élevées (rouge clair; et
- valeurs régionales plus faibles et valeurs du milieu régional plus faibles (rouge foncé).
Le premier groupe (bleu foncé) peut être considéré comme les « principales régions dépendantes » et indique les divisions de recensement ayant une intensité relativement plus élevée de l'emploi dans cette chaîne de valeur des ressources naturelles et qui se trouvent aussi dans un milieu régional ayant une proportion de l'emploi relativement plus forte dans cette chaîne de valeur. À l'opposé, les « régions non dépendantes » sont celles qui ont un taux d'emploi plus faible que la moyenne dans cette chaîne de valeur et qui sont situées dans un milieu régional qui affiche également un taux d'emploi plus faible que la moyenne dans cette chaîne de valeur (rouge foncé sur la carte).
La répartition de toutes les régions (divisions de recensement) à l'étendue de cette classification est indiquée dans le tableau A.14 en annexe, tandis que la répartition des régions essentiellement rurales seulement est indiquée dans le tableau A.15 en annexe. Comme indiqué, les cartes ont été créées à partir des regroupements de certaines composantes de certaines chaînes de valeur pour les cas où la tendance géographique des composantes était fortement corrélée.
Les cartes et les tableaux en annexe illustrent deux aspects pertinents de la répartition spatiale de l'emploi dans la chaîne de valeur des ressources. D'abord, les cartes délimitent les groupes régionaux qui ont une corrélation relativement plus marquée avec la chaîne de valeur des ressources naturelles. En particulier, les zones en bleu foncé sont les principales régions dépendantes, c.-à-d. les régions ayant une valeur relativement plus élevée du quotient de localisation, entourées d'autres régions ayant une valeur relativement plus élevée du quotient de localisation.
Les tableaux en annexe indiquent que le pourcentage des régions qui font partie du groupe des principales régions dépendantes a augmenté de 1991 à 2001 pour tous les secteurs des ressources naturelles, sauf l'industrie de la pêche. La croissance de l'emploi au Canada était surtout concentrée dans les secteurs autres que ceux des ressources. Par conséquent, à l'échelon du Canada, la proportion de l'emploi dans les secteurs des ressources est en baisse. L'augmentation du nombre de régions ayant un taux d'emploi « relativement » plus élevé dans les secteurs des ressources est attribuable, en partie tout au moins, à la proportion plus faible d'emplois dans le secteur des ressources naturelles à l'échelon du Canada, ce qui constitue le point de repère pour calculer les quotients de localisation dans cette étude.
Ensuite, ces cartes indiquent que, bien que bon nombre de régions ne dépendent pas directement des chaînes de valeur des ressources naturelles, leur économie pourrait être fortement touchée par le rendement de ces chaînes de valeur.1 L'exemple le plus intuitif est celui d'une division de recensement qui ne dépend pas de l'emploi lié à l'agriculture, mais qui se trouve dans un milieu de régions agricoles. L'utilisation des indicateurs pour les régions et pour le milieu régional (c.-à-d. les régions avoisinantes) nous permet d'évaluer la pertinence potentielle des principales activités économiques lorsque le milieu régional est pris en compte.
En 2001, presque 20 % de toutes les régions étaient considérées comme des régions essentiellement dépendantes de l'agriculture (tableau A.14 en annexe). Par ailleurs, 12 % des divisions de recensement dépendaient fortement de l'agriculture, mais elles se trouvaient dans un milieu régional peu dépendant de cette industrie. En revanche, l'économie de 11 % des régions n'était pas directement dépendante de l'agriculture, mais ces régions se trouvaient dans un milieu régional ayant une plus forte dépendance à l'agriculture. Bien que la détermination de ces régions soit strictement basée sur un critère de proximité géographique, leurs résultats économiques pourraient être considérablement touchés par des initiatives ciblant la chaîne de valeur de l'agriculture, parce que leur économie pourrait être plus étroitement reliée à celle des régions essentiellement dépendantes, comparativement à la proportion restante de 57 % des divisions de recensement qui ont un plus faible degré de dépendance à l'agriculture et qui se trouvent dans un milieu moins dépendant de l'agriculture.
La carte 1 indique la courbe géographique des régions en fonction de l'intensité de l'emploi dans la production primaire de l'agriculture, les services et le commerce de gros, tandis que la carte 2 indique la répartition en fonction de l'intensité de l'emploi des activités de la transformation au sein de la chaîne de valeur de l'agriculture. On ne s'en étonnera pas, l'emploi dans les activités de transformation est plus concentré dans les régions urbanisées, comme le sud de l'Ontario et le sud du Québec.
Pour l'industrie de la pêche en 2001, presque 15 % des régions canadiennes étaient des régions essentiellement axées sur la pêche (bleu foncé), tandis que 9 % des régions étaient entourées d'un milieu régional ayant un degré de dépendance à la chaîne de valeur de l'industrie de la pêche supérieur à la moyenne (rouge clair). On ne s'en étonnera pas, les régions essentiellement dépendantes de la chaîne de valeur de la pêche sont limitées aux zones côtières des provinces de l'Atlantique et de la Colombie-Britannique (carte 3).
Les cartes 4, 5 et 6 indiquent la courbe spatiale pour l'intensité de l'emploi dans la chaîne de valeur de la foresterie. La carte 4 englobe la production primaire et les services, tandis que les deux autres cartes montrent le commerce de gros (carte 5) et l'emploi en transformation (carte 6) (voir aussi le tableau A.11 en annexe). Environ le quart des divisions de recensement du Canada (tableau A.14 en annexe) ont un taux d'emploi relativement plus élevé dans la foresterie et les services connexes et elles se trouvent dans un milieu de divisions de recensement ayant un taux d'emploi semblable (bleu foncé dans la carte 4). En outre, environ 15 % des divisions de recensement du Canada se situent dans un milieu régional ayant un taux d'emploi relativement élevé dans le secteur de la foresterie dans les composantes de la production primaire et des services (rouge clair dans la carte 4) (tableau A.14 en annexe).
La carte 5 indique les zones relativement concentrées du commerce de gros des produits forestiers aux consommateurs. Les régions à plus forte concentration sont celles qui englobent des villes et/ou dont les populations sont en croissance. Ces régions fonctionnent dans un contexte spatial différent de celui des travailleurs de la foresterie.
La carte 6 indique l'emplacement d'une zone à forte concentration d'emplois dans le secteur de la transformation du bois (p. ex., les scieries et les usines de pâtes et papiers). Ces régions sont essentiellement les mêmes régions que celles où se trouvent les travailleurs de la foresterie (carte 4). Comme indiqué au tableau A.11 en annexe, l'industrie de première transformation de la foresterie a tendance à se trouver dans le milieu régional de la production primaire.
La concentration des emplois dans la chaîne de valeur des mines est cartographiée en deux grandes parties. La carte 7 indique la répartition spatiale des divisions de recensement en fonction de leur concentration de l'emploi dans la production primaire et les services. La carte 8 indique la courbe spatiale de la concentration de l'emploi dans le commerce de gros et la transformation. Les cartes indiquent la nature fortement spécifique de ce type de production; seulement environ 10 % des régions sont essentiellement dépendantes (tableau A.15 en annexe). La plupart se trouvent dans le nord de l'Ontario et dans certaines régions de la Saskatchewan et du Manitoba. En revanche, le commerce de gros et la transformation ont une forte concentration dans le sud de l'Ontario et le sud du Québec (carte 8).
Enfin, la carte 9 et la carte 10 indiquent la répartition spatiale des composantes de la chaîne de valeur de l'énergie. La carte 9 indique la répartition des régions pour les composantes de la chaîne de valeur combinée de l'emploi dans la production primaire, les services et le commerce de gros. Deux grandes grappes ressortent en Alberta et dans une partie de la Saskatchewan. À l'instar de l'emploi dans les mines, environ 10 % seulement des régions se trouvent dans des régions essentiellement dépendantes en ce qui a trait à la production et aux services, et encore moins (environ 2 %) sont des régions fortement dépendantes situées dans un milieu régional non dépendant (tableau A.14 en annexe).
La répartition spatiale de l'emploi dans la transformation dans la chaîne de valeur de l'énergie (produits pétroliers raffinés, autres industries du pétrole et du charbon et industries du réseau d'énergie électrique) est indiquée dans la carte 10. Environ 20 % des régions sont des régions essentiellement dépendantes, une répartition qui semble relativement uniforme à l'étendue du Canada. La courbe spatiale est en partie attribuable à la nature dispersée de la production d'électricité par des centrales hydroélectriques et des usines alimentées au charbon, au gaz ou à l'énergie nucléaire.
Carte 1 L'emploi dans la production primaire, les services et le commerce de gros au sein de la chaîne de valeur de l'agriculture : tendance de l'intensité régionale et de l'intensité dans le milieu régional, 2001
Carte 2 L'emploi dans la transformation alimentaire au sein de la chaîne de valeur de l'agriculture : tendance de l'intensité régionale et de l'intensité dans le milieu régional, 2001
Carte 3 L'emploi au sein de la chaîne de valeur de la pêche : tendance de l'intensité régionale et de l'intensité dans le milieu régional, 2001
Carte 4 L'emploi dans la production primaire et les services au sein de la chaîne de valeur de la foresterie : tendance de l'intensité régionale et de l'intensité dans le milieu régional, 2001
Carte 5 L'emploi dans le commerce de gros au sein de la chaîne de valeur de la foresterie: tendance de l'intensité régionale et de l'intensité dans le milieu régional, 2001
Carte 6 L'emploi dans la transformation du bois au sein de la chaîne de valeur de la foresterie : tendance de l'intensité régionale et de l'intensité dans le milieu régional, 2001
Carte 7 L'emploi dans la production primaire et les services au sein de la chaîne de valeur des mines : tendance de l'intensité régionale et de l'intensité dans le milieu régional, 2001
Carte 8 L'emploi dans la transformation et le commerce de gros des métaux au sein de la chaîne de valeur des mines : tendance de l'intensité régionale et de l'intensité dans le milieu régional, 2001
Carte 9 L'emploi dans la production primaire, les services et le commerce de gros au sein de la chaîne de valeur de l'énergie : tendance de l'intensité régionale et de l'intensité dans le milieu régional, 2001
Carte 10 L'emploi dans la transformation au sein de la chaîne de valeur de l'énergie : tendance de l'intensité régionale et de l'intensité dans le milieu régional, 2001
Conclusion
Une perspective de chaîne de valeur peut améliorer considérablement notre compréhension de l'économie rurale et des difficultés auxquelles les régions rurales font face. Une analyse des chaînes de valeur s'intéresse à la façon dont les agents économiques sont liés au contexte économique plus large. La nature de ces corrélations déterminera, dans une large mesure, les résultats de la répartition des changements survenus dans les systèmes de production de plus en plus mondialisés. Presque tous les produits provenant des secteurs des ressources du Canada sont tarifés sur les marchés internationaux ou sont vendus aux marchés internationaux. Une analyse des chaînes de valeur qui lient les économies rurales au reste de l'économie nationale et internationale est d'une importance capitale pour les initiatives de développement rural.
Nous avons formulé dans ce bulletin une définition des chaînes de valeur des secteurs des ressources naturelles en classant les secteurs industriels pertinents dans chaque chaîne de valeur. L'analyse porte uniquement sur les données de 2001, parce que celles de 2006 n'ont pas été codées selon la même Classification type des industries qui avait été utilisée pendant les périodes précédentes de recensement. Le Système de classification des industries de l'Amérique du Nord a été utilisé en 2006 et remonte seulement jusqu'à 2001. Nous nous intéressons exclusivement aux statistiques de l'emploi et examinons chaque composante de chaque chaîne de valeur des secteurs des ressources pour illustrer la concentration relative de l'emploi dans chaque région. De plus, nous mettons l'accent sur la corrélation entre une région et son milieu régional. Il convient de souligner que cette analyse demeure une exploration préliminaire des chaînes de valeur essentiellement rurales et portait sur un seul indicateur, c'est-à-dire les données de l'emploi. Il faut également reconnaître qu'aucun système de classification type de l'industrie, quel qu'il soit, ne saisit ni ne rejoint entièrement le concept d'une chaîne de valeur.
Notre analyse démontre que l'intensité relative de l'emploi dans les chaînes de valeur des secteurs des ressources a augmenté légèrement au cours des années 1990 dans l'économie rurale, par rapport à l'ensemble du pays. S'il est vrai que l'économie rurale se diversifie, les régions intermédiaires et essentiellement urbaines le font à un rythme plus rapide.
Les résultats de cette recherche révèlent que les chaînes de valeur des secteurs des ressources s'améliorent, comme l'indique la transition de l'emploi de la production primaire aux activités de transformation et de services, et cette transition s'est avérée plus intense dans les régions rurales adjacentes à une zone métropolitaine. Les régions rurales du Nord ont subi un repli relatif de l'intensité de l'emploi dans les activités de transformation et de services dans les chaînes de valeur des secteurs des ressources. Cette tendance pourrait accroître leur exposition à la concurrence internationale en ce qui concerne la production de marchandises brutes.
L'analyse des caractéristiques d'une région donnée et la prise en compte du milieu où se trouve la région indiquent également les régions qui, bien qu'elles ne dépendent pas directement d'une chaîne de valeur des ressources naturelles, pourraient être fortement touchées par les résultats économiques de ces chaînes de valeur parce qu'elles se trouvent dans un milieu de ressources naturelles.
Tableaux à l'annexe
Annexe tableau A.1 Composition des chaînes de valeur des principaux secteurs des ressources : codes de la Classification type des industries
Annexe tableau A.2 Coefficients de localisation de Gini
Annexe tableau A.3 Quotients de localisation pour les chaînes de valeur de tous les secteurs des ressources, Canada, 1991 et 2001
Annexe tableau A.4 Quotients de localisation pour la chaîne de valeur de l'agriculture, Canada, 1991 et 2001
Annexe tableau A.5 Quotients de localisation pour la chaîne de valeur de la pêche, Canada, 1991 et 2001
Annexe tableau A.6 Quotients de localisation pour la chaîne de valeur de la foresterie, Canada, 1991 et 2001
Annexe tableau A.7 Quotients de localisation pour la chaîne de valeur des mines, Canada, 1991 et 2001
Annexe tableau A.8 Quotients de localisation pour la chaîne de valeur de l'énergie, Canada, 1991 et 2001
Annexe tableau A.9 La chaîne de valeur de l'agriculture : corrélation spatiale entre l'intensité de l'emploi dans une région donnée et l'intensité de l'emploi dans le milieu régional, Canada, 1991 et 2001
Annexe tableau A.10 La chaîne de valeur de la pêche : corrélation spatiale entre l'intensité de l'emploi dans une région donnée et l'intensité de l'emploi dans le milieu régional, Canada, 1991 et 2001
Annexe tableau A.11 La chaîne de valeur de la foresterie : corrélation spatiale entre l'intensité de l'emploi dans une région donnée et l'intensité de l'emploi dans le milieu régional, Canada, 1991 et 2001
Annexe tableau A.12 La chaîne de valeur des mines : corrélation spatiale entre l'intensité de l'emploi dans une région donnée et l'intensité de l'emploi dans le milieu régional, Canada, 1991 et 2001
Annexe tableau A.13 La chaîne de valeur de l'énergie : corrélation spatiale entre l'intensité de l'emploi dans une région donnée et l'intensité de l'emploi dans le milieu régional, Canada, 1991 et 2001
Annexe tableau A.14 Répartition de toutes les divisions de recensement selon l'intensité régionale et l'intensité du milieu régional de la chaîne de valeur des ressources, Canada 1991 et 2001
Annexe tableau A.15 Répartition des divisions de recensement essentiellement rurales selon l'intensité régionale et l'intensité du milieu régional de la chaîne de valeur des ressources, Canada 1991 et 2001
Annexe tableau A.16 Nombre de personnes occupées dans chaque chaîne de valeur des ressources naturelles, par type de région, Canada, 1991 et 2001
Annexe tableau A.17 Répartition en pourcentage de l'emploi pour chaque type de région, Canada, 1991 et 2001
Note
1.Il convient de souligner que le critère pour l'interaction est la proximité géographique.
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