Comparaison des méthodes de biais conditionnel et de Kokic et Bell pour les sondages poissonniens et stratifiés
Section 3. Rappel sur les méthodes basées sur le biais conditionnel
3.1 Définition
Le biais conditionnel d’un estimateur
du paramètre
pour une unité
a été défini dans le cadre de la Théorie des
sondages par Moreno-Rebollo et coll. (1999) de la façon suivante :
Le biais conditionnel d’une unité échantillonnée est égal à la moyenne de
la différence entre
et
sur l’ensemble des échantillons qui
contiennent cette unité. De la même façon, le biais conditionnel d’une unité
non échantillonnée est égal à la moyenne de l’erreur d’échantillonnage sur
l’ensemble des échantillons ne contenant pas cette unité.
Dans le cas d’un plan de sondage à une phase, le frenchbiais conditionnel
de l’estimateur Horvitz-Thompson
associé à une unité échantillonnée
est défini par
où
désigne
la probabilité d’inclusion conjointe des unités
et
dans l’échantillon. Le biais conditionnel (3.3)
est, en général, inconnu puisque les valeurs de la variable d’intérêt ne sont
observées que pour les unités dans l’échantillon. En pratique, il est possible
de l’estimer sans biais, ou de manière robuste, à partir de l’échantillon. Nous
considérons l’estimateur conditionnellement sans biais (voir, par exemple, Beaumont
et coll., 2013):
Cet estimateur est conditionnellement sans biais au sens où
sous réserve que les
soient strictement positifs. De plus, le biais
conditionnel (3.3) et son estimateur (3.4) dépendent des probabilités
d’inclusion
et des probabilités d’inclusion conjointes
Autrement dit, le biais conditionnel est une
mesure qui tient compte du plan de sondage.
Pour un plan de Poisson, le biais conditionnel de l’unité échantillonnée
est donné par
Contrairement
au cas d’autres plans de sondage, comme le sondage aléatoire simple sans
remise, le biais conditionnel (3.5) est connu directement pour toutes les unités
de l’échantillon et ne nécessite pas d’estimation à partir de l’échantillon,
car il ne dépend d’aucun paramètre de la population finie.
Le biais conditionnel, comme l’ont montré Beaumont et coll. (2013),
est une mesure directe de l’influence de chaque unité sur l’erreur
d’estimation, la deuxième relation étant vérifiée pour les plans de sondage à
entropie maximale :
3.2 Un estimateur robuste basé sur le biais
conditionnel
Comme le montrent les formules (3.6) et (3.7), le biais conditionnel (CB) mesure l’effet de
chaque unité sur l’erreur d’estimation et sur la variance d’estimation. Un
estimateur robuste devrait ainsi être défini de telle manière que les
observations de l’échantillon n’ont que des valeurs contrôlées et limitées de
leur biais conditionnel. En se basant sur cette idée, Beaumont et coll.
(2013) ont suggéré d’utiliser un estimateur de la forme :
avec
la fonction de Huber définie par
et
l’estimateur défini en (3.4).
La fonction de Huber est utilisée pour limiter l’influence des unités les
plus influentes en tronquant leur biais conditionnel. Le paramètre
peut être choisi selon différents critères
d’optimisation de l’estimateur robuste. Par exemple,
peut être choisi afin d’obtenir l’estimation
ayant, sous le plan de sondage, l’erreur quadratique moyenne la plus faible.
Cependant, il est relativement complexe voire parfois impossible d’obtenir une
expression analytique de
pour un plan de sondages donné.
Beaumont et coll. (2013) suggèrent de choisir
i.e., la valeur de la constante
pour laquelle la valeur la plus élevée de la
valeur absolue du biais conditionnel estimé des observations de l’échantillon
sur l’estimateur robuste est la plus faible. Dans ce cas, l’estimateur robuste
est égal à :
L’estimateur de Beaumont,
Haziza et Ruiz-Gazen est ainsi simple à mettre en œuvre. Par rapport à la méthode
de Kokic et Bell, il est plus général, car il est valable pour tous les plans
de sondage et ne nécessite aucune information extérieure à l’échantillon pour être
déterminé. De plus, il ne repose sur aucune hypothèse relative à la variable
d’intérêt. L’estimateur obtenu est robuste sous le plan de sondage, alors que
l’estimateur de Kokic et Bell tient compte du plan de sondage et de la
distribution de la variable d’intérêt. Il n’est cependant pas conçu pour avoir
l’erreur quadratique moyenne la plus faible, mais pour obtenir un estimateur
sur lequel l’influence de chaque unité est limitée, en minimisant l’influence
de l’unité la plus influente.
La méthode a été étendue
pour intégrer plus d’éléments du plan de sondage et s’adapter à certaines
situations. Favre-Martinoz et coll. (2016) ont étendu la méthode pour un
plan de sondage à deux phases, ce qui permet notamment de tenir compte de la
non-réponse quand celle-ci est assimiliée à une seconde phase de tirage
poissonnienne; Favre-Martinoz et coll. (2015) ont proposé une méthode pour
garantir la cohérence des estimateurs robustes obtenus quand les paramètres
d’intérêt sont les totaux d’une variable dans différents domaines inclus les
uns dans les autres.
ISSN : 1712-5685
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N° 12-001-X au catalogue
Périodicité : semi-annuel
Ottawa