4. Étude par simulations
Guillaume Chauvet et Guylène Tandeau de Marsac
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Nous utilisons des
populations artificielles proposées par Saigo (2010). Nous générons deux
populations, contenant chacune
unités
primaires d’échantillonnage regroupées en
strates
de taille
. Chaque unité primaire
d’échantillonnage
contient
unités secondaires. Dans chaque population,
nous générons pour chaque unité primaire d’échantillonnage
:
où les valeurs
et
sont celles utilisées par Saigo (2010). Le
terme
permet de contrôler la dispersion entre les unités
primaires d’échantillonnage. Les
sont générés de façon iid selon une loi
normale centrée réduite
Pour chaque unité
, nous générons ensuite la valeur
selon le modèle
où les
sont générés de façon iid selon une loi
normale centrée réduite. Le terme de variance dans le modèle (4.2) permet
d'obtenir un coefficient de corrélation intra-grappes approximativement égal à
. En particulier, plus le coefficient
est grand, moins les valeurs
sont dispersées dans les unités primaires
d’échantillonnage. Nous utilisons
pour la population 1 et
pour la population 2, ce qui traduit une
moindre dispersion de la variable
dans la population 2. La base de sondage
correspond à l'ensemble des unités
secondaires, et la partie correspondante de
est
, de taille
. On génère pour chaque unité secondaire
une valeur
selon une loi uniforme sur
. La base de sondage
correspond aux unités secondaires
telles que
, et la partie correspondante de
est
de taille
. On se trouve donc dans la situation
où
et
. Le cadre retenu dans les
simulations correspond à celui des enquêtes auprès des ménages de l'INSEE, avec
extension pour cibler une sous-population spécifique. Pour ces enquêtes, un
échantillon
de communes (ou de regroupements de communes)
est tout d'abord sélectionné au premier degré. Un sous-échantillon
de logements est ensuite sélectionné dans
chaque
; l'échantillon réunion
représente la population entière de logements
. Un second sous-échantillon
de logements est ensuite sélectionné au sein
d'une sous-population de chaque
, afin de cibler une sous-population
spécifique
(par exemple, logements situés dans une Zone
Urbaine Sensible); l'échantillon réunion
ne représente que la sous-population ciblée
.
Dans chacune des deux
populations ainsi constituées, on pratique plusieurs échantillonnages
concurrents; le tableau 4.1 présente pour chaque population les huit
combinaisons possibles de tailles d'échantillon par strate aux premier et
second degré, ainsi que les valeurs
et
. Au premier degré on sélectionne
indépendamment dans chaque strate
: soit un échantillon
de
unités
primaires d’échantillonnage par sondage aléatoire simple; soit un échantillon
de
unités
primaires d’échantillonnage par sondage aléatoire simple. Au second degré, on
sélectionne dans chaque
: soit un échantillon
de taille
par sondage aléatoire simple dans
; soit un échantillon
de taille
par sondage aléatoire simple dans
. Au second degré, on sélectionne
également dans chaque
: soit un échantillon
de taille
par sondage aléatoire simple dans
; soit un échantillon
de taille
par sondage aléatoire simple dans
. On note également
et
les taux de sondage dans
et
.
Tableau 4.1
Paramètres utilisés dans chaque strate pour générer les deux populations et sélectionner les échantillons
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Paramètres utilisés dans chaque strate pour générer les deux populations et sélectionner les échantillons Tailles d'échantillon
par strate, Paramètres , Strate 1 , Strate 2 , Strate 3 et Strate 4 , calculées selon XXX unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
| |
Tailles d'échantillon
par strate |
Paramètres |
| Strate 1 |
Strate 2 |
Strate 3 |
Strate 4 |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
| Population 1 |
5 ou 25 |
10 ou 40 |
5 ou 20 |
200 |
20 |
150 |
15 |
120 |
12 |
100 |
10 |
| Population 2 |
5 ou 25 |
10 ou 40 |
5 ou 20 |
200 |
10 |
150 |
7,5 |
120 |
6 |
100 |
5 |
Pour chaque échantillon,
on calcule l'estimateur de Hartley donné en (3.4) avec soit
(HART1), soit pour valeur de
l'estimateur du coefficient optimal donné en
(3.7) (HART2), avec
en notant
la moyenne de la variable
sur une partie
. Pour chaque échantillon, on calcule
également l'estimateur de Kalton et Anderson (KALT) donné en (3.8), l'estimateur
de Bankier (BANK) donné en (3.9), et l'estimateur de Horvitz-Thompson
basé sur le seul échantillon
(HTA). La procédure d'échantillonnage est
répétée
fois. Pour mesurer le biais d'un estimateur
, nous calculons son biais relatif de
Monte Carlo
avec
, et
la valeur de l'estimateur
pour l'échantillon
. Pour mesurer la variabilité de
, nous calculons son erreur
quadratique moyenne de Monte Carlo
Les résultats sont
donnés dans le tableau 4.2. Comme l'a souligné un arbitre, les performances de
l'estimateur HTA ne dépendent pas de la taille d'échantillon
choisie. Par souci de cohérence,
nous indiquons donc dans le tableau 4.2 les résultats obtenus dans les
simulations avec
uniquement. À tailles d'échantillon
et
identiques, les mêmes résultats
sont reportés dans le cas
.
Tous les estimateurs sont
virtuellement sans biais. L'estimateur HART2 donne les meilleurs résultats en
termes d'erreur quadratique moyenne, comme on pouvait s'y attendre.
L'estimateur HTA donne des résultats quasiment équivalents. Ce résultat
s'explique par le fait que le coefficient optimal est proche de
(dans les simulations,
est compris entre
et
), et
que dans ce cas la formule (2.1) montre que les estimateurs HART2 et HTA sont
très proches : nous présentons en annexe des conditions générales sous
lesquelles cette propriété est approximativement vérifiée. Parmi les trois
autres estimateurs, HART1 donne les meilleurs résultats, avec une erreur quadratique
moyenne plus faible ou équivalente à celle de KALT et BANK dans 11 cas sur 16.
Tableau 4.2
Biais relatif et erreur quadratique moyenne de cinq estimateurs
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Biais relatif et erreur quadratique moyenne de cinq estimateurs. Les données sont présentées selon Pop. (titres de rangée) et , , , HART1 , HART2 , KALT , BANK , HTA , BR et EQM , calculées selon ( % ) et unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
| Pop. |
|
|
|
HART1 |
HART2 |
KALT |
BANK |
HTA |
| BR |
EQM |
BR |
EQM |
BR |
EQM |
BR |
EQM |
BR |
EQM |
| ( % ) |
|
( % ) |
|
( % ) |
|
( % ) |
|
( % ) |
|
| 1 |
5 |
10 |
5 |
0,05 |
7,76 |
0,01 |
5,70 |
0,05 |
7,79 |
0,06 |
8,56 |
0,04 |
5,75 |
| 1 |
5 |
10 |
20 |
0,01 |
7,57 |
-0,05 |
5,57 |
0,03 |
11,36 |
0,04 |
12,75 |
0,04 |
5,75 |
| 1 |
5 |
40 |
5 |
0,01 |
5,01 |
-0,02 |
4,51 |
-0,02 |
4,57 |
-0,02 |
4,81 |
-0,02 |
4,52 |
| 1 |
5 |
40 |
20 |
0,00 |
4,65 |
-0,01 |
4,33 |
0,00 |
4,66 |
0,00 |
5,22 |
-0,02 |
4,52 |
| 1 |
25 |
10 |
5 |
-0,03 |
1,19 |
-0,02 |
0,78 |
-0,03 |
1,20 |
-0,02 |
1,34 |
-0,01 |
0,78 |
| 1 |
25 |
10 |
20 |
-0,01 |
1,17 |
0,00 |
0,78 |
-0,03 |
1,94 |
-0,03 |
2,22 |
-0,01 |
0,78 |
| 1 |
25 |
40 |
5 |
0,00 |
0,62 |
0,01 |
0,51 |
0,00 |
0,52 |
0,00 |
0,57 |
0,01 |
0,51 |
| 1 |
25 |
40 |
20 |
0,02 |
0,58 |
0,01 |
0,51 |
0,02 |
0,58 |
0,02 |
0,68 |
0,01 |
0,51 |
| 2 |
5 |
10 |
5 |
0,00 |
3,59 |
0,01 |
1,15 |
0,00 |
3,56 |
0,02 |
4,38 |
0,01 |
1,15 |
| 2 |
5 |
10 |
20 |
0,00 |
3,60 |
-0,02 |
1,15 |
0,00 |
7,38 |
0,00 |
8,76 |
0,01 |
1,15 |
| 2 |
5 |
40 |
5 |
0,00 |
1,48 |
0,01 |
1,07 |
0,00 |
1,13 |
0,01 |
1,35 |
0,01 |
1,07 |
| 2 |
5 |
40 |
20 |
0,00 |
1,49 |
-0,01 |
1,09 |
0,00 |
1,49 |
0,00 |
2,03 |
0,01 |
1,07 |
| 2 |
25 |
10 |
5 |
0,00 |
0,63 |
0,00 |
0,14 |
0,00 |
0,63 |
0,00 |
0,78 |
0,00 |
0,14 |
| 2 |
25 |
10 |
20 |
0,00 |
0,62 |
0,00 |
0,13 |
0,00 |
1,38 |
0,00 |
1,67 |
0,00 |
0,14 |
| 2 |
25 |
40 |
5 |
0,00 |
0,20 |
0,00 |
0,12 |
0,00 |
0,13 |
0,00 |
0,18 |
0,00 |
0,12 |
| 2 |
25 |
40 |
20 |
0,00 |
0,20 |
0,00 |
0,12 |
0,00 |
0,20 |
0,01 |
0,31 |
0,00 |
0,12 |
Pour chaque estimateur,
toutes choses égales par ailleurs, l'erreur quadratique moyenne est plus faible
dans la population 2 que dans la population 1. Ce résultat provient du fait que
la variance due au premier degré de tirage, qui est la même pour chaque estimateur
et vaut
est plus grande dans la population
1 : le terme de dispersion
augmente avec
et, dans une moindre mesure, augmente quand
diminue. L'erreur quadratique moyenne diminue
pour chaque estimateur quand le nombre
d'unités primaires d’échantillonnage tirées
dans chaque strate augmente, car dans ce cas le terme de variance commun donné
en (4.3) diminue. De façon analogue, l'erreur quadratique moyenne diminue pour
chaque estimateur quand
augmente, car dans ce cas la variance due au
second degré de tirage diminue. Pour les estimateurs HART1 et HART2, l'erreur
quadratique moyenne est stable quand
augmente, et de façon plus surprenante pour
les estimateurs KALT et BANK l'erreur quadratique moyenne augmente quand
augmente. Ce résultat quelque peu
contre-intuitif est dû à la conjonction de deux faits. D'une part, la
contribution de l'échantillon
à la variance due au second degré de tirage
est faible : l'augmentation de
peut diminuer cette variance, mais même dans
ce cas la réduction globale de variance est marginale. D'autre part, dans le
cas des estimateurs KALT et BANK, la contribution de l'échantillon
à la variance due au second degré de tirage
augmente quand
augmente.
Dans le cas de KALT,
l'estimateur peut se réécrire
avec
Dans (4.4), la dispersion
de la variable
(donc celle de
) augmente quand le facteur
s'éloigne de
. Or, ce facteur est proche de
quand
est faible devant
(donc
petit devant
),
mais s'en éloigne quand
augmente. Notons que la variance
(conditionnelle à
) du
second terme de
est égale à
avec
. Cette variance ne décroît pas
forcément quand
augmente. Par exemple, l'un des cas considéré
dans les simulations correspond à
,
et
. Dans ce cas, le terme
atteint sa valeur maximale pour
.
Dans le cas de BANK,
l'estimateur peut se réécrire
avec
Dans (4.5), la dispersion
de la variable
augmente quand le facteur
augmente. Or, ce facteur est proche de
quand
(et donc
) est
faible, mais s'accroît quand
augmente.
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