2. Modèle d'imputation bayésien à classes latentes avec zéros structurels
Daniel Manrique-Vallier et Jerome P. Reiter
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Supposons que nous avons un échantillon
de individus mesurés sur
variables catégoriques.
Chaque individu est associé à un vecteur de réponses
dont les composantes prennent
des valeurs provenant d'un ensemble de
niveaux. Pour simplifier, nous
étiquetons ces niveaux en utilisant des nombres consécutifs, de sorte que Notons que inclut toutes les combinaisons des variables, y compris les zéros structurels, et
que chaque combinaison
peut être considérée comme une
cellule dans le tableau de contingence formé par
Soit
où inclut les variables dont les valeurs sont observées
et inclut les variables dont les valeurs manquent.
Enfin, soit où et l'ensemble de cellules
contenant un zéro structurel, c.-à-d.
2.1 Modèles à
classes latentes
Pour commencer, nous décrivons le
modèle à classes latentes bayésien sans nous préoccuper des zéros structurels et
sans aucune donnée manquante, c.-à-d. Ce modèle est un mélange fini
de produits de lois multinomiales,
où avec tous les et Ici, avec Ce modèle correspond
au processus générateur,
En
ce qui concerne la notation, soit
un échantillon de
variables obtenu au moyen de ce
processus, avec et Pour
suffisamment
grand, (2.1) peut représenter arbitrairement les lois conjointes de
(Suppes
et Zanotti 1981; Dunson et Xing 2009). Et, en utilisant la
représentation d'indépendance conditionnelle dans (2.2) et (2.3), le modèle peut
être estimé et simulé efficacement même si
est grand.
Pour les lois a priori sur nous suivons Si et Reiter (2013) et Manrique-Vallier et Reiter
(à paraître en 2014). Nous avons
Dans
(2.4), les lois a priori sont équivalentes
à des lois uniformes sur le support des
probabilités multinomiales
conditionnelles et représentent donc de vagues connaissances a priori. La loi a priori pour dans (2.5) à (2.7)
est un exemple de loi a priori stick-breaking de dimension finie (Sethuraman 1994; Ishwaran et James 2001). Comme il est discuté
dans Dunson et Xing (2009) et Si et Reiter
(2013), elle attribue habituellement à moins de classes, ce qui réduit les
calculs et évite le surajustement. Pour une discussion et une justification plus
approfondies de ce modèle en tant qu'outil d'imputation, voir Si et Reiter (2013).
2.2 Modèles tronqués à classes latentes
Le modèle à classes latentes donné dans
(2.1) ne spécifie pas naturellement les cellules contenant des zéros
structurels a priori, parce qu'il repose sur la supposition d'une
probabilité positive dans chaque cellule. Donc, pour représenter les tableaux
contenant des zéros structurels, nous devons tronquer le modèle de sorte que
Comme
le montrent Manrique-Vallier et Reiter (à
paraître en 2014), l'obtention d'échantillons à partir de la loi a posteriori de paramètres conditionnellement à un
échantillon peut être
facilitée considérablement par l'adoption d'une stratégie d'augmentation analogue
à celles décrites dans Basu et Ebrahimi (2001) et
dans O'Malley et Zaslavsky (2008). Nous considérons que représente la
part de variables qui n'ont pas été incluses dans l'ensemble provenant d'un
échantillon plus grand,
généré directement à partir de
(2.1). Soit
et
la taille (inconnue)
de l'échantillon, les vecteurs de réponses et les étiquettes des classes
latentes pour la partie de
qui n'est pas
comprise dans
En utilisant une
loi a priori empruntée à Meng et Zaslavsky (2002), Manrique-Vallier et Reiter
(à paraître en 2014) montrent que, si
où
la loi a posteriori de
sous le modèle tronqué
(2.8) peut être obtenue en effectuant sur
l'intégration de
la loi a posteriori sous le modèle
d'échantillon augmenté.
En procédant ainsi, Manrique-Vallier et Reiter (à paraître en 2014)
élaborent un algorithme efficace sur le plan des calculs pour traiter de grands
ensembles de zéros structurels lorsqu'ils peuvent être exprimés comme l'union d'ensembles
définis par des conditions marginales. Il s'agit d'ensembles définis en
fixant certains niveaux pour un sous-ensemble de variables catégoriques, par
exemple, l'ensemble de toutes les cellules, de façon que
Manrique-Vallier
et Reiter (à paraître en 2014) introduisent pour exprimer
les conditions marginales une notation vectorielle que nous utilisons ici
également. Soit
où, pour
nous posons que
quand
est fixé à un certain niveau et
autrement, où
est une notation spéciale
représentant un paramètre substituable. En utilisant cette notation et en supposant
que
les conditions qui
définissent l'ensemble susmentionné servant d'exemple (
et
) correspondent au vecteur
Pour éviter d'encombrer la notation,
nous utilisons les vecteurs
pour représenter les
conditions marginales ainsi que les cellules définies par ces conditions
marginales, le contexte permettant de déterminer s'il s'agit des premières ou
des secondes.
2.3 Estimation et imputation multiple
Discutons maintenant de la façon
d'estimer le modèle décrit à la section 2.2, puis de le convertir en un
outil d'imputation multiple, lorsque certaines réponses manquent au hasard. La stratégie
de base consiste à utiliser un échantillonneur de Gibbs. Étant donné un
ensemble de données complet
nous effectuons une sélection
des paramètres en utilisant l'algorithme de Manrique-Vallier
et Reiter (à paraître en 2014). Étant donné une sélection des paramètres,
nous effectuons la sélection de
tel que décrit plus bas.
Formellement, l'algorithme procède
comme il suit. Supposons que l'ensemble de zéros structurels peut être défini
comme l'union de
conditions marginales disjointes,
et que nous utilisons les
lois a priori pour
et
définies à la section 2.1.
Sachant
pour
l'algorithme de Manrique-Vallier et Reiter (à paraître en 2014)
échantillonne les paramètres comme il suit.
1. Pour échantillonner avec
2. Pour et
échantillonner
avec
3. Pour
échantillonner
où
Poser que
et faire
pour tout
4. Pour
calculer
5. Échantillonner
où
est la loi multinomiale négative,
et poser que
6. Poser que Répéter ce qui suit pour chaque
(a) Calculer le
vecteur normalisé
où
(b) Répéter les trois
étapes suivantes
fois :
i. échantillonner
ii. pour
, échantillonner
où
est une distribution de masse
ponctuelle à
iii. poser que
7. Échantillonner
Après avoir échantillonné les paramètres,
nous devons effectuer un tirage de
Pour
soit
un vecteur tel que
si la composante
dans
est manquante et
autrement. En supposant que
les données manquent au hasard, nous ne devons échantillonner que les composantes
de chaque
pour lesquelles
conditionnellement aux composantes pour lesquelles
Donc, nous ajoutons une
huitième étape à l'algorithme.
8. Pour
échantillonner
à partir de sa distribution
conditionnelle complète,
En l'absence de zéros structurels, les
qu'il faut imputer sont
conditionnellement indépendants sachant
ce qui transforme la tâche d'imputation
en un exercice d'échantillonnage multinomial ordinaire (Si et Reiter 2013). Cependant, les zéros structurels que contient
induisent une dépendance entre les composantes.
Donc, nous ne pouvons pas simplement échantillonner les composantes indépendamment
les unes des autres. Une approche naïve consiste à utiliser un scénario d'acceptation-rejet
en effectuant un échantillonnage répété à partir de la loi proposée
jusqu'à l'obtention d'une
variable telle que
Cependant, si la région de
rejet est grande ou possède une probabilité élevée, cette approche peut être
très inefficace.
Nous proposons plutôt de former des
étapes d'échantillonnage de Gibbs supplémentaires, en calculant les lois conditionnelles
de toutes les composantes manquantes afin de pouvoir les échantillonner
individuellement. Soit
le vecteur qui résulte du
remplacement de la composante
dans
par une valeur arbitraire
La loi conditionnelle
complète de la composante manquante
de
(quand
) est
Donc, nous remplaçons
l'étape 8 dans l'algorithme par
8'. Pour chaque
échantillonner
où
La définition de
implique de tronquer le support de la loi conditionnelle
complète de
, c'est-à-dire
, de manière à ne garder que
les valeurs qui évitent
sachant les valeurs courantes
de
Pour obtenir
ensembles de données complets
à utiliser pour l'imputation multiple, les analystes sélectionnent
des
échantillonnés après
convergence de l'échantillonneur de Gibbs. Ces ensembles de données doivent
être suffisamment espacés pour être approximativement indépendants (sachant
). Cela requiert de réduire les échantillons MCMC de manière que les
autocorrélations entre les paramètres soient proches de zéro.
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