Direction des études analytiques : documents de recherche
Les immigrants francophones ayant reçu une formation d’enseignant à l’étranger dans un contexte de pénurie d’enseignants en français à l’extérieur du Québec
DOI : https://doi.org/10.25318/11f0019m2025008-fra
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Remerciement
La présente étude a été financée et menée conjointement par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada et Statistique Canada.
Résumé
L’enseignement du français pendant les années formatrices est important pour le bilinguisme officiel, particulièrement à l’extérieur du Québec, où le français n’est pas la langue parlée majoritaire. Or, des rapports récents semblent indiquer que plusieurs provinces à l’extérieur du Québec pourraient faire face à une pénurie d’enseignants d’expression française. L’une des façons de remédier à cette pénurie consiste à recruter activement et à retenir des immigrants francophones qui ont terminé leur formation d’enseignant. Pourtant, on sait peu de choses sur le rôle potentiel et réel des immigrants à cet égard, c’est-à-dire la taille du groupe, l’endroit où ces immigrants s’établissent, s’ils finissent par utiliser leur diplôme en enseignement et s’ils enseignent en français. La présente étude vise à répondre à ces questions au moyen des données du Recensement de la population, qui contiennent des renseignements sur la première langue officielle parlée, la langue utilisée au travail, le statut d’immigrant, le plus haut niveau de scolarité atteint, le domaine d’études, le lieu de résidence et le lieu de travail. L’étude porte principalement sur la comparaison des immigrants francophones de 18 à 60 ans qui ont reçu une formation d’enseignant à l’étranger (à l’extérieur du Canada) (IFFEE) avec leurs homologues non immigrants qui ont reçu leur formation d’enseignant dans n’importe quel pays (francophones non immigrants ayant une formation d’enseignant [FNIFE]).
L’étude révèle qu’en 2021, une proportion plus faible d’immigrants de 18 à 60 ans étaient francophones et avaient terminé leur formation d’enseignant comparativement aux non-immigrants du même groupe d’âge. Parmi les principaux groupes de comparaison, une proportion semblable de IFFEE et de FNIFE résidait à l’extérieur du Québec. Les IFFEE vivant à l’extérieur du Québec étaient plus susceptibles de résider à Toronto, en Alberta et en Colombie-Britannique, mais moins susceptibles de résider dans le reste de l’Ontario (sauf à Ottawa, où ils étaient à peu près aussi susceptibles de résider) et au Nouveau-Brunswick. Parmi les IFFEE, le lieu d’études et la catégorie d’admission de la personne immigrante étaient fortement associés à la probabilité de résider à l’extérieur du Québec. Plus précisément, les IFFEE qui avaient étudié au Royaume-Uni, aux États-Unis d’Amérique et en République démocratique du Congo étaient les plus susceptibles de résider à l’extérieur du Québec, tandis que ceux qui avaient étudié en Algérie étaient les moins susceptibles (parmi les lieux d’études que l’on pouvait examiner séparément). En ce qui concerne la catégorie d’admission de la personne immigrante, les IFFEE de la catégorie économique étaient moins susceptibles de résider à l’extérieur du Québec que les IFFEE de la catégorie des réfugiés. Les IFFEE occupés étaient beaucoup moins susceptibles de travailler comme enseignants que les FINFE occupés. Parmi les IFFEE, le lieu de travail, le lieu d’études et la catégorie d’admission de la personne immigrante étaient fortement associés à la probabilité de travailler dans l’enseignement. Plus précisément, les IFFEE travaillant à l’extérieur du Québec étaient beaucoup plus susceptibles d’être employés comme enseignants en français que leurs homologues travaillant au Québec. Les IFFEE qui avaient étudié en Égypte, en Côte d’Ivoire, en Algérie, en France et au Liban étaient les plus susceptibles de travailler comme enseignants en français, tandis que les IFFEE de la catégorie économique étaient plus susceptibles de travailler comme enseignants en français que leurs homologues de la catégorie du regroupement familial ou de la catégorie des réfugiés.
Mots clés : enseignants, immigration, francophone, pénuries de main-d’œuvre
1 Introduction
Le Canada est un pays bilingue comptant deux langues officielles : le français et l’anglais. Alors que près du quart des Canadiens considèrent le français comme leur première langue officielle parlée, cette population est très concentrée dans la province du Québec. Néanmoins, des populations francophones importantes existent dans plusieurs régions à l’extérieur du Québec. Ces populations sont souvent appelées communautés de langue officielle en situation minoritaire (CLOSM), terme qui s’applique également aux communautés anglophones du Québec. Le dynamisme économique et culturel des CLOSM repose en grande partie sur des populations solides de travailleurs qualifiés de langue officielle minoritaire.
Comme l’a démontré Frenette (2024), de nombreuses CLOSM francophones (désignées ci-après comme « communautés francophones en situation minoritaire » [CFM]) ont de la difficulté à recruter et à retenir des travailleurs qualifiés de langue officielle minoritaire. Par exemple, le Nouveau-Brunswick a enregistré une perte nette de 1 jeune francophone qualifié sur 5 (19 %) qui a terminé ses études postsecondaires entre 2010 et 2017, et qui a été suivi pendant deux ans après l’obtention de son diplôme. Les pertes nettes au Nouveau-Brunswick étaient plus importantes chez les titulaires d’un grade (1 sur 4). Alors que des réponses politiques adaptées à de tels problèmes de recrutement et de maintien en poste sont une question ouverte, le fait d’offrir une bonne éducation en français au cours des premières années peut se traduire par l’apport initial d’un plus grand nombre de travailleurs francophones qualifiés dans les CFM. Cela peut aussi se traduire par des compétences plus élevées en français chez les anglophones de la communauté.
Au Canada, les élèves des écoles primaires et secondaires disposent généralement de trois cheminements pour recevoir un enseignement en français, selon la disponibilité : fréquenter une école de langue françaiseNote , participer à un programme d’immersion en français dans une école de langue anglaise ou apprendre le français comme langue seconde dans une école de langue anglaise. Or, une étude approfondie semble indiquer qu’il y a des pénuries d’enseignants dans les programmes d’immersion en français et dans les programmes de français langue seconde partout au Canada. Plus précisément, 42 % des directeurs d’écoles offrant un programme d’immersion en français ont déclaré faire face à des pénuries, et 36 % ont signalé des pénuries dans d’autres programmes de français langue seconde (qui englobent parfois un programme d’immersion en français) lors d’un sondage mené de décembre 2020 à août 2021 (SOCIUS, 2021). Il y a aussi des indications selon lesquelles la pénurie d’enseignants en français pourrait être plus répandue. Par exemple, les pénuries d’enseignants en Ontario devraient s’aggraver à compter de 2027 parce que la province prévoit un grand nombre de départs à la retraite à ce moment-là, et l’enseignement en français (ainsi que la technologie connexe) devrait être particulièrement touchéNote .
L’une des stratégies pour remédier à la pénurie d’éducateurs de langue française consiste à recruter et à maintenir en poste des immigrants francophones qui détiennent des titres de compétences étrangers en enseignement. Cette approche pourrait aider à répondre à la demande d’enseignants qualifiés, particulièrement dans les régions hors Québec. Toutefois, on dispose de peu de renseignements sur le rôle potentiel et réel des immigrants à cet égard, c’est-à-dire la taille de ce groupe, les régions où ces immigrants ont tendance à s’établir au Canada, s’ils utilisent leurs titres de compétences en enseignement une fois qu’ils sont au Canada et s’ils sont employés à titre d’enseignants en français. La présente étude vise à combler ces lacunes d’information en offrant une analyse des données du Recensement de la population. Cet ensemble de données contient plusieurs éléments d’information clés utilisés dans la présente étude, dont la première langue officielle parlée, la langue utilisée au travail, le statut d’immigrant, le plus haut niveau de scolarité atteint, le domaine d’études, le lieu de résidence et le lieu de travail. L’étude porte essentiellement sur la comparaison des immigrants francophones de 18 à 60 ans qui ont reçu leur formation d’enseignant à l’étranger (IFFEE) avec leurs homologues non immigrants qui ont reçu leur formation d’enseignant au Canada ou à l’étranger. Ainsi, le présent travail de recherche vise à donner des éclaircissements sur la prévalence des IFFEE dans le paysage de l’enseignement en français hors Québec.
La section suivante décrit le contexte politique qui sous-tend la stratégie du Canada en matière de bilinguisme officiel, d’éducation et d’immigration. Vient ensuite une description des données et de la méthodologie utilisées dans l’étude. Les résultats sont présentés dans la troisième section, puis résumés dans la section de la conclusion.
2 Contexte politique
En 2021, le gouvernement fédéral a publié un document intitulé Français et anglais : vers une égalité réelle des langues officielles au Canada, qui proposait des réformes pour moderniser la Loi sur les langues officielles (Patrimoine canadien, 2021). Selon ce document, de vastes consultations ont révélé que la plupart des Canadiens voient maintenant les langues officielles d’un bon œil et qu’ils transcendent les tensions du passé. Le document met en lumière trois grands enjeux de la loi actuelle, à savoir qu’elle doit mieux s’harmoniser avec l’évolution de la jurisprudence sur les droits linguistiques, soutenir les communautés francophones hors Québec en raison du déclin de la transmission du français et améliorer les mécanismes d’application de la Loi. Afin de répondre à ces enjeux, six principes directeurs ont été proposés, soit la reconnaissance des dynamiques linguistiques, la promotion de l’apprentissage des deux langues officielles, le renforcement des institutions qui appuient les CLOSM, la protection et la promotion du français, le renforcement des exigences fédérales en matière de bilinguisme, et l’examen périodique de la Loi sur les langues officielles.
L’un des principes clés consiste à promouvoir l’apprentissage des deux langues officielles. Le document propose plusieurs mesures administratives pour attirer et retenir les enseignants francophones, notamment :
- créer un corridor d’immigration francophone réservé aux enseignants;
- donner la priorité au recrutement d’enseignants de langue française dans le prochain Plan d’action pour les langues officielles;
- élaborer un cadre unifié de reconnaissance des titres de compétences en enseignement partout au Canada.
Le 15 mai 2023, la Chambre des communes a adopté le projet de loi C-13, intitulé « Loi modifiant la Loi sur les langues officielles, édictant la Loi sur l’usage du français au sein des entreprises privées de compétence fédérale et apportant des modifications connexes à d’autres lois ». Cette loi vise à moderniser et à renforcer la Loi sur les langues officielles en favorisant l’égalité du français et de l’anglais, tout en protégeant le français en reconnaissant son statut de langue minoritaire au Canada et en Amérique du Nord. La Loi souligne notamment l’engagement du gouvernement canadien à soutenir les CFM en renforçant l’immigration de francophones afin de rétablir leur poids démographique. Par ailleurs, elle comprend des mesures visant à favoriser l’acceptation et la valorisation du français et de l’anglais ainsi que l’apprentissage dans sa propre langue tout au long de la vie, depuis la petite enfance jusqu’aux études postsecondaires, en particulier dans les CLOSM. En outre, la Loi préconise la création d’un plan d’action révisé pour appuyer ces initiatives (gouvernement du Canada, 2023a, 2023b). De ce fait, le Plan d’action pour les langues officielles 2023-2028 a été proposé et prévoit des investissements importants pour améliorer l’enseignement dans la langue française (Patrimoine canadien, 2023). Le plan comprend les mesures suivantes :
- 16,3 millions de dollars sur cinq ans pour le recrutement et le maintien en poste d’enseignants francophones dans les CFM;
- jusqu’à 15,2 millions de dollars pour le recrutement et le maintien en poste d’enseignants dans les écoles de langue française en situation minoritaire;
- 242,8 millions de dollars sur quatre ans pour soutenir les programmes de français langue seconde à l’échelle nationale.
Pour faire progresser et consolider ces objectifs, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) a annoncé, le 16 janvier 2024, un nouvel ensemble de politiques et de programmes dans le cadre du plan d’action quinquennal (IRCC, 2024). IRCC souligne que cette initiative comprend un nouveau corridor pour les enseignants de langue française, un financement accru pour le soutien des communautés francophones et une sélection ciblée. Le gouvernement investira plus de 137 millions de dollars sur cinq ans à l’appui de cette et d’autres initiatives prioritaire. L’initiative établit des cibles ambitieuses pour l’admission de nouveaux immigrants dans les CFM, dont le but est de favoriser la croissance et la vitalité de ces communautés. Ces cibles renvoient précisément à la proportion d’immigrants d’expression française admis dans les CFM, cibles qui ont été révisées pour se situer à 8,5 % en 2025, à 9,5 % en 2026 et à 10,0 % en 2027Note .
Il est important de mentionner que l’étude actuelle (comme on le décrit dans la section suivante) porte sur la situation qui a précédé ces initiatives. Toutefois, les résultats pourraient tout de même servir à éclairer les politiques et les stratégies futures en matière d’immigration, d’établissement ou de maintien en poste.
3 Données et méthodes
La présente étude est consacrée à un groupe d’immigrants qui pourrait contribuer à réduire la pénurie d’enseignants en français au Canada, particulièrement à l’extérieur du Québec : les IFFEE. Plusieurs questions se posent, à savoir « quelle est la proportion d’immigrants que représentent les IFFEE? », « où les IFFEE s’établissent-ils? » et « les IFFEE travaillent-ils comme enseignants en français, surtout à l’extérieur du Québec? »
Pour répondre à ces questions, l’étude s’appuie principalement sur le Recensement de la population de 2021, mais les résultats sont également présentés au moyen du Recensement de la population de 2016, dans la mesure du possible. Le Recensement de la population comprend plusieurs variables utiles aux fins de la présente analyse, notamment la première langue officielle parlée, la langue utilisée au travail, le statut d’immigrant, le plus haut niveau de scolarité atteint, le domaine d’études, le lieu de résidence et le lieu de travail.
L’étude porte principalement sur la comparaison des IFFEE de 18 à 60 ans, un groupe de 4 685 personnes au Canada (dont 3 985 au Québec et 700 à l’extérieur du Québec) en 2021 avec leurs homologues non immigrants qui ont suivi leur formation d’enseignant n’importe où (francophones non immigrants ayant une formation d’enseignant [FNIFE]). En 2021, Les FNIFE formaient un groupe d’environ 102 000 personnes au Canada (dont 85 845 au Québec et 16 155 hors Québec). Les IFFEE sont définis comme étant des francophones (selon leur première langue officielle parlée) qui sont immigrants (à l’exclusion des immigrants admis avant 1980) et qui ont terminé leur formation d’enseignantNote à l’extérieur du Canada. Les FNIFE sont des francophones non immigrants qui ont terminé leur formation d’enseignant dans n’importe quelle région du monde.
Deux résultats principaux sont examinés dans l’étude. Le premier est la proportion des IFFEE qui résidaient à l’extérieur du Québec, et le deuxième, celle des IFFEE employésNote qui travaillaient comme enseignants francophones à l’extérieur du QuébecNote . Ces mesures fournissent une estimation du rôle « potentiel » et « réel » des immigrants pour remédier à la pénurie d’enseignants francophones à l’extérieur du Québec, c’est-à-dire la part potentielle des IFFEE disponibles pour travailler comme enseignants francophones à l’extérieur du Québec, et la part réelle des IFFEE qui travaillent comme enseignants francophones à l’extérieur du Québec. À titre de référence, ces résultats sont également mesurés pour les FNIFE.
Le concept d’« enseignant francophone » repose sur trois éléments d’information : le secteur d’activité, la profession exercée et la langue utilisée au travail. Premièrement, les enseignants sont répertoriés en fonction du secteur d’activité (écoles primaires et secondaires) et de la profession (enseignants, directeurs d’école et administrateurs de programmes d’enseignement, que l’on désignera ci-après comme « enseignants »). Ensuite, les enseignants sont classés comme des enseignants francophones s’ils ont déclaré utiliser le français « exclusivement », « principalement » ou « de manière égale » au travail. Les enseignants qui n’ont pas indiqué utiliser le français (« aucune mention ») ou qui ont indiqué l’utiliser « régulièrement », mais sans préciser qu’il s’agissait de la langue le plus souvent utilisée, n’ont pas été considérés comme des enseignants francophones.
Après avoir comparé ces résultats entre les deux groupes d’intérêt (IFFEE et FNIFE), l’étude se poursuit par un examen des facteurs liés à la probabilité que les IFFEE résident à l’extérieur du Québec ou travaillent comme enseignants francophones à l’extérieur du Québec dans un cadre multivarié (au moyen d’une série de modèles de probabilité linéairesNote ). Les covariables utilisées aux fins de cette analyse comprennent des variables démographiques (le sexeNote et, pour les résultats professionnels, le lieu de travail) et les caractéristiques des immigrants (âge à l’admission, lieu d’études, nombre d’années écoulées depuis l’admissionNote et catégorie d’admission des immigrantsNote ). Il convient de mentionner que les FNIFE ne sont pas inclus dans cette analyse puisque, en tant que non-immigrants, ils n’ont aucune caractéristique d’immigrant. Par conséquent, les IFFEE et les FNIFE ne sont pas comparés dans un cadre multivarié; ce cadre sert plutôt à examiner les facteurs liés aux résultats principaux des IFFEE, le principal groupe d’intérêt de l’étude.
4 Résultats
Avant d’examiner les principaux résultats de l’étude, il est important de comprendre la taille relative des IFFEE dans l’ensemble du Canada. Le tableau 1 montre le pourcentage de tous les immigrants et non-immigrants âgés de 18 à 60 ans qui sont des francophones, des francophones ayant une formation d’enseignant ou des francophones ayant reçu une formation d’enseignant à l’étranger (pour les immigrants seulement). Les résultats indiquent qu’une plus faible proportion d’immigrants âgés de 18 à 60 ans étaient francophones en 2021 (10,1 %) comparativement à leurs homologues non-immigrants (24,8 %). Les immigrants de ce groupe d’âge étaient également beaucoup moins susceptibles d’être francophones et d’avoir terminé leur formation d’enseignant (0,2 %) que leurs homologues non-immigrants (0,7 %).
| Immigrants | Non-immigrants | ||||
|---|---|---|---|---|---|
| Francophones | Francophones ayant une formation d’enseignant | Francophones ayant reçu une formation d’enseignant à l’étranger | Francophones | Francophones ayant une formation d’enseignant | |
| pourcentage | |||||
| Notes : Les échantillons portent sur les groupes d’âge de 18 à 60 ans. Sont exclus les immigrants qui ont été admis avant 1980.
Sources : Statistique Canada, Recensement de la population de 2016 et 2021 et fichiers maîtres sur les particuliers T1 de 2017 à 2021. |
|||||
| 2021 | |||||
| Globalement | 10,1 | 0,2 | 0,1 | 24,8 | 0,7 |
| Sexe | |||||
| Hommes | 10,1 | 0,1 | 0,1 | 24,7 | 0,3 |
| Femmes | 10,0 | 0,3 | 0,1 | 24,9 | 1,2 |
| Âge | |||||
| Moins de 35 ans | 9,5 | 0,1 | 0,0 | 22,3 | 0,5 |
| 35 à 44 ans | 11,5 | 0,2 | 0,1 | 25,5 | 1,0 |
| 45 ans et plus | 9,5 | 0,3 | 0,1 | 27,1 | 0,9 |
| 2016 | |||||
| Globalement | 9,8 | 0,2 | 0,1 | 26,3 | 0,7 |
| Sexe | |||||
| Hommes | 9,8 | 0,1 | 0,0 | 26,3 | 0,3 |
| Femmes | 9,7 | 0,3 | 0,1 | 26,3 | 1,1 |
| Âge | |||||
| Moins de 35 ans | 10,3 | 0,1 | 0,0 | 23,7 | 0,5 |
| 35 à 44 ans | 11,9 | 0,2 | 0,1 | 26,7 | 1,1 |
| 45 ans et plus | 8,1 | 0,2 | 0,1 | 28,7 | 0,7 |
Bien entendu, certains immigrants reçoivent leur formation d’enseignant après avoir été admis au Canada. Bien que cette démarche puisse remédier à la pénurie d’enseignants, celle-ci est moins éclairante pour les politiques de sélection des immigrants, qui reposent habituellement sur les caractéristiques préalables à l’admission. Le tableau 1 montre également le pourcentage d’immigrants de 18 à 60 ans qui étaient francophones et qui avaient terminé leur formation d’enseignant à l’extérieur du CanadaNote . Dans l’ensemble, ce chiffre s’établissait à 0,1 % en 2021 (environ la moitié de tous les immigrants francophones ayant une formation d’enseignant). On observe notamment qu’il n’y a pas de différence entre les hommes et les femmes à cet égard, contrairement aux immigrants et aux non-immigrants qui ont suivi leur formation d’enseignant dans n’importe quel pays, où la formation d’enseignant était nettement plus fréquente chez les femmes. Par exemple, 0,3 % des femmes de 18 à 60 ans qui étaient immigrantes étaient francophones et avaient une formation d’enseignant en 2021, comparativement à 0,1 % de leurs homologues masculins. Le tableau montre également que les immigrants plus jeunes (moins de 35 ans) étaient moins susceptibles d’être francophones et d’avoir terminé une formation d’enseignant à l’étranger que les immigrants plus âgés. Il convient de mentionner que le tableau présente également les résultats de 2016, qui sont très semblables aux résultats de 2021Note .
L’analyse porte maintenant sur les deux principaux résultats de l’étude : ceux des IFFEE qui résident à l’extérieur du Québec et ceux des IFFEE qui travaillent comme enseignants francophones hors Québec.
4.1 Les immigrants francophones qui ont reçu une formation d’enseignant à l’étranger et qui résident à l’extérieur du Québec
La proportion des immigrants francophones qui ont reçu une formation d’enseignant à l’étranger (IFFEE) et qui résident à l’extérieur du Québec va de pair avec le rôle potentiel qu’ils peuvent jouer pour atténuer la pénurie d’enseignants francophones à l’extérieur du Québec, surtout lorsqu’on établit une comparaison avec les FNIFE.
Le tableau 2 présente les proportions d’IFFEE et de FNIFE qui résidaient au Québec ou à l’extérieur du Québec. Les résultats indiquent que 14,9 % des IFFEE résidaient à l’extérieur du Québec en 2021, une proportion presque aussi élevée que celle des FNIFE résidant à l’extérieur du Québec (15,8 %). Cela dit, certaines différences intéressantes se dégagent lorsqu’on examine des provinces ou des villes particulières à l’extérieur du Québec. Par exemple, comparativement aux FNIFE, un nombre moins élevé d’IFFEE résidaient au Nouveau-Brunswick (0,5 % des IFFEE par rapport à 3,4 % des FNIFE) ou dans le reste de l’Ontario, à l’exclusion de la partie ontarienne d’Ottawa–Gatineau et de Toronto (2,5 % des IFFEE par rapport à 4,3 % des FNIFE). En revanche, les IFFEE étaient plus susceptibles de vivre à Toronto (3,9 %), en Alberta (2,2 %) ou en Colombie-Britannique (1,9 %) que les FNIFE (0,8 % à Toronto, 1,6 % en Alberta et 0,9 % en Colombie-Britannique). À peu près les mêmes proportions d’IFFEE et de FNIFE résidaient dans la partie ontarienne d’Ottawa-Gatineau et au Manitoba.
| 2021 | 2016 | |||
|---|---|---|---|---|
| Immigrants francophones ayant reçu une formation d’enseignant à l’étranger | Non-immigrants francophones ayant reçu une formation d’enseignant | Immigrants francophones ayant reçu une formation d’enseignant à l’étranger | Non-immigrants francophones ayant reçu une formation d’enseignant | |
| pourcentage | ||||
Sources : Statistique Canada, Recensement de la population de 2016 et de 2021. |
||||
| Québec | 85,1 | 84,2 | 85,6 | 81,7 |
| Hors Québec (dans l’ensemble) | 14,9 | 15,8 | 14,4 | 18,3 |
| Terre-Neuve-et-Labrador | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique | 0,0 | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique | 0,0 |
| Île-du-Prince-Édouard | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique | 0,1 | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique | 0,2 |
| Nouvelle-Écosse | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique | 0,7 | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique | 0,7 |
| Nouveau-Brunswick | 0,5 | 3,4 | 0,4 | 3,8 |
| Ontario | 9,0 | 7,6 | 8,7 | 9,0 |
| Ottawa–Gatineau (partie ontarienne) | 2,7 | 2,5 | 2,8 | 2,6 |
| Toronto | 3,9 | 0,8 | 4,2 | 1,0 |
| Reste de l’Ontario | 2,5 | 4,3 | 1,6 | 5,4 |
| Manitoba | 0,9 | 1,0 | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique | 1,1 |
| Saskatchewan | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique | 0,3 | 0,5 | 0,5 |
| Alberta | 2,2 | 1,6 | 1,6 | 1,7 |
| Colombie-Britannique | 1,9 | 0,9 | 2,4 | 1,1 |
| Yukon | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique | 0,1 | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique | 0,1 |
| Territoires du Nord-Ouest | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique | 0,1 | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique | 0,1 |
| Nunavut | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique | 0,0 | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique | 0,0 |
Les résultats pour 2016 étaient plus ou moins semblables, tant globalement que selon le lieu de résidence. On relève néanmoins quelques différences par rapport aux résultats de 2021. Par exemple, les proportions d’IFFEE et de FNIFE résidant en Alberta étaient très semblables. Alors qu’il n’a pas été possible de présenter les résultats pour les IFFEE résidant au Manitoba, ceux de la Saskatchewan font apparaître que les IFFEE et les FNIFE résidaient à proportions égales dans cette province.
Par ailleurs, le tableau 3 montre les proportions d’IFFEE et de FNIFE qui résidaient à l’extérieur du Québec en 2021 et 2016, selon l’âge et le sexe. La proportion d’IFFEE résidant à l’extérieur du Québec en 2021 était plus élevée chez les hommes (16,4 %) que chez les femmes (14,2 %). Ce n’était pas le cas pour les FNIFE, dont la proportion d’hommes (15,9 %) résidant à l’extérieur du Québec était presque identique à la proportion de femmes (15,8 %). En 2016, la proportion d’IFFEE de sexe masculin qui résidaient à l’extérieur du Québec (14,6 %) n’était que légèrement plus élevée que celle de leurs homologues de sexe féminin (14,1 %).
| Immigrants francophones ayant reçu une formation d’enseignant à l’étranger | Non-immigrants francophones ayant reçu une formation d’enseignant | |
|---|---|---|
| pourcentage | ||
| Notes : Les échantillons portent sur les groupes d’âge de 18 à 60 ans. Sont exclus les immigrants qui ont été admis avant 1980.
Sources : Statistique Canada, Recensement de la population de 2016 et 2021 et fichiers maîtres sur les particuliers T1 de 2017 à 2021. |
||
| 2021 | ||
| Sexe | ||
| Hommes | 16,4 | 15,9 |
| Femmes | 14,2 | 15,8 |
| Âge | ||
| Moins de 35 ans | 22,2 | 11,9 |
| 35 à 44 ans | 12,7 | 14,6 |
| 45 ans et plus | 15,4 | 19,0 |
| 2016 | ||
| Sexe | ||
| Hommes | 14,6 | 17,7 |
| Femmes | 14,1 | 18,5 |
| Âge | ||
| Moins de 35 ans | 14,0 | 16,2 |
| 35 à 44 ans | 10,7 | 16,6 |
| 45 ans et plus | 17,9 | 21,3 |
En 2021, les IFFEE de moins de 35 ans étaient plus susceptibles de résider à l’extérieur du Québec (22,2 %) que leurs homologues plus âgés (12,7 % chez les 35 à 44 ans, et 15,4 % chez les 45 ans et plus). Ce n’était pas le cas pour les FNIFE, où la proportion de personnes résidant à l’extérieur du Québec était plus élevée chez les groupes d’âge plus âgés. Ce n’était pas non plus le cas en 2016, puisque les IFFEE de moins de 35 ans ont affiché une proportion moyenne de résidents hors Québec (14,0 %).
Le tableau 4 présente les mêmes résultats, à savoir les proportions d’IFFEE résidant à l’extérieur du Québec, mais selon le lieu d’études (IFFEE uniquement). La proportion des IFFEE qui résidaient à l’extérieur du Québec en 2021 variait considérablement selon le lieu d’études. Les personnes qui avaient étudié en Algérie (5,7 %) étaient les moins susceptibles de résider à l’extérieur du Québec parmi les pays qui pouvaient être déclarés. À l’autre extrémité du spectre, les personnes qui avaient étudié au Royaume-Uni (62,5 %), aux États-Unis d’Amérique (50,0 %) et en République démocratique du Congo (46,2 %) étaient les plus susceptibles de résider à l’extérieur du Québec. Celles qui avaient étudié en France se sont également classées au-dessus de la moyenne à cet égard (25,3 %). Il convient de mentionner que la France et l’Algérie étaient de loin les deux lieux d’études les plus courants parmi les IFFEE (voir le tableau A1 en annexe). Les résultats selon le lieu d’études étaient assez semblables en 2016, sauf pour le Royaume-Uni, dont les résultats n’ont pas pu être déclarés.
| 2021 | 2016 | |
|---|---|---|
| pourcentage | ||
Sources : Statistique Canada, Recensement de la population de 2016 et de 2021. |
||
| Lieu d’études | ||
| France | 25,3 | 25,0 |
| Algérie | 5,7 | 4,7 |
| République démocratique du Congo | 46,2 | 41,7 |
| États-Unis d’Amérique | 50,0 | 45,5 |
| Liban | 23,1 | 27,8 |
| Côte d’Ivoire | 28,6 | 33,3 |
| Cameroun | 14,3 | 20,0 |
| Égypte | 23,5 | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique |
| Suisse | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique | 45,5 |
| Maurice | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique | 83,3 |
| Royaume-Uni | 62,5 | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique |
| Belgique | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique | 23,1 |
| Haïti | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique | 37,5 |
| Reste du monde (sauf le Canada) | 8,4 | 6,5 |
| Âge à l’admission | ||
| Moins de 25 ans | 22,5 | 11,1 |
| 25 à 34 ans | 14,8 | 14,3 |
| 35 à 44 ans | 13,5 | 12,1 |
| 45 ans et plus | 17,6 | 26,9 |
| Nombre d’années écoulées depuis l’admission | ||
| 0 à 4 ans | 23,0 | 16,8 |
| 5 à 9 ans | 14,4 | 12,8 |
| 10 à 14 ans | 11,4 | 11,2 |
| 15 à 19 ans | 10,7 | 14,1 |
| 20 à 24 ans | 21,1 | 20,4 |
| 25 ans ou plus | 15,0 | 18,5 |
| Catégorie d’admission des immigrants | ||
| Économique | 13,7 | 13,3 |
| Regroupement familial | 16,2 | 17,2 |
| Réfugiés | 20,2 | 16,2 |
Le tableau 4 révèle également que les IFFEE qui avaient été admis avant l’âge de 25 ans étaient les plus susceptibles de résider à l’extérieur du Québec en 2021 (22,5 %), ce qui n’était pas le cas en 2016 (ceux qui avaient 45 ans ou plus au moment de leur admission étaient alors les plus susceptibles de résider à l’extérieur du Québec). La proportion de personnes résidant à l’extérieur du Québec variait également selon le nombre d’années écoulées depuis l’admission aussi bien en 2021 qu’en 2016, bien qu’il n’y avait pas de tendance uniforme claire. Enfin, les IFFEE de la catégorie économique étaient moins susceptibles de résider à l’extérieur du Québec, tant en 2021 qu’en 2016, par rapport à ceux appartenant à la catégorie du regroupement familial et à la catégorie des réfugiés.
À ce stade‑ci, il serait prématuré de tirer des conclusions solides sur les facteurs associés à la probabilité de résider à l’extérieur du Québec chez les IFFEE. La raison en est que bon nombre des facteurs examinés jusqu’à présent peuvent être corrélés, et qu’il est par conséquent difficile d’attribuer des rôles distincts à l’un ou l’autre de ces facteurs. Un cadre multivarié est plus adapté à cette fin, puisque des comparaisons entre des catégories variables (p. ex. les personnes qui ont étudié en France et celles qui ont étudié en Algérie) peuvent être effectuées tout en tenant compte des différences dans d’autres caractéristiques (p. ex. l’âge au moment de l’admission).
Le tableau 5 montre les résultats d’un modèle de probabilité linéaire où la variable dépendante (ou des résultats) est égale à 1 si la personne résidait à l’extérieur du Québec et 0 dans les autres cas. Dans ce cas, l’échantillon se limitait aux IFFEE, étant donné que les FNIFE n’ont aucune caractéristique d’immigrant leur permettant de contribuer au modèle.
| 2021 | 2016 | |||
|---|---|---|---|---|
| coefficient | erreur-type | coefficient | erreur-type | |
Sources : Statistique Canada, Recensement de la population de 2016 et 2021 et fichiers maîtres sur les particuliers T1 de 2017 à 2021. |
||||
| Sexe (groupe de référence = hommes) | ||||
| Femmes | -0,02 | 0,02 | 0,03 | 0,03 |
| Âge à l’admission (groupe de référence = moins de 25 ans) | ||||
| 25 à 34 ans | -0,08 | 0,07 | 0,09 Tableau 5 Note † | 0,05 |
| 35 à 44 ans | -0,09 | 0,07 | 0,10 Tableau 5 Note † | 0,05 |
| 45 ans et plus | -0,08 | 0,08 | 0,22 Tableau 5 Note ** | 0,07 |
| Lieu d’études (groupe de référence = reste du monde, sauf le Canada) | ||||
| France | 0,17 Tableau 5 Note *** | 0,03 | 0,20 Tableau 5 Note *** | 0,04 |
| Algérie | -0,01 | 0,02 | -0,01 | 0,02 |
| République démocratique du Congo | 0,34 Tableau 5 Note * | 0,14 | 0,33 Tableau 5 Note ** | 0,13 |
| États-Unis d’Amérique | 0,41 Tableau 5 Note ** | 0,15 | 0,46 Tableau 5 Note *** | 0,13 |
| Liban | 0,14 Tableau 5 Note † | 0,08 | 0,22 Tableau 5 Note * | 0,09 |
| Côte d’Ivoire | 0,19 Tableau 5 Note † | 0,10 | 0,23 Tableau 5 Note † | 0,14 |
| Cameroun | 0,06 | 0,06 | 0,16 | 0,10 |
| Égypte | 0,18 Tableau 5 Note * | 0,07 | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique |
| Suisse | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique | 0,40 Tableau 5 Note ** | 0,14 |
| Maurice | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique | 0,76 Tableau 5 Note *** | 0,14 |
| Royaume-Uni | 0,51 Tableau 5 Note ** | 0,18 | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique |
| Belgique | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique | 0,16 | 0,10 |
| Haïti | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique | 0,36 Tableau 5 Note * | 0,17 |
| Nombre d’années écoulées depuis l’admission (groupe de référence = 0 à 4 ans) | ||||
| 5 à 9 ans | -0,07 Tableau 5 Note † | 0,04 | 0,00 | 0,03 |
| 10 à 14 ans | -0,07 Tableau 5 Note † | 0,04 | 0,00 | 0,03 |
| 15 à 19 ans | -0,07 Tableau 5 Note † | 0,04 | 0,02 | 0,05 |
| 20 à 24 ans | -0,01 | 0,05 | 0,04 | 0,05 |
| 25 ans ou plus | -0,10 | 0,07 | 0,02 | 0,07 |
| Catégorie d’admission des immigrants (groupe de référence = catégorie économique) | ||||
| Regroupement familial | 0,03 | 0,03 | 0,06 Tableau 5 Note † | 0,03 |
| Réfugiés | 0,07 Tableau 5 Note † | 0,04 | 0,04 | 0,04 |
| Ordonnée à l’origine | 0,22 Tableau 5 Note ** | 0,08 | -0,08 | 0,06 |
| R2 rajusté | 0,08 | 0,08 | 0,14 | 0,14 |
Les résultats présentés au tableau 4 selon le lieu d’études et la catégorie d’admission des immigrants étaient généralement inchangés tout au long de l’analyse de régression portant sur les données de 2021 et de 2016, comme l’indique le tableau 5. Plus précisément, les IFFEE ayant étudié au Royaume-Uni, aux États-Unis d’Amérique et en République démocratique du Congo étaient les plus susceptibles de résider à l’extérieur du Québec. En revanche, les personnes ayant étudié en Algérie étaient les moins susceptibles de résider à l’extérieur du Québec (parmi les lieux d’études qui pouvaient être examinés séparément), bien qu’on ne puisse pas les distinguer (sur le plan de la signification statistique) des personnes qui ont étudié dans le reste du monde (sauf au Canada) et dans les autres pays énumérés dans le tableau. De plus, les personnes qui avaient étudié en France occupaient le haut du classement quant à leur probabilité de résider à l’extérieur du Québec.
Le fait que les IFFEE du Royaume-Uni et des États-Unis d’Amérique (deux pays où la langue officielle est l’anglais) étaient les plus susceptibles de résider à l’extérieur du Québec n’est peut-être pas étonnant, puisqu’il y a plus de possibilités d’emploi pour les enseignants anglophones à l’extérieur du Québec. Toutefois, le fait que les IFFEE de la République démocratique du Congo et de la France (deux pays où la langue officielle est le français) se classent également à un niveau élevé pour ce qui est de leur probabilité de résider à l’extérieur du Québec peut être lié à une forte demande d’enseignants francophones à l’extérieur du Québec (soit dans des écoles françaises, soit dans des programmes d’immersion en français).
Les résultats de l’analyse de régression ont confirmé que les IFFEE de la catégorie économique étaient moins susceptibles que leurs homologues de la catégorie de la famille ou de la catégorie des réfugiés de résider à l’extérieur du Québec, bien que les résultats n’aient pas toujours été statistiquement significatifs.
Enfin, les résultats n’ont révélé aucune différence statistiquement significative entre les hommes et les femmes ou selon l’âge à l’immigration (du moins en 2021), mais ont fait ressortir quelques différences légères selon le nombre d’années écoulées depuis l’immigration en 2021.
4.2 Les immigrants francophones qui ont reçu une formation d’enseignant à l’étranger et qui travaillent comme enseignants en français à l’extérieur du Québec
La proportion des immigrants francophones qui ont reçu une formation d’enseignant à l’étranger (IFFEE) et qui travaillent comme enseignants en français à l’extérieur du Québec est liée à leur incidence réelle sur l’atténuation de la pénurie d’enseignants de français à l’extérieur du Québec, surtout quand on les compare avec les FNIFE.
Le tableau 6 montre la répartition par secteur d’activité et par profession des IFFEE et des FNIFE en 2021Note pour l’ensemble de l’échantillon de personnes qui ont travaillé ainsi que pour celles qui ont travaillé au Québec et à l’extérieur du Québec. La proportion des travailleurs qui ont été employés comme enseignants présente un intérêt. Dans l’ensemble, cette proportion s’établissait à 39,0 % pour les IFFEE, ce qui était bien en deçà du taux observé chez les FNIFE (73,7 %). Bien que l’écart ne soit pas aussi important à l’extérieur du Québec (52,3 % comparativement à 79,7 %), il était tout de même considérable. En outre, les FNIFE à l’extérieur du Québec étaient beaucoup plus susceptibles de travailler comme enseignants en français (71,1 %) que les IFFEE (46,8 %).
Alors que les IFFEE étaient considérablement moins susceptibles de travailler comme enseignants par rapport aux FNIFE, ces derniers étaient plus susceptibles que les IFFEE d’occuper des emplois non liés à l’enseignement (y compris des postes de directeur ou d’administrateur) dans des écoles primaires ou secondaires, en particulier à l’extérieur du Québec (9,0 % des IFFEE comparativement à 4,1 % des FNIFE). Il en va de même pour les services d’enseignement (à l’exception des écoles primaires et secondaires), où 9,9 % des IFFEE étaient employés, comparativement à 3,3 % des FNIFE. Les IFFEE (22,9 %) étaient beaucoup plus susceptibles de travailler dans le secteur des soins de santé et de l’assistance sociale ou dans celui des administrations publiques que les FNIFE (6,3 %), une tendance qu’on retrouvait aussi au Québec (24,9 % des IFFEE comparativement à 6,3 % des FNIFE) et, dans une moindre mesure, à l’extérieur du Québec (10,8 % des IFFEE comparativement à 6,3 % des FNIFE).
| Immigrants francophones ayant reçu une formation d’enseignant à l’étranger | Non-immigrants francophones ayant reçu une formation d’enseignant | |||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Globalement | Ont travaillé au Québec | Ont travaillé à l’extérieur du Québec | Globalement | Ont travaillé au Québec | Ont travaillé à l’extérieur du Québec | |
| pourcentage | ||||||
Source : Statistique Canada, Recensement de la population, 2021. |
||||||
| Secteur d’activité ou profession | ||||||
| Agriculture, foresterie, pêche et chasse; services publics; commerce de gros; arts, spectacles et loisirs; et autres services (sauf administration publique) | 3,7 | 3,3 | 6,3 | 1,9 | 1,9 | 2,1 |
| Extraction minière, exploitation en carrière, et extraction de pétrole et de gaz | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique | 0,1 | 0,0 | 0,2 |
| Construction | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique | 0,3 | 0,3 | 0,3 |
| Fabrication | 5,8 | 6,6 | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique | 0,7 | 0,7 | 0,3 |
| Commerce de détail, et services d’hébergement et de restauration | 4,3 | 4,3 | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique | 1,5 | 1,6 | 1,2 |
| Transport et entreposage; industrie de l’information et industrie culturelle; finance et assurances; services immobiliers et services de location et de location à bail; services professionnels, scientifiques et techniques; gestion de sociétés et d’entreprises; services administratifs, services de soutien, services de gestion des déchets et services d’assainissement | 9,2 | 9,8 | 5,4 | 3,1 | 3,2 | 2,6 |
| Enseignants, directeurs et administrateurs d’écoles primaires et secondaires | 39,0 | 36,4 | 52,3 | 73,7 | 72,6 | 79,7 |
| Enseignants, directeurs et administrateurs d’écoles primaires et secondaires (français utilisé au travail) | 35,9 | 33,9 | 46,8 | 70,3 | 70,1 | 71,1 |
| Enseignants, directeurs et administrateurs d’écoles primaires et secondaires (autre langue utilisée au travail) | 3,1 | 2,5 | 6,3 | 3,4 | 2,5 | 8,5 |
| Écoles primaires et secondaires (à l’exclusion des enseignants, des directeurs d’école et des administrateurs) | 8,9 | 8,7 | 9,0 | 7,6 | 8,2 | 4,1 |
| Services d’enseignement (à l’exclusion des écoles primaires et secondaires) | 5,8 | 5,1 | 9,9 | 4,8 | 5,1 | 3,3 |
| Soins de santé et assistance sociale, et administrations publiques | 22,9 | 24,9 | 10,8 | 6,3 | 6,3 | 6,3 |
Les tendances à occuper un emploi d’enseignant en françaisNote selon le sexe et le groupe d’âge faisaient également apparaître des différences entre les IFFEE et les FNIFE (tableau 7). Alors que les IFFEE de sexe masculin étaient plus susceptibles de travailler comme enseignants en français (40,0 %) que leurs homologues de sexe féminin (34,2 %), l’inverse était vrai chez les FNIFE (66,1 % des hommes par rapport à 71,4 % des femmes). De même, la proportion de personnes occupant un poste d’enseignant en français augmentait avec l’âge chez les IFFEE, alors qu’elle diminuait chez les FNIFE.
| Immigrants francophones ayant reçu une formation d’enseignant à l’étranger | Francophones non immigrants ayant une formation d’enseignant | |
|---|---|---|
| pourcentage | ||
| Notes : Les échantillons comprennent des personnes âgées de 18 à 60 ans qui occupaient un emploi à un moment donné depuis le 1er janvier 2020. Sont exclus les immigrants qui ont été admis avant 1980.
Sources : Statistique Canada, Recensement de la population de 2021 et fichiers maîtres sur les particuliers T1 de 2017 à 2021. |
||
| Sexe | ||
| Hommes | 40,0 | 66,1 |
| Femmes | 34,2 | 71,4 |
| Âge | ||
| Moins de 35 ans | 28,6 | 76,9 |
| 35 à 44 ans | 32,5 | 72,6 |
| 45 ans et plus | 38,6 | 64,4 |
Le tableau 8 présente les pourcentages d’IFFEE qui étaient employés comme enseignants en français selon diverses caractéristiques des immigrants en 2021. Les IFFEE qui avaient étudié en Égypte, en Côte d’Ivoire, en Algérie, aux États-Unis d’Amérique, en France, au Liban et au Cameroun étaient beaucoup plus susceptibles de travailler comme enseignants en français que ceux qui avaient étudié ailleurs dans le monde (sauf au Canada). De même, les IFFEE de la catégorie économique étaient environ deux fois plus susceptibles de travailler comme enseignants en français que les IFFEE des catégories du regroupement familial ou des réfugiés.
Le tableau montre également les résultats selon l’âge au moment de l’admission, ainsi que le nombre d’années écoulées depuis l’admission. Ces résultats sont un peu plus hétérogènes et font ressortir l’importance d’adopter une approche multivariée.
| Pourcentage | |
|---|---|
| Notes : Les échantillons comprennent des personnes âgées de 18 à 60 ans qui occupaient un emploi à un moment donné depuis le 1er janvier 2020. Sont exclus les immigrants qui ont été admis avant 1980.
Source : Statistique Canada, Recensement de la population, 2021. |
|
| Lieu d’études | |
| France | 45,1 |
| Algérie | 49,1 |
| États-Unis d’Amérique | 45,5 |
| Liban | 42,1 |
| Côte d’Ivoire | 53,3 |
| Cameroun | 38,9 |
| Égypte | 56,0 |
| Reste du monde (sauf le Canada) | 24,6 |
| Âge à l’admission | |
| Moins de 25 ans | 31,0 |
| 25 à 34 ans | 35,1 |
| 35 à 44 ans | 38,5 |
| 45 ans et plus | 30,6 |
| Nombre d’années écoulées depuis l’admission | |
| 0 à 4 ans | 30,5 |
| 5 à 9 ans | 29,8 |
| 10 à 14 ans | 38,4 |
| 15 à 19 ans | 47,5 |
| 20 à 24 ans | 33,3 |
| 25 ans ou plus | 22,6 |
| Catégorie d’admission des immigrants | |
| Économique | 40,6 |
| Regroupement familial | 23,8 |
| Réfugiés | 20,6 |
À cette fin, le tableau 9 montre les résultats d’un modèle de probabilité linéaire où la variable dépendante est égale à 1 si la personne était un enseignant en français, et 0 dans les autres cas. La principale covariable d’intérêt dans le modèle est le lieu de travail. Les IFFEE qui travaillaient à l’extérieur du Québec étaient plus susceptibles de 14 points de pourcentage de travailler comme enseignants en français que leurs homologues qui travaillaient au Québec (une différence significative s’établissant à 1 %).
| Coefficient | Erreur-type | |
|---|---|---|
Sources : Statistique Canada, Recensement de la population de 2021 et fichiers maîtres sur les particuliers T1 de 2017 à 2021. |
||
| Lieu de travail (groupe de référence = Québec) | ||
| À l’extérieur du Québec | 0,14 Tableau 9 Note ** | 0,05 |
| Sexe (groupe de référence = hommes) | ||
| Femmes | -0,03 | 0,04 |
| Âge à l’admission (groupe de référence = moins de 25 ans) | ||
| 25 à 34 ans | 0,02 | 0,08 |
| 35 à 44 ans | 0,05 | 0,09 |
| 45 ans et plus | 0,08 | 0,11 |
| Lieu d’études (groupe de référence = reste du monde, sauf le Canada) | ||
| France | 0,20 Tableau 9 Note *** | 0,04 |
| Algérie | 0,21 Tableau 9 Note *** | 0,05 |
| États-Unis d’Amérique | 0,17 | 0,15 |
| Liban | 0,20 Tableau 5 Note † | 0,11 |
| Côte d’Ivoire | 0,29 Tableau 9 Note * | 0,12 |
| Cameroun | 0,16 | 0,10 |
| Égypte | 0,32 Tableau 9 Note ** | 0,10 |
| Nombre d’années écoulées depuis l’admission (groupe de référence = 0 à 4 ans) | ||
| 5 à 9 ans | -0,02 | 0,05 |
| 10 à 14 ans | 0,11 Tableau 9 Note * | 0,05 |
| 15 à 19 ans | 0,23 Tableau 9 Note *** | 0,06 |
| 20 à 24 ans | 0,07 | 0,07 |
| 25 ans ou plus | 0,09 | 0,08 |
| Catégorie d’admission des immigrants (groupe de référence = catégorie économique) | ||
| Regroupement familial | -0,12 Tableau 9 Note ** | 0,04 |
| Réfugiés | -0,10 Tableau 5 Note † | 0,05 |
| Ordonnée à l’origine | 0,16 | 0,10 |
| R2 rajustée | 0,09 | 0,09 |
Le tableau 9 indique également que les IFFEE qui ont étudié en Égypte, en Côte d’Ivoire, en Algérie, en France et au Liban étaient nettement plus susceptibles de travailler comme enseignants en français que ceux qui avaient étudié dans les pays faisant partie du groupe de référence (tous les pays qui ne figurent pas dans le tableau, sauf le Canada, puisque, par définition, les IFFEE ont acquis leurs titres de compétence à l’extérieur du Canada). Ces différences variaient de 20 à 32 points de pourcentage.
Les IFFEE de la catégorie du regroupement familial étaient moins susceptibles de 12 points de pourcentage et ceux de la catégorie des réfugiés moins susceptibles de 10 points de pourcentage que les IFFEE de la catégorie économique de travailler comme enseignants en français. Bien que les différences soient nettement plus faibles que celles présentées au tableau 8, les IFFEE de la catégorie économique étaient encore beaucoup plus susceptibles que les deux autres groupes de travailler comme enseignants en français.
Enfin, les résultats du tableau 9 indiquent en outre qu’il n’y avait pas de différences significatives selon le sexe ou l’âge au moment de l’immigration. Les IFFEE qui s’étaient installés au Canada de 10 à 19 ans plus tôt étaient beaucoup plus susceptibles de travailler comme enseignants en français que leurs homologues qui avaient immigré de 0 à 4 ans plus tôtNote .
Le fait que les IFFEE étaient plus susceptibles de travailler comme enseignants en français à l’extérieur du Québec plutôt qu’au Québec est remarquable. L’une des raisons possibles est d’ordre économique : les salaires des enseignants sont généralement moins élevés au Québec que dans d’autres grandes provinces, comme l’Ontario, l’Alberta et la Colombie-BritanniqueNote . Si des possibilités d’emploi autres que dans l’enseignement s’avèrent plus lucratives, celles-ci pourraient détourner les IFFEE de l’enseignement. Or, les IFFEE employés comme enseignants (y compris comme enseignants en français) gagnaient beaucoup plus que leurs homologues occupant d’autres emplois, ce qui donne à penser que l’enseignement aurait généralement constitué un premier choix sur le plan économique. De plus, l’écart entre le revenu médian des IFFEE employés comme enseignants et celui de leurs homologues occupant d’autres emplois était en fait moins important à l’extérieur du Québec que dans la province. Autrement dit, les perspectives de rémunération relativement plus faibles pour des professions autres que l’enseignement n’étaient probablement pas un facteur pouvant expliquer la prévalence plus élevée des IFFEE occupant un emploi dans l’enseignement à l’extérieur du Québec plutôt qu’au QuébecNote . Bien qu’il ne soit pas possible de déterminer les raisons de cette tendance, d’autres facteurs peuvent jouer un rôle, comme les différences dans la reconnaissance des titres de compétence, l’offre et la demande sur le marché de l’enseignement, et les préférences des travailleurs.
5 Conclusion
Des pénuries d’enseignants francophones ont été signalées à l’extérieur du Québec, ce qui soulève des préoccupations au sujet de la viabilité à long terme du français dans les CFM. L’une des façons de remédier à ces pénuries consiste à recruter et à retenir activement les immigrants francophones qui ont déjà une formation d’enseignant. Le but de la présente étude était de mettre en évidence la taille relative de ce groupe, les régions où ces immigrants tendent à s’établir au Canada et leur propension à travailler comme enseignants dans des écoles primaires et secondaires, particulièrement en français. Autrement dit, l’étude visait à quantifier le rôle potentiel et réel que jouent les immigrants afin d’atténuer la pénurie d’enseignants en français dans les CFM.
L’étude révèle que 0,2 % des immigrants âgés de 18 à 60 ans en 2021 étaient des francophones ayant une formation d’enseignant (dont environ la moitié, soit 0,1 %, l’avaient reçue à l’extérieur du Canada), comparativement à 0,7 % des non-immigrants du même groupe d’âge.
Parmi les principaux groupes de comparaison, 14,9 % des IFFEE résidaient à l’extérieur du Québec, soit environ la même proportion que celle des FNIFE (15,8 %). Les IFFEE vivant à l’extérieur du Québec étaient plus susceptibles de résider à Toronto, en Alberta et en Colombie-Britannique, mais moins susceptibles de résider dans le reste de l’Ontario (sauf à Ottawa, où ils étaient à peu près aussi susceptibles de résider) et au Nouveau-Brunswick. Parmi les IFFEE, le lieu d’études et la catégorie d’admission de la personne immigrante étaient fortement associés à la probabilité de résider à l’extérieur du Québec. Plus précisément, les IFFEE qui avaient étudié au Royaume-Uni, aux États-Unis d’Amérique et en République démocratique du Congo étaient les plus susceptibles de résider à l’extérieur du Québec, tandis que ceux qui avaient étudié en Algérie étaient les moins susceptibles (parmi les lieux d’études qu’on pouvait examiner séparément). En ce qui concerne les catégories d’admission, les IFFEE de la catégorie économique étaient moins susceptibles de résider à l’extérieur du Québec que les IFFEE de la catégorie des réfugiés.
Dans l’ensemble, 39,0 % des IFFEE occupés travaillaient comme enseignants, ce qui était bien en deçà du taux observé chez les FNIFE (73,7 %). Même si l’écart n’était pas aussi important à l’extérieur du Québec (52,3 % des IFFEE comparativement à 79,7 % des FNIFE), il était tout de même appréciable. En outre, les FNIFE à l’extérieur du Québec étaient beaucoup plus susceptibles de travailler comme enseignants en français (71,1 %) que les IFFEE (46,8 %).
Parmi les IFFEE, le lieu de travail, le lieu d’études et la catégorie d’admission de la personne immigrante étaient fortement associés à la probabilité de travailler dans l’enseignement. Plus précisément, les IFFEE travaillant à l’extérieur du Québec étaient beaucoup plus susceptibles d’être employés comme enseignants en français que leurs homologues travaillant au Québec. Les IFFEE qui avaient étudié en Égypte, en Côte d’Ivoire, en Algérie, en France et au Liban étaient les plus susceptibles de travailler comme enseignants en français, tandis que les IFFEE de la catégorie économique étaient plus susceptibles de travailler comme enseignants en français que leurs homologues de la catégorie du regroupement familial ou de la catégorie des réfugiés.
Comme nous l’avons vu dans la section sur le contexte politique, de récentes initiatives fédérales ont été élaborées pour recruter et maintenir en poste des enseignants d’expression française, y compris des enseignants francophones issus de l’immigration, notamment dans les CFM. Ces initiatives ont été élaborées peu après les périodes de référence de la présente étude (2021 et 2016). Ainsi, il sera judicieux de suivre l’évolution de la pénurie d’enseignants en français dans les CFM compte tenu des initiatives récentes et du rôle que pourraient jouer les immigrants au cours des prochaines années.
6 Annexe
| Immigrants francophones ayant reçu une formation d’enseignant à l’étranger | Immigrants francophones ayant reçu une formation d’enseignant à l’étranger et qui occupaient un emploi à un moment donné depuis le 1er janvier de l’année précédant le recensement | |||
|---|---|---|---|---|
| 2021 | 2016 | 2021 | 2016 | |
| pourcentage | ||||
Sources : Statistique Canada, Recensement de la population de 2016 et 2021 et fichiers maîtres sur les particuliers T1 de 2017 à 2021. |
||||
| Sexe | ||||
| Homme | 29,2 | 28,9 | 29,8 | 30,6 |
| Femme | 70,8 | 71,1 | 70,2 | 69,4 |
| Âge à l’admission | ||||
| Moins de 25 ans | 4,3 | 4,9 | 4,0 | 4,8 |
| 25 à 34 ans | 50,6 | 52,2 | 51,0 | 52,5 |
| 35 à 44 ans | 38,0 | 35,9 | 38,1 | 35,9 |
| 45 ans et plus | 7,3 | 7,0 | 6,8 | 6,9 |
| Lieu d’études | ||||
| France | 20,3 | 17,9 | 22,7 | 19,9 |
| Algérie | 15,0 | 14,5 | 15,5 | 14,0 |
| République démocratique du Congo | 1,4 | 1,6 | 1,4 | 1,4 |
| États-Unis d’Amérique | 1,3 | 1,5 | 1,5 | 1,0 |
| Liban | 2,8 | 2,4 | 2,6 | 2,1 |
| Côte d’Ivoire | 2,2 | 1,6 | 2,1 | 1,6 |
| Cameroun | 3,0 | 2,0 | 2,5 | 1,9 |
| Égypte | 3,6 | 2,8 | 3,5 | 2,8 |
| Suisse | 0,4 | 1,5 | 0,6 | 1,6 |
| Maurice | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique | 0,8 | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique | 0,5 |
| Royaume-Uni | 0,9 | 0,5 | 0,8 | 0,7 |
| Belgique | 1,5 | 1,8 | 1,4 | 2,1 |
| Haïti | 2,0 | 1,1 | 2,1 | 1,2 |
| Reste du monde (sauf le Canada) | 45,7 | 49,7 | 43,4 | 49,2 |
| Nombre d’années écoulées depuis l’admission | ||||
| 0 à 4 ans | 17,2 | 27,4 | 14,6 | 22,6 |
| 5 à 9 ans | 24,4 | 29,5 | 23,3 | 31,6 |
| 10 à 14 ans | 28,2 | 22,9 | 30,0 | 24,5 |
| 15 à 19 ans | 17,9 | 9,6 | 19,6 | 10,4 |
| 20 à 24 ans | 8,1 | 6,6 | 8,3 | 7,4 |
| 25 ou plus | 4,3 | 3,7 | 4,3 | 3,5 |
| Catégorie d’admission des immigrants | ||||
| Économique | 69,6 | 69,5 | 73,4 | 70,8 |
| Regroupement familial | 21,0 | 20,5 | 18,0 | 19,9 |
| Réfugiés | 9,5 | 10,0 | 8,7 | 9,3 |
Bibliographie
Frenette, M. 2024. Maintien en poste et recrutement de jeunes travailleurs qualifiés de langue officielle minoritaire dans les provinces canadiennes, Rapports économiques et sociaux, vol. 4, no 6, produit no 36-28-0001 au catalogue de Statistique Canada.
Gouvernement du Canada. 2023a. Loi visant l’égalité réelle entre les langues officielles du Canada (projet de loi C-13).
Gouvernement du Canada. 2023b. Projet de loi C-13 : Loi modifiant la Loi sur les langues officielles, édictant la Loi sur l’usage du français au sein des entreprises privées de compétence fédérale et apportant des modifications connexes à d’autres lois.
Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada. 2024. Promouvoir l’immigration francophone hors Québec .
Patrimoine canadien. 2021. Français et anglais : vers une égalité réelle des langues officielles au Canada, produit no CH14-50/2021E-PDF au catalogue.
Patrimoine canadien. 2023. Plan d’action pour les langues officielles 2023-2028 : Protection, promotion et collaboration. Gouvernement du Canada.
SOCIUS. 2021. La pénurie du personnel enseignant en immersion française et en français langue seconde, étude réalisée pour le compte de l’Association canadienne des professeurs de langues secondes.
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