Aperçus économiques
Développements récents de l'économie canadienne 2020 : COVID-19, troisième édition

Sean Clarke, Carter McCormack et Wisha Asghar
11-626-X no 115

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Cet article spécial de la série Aperçus économiques présente un bref aperçu de la levée des restrictions sur les activités sociales et économiques qui ont été mises en place alors que le Canada et d’autres pays ont tenté de lutter contre la pandémie de la COVID-19. L’article, qui vise à appuyer l’analyse continue des répercussions économiques de la COVID-19, fournit des données contextuelles sur ces restrictions, compilées à partir de sources accessibles au public. Vous trouverez plus de renseignements sur les annonces des grandes entreprises et du gouvernement dans Nouvelles économiques canadiennes.

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Les arrêts de travail soudains entraînent de sévères contractions dans l’ensemble des économies avancées

Après que le virus de la COVID-19 s’est propagé au-delà des frontières de la Chine au début de 2020, les pays du monde entier ont commencé à mettre en œuvre divers types de mesures de santé publique, y compris l’éloignement social et l’auto-isolement, pour limiter la propagation du virus. Certaines exceptions comprenaient notamment la Corée du Sud, le Japon, la Suède, le Royaume-Uni (initialement), la Hongrie, le Brésil et le Mexique, où aucune mesure générale de confinement obligatoire n’a été mise en œuvre, ou les mesures ont été mises en œuvre plus tard pendant la pandémieNote . De nombreux pays n’ont permis que les services essentiels, tout en tentant de protéger les travailleurs de première ligne contre le virus. L’arrêt volontaire de l’activité économique non essentielle, jumelé à l’éloignement physique et aux décrets exigeant de rester à la maison, ont entraîné de graves reculs de l’activité économique partout dans le monde.

Dans son plus récent Aperçu économique mondialNote , le Fonds monétaire international (FMI) a prévu que la production mondiale diminuerait de 4,9 % en 2020 en raison de la pandémie. Le PIB annuel du Canada devrait reculer de 8,4 % en 2020, tandis que l’on s’attend à ce que la production des États-Unis recule de 8,0 %. L’Allemagne (-7,8 %), la France (-12,5 %), le Royaume-Uni (-10,2 %) et le Japon (-5,8 %) devraient tous connaître de graves ralentissements économiques en 2020. La croissance de la Chine (+1,0 %) devrait aussi être beaucoup plus lente. En présumant que la pandémie s’essoufflera au cours de la deuxième moitié de 2020 et que les restrictions seront graduellement levées, le FMI s’attend à ce que l’économie mondiale connaisse un regain de 5,4 % en 2021. Le Canada (+4,9 %) et les États-Unis (+4,5 %) devraient tous deux retourné à une croissance positive en 2021.

Le Canada se confine en mars et avril, ce qui donne lieu à des reculs sans précédent de l’activité économique

L’Ontario et la Colombie-Britannique ont confirmé leurs premiers cas positifs de la COVID-19 les 25 et 29 janvier respectivement, suivis du Québec le 27 février. Le 11 mars, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a qualifié la propagation du virus de pandémie. À commencer par le Québec le 14 mars, les provinces et les territoires ont commencé à déclarer des urgences de santé publique ou des états d’urgence sanitaire, fermant les écoles, limitant la taille des rassemblements publics à des nombres de plus en plus petits, et cessant ensuite toute activité autre que les services essentiels. Les restaurants, les bars, les magasins de détail non essentiels et les services personnels ont tous commencé à fermer à la mi-mars et à la fin du mois, le pays faisait essentiellement l’objet de décrets de confinement obligatoire. Le Canada a interdit aux ressortissants étrangers de tous les pays sauf les États-Unis d’entrer au Canada le 16 mars, et a ensuite interdit les voyages non essentiels entre le Canada et les États-Unis le 20 mars. Ces restrictions économiques sont demeurées en place pendant tout le mois d’avril dans toutes les régions du pays.

L’ampleur des arrêts de travail en mars et avril a donné lieu à des reculs sans précédent de l’activité économique De février à avril, l’emploi total au Canada a reculé de 15,7 % et le taux de chômage a augmenté pour passer de 5,6 % à 13,0 %. Le taux d’emploi au Canada – la portion de la population d’âge actif qui a un emploi – a reculé pour atteindre un creux sans précédent de 52,1 % en avril, ce qui représente près de 10 points de pourcentage de moins que le taux observé en février.

La contraction de la production économique du Canada pendant les mois de mars et d’avril a aussi été sévère. Le produit intérieur brut (PIB) réel a reculé de 7,5 % en mars, et les importantes réductions dans les services privés et publics ont représenté plus de 80 % de la baisse générale. Le PIB réel s’est ensuite contracté de 11,6 % en avril alors que les reculs au sein des industries de service se sont accélérés et que les arrêts de travail ont eu de graves répercussions sur la production dans le secteur de la construction et de la fabrication (graphique 1). Les restrictions en matière de santé publique à l’échelle du pays ont par la suite commencé à être levées au milieu de mai.

Chart 1

Data table for Chart 1 
Tableau de données du graphique 1
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 1 Avril et Mars, calculées selon contribution par point de pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Avril Mars
contribution par point de pourcentage
Produit intérieur brut aux prix de base -11,638 -7,468
Secteur des entreprises : Biens -4,534 -1,451
Secteur des entreprises : Services -5,999 -4,532
Secteur non commercial : Services -1,101 -1,474

Levée des restrictions économiques au Canada et à l’étranger alors que les efforts se tournent vers la reprise

Au cours des derniers mois, le Canada et d’autres pays ont commencé à lever les restrictions imposées aux activités sociales et économiques tout en surveillant toute nouvelle propagation du virus. L’efficacité des stratégies adoptées pendant le confinement obligatoire et les étapes de relance aura une certaine incidence sur le déroulement du processus de reprise : reprise en forme de V, où le PIB rebondit rapidement pour atteindre les niveaux d’avant la crise; reprise en forme de U, où le PIB retourne aux niveaux d’avant la crise plus lentement; reprise en forme de L, où le parcours de production ne retourne jamais aux niveaux d’avant la crise et où la croissance est plus faible, ou reprise en forme de W, où les pays sont forcés de remettre en œuvre les décrets de confinement obligatoire et subissent une seconde baisse de productionNote .

Les gouvernements nationaux du monde entier ont en général précisé diverses conditions pour gérer le processus de relance. Premièrement, la plupart des mesures d’encouragement pour aider l’économie à traverser la phase de confinement obligatoire, y compris l’aide salariale aux travailleurs, les mesures pour réduire les coûts ou offrir un financement aux entreprises et les mesures de liquidités des banques centrales, devraient se poursuivre tout au long de la relance.

Deuxièmement, les mesures de santé publique continueront d’être mises en application. Le nombre de personnes autorisées dans les rassemblements sociaux demeurera limité tout au long du processus et ne sera augmenté que graduellement. Les règles de distanciation physique demeureront probablement en place même après la relance complète d’un pays. Les masques non chirurgicaux sont fortement suggérés lors des sorties, plus particulièrement lorsque la distanciation physique est difficile à respecter (par exemple dans les transports publics ou les établissements de détail). On encourage fortement les populations vulnérables à rester à la maison et les visites dans les centres hospitaliers de soins de longue durée et les hôpitaux sont en général interdites.

Troisièmement, avant la relance, le nombre de nouveaux cas de COVID-19 doit être à la baisse. Aux États-Unis, par exemple, il doit y avoir une trajectoire descendante des maladies semblables à l’influenza et des cas de syndromes comparables à la COVID-19 pendant une période de 14 joursNote

Finalement, tout au long du processus, les hôpitaux doivent avoir la capacité de traiter tous les nouveaux cas et être en mesure de poursuivre, ou d’accélérer les tests robustes pour détecter le virus. Toute résurgence du virus pourrait exiger de ralentir le processus de relance ou de l’interrompre complètementNote . À titre d’exemple, l’Allemagne a introduit un mécanisme de « frein d’urgence » qui permet de renouveler immédiatement les restrictions si une région enregistre 50 nouvelles infections par 100 000 habitants pendant une période de sept joursNote . La Corée a annoncé récemment qu’elle réimposera des mesures de distanciation physique à Séoul en fermant les musées, les parcs et les galeries d’art en raison d’une nouvelle éclosion du virus. Les citoyens ont aussi été avisés d’éviter les rassemblements sociaux ou les lieux très fréquentés, y compris les restaurants et les barsNote . Aux États-Unis, certains États ont récemment interrompu leurs plans de relance (Oregon, Washington, Mississippi, les Carolines) ou ont inversé le cours et commencé à mettre en œuvre des restrictions une fois de plus (Floride, Texas, Californie, Arizona)Note .

La capacité d’informer les personnes qui auraient pu entrer en contact avec une personne infectée par le biais d’une recherche des contacts est aussi mise en œuvre dans divers secteurs de compétence. La Chine, la Corée du Sud, Taïwan, Singapour et dans une moindre mesure, le Japon ont tous mis en œuvre une recherche des contacts pour contribuer à ralentir la propagation du virus Note .

La plupart des pays ont mis en œuvre des plans de relance par étapes

La plupart des pays ont adopté une approche graduelle par étapes en vue de la relance économique. La chine a commencé à lever les restrictions en mars, bien que les restrictions à Wuhan, l’épicentre du virus, n’aient été levées qu’en avril. L’Allemagne a commencé à lever les restrictions à la fin d’avril. L’administration des États-Unis a annoncé ses plans de relance à la mi-avril, permettant aux États de décider quand entreprendre le processus (la Géorgie, la Caroline du Sud et le Tennessee ont commencé à lever les restrictions à la fin d’avril). Le Royaume-Uni et l’Italie ont commencé à se déconfiner au début de mai, alors que la plupart des autres pays d’Europe, notamment la France, l’Espagne et l’Autriche, ont commencé vers la mi-mai. L’Australie et la Nouvelle-Zélande ont toutes deux commencé à lever les restrictions au début de mai.

Approche par étapes du Canada dirigée par les provinces

Presque toutes les provinces ont annoncé un plan de relance et la plupart ont adopté une approche par phases (Saskatchewan, Île-du-Prince-Édouard, Manitoba, Colombie-Britannique, Territoires du Nord-Ouest et Yukon) ou par étapes (Alberta, Ontario). Terre-Neuve et le Nouveau-Brunswick ont annoncé une série de niveaux d’alerte pour indiquer le niveau de menace entraîné par le virus. Le Québec, la Nouvelle-Écosse et le Nunavut n’ont pas annoncé les dates des différentes phases (tableau 1). Toutes les approches comprennent une série d’étapes lentes et méthodiques pour lever les restrictions. Chaque étape consiste à lever lentement les restrictions sur les activités qui peuvent être classées dans quatre vastes groupes : activités à l’extérieur, entreprises, procédures médicales et services personnels (même s’il peut y avoir des chevauchements entre les catégories). Actuellement, la plupart des provinces sont rendues à la fin de la phase 3 ou au début de la phase 4Note .

Tandis que le Nouveau-Brunswick a commencé à rouvrir au cours de la dernière semaine d’avril, la plupart des autres provinces ont commencé entre le début et le milieu de mai. Montréal a accusé un retard sur le reste du Québec dans son réouverture en raison du nombre de cas de COVID-19 dans la ville. De même, Calgary a pris du retard sur le reste de l’Alberta. En Ontario, Toronto et la plupart des régions du Golden Horseshoe ont été plus lentes à rouvrir que dans le reste de la province pour des raisons semblables. Alors que certaines provinces ont annoncé des calendriers selon lesquels elles passeraient d’une phase à la suivante, les restrictions planifiées pour une phase donnée ne sont pas toutes levées dès le premier jour. Les provinces ont graduellement levé les restrictions sur quelques semaines à l’intérieur de chaque phase avant de procéder à la phase suivante.


Tableau 1
Dates de début provinciales et territoriales de la relance progressive
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Dates de début provinciales et territoriales de la relance progressive Phase 1, Phase 2, Phase 3, Phase 4 et Phase 5(figurant comme en-tête de colonne).
Phase 1Tableau 1 Note 1 Phase 2 Phase 3 Phase 4 Phase 5
Terre-Neuve-et-Labrador 11 mai 8 juin 25 juin À déterminer S.O.
Île-du-Prince-Édouard 1er mai 22 mai 1er juin 26 juin S.O.
Nouvelle-ÉcosseTableau 1 Note 2 1er mai 15 mai 5 juin 23 juin À déterminer
Nouveau-Brunswick 24 avril 8 mai 22 mai À déterminer S.O.
QuébecTableau 1 Note 2 4 mai 1er juin 15 juin 25 juin S.O.
Ontario 19 mai 12 juin 17 juillet S.O. S.O.
Manitoba 4 mai 1er juin 21 juin À déterminer À déterminer
Saskatchewan 4 mai 19 mai 8 juin 22 juin À déterminer
Alberta 4 mai 9 juin À déterminer S.O. S.O.
Colombie-Britannique 6 maiTableau 1 Note 2 14 mai 24 juin À déterminer S.O.
Yukon 15 mai 1er juillet À déterminer S.O. S.O.
Territoires du Nord-Ouest 15 mai 12 juin À déterminer À déterminer S.O.
NunavutTableau 1 Note 2 1er juin 29 juin 20 juillet À déterminer À déterminer

Aspects particuliers de la Phase 1

Pendant la Phase 1, un nombre limité d’entreprises qui n’étaient pas jugées essentielles pendant la phase de confinement obligatoire ont été autorisées à ouvrir. Il s’agit notamment des commerces de détail avec des règlements stricts comme le ramassage sur le trottoir ou la livraison, ainsi que des mesures d’hygiène adéquates et la distanciation physique . Les cafés et les restaurants étaient ouverts pour des mets à emporter, mais les repas pris à l’intérieur sont restés interdits, tout comme le service au bar. Les services d’aménagement paysager et certaines nouvelles constructions ont aussi eu la permission de reprendre graduellement.

Certaines procédures médicales comme les chirurgies non urgentes ou électives et le dépistage diagnostique de même que les services prioritaires (p. ex. l’assistance cardiaque, le dépistage du cancer) ont été lentement autorisées lors de la Phase 1. Certains services de dentisterie, d’optométrie et services offerts par des opticiens/opticiennes d’ordonnances ainsi que des services de thérapie physique ont aussi été graduellement autorisés, en mettant en place les restrictions d’hygiène appropriées. D’autres services personnels, y compris les salons de coiffure, ont pu commencer à rouvrir dans certaines provinces. Les garderies ont pu reprendre du service, même si les capacités demeurent strictement limitées. D’autres services de garde non scolaires comme les camps d’été peuvent rouvrir avec de sévères restrictions sur le plan d’éloignement social, de l’hygiène et de la capacité . Les établissements postsecondaires continueront d’offrir des cours en ligne, alors que des options de cours en personne seront envisagées. Des cours d’été pour les classes de la maternelle à la 12e année ont été offerts, mais seulement en ligne.

Les écoles primaires et secondaires sont restées fermées lors de la Phase 1, sauf au Québec où les prématernelles et les écoles primaires situées en dehors de Montréal ont rouvert le 11 mai sur une base volontaire, et en respectant une limite de 15 élèves par classe. Dans toutes les provinces, les événements artistiques et culturels, les grands événements sportifs, les concerts, les cinémas, les théâtres, les centres récréatifs, les arénas, les spas, les centres d’entraînement et de conditionnement physique ainsi que les bars et les clubs de nuit sont restés fermés pendant la Phase 1.

Dans certaines provinces et certains territoires, les rassemblements de plus de 5 ou 6 personnes n’étaient pas permis lors de la Phase 1 (Colombie-Britannique, Ontario, Nouvelle-Écosse, Nunavut et Île-du-Prince-Édouard (à l’intérieur)), tandis que dans d’autres provinces, les rassemblements de plus de 10 personnes ne sont pas permis (Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve, Québec, Manitoba, Saskatchewan, Yukon, Territoires du Nord-Ouest et Île-du-Prince-Édouard (à l’extérieur)). En Alberta, la limite était de 15 personnes. Le Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve et la Nouvelle-Écosse ont introduit l’idée de la « bulle de deux ménages » où les ménages peuvent choisir de passer du temps avec un autre ménage désigné.

La plupart des provinces ont commencé à permettre un accès limité aux parcs et terrains de camping provinciaux et municipaux bien qu’en Nouvelle-Écosse et à Terre-Neuve, les terrains de camping provinciaux et privés soient restés fermés. Les plages, à tout le moins au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse, ont été autorisées à ouvrir en respectant une distanciation physique sévère. À l’Île-du-Prince-Édouard et en Nouvelle-Écosse, les résidents ont été autorisés à se rendre dans leurs propres chalets, en respectant les mêmes restrictions de santé publique que s’ils étaient à la maison.

Aspects particuliers de la Phase 2

La transition à la Phase 2 était conditionnelle au succès de la Phase 1 et elle a poursuivi le relâchement des restrictions. La Phase 2 s’est concentrée sur la levée des restrictions sur les activités à l’intérieur et la reprise d’autres activités commerciales. La majorité des provinces ont commencé à entrer dans la Phase 2 au milieu de mai ou au début de juinNote . La majeure partie de l’Ontario est passée à l’étape 2 le 12 juin, tandis que la plupart des régions du Golden Horseshoe, y compris Toronto et Hamilton, avaient amorcé la transition au 24 juin. L’Alberta est passée à la Phase 2 le 9 juin. Au Yukon, la Phase 2 a commencé le 1er juillet.

Les chantiers de construction dans des bureaux qui n’avaient pas ouvert à la Phase 1 ont commencé à rouvrir à la Phase 2, ainsi que tous les autres chantiers de construction et les services de réparations et d’entretien. Les restaurants, les cafés et les pubs qui n’avaient pu ouvrir lors de la Phase 1 ont été autorisés à le faire, pourvu qu’ils aient mis en place des mesures de distanciation suffisantes et que la capacité à l’intérieur soit limitée à 50 %. Dans le même ordre d’idées, les cinémas et les théâtres dans certaines provinces ont été autorisés à ouvrir, mais avec la mise en place de mesures d’éloignement social et d’une capacité limitée.

Le commerce de détail a crû lors de la Phase 2. Tandis que certains détaillants pourraient recevoir un nombre limité de consommateurs à l’intérieur, la livraison en ligne ou le ramassage sur le trottoir (s’ils ont une entrée donnant sur la rue) étaient tout de même recommandés. Dans certains cas, les magasins de vêtements, les magasins de chaussures, les bijouteries, les fleuristes, les magasins d’articles de sport, les magasins de jouets, les magasins d’électronique et de divertissement ainsi que les agences de voyages ont été autorisés à ouvrir. Les centres commerciaux sont en général restés fermés à la Phase 2.

Un plus grand nombre de chirurgies électives ont été autorisées, alors que certaines provinces ont travaillé à réduire les retards. Les services de physiothérapie, de chiropractie, de thérapie physique, de thérapie de la parole et autres services similaires ont été autorisés à reprendre.

Bon nombre des services personnels qui n’avaient pas encore repris ont été autorisés à redémarrer à la Phase 2. Il s’agissait en général des services dans les provinces qui n’avaient pas initialement levé les restrictions sur ces activités précédemment.

La plupart des provinces qui n’avaient pas ouvert leurs terrains de camping ou leurs parcs provinciaux ont commencé à les ouvrir à la Phase 2. Les activités sportives saisonnières pour enfants et autres sports d’équipe pratiqués sur des terrains ont commencé à être offertes, bien que le nombre de spectateurs soit limité. La plupart des provinces ont annoncé que les écoles demeureraient fermées au moins jusqu’en septembre.

À la Phase 2, les rassemblements plus imposants ont été autorisés, mais le nombre de personnes pouvant y assister a été déterminé en fonction des risques évalués. Les voyages non essentiels n’étaient toujours pas recommandés. À l’Île-du-Prince-Édouard et à Terre-Neuve, les bulles familiales ont été élargies, alors que les membres du même ménage peuvent se rassembler à l’extérieur avec au plus 10 personnes issues de différents ménages. Dans le même ordre d’idées, les membres du même ménage peuvent se rassembler à l’intérieur avec au plus 5 personnes issues de différents ménages.

Certains types d’entreprises sont restés fermés en Phase 2, notamment les boîtes de nuit, les bars et les bars-salons, les centres d’entraînement et de conditionnement physique, les piscines, les centres récréatifs et les arénas. Dans toutes les provinces, les festivals d’arts et de culture, les concerts, la présence aux grands événements sportifs et les autres rassemblements de masse ont continué d’être interdits.

Aspects particuliers de la Phase 3 et des phases subséquentes

Les provinces qui sont passées à la Phase 3 l’ont fait entre la fin de mai et la fin de juin. À l’instar des phases précédentes, la transition à la Phase 3 dépendait de l’état du virus et de sa propagation. Le Nouveau-Brunswick est passé à la Phase 3 le 22 mai, même si une éclosion subséquente de la maladie a fait au moins une zone à revenir à la Phase 2 jusqu’au 24 juin. L’Île-du-Prince-Édouard est passée à la Phase 3 le 1er juin et à la Phase 4 le 23 juin. La Saskatchewan est passée à la Phase 3 le 8 juin et est maintenant bien avancée dans la Phase 4. La Colombie-Britannique a annoncé le 24 juin qu’elle passait à l’étape suivante de son Plan de reprise avec une transition graduelle à la Phase 3Note . L’Ontario est passée à la Phase 3 le 17 juillet pour toutes les régions sauf Toronto et la plupart des régions du Golden Horseshoe.

Les restaurants rouvriront graduellement à la Phase 3, élargissant leur offre pour passer des mets à emporter à un nombre de places limité et à la pleine capacité. Les entreprises de commerce de détail devraient continuer à rouvrir graduellement, pour inclure éventuellement celles qui sont situées dans les centres commerciaux. Les entreprises qui fournissent des services personnels peuvent continuer d’élargir leurs services au public. Les films et les orchestres symphoniques (mais pas les grands concerts) devraient reprendre toutes leurs activités d’ici le milieu ou la fin de l’été.

Les hôtels, qui ont fait état de fortes baisses de leur clientèle lorsque les provinces ont commencé à se confiner, devraient reprendre leurs activités alors que les provinces rouvriront davantage graduellement.

La reprise des activités dans le secteur des voyages et de l’accueil pourrait dépendre en grande partie du moment où les restrictions sur les voyages interprovinciaux ou internationaux seront levées. Les quatre provinces de l’Atlantique ont levé les restrictions de voyages à l’intérieur de la région de l’Atlantique le 3 juillet, alors que les territoires ont levé les restrictions sur les voyages territoriaux à la fin de juin. Actuellement, la frontière entre le Canada et les États-Unis devrait rester fermée au moins jusqu’à la fin de août, et les autres voyages internationaux sont susceptibles d’être interdits pour un avenir prévisible.

Pendant la Phase 3 et les phases subséquentes, certaines installations récréatives peuvent commencer à rouvrir, même si les centres d’entraînement et de conditionnement physique ne devraient pas rouvrir avant la fin du processus. On s’attend à ce que les activités récréatives organisées soient permises au milieu de l’été, en respectant des limites sur le nombre de spectateurs. Les boîtes de nuit, les bars et autres établissements licenciés seront autorisés à rouvrir en respectant certaines restrictions plus tard pendant l’année. Alors que les festivals d’arts et de culture, les concerts et les grands événements sportifs continueront d’être interdits dans un avenir prévisible, certains événements sportifs professionnels devraient commencer au cours des mois d’été sans spectateurs.

Les élèves de la maternelle à la 12e année devraient retourner à l’école en septembre, même si les détails sur les plans de retour ne sont pas encore arrêtés dans certaines provinces. Les établissements postsecondaires pourraient offrir des cours en ligne ou un mélange de cours en ligne et en classe en septembre. On s’attend à ce que les services de garde rouvrent complètement, même si le nombre d’enfants permis et la logistique de fonctionnement ne sont pas encore entièrement déterminés.

Comme c’est le cas lors de l’introduction de chaque nouvelle phase, la distanciation physique, les bonnes mesures d’hygiène, y compris le lavage des mains et l’hygiène respiratoire, continueront d’être recommandés. Les protections pour les populations vulnérables et la pratique continue de la distanciation physique, de concert avec d’importants plans d’atténuation pour limiter les risques pour la santé, sont susceptibles de se poursuivre.

Tout au long de ces phases, les provinces autoriseront les rassemblements de plus en plus grands, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, même si le nombre de personnes autorisées lors de ces rassemblements sera déterminé par le taux de réussite à contrôler la propagation du virus.

Les données économiques en mai et juin a été le reflet de la relance économique graduelle dans l’ensemble du pays

En mai, alors que les provinces ont pris des mesures initiales provisoires pour commencer à lever les restrictions, on a observé une augmentation appréciable de l’emploi (tableau 1). Après avoir reculé de 15,7 % de février à avril, l’emploi a crû de 1,8 % (290 000 emplois) en mai; des hausses marquées ont été enregistrées au Québec (+6,5 %), au Nouveau-Brunswick (+5,4 %) et à Terre-Neuve-et-Labrador (+5,3 %) (tableau 2). En Ontario, où le rythme de relance a pris du retard par rapport à bon nombre d’autres provinces, l’emploi a continué de reculer en mai (-1,0 %).

En juin, la plupart des provinces avaient entamé les réouvertures de la Phase 2 depuis un certain temps et certaines étaient même passées à la Phase 3. L’emploi au Canada en juin a augmenté de 5,8 % (près d’un million d’emplois). Les hausses relatives de l’emploi été plus importantes en Nouvelle-Écosse (+7,1 %), au Nouveau-Brunswick (+6,8 %), en Saskatchewan (+6,0 %) et en Ontario (+5,9 %). L’Île-du-Prince-Édouard (2,4 %) et Terre-Neuve-et-Labrador (+3,0 %) ont affiché des augmentations plus modestes, mais ont tout de même connu une croissance importante en juin.


Tableau 2
Variation de l’emploi, d’un mois à l’autre, en milliers de personnes
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Variation de l’emploi Février , Mars, Avril , Mai et Juin(figurant comme en-tête de colonne).
Février Mars Avril Mai Juin
Canada 30 -1 011 -1 994 290 953
Terre-Neuve-et-Labrador 1 -6 -29 10 6
Île-du-Prince-Édouard 0 -2 -9 3 2
Nouvelle-Écosse 4 -25 -51 9 29
Nouveau-Brunswick 0 -15 -34 17 22
Québec 20 -264 -557 231 248
Ontario -3 -403 -689 -65 378
Manitoba 3 -25 -64 13 29
Saskatchewan 1 -21 -53 1 30
Alberta 11 -117 -244 28 92
Colombie-Britannique -7 -132 -264 43 118

Tableau 3
Variation de l’emploi, d’un mois à l’autre
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Variation de l’emploi Février , Mars, Avril , Mai et Juin, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Février Mars Avril Mai Juin
pourcentage
Canada 0,2 -5,3 -11,0 1,8 5,8
Terre-Neuve-et-Labrador 0,3 -2,6 -13,4 5,3 3,0
Île-du-Prince-Édouard 0,4 -2,6 -11,7 3,8 2,4
Nouvelle-Écosse 0,8 -5,3 -11,3 2,2 7,1
Nouveau-Brunswick 0,0 -4,2 -9,9 5,4 6,8
Québec 0,5 -6,0 -13,5 6,5 6,5
Ontario 0,0 -5,3 -9,6 -1,0 5,9
Manitoba 0,5 -3,8 -10,0 2,3 4,9
Saskatchewan 0,1 -3,6 -9,4 0,1 6,0
Alberta 0,5 -5,0 -11,0 1,4 4,6
Colombie-Britannique -0,3 -5,2 -11,0 2,0 5,4

Les ventes des fabricants ont augmenté de 10,7 % en mai, après avoir enregistré une baisse sans précédent de 27,9 % en avril. De nombreux fabricants ont redémarré la production après avoir cessé complètement ou partiellement leurs activités le mois précèdent. Après avoir enregistré une baisse sans précédent de 21,4 % en avril à cause de la pandémie de COVID-19, les ventes du commerce de gros ont augmenté de 5,7 % en mai. Ensuite en mai, les ventes au détail ont augmenté de 18,7 %. Les concessionnaires de véhicules et de pièces automobiles ont affiché la plus forte croissance de leurs ventes. Bien que les ventes aient augmenté en mai, les ventes au détail sont demeurées inférieures de 20,0 % aux niveaux observés en février. Enfin, à la suite des baisses historiques d’avril qui ont vu les exportations et les importations perdre plus d’un quart de leur valeur mensuelle en raison de la pandémie de COVID-19, les exportations ont augmenté de 6,7 % en mai, principalement en raison de la reprise de la production dans l’industrie automobile.

Également le 14 juillet, Statistique Canada a diffusé de nouvelles données de l’Enquête canadienne sur la situation des entreprises (ECSE) pour le mois de mai. Celles-ci mettent en relief l’incidence des restrictions économiques et sociales sur les entreprises, alors que l’économie amorce sa relanceNote . Près des deux tiers des entreprises s’attendent à ce que leur effectif reste le même au cours des trois prochains mois, et près du tiers ont indiqué qu’au moins 10 % de leur effectif faisait du télétravail à la fin mai. L’enquête a également fourni des renseignements sur la santé financière des entreprises : 8 % d’entre elles ont indiqué qu’elles seraient en mesure de mener leurs activités à leur niveau actuel de revenus et de dépenses pendant moins de trois mois avant de devoir envisager des mesures relatives au personnel, la fermeture ou la faillite. Parmi les entreprises plus récentes, qui étaient en exploitation depuis deux ans ou moins, ce taux s’élevait à 14 %.

L’ECSE a également fait ressortir que près du quart des entreprises qui paient un loyer ou une hypothèque ont reporté leurs paiements, alors que 6 % se sont fait refuser leur demande de report. Trois entreprises sur cinq qui paient un loyer ou une hypothèque n’avaient pas demandé un report de leurs paiements, ou ne s’étaient pas fait offrir cette option.

Statistique Canada a récemment produit plusieurs nouveaux articles sur les questions touchant les Canadiens, car les restrictions sociales et économiques sont progressivement assouplies. Il s’agit notamment d’une étude qui examine les changements prévus dans les habitudes de consommation au cours de la période de récupérationNote . Le présent article porte sur les changements attendus dans les habitudes de dépenses après la réouverture progressive des magasins et des entreprises ainsi que sur les liens entre ces changements et diverses caractéristiques démographiques.  L’étude a révélé qu’une proportion importante des Canadiens prévoit modifier leurs habitudes de dépenses par rapport à ce qu’elles étaient avant la pandémie et les répondants déclaraient qu’ils avaient l’intention de dépenser moins qu’avant la pandémie. De façon générale, les Canadiens étaient moins susceptibles de signaler un changement dans les habitudes de dépenses pour ce qui est des éléments essentiels (comme le logement, les médicaments, les services publics et l’épicerie). La catégorie ayant affiché la proportion la plus élevée de personnes (51 %) qui ont déclaré prévoir dépenser moins qu’avant la pandémie était celle des repas au restaurant; venaient ensuite le divertissement (37 %), les vêtements (32 %), les loisirs (32 %) et la commande de mets à emporter (31 %).

En outre, une analyse des données sociales qui examine les préoccupations concernant la stigmatisation liée à la COVIDENote .  Les éclosions de maladies infectieuses peuvent être associées à une grande crainte de contracter la maladie au sein de la population. Cette crainte peut, par la suite, susciter des sentiments de méfiance et de suspicion parmi la population. Le présent article porte sur les groupes de personnes qui craignent davantage d’être la cible de comportements indésirables en raison du risque perçu d’exposition à la COVID-19. Au début de juin, 20 % des Canadiens ont déclaré que, depuis que les gouvernements fédéral, provinciaux, territoriaux ou municipaux ont commencé à assouplir les mesures de protection en matière de santé mises en place pour combattre la COVID-19, ils craignaient d’être la cible de comportements indésirables parce qu’on pourrait juger qu’ils exposent les autres à un risque de contracter la COVID-19. Parmi les Canadiens qui craignaient d’être la cible de comportements indésirables (20 % d’entre eux), la moitié ont dit qu’ils craignaient d’être ciblés parce qu’ils ne portaient pas de masque tout le temps. Les résultats montrent également que les Canadiens dont le lieu de travail pouvait être associé à un risque plus élevé de contracter la COVID-19 ressentaient des inquiétudes.

Enfin, Statistique Canada a publié les résultats d’un sondage en ligne, mené du 15 au 21 juin, afin d’examiner si les Canadiens continueront d’adhérer aux pratiques recommandées en matière de santé et de sécurité à mesure que l’économie rouvrira et que les restrictions seront assoupliesNote . Les conclusions montrent que, même si la plupart des Canadiens ont l'intention de continuer à respecter les pratiques en matière de sécurité et à limiter leurs interactions sociales, certains groupes seront moins susceptibles de le faire que d'autres. Les résultats révèlent également que plusieurs Canadiens sont préoccupés par le retour au travail. Les femmes, par exemple, sont plus susceptibles que les hommes de déclarer qu'elles respecteront les règles une fois les mesures de sécurité assouplies. Pendant ce temps, les Canadiens plus jeunes sont moins susceptibles de déclarer qu'ils porteront un masque ou qu'ils garderont une distance avec les autres. Un peu plus de la moitié des répondants des provinces des Prairies (54 %) et du Québec (52 %) ont indiqué qu'ils porteraient un masque dans les espaces publics où la distanciation physique est difficile à maintenir, par rapport à environ 8 répondants sur 10 (78 %) en Ontario. Les Canadiens vivant en milieu rural étaient également moins susceptibles d'indiquer qu'ils porteraient un masque dans les espaces publics (53 %), par rapport à ceux vivant en milieu urbain (68 %).

Tous les aspects de la reprise, de la santé, au social, à l’économie, auront des implications sur le succès de la reprise. Statistique Canada continuera de mettre l’accent sur différents aspects économiques et sociaux du pays à mesure que la reprise de COVID-19 se poursuivra.

Références

Gellatly, G. 2020. Développements récents de l’économie canadienne, 2020 : COVID-19, première édition. Aperçus économiques no 104. Produit no 11-626-X au catalogue de Statistique Canada. Ottawa : Statistique Canada.

Gellatly, G., et C. McCormack. 2020. Développements récents de l’économie canadienne, 2020 : COVID-19, deuxième édition Aperçus économiques no 106. Produit no 11-626-X au catalogue de Statistique Canada. Ottawa : Statistique Canada.


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