Article principal

Warning Consulter la version la plus récente.

Information archivée dans le Web

L’information dont il est indiqué qu’elle est archivée est fournie à des fins de référence, de recherche ou de tenue de documents. Elle n’est pas assujettie aux normes Web du gouvernement du Canada et elle n’a pas été modifiée ou mise à jour depuis son archivage. Pour obtenir cette information dans un autre format, veuillez communiquer avec nous.

  1. Introduction
  2. Les enjeux économiques
  3. L'industrie du bois d'oeuvre : tendances récentes de 2004 à 2009
  4. Des signes de reprise en 2010
  5. Conclusion

1   Introduction

Les forêts occupent approximativement 397 millions d'hectares du sol canadien. Pour en donner un aperçu de l'étendue, cela équivaut à plus de 2 fois la superficie du Québec et environ 10 % du couvert forestier de la planète. 1  Il y a donc un potentiel énorme pour l'exploitation forestière et les produits qui en découlent. Le Canada est d'ailleurs l'un des principaux producteurs de bois d'oeuvre dans le monde.

Au cours des dernières années, l'industrie du bois d'oeuvre canadienne a été soumise à différentes pressions, notamment la baisse de la demande aux États-Unis et le conflit du bois d'oeuvre entre le Canada et les États-Unis.

L'objectif de cette étude est de faire un lien entre les enjeux qui influencent l'industrie du bois d'oeuvre et la fluctuation de différentes variables économiques, notamment : les ventes, le volume de production, l'emploi, le nombre de scieries en opération et les exportations. Nous tenterons de répondre à ces questions : Comment se porte l'industrie du bois d'oeuvre devant ces enjeux? Qu'est-ce qui a changé? Qu'est-ce qui n'a pas changé?

Pour préserver une meilleure cohérence entre les données, nous ne considérons pas la période précédent l'année 2004. Entre 2003 et 2004, il y a eu un changement important dans la méthodologie de l'Enquête annuelle sur les manufactures et l'exploitation forestière (EAMEF). Nous croyons que cela a créé un bris dans la tendance des variables concernées. Notons de plus que les données de cette enquête ne sont présentement disponibles que jusqu'en 2009.

La section suivante énumère les principaux enjeux économiques qui affectent l'industrie du bois d'oeuvre; la troisième section analyse l'évolution de certaines variables économiques pour la période de 2004 à 2009; et finalement, la dernière section se concentre plus particulièrement sur l'année 2010, où l'on observe une reprise de l'activité économique de cette industrie. Notez que dans cette étude, l'industrie du bois d'oeuvre correspond à l'industrie des scieries (sauf les usines de bardeaux et de bardeaux de fente), à moins d'indication contraire. Voir la note aux lecteurs pour plus d'informations.

2   Les enjeux économiques

2.1  Baisse de la demande aux États-Unis

Les États-Unis constituent le principal partenaire commercial du Canada. Une diminution de la demande américaine affecte généralement les industries exportatrices canadiennes.

Une façon de mesurer la demande américaine pour le bois d'oeuvre canadien est d'observer le nombre d'unités de logements en construction aux États-Unis. Entre 2004 et 2010, la construction entamée de nouvelles unités de logements privés est passée d'environ 2,0 millions à un peu moins de 587 000, soit une diminution de près de 70 %.

En 2009, la construction entamée de nouvelles unités de logements privés aux États-Unis était à son plus bas niveau en 50 ans, avec seulement 554 000 unités. Même si nous observons une légère hausse en 2005, cette tendance à la baisse nous permet de croire que la demande pour le bois d'oeuvre canadien a diminué considérablement entre 2004 et 2010.

2.2  Conflit du bois d'oeuvre entre les États-Unis et le Canada

En 2001, un jugement a été porté par le Département du Commerce des États-Unis. Ce dernier considérait que le gouvernement canadien accordait des droits de coupe trop peu élevés aux compagnies forestières canadiennes. Les États-Unis avaient alors imposés au Canada des droits compensatoires sur les exportations.

En 2006, les deux pays ont signé un nouvel Accord sur le bois d'oeuvre résineux. Essentiellement, l'entente consistait à retirer les droits d'imposition sur les exportations et à rembourser une grande partie des droits qui avaient été imposés aux compagnies forestières canadiennes depuis 2002.

Dans ce contexte, nous constatons une diversification accrue des marchés vers lesquels le bois d'oeuvre canadien est exporté. On observe en effet que la part des exportations destinées vers le marché américain a diminué considérablement entre 2004 et 2010. En 2004, 81,1 % des exportations étaient destinées au marché américain; cette proportion est passée à 58,7 % en 2010. Bien entendu, d'autres facteurs entrent en considération comme nous le verrons plus loin.

3   L'industrie du bois d'oeuvre : tendances récentes de 2004 à 2009

Dans le contexte des deux enjeux mentionnés précédemment, la contribution de l'industrie du bois d'oeuvre à l'économie canadienne n'a cessé de diminuer ces dernières années. En 2004, les ventes de cette industrie représentaient 2,9 % des ventes totales du secteur manufacturier; en 2009 cette proportion est passée à environ 1,2 %.

Même si sa contribution peut paraître faible, cette industrie est vitale pour environ 200 collectivités rurales où elle compte pour au moins la moitié de leurs économies. 2  En effet, les produits forestiers jouent un rôle clé dans le développement de nombreuses régions éloignées du Canada, notamment les communautés autochtones.

3.1  Les ventes et le volume de production

Entre 2004 et 2009, la valeur des ventes est passée de 16,9 à 5,9 milliards de dollars (- 65,1 %). Au cours de cette même période, la production de bois d'oeuvre a également diminué, passant de 84,6 à 45,2 millions de mètres cubes (- 46,5 %).

Cette baisse des ventes et du volume de production concorde avec la période où l'on observe une baisse de la demande de bois d'oeuvre aux États-Unis. Tel que mentionné précédemment, la construction entamée de nouvelles unités de logements privés était à la baisse durant cette période, à l'exception de l'année 2005 (voir graphique 1).

Par ailleurs, entre 2004 et 2006, la baisse des ventes était également attribuable à une chute des prix; le volume de production est resté relativement stable en ne baissant que de 4,4 % alors que les prix avaient quant à eux diminué de 14,2 %.

Graphique 3

3.2  L'emploi et le nombre de scieries en opération

Les baisses des ventes et du volume de production se reflètent également dans la diminution du nombre d'emplois dans l'industrie du bois d'oeuvre. Bien qu'ils soient répartis partout au Canada, les emplois dans cette industrie sont principalement concentrés dans quatre provinces : la Colombie-Britannique (40,8 %), le Québec (29,5 %), l'Alberta (10.1%) et l'Ontario (8,6 %). 3 

Entre 2004 et 2009, le nombre d'emplois directs et indirects 4  au Canada est passé de 50 176 à 26 369 (- 47,4 %). En nombre absolu, c'est en Colombie-Britannique que la baisse s'est fait le plus ressentir, où 9 494 emplois directs et indirects ont été perdus. Le Québec et l'Ontario ont également essuyé des pertes importantes, avec des baisses respectives de 6 795 (- 46,6 %) et 3 393 (- 60,0 %) emplois au cours de la même période. En Alberta, le nombre d'emplois directs et indirects a diminué un peu moins que dans les trois autres provinces, en baissant de 1 124 (-29,7 %) emplois entre 2004 et 2009 (voir tableau 1).

Cette perte d'emploi généralisée était principalement attribuable à la fermeture de plusieurs scieries à travers le pays; le nombre d'établissements en opération est passé de 1 920 à 1 538 (- 19,9 %) entre 2004 et 2009.

Notons que ce n'est pas seulement l'industrie du bois d'oeuvre qui a connu des pertes d'emplois importantes au cours de cette période. Entre 2004 et 2009, 357 000 (- 19,6 %) emplois ont été perdus dans le secteur de la fabrication.

3.3  Les exportations

Entre 2004 et 2009, la valeur totale des exportations de bois d'oeuvre est passée de 11,9 à 4,2 milliards de dollars (- 64,8 %). De ce total, les exportations en destination du marché américain sont passées de 9,6 à 2,6 milliards de dollars (- 72,7 %), ce qui coïncide avec le ralentissement du marché de l'habitation aux États-Unis.

Également, la proportion des exportations vers les États-Unis a diminué au cours des dernières années; en 2004, plus de 80,0 % des exportations de bois d'oeuvre étaient destinées au marché américain; en 2009, cette proportion est passée à 63,1 %.

De facto, la part des exportations vers les pays autres que les États-Unis, le Japon et l'Europe de l'Ouest a augmenté de façon significative; en 2004, elles représentaient 3,7 % du total; en 2009 cette proportion est passée à 15,4 %. La Chine fait partie des pays qui consomment de plus en plus de bois d'oeuvre canadien. En 2009, la valeur des exportations vers la Chine était de plus de 338 millions de dollars, soit plus de la moitié des exportations vers les pays autres que les États-Unis, le Japon et l'Europe de l'Ouest.

Dans le graphique 4, nous avons créé un indice représentant la variation des exportations par rapport l'année 2004. De cette façon, nous pouvons illustrer comment la structure du marché des exportations a varié dans le temps.

En 2009, la valeur des exportations vers les autres pays était près de 1,5 fois plus élevée, en comparaison avec la valeur de 2004, s'établissant à 643 millions de dollars. Par opposition, la valeur des exportations en destination des États-Unis ne représentait plus que 27,3 % de leur valeur en 2004, une diminution de plus de 7,0 milliards de dollars.

4   Des signes de reprise en 2010

Malgré les baisses observées entre 2004 et 2009, l'industrie du bois d'oeuvre canadienne a montré des signes de reprise en 2010.

Entre 2009 et 2010, les ventes sont passées de 5,9 à 7,4 milliards de dollars (+25,9 %), alors que le volume de production a augmenté dans une proportion légèrement inférieure, passant de 45,2 à 53,3 millions de mètres cubes (+17,8 %). Les hausses observées étaient les premières depuis 2004.

Le nombre d'emplois dans l'industrie 5  est passé de 34 364 à 34 532 (+0,5 %) en 2010. Cette hausse de l'emploi, bien qu'elle ne soit pas exclusivement concentrée dans l'industrie du bois d'oeuvre, est certainement un signe positif pour les travailleurs de l'industrie forestière. Les exportations de bois d'oeuvre étaient également à la hausse en 2010, s'établissant à 5,3 milliards de dollars, soit une hausse de 27,0 % comparativement à 2009.

Néanmoins, on observe que la part des exportations de bois d'oeuvre vers le marché américain a diminué pour atteindre 58.7% en 2010. En revanche, les exportations vers la Chine n'ont cessé d'augmenter; en 2004, moins de 1,0 % des exportations de bois d'oeuvre canadien leur étaient destinées; en 2010 cette proportion était 13,2 %. En 2010, la valeur des exportations vers la Chine était presque égale à la valeur des exportations envoyées au Japon. D'ailleurs, plusieurs scieries canadiennes ont réouvertes en raison de la hausse de la demande en Asie 6 

5   Conclusion

L'industrie du bois d'oeuvre a connu des changements importants entre 2004 et 2010. On observe que plusieurs indicateurs économiques étaient à la baisse jusqu'en 2009, pour ensuite se redresser en 2010.

En effet, les ventes, le volume de production, l'emploi et les exportations ont connu une diminution importante, en partie en raison de la baisse de la demande pour les produits du bois aux États-Unis. En 2010, on observe néanmoins un renversement de la tendance, où ces mêmes indicateurs sont à la hausse.

Par ailleurs, la part des exportations destinées au marché américain a diminué jusqu'en 2010. Les exportations vers les autres pays, notamment la Chine, ont, de leur côté, augmenté considérablement depuis 2004.

Ce changement de structure des exportations de bois d'oeuvre est une conséquence de plusieurs facteurs, notamment la baisse de la demande aux États-Unis. La diminution des constructions entamées de nouvelles unités de logements privés entre 2004 et 2010 semble vouloir appuyer ce constat. De plus, il est intéressant de constater que la baisse de la demande avait débutée bien avant la crise de 2008.

Date de modification :