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  1. Résumé
  2. En moyenne, la hausse des prix à la consommation se poursuit
  3. Les prix de l'énergie affichent de solides hausses malgré des replis dans les derniers mois de l'année
  4. Les consommateurs continuent à ressentir les effets des coûts plus élevés pour le logement
  5. La hausse des prix des aliments devance celle de l'ensemble de l'Indice des prix à la consommation pour la cinquième année consécutive
  6. Bon nombre des articles produits sur les marchés mondiaux affichent des réductions de prix
  7. Les prix à la consommation ont accéléré dans toutes les provinces sauf l'Alberta et le Nouveau-Brunswick
  8. Le caractère cyclique des prix à la consommation en 2008

1   Résumé

L'année 2008 a été marquée par une forte volatilité des prix. Les hausses de prix substantielles enregistrées dans la première partie de l'année ont été suivies par un affaiblissement des prix à la fin de 2008. Pour l'ensemble de l'année, les prix à la consommation ont augmenté à un taux légèrement supérieur à celui des deux années précédentes.

Les consommateurs ont payé en moyenne 2,3 % de plus pour les biens et services du panier de l'Indice des prix à la consommation (IPC) en 2008 comparativement à 2007. La hausse était légèrement supérieure à la moyenne de 2,2 % en 2007 et de 2,0 % en 2006 et elle était la plus prononcée depuis l'augmentation de 2,8 % enregistrée en 2003.

Propulsés par la force des prix des produits de base pour l'énergie, les prix de l'essence, du gaz naturel ainsi que du mazout et autres combustibles ont fortement augmenté en 2008 et ont contribué dans une grande mesure à la progression générale de l'IPC. Toutefois, les baisses substantielles des prix pour l'essence, le mazout et autres combustibles ont aussi été les principaux contributeurs au fléchissement des prix à la consommation vers la fin de 2008.

Les coûts du logement se sont accrus de 4,4 % en 2008 et ont contribué pour environ la moitié de l'augmentation de l'IPC au cours de l'année. Le vigoureux marché de l'habitation a fait avancer les coûts du logement en propriété qui a significativement contribué à l'augmentation annuelle de l'IPC en 2008. Comme les coûts de l'énergie, les coûts du logement en propriété ont commencé à fléchir pendant la dernière partie de 2008.

La hausse des prix pour plusieurs produits alimentaires, particulièrement ceux associés aux céréales, a contribué à l'augmentation marquée des prix des aliments en 2008.

Des prix plus bas pour l'achat de véhicules neufs, d'articles d'habillement, de chaussures et de produits électroniques — tous des articles que les consommateurs achètent moins fréquemment — ont beaucoup aidé à tempérer l'augmentation de l'IPC en 2008.

Dans l'ensemble, les prix des biens du panier de l'IPC se sont accrus de 1,3 % en 2008, reflétant le fait que les augmentations de prix pour plusieurs biens, comme l'essence et les produits alimentaires, étaient partiellement compensées par des baisses de prix pour d'autres biens comme les véhicules automobiles. L'indice du prix des biens a en fait régressé de 2,7 % en 2008 si on exclut l'énergie et les aliments qui ont principalement contribué à la hausse du sous-indice des biens. D'autre part, le prix des services s'est accru de 3,4 % en moyenne, reflétant des hausses généralisées.

À l'échelle provinciale, la croissance des prix à la consommation a continué à varier considérablement à travers le pays en 2008, mais moins qu'en 2007. Les augmentations allaient d'un maximum de 3,4 % à l'Île-du-Prince-Édouard à un minimum de 1,7 % au Nouveau-Brunswick.

Au cours de l'année 2008, les prix à la consommation ont fluctué significativement d'un mois à l'autre. Après désaisonnalisation, les prix ont connu une croissance modérée de 0,1 % en janvier, avant de monter de 0,8 % en mai pour finalement enregistrer des chutes consécutives pendant les trois derniers mois de l'année. Le ralentissement de la croissance des prix à la consommation à la fin de 2008 était surtout attribuable à des baisses des prix de l'essence et du mazout et autres combustibles, ainsi qu'à une progression plus lente des coûts d'intérêt hypothécaire et des coûts de remplacement.

La présente étude examine la variation des prix à la consommation en 2008, mesurée par la moyenne annuelle de l'indice mensuel des prix à la consommation (IPC). Elle traite de la contribution des sous-indices à ces variations ainsi que de leurs causes principales. L'analyse se concentre sur la moyenne pour l'année, car cet indicateur est utilisé pour indexer plusieurs régimes et programmes de pension publics et privés. Étant donné que la moyenne reflète à la fois la hausse et la baisse des prix à la consommation au cours de l'année, on s'attardera un peu sur les variations infra-annuelles.

2   En moyenne, la hausse des prix à la consommation sepoursuit

En 2008, les consommateurs canadiens ont payé en moyenne 2,3 % de plus qu'en 2007 pour les biens et services dans le panier de l'Indice des prix à la consommation (IPC) 1 . Malgré le ralentissement substantiel de la croissance de la plupart des prix vers la fin de 2008, la variation de la moyenne annuelle de l'IPC a été légèrement plus élevée que les hausses de 2,2 % en 2007 et de 2,0 % en 2006. Le taux de variation annuelle en 2008 était le plus élevé depuis l'augmentation de 2,8 % affichée en 2003.

Les prix plus élevés pour les divers produits énergétiques et produits alimentaires, ainsi que les coûts d'intérêt hypothécaire ont principalement contribué à la hausse des prix à la consommation en 2008. L'indice des prix des aliments et de l'énergie s'est accru de 5,8 % en 2008, une hausse par rapport à 2,5 % en 2007 et la plus importante depuis l'accroissement de 6,1 % enregistré en 2000. Des prix plus élevés pour l'essence, le gaz naturel, le mazout et les autres combustibles, ainsi que de divers produits alimentaires, surtout ceux reliés aux produits à base de grains, ont exercé une pression à la hausse particulièrement significative sur l'indice des prix des aliments et de l'énergie en 2008.

En 2008, la croissance globale des prix à la consommation a été atténuée par les baisses des prix pour l'achat et la location à bail de véhicules automobiles, d'articles d'habillement, de chaussures et de divers articles électroniques.

Diminuant d'un taux de 6 % à un taux de 5 % en janvier 2008, la taxe sur les produits et services (TPS) a vraisemblablement aidé à freiner les prix à la consommation, car les variations des prix mesurées par l'IPC tiennent compte de la valeur des taxes à la consommation payées par les Canadiens.

Puisque certains produits, comme les médicaments sur ordonnance et de nombreux aliments vendus au détail, sont exemptés de la TPS, la diminution résultante serait probablement inférieure à la réduction d'un point de pourcentage de cette taxe. Comme environ 60 % des biens et services dans le panier de l'IPC sont assujettis à la TPS, l'estimation sommaire de l'incidence de la réduction d'un point de pourcentage de la TPS sur le niveau de l'IPC suggère une diminution de l'ordre de 0,6 point de pourcentage 2 .

Au cours de l'année, plusieurs autres événements ont aussi eu un impact significatif sur les prix à la consommation, y compris un marché de l'habitation ferme, quoiqu'en ralentissement, les fluctuations du dollar canadien par rapport au billet vert américain, l'atteinte d'un sommet et le repli subséquent des prix des produits de base, l'incertitude sur les marchés financiers et la détérioration générale de la conjoncture économique.

Parmi les huit composantes principales du panier de biens et services de l'IPC, l'inflation en 2008 a été en grande partie alimentée par des hausses des prix des aliments et du logement 3 . L'indice des prix de l'habillement et des chaussures a été la seule composante principale à afficher un recul.

Alors que les composantes du logement représentent plus de 26 % du panier total de biens et services de l'IPC, elles ont contribué pour environ 50 % de l'augmentation totale des prix à la consommation en 2008. De même, les composantes alimentaires, qui représentent à peu près 17 % du total des dépenses pondérées dans l'IPC, ont compté pour environ 26 % de l'accroissement de l'IPC.

Après avoir progressé pendant les trois années précédentes, l'indice de référence de la Banque du Canada a ralenti à un taux de croissance de 1,7 % en 2008, en baisse par rapport aux augmentations de 2,1 % et 1,9 % affichées respectivement en 2007 et 2006 4 . L'écart entre l'indice de référence de la Banque du Canada et l'IPC est en grande partie attribuable aux prix de l'essence qui ont exercé une pression à la hausse sur l'IPC, mais qui ne sont pas compris dans l'indice de référence des prix à la consommation.

3   Les prix de l'énergie affichent de solides haussesmalgré des replis dans les derniers mois de l'année

Tel un symbole de l'essor des prix des produits de base, les prix de l'énergie ont vigoureusement propulsé les prix à la consommation pendant la majeure partie de l'année. Alors que les marchés mondiaux ont connu au cours des quatre dernières années une augmentation rapide des prix d'autres produits de base, comme les métaux et les céréales, la montée en flèche à l'échelle mondiale des prix de l'énergie a été la plus forte et la plus soutenue du cycle de croissance des prix des produits de base qui a débuté en 2002.

Au Canada, les prix plus élevés pour l'énergie ont grandement contribué à l'augmentation enregistrée dans deux des huit composantes principales : le logement et les transports. Alors que les composantes de l'énergie représentent environ 9 % du panier total de biens et services de l'IPC, elles ont contribué plus de 37 % à la croissance des prix à la consommation en 2008. Il est aussi vraisemblable que des prix plus élevés pour l'énergie aient contribué indirectement à la hausse des prix des aliments, car les coûts de transformation des aliments et les coûts de transport ont progressé.

Dans l'ensemble, les consommateurs ont payé 9,9 % de plus en 2008 qu'en 2007 pour des produits énergétiques, une hausse qui est significativement supérieure à celle de 2,3 % observée de 2006 à 2007. L'augmentation en 2008 a été la plus forte depuis 2000, lorsque les prix de l'énergie se sont accrus de 16,2 %. La hausse des prix pour l'essence qui a suivi le mouvement des prix mondiaux du pétrole brut au cours de l'année explique en grande partie la tendance à la hausse des coûts de l'énergie.

Le prix du pétrole brut West Texas Intermediate (WTI) a dépassé les niveaux records atteints en 2007. En 2008, le prix moyen du baril WTI s'est établi à 99,57 $US (104,18 $CAN), en hausse par rapport au record précédent de 72,36 $US (76,86 $CAN) atteint en 2007 5 .

Dans l'ensemble, les prix de l'essence au Canada ont bondi de 12,7 % en 2008, plus du double de la hausse de 4,5 % en 2007 et la plus forte augmentation depuis la croissance de 12,8 % en 2005. Des prix de l'essence plus élevés ont contribué significativement à l'augmentation des coûts de transport pour les Canadiens. Toutefois, en décembre 2008, les prix de l'essence étaient environ 26 % plus faibles que le même mois de l'année précédente. À l'exclusion de l'essence, les prix à la consommation ont progressé de 1,8 % en 2008, significativement moins que l'augmentation globale de 2,3 %.

L'augmentation des prix de l'énergie a aussi été alimentée par de solides gains dans les prix du gaz naturel. En 2008, les consommateurs ont payé 11,8 % de plus pour le gaz naturel utilisé pour chauffer leur maison, après une période d'accalmie en 2007 lorsque les prix ont fléchi de 6,5 %. Le bond de 2008 a été le plus marqué depuis la hausse de 30,1 % affiché en 2003.

Un accroissement de la demande attribuable à des températures plus froides et un repli de la production canadienne de gaz naturel ont soutenu les prix plus élevés du gaz naturel. La production canadienne de gaz naturel marchand a chuté de près de 4 % en 2008 6 . Étant donné que les marchés canadiens et américains du gaz naturel sont intégrés, la progression d'environ 6 % de la production de gaz naturel marchand aux États-Unis a aidé à tempérer la montée des prix du gaz naturel 7 .

Les consommateurs qui chauffent leur maison au mazout et autres combustibles, particulièrement ceux des provinces Maritimes de la Nouvelle-Écosse, de l'Île-du-Prince-Édouard et du Nouveau-Brunswick, ont également dû faire face à des prix plus élevés. Après une croissance de 4,0 % en 2007, les consommateurs ont payé 30,7 % de plus pour le mazout et autres combustibles en 2008.

La hausse des prix pour le gaz naturel et le mazout et les autres combustibles a fortement alimenté l'accroissement des coûts du logement pour les consommateurs. Une légère augmentation de 0,3 % du prix de l'électricité, donnant suite à l'augmentation de 1,9 % en 2007, a contribué à atténuer l'augmentation des prix de l'énergie associés au logement en 2008.

En excluant toutes les composantes de l'énergie, l'IPC n'a avancé que de 1,6 % en 2008, un taux identique à celui qui a été observé en 2007.

4   Les consommateurs continuent à ressentir les effetsdes coûts plus élevés pour le logement

Après une avancée de 3,4 % en 2007, les coûts du logement ont connu une croissance plus forte de 4,4 % en 2008 et ils ont compté pour environ 50 % de l'augmentation de l'IPC. De fortes augmentations des coûts du logement en propriété suivies d'une croissance des coûts des services publics attribuable à de fortes hausses des prix des produits énergétiques associés au logement, ont beaucoup contribué à la montée des coûts du logement.

La progression des coûts d'intérêt hypothécaire et des coûts de remplacement par le propriétaire a donné lieu à une hausse de 4,4 % des coûts du logement en propriété en 2008, un ralentissement par rapport à la hausse de 4,9 % en 2007. Les coûts d'intérêt hypothécaire ont augmenté de 8,0 % comparativement à 6,0 % en 2007. C'était la sixième année consécutive que l'indice avançait à un rythme plus rapide que l'année précédente.

Même si le marché de l'habitation a ralenti au Canada, il est demeuré généralement robuste en 2008. Des niveaux d'emploi relativement élevés, des revenus à la hausse et de faibles taux hypothécaires ont constitué un fondement solide pendant la plus grande partie de l'année. Alors que les mises en chantier ont reculé à environ 212 000 unités en 2008, un repli par rapport à 228 343 unités en 2007 8 . C'était la septième année consécutive où les mises en chantier dépassaient 200 000 unités.

Les coûts de l'intérêt hypothécaire dépendent de la valeur du logement acheté et du taux d'intérêt hypothécaire sous-jacent. Même si le taux hypothécaire ordinaire sur cinq ans s'est établi en moyenne à 7,1 % en 2008, soit un taux identique au taux affiché en 2007, des prix de logements en hausse ont fait augmenter les coûts de l'intérêt hypothécaire.

L'Indice des prix des logements neufs (IPLN) s'est accru de 3,4 % en 2008, un recul par rapport à 7,7 % en 2007 9 . Bien que des gains aient été observés dans les dix provinces, les hausses variaient considérablement entre elles, allant d'un minimum de 0,7 % en Alberta et 1,4 % à l'Île-du-Prince-Édouard à des maximums de 23,4 % en Saskatchewan et de 19,6 % à Terre-Neuve-et-Labrador. Si l'on exclut les terrains, l'IPLN a augmenté de 2,9 % en 2008.

Même s'ils ont ralenti à un taux de croissance de 3,0 % en 2008 après la hausse de 5,9 % observée en 2007, les coûts de remplacement par le propriétaire sont demeurés l'un des principaux facteurs ayant contribué à l'augmentation des coûts du logement en propriété. Les coûts de remplacement par le propriétaire représentent ce qu'il en coûte pour maintenir la structure de l'actif domiciliaire, et ils sont estimés à partir des prix des logements neufs, les terrains étant exclus.

Une hausse de 3,7 % des impôts fonciers en 2008, qui a suivi une augmentation de 3,2 % en 2007, a aussi contribué à l'accroissement des coûts du logement en propriété. Des prix de logements plus élevés ont été en grande partie responsables de la montée des coûts de remplacement par le propriétaire et de celle des impôts fonciers.

Des coûts de l'énergie plus élevés ont aussi continué à alimenter les coûts du logement en 2008. Les solides gains enregistrés par les prix du gaz naturel (+11,8 %) et du mazout et autres combustibles (+30,7 %), tel que mentionné ci-dessus, conjugués à une progression de 10,2 % des tarifs de l'eau, se sont traduits par une croissance de 7,0 % des coûts des services publics. Il s'agit là d'un bond important comparativement à la faible hausse de 0,6 % observée en 2007. La légère augmentation des prix de l'électricité (+0,3 %) a aidé à atténuer cette forte augmentation des coûts des services publics.

Si l'on exclut les coûts du logement du calcul de l'IPC, les prix à la consommation n'ont avancé que de 1,6 % en 2008.

5   La hausse des prix des aliments devance celle de l'ensemblede l'Indice des prix à la consommation pour la cinquièmeannée consécutive

Les prix des aliments ont continué à monter en 2008, en raison de la situation de l'offre et de la demande de produits agricoles à l'échelle mondiale, ainsi que de l'influence des prix de l'énergie. Dans l'ensemble, les consommateurs canadiens ont payé 3,5 % de plus pour acheter des aliments en 2008, après avoir fait face à une augmentation de 2,7 % un an plus tôt. À l'exception de la hausse de 1,7 % en 2003, les prix des aliments sont demeurés assez stables de 2002 à 2007, les augmentations se situant autour de 2,5 %.

Alors que les prix des produits alimentaires de base ont commencé à monter dans de nombreux pays en 2007, les prix des aliments au Canada sont demeurés relativement stables. Toutefois, ils ont commencé à augmenter en 2008, contribuant de plus en plus à la croissance globale des prix à la consommation. Après avoir représenté environ 20 % de l'augmentation des prix à la consommation en 2007 et 2006, les prix des aliments ont compté pour environ 26 % de la croissance de l'IPC en 2008.

Au cours de l'année, les prix des aliments ont de plus en plus contribué à la croissance générale des prix à la consommation. Dans le dernier trimestre, l'indice des prix des aliments a compté pour plus de 60 % de l'augmentation de l'IPC, comparativement à un apport plus modéré de 6 % pendant le premier trimestre.

Étant donné son poids de 17 % dans l'IPC et la fréquence avec laquelle des articles alimentaires sont achetés, une hausse des prix des aliments peut éroder davantage la confiance des consommateurs et peut aussi avoir une plus forte incidence sur ceux qui se situent dans le quartile inférieur de revenu où les aliments représentent une part beaucoup plus importante du total des dépenses 10 .

La vigueur soutenue des prix des aliments achetés au magasin est demeurée le moteur principal de l'augmentation générale des prix des aliments à la consommation. Les prix des aliments achetés au magasin se sont accélérés pour la cinquième année consécutive en 2008, avançant de 3,9 %. Cette augmentation s'est produite dans le sillage d'une progression de 2,7 % enregistrée en 2007. Les prix des denrées de consommation courante comme le pain, le riz, la farine, le lait et les oeufs ont fait un bond en 2008. Des coûts de transport plus élevés découlant de la hausse des prix de l'essence, la forte augmentation des prix des produits de base et la demande croissante d'aliments sur des marchés émergents figurent parmi les principales raisons qui expliquent la montée des prix des aliments.

Les hausses des prix des produits de boulangerie et produits à base de céréales ont été le facteur qui a le plus contribué aux augmentations, car la flambée des prix des céréales s'est traduite par des coûts plus élevés pour les familles. Selon l'Indice des prix des produits agricoles (IPPA), les prix qu'ont reçus les agriculteurs pour les céréales ont progressé de 17,7 % en 2008, après la croissance de 53,7 % observée en 2007.

Principalement à la faveur d'une hausse de 15,1 % des prix du pain, l'indice des prix des produits de boulangerie s'est accru de 11,2 % en 2008, plus du double de l'augmentation de 4,6 % en 2007. De même, les prix des produits à base de céréales se sont accélérés considérablement en 2008, s'accroissant de 13,8 % ou plus de quatre fois la hausse de 2,9 % observée en 2007. De fortes accélérations des prix de la farine (de 1,5 % en 2007 à 34,5 % en 2008), des pâtes (de 6,4 % en 2007 à 31,9 % en 2008) et du riz (de 2,5 % en 2007 à 17,4 % en 2008) ont principalement contribué à la montée des prix des produits à base de céréales en 2008.

Les prix des produits laitiers sont aussi demeurés vigoureux en 2008, avançant de 3,9 % après avoir progressé de 3,6 % en 2007. Le principal facteur derrière cette progression a été une augmentation de 5,2 % des prix du lait frais, la plus forte depuis 1984. La hausse des prix des aliments en 2008 a aussi découlé d'une augmentation de 4,1 % des prix des oeufs, à la suite de l'accroissement de 5,8 % en 2007.

Les prix des matières grasses et des huiles ont aussi connu d'importantes hausses en 2008. Après avoir progressé de 3,5 % en 2007, ils se sont accrus de 13,6 % en 2008, le taux de croissance annuel le plus élevé affiché depuis la création de l'indice en 1979.

Même si les prix du poulet frais ou congelé ont continué à connaître de fortes augmentations en 2008, avançant de 4,1 %, la hausse a été plus faible que la hausse de 7,2 % observée en 2007. Toutefois, grâce à des augmentations moins marquées des prix des autres produits de la viande, comme le porc frais ou congelé (+1,4 %) et le boeuf frais ou congelé (+2,0 %), l'indice des prix de la viande n'a progressé que de 2,1 % en 2008, à la suite de l'accroissement de 3,0 % en 2007.

Même si les consommateurs canadiens ont dû composer avec des prix plus élevés pour les aliments achetés au magasin (+3,9 %), les prix sont demeurés assez stables selon les standards internationaux. En 2008, les prix des aliments achetés au magasin ont bondi de 6,4 % aux États-Unis (après une croissance de 4,2 % en 2007), de 9,1 % au Royaume-Uni (après une croissance de 4,5 % en 2007) et de 6,8 % dans l'Union européenne (après une croissance de 4,0 % en 2007) 11 .

Les prix des fruits frais n'ont augmenté que de 1,6 % en 2008. Une chute de 8,4 % du prix des oranges a compensé en partie une hausse de 8,2 % et de 15,6 % des prix des pommes et des bananes, respectivement.

Après une hausse de 8,0 % en 2007, probablement le résultat d'une forte chute des niveaux de production en raison de conditions climatiques difficiles, les prix des oranges sont revenus à des niveaux plus normaux à la faveur de meilleures récoltes en 2008. Alors que des coûts de transport plus élevés ont eu des répercussions sur les prix des fruits, les interruptions des approvisionnements ont aussi eu un impact sur les prix des pommes et des bananes. Un hiver plutôt frais en Amérique centrale et des inondations en Équateur ont nui à l'approvisionnement de bananes 12 . En outre, une augmentation de la demande en provenance d'Europe a aussi soutenu la progression des prix des bananes 13 .

Après un léger repli de 0,1 % en 2007, les prix des légumes frais ont connu une hausse de 1,4 % en 2008. Les augmentations des prix de divers légumes, comme les pommes de terre, les tomates et la laitue, ont été partiellement compensées par un recul de 0,9 % de l'indice des prix d'autres légumes frais.

Comparativement aux prix des aliments achetés au magasin, les prix des aliments achetés au restaurant étaient plus stables en 2008, progressant de 2,5 % par rapport à 2,7 % en 2007. Un ralentissement des prix des aliments achetés dans des restaurants à service rapide, soit de 3,2 % en 2007 à 2,0 % en 2008, a largement contribué au rythme plus lent de la croissance des prix des repas au restaurant.

6   Bon nombre des articles produits sur les marchés mondiauxaffichent des réductions de prix

Les baisses continuelles des prix pour l'achat et la location à bail de véhicules automobiles, ainsi que pour l'achat d'articles vestimentaires, de chaussures et de divers articles électroniques, ont exercé un effet de ralentissement important sur l'IPC. Une concurrence mondiale robuste, des progrès technologiques et des améliorations de la qualité sont autant de facteurs qui ont contribué à réduire leurs prix. La présence croissante de biens importés d'économies émergentes de l'Asie a aussi fait diminuer les prix des vêtements, des chaussures et des appareils électroniques.

Alors que le coût du plein d'essence a affiché une forte augmentation en 2008, les consommateurs qui ont acheté des véhicules neufs ont bénéficié de prix beaucoup plus faibles pour les véhicules automobiles. Après un recul de 1,5 % en 2007, les prix de ces véhicules ont de nouveau chuté de 6,9 % en 2008. Il s'agit du plus important repli enregistré depuis la création en 1949 de l'indice des prix des véhicules automobiles.

Les détaillants et les fabricants de voitures ont offert aux consommateurs de nombreux incitatifs au cours de l'année 2008. En outre, à la faveur de la vigueur soutenue du dollar canadien par rapport à sa contrepartie américaine pendant la plus grande partie de l'année, les concessionnaires d'automobiles canadiens ont continué à réduire l'écart entre les prix canadiens et les prix américains 14 .

Une chute de 3,3 % des prix de l'habillement et un repli de 2,2 % des prix des chaussures ont aussi aidé à contenir l'inflation à la consommation en 2008. C'était la septième année consécutive de fléchissement des prix de l'habillement et des chaussures. Les facteurs en grande partie responsables de cette régression au fil du temps tiennent à l'accroissement des importations de vêtements et de chaussures à bon marché en provenance de la Chine qui remplacent les vêtements et les chaussures produits au Canada et les importations de ces biens en provenance des États-Unis qui sont plus coûteux.

L'évolution rapide de la technologie, l'amélioration des caractéristiques et de la qualité des produits ainsi que des importations robustes de pays producteurs à moindre coût ont continué en 2008 à exercer une pression à la baisse sur les prix des articles électroniques. Les prix du matériel et des fournitures informatiques ont affiché une autre baisse de 13,3 % en 2008 après avoir régressé de 17,1 % en 2007. Même si ces prix ont continué à fléchir, les baisses se sont atténuées depuis la chute de 20,8 % enregistrée en 2005. Par ailleurs, les prix du matériel et des fournitures photographiques ont suivi une tendance inverse, les chutes de prix devenant plus prononcées au cours des trois dernières années, diminuant de 15,0 % en 2008 après des replis de 9,7 % et de 8,9 % en 2007 et 2006, respectivement.

Les indices des prix de matériel audio (-6,6 %) et de matériel vidéo (-9,2 %) ont aussi continué à diminuer en 2008.

D'autres articles dans le panier de l'IPC qui ont un important contenu importé, comme les livres (-9,4 %), les meubles (-1,9 %) et les appareils ménagers (-3,1 %), ont aussi eu un effet de ralentissement sur les prix à la consommation en 2008. Pendant l'année, de nombreux détaillants de livres ont baissé leurs prix pour rétrécir l'écart entre les prix canadiens et les prix américains.

Le niveau élevé des importations dans le contexte d'un dollar canadien relativement fort 15 et d'une concurrence internationale intense a aussi aidé à réduire les prix de certains biens de consommation. Une bonne partie de l'augmentation de l'IPC est attribuable à des prix plus élevés pour les services de consommation, des dépenses du ménage qui sont moins susceptibles de faire l'objet de commerce international. En moyenne, les prix des divers services inclus dans le panier de l'IPC ont progressé de 3,4 %, comparativement à l'augmentation plus modérée de 1,3 % des prix des biens dans le panier de l'IPC en 2008. Des prix plus élevés pour les aliments et l'essence expliquent en grande partie la hausse des prix des biens. Si l'on exclut l'énergie et les aliments, l'indice des prix des biens a accusé un repli de 2,7 % en 2008.

La plupart des services figurant dans le panier de l'IPC ont connu une forte progression des prix au cours de l'année. Les services associés au logement, tout particulièrement les coûts de l'intérêt hypothécaire et les coûts de remplacement, ont été les principaux facteurs ayant contribué à la hausse des prix des services. Toutefois, les services de garde d'enfants (+6,0 %), de téléphone (+4,2 %), les services associés à l'ameublement et le matériel (+7,6 %), l'eau (+10,2 %), les services financiers (+4,3 %), l'assurance pour les véhicules automobiles (+4,7 %), le transport public (+5,9 %), les soins dentaires (+3,5 %) et les voyages (+2,7 %) ont aussi affiché des gains appréciables et ont forcé les consommateurs à dépenser davantage.

7   Les prix à la consommation ont accélérédans toutes les provinces sauf l'Alberta et le Nouveau-Brunswick

À l'échelle provinciale, la croissance en 2008 des prix à la consommation a continué à fluctuer considérablement à l'étendue du pays, mais dans une mesure moindre qu'en 2007. Les hausses ont varié d'un maximum de 3,4 % à l'Île-du-Prince-Édouard à un minimum de 1,7 % au Nouveau-Brunswick. Les différences dans l'augmentation des coûts du logement ont été en grande partie responsables de la forte disparité entre les provinces. L'augmentation a varié de 3,1 % en Colombie-Britannique à 9,7 % en Saskatchewan.

L'Alberta et le Nouveau-Brunswick ont été les seules provinces où la croissance des prix à la consommation s'est modérée entre 2007 et 2008. Cependant, malgré ce ralentissement, la hausse des prix en Alberta a continué d'être plus élevée que dans toute autre province. Un ralentissement substantiel des coûts associés au logement en propriété en Alberta, soit de 15,1 % en 2007 à 7,0 % en 2008, a largement contribué au ralentissement des prix à la consommation dans cette province. Les hausses moindres des coûts de remplacement et des coûts d'intérêt hypothécaire ont été les principaux facteurs à l'origine de la progression plus faible des coûts du logement.

Au Nouveau-Brunswick, un ralentissement des prix de l'électricité (de 11,8 % en 2007 à 0,6 % en 2008) et un recul de 4,9 % des prix de l'habillement, après la hausse de 0,2 % en 2007, ont grandement contribué au ralentissement des prix à la consommation. Des chutes plus prononcées des prix des véhicules neufs ont aussi joué un rôle dans la progression plus faible des prix à la consommation en Alberta et au Nouveau-Brunswick.

Les consommateurs à l'Île-du-Prince-Édouard ont connu la plus forte augmentation des prix à la consommation, soit de 1,8 % en 2007 à 3,4 % en 2008. Les hausses des prix du logement dans la province ont contribué le plus à cette avance, car la croissance de 7,9 % en 2008 a été plus du double de la hausse de 2,8 % affichée en 2007. De fortes hausses des prix de l'électricité (+18,9 %) et du mazout et autres combustibles (+28,8 %) expliquent en grande partie les progressions des prix au cours de l'année à l'Île-du-Prince-Édouard.

Comme c'était le cas à l'échelle nationale, une bonne partie de la progression des prix à la consommation dans toutes les provinces a découlé de la hausse des prix des produits énergétiques, des coûts d'intérêt hypothécaire et des prix des aliments. L'accroissement des prix à la consommation dans toutes les provinces a été atténué par des baisses des prix d'achat et de location de véhicules neufs, ainsi que des prix d'achat d'articles vestimentaires, de chaussures et de divers autres articles faisant l'objet d'un commerce intense et achetés moins fréquemment, comme du matériel et des fournitures informatiques ainsi que des meubles et des appareils électroménagers.

À l'exception du Nouveau-Brunswick, les consommateurs des provinces de l'Atlantique ont connu des augmentations de prix plus élevées comparativement à la moyenne nationale. Des hausses plus fortes des prix associés au logement, attribuables à une progression des coûts des services publics (de l'électricité, du mazout et d'autres combustibles, ainsi que des tarifs de l'eau), ont été le principal facteur ayant contribué à la forte croissance des prix à la consommation à l'Île-du-Prince-Édouard (+3,4 %), en Nouvelle-Écosse (+3,0 %) et à Terre-Neuve-et-Labrador (+2,9 %). Dans l'ensemble, les provinces Maritimes ont été plus touchées que les autres provinces par le bond des prix du mazout. Les consommateurs dans ces provinces dépendent davantage du mazout pour le chauffage comparativement au reste du pays. À Terre-Neuve-et-Labrador, les propriétaires ont aussi été frappés durement par l'augmentation des coûts de l'intérêt hypothécaire et des coûts de remplacement en plus des prix plus élevés pour les services publics.

Les consommateurs en Saskatchewan ont aussi fait face à des augmentations de prix plus élevées comparativement à la moyenne nationale. Des hausses de prix plus élevées pour les composantes du logement en Saskatchewan (+9,7 %), comparativement à la moyenne nationale (+4,4 %), ont été la principale cause de la croissance plus forte des prix à la consommation dans cette province.

Les consommateurs de l'Ontario (+2,3 %), du Manitoba (+2,3 %), du Québec (+2,1 %) et de la Colombie-Britannique (+2,1 %) ont fait face à des augmentations de prix qui correspondaient davantage à la moyenne nationale (+2,3 %).

8   Le caractère cyclique des prix à la consommationen 2008

En raison du mouvement des prix de plusieurs biens et services au cours de l'année, les prix à la consommation ont connu le plus haut niveau de variation d'un mois à l'autre dans l'IPC désaisonnalisé depuis 2003.

Sur une base mensuelle désaisonnalisée, les prix à la consommation ont augmenté en moyenne de 0,1 % pendant le premier trimestre de l'année (comparativement à la hausse de 0,3 % affichée au cours du dernier trimestre de 2007), avant d'atteindre une hausse moyenne de 0,6 % au deuxième trimestre. Au cours de la deuxième moitié de l'année, l'IPC mensuel désaisonnalisé a progressé en moyenne de 0,2 % pendant le troisième trimestre, et il a terminé l'année avec une baisse moyenne de 0,4 % au dernier trimestre.

Cette tendance va de pair avec les indices des prix du logement et des transports et reflète grandement la tendance observée sur le marché des prix de l'énergie, une composante clé de ces deux indices. Les variations de prix pour les produits énergétiques, particulièrement l'essence et le mazout et autres combustibles, ont suivi des tendances identiques au cours de l'année.

Le prix du baril de pétrole brut West Texas Intermediate a beaucoup fluctué au cours de l'année, atteignant un sommet de 133,93 $US (136,17 $CAN) en juin, avant de régresser à un creux de 41,02 $US (50,64 $CAN) en décembre. Le repli à la fin de l'année découlait d'un certain nombre de facteurs, y compris la détérioration des perspectives économiques aux États-Unis et ailleurs dans le monde.

Le ralentissement des prix des logements neufs a aussi contribué au ralentissement des coûts du logement au cours de l'année, en atténuant la hausse des coûts de remplacement et de l'intérêt hypothécaire.

Les indices des prix des transports et du logement ont suivi cette tendance générale, mais l'indice des prix des aliments a affiché une tendance différente. Le taux de croissance de l'indice désaisonnalisé des prix des aliments a commencé l'année avec une hausse modeste en janvier de 0,2 %, qui a été suivie d'une augmentation plus marquée tout au long de l'année, pour atteindre un sommet de 1,1 % en novembre. De novembre à décembre, les prix des aliments sont demeurés stables.

Dans l'ensemble, l'IPC désaisonnalisé d'un mois à l'autre a atteint un sommet de 0,8 % en mai, et il a affiché des replis de prix de 0,6 % en octobre puis de 0,3 % en novembre et en décembre. Il s'agit du plus haut niveau de variabilité des prix à la consommation observé depuis 2003, lorsque l'Indice des prix à la consommation désaisonnalisé a atteint un sommet de 0,9 % en janvier et un creux de -0,7 % en avril.