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Les langues immigrantes sont transmises d'une génération à l'autre essentiellement au sein de la famille et surtout par les mères. Des flux migratoires périodiques d'immigrants qui parlent la langue immigrante permettent aussi de préserver ces langues.

Pour l'ensemble des groupes linguistiques, la langue immigrante a été transmise à 41 % des enfants de moins de 18 ans nés au Canada au Recensement de 1981, comparativement à 55 % au Recensement de 2006, ce qui représente une hausse de 14 points de pourcentage.

Mères et langues immigrantes

Les nouvelles femmes immigrantes, surtout celles en provenance d'Amérique du Sud, d'Asie et du monde arabe, tendent à transmettre leur langue d'origine à leurs enfants nés au Canada.

Ces nouvelles immigrantes s'apparentent aux immigrantes d'origine européenne qui les ont précédées : plus de 80 % d'entre elles ont un conjoint ayant la même langue maternelle. Les couples dont les deux membres ont la même langue maternelle sont nettement plus susceptibles de transmettre cette langue à la génération suivante.

L'intensité de la transmission des langues immigrantes — soit la proportion d'enfants dont la langue maternelle est la même que celle de leur mère — a augmenté dans 14 des 20 groupes linguistiques et a diminué pour 4 langues européennes (portugais, italien, grec, tchèque) de 1981 à 2006. Le tagalog et l'arménien affichaient la même intensité de transmission en 2006 qu'en 1981.

Pour le néerlandais, l'italien, le créole et le tagalog, la transmission de la langue maternelle des mères aux enfants de moins de 18 ans (soit comme langue maternelle, soit comme langue parlée le plus souvent ou régulièrement à la maison) se situait à moins de 20 %.

L'intensité de la transmission de la langue aux enfants de moins de 18 ans était très élevée pour l'arménien, le pendjabi, le chinois, le perse, le turc, le bengali et l'ourdou, où elle excédait 70 %. Dans le cas du portugais, du grec, du créole et de l'hindi, les pourcentages étaient beaucoup plus élevés pour ceux qui déclaraient parler la langue que pour ceux qui la déclaraient comme langue maternelle ou langue parlée à la maison.

Si certains facteurs — voyages internationaux, mondialisation, nouvelles technologies et impact de la Loi sur le multiculturalisme du Canada — favorisent la rétention des langues immigrantes, d'autres ont tendance à la ralentir. Par exemple, les mères immigrantes ayant un niveau de scolarité plus élevé et une meilleure connaissance des langues officielles du Canada sont moins susceptibles de transmettre leur langue maternelle à leurs enfants.

Au fil des ans, le profil des immigrants a évolué de sorte que plus d'immigrants étaient scolarisés : plus particulièrement, en 1981, 7 % des mères immigrantes avaient un diplôme universitaire comparativement à 28 % en 2006. Puisque les femmes plus scolarisées sont moins susceptibles de transmettre leur langue maternelle à leurs enfants, la transmission des langues immigrantes aurait été encore plus grande si le profil scolaire des mères ne s'était pas amélioré.

Transmission intergénérationnelle des langues immigrantes en baisse

La transmission des langues immigrantes s'estompe d'une génération à l'autre. En 1981, 41 % des mères transmettaient leur langue; la proportion correspondante pour leurs filles (quand elles étaient mères) était de 23 % en 2006, soit une baisse de 18 points de pourcentage d'une génération à la suivante.

Presque toute cette baisse est liée au mariage : les filles nées au Canada de mères immigrantes épousent souvent un homme de langue maternelle anglaise ou française plutôt que de la langue immigrante. Lorsque les conjoints ont des langues maternelles différentes, ils sont moins susceptibles de les transmettre à leurs enfants.

Cette tendance a réduit la transmission intergénérationnelle pour neuf groupes linguistiques, dont l'italien, le grec et le chinois. La tendance est restée stable dans le cas du groupe du pendjabi. La transmission des langues par les femmes de deuxième génération à leurs enfants était la plus intense chez celles dont la langue maternelle était le pendjabi (53 %), puis chez celles de langue maternelle grecque (41 %) et espagnole (30 %).

La connaissance de la langue maternelle est nettement plus faible chez les immigrants de troisième génération. Environ 10 % des petits-enfants des mères immigrantes de première génération en 1981 avaient la même langue maternelle que leur mère ou leur grand-mère. L'intensité de la transmission à la troisième génération était inférieure à 10 % chez les groupes de langue allemande, portugaise, polonaise et hongroise. Cependant, 33 % des petits-enfants du groupe pendjabi avaient la langue de leur grand-mère comme langue maternelle, tandis que la proportion était de 26 % dans le groupe de langue grecque.

La fréquence des conjoints ayant la même langue maternelle était élevée chez les Canadiennes de deuxième génération de langue maternelle pendjabi (83 %) et grecque (56 %).

graphique 18.1 Enfants ayant la même langue maternelle que  leur mère, selon certaines langues, 2006
Voir la source des données du graphique 18.1

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