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Enquête auprès des peuples autochtones : les enfants des Premières Nations vivant hors réserve, les enfants métis et les enfants inuits et leurs familles, 2022

Diffusion : 2024-08-14

Un nouveau rapport, intitulé « Les enfants des Premières Nations vivant hors réserve, les enfants métis et les enfants inuits et leurs familles : divers résultats de l'Enquête auprès des peuples autochtones de 2022 », fournit des renseignements clés sur le bien-être des enfants autochtones à l'aide des nouvelles données de l'Enquête auprès des peuples autochtones (EAPA) de 2022, une enquête postcensitaire nationale à participation volontaire qui, dans le cadre de son sixième cycle, portait sur les enfants et leurs familles. Le rapport présente la portée de l'enquête et fournit un aperçu de certains résultats concernant le bien-être et la santé des enfants des Premières Nations vivant hors réserve, des enfants métis et des enfants inuits de 1 à 14 ans.

Des données récentes et culturellement pertinentes sur les enfants autochtones ont constitué une lacune statistique importante. L'EAPA de 2022 a aidé à combler cette lacune au moyen de renseignements sur la situation des particuliers dans le ménage, les services de garde d'enfants et les langues et cultures autochtones, tout en fournissant des renseignements essentiels sur les résultats liés à l'éducation, à l'emploi, au logement, à la mobilité, à la santé et à l'accès aux services.

Les enfants des Premières Nations, les enfants métis et les enfants inuits sont soutenus par les membres de leur famille dans la compréhension de leur culture et de leur histoire, et les écoles y jouent également un rôle

Les experts en développement de l'enfant affirment que le fait d'encourager une identité de soi positive, associée au lien culturel et au sentiment d'appartenance, favorise la santé des enfants et des adultes. Toutefois, l'histoire de la colonisation au Canada et les effets des pensionnats autochtones ont eu de profondes répercussions négatives sur les cultures et les langues autochtones.

En 2022, les parents et les grands-parents étaient les soutiens des enfants des Premières Nations, des enfants métis et des enfants inuits les plus fréquemment mentionnés en ce qui concerne la compréhension de leur culture et de leur histoire. Chez les enfants de 6 à 14 ans, 67 % des enfants inuits, 58 % des enfants des Premières Nations vivant hors réserve et 49 % des enfants métis avaient un parent qui les avait aidés à comprendre la culture et l'histoire des Premières Nations, des Métis et des Inuit. De plus, 46 % des enfants inuits, 36 % des enfants des Premières Nations vivant hors réserve et 23 % des enfants métis avaient un grand-parent ou un arrière-grand-parent qui les aidait à comprendre leur culture et leur histoire.

Les écoles peuvent également jouer un rôle dans l'exposition des enfants à la culture des Premières Nations, des Métis et des Inuit, y compris les langues autochtones. À l'échelle nationale, 29 % des enfants des Premières Nations vivant hors réserve et 14 % des enfants métis de 6 à 14 ans apprenaient une langue autochtone à l'école en 2022. Dans l'Inuit Nunangat (la terre natale des Inuit), 92 % des enfants inuits de 6 à 14 ans apprenaient une langue autochtone à l'école, alors que cette proportion se chiffrait à 12 % pour les enfants inuits d'âge scolaire vivant hors de l'Inuit Nunangat.

En 2022, près des trois quarts des parents d'enfants des Premières Nations vivant hors réserve (72 %) et des parents d'enfants métis (73 %) ont déclaré être fortement en accord avec le fait que l'école de leur enfant soutient la culture autochtone. Parmi les parents d'enfants inuits, 80 % étaient fortement d'accord avec ce fait (93 % dans le cas des enfants inuits vivant dans l'Inuit Nunangat et 51 % dans le cas des enfants inuits vivant hors de l'Inuit Nunangat).

Les fournisseurs de services de garde d'enfants jouent un rôle en ce qui concerne l'exposition des enfants aux cultures autochtones

En 2022, la moitié (51 %) des enfants autochtones de 1 à 5 ans (à l'exclusion de ceux vivant dans les réserves) ont fréquenté régulièrement des services de garde d'enfants (56 % des enfants métis, 49 % des enfants des Premières Nations vivant hors réserve et 36 % des enfants inuits). Par « services de garde », on entend tout service de garde d'enfants fourni par une personne autre que le parent ou le tuteur, dans un contexte formel ou informel. Cette notion ne comprend pas le gardiennage occasionnel ou la maternelle.

À titre de comparaison, 64 % des enfants non autochtones de 1 à 5 ans fréquentaient régulièrement un service de garde au Canada en 2023 (selon l'Enquête canadienne sur l'apprentissage et la garde des jeunes enfants de 2023).

En 2022, parmi les enfants fréquentant un service de garde sur une base régulière, 49 % des enfants des Premières Nations vivant hors réserve, 30 % des enfants métis et 64 % des enfants inuits fréquentaient des services de garde qui fournissaient un environnement propice à l'apprentissage des valeurs et des coutumes traditionnelles et culturelles des Autochtones.

La majorité des parents de jeunes enfants autochtones considèrent que parler et comprendre une langue autochtone est important, mais moins de parents pensent que leur enfant sera capable de parler couramment une langue autochtone

Les recherches ont démontré que la langue est liée à l'identité culturelle, au sentiment d'appartenance, à la santé et au bien-être. En 2022, les deux tiers (67 %) des parents d'enfants autochtones de 1 à 5 ans ont déclaré qu'il était très important ou assez important que leur enfant parle ou comprenne une langue autochtone, en hausse par rapport à moins de la moitié (48 %) en 2006.

Cependant, en 2022, le pourcentage de parents qui ont déclaré qu'il était très important ou assez important que leur enfant parle et comprenne une langue autochtone était plus élevé que le pourcentage de parents qui pensaient que leur enfant va apprendre à parler couramment une langue autochtone (voir le graphique 1).

Ces écarts entre les aspirations des parents et leurs prédictions en ce qui concerne la capacité future de leurs enfants à parler couramment une langue autochtone pourraient indiquer que les parents, même s'ils sont déterminés à transmettre les langues autochtones aux futures générations, perçoivent des obstacles à ce chapitre.

Graphique 1  Graphique 1: Importance accordée au fait que l'enfant parle ou comprenne une langue autochtone et la croyance que l'enfant apprenne à la parler couramment, enfants âgés de 1 à 5 ans, selon l'identité autochtone, Canada, 2022
Importance accordée au fait que l'enfant parle ou comprenne une langue autochtone et la croyance que l'enfant apprenne à la parler couramment, enfants âgés de 1 à 5 ans, selon l'identité autochtone, Canada, 2022

De nombreux enfants autochtones vivent dans des ménages aux prises avec de sérieux défis socioéconomiques

En 2022, 45 % des parents d'enfants autochtones de 1 à 14 ans (à l'exclusion de ceux vivant dans les réserves) ont déclaré que le revenu de leur ménage ne pouvait pas couvrir une dépense imprévue de 500 $, et 31 % d'entre eux ont indiqué que le revenu de leur ménage n'était pas suffisant pour répondre aux besoins de leur ménage en matière de transport, de logement, d'alimentation, de vêtements et d'autres dépenses nécessaires.

Parmi les enfants des Premières Nations vivant hors réserve, 47 % des parents n'étaient pas en mesure de couvrir une dépense imprévue de 500 $ (50 % des parents dans les régions urbaines; 39 % des parents dans les régions rurales) et 32 % des parents ont indiqué que le revenu de leur ménage n'était pas suffisant pour répondre à leurs besoins en 2022.

En 2022, environ 2 parents d'enfants métis sur 5 (39 %) ont déclaré qu'ils ne pouvaient pas couvrir une dépense imprévue de 500 $ et un peu plus du quart (27 %) d'entre eux ont indiqué que le revenu de leur ménage n'était pas suffisant pour répondre à leurs besoins.

Parmi les parents d'enfants inuits, 53 % ont déclaré ne pas pouvoir faire face à une dépense imprévue de 500 $ en 2022. La proportion était significativement plus élevée chez les parents d'enfants inuits vivant dans l'Inuit Nunangat : 62 % d'entre eux ont déclaré ne pas pouvoir faire face à une dépense imprévue de 500 $, par rapport à 30 % des parents d'enfants inuits vivant hors de l'Inuit Nunangat. De plus, 43 % des parents d'enfants inuits ont déclaré que le revenu de leur ménage n'était pas suffisant pour répondre aux besoins de leur ménage.

Plus de 2 enfants autochtones de 1 à 14 ans sur 5 vivent dans des ménages en situation d'insécurité alimentaire

En 2022, 41 % des enfants autochtones de 1 à 14 ans (à l'exclusion de ceux vivant dans les réserves) vivaient dans des ménages en situation d'insécurité alimentaire. Plus précisément, 9 % d'entre eux vivaient dans des ménages en situation d'insécurité alimentaire marginale (les familles craignaient de manquer de nourriture), 19 % d'entre eux vivaient dans des ménages en situation d'insécurité alimentaire modérée (la qualité ou la quantité des aliments était compromise) et 14 % d'entre eux vivaient dans des ménages en situation d'insécurité alimentaire grave (des repas sautés, une quantité réduite de nourriture consommée et, dans les cas les plus extrêmes, des jours passés sans manger) (voir le tableau 1). En 2019, la plus récente année pour laquelle des données sur les enfants non autochtones de 1 à 14 ans sont disponibles, 16 % des enfants non autochtones vivaient dans des ménages en situation d'insécurité alimentaire (selon l'Enquête canadienne sur la santé des enfants et des jeunes de 2019).

L'insécurité alimentaire est un problème bien documenté chez les Inuit, et c'est particulièrement le cas pour ceux qui vivent dans l'Inuit Nunangat, en raison des difficultés d'accès à la nourriture, des coûts élevés des aliments et des changements climatiques. En 2022, plus des trois quarts (77 %) des enfants inuits de l'Inuit Nunangat vivaient dans des ménages en situation d'insécurité alimentaire, comparativement à 35 % de leurs homologues vivant hors de l'Inuit Nunangat.

La plupart des enfants autochtones de 1 à 14 ans ont consulté un professionnel des soins dentaires et ont reçu leurs vaccins de routine

Même si les résultats montrent que les enfants autochtones sont aux prises avec certains défis en ce qui concerne leur santé buccodentaire, en 2022, la majorité (87 %) des enfants autochtones de 1 à 14 ans avaient consulté un professionnel des soins dentaires (dentiste ou hygiéniste dentaire) à un moment ou à un autre. Les enfants plus âgés (97 %), c'est-à-dire ceux âgés de 6 à 14 ans, étaient plus susceptibles d'avoir consulté un professionnel des soins dentaires que les enfants de 1 à 5 ans (65 %).

Au Canada, les vaccinations systématiques des enfants, financées par l'État, sont recommandées pour contrer plusieurs maladies. En 2022, la quasi-totalité (94 %) des enfants autochtones de 1 à 14 ans avaient reçu leurs vaccins de routine (réguliers); les proportions étaient semblables chez les enfants autochtones de 1 à 5 ans (93 %) et ceux de 6 à 14 ans (95 %).

Cependant, en 2022, 11 % des enfants autochtones de 1 à 14 ans (à l'exclusion de ceux vivant dans les réserves) ont eu besoin de soins de santé, à un moment donné au cours des 12 mois précédents, mais ne les ont pas obtenus. Les proportions d'enfants ayant eu des besoins insatisfaits en matière de soins de santé étaient semblables pour les enfants autochtones de 1 à 5 ans (12 %) et ceux de 6 à 14 ans (11 %).

Pour les enfants qui n'avaient pas reçu de soins, les raisons les plus fréquemment mentionnées par les parents d'enfants des Premières Nations vivant hors réserve et des enfants métis en 2022 étaient le temps d'attente trop long et l'indisponibilité des soins au moment où ils étaient requis. Chez les enfants inuits, les raisons invoquées le plus couramment étaient le fait que les soins n'étaient pas disponibles dans la région et que les soins n'étaient pas disponibles au moment où ils étaient requis.

Selon la perception des parents, plus des deux tiers des enfants autochtones de 1 à 14 ans ont une excellente ou une très bonne santé mentale

Il est important d'examiner l'état de santé mentale des enfants, car le développement émotionnel et social au cours des premières années peut jeter les bases de la santé mentale tout au long de la vie.

En 2022, les parents d'un peu plus des deux tiers (69 %) des enfants autochtones de 1 à 14 ans (à l'exclusion de ceux qui vivaient dans les réserves) ont déclaré que leur enfant avait une excellente ou une très bonne santé mentale. Plus précisément, les proportions étaient de 68 % chez les enfants des Premières Nations vivant hors réserve, de 70 % chez les enfants métis et de 72 % chez les enfants inuits. La proportion correspondante chez les enfants non autochtones était de 86 % (selon l'Enquête canadienne sur la santé des enfants et des jeunes de 2019).

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  Note aux lecteurs

L'échantillon de l'Enquête auprès des peuples autochtones (EAPA) est sélectionné à partir des répondants au Recensement de la population, ce qui en fait une enquête postcensitaire. Pour obtenir plus de renseignements sur la méthodologie, veuillez consulter la page Enquête auprès des peuples autochtones (EAPA).

Le présent communiqué comporte une analyse reposant sur les données de l'EAPA de 2022. L'EAPA de 2022 est une enquête nationale sur la population d'identité autochtone âgée de 1 an et plus vivant dans des logements privés. Elle exclut les personnes qui résident dans des réserves et des établissements indiens. L'EAPA de 2022 est le sixième cycle de l'enquête et portait sur les enfants autochtones et leurs familles. Ce cycle de l'EAPA a été mené du 11 mai 2022 au 30 novembre 2022, et un suivi en personne a été effectué du 16 janvier 2023 au 31 mars 2023.

Pour les répondants de moins de 15 ans, on a demandé à la personne la mieux renseignée au sujet du répondant de répondre à l'enquête en son nom. Aux fins du présent communiqué, le terme « parent(s) » est utilisé pour désigner la personne la mieux renseignée.

La présente analyse comprend les différences entre les estimations qui sont statistiquement significatives à un niveau de confiance de 95 %.

De nouveaux tableaux de l'EAPA sont également accessibles, y compris des tableaux sur la situation de sécurité alimentaire (Numéro au catalogue41100063), sur le fait de répondre aux besoins de base et aux dépenses imprévues (Numéro au catalogue41100061), ainsi que sur le recours régulier aux services de garde d'enfants (Numéro au catalogue41100064).

Produits

L'étude intitulée « Les enfants des Premières Nations vivant hors réserve, les enfants métis et les enfants inuits et leurs familles : divers résultats de l'Enquête auprès des peuples autochtones de 2022  » (Numéro au catalogue89-653-X) est maintenant accessible.

Le produit « Guide des concepts et méthodes de l'Enquête auprès des peuples autochtones et l'Enquête auprès des peuples autochtones – Supplément sur les Inuit du Nunavut, 2022  » (Numéro au catalogue89-653-X) est maintenant accessible.

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Pour obtenir plus de renseignements ou pour en savoir davantage sur les concepts, les méthodes et la qualité des données, communiquez avec nous au 514-283-8300 ou composez sans frais le 1-800-263-1136 (infostats@statcan.gc.ca), ou communiquez avec les Relations avec les médias (statcan.mediahotline-ligneinfomedias.statcan@statcan.gc.ca).

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