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La hausse des prix a une incidence sur la capacité de la plupart des Canadiens à assumer leurs dépenses quotidiennes

Diffusion : 2022-06-09

Au cours de la dernière année, la hausse des prix à la consommation a augmenté de façon constante; en avril 2022, la hausse s'est établie à 6,8 % d'une année à l'autre. L'augmentation de la demande des consommateurs et les défis liés à la chaîne d'approvisionnement sont quelques-uns des principaux facteurs contribuant à la hausse des prix.

Pour comprendre de quelle façon la hausse des prix contribue aux préoccupations financières des Canadiens ou influence leurs décisions financières, Statistique Canada a mené l'enquête Portrait de la société canadienne du 19 avril au 1er mai 2022.

L'enquête a révélé que près de 3 Canadiens sur 4 ont déclaré que la hausse des prix a une incidence sur leur capacité à assumer leurs dépenses quotidiennes comme le transport, le logement, les aliments et l'habillement. Par conséquent, de nombreux Canadiens modifient leur comportement pour s'adapter à cette nouvelle réalité, notamment en ajustant leurs habitudes de dépenses et en reportant l'achat d'une maison ou le déménagement dans un nouveau logement locatif.

À l'échelle régionale, il y a eu peu de variations d'une province à l'autre. La plupart des Canadiens ressentent les répercussions de l'inflation. Toutefois, les personnes des quintiles de revenu inférieurs sont plus préoccupées et touchées par la hausse des prix.

Plus de deux Canadiens sur cinq déclarent que la hausse du prix des aliments est celle qui les touche le plus

Au cours de la dernière année (d'avril 2021 à avril 2022), le prix des aliments a augmenté de 9,7 %. Les Canadiens ont dû payer beaucoup plus cher les aliments de base, comme les fruits frais (+10,0 %), la viande (+10,1 %) et les légumes frais (+8,2 %). En raison de la hausse des coûts dans d'autres catégories, comme le logement et le transport, les Canadiens ont également été moins en mesure de prévoir des fonds pour les aliments.

Lorsqu'on leur a demandé dans quel domaine ils ont été les plus touchés par la hausse des prix au cours des six mois précédant l'enquête, 43 % des Canadiens ont répondu les aliments. Après les aliments, les domaines les plus touchés étaient le transport (32 %), le logement (9 %) et les dépenses courantes du ménage (8 %).

Les résidents des régions urbaines ont déclaré que le coût des aliments (44 %) était celui qui les touchait le plus. En revanche, les coûts de transport préoccupaient davantage les résidents des régions rurales. Plus de 2personnes sur 5vivant dans les régions rurales (43 %) ont déclaré que les augmentations de prix liées au transport étaient celles qui les touchaient le plus.

Peu importe la province de résidence, les coûts de transport étaient une grande préoccupation pour la majorité des Canadiens qui achètent de l'essence. Parmi les Canadiens qui achètent de l'essence, 94 % ont déclaré être très (67 %) ou quelque peu (27 %) préoccupés par la hausse du prix de l'essence.

Un Canadien sur cinq s'attend à se procurer des aliments ou des repas auprès d'un organisme communautaire au cours des six prochains mois

En raison de la hausse des prix, 20 % des Canadiens ont déclaré qu'il était très (7 %) ou plutôt (13 %) probable que leur ménage doive se procurer des aliments ou des repas auprès d'organismes communautaires, comme les banques alimentaires, les centres communautaires, les organismes religieux, les programmes scolaires ou les jardins communautaires, au cours des six prochains mois. Selon une étude récente, moins de 2 % des ménages ont eu recours à une banque alimentaire pendant une période de trois mois au cours des premiers mois de la pandémie de COVID-19. Toutefois, les plus récentes statistiques de Banques alimentaires Canada indiquent que le besoin de disposer de banques alimentaires augmente depuis juin 2020, de même que le recours à celles-ci.

Les ménages comptant au moins un enfant âgé de moins de 18 ans étaient près de trois fois plus portés à dire qu'ils étaient très susceptibles de se procurer des aliments ou des repas auprès d'un organisme communautaire, comparativement aux ménages sans enfants (13 % par rapport à 5 %).

Les jeunes Canadiens sont plus susceptibles que ceux plus âgés d'être très préoccupés par leur capacité de se payer un logement ou un loyer

Le coût du logement est un autre grand sujet de préoccupation pour de nombreux Canadiens. Environ 56 % des Canadiens sont très (30 %) ou plutôt (26 %) préoccupés par leur capacité de se payer un logement ou un loyer. En avril 2022, les prix des logements, y compris les logements en location, les logements en propriété, l'eau, le combustible et l'électricité, ont augmenté de 7,4 % d'une année à l'autre, ce qui représente la plus forte augmentation depuis 1983.

Les différences entre les groupes d'âge étaient particulièrement significatives. Les jeunes Canadiens âgés de 15 à 29 ans (53 %) et de 30 à 39 ans (39 %) étaient plus de deux fois plus susceptibles que les personnes de 40 ans et plus (20 %) de déclarer être très préoccupés par leur capacité de se payer un logement ou un loyer. Cela pourrait être dû au fait que les Canadiens plus âgés sont plus susceptibles d'avoir déjà acheté et payé leur maison.

Ces préoccupations ont entraîné des changements de comportement chez les adolescents et les jeunes adultes canadiens. Au cours des six mois précédents, 39 % des personnes âgées de 15 à 29 ans et 38 % des personnes âgées de 30 à 39 ans ont déclaré qu'elles voulaient acheter une maison ou déménager dans un nouveau logement locatif, mais qu'elles ont décidé de ne pas le faire en raison de préoccupations relatives aux prix, comparativement à 24 % de l'ensemble de la population.

Pour composer avec l'inflation, de nombreux Canadiens ont ajusté leurs habitudes de dépenses et leur mode de vie

Afin de composer avec la hausse des prix, la moitié des Canadiens ont déclaré qu'ils avaient cherché des ventes et des soldes au cours des six mois précédents. Parallèlement, 47 % ont acheté des produits de remplacement, des marques ou des articles moins cher et 45 % ont reporté leur achat en réaction à la hausse des prix.

En plus d'avoir modifié leurs habitudes de dépenses, plus du quart des Canadiens (27 %) ont déclaré avoir dû emprunter de l'argent à des amis ou des parents, s'endetter davantage ou avoir recours au crédit pour assumer leurs dépenses quotidiennes au cours des six mois précédents. Plusieurs groupes étaient plus susceptibles de déclarer avoir emprunté de l'argent, soit les ménages des deux quintiles de revenu inférieurs, les jeunes (âgés de 15 à 39 ans), les ménages comptant au moins un enfant âgé de 17ans et moins, les personnes ayant une incapacité et les personnes appartenant à des groupes racisés.

La hausse des prix a également une incidence sur la capacité d'épargner des Canadiens. Environ 24 % des Canadiens ont déclaré avoir dû puiser dans leur épargne pour payer leurs dépenses. Par ailleurs, 29 % ont déclaré qu'ils épargnaient moins et 19 % ont déclaré qu'ils ne sont plus en mesure de le faire chaque mois.

Au cours des prochains mois, Statistique Canada continuera de surveiller les répercussions de la hausse des prix sur les Canadiens.

Graphique 1  Graphique 1: Proportion de Canadiens pour lesquels la hausse des prix a « un peu » ou « beaucoup » influé sur leur capacité à assumer leurs dépenses, par quintile de revenu
Proportion de Canadiens pour lesquels la hausse des prix a « un peu » ou « beaucoup » influé sur leur capacité à assumer leurs dépenses, par quintile de revenu

Graphique 2  Graphique 2: Les Canadiens ajustent leurs habitudes de dépenses et leur mode de vie pour composer avec la hausse des prix
Les Canadiens ajustent leurs habitudes de dépenses et leur mode de vie pour composer avec la hausse des prix

  Note aux lecteurs

Les données figurant dans le présent communiqué sont tirées de la troisième enquête de la série d'enquêtes de Statistique Canada intitulée Portrait de la société canadienne (PSC). La série d'enquêtes PSC est un tout nouveau projet qui consiste en de courtes enquêtes en ligne menées auprès des mêmes répondants sur une période d'un an. Ces enquêtes à participation volontaire font appel à un panel probabiliste fondé sur l'Enquête sociale générale ― Identité sociale, et sont donc représentatives de la population canadienne âgée de 15 ans et plus.

La série d'enquêtes PSC fait partie des efforts de modernisation de Statistique Canada et est en phase pilote. Cette méthode de collecte sera affinée au fil du temps. Pour la présente étude, les facteurs de pondération ont été ajustés pour minimiser tout biais potentiel qui pourrait découler de la non-réponse du panel. Les ajustements pour la non-réponse et le calage à l'aide de l'information auxiliaire disponible ont été appliqués et se reflètent dans les facteurs de pondération d'enquête fournis avec le fichier de données. Malgré ces ajustements, la non-réponse du panel augmente le risque de biais résiduel, ce qui peut avoir une incidence sur les estimations produites à l'aide des données du panel. Les utilisateurs devraient consulter le guide complémentaire pour les lignes directrices et les considérations concernant la qualité des données.

La première enquête de la série d'enquêtes PSC, qui portait sur les perceptions de la vie durant la pandémie, a permis de recueillir des données sur la santé mentale et générale des Canadiens, leur activité physique, leur satisfaction à l'égard de la vie ainsi que sur leurs perceptions à l'égard de l'avenir.

La deuxième enquête de la série PSC a permis de recueillir des données sur l'emploi, les avantages sociaux et la formation liés à l'emploi, l'accès aux soins de santé et l'intention de se faire vacciner, les perceptions à l'égard de la sécurité, les répercussions financières de la pandémie et les attentes quant à l'avenir. Les répondants sont catégorisés comme vivant dans des régions urbaines ou rurales en fonction du centre de population ou de la région rurale associé au code postal du répondant.

La troisième enquête de la série PSC a permis de recueillir des renseignements sur les perceptions des gens à l'égard de l'incidence de la hausse des coûts sur leur vie et, dans certains cas, sur la vie des membres de leur famille, de leurs amis et des membres de leur collectivité. On a demandé aux répondants de quelle façon, selon eux, la hausse des coûts des besoins de base comme les aliments, le transport et le logement influence leur capacité à assumer leurs dépenses quotidiennes, leur capacité d'épargner et leur capacité de faire de gros achats, comme une maison. De façon plus générale, à partir de cette enquête, on tente de saisir de quelle façon les perceptions des gens à l'égard de la hausse des coûts (ou de l'inflation) influencent leurs comportements.

L'objectif de la série est de comprendre pleinement les expériences et les besoins des collectivités afin de mettre en place des mesures de soutien appropriées pour les Canadiens. Statistique Canada tient à remercier tous les Canadiens et toutes les Canadiennes qui ont pris le temps de participer à l'enquête en cette période de crise.

Produits

L'infographie « Répercussions de la hausse des prix sur la population canadienne » est accessible dans le cadre de la série Statistique Canada – Infographies (Numéro au catalogue11-627-M).

Coordonnées des personnes-ressources

Pour obtenir plus de renseignements ou pour en savoir davantage sur les concepts, les méthodes et la qualité des données, communiquez avec nous au 514-283-8300 ou composez sans frais le 1-800-263-1136 (infostats@statcan.gc.ca), ou communiquez avec les Relations avec les médias (statcan.mediahotline-ligneinfomedias.statcan@statcan.gc.ca).

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