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Revenu agricole, 2020

Diffusion : 2021-05-26

Le revenu net réalisé des agriculteurs canadiens s'est accru de 84,2 % pour atteindre 9,9 milliards de dollars en 2020, une forte croissance des recettes ayant dépassé la légère augmentation des dépenses. Cette hausse a fait suite à une augmentation de 10,5 % observée en 2019 et à une baisse de 32,7 % enregistrée en 2018. Si l'on exclut le cannabis, le revenu net réalisé a augmenté de 71,9 % pour atteindre 9,5 milliards de dollars.

L'augmentation des recettes des cultures, alimentée par une forte demande à l'exportation et combinée à la baisse des prix du carburant pour les machines et des engrais, a entraîné le revenu net réalisé à la hausse.

Le revenu net réalisé correspond à la différence entre les recettes monétaires et les dépenses d'exploitation des agriculteurs, moins les frais d'amortissement, plus le revenu en nature.

La Saskatchewan a été à l'origine de plus des trois cinquièmes de la hausse à l'échelle nationale. Le revenu net réalisé a, quant à lui, diminué à Terre-Neuve-et-Labrador, en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick et en Colombie-Britannique. La structure de la production agricole dans ces quatre provinces ne leur a pas permis de tirer pleinement parti de la forte demande à l'exportation pour les céréales, les oléagineux et les cultures spéciales et de la baisse des prix du carburant pour les machines et des engrais.

Les recettes monétaires agricoles enregistrent la plus forte augmentation depuis 2012

Les recettes monétaires agricoles, qui comprennent les recettes provenant des ventes de cultures et de bétail, ainsi que les paiements de programme, ont augmenté de 8,3 % pour atteindre 72,2 milliards de dollars en 2020, ce qui représente la hausse la plus marquée depuis 2012 (+8,7 %).

Les recettes monétaires agricoles ont progressé dans l'ensemble des provinces à l'exception de Terre-Neuve-et-Labrador et de la Nouvelle-Écosse. La Saskatchewan a affiché la hausse la plus élevée (+17,5 %).

En 2020, les recettes du marché se sont accrues de 8,2 % pour atteindre 68,7 milliards de dollars sous l'effet de la hausse des recettes des cultures, tandis que les recettes du bétail ont diminué de 1,1 %.

Les recettes du marché découlent des prix et des mises en marché. Les mises en marché correspondent aux quantités vendues, exprimées selon diverses unités de mesure, comme la tonne pour les grandes cultures et le quintal pour certaines espèces d'animaux d'élevage.

La hausse des ventes de canola, de lentilles et de cannabis fait augmenter les recettes des cultures

En 2020, les recettes des cultures ont progressé de 14,8 % par rapport à l'année précédente pour atteindre 42,4 milliards de dollars, après avoir augmenté de 4,2 % en 2019. Les recettes plus élevées du canola, des lentilles et du cannabis ont plus que contrebalancé la baisse des ventes de fruits et de légumes. Sans le cannabis, les recettes des cultures auraient progressé de 11,7 %, soit la hausse la plus marquée depuis 2012.

Une plus forte demande à l'exportation de la majorité des céréales et des oléagineux canadiens a fait augmenter les recettes. Les exportations de cultures ont aussi été favorisées par une capacité ferroviaire plus grande pour expédier ces produits, au moment où la demande pour les produits pétroliers a diminué par suite de la pandémie de COVID-19.

Les recettes des cultures ont aussi été stimulées par des conditions de croissance et de récolte favorables, ce qui contraste de façon marquée avec les conditions de 2019. Cette situation, combinée à une forte demande, a permis d'enregistrer une plus grande partie de la récolte de 2020 comme des ventes au cours de la même année civile.

Les recettes du canola ont augmenté de 19,0 %, soit la hausse la plus marquée en pourcentage depuis celle de 38,2 % enregistrée en 2011. L'augmentation de 14,8 % des mises en marché est principalement attribuable aux exportations, malgré le différend commercial qui perdure avec la Chine. Étant donné la hausse de la demande mondiale d'oléagineux dans la dernière partie de l'année, les exportations vers la Chine ont augmenté et celles vers l'Union européenne ont presque doublé en 2020.

L'augmentation des activités de broyage intérieures a également stimulé les ventes de canola. Les stocks à la ferme à la fin de l'année se sont établis à leur plus bas niveau depuis la fin de 2012.

En 2020, les recettes des lentilles ont plus que doublé, les prix (+38,9 %) et les mises en marché (+49,6 %) ayant affiché tous deux de fortes hausses. La forte demande de lentilles de la Turquie et de l'Inde a stimulé les exportations. La réduction du tarif à l'importation imposé par l'Inde sur les lentilles canadiennes a accéléré les exportations vers ce pays.

Les recettes monétaires agricoles du blé, sauf le blé dur, se sont accrues de 10,8 %. Quant aux mises en marché, elles ont augmenté de 11,8 %. La demande de farine à base de blé a été renforcée par l'augmentation du nombre de Canadiens qui ont cuisiné et boulangé à la maison pendant les première et deuxième vagues de la pandémie de COVID-19 et les confinements qui en ont résulté.

Les exportations de céréales fourragères vers la Chine ont augmenté étant donné que les besoins croissants en céréales fourragères du cheptel de porcs de ce pays, combinés aux tensions diplomatiques et commerciales croissantes avec l'Australie, qui est un fournisseur habituel de céréales fourragères à la Chine, ont profité aux producteurs canadiens.

En 2020, les recettes du cannabis ont augmenté de 65,0 % étant donné que l'arrivée de produits comestibles, de boissons et de produits topiques à base de cannabis à la fin de 2019 et au début de 2020, combinée à un plus grand nombre de points de vente au détail dans certaines provinces, a contribué à accroître la demande de cannabis séché légal.

Les diminutions des recettes des bovins font baisser les recettes du bétail

En 2020, les recettes du bétail ont diminué de 1,1 % pour s'établir à 26,3 milliards de dollars, la pandémie ayant perturbé les chaînes d'approvisionnement associées à la transformation de la viande. Les fermetures temporaires des installations de transformation et l'adoption de mesures de santé publique plus strictes pour protéger les travailleurs d'usine contre la COVID-19 ont posé des défis pour le secteur de la viande rouge.

Les recettes des bovins ont diminué de 5,0 % en 2020 sous l'effet de la baisse des prix (-3,1 %) et des mises en marché (-1,9 %). Les recettes des bovins ont été particulièrement touchées au deuxième trimestre, en baisse de 19,0 % par rapport à l'année précédente, la capacité de transformation de la viande ayant été sérieusement limitée pendant la première vague de la pandémie.

Les exploitants d'abattoirs ont par la suite modifié leurs exploitations pour accroître leur capacité et réduire les arriérés existants. Toutefois, l'offre excédentaire a exercé une pression à la baisse sur les prix. Les recettes des bovins d'abattage ont fléchi de 5,6 %, ce qui représente plus des quatre cinquièmes de la baisse des recettes des bovins. Les perturbations dans les usines de transformation de la viande aux États-Unis et les arriérés subséquents ont contribué à une baisse de 8,9 % des exportations de bovins et de veaux.

En 2020, les recettes des producteurs de porcs ont affiché une hausse de 1,0 %, la forte demande à l'exportation de porcs ayant fait augmenter leurs mises en marché (+5,7 %), malgré les perturbations causées par la pandémie dans le secteur de la transformation en Amérique du Nord. Les recettes ont reculé de façon marquée au deuxième trimestre (-15,4 %), mais elles ont rebondi par la suite. Pour l'année, les prix des porcs ont diminué de 4,4 %, mais ils ont affiché un certain regain de vigueur plus tard dans l'année. La baisse de la production intérieure en Chine découlant des épidémies de peste porcine africaine qui ont commencé en 2018 a continué d'alimenter les exportations de porcs.

Le secteur assujetti à la gestion de l'offre a affiché une hausse de 1,7 % de ses recettes. La majeure partie de cette augmentation est attribuable à une hausse de 2,0 % des recettes du lait non transformé. Les recettes des œufs ont augmenté de 4,3 % sous l'effet d'une légère hausse des prix et des mises en marché. Les recettes des poulets ont légèrement augmenté de 0,6 %, tandis que celles des dindes et des dindons ont fléchi de 4,1 % en raison de la baisse des quantités vendues.

L'assurance-récolte et les paiements de stabilisation stimulent l'augmentation des paiements de programme

En 2020, les paiements de programme directs se sont accrus de 10,8 % pour atteindre 3,5 milliards de dollars, après avoir affiché une hausse de 40,6 % en 2019. Les paiements d'assurance-récolte ont augmenté de 21,0 %, principalement en raison des paiements liés aux dommages aux cultures en 2019, soit la période au cours de laquelle les conditions de croissance et de récolte ont été particulièrement mauvaises dans les Prairies.

Les paiements provinciaux de stabilisation ont augmenté de 52,0 % en 2020. Près des deux tiers de l'augmentation concernaient le Québec, où la baisse des prix des porcs a justifié les paiements.

Les paiements du programme d'assurance des prix du bétail ont triplé en Alberta, car les prix des bovins ont chuté de façon marquée au deuxième trimestre de 2020, soit pendant la première vague de la pandémie.

La baisse des prix du carburant pour les machines et des engrais atténue l'augmentation des dépenses d'exploitation

En 2020, les dépenses d'exploitation agricole (après les remises) se sont accrues de 1,3 % pour atteindre 54,0 milliards de dollars, soit la plus faible hausse depuis 2016 (+0,8 %).

Les dépenses associées à la production légale de cannabis ont augmenté de 34,0 % étant donné que les producteurs autorisés de cannabis ont accéléré leur production de cannabis séché pour servir le marché des produits à base de cannabis, comme les produits comestibles et les boissons. Lorsque l'on exclut les dépenses liées au cannabis, les dépenses d'exploitation agricole ont légèrement reculé de 0,1 %.

La production de cannabis exige beaucoup de main-d'œuvre. Par conséquent, plus de la moitié de la hausse de 5,4 % des salaires en espèces est attribuable au cannabis. Sans le cannabis, les salaires en espèces auraient augmenté de 2,6 %.

Les prix du carburant pour les machines ont chuté de façon marquée, la demande de carburant utilisé dans les transports s'étant effondrée dans la foulée des mesures prises pour freiner la propagation de la COVID-19. En 2020, les dépenses en carburant pour les machines ont diminué de 16,4 %, soit la plus forte baisse depuis 2015 (-16,8 %).

Le recul des prix a fait diminuer les dépenses en engrais de 6,0 %. Les problèmes d'offre excédentaire ont fait baisser les prix de l'azote avant la pandémie. La diminution des dépenses en engrais en 2020 a été la plus importante depuis 2010 (-10,5 %).

En 2020, les dépenses agricoles totales, qui comprennent les dépenses d'exploitation et les frais d'amortissement, se sont accrues de 1,6 % pour atteindre 62,3 milliards de dollars, les frais d'amortissement ayant augmenté de 4,1 %. Les dépenses totales ont augmenté dans toutes les provinces, sauf en Saskatchewan (-2,1 %) et au Manitoba (-0,3 %).

L'augmentation du revenu net réalisé fait augmenter le revenu net total

En 2020, le revenu net total a augmenté de 2,6 milliards de dollars pour atteindre 8,1 milliards de dollars, après avoir affiché une hausse de 673 millions de dollars en 2019. Le revenu net total a progressé dans six provinces, mais il a diminué dans chacune des provinces de l'Atlantique. Les augmentations en Ontario et en Saskatchewan ont représenté plus des trois cinquièmes de la hausse à l'échelle nationale.

Le revenu net total correspond au revenu net réalisé rajusté en fonction de la variation des stocks de cultures et de bétail des agriculteurs. Il représente le rendement des capitaux propres, la main-d'œuvre agricole non rémunérée, la gestion et le risque.

Bien que la forte augmentation du revenu net réalisé ait alimenté la hausse du revenu net total, la valeur de la variation des stocks a eu un effet négatif sur le revenu agricole net. La variation négative est principalement attribuable à la baisse des stocks à la ferme de canola, bien que la réduction des stocks de blé, de lentilles, d'orge et de soya ait également joué un rôle. Sans le cannabis, le revenu net total aurait augmenté de 1,9 milliard de dollars pour atteindre 7,1 milliards de dollars.

Graphique 1  Graphique 1: Diminution du ratio des dépenses aux recettes à la suite de sommets récents, Canada, 2010 à 2020
Diminution du ratio des dépenses aux recettes à la suite de sommets récents, Canada, 2010 à 2020

Graphique 2  Graphique 2: La baisse des prix du carburant pour les machines et des engrais atténue la hausse des dépenses d'exploitation, Canada, 2019 et 2020
La baisse des prix du carburant pour les machines et des engrais atténue la hausse des dépenses d'exploitation, Canada, 2019 et 2020



  Note aux lecteurs

Un ensemble sommaire des composantes du revenu agricole, à l'exception des recettes et des dépenses liées au cannabis, est disponible sur demande pour 2019 et 2020. Pour des raisons de confidentialité, l'ensemble de 2019 n'est pas offert pour les provinces de l'Atlantique, le Manitoba et la Saskatchewan. Pour la même raison, les estimations de 2020 excluant le cannabis ne sont pas disponibles pour Terre-Neuve-et-Labrador et l'Île-du-Prince-Édouard.

Le revenu net réalisé peut varier énormément d'une exploitation agricole à l'autre en raison de plusieurs facteurs, y compris le type de production de l'exploitation, les prix, les conditions météorologiques et les économies d'échelle. Cette mesure ainsi que d'autres mesures agrégées du revenu agricole sont calculées à l'échelon provincial à l'aide des mêmes concepts que ceux qui sont utilisés pour mesurer les résultats de l'ensemble de l'économie canadienne. Il s'agit de mesures du revenu de l'exploitation agricole et non du revenu du ménage agricole.

Des données financières supplémentaires pour 2020, recueillies à l'échelon de l'exploitation agricole au moyen d'enquêtes et d'autres sources administratives, seront diffusées ultérieurement au cours de l'année. Ces données fourniront des explications sur les écarts dans le rendement de divers types et diverses tailles d'exploitations agricoles.

Les données provisoires sur le revenu agricole pour l'année civile précédente sont diffusées pour la première fois en mai de chaque année, soit cinq mois après la période de référence. Les données révisées sont diffusées par la suite au mois de novembre de chaque année et englobent les données qui ont été reçues trop tard pour être diffusées dans le premier communiqué. Les données des deux années précédant la période de référence peuvent aussi faire l'objet de révisions.

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les recettes monétaires agricoles du premier trimestre de 2021, consultez le communiqué intitulé « Recettes monétaires agricoles », dans Le Quotidien d'aujourd'hui.

Produits

Il est possible de consulter l'outil interactif de visualisation « Revenu agricole net, par province », qui est accessible sur le site Web de Statistique Canada.

Le portail Statistiques sur l'agriculture et l'alimentation, qui est accessible sous l'onglet Sujets du site Web de Statistique Canada, fournit aux utilisateurs un point d'accès unique à une grande variété de renseignements relatifs à l'agriculture et à l'alimentation.

Appuyez le Recensement de l'agriculture de 2021.

Coordonnées des personnes-ressources

Pour obtenir plus de renseignements ou pour en savoir davantage sur les concepts, les méthodes et la qualité des données, communiquez avec nous au 514-283-8300 ou composez sans frais le 1-800-263-1136 (STATCAN.infostats-infostats.STATCAN@canada.ca) ou communiquez avec les Relations avec les médias au 613-951-4636 (STATCAN.mediahotline-ligneinfomedias.STATCAN@canada.ca).

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