Enjeux cartographiques

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Limites des cartes choroplèthes
Applications de l'écoumène à Statistique Canada

La carte choroplèthe est un élément essentiel du répertoire cartographique de la cartographie thématique. En fait, au fil des ans, la popularité des cartes choroplèthes a augmenté, ce type de carte étant très facile à produire au moyen d'un SIG et d'un logiciel cartographique.

La technique choroplèthe type est une méthode de représentation cartographique qui utilise une couleur distinctive ou une zone ombrée qui est appliquée à des unités aréales définies au préalable (Dent 1999, p. 139). Par exemple, les unités peuvent être des divisions de recensement ou des secteurs de recensement, et les symboles aréals englobent l'ensemble de l'unité géographique.

Limites des cartes choroplèthes

Parmi les hypothèses sous-jacentes de la cartographie choroplèthe figure le fait que les données sont réparties de façon homogène ou uniforme dans chaque unité géographique (MacEachren 1985, p. 42; Dent 1999, p. 141). Cette hypothèse se traduit par l'application d'une seule couleur dans chaque unité (figure 3.1). Toutefois, l'ensemble de l'unité, ou à tout le moins une part importante de celle-ci, peut être inhabitée, ce qui produit des distributions spatiales très trompeurs (Dorling 1993, p. 170; Crampton 2004, p. 41). En fait, Holloway, Schumacher et Redmond (1997) soulignent que lorsque les données socioéconomiques sont cartographiées selon les techniques choroplèthes :

« …les résultats nous renseignent davantage au sujet de la taille et de la forme de l'unité de recensement que sur les personnes qui y vivent et y travaillent. » (Holloway, Schumacher et Redmond 1997, p. 2)

Figure 3.1 Carte choroplèthe type. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Figure 3.1
Carte choroplèthe type

Langford et Unwin (1994) appuient ce point de vue et ajoutent :

« Même si les effets de la location de limites modifiables et de la sélection d'intervalles de classe ont toujours été considérés comme les plus graves dans la cartographie choroplèthe, nous croyons que la simple variabilité de la taille et de la forme des unités aréales peut avoir autant d'importance. » (Langford et Unwin 1994, p. 23)

Cela est illustré dans la figure 3.1. La couleur vert foncé correspondant à la catégorie de données la plus élevée prédomine complètement dans l'ensemble de la carte, parce qu'elle couvre les grandes divisions de recensement de six provinces et de deux territoires. En fait, la superficie de la division de recensement la plus importante (Baffin, au Nunavut) est environ 5 391 fois plus grande que celle de la division de recensement la plus petite (l'Île-d'Orléans au Québec).

Applications de l'écoumène à Statistique Canada

L'approche utilisée par Statistique Canada consiste à utiliser des écoumènes « génériques », comme un écoumène de population ou un écoumène agricole. Les écoumènes génériques limitent les répartitions statistiques aux mêmes régions et rendent ainsi les cartes (ou les séries de cartes) plus comparables. Cet objectif ne pourrait être atteint au moyen de cartes dasymétriques (Haythornthwaite, Weiss et Heimbecker 1989, p. 192, 194). La carte dasymétrique est constituée des mêmes données initiales que celles utilisées pour la carte choroplèthe simple. Elle diffère de la carte choroplèthe en ce que les zones cartographiées ne sont pas délimitées uniquement par les limites du recensement définies au préalable. On tient aussi compte des limites « naturelles », et des moyennes sont calculées pour chaque subdivision qui est créée (Robinson et al. 1995, p. 519, 523).

Écoumène de population

Depuis le Recensement de 1976, Statistique Canada a appliqué un écoumène de population dans son programme de cartographie thématique, principalement pour les cartes nationales au niveau de la division de recensement1. Le recours à l'écoumène limite la représentation aux régions habitées et permet une représentation plus exacte de la répartition spatiale des données. Dorling (1993, p. 170), Langford et Unwin (1994, p. 23), ainsi que d'autres, recommandent aussi d'ombrer uniquement les zones habitées de la carte.

La méthode de délimitation de l'écoumène de population s'est raffinée au fil du temps. Pour le Recensement de 1976, l'écoumène représentait une « approximation » très grossière, à partir des cartes de densité de population à 1:7 500 000 de la quatrième édition de l'Atlas national du Canada (Ressources naturelles Canada 1974). L'écoumène a été produit grâce à délimitation des régions dont la densité était égale ou supérieure à une personne au mille carré (0,4 personne au kilomètre carré), et à la création d'une zone tampon autour de ces régions, parce que les cartes de densité de population étaient fondées sur les données de 1961. Les écoumènes de population pour les Recensements de 1981 et 1986 ont été mis à jour, afin de tenir compte des augmentations de la population, des baisses de population et des erreurs mineures figurant dans l'écoumène de 1976.

Pour les Recensements de 1991 et 1996, l'écoumène a été défini en utilisant le secteur de dénombrement comme « unité de base », et pour le Recensement de 2001, il a été défini au moyen d'une très petite unité géographique, l'îlot. Le secteur de dénombrement et l'îlot sont considérés comme faisant partie de l'écoumène si la densité de la population est d'au moins 0,4 personne au kilomètre carré (environ une personne au mille carré). La section 4 comprend plus de détails sur la méthode de délimitation utilisée pour le Recensement de 2006.

La figure 3.2 illustre l'une des cartes thématiques diffusées pour le Recensement de 2006. À noter que l'écoumène de population limite la représentation des données aux régions habitées. Cela élimine à toutes fins utiles la perception que donne la figure 3.1, à savoir que les régions rurales plus grandes et moins densément peuplées sont plus importantes.

Figure 3.2 Carte choroplèthe avec l'écoumène de population de 2006 (données du Recensement de 2006). Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Figure 3.2 
Carte choroplèthe avec l'écoumène de population de 2006 (données du Recensement de 2006)

L'écoumène de population établi pour les cartes thématiques du recensement s'applique aussi à d'autres données de Statistique Canada, comme les données sur la santé. Par exemple, il a été utilisé pour les trois volumes de la Répartition géographique de la mortalité au Canada publiés conjointement par Santé et Bien-être Canada et Statistique Canada au début des années 80 et 90 (Santé et Bien-être social Canada et Statistique Canada, 1980a, 1980b, 1991). À la fin de 2001, des cartes ont été ajoutées aux Indicateurs de la santé, un recueil en ligne de données produites conjointement par Statistique Canada et l'Institut canadien de l'information sur la santé. Les cartes utilisent l'écoumène de population au niveau de la région sociosanitaire2 (figure 3.3).

Figure 3.3 Carte choroplèthe avec l'écoumène de population de 2001 (données sur la santé de 2005). Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Figure 3.3
Carte choroplèthe avec l'écoumène de population de 2001 (données sur la santé de 2005)

De temps à autre, l'écoumène de population peut être appliqué à des cartes établies à partir de données de l'Enquête annuelle des manufactures (figure 3.4).

Figure 3.4 Carte choroplèthe avec l'écoumène de population de 1996 (données de l'Enquête annuelle des manufactures de 1997). Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Figure 3.4
Carte choroplèthe avec l'écoumène de population de 1996 (données de l'Enquête annuelle des manufactures de 1997)

Écoumène agricole

Depuis le Recensement de 1976, Statistique Canada a aussi appliqué un écoumène agricole à ses cartes thématiques, principalement pour la couverture nationale au niveau de la division de recensement. Par exemple, trois atlas ont été produits à partir des Recensements de l'agriculture de 1976, 1981 et 1986 (Statistique Canada 1979, 1984, 1989). L'écoumène de l'agriculture, tout comme l'écoumène de population, limite les données aux régions où il y a des activités agricoles, ce qui réduit les erreurs d'interprétation et le biais visuel. Les atlas des Recensements de 1976 et 1986 comprennent aussi des cartes de répartition par points. L'écoumène fait en sorte que les points ne sont pas répartis au hasard dans l'ensemble des régions de base ou dans des terres non agricoles.

La méthode de délimitation de l'écoumène agricole s'est précisée au fil du temps. Dans le cadre des recensements plus anciens, il était créé au moyen du secteur de dénombrement comme « unité élémentaire » (Werschler 1995). Dans le cadre du Recensement de 2001, l'écoumène a été défini au moyen d'une petite unité géographique, l'aire de diffusion3. Il comprend toutes les aires de diffusion où les activités agricoles sont « significatives » (figures 3.5 et 3.6). On utilise des indicateurs agricoles, comme le ratio de la superficie des terres agricoles des fermes de recensement et de la superficie totale, et la valeur économique totale de la production agricole. Les variations régionales sont aussi prises en considération. L'écoumène est généralisé pour la cartographie à petite échelle4 (Statistique Canada 2003, p. 3 à 4; Statistique Canada 2007b).

Figure 3.5 Carte choroplèthe avec l'écoumène agricole de 2001 (données du Recensement de l'agriculture de 2006). Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Figure 3.5
Carte choroplèthe avec l'écoumène agricole de 2001 (données du Recensement de l'agriculture de 2006)

Figure 3.6 Carte de répartition par points avec l'écoumène agricole de 2001 (données du Recensement de l'agriculture de 2006). Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Figure 3.6
Carte de répartition par points avec l'écoumène agricole de 2001 (données du Recensement de l'agriculture de 2006)


Notes

  1. Division de recensement (DR) est le terme général de régions créées en vertu des lois provinciales (comme les comtés, les municipalités régionales de comté et les regional districts) ou des régions équivalentes. Les divisions de recensement sont des régions géographiques intermédiaires entre la municipalité (subdivision de recensement) et la province/territoire (Statistique Canada 2007b).
  2. L'écoumène de population est modifié légèrement au Québec pour une région sociosanitaire qui se divise en plusieurs parties (Terres-Cries-de-la-Baie-James).
  3. Une aire de diffusion (AD) est une petite unité géographique relativement stable formée de un ou de plusieurs îlots de diffusion avoisinants. Il s'agit de la plus petite région géographique normalisée pour laquelle toutes les données du recensement sont diffusées. Les AD couvrent tout le territoire du Canada (Statistique Canada 2007b).
  4. L'écoumène agricole de 2006 (qui doit être diffusé au printemps 2008) utilise les mêmes critères de délimitation que l'écoumène de 2001.