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Portrait des minorités de langue officielle au Canada : les francophones du Nouveau-Brunswick
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- Page principale
- Introduction
- Section 1 – Définitions de la population de langue française du Nouveau-Brunswick
- Section 2 – Évolution de la population selon la langue maternelle et la première langue officielle parlée
- Section 3 – Les facteurs d'évolution de la population de langue maternelle française
- Section 4 – Quelques secteurs clés pour la vitalité des communautés de langue officielle en situation minoritaire
- Section 5 – Vitalité subjective
- Conclusion
- Références
- Tableaux, graphiques et cartes
- Annexes
- Renseignements supplémentaires
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- Autres numéros
Conclusion
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Ce portrait démolinguistique des francophones du Nouveau-Brunswick contient beaucoup d'informations variées sur les caractéristiques, les pratiques et les perceptions de ce groupe linguistique. Que doit-on en retenir? Bien qu'ils ne constituent pas une liste exhaustive des informations clés que contient le présent document, les éléments suivants permettent d'en cerner la vision d'ensemble.
- La population de langue maternelle française du Nouveau-Brunswick comprenait 235 270 personnes en 2006 comparativement à 185 110 personnes en 1951, soit une augmentation de 27 %. En comparaison, la population de langue maternelle anglaise s'est accrue de 43 % pour atteindre 465 705 personnes en 2006, alors que celle de tierce langue maternelle, qui compose moins de 3 % de la population de la province, a plus que triplé (soit une augmentation de 260 %), totalisant 18 670 personnes en 2006 comparativement à 5 175 en 1951.
- Au Nouveau-Brunswick, l'effectif de francophones selon l'utilisation du critère de la première langue officielle parlée (PLOP) est à peu près équivalent à celui obtenu en utilisant le critère de la langue maternelle, et ce, dû au fait que dans cette province, les personnes de tierce langue maternelle ne constituent que 2,6 % de la population. La population de première langue officielle parlée française du Nouveau-Brunswick est de 235 130, comparativement à 235 270 personnes de langue maternelle française, pour une proportion de 32,7 % de la population totale de la province dans chacun des cas.
- Le Nouveau-Brunswick est la province, à l'exception du Québec, qui compte la plus grande proportion de francophones au sein de sa population, soit 32,5 %. Au total, environ 90 % de la population du Nouveau-Brunswick dont le français est la première langue officielle parlée résident dans 6 des 15 divisions de recensement (DR) de la province, soit Gloucester (28 %), Westmorland (24 %), Madawaska (13 %), Kent (10 %), Restigouche (9 %) et Northumberland (5 %).
- Plus de la moitié des francophones du Nouveau-Brunswick résident dans le nord de la province, région où les francophones représentent 77 % de la population. En ajoutant les francophones du Sud-Est, ce sont près de 9 francophones sur 10 qui vivent dans une division de recensement où ils représentent 40 % ou plus de la population.
- La très grande majorité des francophones du Nouveau-Brunswick résident au sein de municipalités où ils représentent au moins 70 % de la population. De fait, 7 % des francophones du Nouveau-Brunswick vivent dans une municipalité où ils représentent moins de 10 % de la population, et 3 % d'entre eux résident dans une municipalité où leur poids relatif se situe entre 10 % et 29 %. Dans l'ensemble de la province, 80 % des francophones vivent dans des municipalités où ils sont majoritaires.
- Entre 1971 et 2006, la proportion d'enfants issus d'une famille exogame français-anglais parmi l'ensemble des familles dont au moins un parent est de langue maternelle française a doublé au Nouveau-Brunswick, passant de 16 % à 32 %. À l'opposé, la part des enfants vivant au sein d'une famille endogame dont les deux parents ont le français comme langue maternelle a substantiellement diminué, passant de 83 % en 1971 à 67 % en 2006. La formation de familles exogames français-tierce langue est restée stable durant cette période, avec une proportion d'environ 1 %.
- Alors que les enfants de moins de 18 ans issus de couples exogames français-anglais s'étaient vus transmettre le français dans une proportion de 19 % en 1971, cette proportion atteignait 35 % en 2006. On constate également une augmentation de la transmission du français aux enfants issus de couples exogames français-tierce langue, soit de 47 % à 52 % au cours de la même période.
- En 2006, 50 % des enfants dont la mère est de langue maternelle française et le père de langue maternelle anglaise déclaraient avoir le français comme langue maternelle comparativement à 28 % des enfants dont le père est de langue maternelle française et la mère de langue anglaise. Cet écart est beaucoup plus important en 2006 qu'il ne l'était en 1971; les taux de transmission du français aux enfants issus de couples exogames français-anglais étaient alors de 20 % pour ceux ayant une mère de langue française et de 18 % pour ceux ayant un père de langue française.
- Depuis 1971, l'effectif de la population de langue maternelle française a connu une croissance de 20 560 personnes, passant ainsi de 214 715 à 235 270. L'augmentation de cette population a touché essentiellement les personnes de 30 ans ou plus alors que les personnes de moins de 30 ans ont vu leur effectif diminuer de façon importante, principalement en raison d'un taux de fécondité inférieur au seuil de remplacement de la population.
- Au fil des recensements, on a pu constater une légère augmentation des transferts linguistiques chez les personnes de langue maternelle française au Nouveau-Brunswick. Ainsi, en 1971, environ 9 % des Néo-Brunswickois dont le français était la langue maternelle déclaraient parler une autre langue, essentiellement l'anglais, le plus souvent à la maison. Chez les personnes de tierce langue maternelle, cette proportion atteignait 51 %. Trente-cinq ans plus tard, 11 % des personnes de langue maternelle française déclaraient parler une autre langue que le français le plus souvent au foyer. Chez les personnes de tierce langue maternelle, la proportion des transferts linguistiques est demeurée à peu près stable.
- Au Nouveau-Brunswick, le français est la langue majoritairement utilisée par les francophones, autant dans la sphère privée que publique. C'est toutefois à la maison (86 %) que le français demeure la langue de communication la plus utilisée. Dans la sphère publique, 80 % des francophones s'expriment surtout ou seulement en français avec leurs amis, 75 % dans leur réseau immédiat, 72 % dans les institutions et commerces et 60 % au travail. Dans 43 % des cas, ils consomment surtout ou seulement les médias en français. En outre, une certaine proportion de francophones affirment utiliser autant le français que l'anglais dans les différents domaines de la sphère publique mentionnés. Ainsi, alors que 4 % des francophones parlent autant français qu'anglais à la maison, ils sont 26 % à consommer les médias dans les deux langues. De plus, bien que près de 10 % déclarent utiliser surtout ou seulement l'anglais à la maison, avec les amis et dans leur réseau immédiat, ils sont proportionnellement plus nombreux à utiliser principalement cette langue dans les autres domaines de la sphère publique.
- Bien que les immigrants de langue française du Nouveau-Brunswick soient d'origines diverses, une forte proportion d'entre eux proviennent en réalité d'un nombre restreint de pays. Les données du Recensement de 2006 révèlent que 51 % des immigrants francophones de la province sont originaires des États-Unis, 8 % de la France, 5 % de la République démocratique du Congo, 4 % de l'Allemagne et 3 % du Maroc.
- Depuis 1986, le solde migratoire net des francophones entre le Nouveau-Brunswick et les autres provinces et territoires est négatif. À partir de 1981, le nombre de départs vers les autres provinces a généralement oscillé entre 7 000 et 10 000 au cours d'un lustre donné. Pour ce qui est de la migration vers le Nouveau-Brunswick, elle est restée plutôt stable et varie entre 7 000 et 8 000 arrivées depuis 1981.
- Selon le Recensement de 2006, le Nouveau-Brunswick comptait 625 avocats capables de soutenir une conversation en français, ce qui représente 50 % de tous les avocats de la province. En ce qui a trait aux policiers du Nouveau-Brunswick, 58 % ont déclaré pouvoir soutenir une conversation en français. À cet égard, des différences régionales sont visibles, le Nord et la région du Sud-Est comptant les plus grandes proportions d'avocats et de policiers capables de soutenir une conversation en français.
- Entre 2000 et 2007, l'effectif des enfants inscrits dans un programme régulier de langue française a chuté de plus de 16 %, passant de 38 500 inscriptions à 32 500. L'effectif des enfants inscrits dans un programme d'immersion française a, quant à lui, diminué de 6 %, passant de 22 700 à 21 300. Cette chute d'inscriptions serait toutefois attribuable à la diminution d'enfants, toutes langues maternelles confondues, âgées entre 5 à 17 ans entre 2000 et 2006 et à la diminution du nombre d'enfants âgés de moins de 18 ans et dont au moins un des deux parents est de langue maternelle française.
- Environ 92 % des enfants de parents francophones au Nouveau-Brunswick reçoivent un enseignement en français.
- En 2006, 36 % de la population francophone âgée de 25 ans ou plus au Nouveau-Brunswick ne détenait aucun certificat, diplôme ou grade comparativement à 22 % de la population anglophone. L'écart observé entre les deux grands groupes linguistiques reflète principalement le fait que les anglophones sont proportionnellement plus nombreux à avoir complété un diplôme d'études secondaires que leurs homologues francophones. Les statistiques portant sur les diplômes, certificats ou grades obtenus au niveau postsecondaire révèlent que les écarts entre les groupes sont soit faibles.
- Peu importe le secteur d'industrie, à l'exception de celui des services publics, les francophones utilisent à plus de 85 % le français au travail, que ce soit le plus souvent ou régulièrement. C'est dans le secteur de l'agriculture, foresterie, pêche et chasse ainsi que dans celui des services d'enseignement que les francophones utilisent davantage le français comme principale langue de travail, soit à 91 % et 90 % respectivement. Dans les autres secteurs, cette proportion varie entre 50 % (secteur des services publics) et 83 % (secteur des soins de santé et assistance sociale).
- Les statistiques de 2006 révèlent que les hommes ayant le français comme première langue officielle parlée ont un revenu moyen inférieur d'un peu moins de 4 000 $ à celui de leurs homologues anglophones alors qu'en ce qui a trait au revenu moyen des femmes, celui des francophones est de près de 1 000 $ inférieur à celui des anglophones. Pour ce qui est du revenu médian, alors que les hommes anglophones ont un revenu médian supérieur de 2 600 $ à celui des francophones, les femmes anglophones gagnent un revenu médian de 900 $ supérieur à celui des femmes francophones.
- Les francophones du Nouveau-Brunswick n'affichent pas la même identité linguistique selon la région habitée. Les francophones du Nord du Nouveau-Brunswick s'identifient majoritairement (74 %) surtout ou seulement au groupe francophone. Les francophones de la région du Sud-Est affichent quant à eux surtout ou seulement une identité propre au groupe francophone dans 53 % des cas alors que 40 % des francophones du reste de la province s'identifient de la sorte. En contrepartie, près d'un francophone sur deux du Sud-Est ou du reste de la province s'identifie autant au groupe francophone qu'anglophone, alors que cette proportion n'est que de 24 % chez les francophones du Nord du Nouveau-Brunswick.
- Une majorité de francophones, toutes régions confondues, évaluent la vitalité du français dans leur municipalité comme étant forte ou très forte. En effet, alors que 57 % des francophones du reste de la province évaluent la vitalité du français dans leur municipalité comme étant forte ou très forte, cette proportion est de 68 % dans la région du Sud-Est et de 77 % dans la région du Nord.
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