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Portrait des minorités visibles au Canada

(Renseignements connexes : La note 1 concerne les définitions relatives aux minorités visibles, tandis que la note 2 porte sur la couverture de données.)

Les données du Recensement de 2001 révèlent que, parmi les groupes de minorités visibles vivant au Canada, les Chinois étaient les plus nombreux, comptant 834 145 personnes de 15 ans et plus, soit 3,5 % de la population. Venaient ensuite les Sud-Asiatiques, qui comptaient 688 735 membres (2,9 %), et les Noirs, qui en comptaient 467 090 (2,0 %) (tableau 1).

Tableau 1<br />Certaines caractéristiques des minorités visibles, population de 15 ans et plus, 2001. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira

Tableau 1
Certaines caractéristiques des minorités visibles, population de 15 ans et plus, 2001

Les membres des minorités visibles ont tendance à être plus jeunes, plus urbains et plus scolarisés

Les membres des minorités visibles ont tendance à être plus jeunes que les personnes n'étant pas de minorités visibles. En 2001, les membres de minorités visibles comptaient une plus forte proportion de jeunes de 15 à 24 ans que les personnes n'étant pas de minorités visibles (20,9 % par rapport à 16,1 %).

La grande majorité des membres de minorités visibles (98 %) habitaient un centre urbain en 2001, par rapport à seulement 77 % des personnes n'étant pas de minorités visibles. D'ailleurs, plus de 80 % des membres de minorités visibles vivaient dans l'une des cinq plus grandes villes canadiennes, (voir la note 3) comparativement à un peu plus du tiers des personnes n'appartenant pas à une minorité visible.

Selon les résultats du Recensement de 2001, la population des minorités visibles est, de façon générale, plus scolarisée que le reste de la population canadienne. En 2001, 23,6 % des membres de minorités visibles détenaient un grade universitaire, comparativement à 14,2 % des personnes n'étant pas de minorités visibles. Parmi les différents groupes de minorités visibles, les Chinois étaient les plus scolarisés, 27,3 % d'entre eux détenant un grade universitaire. Le groupe des Noirs comptait une proportion de diplômés universitaires légèrement sous la moyenne nationale, soit 12,7 %. Ce groupe comptait toutefois une forte proportion (18,2 %) de titulaires d'un diplôme d'études collégiales comme plus haut niveau de scolarité complété.

Les membres des minorités visibles affichent un taux de chômage plus élevé et des revenus plus faibles

Malgré le fait qu'ils soient davantage scolarisés que les personnes n'appartenant pas à une minorité visible, les membres des minorités visibles ont affiché un plus haut taux de chômage que leurs homologues, soit 9,5 % par rapport à 7,1 %. Parmi les divers groupes de minorités visibles, les Chinois ont affiché le taux de chômage le plus faible (8,4 %) en 2001, alors que les Noirs ont enregistré le taux le plus élevé (11,5 %).

Les membres de minorités visibles étaient également beaucoup plus nombreux à vivre sous le seuil de faible revenu. Selon les données du Recensement de 2001, 26,0 % des membres de minorités visibles faisaient partie d'une famille à faible revenu, comparativement à 10,6 % des personnes n'étant pas de minorités visibles. Parmi les minorités visibles, les Noirs (32,5 %) étaient proportionnellement plus nombreux à vivre dans une famille à faible revenu que les Sud-Asiatiques (22,0 %) et les Chinois (24,6 %).

La plupart des membres de minorités visibles sont immigrants

En 2001, plus de 80 % des Canadiens appartenant à une minorité visible et âgés de 15 ans et plus étaient des immigrants, comparativement à 13 % des personnes n'appartenant pas à une minorité visible. Par ailleurs, plus du tiers (38 %) des membres de minorités visibles s'étaient établis au Canada entre 1991 et 2001. Chez les groupes de minorités visibles, les Chinois et les Sud-Asiatiques étaient les plus nombreux à être issus de l'immigration (84 %), alors que les Noirs comptaient la plus faible proportion d'immigrants (68 %).

Parmi les 475 785 membres de minorités visibles nés au Canada, une proportion plus importante était âgée entre 15 et 24 ans, soit 55 %, comparativement à 14 % des membres de minorités visibles nés à l'étranger. En outre, les membres de minorités visibles nés au Canada étaient plus susceptibles d'être célibataires (71 % par rapport à 27 %), d'afficher un taux de chômage plus élevé (10,7 % par rapport à 9,1 % des membres de minorités visibles nés à l'étranger) et de toucher un revenu moyen plus faible (22 781 $ par rapport à 28 205 $ pour les membres de minorités visibles nés à l'étranger).

Les minorités visibles victimes de crimes

(La note 4 concerne la victimisation des minorités visibles.)

Les minorités visibles affichent des taux semblables de victimisation avec violence à ceux des non-minorités visibles

(La note 5 porte sur les taux de victimisation violente.)

Pour tous les crimes violent—y compris l'agression sexuelle, le vol qualifié et les voies de fait (voir l'encadré 2) —, les membres de minorités visibles (98 incidents pour 1 000 personnes) ont affiché un taux de victimisation semblable à celui des personnes n'étant pas de minorités visibles (107 incidents pour 1 000).

À l'instar de recherches antérieures, les taux de victimisation des membres de minorités visibles étaient comparables à ceux des personnes n'appartenant pas à une minorité visible, et ce, pour les deux sexes (Gannon et Mihorean, 2005). Par contre, lorsqu'on examine les taux de victimisation avec violence par groupe d'âge, on remarque des différences entre les membres de minorités visibles et les personnes n'étant pas de minorités visibles. Ainsi, on constate que les membres des minorités visibles âgés de 25 ans et plus ont enregistré des taux de victimisation avec violence nettement inférieurs à ceux des personnes n'étant pas de minorités visibles (graphique 1).

Graphique 1 Les membres de minorités visibles plus âgés affichent des taux plus faibles de victimisation avec violence que les personnes n'étant pas de minorités visibles. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 1
Les membres de minorités visibles plus âgés affichent des taux plus faibles de victimisation avec violence que les personnes n'étant pas de minorités visibles

Encadré 1
Définitions

Minorités visibles
Statistique Canada définit l'appartenance à une minorité visible en utilisant les critères énoncés dans la Loi sur l'équité en matière d'emploi. Selon cette loi, font partie des minorités visibles «les personnes, autres que les Autochtones, qui ne sont pas de race blanche ou qui n'ont pas la peau blanche».

En vertu de cette loi, la population des minorités visibles comprend les groupes suivants:

  • Chinois
  • Sud-Asiatique (p. ex. Indien de l'Inde, Pakistanais, Punjabi, Sri-Lankais)
  • Noir (p. ex. Africain, Haïtien, Jamaïcain, Somalien)
  • Arabe et Asiatique occidental (p. ex. Arménien, Égyptien, Iranien, Libanais, Marocain)
  • Philippin
  • Asiatique du Sud-Est (p. ex. Cambodgien, Indonésien, Laotien, Vietnamien)
  • Latino-Américain
  • Japonais
  • Coréen
  • Autre

Non-minorités visibles
Dans le présent rapport, cette expression fait référence aux personnes qui ne se sont pas identifiées comme faisant partie de l'un des groupes susmentionnés.

Immigrants
La définition du terme immigrants qui figure dans ce profil varie selon la source de données. En effet, dans la section qui porte sur les données du Recensement de la population, on définit les immigrants comme les personnes, lors de la tenue du Recensement de 2001, qui avaient ou qui avaient déjà eu le statut d'immigrant reçu, qu'elles soient actuellement ou non des citoyens canadiens. Dans la section qui traite des données de l'Enquête sociale générale de 2004, on définit les immigrants comme les personnes qui ne sont pas nées au Canada ou qui n'étaient pas des citoyens canadiens de naissance et qui sont venues s'établir de façon permanente au Canada en 2004 ou antérieurement.

Les membres des minorités visibles nés au Canada enregistrent les plus hauts taux de victimisation

Lorsqu'on examine les données sur les membres de minorités visibles selon leur lieu de naissance, on remarque que les membres de minorités visibles nés au Canada affichent des taux de victimisation plus élevés que les immigrants de minorités visibles et les personnes n'étant pas de minorités visibles. Pour l'ensemble des crimes violents, les membres de minorités visibles nés au Canada ont affiché un taux de 211 incidents pour 1 000 personnes, comparativement aux taux de 107 pour les personnes n'étant pas de minorités visibles et de 69 pour les immigrants de minorités visibles (graphique 2).

Cependant, comparativement aux minorités visibles nées à l'étranger et aux non-minorités visibles, les membres de minorités visibles nés au Canada comptent une forte proportion de personnes âgées de 15 à 24 ans et de célibataires. De plus, ils ont des revenus moyens plus faibles et participent en moyenne à un plus grand nombre d'activités en soirée par mois. Plusieurs recherches antérieures ont démontré que ces facteurs sont normalement associés à un risque accru de victimisation (Gannon et Mihorean, 2005; Mihorean et autres, 2001).

Graphique 2 Les membres de minorités visibles nés au Canada enregistrent des taux plus élevés de victimisation avec violence. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 2
Les membres de minorités visibles nés au Canada enregistrent des taux plus élevés de victimisation avec violence

Le fait d'être jeune constitue le plus grand prédicteur de la victimisation avec violence

Afin de déterminer si le fait d'être né au Canada et d'appartenir à une minorité visible augmentait le risque de victimisation, on a effectué une analyse multivariée au moyen d'une régression logistique. Les autres facteurs compris dans le modèle sont l'âge, le sexe, l'état matrimonial, le revenu familial, le nombre d'activités en soirée et la proximité du crime.

Une fois tous les facteurs maintenus constants, le fait d'être né au Canada et d'appartenir à une minorité visible n'augmente pas significativement le risque d'être victime d'un crime violent. Cependant, le fait d'être un immigrant et d'appartenir à une minorité visible réduit le risque d'être victime d'un crime violent d'environ 40 %.

L'analyse a permis de constater que l'âge était de loin le plus grand prédicteur du risque de victimisation avec violence; en effet, les personnes de 15 à 24 ans courent près de six fois plus de risques d'être victimes d'un crime violent que les personnes de 55 ans et plus. En outre, les personnes non mariées risquent deux fois plus d'être victimes que les personnes mariées. D'autres facteurs, comme le fait de disposer d'un faible revenu du ménage (moins de 15 000 $) de participer à 10 activités ou plus en soirée chaque mois, d'étre de sexe masculin ainsi que la proximité du crime pour une personne (mesurée selon ses perceptions de la criminalité dans son quartier et la crainte de marcher seule le soir) augmentaient les risques de subir de la violence dans une proportion allant de 40 % à 75 %.

Les caractéristiques des incidents de victimisation avec violence sont semblables chez les membres de minorités visibles et les personnes n'étant pas de minorités visibles

Les caractéristiques des crimes violents dont sont victimes les membres de minorités visibles sont généralement semblables aux caractéristiques des crimes dont sont victimes les personnes n'appartenant pas à une minorité visible. Ainsi, tant chez les membres de minorités visibles que chez les personnes n'étant pas de minorités visibles, seulement le tiers des incidents avec violence avaient été signalés à la police.

De plus, le lien entre la victime et l'agresseur était semblable chez les membres de minorités visibles et les personnes n'appartenant pas à une minorité visible. Les membres de minorités visibles ne connaissaient pas leur agresseur dans 48 % des incidents avec violence, comparativement à 44 % des incidents commis contre les personnes n'étant pas de minorités visibles. À l'inverse, l'agresseur était un membre de la famille, un ami, une connaissance ou une autre personne connue de la victime dans 52 % des incidents mettant en cause des membres de minorités visibles et dans 56 % des incidents impliquant des personnes n'étant pas de minorités visibles. Toutefois, lorsque l'on tient compte de la violence conjugale, l'agresseur était connu de la victime dans 61 % des cas chez les membres de minorités visibles et dans 74 % des cas chez les personnes n'appartenant pas à une minorité visible.

Par ailleurs, 70 % des incidents avec violence commis contre les minorités visibles sont survenus dans un endroit public, tel que dans la rue ou dans un établissement commercial ou institutionnel. Une autre tranche de 24 % des incidents se sont produits dans une résidence privée, la plupart du temps dans la résidence de la victime. Ces proportions sont semblables à celles observées chez les personnes n'appartenant pas à une minorité visible.

Encadré 2
Types d'infractions

Dans le cadre de l'Enquête sociale générale de 2004, on a mesuré l'étendue de la victimisation avec violence en examinant trois types d'infractions, selon leur définition dans le Code criminel. Lorsqu'un incident comportait plus d'un type de crime, il était alors classé selon l'infraction la plus grave (dans l'ordre présenté ci-dessous).

Crimes de violence

Agression sexuelle : Activité sexuelle forcée, tentative d'activité sexuelle forcée, attouchements sexuels, agrippement, baisers ou caresses non désirés.

Vol qualifié : Vol ou tentative de vol lorsque le contrevenant est armé ou lorsqu'il y a des actes de violence ou des menaces de violence contre la victime.

Voies de fait : Attaque (victime frappée, giflée, empoignée, poussée par terre ou battue), menace de préjudice physique proférée face à face ou incident dans lequel une arme est présente.

Perceptions des minorités visibles à l'égard du système de justice pénale

Les minorités visibles sont moins satisfaites de certains aspects du rendement de la police

Alors que le rendement de la police a généralement obtenu une cote favorable de la part des minorités visibles et des non-minorités visibles, les minorités visibles étaient moins susceptibles de déclarer que la police fait un bon travail lorsqu'il est question d'évaluer des tâches portant sur la disponibilité et l'attitude des policiers, telles que le fait d'avoir une attitude ouverte (55 % par rapport à 67 %), d'informer le public sur la prévention de la criminalité (42 % par rapport à 52 %) et de traiter les personnes équitablement (50 % par rapport à 61 %).

Les différences entre les minorités visibles et les non-minorités visibles étaient moins importantes pour ce qui est de déclarer que la police fait du bon travail lorsqu'il s'agit de faire respecter la loi (55 % par rapport à 60 %), de répondre rapidement aux appels (49 % par rapport à 52 %) et d'assurer la sécurité des citoyens (58 % par rapport à 61 %).

Parmi les différents groupes de minorités visibles, les Chinois étaient les plus critiques envers la police, et ce, pour chacun des aspects couverts, alors que les Sud-Asiatiques étaient généralement les plus satisfaits (tableau 2).

Tableau 2 Perceptions à l'égard du système de justice pénale. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira

Tableau 2
Perceptions à l'égard du système de justice pénale

Les personnes ayant eu un contact avec la police ont généralement une moins bonne perception de celle-ci

(La note 6 concerne les contacts avec la police.)

Selon les données de l'Enquête sociale générale (ESG) de 2004, les personnes qui avaient eu un contact avec la police pour une raison ou une autre durant l'année précédant la tenue de l'enquête étaient généralement moins satisfaites du travail de la police que les personnes qui n'avaient eu aucun contact avec celle-ci. Par exemple, 43 % des membres de minorités visibles qui avaient eu un contact avec la police pensaient qu'elle fait un bon travail pour ce qui est de traiter les personnes équitablement, comparativement à 52 % de ceux qui n'avaient pas eu de contact avec la police au cours de cette période.

Les minorités visibles sont moins satisfaites du travail des tribunaux de juridiction criminelle et des services correctionnels que du travail de la police

Dans l'ensemble, les membres de minorités visibles et les personnes n'appartenant pas à une minorité visible sont moins satisfaits du travail des tribunaux de juridiction criminelle que de celui de la police. L'évaluation du rendement des tribunaux de juridiction criminelle diffère selon le type d'activité. Ainsi, les membres de minorités visibles étaient plus susceptibles que les personnes n'étant pas de minorités visibles de déclarer que les tribunaux font un bon travail pour ce qui est de rendre justice rapidement (22 % par rapport à 14 %) et d'aider la victime (29 % par rapport à 19 %). Les membres de minorités visibles étaient toutefois moins nombreux que les personnes n'étant pas de minorités visibles à croire que les tribunaux font un bon travail lorsqu'il s'agit d'assurer un procès équitable pour l'accusé (39 % par rapport à 45 %).

Comme c'était le cas pour la perception du travail de la police, les Chinois étaient, parmi les groupes de minorités visibles, les plus critiques à l'égard du travail des tribunaux de juridiction criminelle. À l'inverse, les Sud-Asiatiques étaient les plus nombreux à dire que les tribunaux font un bon travail.

L'évaluation du rendement du système carcéral et du régime de libération conditionnelle diffère également entre les minorités visibles et les non-minorités visibles selon le type d'activité. Par exemple, les minorités visibles étaient moins nombreuses à estimer que le système carcéral fait un bon travail lorsqu'il s'agit de surveiller et de contrôler les prisonniers (27 % par rapport à 32 %), tandis qu'elles étaient plus nombreuses à croire que le système carcéral fait un bon travail pour ce qui est d'aider les prisonniers à devenir des citoyens respectueux des lois (22 % par rapport à 18 %).

Par ailleurs, les membres de minorités visibles étaient plus susceptibles que les personnes n'étant pas de minorités visibles de déclarer que le régime de libération conditionnelle fait un bon travail lorsqu'il s'agit de surveiller les détenus en libération conditionnelle (18 % par rapport à 14 %) et ils étaient tout aussi enclins à donner une cote favorable pour ce qui est de libérer des prisonniers qui ne sont pas susceptibles de récidiver.

Il convient également de noter que les membres de minorités visibles étaient généralement plus nombreux que les personnes n'étant pas de minorités visibles à ne pas savoir comment évaluer le rendement des différents secteurs du système de justice pénale.  

Perceptions des minorités visibles face à la discrimination et au désordre social

Une plus grande proportion de minorités visibles estime subir de la discrimination

D'après les données de l'ESG, les membres de minorités visibles étaient proportionnellement deux fois plus nombreux que les personnes n'étant pas de minorités visibles à croire qu'ils avaient subi de la discrimination (28 % par rapport à 13 %). Dans l'ensemble, 81 % des membres de minorités visibles qui jugeaient avoir fait l'objet de discrimination croyaient que leur race ou leur origine ethnique en était la cause.

Parmi les divers groupes de minorités visibles, les personnes appartenant au groupe des Noirs ou des Latino-Américains étaient les plus susceptibles d'avoir subi de la discrimination (voir la note 7) (36 % pour les deux groupes). Chez les autres groupes, 30 % des Coréens, 29 % des Sud-Asiatiques, 28 % des Chinois, 26 % des Japonais, 25 % des Philippins et 19 % des Arabes et Asiatiques occidentaux ainsi que des Asiatiques du Sud-Est estimaient avoir fait l'objet de discrimination au moins une fois au cours des cinq années précédant l'enquête.

Parmi tous ceux qui ont déclaré avoir subi de la discrimination, 14 % des membres des minorités visibles estimaient avoir vécu une expérience de discrimination en traitant avec la police ou avec les tribunaux, comparativement à 8 % des personnes n'étant pas de minorités visibles.


Encadré 3

La race ou l'origine ethnique est la cause la plus fréquente à l'origine des incidents motivés par la haine

On a demandé aux répondants de l'Enquête sociale générale (ESG) sur la victimisation qui ont déclaré avoir été victimes d'un crime s'ils croyaient que l'incident en question pouvait être considéré comme un crime motivé par la haine. Le crime motivé par la haine se définit comme un crime perpétré en raison de la haine de l'agresseur envers le sexe, l'origine ethnique, la race, la religion, l'orientation sexuelle, l'âge, l'incapacité ou la langue d'une personne.

Selon les données de l'ESG de 2004, la race ou l'origine ethnique était la motivation la plus souvent mentionnée dans les incidents motivés par la haine (66 % de tous les incidents motivés par la haine).

Dans un peu plus de 3 % de l'ensemble des crimes (y compris les crimes contre la personne et les crimes contre les ménages), la victime était d'avis que l'incident avait été motivé par la haine. Par contre, la proportion s'établit à un peu plus de 7 %E lorsque l'on ne tient compte que des incidents dont la victime appartient à une minorité visible.

E À utiliser avec prudence, car le coefficient de variation se situe entre 16,6 et 33,3.
Note : De plus amples renseignements seront disponibles dans on profil de l'ESG à paraître (S. Brennan, 2008, « La victimisation motivée par la haine »).

Certaines conditions sociales posent problème pour les membres des minorités visibles

En 2004, on a également demandé aux répondants de l'ESG d'indiquer la mesure dans laquelle certaines conditions sociales posaient problème au sein de leur quartier. Celles-ci comprennent des soirées et des voisins bruyants, des gens qui flânent ou qui dorment dans la rue, la présence de déchets, du vandalisme, du harcèlement ou des attaques motivées par l'intolérance raciale, ethnique ou religieuse, la présence de drogues, l'ivresse publique et la prostitution.

En règle générale, les membres de minorités visibles étaient plus nombreux que les personnes n'étant pas de minorités visibles à estimer que ces situations posaient un problème dans leur quartier. Ainsi, les membres de minorités visibles étaient plus susceptibles d'estimer que le flânage (30 % par rapport à 24 %), les gens qui dorment dans la rue (12 % par rapport à 6 %), le harcèlement ou les attaques motivées par l'intolérance raciale (18 % par rapport à 11 %) et la prostitution (16 % par rapport à 8 %) posaient un problème. Ceci peut en partie s'expliquer par la proportion plus élevée de minorités visibles résidant en milieu urbain.

Par contre, un nombre comparable jugeait que les drogues (32 %) et l'ivresse sur la voie publique (25 %) posaient problème. Les membres de minorités visibles étaient également un peu moins nombreux que les personnes n'étant pas de minorités visibles à penser que le vandalisme était un problème dans leur quartier (27 % par rapport à 30 %).  

Perceptions des minorités visibles face à leur sécurité et crainte de la criminalité

Les minorités visibles sont légèrement plus craintives que les non-minorités visibles

Lorsqu'on leur demandait leur degré de satisfaction par rapport à leur sécurité à l'égard de la criminalité, les membres de minorités visibles étaient un peu moins nombreux que les personnes n'appartenant pas à une minorité visible à se dire très satisfaits de leur sécurité personnelle (39 % par rapport à 45 %). 

Bien que, dans l'ensemble, environ le tiers (34 %) des femmes et les deux tiers (67 %) des hommes appartenant à une minorité visible aient dit se sentir en sécurité lorsqu'ils attendent le transport en commun seuls le soir, on observe quelques différences entre les groupes de minorités visibles. Les Noires (50 %) et les Noirs (81 %) étaient les plus nombreux à déclarer se sentir en sécurité dans une telle situation, alors que les Chinoises (30 %) et les Chinois (57 %) étaient les moins nombreux. Parmi les personnes n'étant pas de minorités visibles, 40 % des femmes et 73 % des hommes ont indiqué se sentir en sécurité dans une telle situation (tableau 3).

Tableau 3 Perceptions de la sécurité à l'égard de la criminalité;. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira

Tableau 3
Perceptions de la sécurité à l'égard de la criminalité

Les membres des minorités visibles sont moins susceptibles de pratiquer des activités en raison de l'insécurité

Un peu plus de la moitié des hommes et des femmes appartenant à une minorité visible (52 % et 53 % respectivement) ont affirmé qu'ils marcheraient plus souvent seuls le soir s'ils se sentaient davantage en sécurité, comparativement à 31 % des hommes et à 43 % des femmes n'étant pas de minorités visibles. La différence était encore plus importante pour ce qui est d'utiliser le transport en commun seuls le soir, 39 % des hommes et 47 % des femmes de minorités visibles ayant affirmé qu'ils le feraient davantage s'ils se sentaient plus en sécurité, par rapport à 22 % des hommes et à 29 % des femmes n'étant pas de minorités visibles.

La plus grande tendance à penser qu'il existe certains problèmes sociaux dans leur quartier pourrait en partie expliquer un niveau de crainte plus élevé chez les membres des minorités visibles. Silver et autres (2004) avaient également souligné le fait que les crimes motivés par la haine pouvaient avoir des répercussions sur l'ensemble de la communauté visée, une hypothèse qui pourrait aussi en partie expliquer le niveau de crainte plus élevé chez les minorités visibles.


Notes

  1. Pour obtenir la définition de l'expression minorités visibles, voir l'encadré 1.
  2. Les données qui figurent dans le présent rapport sont fondées sur les personnes de 15 ans et plus.
  3. Les cinq plus grandes régions métropolitaines de recensement au Canada sont Toronto, Montréal, Vancouver, Ottawa—Gatineau et Calgary.
  4. Dans le présent profil, toutes les différences indiquées sont statistiquement significatives. Dans les cas où l'on fait référence à des taux ou à des proportions qui sont similaires, les différences ne sont pas statistiquement significatives.
  5. Lorsque nous analysons les données de l'ESG de 2004, la taille de l'échantillon de même que le nombre de membres de minorités visibles ayant été victimes d'un crime avec violence nous contraignent à présenter les taux de victimisation en considérant les minorités visibles comme un seul groupe. Toutefois, comme les questions ayant trait aux perceptions ont été posées à l'ensemble des répondants, il est possible de fournir des renseignements sur les principaux groupes des minorités visibles, soit les Chinois, les Sud-Asiatiques et les Noirs. Dans cette section du rapport, tous les autres groupes de minorités visibles sont classés dans la catégorie « Autre ».
  6. Les contacts avec la police peuvent être de différentes natures. Ainsi, une personne pourrait avoir eu un contact avec la police dans le cadre d'une séance d'information publique, pour une infraction au code de la route, en tant que victime d'un crime, en étant arrêté ou pour une autre raison. La présente analyse ne permet pas de distinguer les répondants selon la nature du contact, tous étant analysés comme des personnes ayant eu un contact avec la police.
  7. Les différences entre les Noirs et Latino-Américains et certains groupes ne sont pas toutes significatives. Cependant, la proportion de Noirs et de Latino-Américains ayant subi de la discrimination était significativement différente de celle de tous les autres groupes dans leur ensemble.