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Le présent document de recherche porte sur la répartition spatiale de la criminalité dans les villes d'Edmonton, d'Halifax et de Thunder Bay, et de diverses caractéristiques sociales, économiques et fonctionnelles de ces villes. Les analyses sont fondées sur des données du Recensement de 2001, des données sur la criminalité déclarées par la police dans le cadre du Programme de déclaration uniforme de la criminalité fondé sur l'affaire et de données sur l'utilisation du sol.
Les résultats de recherche d'Edmonton, d'Halifax et de Thunder Bay révèlent que la criminalité n'est pas répartie au hasard sur les territoires urbains, mais qu'elle se concentre plutôt dans certains quartiers. Ces résultats soulignent également plusieurs différences entre les caractéristiques des quartiers à criminalité élevée et celles des quartiers à faible criminalité. Ces différences peuvent être regroupées sous trois grandes dimensions : démographique, socioéconomique et fonctionnelle.
Lorsque l'on maintient constantes toutes les autres caractéristiques du quartier à l'étude, un nombre restreint de caractéristiques est lié à la variation du taux de criminalité à l'échelon des quartiers. Les trois grandes dimensions sont représentées dans les modèles explicatifs et illustrent la spécificité régionale de chacune des villes. Ainsi, l'ensemble des caractéristiques explicatives observe une dynamique particulière selon la ville à l'étude et selon qu'il s'agit de criminalité de violence ou de criminalité contre les biens.
À Edmonton en 2001, lorsque toutes les autres caractéristiques du quartier disponibles dans le cadre de l'étude sont prises en compte, trois caractéristiques communes aux deux types de criminalité contribuent à l'explication des variations des taux de criminalité de violence et contre les biens : la proportion de familles monoparentales, la proportion de personnes sans diplôme d'études secondaires et le nombre de travailleurs dans le secteur du commerce de détail (indicateur de l'utilisation du territoire à vocation commerciale). Les taux de crimes avec violence et de crimes contre les biens sont ainsi plus élevés dans les quartiers qui présentent ces caractéristiques en proportions plus élevées. Le taux de criminalité avec violence est également plus élevé dans les quartiers où l'on trouve une plus grande proportion de personnes à faible revenu. Le taux de criminalité contre les biens est cependant moins élevé là où l'on observe une proportion plus forte d'enfants de moins de 15 ans, c'est-à-dire dans les quartiers résidentiels où la proportion de propriétaires-occupants et de maisons unifamiliales est plus élevée.
À Halifax, lorsque toutes les autres caractéristiques de l'étude sont prises en compte, les résultats révèlent que les caractéristiques liées à la variation des taux de criminalité des quartiers diffèrent selon les secteurs nord-est du port et ceux au sud-ouest du port. En fait, les taux de crimes avec violence dans les secteurs au nord-est sont plus élevés au sein des quartiers où le territoire à vocation commerciale est proportionnellement plus important et où les résidents sont moins scolarisés. Dans le secteur sud-ouest, les taux de crimes avec violence sont plus élevés dans les quartiers où un plus grand nombre de personnes vivent seules et où la situation du logement est moins favorable, comme l'indique la proportion de logements nécessitant d'importantes réparations. Par ailleurs, les taux de crimes avec violence des deux côtés du port sont supérieurs dans les quartiers comptant un plus grand nombre de familles monoparentales dirigées par la mère, lesquelles ont tendance à vivre sous le seuil de faible revenu.
En ce qui a trait aux taux de crimes contre les biens dans le secteur nord-est du port d'Halifax, ils sont plus élevés dans les quartiers où le territoire à vocation commerciale est plus important et où les taux de chômage sont plus élevés, alors qu'au secteur sud-ouest du port, les taux de crimes contre les biens augmentent en fonction de la proportion élevée de ménages consacrant plus de 30 % de leur revenu au logement, ainsi que des revenus médians du ménage plus élevés.
À Thunder Bay, lorsque toutes les autres caractéristiques de l'étude sont prises en compte, les taux de crimes avec violence à l'échelon des quartiers sont plus élevés là où les proportions de célibataires et de personnes disposant de ressources économiques plus limitées sont plus élevées, c'est-à-dire là où les transferts gouvernementaux composaient une plus forte proportion du revenu et là où la proportion de personnes vivant dans un ménage à faible revenu était plus importante. Les variations du taux de crimes contre les biens sont également liées à la proportion de célibataires, à la proportion qu'occupent les transferts gouvernementaux ainsi qu'à la proportion de logements construits avant 1961.
Ces résultats laissent entendre que l'élaboration de stratégies pour combattre le crime pourrait s'inspirer des spécificités régionales des dimensions démographique, socioéconomique et fonctionnelle. En modelant ainsi les stratégies de lutte contre le crime selon les besoins particuliers de chacune des villes, c'est-à-dire de leur histoire et des leviers disponibles à l'échelon des quartiers des communautés, elles auront de meilleures chances d'atteindre leurs objectifs.
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