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Culture, tourisme et Centre de la statistique de l'éducation
Intégration des immigrants formés à l'étranger au marché du travail canadien : facteurs déterminants de la réussite
- Page principale
- Acronymes
- Introduction
- Données et méthodologie
- Situation d'emploi no1 – Concordance études-compétences professionnelles
- Situation d'emploi no 2 – Concordance études-revenu d'emploi
- Huit professions sélectionnées
- Résumé et conclusions
- Références
- Tableaux
- Annexes
- Renseignements supplémentaires
- Version PDF
Section 3
Données et méthodologie
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Source des données
Les données ayant servi à la réalisation de l'analyse présentée ici proviennent du Recensement de la population de 2006 de Statistique Canada.
Entre 2001 et 2006, les questions du recensement relatives à la scolarité ont fait l'objet de modifications importantes pour mieux tenir compte de l'évolution du système d'éducation canadien et des caractéristiques de la scolarité des immigrants. Ces modifications ont permis d'améliorer la qualité des données et de produire des renseignements plus précis sur le niveau de scolarité de même que sur les domaines d'études. Pour la première fois, le recensement fournit des données sur la province, le territoire ou le pays dans lequel les recensés ont atteint leur plus haut niveau de scolarité. Bien que ces nouveaux renseignements soient au cœur du présent rapport, l'analyse bénéficiera également de la foule de données recueillies dans le recensement sur le lieu de résidence au pays, sur les caractéristiques des immigrants et sur leur situation sur le marché du travail canadien.
Concepts et définitions
Statut d'immigrant et période d'établissement
Les non-immigrants ou« Canadiens de naissance » sont des citoyens canadiens nés au Canada.
Les immigrants sont des personnes qui sont, ou qui ont déjà été, des immigrants reçus au Canada (immigrants arrivés au Canada avant le jour du recensement, le 16 mai 2006).
Les immigrants très récents sont des personnes qui sont des immigrants reçus au Canada depuis cinq ans ou moins. Dans la présente étude, il s'agit d'immigrants arrivés au Canada après 2000.
Les immigrants récents sont des personnes qui sont des immigrants reçus au Canada depuis six à dix ans. Dans la présente étude, il s'agit d'immigrants arrivés au Canada de 1996 à 2000.
Les immigrants de longue date sont des personnes qui sont des immigrants reçus au Canada depuis plus de dix ans. Dans la présente étude, il s'agit d'immigrants arrivés au Canada avant 1996.
Les résidents non permanents sont des personnes originaires d'un autre pays qui, au moment du recensement, étaient titulaires d'un permis de travail ou d'un permis d'études ou qui revendiquaient le statut de réfugié.
Statut d'immigrant et régions d'études
Les immigrants sont répartis selon la région d'études. Les immigrants formés à l'étranger sont ceux qui déclarent avoir obtenu leur plus haut niveau de scolarité (certificat, diplôme ou grade) « à l'extérieur du Canada », alors que les immigrants formés au Canada sont ceux qui déclarent avoir obtenu ce niveau de scolarité « au Canada ».
Aux fins de la présente étude, les régions suivantes sont prises en considération relativement à la population des immigrants : le Canada, l'Amérique du Nord, l'Amérique latine, l'Europe occidentale, l'Europe orientale, l'Europe septentrionale, l'Europe méridionale, l'Afrique, l'Asie occidentale et centrale et le Moyen-Orient, l'Asie orientale, l'Asie du Sud-Est, l'Asie méridionale et l'Océanie (voir l'annexe 1 pour consulter la liste détaillée des groupes de régions et de pays où a été obtenu le plus haut niveau d'études postsecondaires).
Dans le cas de la population née au Canada, l'analyse porte sur toutes les personnes ayant fait des études postsecondaires, peu importe la région d'études.
Personnes travaillant contre rémunération ou travailleurs rémunérés – Ces expressions renvoient aux personnes âgées de 25 à 64 ans qui ont déclaré travailler contre rémunération (traitements, salaires, pourboires ou commissions) en 2005.
Personnes travaillant à temps plein toute l'année contre rémunération – Cette expression renvoie aux personnes âgées de 25 à 64 ans qui ont déclaré avoir travaillé contre rémunération de 49 à 52 semaines en 2005, pendant 30 heures ou plus par semaine.
Méthodologie – Analyse de régression multivariée
L'« intégration au marché du travail canadien » est un concept arbitraire. Par exemple, il est possible de l'assimiler à une notion de convergence économique entre l'individu et un certain nombre de mesures statistiques, comme le revenu, l'emploi, les études, etc. C'est la raison pour laquelle nous n'essayons nullement de définir « précisément » ce qui devrait être considéré, pour ces immigrants, comme une intégration « réussie » ou une « mauvaise » intégration au marché du travail. L'interprétation est entièrement laissée à la discrétion du lecteur puisque, de l'avis de l'auteure, un tel sujet peut faire l'objet de débats. Aux fins de la présente étude, les deux situations d'emploi suivantes sont utilisées pour mesurer l'« intégration réussie au marché du travail canadien » :
- situation d'emploi no 1 : le fait de travailler dans une profession correspondant le mieux à son domaine d'études ou dans une profession exigeant un niveau de compétence semblable ou plus élevé (c'est-à-dire le fait d'avoir une bonne concordance études-compétences professionnelles);
- situation d'emploi no 2 : le fait de toucher un revenu d'emploi égal ou supérieur au revenu national médian pour la profession correspondant le mieux au domaine d'études (c'est-à-dire le fait d'avoir une bonne concordance études-revenu d'emploi).
L'analyse de régression logistique dont il est fait état dans le présent document prend tout d'abord en considération l'apport de caractéristiques « données » à la probabilité d'atteindre l'une ou l'autre des situations d'emploi susmentionnées. Les caractéristiques « données » sont le statut d'immigrant selon la période d'établissement et la région d'études.
Les Canadiens de naissance sont utilisés comme groupe de référence pour cette variable dans tous les modèles. Les immigrants ayant fait des études postsecondaires dans différentes régions du monde sont comparés aux Canadiens de naissance ayant fait des études postsecondaires. La variable est construite de façon à regrouper trois facteurs : région d'études, période d'établissement et statut d'immigrant (immigrant par rapport à Canadien de naissance). Les différences observées sont par conséquent le résultat des effets de ces trois facteurs. Cette méthode présente l'avantage de rendre possible la comparaison simultanée des immigrants formés au Canada avec les Canadiens de naissance, d'une part, et des immigrants formés à l'étranger avec les Canadiens de naissance, d'autre part. Elle présente cependant un inconvénient : les différences observées entre les Canadiens de naissance et les immigrants formés dans différentes régions du monde ne peuvent pas être uniquement attribuées à l'incidence de la région d'études, puisque d'autres facteurs, comme les effets de cohorte et les cycles économiques, peuvent également jouer un rôle au regard de la situation sur le marché du travail.
D'autres variables sont alors progressivement ajoutées afin d'évaluer les effets de chacune et de déterminer si elles modifient les effets des variables déjà ajoutées. Ces variables supplémentaires sont le sexe et le groupe d'âge, l'état matrimonial et la présence d'enfants, le niveau de scolarité et le grand programme d'enseignement, la province, le territoire et le lieu de résidence, les compétences linguistiques, l'appartenance à une minorité visible et, dans le cas du résultat no 1 sur le plan de l'emploi au regard de la probabilité d'avoir une bonne concordance études-compétences professionnelles, une variable définissant le statut d'emploi à temps plein ou à temps partiel ainsi que toute l'année ou une partie de l'année.
Logiquement, nous savons que les immigrants possèdent effectivement certaines caractéristiques « données » (c'est-à-dire qu'ils ont obtenu leur plus haut niveau de scolarité au Canada ou à l'étranger et qu'ils sont arrivés au Canada dans des périodes différentes). Leur situation sur le marché du travail canadien (favorable ou non) peut alors être tributaire de diverses caractéristiques sociodémographiques (le sexe, l'âge, l'état matrimonial et la présence d'enfants), de caractéristiques relatives aux études (niveau de scolarité et grand programme d'enseignement), de l'emplacement géographique (province, territoire et lieu de résidence) ainsi que de leur connaissance de l'une des deux langues officielles, de l'appartenance à une minorité visible et, dans le cas du résultat no 1 sur le plan de l'emploi, du statut d'emploi à temps plein ou à temps partiel ainsi que toute l'année ou une partie de l'année.
Analyse de régression logistique
L'analyse de régression logistique produit des rapports de cotes qui, dans la présente étude, seront utilisés pour évaluer si, toutes choses étant égales par ailleurs, les immigrants formés à l'étranger travaillant contre rémunération1 et affichant des caractéristiques précises sont plus ou moins susceptibles de réussir leur intégration au marché du travail canadien par rapport aux membres d'un autre groupe (de référence).
Prenons par exemple la probabilité pour une femme d'avoir une bonne concordance études-compétences professionnelles par rapport à un homme. Un rapport de cotes inférieur à 1,0 suppose que les membres du groupe examiné sont moins susceptibles de déclarer travailler dans leur domaine d'études ou dans une profession équivalente que les membres du groupe de référence. En revanche, un rapport de cotes supérieur à 1,0 suppose que les membres du groupe examiné sont plus susceptibles de déclarer travailler dans ces types de professions que ceux du groupe de référence.
Pour illustrer nos propos, examinons deux scénarios : 1) les hommes forment la catégorie de référence et les femmes présentent un rapport de cotes de 0,65 et 2) les hommes forment la catégorie de référence et les femmes présentent un rapport de cotes de 1,75. Dans le premier scénario, les femmes ont 35 % moins de chances que les hommes d'afficher une bonne concordance études-compétences professionnelles, alors que, dans le deuxième, les femmes ont 75 % plus de chances que les hommes d'avoir une telle concordance.
Population à l'étude
Compte tenu de l'objectif du rapport, qui est de cerner les caractéristiques et les facteurs déterminants les plus susceptibles de mener à une intégration « réussie » des immigrants formés à l'étranger au marché du travail canadien, seules les personnes (à l'exception des pensionnaires d'un établissement institutionnel et des résidents non permanents) faisant partie du principal groupe d'âge actif (25 à 64 ans2), ayant fait des études postsecondaires, ayant déclaré ne pas être aux études en 2006 et travaillant contre rémunération (à temps plein toute l'année ou non) ont été prises en considération. Environ 7,4 millions de personnes possédaient ces caractéristiques au Canada en 2006. Elles représentaient approximativement 43 % des 17,2 millions de Canadiens de naissance et d'immigrants reçus âgés de 25 à 64 ans en 2006.
Pour déterminer si ces personnes travaillaient dans une profession correspondant à leur domaine d'études ou dans une profession équivalente,3 seules celles ayant déclaré avoir terminé leurs études postsecondaires dans l'un des programmes d'enseignement conduisant aux professions ciblées désignées par le PRTCE de RHDCC ont été sélectionnées (voir la liste des professions ciblées à l'annexe 2). Sur les 7,4 millions de travailleurs rémunérés âgés de 25 à 64 ans ayant fait des études postsecondaires et ne fréquentant pas l'école en 2006, environ 4,9 millions (ou 67 %) ont déclaré être titulaires de titres de compétences menant à ces professions.
Grands programmes d'enseignement
Les programmes d'enseignement menant aux professions ciblées désignées par le PRTCE de RHDCC ont été choisis en fonction de la meilleure concordance possible entre une profession donnée et le programme d'enseignement à l'aide de la Classification des programmes d'enseignement (CPE) de 2000 et de la Classification nationale des professions pour statistiques (CNP-S) de 2006 (voir la concordance entre les programmes d'enseignement et les professions ciblées à l'annexe 3).
Aux fins du présent rapport, les programmes d'enseignement ont été regroupés selon le type de compétences requises pour la profession correspondant le mieux au domaine d'études : affaires, finance et administration; sciences naturelles et appliquées et professions apparentées; secteur de la santé; sciences sociales, enseignement, administration publique et religion; arts, culture, sports et loisirs; ventes et services; métiers, transport et machinerie et professions apparentées.
Le niveau de compétence est défini en fonction de la Matrice de la Classification nationale des professions de 2006 établie par RHDCC (on trouvera davantage de précisions concernant la Matrice et le niveau de compétence associé aux professions ciblées à l'annexe 4).
La population retenue dans les différents modèles diffère légèrement selon la situation d'emploi. Tandis que le modèle utilisé pour la situation d'emploi no 1 englobe la totalité des 4,9 millions de travailleurs rémunérés âgés de 25 à 64 ans qui ont déclaré être titulaires d'un diplôme d'études postsecondaires dans un domaine conduisant normalement à l'une des professions ciblées désignées par le PRTCE de RHDCC, le modèle utilisé pour la situation d'emploi no 2 n'englobe que les personnes qui ont déclaré travailler à temps plein toute l'année contre rémunération (soit 3,3 millions de personnes sur 4,9 millions). Ce filtre supplémentaire servait à éliminer les différences de revenu attribuables au nombre d'heures travaillées pendant l'année. Les personnes travaillant à temps partiel ont été intégrées au premier modèle puisque cette situation peut représenter l'un des facteurs influant sur la probabilité de travailler dans la profession correspondant le mieux au domaine d'études ou dans une profession équivalente.
Ces critères de sélection font en sorte que la population à l'étude concernant les deux situations d'emploi mesurées se répartit de la façon indiquée ci-dessous.
Note sur les travailleurs autonomes
Les travailleurs autonomes sont exclus du champ de l'étude, car la répartition de leur revenu diffère systématiquement de celle des salariés (c'est-à-dire les personnes travaillant contre rémunération). Comme les données du recensement sur le revenu respectent les définitions utilisées dans les fichiers de données fiscales, ces chiffres sont probablement liés à la façon dont les travailleurs autonomes déclarent leur revenu. Étant donné qu'ils peuvent déduire les frais d'exploitation de leur entreprise, ils déclarent souvent un revenu négatif provenant d'un travail indépendant. Comme le montre une récente étude de Statistique Canada sur le paradoxe du faible revenu des diplômés de l'enseignement supérieur, les travailleurs autonomes sont souvent surreprésentés dans la catégorie du revenu le plus faible (Zeman, McMullen et de Broucker, 2010).
Dans la présente étude, les travailleurs sont considérés comme des travailleurs autonomes s'ils ont déclaré que leur emploi principal4 était un travail indépendant. Le tableau 3.2 montre la proportion de travailleurs autonomes en 2005 âgés de 25 à 64 ans parmi tous les travailleurs du même groupe d'âge, selon le statut d'immigrant, la région d'études et la période d'établissement. Comme on peut le constater, une proportion plus élevée d'immigrants formés à l'étranger (8 %) que de Canadiens de naissance ayant fait des études postsecondaires (7 %) et d'immigrants formés au Canada (7 %) étaient des travailleurs autonomes en 2005. Cette situation est en grande partie attribuable aux immigrants formés à l'étranger et établis au Canada depuis plus de dix ans (10 %). Par comparaison, environ 8 % des immigrants récents et 6 % des immigrants très récents formés à l'étranger ont déclaré être des travailleurs autonomes en 2005.
Notes
- Les personnes sur le marché du travail peuvent être des travailleurs rémunérés (c'est-à-dire qu'elles travaillent pour un employeur) ou des travailleurs autonomes. Dans le présent rapport, l'analyse porte sur les personnes qui sont des travailleurs rémunérés.
- Les personnes de 25 à 64 ans sont plus susceptibles que celles des autres groupes d'âge d'avoir terminé leurs études et d'être disponibles pour participer à la population active.
- On considère que les personnes travaillent dans une profession équivalente lorsque, même si elles ne travaillent pas dans la profession correspondant le mieux à leur domaine d'études, elles ont déclaré travailler dans une profession exigeant un niveau de compétence semblable ou supérieur (les titulaires d'un diplôme d'ingénieur travaillant comme architectes, par exemple).
- L'emploi déclaré était celui occupé dans la semaine (du dimanche au samedi) précédant le recensement (16 mai 2006) si la personne était employée où l'emploi qui avait duré le plus longtemps depuis le 1er janvier 2005, si la personne n'était pas employée pendant la semaine de référence. Les personnes ayant deux emplois ou plus pendant la semaine de référence étaient priées de donner des renseignements concernant l'emploi comportant le plus grand nombre d'heures.
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