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Le but de ce rapport est de dresser un portrait du bassin de certains groupes de professionnels de la santé qui desservent ou qui sont susceptibles de pouvoir desservir les communautés de langue officielle en situation minoritaire (CLOSM). Il vise notamment à comparer la répartition proportionnelle de ces professionnels avec celle des populations minoritaires.
Dans le cadre de la Feuille de route sur la dualité linguistique canadienne 2008-2013 : agir pour l'avenir annoncée par la ministre responsable des langues officielles en juin 2008, Santé Canada a mandaté Statistique Canada de tracer l'état des lieux concernant les professionnels de la santé en mesure de servir dans leur langue la population de langue officielle en situation minoritaire 1 .
L'objectif pour Santé Canada est de pouvoir mieux renseigner les Canadiens et Canadiennes sur l'étendue de la disponibilité des services de santé dans la deuxième langue officielle dans toutes les régions du Canada dans lesquelles existe un besoin d'être servi par un professionnel de la santé pouvant communiquer avec le patient dans sa langue officielle préférée. Les résultats de cette analyse et de toute étude qui pourrait en découler serviront à renseigner les dirigeants des programmes de Santé Canada visant à accroître l'offre de la main d'oeuvre professionnelle en santé dans les régions dans lesquelles les besoins sont les plus importants.
Pour ce faire, nous avons procédé à l'analyse des données linguistiques des recensements de 2001 et 2006 dans le but de produire des statistiques sur le nombre de médecins, d'infirmières, de psychologues, de travailleurs sociaux et des autres professionnels de la santé au sein de chaque province et territoire qui soit appartiennent à la population minoritaire, soit utilisent la langue minoritaire au travail, soit déclarent pouvoir soutenir une conversation dans cette langue. Cette information est par la suite mise en relation avec l'effectif de la population de langue officielle minoritaire dans chacune de ces juridictions. La comparaison du poids relatif des divers professionnels de la santé et de la population minoritaire procure une information utile pour évaluer la situation relative des CLOSM au pays.
La situation CLOSM varie d'une région à l'autre du pays. Les caractéristiques démographiques peuvent en effet varier autant que les conditions socio-économiques et le type de communauté. Cette diversité se retrouve également tant dans la taille et la densité de la population minoritaire que dans l'éloignement des grands centres. Les statistiques présentées dans ce rapport ont été calculées tant à l'échelle des provinces et des territoires que pour des régions infra-provinciales des provinces où résident le plus grand nombre de personnes de langue officielle minoritaire, soit le Nouveau-Brunswick, le Québec et l'Ontario.
Les données présentées dans ce rapport sont tirées du questionnaire complet du recensement rempli par un ménage canadien sur cinq, sauf au Nunavut et dans les Territoires du Nord-Ouest où tous les ménages de ces deux territoires ont répondu au questionnaire complet. En raison de la petite taille de l'effectif des CLOSM dans certaines provinces, territoires et régions infra-provinciales, il en résulte un degré de précision plus faible de l'estimation du bassin des professionnels de la santé disponibles pour les populations minoritaires de langue officielle.
Le bassin de professionnels de la santé disponibles pour les membres des CLOSM est mesuré selon trois approches. La première correspond à une estimation minimale et est fondée sur l'appartenance des professionnels de la santé au groupe de langue minoritaire. La seconde, intermédiaire, s'appuie sur l'utilisation prédominante ou régulière de la langue minoritaire au travail par ces professionnels. La troisième correspond plutôt à une estimation maximale et repose sur la capacité des professionnels de la santé à soutenir une conversation dans la langue minoritaire. Cette dernière estimation représente ainsi un bassin potentiel de fournisseurs de soins de santé dans la langue de la minorité de langue officielle qui, pour certains, utilisent peu (moins que régulièrement) ou pas la langue minoritaire au travail, mais qui seraient sans doute susceptibles de desservir des patients dans cette langue. En outre, l'estimation fondée sur la connaissance de la langue minoritaire comprend tant des professionnels dont cette langue est la langue maternelle ou la première langue officielle parlée que ceux dont la première langue officielle parlée est l'autre langue officielle, mais qui peuvent néanmoins soutenir une conversation dans la langue minoritaire.
Parmi les quatre groupes de professionnels de la santé que distingue le présent rapport, les infirmières représentent le groupe de professionnels le plus important en termes d'effectif. Dans ce groupe, on a inclus toutes les infirmières autorisées en excluant les infirmières auxiliaires et les aides-infirmières.
Les médecins omnipraticiens et les médecins de famille forment le groupe dont l'effectif est le plus important dans l'ensemble des médecins. Aux fins du présent rapport, les médecins spécialistes ne sont pas considérés dans l'analyse des statistiques sur les médecins.
La langue est le principal outil de travail des psychologues dans le cadre des consultations avec leurs clients. C'est pourquoi il importait de les considérer comme un groupe distinct de professionnels de la santé capables de communiquer dans la langue minoritaire même s'ils sont moins nombreux que d'autres groupes de professionnels de la santé.
Il en va de même pour les travailleurs sociaux. De plus, ceux-ci sont plus nombreux que les médecins omnipraticiens 2 .
Enfin, un cinquième groupe, celui réunissant tous les autres professionnels de la santé non comptabilisés dans les autres regroupements, est inclus dans le présent rapport. En tant que groupe résiduel, il est sans doute plus hétérogène que les autres groupes.
Mise en contexte
Selon la Société Santé en français, « la qualité des services de santé dépend en grande partie de la capacité des gens de pouvoir communiquer dans leur langue. Comprendre et être compris sont essentiel à la relation entre le citoyen et l'intervenant de la santé. La communication est et sera toujours un des facteurs clés de la santé des individus et de leurs communautés 3 . » (p.1). Dans le Résumé du Plan directeur 2008-2013, la Société juge, entre autres, que le « développement et la reconnaissance des compétences linguistiques des professionnels de la santé et l'information aux usagers » jouent un « rôle capital dans le placement, le recrutement et la rétention des professionnels francophones de la santé » (ibid., p.4). L'information concernant le nombre des professionnels de la santé qui utilisent la langue minoritaire dans le cadre de leur travail et de ceux qui se disent capable de soutenir une conversation dans cette langue constitue un des piliers du développement d'une offre de service aux communautés de langue officielle minoritaire.
Au Québec, Carter (2008) fait observer que « l'offre active des services en anglais par des professionnels du système de la santé et des services sociaux constitue un indicateur important de la capacité du système [de santé et des services sociaux] de s'adapter aux besoins des communautés anglophones 4 ». De plus, le « Community Health and Social Services Network of Quebec » note que « l'accès à la gamme complète des services de santé et sociaux en anglais continue à poser un défi pour les fournisseurs de service tout comme pour les communautés dans plusieurs régions de la province et même dans certains quartiers de Montréal 5 . »
L'examen des statistiques portant sur la connaissance de la langue officielle minoritaire et de l'utilisation de cette langue au travail par les membres de certains groupes de professionnels de la santé permet de dresser un portrait du bassin de professionnels offrant ou étant susceptibles de pouvoir offrir des services dans cette langue. Le même rapport souligne qu'« il ne faut jamais oublier qu'après plusieurs décennies sans services de santé en français, il se crée chez les gens une conviction qu'il est impossible d'en recevoir » (ibid., p. 5).
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