![]() |
|
![]() | ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() |
Consulter la version la plus récente.
L’information dont il est indiqué qu’elle est archivée est fournie à des fins de référence, de recherche ou de tenue de documents. Elle n’est pas assujettie aux normes Web du gouvernement du Canada et elle n’a pas été modifiée ou mise à jour depuis son archivage. Pour obtenir cette information dans un autre format, veuillez communiquer avec nous.
| Projections démographiques pour le Canada, les provinces et
les territoires
2005-2031 Section III : Résultats Croissance de la population du Canada Entre 36 et 42 millions de Canadiens en 2031 Le graphique 3.1 présente l’effectif de la population canadienne jusqu’en 2056 selon les scénarios de projection retenus. On y constate que la population du Canada devrait poursuivre sa croissance d’ici 2056 selon cinq des six scénarios de projection analysés 1. Selon les quatre scénarios de croissance moyenne (scénarios 2 à 5), qui ne se distinguent les uns des autres qu’en ce qu’ils supposent des schémas de migrations interprovinciales différents, la population du Canada passerait de 32,3 millions de personnes en 2005 à environ 39,0 millions de personnes en 2031 puis atteindrait environ 42,5 millions en 2056. Rappelons que le Canada comptait 24,8 millions d’habitants en 1981. La plus forte fécondité, la forte immigration ainsi que l’espérance de vie plus élevée que suppose le scénario de forte croissance porte le nombre de Canadiens à 41,8 millions de personnes en 2031, puis à 49,7 millions en 2056. Il s’agirait d’un doublement par rapport à l’effectif de population du début des années 1980. Seul le scénario de faible croissance n’engendrerait pas une hausse continue du nombre de Canadiens d’ici 2056. Selon ce scénario, la population du Canada, après s’être élevée à 36,3 millions de personnes en 2031, atteindrait un sommet de 36,6 millions de personnes en 2039 puis commencerait à décroître par la suite jusqu’à 35,9 millions de personnes en 2056. Ces résultats représentent une révision à la hausse par rapport au dernier exercice de projection (Statistique Canada, 2001). Le scénario de croissance moyenne de cet exercice projetait 36,8 millions de personnes en 2031, soit une population inférieure d’environ 6 % à ce qu’elle serait en 2031 selon les quatre scénarios de croissance moyenne des présentes projections. Cet écart résulte pour la plus grande partie d’une hypothèse plus forte en ce qui touche l’immigration puisqu’on suppose ici que c’est le taux d’immigration - et non pas l’effectif d’immigrants comme auparavant - qui demeurera constant jusqu’en 2031 2. Graphique 3.1
Une croissance de plus en plus faible de la population L’une des implications des résultats qui précèdent est que le taux d’accroissement de la population devrait demeurer positif d’ici 2056 dans tous les scénarios, à l’exception du scénario 1 de faible croissance où il deviendrait négatif à partir de 2039. C’est ce que montre le graphique 3.2 où sont présentées les variations annuelles de l’effectif de la population canadienne de 1981 à 2056. On observerait cependant un ralentissement de la croissance démographique qui ne connaîtrait presque aucune interruption d’ici 2056 dans cinq des six scénarios de projection. Dans le cas des scénarios de croissance moyenne (scénarios 2 à 5), le taux d’accroissement passerait de 8,6 pour mille en 2005 à un peu moins de 5,5 pour mille en 2031 puis poursuivrait sa décroissance jusqu’à environ 2,4 pour mille au milieu du siècle. Bien qu’inférieur au taux de croissance annuel moyen observé au cours des dix dernières années, ce taux de 2,4 pour mille assurerait malgré tout une croissance supérieure à celle qui est actuellement observée dans plusieurs des pays du G8 (Allemagne, Russie, Italie, Japon) (Statistique Canada, 2005). Ce ralentissement de la croissance serait plus prononcé selon le
scénario 1 de faible croissance de sorte que le taux de croissance
annuel serait inférieur à 2,0 pour mille dès 2031,
passerait sous la barre du zéro en 2039 et atteindrait Le scénario 6 de forte croissance provoquerait dans un premier temps une accélération de la croissance jusqu’en 2016 où le taux de croissance atteindrait 10,7 pour mille. Dans un deuxième temps, cette accélération serait suivie d’un ralentissement du rythme de croissance qui passerait à 5,8 pour mille au début de la seconde moitié du siècle. Graphique 3.2
L’accroissement naturel bientôt négatif L’accroissement total masque toutefois deux tendances opposées, soit d’un côté la baisse de l’accroissement naturel et de l’autre la hausse de l’accroissement migratoire, du moins jusqu’en 2031. Selon tous les scénarios établis dans le cadre des présentes projections, l’accroissement de la population qui résulte de la différence entre le nombre des naissances et celui des décès deviendrait négatif d’ici 2056 (graphique 3.3 ). Dans l’éventualité où le nombre d’enfants par femme diminuerait à 1,3 et où l’augmentation de l’espérance de vie à la naissance serait moins rapide (scénario 1), le nombre des décès excèderait celui des naissances dès 2020. Un maintien de la fécondité à son niveau actuel combiné à une élévation modérée de la durée de vie moyenne (scénarios 2 à 5) repousserait cette échéance d’une dizaine d’années. Avec une hausse de l’indice synthétique de fécondité à 1,7 enfant par femme et une forte croissance de l’espérance de vie (scénario 6), le nombre des naissances deviendrait inférieur au nombre des décès en 2046. Il est à noter que les décès excèdent déjà les naissances dans certains pays industrialisés comme l’Allemagne et l’Italie (Statistique Canada, 2005). Graphique 3.3
Le moment où l’accroissement naturel deviendra négatif dépend davantage de l’évolution future de la natalité que de celle de la mortalité, comme on peut le voir au graphique 3.4 qui met en parallèle le nombre des naissances et des décès selon que la croissance projetée est faible, moyenne ou forte. Le nombre des décès, entre 465 000 et 494 000 en 2055-2056, varie peu d’un scénario à l’autre et ne peut expliquer les 26 ans qui séparent les scénarios de faible et de forte croissance quant au moment où ils enregistreront un accroissement naturel négatif. Les différences dans l’évolution des naissances d’un scénario à l’autre sont bien plus importantes et expliquent beaucoup plus l’écart observé. Le nombre des naissances en 2055-2056 serait en effet près de deux fois moindre avec les hypothèses du scénario de faible croissance (256 000) que ce qu’il serait la même année si le scénario de forte croissance devait se réaliser (480 000). À l’effet de la natalité et de la mortalité sur l’évolution de l’accroissement naturel, il faut aussi ajouter l’effet indirect de l’immigration puisque les nouveaux arrivants contribuent aussi aux naissances et aux décès. L’accroissement migratoire seul facteur de croissance Par ailleurs, selon cinq des six scénarios de projection analysées, on assisterait à une hausse de l’accroissement migratoire au Canada d’ici 2031. Celui-ci passerait de 183 000 personnes en 2005-2006 à un nombre qui se situerait en 2031 à 150 000 avec le scénario de faible croissance, à environ 223 000 selon les scénarios de croissance moyenne et à 305 000 selon le scénario de forte croissance (tableau explicatif 3.1 ). Par la suite, ces soldes demeureraient à peu près stationnaires puisque les hypothèses d’immigration supposent que les nombres d’immigrants atteints en 2031 demeureront constants jusqu’en 2056. Graphique 3.4
Tableau explicatif 3.1
Figure 3.1
L’accroissement migratoire acquerra une importance toute particulière à partir du moment où le nombre des décès aura dépassé celui des naissances en devenant la seule source de croissance de la population canadienne. Selon les hypothèses établies pour les projections, l’accroissement migratoire net permettrait de retarder, puis de freiner la décroissance de la population qui pourrait éventuellement résulter d’une fécondité qui se maintiendrait de façon prolongée sous le seuil de remplacement des générations, comme c’est le cas depuis maintenant trois décennies au Canada. Rappelons qu’en 2004, environ les deux tiers de l’accroissement total étaient dus à l’immigration internationale. Structure par âge de la population canadienne Amorcé au siècle dernier, le processus de vieillissement de la population canadienne se poursuivra dans les prochaines décennies sous l’effet conjugué d’une faible fécondité persistante et du recul de la mortalité. Ce vieillissement démographique s’accélérera toutefois dès 2011, exacerbé jusqu’en 2031 par l’arrivée à l’âge de 65 ans des individus appartenant aux générations nombreuses de la période du baby-boom. Comme cette section le montrera, aucun scénario de projection ne renverse cette tendance qui est inéluctable puisque déjà inscrite dans la structure par âge de la population canadienne. L’intensité du phénomène varie cependant selon les scénarios et les provinces ou territoires considérés. Évolution de la pyramide des âges La pyramide des âges d’une population représente sous forme graphique sa structure par âge et sexe. Celle du Canada en 2005 présentait une base encore assez évasée même si cette base rétrécissait déjà sous l’effet de la faible fécondité persistante depuis trois décennies (figure 3.1 ). On pouvait également y distinguer clairement l’effet de la période du baby-boom puisqu’une concentration élevée d’individus étaient alors âgés entre 40 et 60 ans, soit aux âges où l’activité professionnelle est très importante. En 2031, selon les scénarios de croissance moyenne, la base de la pyramide serait plus étroite qu'elle ne l'était auparavant alors que le haut se serait considérablement élargi sous l’effet du recul de la mortalité et de la présence des baby-boomers aux âges élevés (65 à 85 ans). Bien que moins imposante qu’en 2005, la population en âge de travailler serait encore assez importante, bénéficiant de la présence à la fois des enfants des baby-boomers et de l’apport de l’immigration. On y distinguerait enfin l’effet de l’hypothèse de fécondité qui, à 1,5 enfant par femme, serait bien en deçà du seuil de remplacement des générations ; la pyramide rétrécirait donc progressivement par la base. Ce rétrécissement progressif est plus visible encore sur la pyramide de 2056, toujours selon les scénarios de croissance moyenne. Le haut de la pyramide (65 ans et plus) serait alors beaucoup plus important que sa base et la population en âge de travailler serait moins nombreuse au centre de la pyramide, surtout entre 20 et 35 ans (voir les figures 3.1 , 3.2 et 3.3 ). Figure 3.2
Figure 3.3
Plus de personnes âgées que d'enfants dès 2015 Le nombre d’enfants (0 à 14 ans) et de personnes âgées (65 ans et plus) étaient respectivement de 5,7 et de 4,2 millions d’individus en 2005, pour un rapport de 135 enfants pour cent aînés (graphique 3.5 ). Dans tous les scénarios de projection, le nombre de personnes âgées surpasserait le nombre d’enfants autour de 2015 environ. En 2031, le nombre de personnes âgées de 65 ans et plus varierait entre 8,9 et 9,4 millions d’individus selon le scénario choisi et celui des enfants entre 4,8 et 6,6 millions. Le ratio enfants - personnes âgées correspondant se situerait alors entre 54 et 71 enfants pour cent aînés au Canada, avec le scénario de croissance moyenne à 62. Ce serait la première fois dans l’histoire de la population canadienne que le nombre de personnes âgées surpasserait celui des enfants, une situation qui, sauf reprise de la fécondité, devrait perdurer. Graphique 3.5
Accélération du vieillissement de la population La proportion de personnes âgées au Canada a augmenté entre 1981 et 2005, passant de 10 % à 13 % (graphique 3.6 ). Dans tous les scénarios de projection élaborés, la proportion de personnes âgées augmenterait plus rapidement au cours des prochaines décennies pour atteindre entre 23 % et 25 % en 2031 et entre 25 % et 30 % en 2056. Dans le scénario de croissance moyenne, cette proportion d’aînés atteindrait 23 % en 2031 et 27 % en 2056. La proportion de personnes âgées serait donc appelée à pratiquement doubler au cours des 25 prochaines années. Aucun des scénarios ne renverse la tendance au vieillissement de la population canadienne qui apparaît inéluctable en raison de la faible fécondité des trois dernières décennies, d’une réduction de la mortalité et enfin de l’arrivée prochaine à 65 ans des générations nombreuses issues de la période du baby-boom. L’âge médian de la population canadienne poursuivrait également sa tendance à la hausse dans tous les scénarios de projection. Il passerait de 39 ans en 2005 à un niveau se situant entre 43 et 46 ans en 2031 et entre 45 et 50 ans en 2056 (graphique 3.7 ). Dans le cas des scénarios de croissance moyenne, la moitié de la population canadienne aurait plus de 47 ans en 2056. Si, comparé à la plupart des pays du G8, le Canada présentait, en 2005, une structure par âge relativement jeune, celle-ci est appelée à vieillir plus rapidement qu’ailleurs. C’est qu’à l’instar des autres pays anglo-saxons comme l’Australie, le baby-boom de l’après-Seconde Guerre mondiale a été particulièrement marqué au Canada et que les personnes nées durant cette période n’avaient pas encore atteint, en 2005, l’âge de 65 ans. Les premiers baby-boomers atteindront cet âge en 2011 seulement, accélérant dès lors le vieillissement de la population canadienne. Graphique 3.6
Évolution de la population en âge de travailler En 2005, l’effectif de la population en âge de travailler (15 à 64 ans) était de 22,4 millions d’individus (graphique 3.8 ), représentant environ 70 % de la population totale (graphique 3.6 ). L’évolution future de cette sous-population, très importante puisqu’elle détermine en grande partie la population active, varie selon le scénario de projection envisagé. Selon les scénarios de croissance moyenne, la population en âge de travailler augmenterait jusqu’au début des années 2020, mais à un rythme de plus en plus lent en raison surtout de la sortie de cette tranche d’âge des individus appartenant aux générations du baby-boom. La population en âge de travailler atteindrait 24,2 millions en 2021 avant de décliner légèrement entre 2022 et 2029 (d’environ 50 000 individus sur la période), le nombre d’individus quittant cette population dépassant temporairement le nombre d’individus y entrant. C’est que les générations les plus nombreuses de la période du baby-boom (soit les individus nés au tournant des années 1960) arriveraient alors à l’âge de 65 ans. Une fois l’ensemble des baby-boomers au sein de la population âgée de 65 ans et plus, la croissance de la population en âge de travailler reprendrait pour atteindre un maximum de 25,2 millions d’individus en 2054. Selon le scénario de croissance faible, la population en âge de travailler augmenterait jusqu’en 2017 pour atteindre un maximum de 23,7 millions d’individus. Elle décroîtrait ensuite progressivement jusqu’à 21,1 millions d’individus en 2056, soit un effectif inférieur à ce qu’il était en 2005. Il faut y voir les conséquences à long terme d’une très faible fécondité (1,3 enfant par femme dans ce scénario) ainsi que d’une faible immigration (taux d’immigration égal à 5,5 pour mille). Dans le scénario de croissance forte, la population en âge de travailler augmenterait sans interruption sur toute la période de projection jusqu’à un niveau maximum de 29,6 millions d’individus en 2056. Cette croissance serait toutefois plus modérée au cours de la décennie des années 2020, sous l’effet de la sortie des générations les plus nombreuses de baby-boomers. Graphique 3.7
Dans tous les scénarios de projection, la proportion que représente la population en âge de travailler diminuerait progressivement au cours des années 2010 et 2020 pour atteindre environ 62 % de la population totale au tournant des années 2030 (graphique 3.6 ). Elle se stabiliserait par la suite à un niveau proche de 60 %. L’absence de différences d’un scénario à l’autre s’explique par la conjugaison des hypothèses de fécondité et d’immigration qui évoluent dans le même sens : le scénario 1, par exemple, marie une faible fécondité (qui a pour effet de diminuer le nombre d’enfants) à une faible immigration (qui limite surtout l’effectif des 15 à 64 ans). Tous les scénarios de projection conduisent également à un léger vieillissement de la population en âge de travailler. La proportion de travailleurs plus âgés (45 à 64 ans) au sein de cette sous-population était, en 2005, de 38 %. Elle passerait rapidement – dès 2011 – à 41% dans tous les scénarios, puis se stabiliserait autour de ce niveau jusqu’en 2031 et atteindrait environ 45 % en 2056 dans le scénario de croissance faible. C’est que l’essentiel du vieillissement de la population en âge de travailler s’est déjà produit, la majorité des baby-boomers ayant déjà atteint, en 2005, l’âge de 45 ans. Un rapport de dépendance démographique à la hausse Dans tous les scénarios de projection, le rapport de dépendance démographique, reflétant le nombre d’enfants de 0 à 14 ans et d’aînés de 65 ans et plus pour 100 personnes en âge de travailler (15 à 64 ans), augmenterait rapidement entre 2011 et 2031, principalement en raison de l’arrivée à 65 ans des baby-boomers non remplacés dans la population en âge de travailler par des générations au moins aussi nombreuses (graphique 3.9 ). On comptait environ 44 enfants et aînés pour cent personnes en âge de travailler en 2005 ; dans tous les scénarios, ce rapport serait d’environ 61 en 2031 et d’environ 69 en 2056. Graphique 3.8
Graphique 3.9
Les personnes très âgées Le nombre et la proportion que représentent les personnes très âgées (80 ans et plus) est en forte hausse dans tous les scénarios de projection (graphique 3.10 ). On comptait 1,1 millions de personnes très âgées au Canada en 2005, représentant 3,5 % de la population totale. Dans tous les scénarios, leur nombre serait plus que doublé d’ici 2031, variant entre 2,3 et 2,6 millions d’individus à cette date. Les personnes très âgées représenteraient alors entre 6,1 % et 6,5 % de la population totale canadienne. En 2056, l’effectif des personnes très âgées varierait entre 3,9 et 4,6 millions d’individus, soit de 9,3 % à 10,8 % de la population canadienne. La hausse rapide entre 2026 et 2046 est surtout la conséquence de la taille des générations accédant à l’âge de 80 ans, celles issues du baby-boom, même si l’allongement de la durée de vie moyenne joue également un rôle non négligeable, l’espérance de vie progressant en moyenne d’environ 7 ans au cours de la période de projection. Le rapport de masculinité de la population très âgée rapporte le nombre de femmes de 80 ans et plus à celui des hommes du même âge. En raison d’une mortalité plus forte à tous les âges chez les hommes, ce rapport est de loin supérieur à 100 depuis de nombreuses décennies et atteignait 194 femmes âgées de 80 ans et plus pour cent hommes en 1999. Il décroît depuis sous l’effet d’une réduction des écarts de mortalité entre les sexes et était de 184 en 2005. Dans tous les scénarios de projection élaborés, cette tendance à la baisse se poursuivrait, suggérant que le déséquilibre entre les sexes continuerait à se réduire. En 2031, ce rapport serait d’environ 146 femmes pour cent hommes et d’environ 138 en 2056. Graphique 3.10
Croissance de la population des provinces et des territoires 3 L’incertitude des résultats des projections est plus importante à l’échelon provincial et territorial qu’à l’échelle nationale en raison de la prise en compte de la migration interprovinciale, qui s’est avérée très volatile dans le passé. Cette composante joue un rôle déterminant dans l’accroissement et la répartition des populations régionales. C’est pour cette raison que quatre hypothèses de migrations interprovinciales ont été formulées pour les présentes projections. Les données des tableaux explicatifs 3.2 et 3.3 , puis des graphiques 3.11 , 3.12 , 3.13 et 3.14 permettent de mesurer l’importance de la migration interprovinciale en ce qu’elles montrent que les scénarios les plus favorables et les plus défavorables à la croissance démographique de chacune des provinces et des territoires spécifiques ne sont pas toujours les scénarios de forte et de faible croissance (scénarios 6 et 1), mais parfois des scénarios de croissance moyenne dont la migration interprovinciale est particulièrement favorable ou défavorable. Tableau explicatif 3.2
Tableau explicatif 3.3
Graphique 3.11
Graphique 3.12
Graphique 3.13
Graphique 3.14
Selon les scénarios retenus pour les présentes projections, seules cinq provinces et territoires pourraient présenter en 2031 une population inférieure à celle estimée en 2005 : Terre-Neuve-et-Labrador, le Nouveau-Brunswick, la Saskatchewan, les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon et encore, seulement selon certains scénarios (avec le scénario de forte croissance, toutes les provinces auraient en 2031 une population supérieure à ce qu’elle était en 2005). La baisse surviendrait dans quatre des six scénarios de projection à Terre-Neuve-et-Labrador et en Saskatchewan, dans trois scénarios au Nouveau-Brunswick, dans deux scénarios au Yukon et dans un seul scénario aux Territoires du Nord-Ouest. Dans toutes les autres provinces, la population projetée serait en 2031 supérieure à la population observée en 2005 selon les six scénarios. Le rythme de croissance diffèrerait cependant d’une province à l’autre et, pour une même province, d’un scénario à l’autre. L’Ontario, l’Alberta, la Colombie-Britannique et les Territoires du Nord-Ouest sont les seuls endroits au Canada présentant plus d’un scénario où la croissance annuelle moyenne projetée pourrait être supérieure à la croissance de la population canadienne dans son ensemble d’ici 2031. Dans tout l’est canadien incluant le Québec, au Manitoba et en Saskatchewan, la croissance serait inférieure à la moyenne canadienne au cours de cette période dans tous les scénarios. Conséquemment, selon ces scénarios, l’Ontario, l’Alberta, la Colombie-Britannique et les Territoires du Nord-Ouest devraient voir leur poids démographique croître d’ici 2031 au Canada (tableau explicatif 3.4 ). La population de l’Ontario atteindrait entre 14,8 et 17,5 millions d’habitants en 2031, ce qui représenterait plus de 40 % de la population canadienne dans tous les scénarios, contre moins de 39 % en 2005. De 3,3 millions qu’elle était en 2005, la population de l’Alberta pourrait franchir la barre des quatre millions en 2031 et ainsi accroître son poids dans l’ensemble canadien, alors qu’il se situait à 10 % en 2005. Avec une population supérieure à cinq, voire à six millions d’habitants (selon le scénario 4) en 2031 par rapport à 4,3 millions en 2005, la Colombie-Britannique pourrait de son côté représenter jusqu’à 14 % ou 16 % de la population canadienne. Le Québec, avec entre 7,8 et 8,9 millions d’habitants en 2031, verrait son poids démographique passer de 23,5 % à 21,6 % dans le meilleur des cas. Elle demeurerait, malgré la croissance moins rapide de sa population, la deuxième province en importance. Entre 2,3 et 2,5 millions de personnes, soit de 5,9 % à 6,4 % des Canadiens, habiteraient dans l’une des quatre provinces atlantiques en 2031 comparativement à 2,3 millions de personnes qui représentaient 7,3 % de la population en 2005. Le Manitoba et la Saskatchewan compteraient eux aussi une part légèrement moins importante de la population canadienne en 2031, soit environ 3,5 % par rapport à 3,6 % en 2005 pour le Manitoba et autour de 2,5 % contre 3,1 % dans le cas de la Saskatchewan. Structure par âge de la population des provinces et des territoires La structure par âge à l’échelle nationale masque parfois des différences provinciales et territoriales importantes, différences la plupart du temps engendrées par une fécondité et des migrations interprovinciales elles aussi forts différentes. Le tableau explicatif 3.5 présente l’âge médian des provinces et territoires selon les six scénarios. Terre-Neuve-et-Labrador (40,5 ans) était la province la plus âgée du Canada en 2005 et l’Alberta (35,5 ans) la plus jeune, si on fait exception de la situation particulière des Territoires du Nord-Ouest (30,7 ans) et du Nunavut (23,0 ans). L’écart entre ces deux provinces était donc de 5 ans. Cet écart augmenterait dans tous les scénarios élaborés et varierait entre 7,2 ans (scénario 4) et 11,3 ans (scénario 5) en 2031, principalement en raison de l’effet cumulatif à long terme d’une fécondité, d’une immigration et de migrations interprovinciales très variables d’une province à l’autre. Tableau explicatif 3.4
Tableau explicatif 3.5
Globalement, les provinces maritimes seraient, en 2031, les plus âgées du Canada et les provinces des Prairies les plus jeunes peu importe le scénario choisi. C’est Terre-Neuve-et-Labrador qui, comme en 2005, serait la province la plus âgée au Canada avec un âge médian se situant entre 49,2 ans (scénario 6) et 52,9 ans (scénario 5) en 2031. À l'opposé, exception faite des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut, le Manitoba serait la province la plus jeune avec un âge médian qui se situerait entre 40,8 ans (scénario 6) et 43,1 ans (scénario 1). Pour chacune des provinces toutefois, l’âge médian varie selon le scénario choisi. Généralement, c’est le scénario de faible croissance qui induit l’âge médian le plus élevé, à l’exception de Terre-Neuve-et-Labrador et du Yukon pour lesquels c’est respectivement le scénario 5 et le scénario 2. À l’inverse, si le scénario de forte croissance génère généralement l’âge médian le plus jeune, ce n’est pas le cas pour la Saskatchewan (scénario 5) et le Yukon (scénario 4). Ces différences sont attribuables aux hypothèses de migration interprovinciale qui sont parfois plus défavorables ou plus favorables à ces provinces dans les autres scénarios que ceux de faible et de forte croissances. Le tableau explicatif 3.6 présente les variations provinciales/territoriales de la proportion de personnes âgées de 65 ans et plus. Là encore, les écarts entre les provinces iraient grandissants dans l’avenir avec le scénario 5 générant un écart maximal de 12,2 points de pourcentage entre Terre-Neuve-et-Labrador, qui compterait alors une personne âgée sur trois (32,8 %) et l’Alberta, qui n’en compterait qu’une sur cinq (20,6 %). Déjà plus âgé que l’Ontario, le Québec vieillirait plus rapidement puisque de 1 point de pourcentage en 2005, l’écart séparant leur proportion d’aînés passerait à environ 3 points de pourcentage en 2031. Les Territoires du Nord-Ouest ainsi que le Nunavut font là aussi figures d’exception, leur structure par âge étant beaucoup plus jeune que celle des autres provinces et, dans une moindre mesure, du Yukon. Sensibilité des résultats aux hypothèses de projection L’effectif et la structure par âge de la population analysés jusqu’ici résultaient de l’effet combiné d’hypothèses relatives tant à l’immigration qu’à la fécondité et à l’espérance de vie. Mais quel est l’effet spécifique de chacune des composantes? Afin de répondre à cette question, nous avons élaboré six scénarios analytiques combinant, à tour de rôle, les hypothèses forte et faible de fécondité, de mortalité et d’immigration avec une évolution moyenne de toutes les composantes autres que celles dont on voulait analyser l’impact. Nous avons utilisé le scénario 3 de croissance moyenne comme base pour produire les six scénarios qui ne lui sont différents que par une seule composante. Il devient ainsi possible de mesurer l’effet de chacune des hypothèses établies sur la population totale et la structure par âge en observant les écarts entre le scénario 3 et chacun des scénarios analytiques quant au nombre de Canadiens et à l’âge médian projetés (tableau explicatif 3.7 ). Tableau explicatif 3.6
Tableau explicatif 3.7
La composante qui a le plus d’impact sur l’effectif de population dans nos scénarios de projection est l’immigration. Avec une faible immigration, la population serait en 2056 de 38,8 millions d’habitants, soit 7,6 millions de moins que les 46,4 millions de personnes que compterait le Canada si l’immigration s’élevait au-dessus de son niveau actuel (forte immigration). L’écart est moindre mais non négligeable entre le scénario où la fécondité descend à 1,3 enfant par femme (faible fécondité) et celui où ce nombre augmente à 1,7 enfant par femme (forte fécondité), puisque la population que l’un et l’autre engendrent en 2056 diffère de 5,2 millions d’habitants. Enfin, la croissance de la population ne serait affectée que marginalement par une accélération ou une décélération de la croissance de l’espérance de vie telles qu’envisagées dans les présentes projections. Toutefois, c’est la fécondité qui est la composante qui est la plus susceptible de ralentir ou d’accélérer le vieillissement de la structure par âge de la population du Canada d’ici 2056. Les scénarios qui ne diffèrent du scénario moyen qu’en ce qu’ils supposent un relèvement ou un abaissement de la fécondité mènent à des populations dont l’âge médian est en 2056 de 49,1 ans et de 44,9 ans respectivement. En comparaison, l’âge médian au Canada divergerait de moins d’un an de l’âge médian obtenu en 2056 au moyen du scénario 3 (46,9 ans) si seuls les niveaux d’immigration ou l’espérance de vie devaient s’écarter à l’avenir des tendances les plus récentes, que ce soit à la hausse ou à la baisse. En d’autres termes, par rapport aux plus récentes tendances, le changement qui contribuerait le plus au vieillissement de la population d’ici 2056 serait un abaissement de la fécondité. Inversement, le changement qui ralentirait le plus la tendance au vieillissement serait une hausse de la fécondité. On notera que le choix d’autres hypothèses aurait pu mener à d’autres conclusions puisque les résultats qui précèdent découlent en partie du fait que l’écart relatif entre l’hypothèse forte et faible n’est pas le même pour les différentes composantes de la croissance démographique. Il est cependant bien établi dans la littérature démographique que les variations du niveau d’immigration ont beaucoup plus d’effet sur l’effectif de la population projetée que sur sa structure par âge alors que la fécondité a des effets importants sur les deux. Qualité des projections passées Les deux derniers rapports de projection (Statistique Canada 2001; Statistique Canada 1994) comprenaient une brève évaluation de la qualité des projections passées. On y comparait dans un premier temps l’évolution du nombre total de Canadiens selon les estimations de population ultérieures à l’année de départ des projections démographiques et chacun des scénarios analytiques publiés. Dans un second temps, l’adéquation aux estimations démographiques de la répartition selon l’âge et le sexe des projections était également évaluée. Une évaluation similaire des projections ayant pour année de départ 1993 et 2000 est présentée aux graphiques 3.15 et 3.16 . Les comparaisons sont faites pour des périodes de 12 ans et 5 ans respectivement. De plus, du fait qu’aucun scénario n’a été privilégié dans ces projections, on a confronté les résultats de chacun d’entre eux aux données observées correspondantes. Graphique 3.15
Graphique 3.16
La population observée s’est située à l’extérieur de la fourchette des résultats des projections qui avaient pour année de départ 1993. Dans ce cas, tous les scénarios projetaient un effectif de population supérieur à ce qu’il a été en réalité. Plusieurs facteurs peuvent être invoqués pour expliquer cette divergence. D’abord, en raison de révisions aux estimations démographiques qui ont eu pour conséquence de réduire de manière rétrospective l’effectif estimé de Canadiens, la population de base de ces projections s’est trouvée à être légèrement plus importante que la population observée en 1993. Ensuite, au début des années 1990, le Canada venait de connaître une hausse de son indice synthétique de fécondité qui renversait la tendance fortement baissière des années précédentes. Cette hausse, qui a immédiatement été suivie d’une reprise de la baisse de l’indice synthétique de fécondité (cela était bien sûr difficilement prévisible), s’est traduite en des hypothèses de fécondité globalement plus élevées que les tendances qui s’en sont suivies. De plus, les hypothèses d’immigration se sont également avérées supérieures au nombre annuel moyen d’immigrants observé depuis 1993, sauf dans le cas de l’hypothèse faible. Ajoutons enfin que l’hypothèse d’émigration totale s’est trouvée inférieure à l’émigration observée, quoique ce facteur n’ait eu qu’une influence marginale sur les résultats. À l’inverse, les projections qui partaient du 1er juillet 2000 se situent toutes à un niveau inférieur aux estimations de population et ce, malgré le fait que la population de départ ait compté un effectif de Canadiens supérieur à celui des estimations révisées. Cette divergence s’explique par le fait que la population projetée comptait davantage de décès et d’émigrants dans tous les scénarios ainsi qu’une quantité moindre de naissance et d’immigrants dans deux des quatre scénarios que ce qui a été observé au cours des dernières années. Le solde des résidents non permanents a également été positif au cours de la période alors que les projections supposaient un solde nul. Le cumul de ces différences, somme toute minimes individuellement mais cependant convergentes, a contribué à projeter une plus faible croissance démographique que celle qui a été observée. Afin d’évaluer l’exactitude des projections par âge et sexe, on a comparé les effectifs de population respectifs au 1er juillet 2005 du scénario 2 des projections dont l’année de départ est 1993 aux plus récentes estimations démographiques (figure 3.4 ). Les pyramides des âges surimposées montrent que les données projetées sur 12 ans ne s’éloignent pas trop des estimations, sauf aux plus jeunes âges ainsi qu’entre 30 et 50 ans où les effectifs projetés sont un peu plus importants que les effectifs estimés. Il en résulte une structure par âge légèrement plus jeune dans les projections (âge médian de 37,9 ans) que dans les estimations (âge médian de 38,3 ans). Les hypothèses d’immigration et de fécondité des projections de 1993 expliquent l’essentiel de ces divergences. Figure 3.4
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
|
|