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    Programme pour l'évaluation internationale des compétences des adultes collection

    Les compétences au Canada : Premiers résultats du Programme pour l'évaluation internationale des compétences des adultes (PEICA)

    Chapitre 1
    Le Canada dans un contexte international

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    Points saillants

    • Le Canada se classe au niveau de la moyenne de l’OCDE en littératie, en dessous de la moyenne de l’OCDE en numératie et au-dessus de la moyenne de l’OCDE en RP-ET.
    • Une proportion élevée de Canadiens utilise les TIC, comparativement à la moyenne de l’OCDE.
    • Le Canada compte une plus grande proportion de personnes qui atteignent les niveaux de compétence les plus élevés en littératie et en RP-ET, comparativement à la moyenne de l’OCDE.
    • Le Canada compte une plus grande proportion d’adultes qui se situent aux niveaux de compétence les plus faibles dans les trois domaines visés, comparativement à la moyenne de l’OCDE

    Le présent chapitre examine les résultats canadiens du PEICA, répartis par instance provinciale/territoriale et mis en comparaison avec les pays et régions infranationales participants. Il donne un premier aperçu des résultats du PEICA pour la littératie, la numératie et la RP-ET.

    Littératie

    Aux fins du PEICA, la littératie est définie comme la capacité « de comprendre, d’évaluer, d’utiliser et de s’approprier des textes écrits pour participer à la société, réaliser ses objectifs et développer ses connaissances et son potentiel » (OCDE 2012).

    La population d’adultes de 16 à 65 ans a été évaluée selon un continuum d’aptitudes en littératie, à l’aide d’une échelle de mesure allant de 0 à 500. Dans le présent rapport, les résultats pour la littératie sont présentés soit sous la forme d’une compétence moyenne de la population (« score moyen »), soit sous la forme d’une répartition de la population entre les divers niveaux de compétence. Le présent rapport montre les différences entre les pays en littératie, en employant l’approche de l’OCDE, qui consiste à utiliser le score moyen pour déterminer la position d’un pays par rapport à la moyenne de l’OCDE (voir le graphique 1.1). Les niveaux de compétence servent à faciliter l’interprétation des résultats. L’OCDE a divisé les échelles de mesure de la littératie en cinq niveaux de compétence (avec une catégorie supplémentaire, « Inférieur au niveau 1 »), définis par une fourchette de points particulière, où chaque niveau correspond à une description de ce que des adultes ayant des scores particuliers peuvent faire en termes concrets (voir le tableau 1.1). Les niveaux de compétence sont utilisés à des fins descriptives uniquement (voir le graphique 1.2).

    Le Canada se situe dans la moyenne de l’OCDE en littératie

    Les Canadiens obtiennent un score équivalent à la moyenne de l’OCDE, qui est de 273 points en littératie. Les pays affichant les scores les plus élevés sont le Japon (296), la Finlande (288), les Pays-Bas (284) et l’Australie (280); les pays présentant un rendement équivalent à celui du Canada incluent la République tchèque (274), la Corée (273) et le Royaume-Uni (272), tandis que des pays comme l’Allemagne (270), les États-Unis (270) et l’Italie (250) affichent des scores inférieurs à la moyenne de l’OCDE (voir le graphique 1.1).

    Deux provinces canadiennes – l’Alberta (278) et l’Ontario (276) – ont affiché un score supérieur à la moyenne de l’OCDE en littératie. Six instances canadiennes affichent un score équivalent à la moyenne de l’OCDE, et cinq se situent en dessous de cette moyenne (voir le graphique 1.1).

    La moyenne de l’OCDE pour la variation des scores au sein de chaque population, mesurée selon la différence au chapitre des scores moyens entre les 5e et 95e centiles, est de 151 points. Au Canada, la différence est de 163 points. Les pays qui présentent des tendances semblables pour la variation comprennent la Suède (163 points); l’Espagne, la Finlande et les États-Unis (162 points); et l’Australie (161 points).

    Le Canada compte une plus grande proportion de personnes aux niveaux les plus élevés et les plus faibles en littératie

    Quatorze pour cent des Canadiens affichent un score correspondant au niveau 4 ou 5, ce qui signifie qu’ils peuvent accomplir des tâches qui nécessitent l’intégration d’informations de plusieurs textes denses, ainsi qu’un raisonnement par inférence. Un tel rendement place le Canada au-dessus de la moyenne de l’OCDE, établie à 12 %, au même titre que le Japon (23 %), la Finlande (22 %), les Pays‑Bas (19 %), l’Australie (17 %) et la Suède (16 %).

    À l’autre extrémité de l’échelle, 17 % des Canadiens affichent un score correspondant au niveau 1 ou à un niveau inférieur. Parmi ceux-ci, 13 % affichent un score correspondant au niveau 1 : ces personnes ont des compétences qui leur permettent d’accomplir des tâches de complexité limitée, par exemple, repérer des informations particulières dans des textes courts, en l’absence d’autres éléments de distraction. Les 4 % restants, associés à la catégorie « Inférieur au niveau 1 », sont des personnes qui ne maîtrisent pas ces compétences. Elles utilisent seulement un vocabulaire de base et sont capables de lire des textes courts sur des sujets familiers pour repérer une information particulière. La moyenne de l’OCDE pour le niveau 1 ou le niveau inférieur est de 15 %.

     

    Numératie

    Dans le cadre du PEICA, la numératie est définie comme « la capacité de comprendre, d’utiliser, d’interpréter et de communiquer l’information et les idées mathématiques afin de s’approprier et de gérer les exigences mathématiques dans un éventail de situations de la vie adulte. » (OCDE 2012). La définition du PEICA sert à évaluer la manière dont les concepts mathématiques sont appliqués dans le monde réel, et non pas de déterminer si une personne peut résoudre un ensemble d’équations de façon isolée.

    La population d’adultes de 16 à 65 ans a été évaluée selon un continuum d’aptitudes en numératie, à l’aide d’une échelle de mesure allant de 0 à 500. Comme dans le cas de la littératie, les résultats pour la numératie sont présentés soit sous la forme d’une moyenne, soit sous la forme d’une répartition entre les divers niveaux de compétence. Les différences entre les pays sont mises en relief en comparant leurs scores moyens à la moyenne de l’OCDE (voir le graphique 1.3). Les échelles de mesure de la numératie sont divisées en cinq niveaux de compétence (avec une catégorie supplémentaire, « Inférieur au niveau 1 »), définis par une fourchette de points particulière (voir le tableau 1.2). Les niveaux de compétence sont utilisés à des fins descriptives uniquement (voir le graphique 1.4).

    Le Canada se classe en dessous de la moyenne de l’OCDE en numératie

    Le score moyen du Canada, qui est de 265, place le pays en dessous de la moyenne de l’OCDE, établie à 269, avec des pays comme la Corée (263), le Royaume-Uni (262) et les États-Unis (253). Parmi les pays affichant les scores les plus élevés se trouvent le Japon (288), la Finlande (282), la Suède (279) et l’Allemagne (272). Au Canada, les 13 provinces et territoires ont obtenu des scores équivalents ou inférieurs à la moyenne de l’OCDE (voir le graphique 1.3).

    La répartition des scores entre chaque population montre qu’en moyenne, pour les pays de l’OCDE participants, 166 points séparent les 5e et 95e centiles en numératie. L’écart du Canada est de 180 points; les pays qui présentent des tendances semblables pour la variation comprennent les États‑Unis (188 points), l’Australie (182 points) et le Royaume-Uni (178 points).

    Le Canada atteint la moyenne de l’OCDE aux niveaux élevés et la dépasse aux niveaux les plus faibles

    Treize pour cent des Canadiens affichent un score correspondant au niveau 4 ou 5 pour la compétence en numératie, ce qui signifie qu’ils peuvent comprendre des données mathématiques complexes et utiliser des arguments et des modèles mathématiques. Cette proportion est égale à la moyenne de l’OCDE (voir le graphique 1.4).

    À l’autre extrémité de l’échelle, 23 % des Canadiens affichent un score correspondant au niveau 1 ou à un niveau inférieur. Parmi ceux-ci, 17 % affichent un score correspondant au niveau 1, ce qui veut dire qu’ils ont les compétences pour effectuer des opérations mathématiques simples, comportant une seule étape, comme compter ou classer. Les 6 % restants, associés à la catégorie « Inférieur au niveau 1 », sont des personnes qui peuvent exécuter des tâches très simples dans des contextes concrets et familiers, dont le contenu mathématique est explicite et exige uniquement des processus simples. La moyenne de l’OCDE pour le niveau 1 ou le niveau inférieur est de 19 %, ce qui signifie qu’il y a une plus grande proportion de Canadiens qui ont ce degré de compétence.

     

    Résolution de problèmes dans des environnements technologiques (RP-ET)

    Dans le cadre du PEICA, la RP-ET est définie comme la capacité d’utiliser « la technologie numérique, les outils de communication et les réseaux afin d’obtenir et d’évaluer de l’information, de communiquer avec autrui et d’accomplir des tâches pratiques » (OCDE 2012). L’évaluation est axée sur « la capacité de résoudre des problèmes à des fins personnelles, professionnelles et civiques, grâce à l’établissement de buts et de plans appropriés, ainsi qu’à l’accès à l’information, au moyen d’ordinateurs et de réseaux informatiques, et à l’utilisation de cette information ». L’objectif n’est pas de tester l’utilisation des outils des TIC (p. ex., matériel informatique, applications logicielles) de façon isolée, mais plutôt d’évaluer la capacité d’utiliser de tels outils pour accomplir efficacement des tâches concrètes.

    La mesure de la RP-ET est unique dans le sens où elle incorpore la technologie numérique dans la solution des problèmes. Elle exige des répondants qu’ils utilisent les TIC pour accomplir des tâches associées au traitement de l’information, et, de ce fait, seuls ceux qui effectuent la version informatisée du PEICA (appelée le test assisté par ordinateur (TAO) peuvent être évalués en RP-ET. Ceux qui ne l’ont pas effectué sont appelés « non‑répondants de l’évaluation de la RP-ET ». 

    L’utilisation des TIC

    Une proportion élevée de Canadiens utilise les TIC, comparativement à la moyenne de l’OCDE

    Avec 81 % de sa population participant au TAO, le Canada se situe au-dessus de la moyenne de l’OCDE, qui est de 74 %. La proportion de personnes qui ont choisi de répondre à la version informatisée du PEICA varie de 88 % en Suède à 44 % à Chypre. La quasi-totalité des provinces et des territoires se situe à un niveau équivalent ou supérieur à la moyenne de l’OCDE (voir le graphique 1.5).

    En tout, 19 % des Canadiens n’ont pas été évalués en utilisant le TAO. Parmi ce groupe, 10 % n’ont pas été évalués, soit parce qu’ils n’avaient aucune expérience en informatique (4 %), soit parce qu’ils avaient échoué au test d’évaluation de leurs compétences de base en informatique, appelées « tâches essentielles en TIC » (6 %)Note 1. Sur les 8 % restants, 6 % se sont soustraits du test assisté par ordinateur en faveur de la version papier-crayon, même s’ils avaient déclaré avoir de l’expérience en informatique; et 2 % ont été classés dans la catégorie « non‑répondants du PEICA »Note 2. On ne peut pas tirer de conclusions quant aux capacités de ces 8 % d’utiliser les TIC ou à leur capacité de résoudre des problèmes dans des environnements technologiques.

    Une étude approfondie est nécessaire, d’une part, pour comparer les caractéristiques sociodémographiques de ceux qui ont été évalués en utilisant le TAO par rapport à ceux qui ne l’ont pas été et, d’autre part, pour déterminer si elles diffèrent et, le cas échéant, quelles sont les implications pour notre compréhension des compétences des Canadiens en RP-ET. Une analyse préliminaire semble indiquer que des facteurs tels que l’âge, le niveau de scolarité, la situation d’activité ainsi que le niveau de compétence en littératie et en numératie pourraient contribuer à une meilleure compréhension du domaine technologique visé.

    Rendement en RP-ET

    La population d’adultes de 16 à 65 ans a été évaluée selon un continuum d’aptitudes en RP-ET, à l’aide d’une échelle de mesure allant de 0 à 500. Une condition préalable pour montrer les compétences en RP-ET exigeait de répondre à la version informatisée du PEICA; et il convient de préciser que les niveaux de réponse à cette évaluation varient considérablement selon les pays (voir le graphique 1.5). Par conséquent, les estimations quant à la compétence dans ce domaine correspondent à des proportions très différentes de la population. Pour cette raison, la présentation des résultats pour la RP-ET est axée sur les proportions des populations par niveau de compétence, plutôt que sur la comparaison des scores moyens, pour prendre en compte la proportion de la population qui n’a pas de score en RP‑ET. 

    L’OCDE a divisé les échelles de mesure de la RP-ET en trois niveaux de compétence (avec une catégorie supplémentaire, « Inférieur au niveau 1 »), définis par une fourchette de points particulière, où chaque niveau correspond à une description de ce que des adultes ayant des scores particuliers peuvent faire en termes concrets (voir le tableau 1.3). Le présent rapport montre les différences entre les pays en RP-ET, en employant l’approche de l’OCDE, qui consiste à utiliser le pourcentage des personnes de 16 à 65 ans affichant un score situé aux niveaux 2 et 3 combinés afin de déterminer la position d’un pays par rapport à la moyenne de l’OCDE (voir le graphique 1.6).

    Le Canada se situe au-dessus de la moyenne de l’OCDE en RP-ET

    Trente-sept pour cent des Canadiens interrogés affichent un score situé au niveau 2 ou 3 sur l’échelle de la RP-ET, un résultat qui est supérieur à la moyenne de l’OCDE, établie à 34 %. Les autres pays qui présentent des scores supérieurs à la moyenne de l’OCDE comprennent la Suède (44 %), les Pays-Bas (44 %), la Finlande (42 %), la Norvège (41 %) et l’Australie (38 %). Les pays qui présentent des scores inférieurs à la moyenne de l’OCDE comprennent les États-Unis (31 %), la Corée (30 %) et l’Irlande (25 %). L’ensemble des provinces et territoires, à l’exception du Nunavut (11 %) et de Terre-Neuve-et-Labrador (29 %), affiche un score équivalent ou supérieur à la moyenne de l’OCDE.

    Le Canada compte une plus grande proportion de personnes aux niveaux les plus élevés et les plus faibles en RP-ET

    Sept pour cent des Canadiens affichent un rendement qui se situe au niveau 3, ce qui signifie, d’une part, qu’ils peuvent accomplir des tâches qui impliquent de multiples applications et un grand nombre d’étapes dans un environnement pouvant être peu familier et, d’autre part, qu’ils peuvent établir un plan pour arriver à une solution, à mesure qu’ils traitent des résultats et des impasses imprévus. À ce niveau, le Canada se situe au-dessus de la moyenne de l’OCDE, établie à 6 % et est seulement dépassé par la Suède (9 %).

    Par ailleurs, 15 % des Canadiens sont classés dans la catégorie « Inférieur au niveau 1 », une proportion qui est supérieure à la moyenne de l’OCDE, établie à 12 %. Ces personnes disposent des capacités requises en TIC pour effectuer le test; cependant, leurs capacités en résolution de problèmes ne leur permettent pas d’atteindre le niveau 1. Une proportion de 30 % des Canadiens affiche un rendement qui se situe au niveau 1, ce qui signifie qu’ils peuvent résoudre des problèmes qui comportent un objectif explicitement énoncé et qui donnent lieu à un nombre d’étapes relativement peu élevé dans un environnement familier. La moyenne de l’OCDE correspondant à la proportion de la population au niveau 1 est de 29 %, ce qui n’est pas significativement différent du Canada.

    Ce premier aperçu des résultats canadiens du PEICA pour la littératie, la numératie et la résolution de problèmes dans des environnements technologiques identifie certains domaines initiaux propices à une analyse approfondie, à l’échelle des provinces et des territoires du Canada, de même qu’à l’échelle internationale. Une des premières étapes pour mieux comprendre les résultats du Canada est examinée au chapitre 2, dans lequel les résultats sont présentés en analysant le lien entre les compétences et les caractéristiques sociodémographiques. 


    Notes

    1. Des différences mineures sont causées par l’arrondissement.
    2. Pour les définitions de tous ces groupes, veuillez consulter le glossaire.
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