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par Rhonda John-Huggins, DSIIE, Statistique Canada
En 2005, seulement 6 % des entreprises canadiennes vendaient des biens en ligne. Même si 43 % des entreprises ont effectué des achats en ligne cette année‑là, il semble que la majorité d'entre elles continuent d'avoir de la difficulté à adapter leurs activités à l'environnement en ligne ou choisissent simplement de ne pas le faire. Pour que le commerce électronique poursuive sa croissance au Canada, il est important de déterminer les obstacles et d'explorer les caractéristiques des entreprises, par exemple, leur taille et leur secteur, qui peuvent les influencer.
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À propos de l'auteur
Chaque année, dans le cadre de l'Enquête sur le commerce électronique et la technologie (ECET), on demande aux répondants d'indiquer les raisons pour lesquelles leur organisation n'achète ou ne vend pas de produits par Internet. Une liste de sept obstacles est incluse dans l'enquête depuis 2001. On demande aux répondants de mentionner les obstacles auxquels ils se sont heurtés, et on leur offre la possibilité d'en indiquer plus d'un.
Aux fins de la présente analyse, les données portent sur les entreprises du secteur privé qui n'ont pas d'activités de commerce électronique, même si elles utilisent Internet pour d'autres activités commerciales. Les petites entreprises sont définies comme celles qui comptent moins de 20 employés. Les grandes entreprises ont plus de 100 employés, ou plus de 500, dans le cas du secteur de la fabrication.
Les données de l'ECET de 2006 sont disponibles maintenant, mais elles ne l'étaient pas au moment de la rédaction de cet article.
De plus amples renseignements concernant l'ECET sont disponibles ici.
Le présent article porte sur les changements touchant les obstacles perçus au commerce électronique dans le cas des entreprises privées, à partir de l'Enquête sur le commerce électronique et la technologie (ECET), pour la période de 2001 à 2005. Trois principaux obstacles sont abordés : 1) les produits qui ne se prêtent pas aux transactions par Internet; 2) les entreprises qui préfèrent s'en tenir à leur modèle d'exploitation actuel; 3) les entreprises qui ont des inquiétudes au chapitre de la sécurité (graphique 1). On évaluera les différences entre les petites et les grandes entreprises, ainsi qu'entre les industries clés.
Graphique 1
Proportion des entreprises privées indiquant les trois principaux obstacles au commerce électronique, 2001 à 2005
Si l'on en juge par la popularité des services de ventes aux enchères en ligne et par la variété de biens et de services disponibles en ligne, on pourrait s'attendre à ce qu'Internet puisse faciliter presque toutes les transactions, qu'il s'agisse d'une boîte de trombones ou de tonnes d'acier brut. Toutefois, plus de 51 % des entreprises privées ont indiqué que leurs produits ne se prêtaient pas aux transactions par Internet, soit essentiellement la même proportion qu'en 2001.
Le pourcentage de grandes entreprises indiquant qu'il s'agit d'un obstacle a augmenté légèrement, passant de 56 % en 2001 à 61 % en 2005. Parallèlement, la proportion de petites entreprises indiquant que les produits qu'elles vendent ou achètent ne se prêtent pas aux transactions par Internet est demeurée stable, à un peu plus de 50 % (graphique 2).
Graphique 2
Proportion des entreprises privées indiquant 'biens et services qui ne se prêtent pas aux transactions par Internet' comme une obstacle au commerce électronique, selon la taille d'entreprise
En 2005, le secteur des services professionnels, scientifiques et techniques comptait la proportion la plus grande d'entreprises indiquant que la nature de leurs biens et services constituait un obstacle (58 %), tandis que 46 % des entreprises du secteur du commerce de gros étaient de cet avis.
La difficulté d'adapter les biens et services à l'environnement en ligne pourrait être le résultat d'un agencement de produits propre à chaque secteur de l'économie. Alors qu'il existe presque toujours une solution pour fournir un produit commandé en ligne, la fourniture de certains services en ligne pose un nouveau défi à certaines entreprises canadiennes.
Le deuxième obstacle en importance au commerce électronique pour les entreprises privées était qu'elles préféraient s'en tenir à leur modèle d'exploitation actuel. En effet, un peu plus de 35 % des entreprises étaient de cet avis en 2005. Les grandes entreprises étaient moins susceptibles d'indiquer qu'il s'agissait d'un obstacle au commerce électronique que leurs homologues plus petites; toutefois, une proportion croissante de grandes entreprises ont indiqué préférer s'en tenir à leur modèle d'exploitation actuel. On considère cela comme une décision de maintenir leur stratégie actuelle.
Dans le secteur du commerce de détail, la différence entre les diverses tailles d'entreprise est assez évidente. Même si la proportion totale d'entreprises du secteur du commerce de détail indiquant préférer s'en tenir à leur modèle d'exploitation actuel était de 46 %, la proportion de grandes entreprises indiquant qu'il s'agissait là d'un obstacle a diminué de près de moitié, passant de 53 % en 2001 à 24 % en 2005. Pour ce secteur, le commerce électronique constitue la prochaine étape de la progression du commerce de détail traditionnel au commerce de détail en ligne, ainsi que le prolongement naturel du magasinage par catalogue. Les grandes entreprises au détail ont été parmi les premières à adopter le commerce électronique, souhaitant adapter leur modèle d'exploitation, en vue de tirer parti des avantages que le commerce électronique peut offrir.
En dépit de l'intérêt de plus en plus grand des médias à l'égard de la sécurité sur Internet, seulement 18 % des entreprises privées ont indiqué des inquiétudes au chapitre de la sécurité parmi les obstacles au commerce électronique en 2005. Il s'agit d'une hausse légère seulement au cours des cinq dernières années (la proportion était de 13 % en 2001), qui pourrait être expliquée par les meilleurs outils disponibles pour assurer la sécurité, une sensibilisation accrue aux menaces pour la sécurité et une aisance générale à l'égard d'Internet. Par ailleurs, il n'y avait pas de différence évidente entre les diverses tailles d'entreprise.
Inévitablement, ce ne sont pas toutes les entreprises qui sont prêtes à intégrer le commerce électronique à leurs activités commerciales en même temps ou dans la même mesure. Dans certains cas, la transition vers le commerce électronique pourrait être de nature générationnelle, les outils pour la vente en ligne devenant plus disponibles, et la sélection de produits pouvant être achetés en ligne étant de plus en plus grande. Afin de mieux comprendre comment les obstacles au commerce électronique touchent les entreprises canadiennes, il faut poursuivre le suivi et la recherche concernant les répercussions des achats et des ventes en ligne.
Rhonda John-Huggins travaille dans la Division des sciences, de l'innovation et de l'information électronique (DSIIE) à Statistique Canada. Pour de plus amples renseignements communiquez avec la DSIIE au dsiieinfo@statcan.gc.ca.