La victimisation avec violence, la discrimination et les perceptions concernant la sécurité : perspective des immigrants, Canada, 2014

par Dyna Ibrahim

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Faits saillants

  • Selon les données de l’Enquête sociale générale de 2014 sur la sécurité des Canadiens (victimisation), les immigrants ont fait l’objet de victimisation avec violence — y compris l’agression sexuelle, le vol qualifié et les voies de fait — à un taux de 39 incidents pour 1 000 personnes. Ce taux était significativement plus faible que celui observé chez les non‑immigrants (86 pour 1 000 personnes).
  • En 2014, on a noté une baisse marquée (-43 %) du taux de victimisation avec violence autodéclarée chez les immigrants comparativement à 2004 (39 incidents par rapport à 68 pour 1 000 personnes). Au sein de la population non immigrante, on a observé un recul de 26 % au cours de la même période (86 incidents par rapport à 116 pour 1 000 personnes).
  • En 2014, les taux de victimisation avec violence étaient similaires chez les femmes et les hommes immigrants. La situation était différente au sein de la population non immigrante, les femmes faisant face à un risque plus élevé de victimisation que les hommes.
  • Même si la majorité des incidents violents commis contre les immigrants n’ont pas entraîné de blessures corporelles graves, la plupart ont eu des conséquences émotionnelles négatives. Environ 1 incident violent sur 10 (12 %E) a donné lieu à des symptômes correspondants à ceux associés au trouble de stress post‑traumatique.
  • La grande majorité des immigrants qui ont été victimes de crimes violents ne croyaient pas que leur victimisation était motivée par la haine (76 %). Toutefois, ils étaient plus susceptibles que les non‑immigrants de déclarer que les incidents violents étaient liés à un gang (38 %E par rapport à 11 %E chez les non‑immigrants).
  • Plus de la moitié (53 %) des immigrants qui ont été victimes de crimes violents n’ont pas signalé l’incident à la police. Parmi l’ensemble des victimes qui ont signalé l’incident à la police, les immigrants étaient plus susceptibles d’avoir été insatisfaits des interventions de la police que les non‑immigrants (55 %E par rapport à 28 %).
  • Des expériences de discrimination ont été plus couramment déclarées par les immigrants (17 %) que par les non‑immigrants (12 %), et plus particulièrement par les immigrants récents, c’est‑à‑dire ceux qui ont immigré au Canada après 2004, comparativement aux immigrants de longue date, soit ceux qui ont immigré au Canada il y a plus longtemps (20 % par rapport à 16 %).
  • Les immigrants qui ont été victimes de discrimination ont indiqué le plus souvent que l’incident s’était produit au travail au moment de présenter une demande d’emploi ou d’avancement (54 %), et invoqué le plus souvent leur appartenance ethnique ou culturelle (54 %) ou encore leur race ou la couleur de leur peau (47 %) comme motif de discrimination. Les immigrants récents étaient plus susceptibles de subir de la discrimination en raison de leur langue que les immigrants de longue date (42 % et 27 %, respectivement).

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Introduction

Le Canada est reconnu pour son multiculturalisme et sa diversité. En 2011, il comptait la plus forte proportion de personnes nées à l’étranger parmi les pays du G8Note  (Statistique Canada, 2013). Les données tirées du Recensement de la population montrent que, en 2016, au moins 1 personne sur 5 (soit plus de 7,5 millions de personnes) au Canada était un immigrant. Cette proportion représente un sommet sans précédent depuis le Recensement de 1921 (Statistique Canada, 2017a). On estime que, d’ici 2036, près de la moitié de la population canadienne pourrait être composée d’immigrants ou d’enfants d’immigrants (Statistique Canada, 2017b).

La population immigrante du Canada est composée de membres provenant de divers milieux. Les personnes comprises dans ce groupe diffèrent les unes des autres à bien des égards, y compris la situation économique et le niveau de scolarité au moment de l’immigration, le nombre de personnes à charge, le pays d’origine, la langue parlée, la raison à l’origine de l’immigration, et le premier lieu d’établissement au Canada. Même si certains immigrants sont en mesure de s’adapter facilement à la société canadienne, d’autres peuvent être confrontés à des obstacles tels que des défis sur le plan linguistique, acculturatif, psychologique ou économique. Les travaux de recherche menés sur le sujet démontrent que les immigrants peuvent éprouver des difficultés particulières dans des régions présentant des possibilités économiques limitées, des taux de pauvreté élevés et une qualité des logements inférieure aux normes, et ils peuvent également faire l’objet d’isolement physique et social (Dunbar, 2017; Janhevich et autres, 2008; Simich et autres, 2005; Omidvar et Richmond, 2003; Vissandjé et autres, 2001).

La victimisation avec violence et la discrimination sont des enjeux très préoccupants. Les crimes violents ont des répercussions importantes sur la vie des victimes et peuvent avoir des conséquences graves tant sur le plan de la santé que de l’économie (ministère de la Justice du Canada, 2015; Hoddenbagh et autres, 2014). La discrimination est associée à une forme de désavantage et peut avoir des répercussions économiques et sociales (Reitz et autres, 2009; Esses et autres, 2014). Le fait de comprendre les expériences des immigrants, y compris leurs expériences de victimisation avec violence et de discrimination, peut aider les décideurs et les intervenants à élaborer des programmes et à renforcer les programmes en place pour cette population importante et en croissance.

Tous les cinq ans, Statistique Canada mène l’Enquête sociale générale (ESG) sur la sécurité des Canadiens (victimisation). Cette enquête permet de recueillir auprès de répondants canadiens de 15 ans et plus des données autodéclarées sur les expériences de victimisation. Le présent article de Juristat porte sur les expériences autodéclarées de victimisation avec violence et de discrimination, ainsi que sur les perceptions relatives à la sécurité parmi la population immigrante du Canada. Il porte aussi sur les perceptions et les expériences des immigrants relativement au système de justice du Canada. Lorsque cela est possible, il comprend des comparaisons entre les années 2004 et 2014 afin de faire ressortir les similitudes et les différences dans les expériences des immigrants au fil du temps.

L’ESG sur la victimisation a été menée en français et en anglais et, bien que le présent article comporte des renseignements importants sur les expériences des immigrants, il n’inclut pas les immigrants qui ne parlaient ni l’une ni l’autre des langues officielles, puisqu’ils n’étaient pas en mesure de participer à l’enquête. Même si cette limite touche une minorité (6,8 %)Note  de la population immigrante, il est néanmoins important de noter que le présent rapport peut ne pas donner un aperçu complet des expériences et des perceptions de cette partie de la population immigrante du Canada.

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Encadré 1
Définitions

Les immigrants désignent les immigrants reçus ou les résidents permanents ou les personnes qui ont déjà obtenu ce statut. Il s’agit des personnes à qui les autorités de l’immigration ont accordé le droit de résider au Canada en permanence. Certains immigrants résident au Canada depuis un certain nombre d’années, alors que d’autres sont arrivés récemment. Certains immigrants sont citoyens canadiens, et d’autres ne le sont pas. La population d’immigrants exclut les résidents non permanents, qui sont des personnes se trouvant au Canada en vertu d’un permis d’emploi ou d’études ou revendiquant le statut de réfugié.

Dans le présent article, les immigrants récents sont ceux qui ont obtenu leur statut d’immigrant reçu ou de résident permanent au cours de la période allant de 2005 à 2014, soit moins de 10 ans avant la tenue de l’Enquête sociale générale (ESG) sur la sécurité des Canadiens (victimisation).

Dans le présent article, les immigrants de longue date sont ceux qui ont obtenu leur statut d’immigrant reçu ou de résident permanent avant 2005, soit 10 ans ou plus avant la tenue de l’ESG sur la sécurité des Canadiens (victimisation).

Le terme non‑immigrant désigne une personne qui est un citoyen canadien de naissance.

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Portrait des immigrants au Canada selon l’Enquête sociale générale de 2014 sur la victimisation

Puisque le présent article repose sur les données de l’ESG de 2014 sur la victimisation, les estimations démographiques fournies dans la présente section sont fondées sur des données autodéclarées et représentent les personnes âgées de 15 ans et plus au moment de l’enquête. Par conséquent, il est possible que ces résultats ne correspondent pas aux estimations tirées d’autres sources de données et varient légèrement par rapport aux données du Recensement de la populationNote .

Selon les données de l’ESG de 2014 sur la victimisation, 1 personne sur 5 (20 %) de 15 ans et plus était un immigrant, soit un total de près de 6 millions de personnes (tableau 1). La plupart étaient des immigrants de longue date (73 %), tandis que 23 % étaient des immigrants récentsNote .

La plupart des immigrants provenaient de l’Asie (41 %), de l’Europe (y compris le Royaume‑Uni) (32 %) et des Amériques (y compris les États‑Unis) (16 %)Note Note . Selon les résultats de l’ESG sur la victimisation, plus de la moitié de la population immigrante du Canada âgée de 15 ans et plus s’identifiait comme faisant partie d’une minorité visible (58 %)Note , comparativement à 5 % de la population non immigrante.

Les immigrants de longue date provenaient plus souvent de l’Europe ou des Amériques (54 %), tandis que les immigrants récents provenaient le plus souvent de l’Asie (54 %)Note . En 2014, la population immigrante récente comprenait une proportion plus élevée d’immigrants provenant de l’Afrique que la population immigrante de longue date (14 % par rapport à 7 %). La plupart des immigrants récents, soit 77 %, appartenaient à des groupes de minorité visible, comparativement à 52 % des immigrants de longue date.

Les données de l’ESG sur la victimisation ont révélé que, parmi les provinces et les territoires, l’Ontario (28 %) et la Colombie‑Britannique (25 %) comptaient les proportions les plus fortes d’immigrants en 2014, au moins 1 résident sur 4 de 15 ans et plus étant un immigrant, soit une proportion significativement plus élevée que celle observée à l’échelle nationale. Par contre, le Nunavut (2 %E), Terre‑Neuve‑et‑Labrador (3 %) et l’Île‑du‑Prince‑Édouard (4 %E) présentaient les proportions les plus faibles d’immigrants au sein de leur population respective. Toutefois, les données récentes du recensement montrent que de plus en plus d’immigrants s’établissent dans les provinces des Prairies et de l’Atlantique (Statistique Canada, 2017a).

De façon générale, les immigrants s’établissent dans les grandes villes. Selon les données de l’ESG de 2014 sur la victimisation, la majorité (91 %) des immigrants vivaient dans des régions métropolitaines de recensement (RMR)Note , comparativement à 64 % des non‑immigrants. La grande majorité des immigrants de 15 ans et plus vivaient dans l’une ou l’autre des trois plus grandes RMR du Canada. Ainsi, un peu moins des deux tiers des immigrants du Canada vivaient dans les RMR de Toronto (38 %), de Montréal (12 %) et de Vancouver (12 %). Autrement dit, les immigrants constituaient près de la moitié (45 %) de la population de Toronto, le tiers (34 %) de la population de Vancouver et près du quart (22 %) de la population de MontréalNote .

En 2014, les immigrants vivant à Toronto provenaient le plus souvent de l’Asie (46 %), suivie de l’Europe (29 %) et des Amériques (17 %), et près des deux tiers (64 %) d’entre eux appartenaient à une minorité visibleNote . La population immigrante appartenant à une minorité visible et vivant à Toronto était principalement composée de Sud‑Asiatiques (32 %), de Chinois (18 %) ou de Noirs (12 %). La population immigrante vivant à Montréal était constituée de proportions à peu près égales de personnes provenant de l’Europe (29 %), de l’Afrique (24 %), des Amériques (23 %) et de l’Asie (23 %), et un peu plus de la moitié (56 %) de ces personnes appartenaient à une minorité visible. La population immigrante vivant à Montréal et qui s’identifiait à une minorité visible était principalement composée d’Arabes (28 %), de Noirs (28 %) ou de Latino‑Américains (16 %). À Vancouver, près des deux tiers (64 %) des immigrants provenaient de l’Asie et 22 %, de l’Europe, et 7 sur 10 (71 %) appartenaient à une minorité visible. La population immigrante faisant partie de minorités visibles et vivant à Vancouver était principalement composée de Chinois (41 %), suivis de Sud‑Asiatiques (17 %) et de Philippins (16 %).

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Encadré 2
Définition de la victimisation avec violence

L’Enquête sociale générale (ESG) sur la sécurité des Canadiens (victimisation) permet de mesurer la victimisation avec violence en ce qui a trait aux trois catégories d’infractions suivantes :

  • Agression sexuelle : Activité sexuelle forcée, tentative d’activité sexuelle forcée, attouchements sexuels non désirés, agrippement, baisers ou caresses non désirés, relation sexuelle sans être en mesure d’y consentir.
  • Vol qualifié : Vol ou tentative de vol dans lequel l’auteur a une arme ou dans lequel il commet des actes de violence contre la victime ou lui profère des menaces de violence.
  • Voies de fait : Agression (la victime est frappée, giflée, empoignée, jetée au sol ou battue), menace directe de préjudice physique ou présence d’une arme.

Les taux de victimisation avec violence figurant dans la section suivante comprennent les incidents de violence conjugale. Toutefois, en raison des différences dans la méthodologie utilisée pour recueillir les données sur la violence conjugale, les caractéristiques des incidents décrits, y compris les données sur le signalement à la police, ne comprennent pas la violence conjugale. L’encadré 3 fournit une analyse des expériences de violence dans les rapports conjugaux parmi les immigrants, ainsi que des caractéristiques de ces incidents.

Fin de l'encadré

La victimisation avec violence chez les immigrants

Les immigrants sont moins susceptibles d’être victimes d’incidents violents que les non‑immigrants

Selon les données autodéclarées recueillies dans le cadre de l’Enquête sociale générale (ESG) sur la victimisation, en 2014, le taux de crimes violents dont ont été victimes les immigrants représentait moins de la moitié de celui observé chez les non‑immigrants. Les immigrants ont déclaré avoir été victimes de plus de 233 000 incidents violents, soit un taux de 39 incidents pour 1 000 personnes. En comparaison, les non‑immigrants étaient plus de deux fois plus susceptibles d’avoir été victimes de violence, ayant enregistré un taux de 86 incidents pour 1 000 personnesNote .

Le taux global de victimisation avec violence a diminué de 28 % de 2004 à 2014 (Perreault, 2015)Note Note . Dans la population immigrante, plus particulièrement, la baisse a été beaucoup plus marquée, s’établissant à 43 % (graphique 1). Ce changement est principalement attribuable à une diminution du taux de voies de fait autodéclarées, qui a reculé de 44 % parmi la population immigrante. Comme c’était le cas pour la population non immigrante, le taux d’agressions sexuelles autodéclarées chez les immigrants est demeuré inchangé de 2004 à 2014Note .

Graphique 1 Taux de victimisation avec violence chez les immigrants et les non-immigrants, Canada, 2004, 2009 et 2014

Tableau de données du graphique 1
Tableau de données du graphique 1
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 1. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et Immigrants et Non-immigrants, calculées selon taux pour 1 000 personnes unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année Immigrants Non-immigrants
taux pour 1 000 personnes
2004 68Note * 116Note *
2009 61 126Note *
2014Tableau de Note  39 86

Tout comme pour l’ensemble de la population, les voies de fait constituaient le type d’infraction avec violence le plus couramment déclaré par les immigrants, représentant 68 %E des crimes violents dont ils ont été victimes. Le taux de voies de fait chez les immigrants se situait à 26E incidents pour 1 000 personnes (graphique 2), tandis que le taux d’agressions sexuelles se situait à 9E incidents pour 1 000 personnes. Tout comme pour la population non immigrante, les agressions sexuelles représentaient environ le quart (24 %E) des incidents violents dont les immigrants ont été victimes.

Graphique 2 Taux de victimisation avec violence chez les immigrants et les non-immigrants, selon le type d’infraction, Canada, 2004, 2009 et 2014

Tableau de données du graphique 2
Tableau de données du graphique 2
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 2. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et Immigrants, Non-immigrants, Agression sexuelle, Vol qualifié et Voies de fait, calculées selon taux pour 1 000 personnes unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année Immigrants Non-immigrants
Agression sexuelle Vol qualifié Voies de fait Agression sexuelle Vol qualifié Voies de fait
taux pour 1 000 personnes
2004 11Note E: à utiliser avec prudence 9Note E: à utiliser avec prudence 47Note * 24 11Note * 82Note *
2009 Note F: trop peu fiable pour être publié 6Note E: à utiliser avec prudence 42 26 14Note * 86Note *
2014Tableau de Note  9Note E: à utiliser avec prudence Note F: trop peu fiable pour être publié 26Note E: à utiliser avec prudence 24 7 54

Aucun lien n’a été établi entre la durée de résidence d’un immigrant au Canada et la probabilité accrue que celui‑ci soit victime d’un crime violent. En 2014, les immigrants récents étaient à peu près tout aussi susceptibles d’avoir été victimes de violence que les immigrants de longue date (45E par rapport à 38E pour 1 000 personnes). Les immigrants étaient moins susceptibles d’avoir été victimes de crimes violents que les non‑immigrants, et ce, peu importe s’ils étaient des immigrants récents ou des immigrants de longue date.

Caractéristiques des incidents violents

Parmi les immigrants, les femmes et les hommes présentaient des taux de victimisation similaires

Les diverses caractéristiques des victimes, comme le sexe, l’âge et l’orientation sexuelle, ont été liées à un risque accru de victimisation (Perreault, 2015). Au sein de la population immigrante, les hommes et les femmes présentaient des taux similaires de victimisation avec violence (38E et 40E incidents pour 1 000 personnes, respectivement) (tableau 2). Ce résultat est contraire à ceux observés parmi la population non immigrante, où les femmes risquaient davantage d’être victimes de violence que les hommes (97 par rapport à 75 pour 1 000 personnes)Note .

Les immigrants qui appartenaient aussi à un groupe de minorité visible ont fait l’objet de victimisation à un taux qui ne différait pas de façon significative de celui enregistré par les immigrants n’appartenant pas à un groupe de minorité visible. De même, au sein de la population non immigrante, les personnes appartenant à une minorité visible avaient tendance à présenter des taux de victimisation similaires à ceux des personnes n’appartenant pas à une minorité visibleNote .

Selon les travaux de recherche de Perreault (2015), l’âge était le principal facteur associé à un taux plus élevé de victimisation avec violence. Tout comme pour la population non immigrante, le risque de victimisation avec violence chez les immigrants était le plus élevé chez les jeunes : ceux de 15 à 24 ans ont fait l’objet de victimisation avec violence à un taux de 97E incidents pour 1 000 personnes, comparativement à un taux de 34E pour 1 000 personnes chez les immigrants de 25 ans et plus.

La plupart des incidents violents mesurés au moyen de l’Enquête sociale générale (ESG) sur la victimisation n’ont pas entraîné de blessures corporelles graves nécessitant un suivi médical. Dans la majorité des cas (61 %), tout comme les victimes non immigrantes, les victimes immigrantes ont été en mesure de mener leurs activités quotidiennes après l’incident (tableau 3). Toutefois, la plupart des incidents violents ont donné lieu à des conséquences émotionnelles. À la fois pour la population immigrante et pour la population non immigrante, les conséquences émotionnelles les plus courantes chez les victimes étaient les suivantes : un sentiment de colère (36 %E des victimes immigrantes et 30 % des victimes non immigrantes), ainsi que le bouleversement, la confusion ou la frustration (25 %E des victimes immigrantes et 23 % des victimes non immigrantes).

Un incident sur dix touchant des victimes immigrantes est associé aux symptômes correspondant à un trouble de stress post‑traumatique chez la victime

Il est possible que les victimes de violence éprouvent les symptômes du trouble de stress post‑traumatique (TSPT), qui peut affecter physiquement et/ou psychologiquement les victimes d’un traumatisme (Perreault, 2015). Grâce à l’outil de dépistage du syndrome de stress post‑traumatique en soins primaires — qui est utilisé pour identifier et évaluer les personnes qui manifestent des symptômes particuliers liés au TSPT —, les données de l’ESG de 2014 sur la victimisation ont permis de déterminer qu’environ 1 incident violent sur 10 (12 %E) dont a été victime un immigrant était associé à trois symptômes ou plus à long terme correspondant au TSPT chez la victime. Cette proportion était comparable à celle concernant les incidents qui ont touché des victimes non immigrantes (14 %)Note .

Même si elles ne répondaient pas nécessairement aux critères qui pourraient indiquer la possibilité d’un TSPT, dans au moins le quart des incidents, les victimes immigrantes ont aussi connu des conséquences émotionnelles à plus long terme, comme le fait de faire des cauchemars au sujet de l’incident (24 %E) ou d’être constamment sur leurs gardes et vigilantes ou de sursauter facilement (30 %E). Ces proportions ne différaient pas de façon significative de celles enregistrées par les victimes non immigrantes.

La plupart des victimes immigrantes ont fait l’objet d’un seul incident violent

Les expériences de violence subies par les victimes immigrantes s’apparentaient de nombreuses façons à celles des victimes appartenant à la population non immigrante, du point de vue de la nature de la victimisation. Parmi ces similitudes figurait la fréquence de la victimisation : la majorité (74 %) des victimes immigrantes avaient fait l’objet d’un seul incident de victimisation avec violence au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête, une proportion comparable à celle enregistrée parmi les victimes non immigrantes (82 %).

La majorité des incidents violents impliquent un contrevenant qui agit seul et qui est le plus souvent de sexe masculin

Tant pour les immigrants que pour les non‑immigrants victimes de crimes violents, la majorité des incidents dont ils ont été victimes ont été commis par un contrevenant agissant seul et, dans la plupart des cas, l’auteur présumé était de sexe masculin. Parmi les victimes immigrantes, plus particulièrement, 58 %E des incidents vécus étaient le fait d’un contrevenant agissant seul, et dans 83 % des cas, l’auteur présumé était de sexe masculin. Au total, parmi les incidents vécus par les victimes immigrantes, 3 sur 10 (29 %E) impliquaient un contrevenant de moins de 25 ans, et dans près de 4 incidents sur 10 (36 %E), le contrevenant disposait d’une arme. Dans plus de 4 incidents sur 10 (43 %E) dont avait été victime un immigrant, la victime a indiqué que, à son avis, l’incident était lié aux habitudes de consommation d’alcool ou de drogues du contrevenant. En général, les différences entre les immigrants et les non‑immigrants en ce qui a trait à ces caractéristiques n’étaient pas statistiquement significatives.

Les immigrants récents sont plus susceptibles d’être agressés par un étranger que les immigrants de longue date

De façon générale, les victimes immigrantes de crimes violents connaissaient souvent leur agresseur. Dans l’ensemble, il s’agissait d’un étranger dans environ 2 incidents violents sur 5 (43 %E) commis contre un immigrant, soit à peu près la même proportion que celle observée chez les victimes non immigrantes (49 %)Note . Toutefois, les immigrants récents étaient significativement plus susceptibles d’avoir été victimisés par un étranger (83 %) que les immigrants de longue date (31 %E) et les non‑immigrants (49 %). Cet écart pourrait être partiellement attribuable au fait que les immigrants récents connaissent généralement moins de personnes. Selon les données de l’ESG de 2014 sur la victimisation, les immigrants récents avaient un réseau d’amis et de proches plus petit que les immigrants de longue date.

Les victimes immigrantes de crimes violents ne croient pas que l’incident est motivé par la haine

Les crimes haineux ciblent non seulement les personnes, mais aussi les membres d’un groupe particulier, et ils sont susceptibles d’affecter non seulement la victime, mais aussi l’ensemble de leur communauté (Fashola, 2011). Les crimes haineux sont une infraction grave au Canada, selon le Code criminel, qui prévoit des peines accrues pour les crimes dont on a prouvé qu’ils sont motivés par la haine (Leber, 2017). Dans le cadre de l’ESG de 2014 sur la victimisation, on a demandé aux victimes d’actes criminels si elles croyaient ou non que l’incident dont elles avaient fait l’objet pouvait être considéré comme un crime haineux. Les résultats montrent que, dans la plupart (76 %) des incidents violents ayant touché une victime immigrante, cette dernière ne croyait pas que l’incident était motivé par la haine; cette proportion est comparable à celle enregistrée chez les victimes non immigrantesNote . On a observé des résultats similaires en 2004 et 2009.

Les victimes immigrantes sont plus susceptibles d’indiquer que l’incident est lié à un gang

Même si certaines des caractéristiques et des conséquences de la victimisation étaient similaires pour les immigrants et leurs homologues non immigrants, des différences importantes sont ressorties. Dans le cadre de l’ESG de 2014 sur la victimisation, on a demandé aux répondants s’ils croyaient que l’incident violent dont ils avaient fait l’objet était lié à un gang; les victimes immigrantes étaient plus de trois fois plus susceptibles que les non‑immigrants d’indiquer que c’était le casNote . Au total, 2 victimes immigrantes sur 5 (38 %E) croyaient que l’incident violent dont elles avaient fait l’objet était attribuable à un gang, comparativement à 1 victime sur 10 parmi les non‑immigrants (11 %E)Note .

Cela ne signifie toutefois pas que la violence liée à un gang est plus répandue chez les immigrants; par exemple, selon certains travaux de recherche, il est possible que les immigrants craignent davantage d’être ciblés par un gang, ou qu’ils soient plus susceptibles de percevoir l’affiliation à un gang chez les contrevenants (Brown et Benedict, 2009). Certaines études font ressortir l’augmentation des préoccupations concernant la participation des immigrants (particulièrement ceux arrivés récemment) aux activités d’un gang, et ont démontré que les immigrants, et plus particulièrement les jeunes, risquent davantage d’être membres d’un gang (Dunbar, 2017; Rossiter et Rossiter, 2009; Spergel, 1995).

Plus de la moitié des victimes immigrantes d’un crime violent n’ont pas signalé l’incident à la police

Un incident criminel peut être porté à l’attention de la police de diverses façons : par la victime directement ou par d’autres moyens. Dans le cadre de l’ESG de 2014 sur la victimisation, on a déterminé que plus de la moitié (53 %) des incidents de victimisation avec violence dont des immigrants ont fait l’objet n’ont jamais été signalés à la police. Cette proportion était significativement plus faible que celle observée chez les victimes non immigrantes (69 %) (tableau 4).

Les recherches montrent que certains immigrants ne sont peut‑être pas à l’aise de parler de leur expérience de victimisation à quelqu’un d’autre, y compris à la police, pour des raisons comme une compréhension limitée de leurs droits, la crainte d’être signalés aux responsables de l’immigration et d’être expulsés, le manque de confiance à l’égard des autorités ou la crainte de représailles, ainsi que les normes culturelles selon lesquelles ces expériences appartiennent au domaine privé (McCart et autres, 2010; Davis et Henderson, 2003; Davis et Erez, 1998).

Environ 1 incident sur 4 (23 %E) ayant touché une victime immigrante a été signalé à la police par la victime elle‑même. Cette proportion n’était pas significativement différente de celle observée chez les victimes non immigrantes (19 %). Parmi les victimes immigrantes qui n’avaient pas communiqué avec la police, la raison la plus souvent invoquée pour ne pas l’avoir fait était que la victime croyait que la police aurait jugé que l’incident n’était pas assez important (64 %), cette proportion étant significativement plus élevée que celle enregistrée chez les victimes non immigrantes (42 %)Note . Les victimes immigrantes qui n’ont pas signalé la victimisation à la police étaient aussi significativement plus susceptibles de ne pas l’avoir fait parce qu’elles croyaient que la police n’aurait pas été efficace (46 %E par rapport à 26 % chez les victimes non immigrantes) ou qu’elle n’aurait pas pu retrouver le contrevenant (42 %E par rapport à 21 % chez les victimes non immigrantes).

Les autres raisons couramment invoquées par les victimes immigrantes pour ne pas signaler l’incident à la police étaient semblables à celles données par les victimes non immigrantes. Parmi ces raisons figurent les suivantes : le fait de communiquer avec la police était embêtant (59 %), il s’agissait d’un délit anodin qui ne valait pas la peine d’être signalé (58 %) et il s’agissait d’une affaire privée ou personnelle qui devait être traitée de façon informelle (52 %).

Les victimes immigrantes expriment davantage d’insatisfaction à l’égard des mesures prises par la police à la suite du signalement de l’incident de victimisation avec violence

Les immigrants étaient deux fois plus susceptibles que les non‑immigrants de déclarer être insatisfaits de l’intervention policière relativement aux incidents de victimisation avec violence. Ainsi, plus de la moitié (55 %E) des victimes immigrantes dont les incidents avaient été signalés à la police étaient au moins plutôt insatisfaites des mesures prises par la police. Cette proportion était significativement plus élevée comparativement aux victimes non immigrantes (28 %)Note .

Même si la majorité des incidents violents touchant les immigrants n’ont pas été signalés à la police (53 %), la plupart (81 %) des victimes en ont parlé à quelqu’un d’autre. Cette proportion était comparable à celle observée parmi les victimes non immigrantes (89 %). Les victimes immigrantes ont le plus souvent parlé de l’incident violent à un ami ou un voisin (68 %) ou à un membre de la famille (64 %), et moins de la moitié en ont parlé à des collègues (38 %). Les immigrants récents étaient tout aussi susceptibles que les immigrants de longue date de parler de l’incident à quelqu’un.

La majorité (72 %) des victimes de violence non immigrantes n’ont pas cherché à obtenir de l’aide auprès de professionnels ou de services de soutien, comme des conseillers, des centres de crise et des services d’aide aux victimes. Cela était le cas d’environ la moitié (52 %E) des victimes immigrantes de violence. Le fait de ne pas vouloir recevoir d’aide ou de ne pas avoir besoin d’aide était la raison la plus souvent invoquée par les immigrants et les non‑immigrants (68 % dans chaque cas).

Les immigrants sont moins susceptibles d’avoir connu une période d’itinérance que les non‑immigrants

Selon les travaux de recherche portant sur le sujet, il existe des liens entre la violence et l’itinérance. Par exemple, les résultats de l’ESG sur la victimisation ont révélé que les personnes ayant des antécédents d’itinérance étaient « plus susceptibles d’avoir vécu dans des quartiers présentant une faible cohésion sociale, d’avoir subi de la violence durant l’enfance, de consommer des drogues ou de déclarer avoir souffert de troubles de santé mentale », des facteurs qui sont tous associés à des taux plus élevés de victimisation avec violence (Perreault, 2015; Roy et autres, 2014). Plus de 374 000 immigrants, soit environ 6 % de la population immigrante, ont dit avoir connu une période d’itinérance, une proportion significativement inférieure à celle observée chez les non‑immigrants (9 %)Note . Tout comme les non‑immigrants, la plupart des immigrants qui avaient connu une période d’itinérance ont indiqué que cette expérience avait duré moins d’une année (moins d’un mois pour 29 % d’entre eux, et d’un mois à moins d’un an pour 49 %). Pour près de 1 immigrant sur 4 (23 %) qui avait connu une période d’itinérance, l’expérience avait duré un an ou plus.

Début de l'encadré

Encadré 3
Violence conjugale chez les immigrants canadiens

L’Enquête sociale générale (ESG) sur la sécurité des Canadiens (victimisation) permet de recueillir des renseignements clés sur la violence survenant dans les relations conjugales. Ces données sont recueillies au moyen d’une méthodologie différente afin de tenir compte de l’ensemble de la situation de violence conjugale, plutôt que de chaque incident individuellement, comme c’est le cas pour la victimisation avec violence survenant entre des personnes qui ne sont pas des conjoints. De plus, les renseignements sur la violence conjugale ont été recueillis de sorte à tenir compte des situations survenues au cours des cinq années précédant la tenue de l’ESG de 2014 sur la victimisation, tandis que les renseignements sur la victimisation avec violence comprennent les incidents qui se sont produits au cours des 12 mois précédant l’enquête. Par conséquent, la violence conjugale fait l’objet d’une analyse distincte.

Dans le cadre de l’ESG sur la victimisation, la violence conjugale est définie comme la violence physique ou sexuelle commise par un conjoint ou conjoint de fait (actuel ou ancien), dans le cas des personnes qui sont mariées légalement, qui vivent en union libre ou qui sont séparées ou divorcées d’un conjoint légal ou conjoint de fait, et qui avaient eu un contact avec leur ex‑conjoint au cours des cinq années précédentes.

La violence conjugale est un peu moins répandue chez les immigrants que chez les non‑immigrants

En 2014, environ 3 % des immigrants qui étaient mariés ou qui vivaient en union libre, ou qui étaient séparés ou divorcés, mais qui avaient des contacts avec leur ex‑partenaire, ont été victimes de violence conjugale au cours des cinq années précédentes, soit environ 127 000 immigrants. Cette proportion est inférieure à celle observée chez les non‑immigrants ayant déclaré avoir été victimes de violence conjugale (4 %). Même si des proportions égales d’hommes immigrants (3 %E) et de femmes immigrantes (3 %) ont déclaré avoir été victimes de violence conjugale, les données de l’ESG de 2014 sur la victimisation indiquent qu’il existe des différences entre les victimes de sexe masculin et de sexe féminin quant à la nature des incidents vécus par ces victimes. Plus particulièrement, les femmes sont généralement plus susceptibles d’être victimes des formes les plus graves de violence, comme des agressions sexuelles, tandis que les hommes sont généralement plus susceptibles d’être victimes de certaines formes de voies de fait, telles que le fait d’avoir reçu un coup de pied ou d’avoir été mordus, frappés ou frappés avec un objet (Burczycka et Ibrahim, 2016)Note .

Plus de la moitié (58 %E) des victimes immigrantes ont subi plus d’un incident de violence conjugale au cours des cinq années précédant l’enquête, une proportion qui ne diffère pas de façon significative de celle observée parmi les victimes non immigrantes. Toutefois, les victimes immigrantes étaient moins susceptibles d’avoir fait l’objet de plus de 10 incidents de violence conjugale au cours des cinq années précédentes comparativement aux victimes non immigrantes (8 %E par rapport à 17 %).

Tout comme dans la population non immigrante, pour environ 2 victimes immigrantes de violence conjugale sur 5 (38 %), l’incident a été signalé à la police. Des proportions similaires d’hommes immigrants (37 %E) et de femmes immigrantes (39 %E) ont indiqué que leurs expériences avaient été signalées à la police. La majorité (73 %) des victimes immigrantes de violence conjugale dont les expériences avaient été signalées à la police étaient satisfaites des mesures prises par cette dernière, tout comme les victimes non immigrantes (65 %).

Les immigrants sont moins susceptibles d’avoir une injonction restrictive ou une ordonnance préventive ou de non‑contact contre leur conjoint

Même si les victimes immigrantes étaient tout aussi susceptibles que les victimes non immigrantes de signaler leur expérience de violence conjugale à la police, elles étaient moins susceptibles que les victimes non immigrantes d’avoir eu une injonction restrictive ou une ordonnance préventive ou de non‑contact contre leur conjoint à un moment donnéNote . Les non‑immigrants étaient deux fois plus susceptibles que les immigrants d’avoir eu de telles ordonnances (13 % par rapport à 7 %E).

Les services officiels, comme les centres de crise, les refuges ou les maisons d’hébergement, sont d’autres sources d’aide auxquelles les victimes de violence peuvent avoir recours. Comme dans la population non immigrante, environ 2 victimes immigrantes de violence conjugale sur 5 (38 %) avaient cherché de l’aide auprès d’au moins un service officiel, l’aide la plus souvent demandée étant celle d’un conseiller ou d’un psychologue (32 %E). Les victimes immigrantes de violence conjugale ont moins souvent contacté un centre de crise ou une ligne de crise (9 %E), ou encore des services aux victimes offerts par la police ou les tribunaux (9 %E).

Outre la police et les services officiels, les victimes de violence conjugale peuvent chercher du soutien auprès de personnes comme les membres de la famille, les amis et les collègues, ou chercher de l’aide professionnelle auprès d’un avocat, d’un médecin ou d’un infirmier. Parmi les immigrants, près de 2 victimes sur 3 (64 %) ont parlé de l’incident de violence à ces personnes, une proportion qui ne diffère pas de façon significative de celle observée parmi les victimes non immigrantes (70 %). Même si, parmi les victimes non immigrantes, les femmes (83 %) étaient significativement plus susceptibles que les hommes (58 %) d’avoir tenté d’obtenir un tel soutien, aucune différence significative de ce genre n’existait parmi les victimes immigrantes, 69 % des femmes et 58 %E des hommes l’ayant fait. Cependant, tout comme les victimes non immigrantes, les victimes immigrantes de violence conjugale se sont plus souvent tournées vers des membres de la famille (47 %) et des amis ou voisins (44 %) que vers des collègues de travail (22 %E), des médecins ou infirmiers (18 % E) ou des avocats (18 %E).

Fin de l'encadré

Expériences de discrimination et perceptions concernant la sécurité et le système de justice

Les expériences de discrimination, les perceptions à l’égard des autorités locales et les caractéristiques du voisinage ont été associées à la crainte d’actes criminels et de victimisation. Certaines recherches indiquent que le bien‑être physique et psychologique d’une personne peut être lié à ses expériences de discrimination, aux problèmes sociaux dans le voisinage et au sentiment de sécurité dans la collectivité. Par exemple, la discrimination a été liée à la détresse psychologique, et la crainte d’actes criminels, à un mauvais état de santé et à l’absence de bien‑être, ainsi qu’à des niveaux plus élevés d’anxiété et de dépression (Todorova et autres, 2010; Chu et Song, 2008; Wallace et May, 2005; Farris et Fenaughty, 2002; Sampson et autres, 1997).

Un immigrant sur six déclare faire l’objet de discrimination

Selon les données de l’Enquête sociale générale (ESG) de 2014 sur la victimisation, plus de 3,9 millions (13 %) de Canadiens de 15 ans et plus ont fait l’objet d’une forme de discrimination au cours des cinq années précédant l’enquête. Tout comme l’ont indiqué les résultats en 2004, les immigrants (17 %) étaient plus susceptibles de déclarer avoir été victimes de discrimination que les non‑immigrants (12 %). La discrimination était plus fréquemment déclarée par les immigrants récents (20 %) que par les immigrants de longue date (16 %). Les travaux de recherche révèlent que les immigrants sont significativement plus susceptibles d’être victimes de discrimination, et ce, même lorsque d’autres facteurs tels que le sexe, le revenu ou la langue sont pris en considération (Nangia, 2013).

La discrimination semblait être plus étroitement liée au statut de minorité visible qu’au statut d’immigrant. Par exemple, les membres de minorités visibles étaient en général plus susceptibles de déclarer avoir été victimes de discrimination (20 %) que les personnes n’appartenant pas à une minorité visible (12 %). Le statut d’immigrant ne semblait pas avoir d’effet sur la discrimination dont ont été victimes les membres de minorités visibles, les immigrants membres de minorités visibles ayant affiché la même prévalence de discrimination que les non‑immigrants membres de minorités visibles (20 % et 21 %, respectivement).

Les proportions d’immigrants qui ont été victimes de discrimination étaient similaires dans la plupart des provinces et territoires, sauf au Québec et en Colombie‑Britannique. Les immigrants vivant en Colombie‑Britannique étaient moins susceptibles de déclarer avoir été victimes de discrimination (14 %) que l’ensemble des immigrants du pays (graphique 3). Par contre, environ 1 immigrant sur 5 (21 %) vivant au Québec a déclaré avoir été victime de discrimination au cours des cinq années précédentes. Ces différences s’expliquent en partie par la répartition raciale et culturelle de la population immigrante dans ces provinces. Selon les résultats de l’ESG de 2014 sur la victimisation, certains groupes de minorités visibles étaient plus susceptibles d’avoir été victimes de discrimination que d’autres, soit les Arabes (29 %), les Noirs (27 %) et les Latino‑Américains (26 %) (Simpson, 2018). Le Québec comptait la proportion la plus forte d’immigrants qui appartenaient à ces groupes, près de la moitié de sa population immigrante appartenant à au moins un de ces groupes de minorités visibles (40 %, soit près de 2,5 fois la proportion nationale). En revanche, 6 % des immigrants vivant en Colombie‑Britannique appartenaient à ces groupes.

Graphique 3 Proportion d’immigrants et de non-immigrants qui ont déclaré avoir été victimes de discrimination au cours des cinq années précédentes, selon la province ou le territoire, 2014

Tableau de données du graphique 3
Tableau de données du graphique 3
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 3. Les données sont présentées selon Province ou territoire (titres de rangée) et Immigrants, Total des immigrants, Non-immigrants et Total des non-immigrants, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Province ou territoire Immigrants Total des immigrantsTableau de Note  Non-immigrants Total des non-immigrantsTableau de Note 
pourcentage
T.-N.-L. 23Note E: à utiliser avec prudence 17 5Note * 12
Î.-P.-É. Note F: trop peu fiable pour être publié 17 10 12
N.-É. 21Note E: à utiliser avec prudence 17 10Note * 12
N.-B. Note F: trop peu fiable pour être publié 17 10Note * 12
Qc 21Note ** 17 8Note * 12
Ont. 17 17 14Note * 12
Man. 15 17 14 12
Sask. 18Note E: à utiliser avec prudence 17 15Note * 12
Alb. 21 17 15Note * 12
C.-B. 14Note ** 17 14Note * 12
Yn 22Note E: à utiliser avec prudence 17 21Note * 12
T.N.-O. Note F: trop peu fiable pour être publié 17 22Note * 12
Nt Note F: trop peu fiable pour être publié 17 18Note * 12

Malgré les différences au chapitre de la répartition des groupes de minorités visibles dans les trois plus grandes RMR du Canada, la proportion d’immigrants à Toronto (16 %), à Vancouver (15 %) et à Montréal (20 %) qui avaient été victimes de discrimination au cours des cinq années précédentes n’était pas significativement différente de celle observée pour l’ensemble de la population immigrante au Canada. En outre, lorsque l’on compare entre elles les expériences de discrimination parmi les immigrants vivant dans les trois RMR, elles étaient généralement similaires. Faisaient exception les immigrants vivant à Montréal, qui étaient plus susceptibles de déclarer avoir fait l’objet de discrimination que les immigrants vivant à Vancouver; cette situation était principalement attribuable à la proportion supérieure d’immigrants s’identifiant comme des Arabes, des Noirs ou des Latino‑Américains à Montréal.

La discrimination au travail ou au moment de présenter une demande d’emploi ou d’avancement est le type de discrimination le plus souvent déclaré

Les immigrants canadiens qui ont déclaré avoir été victimes de discrimination ont le plus souvent fait l’objet de l’incident au travail ou au moment de présenter une demande d’emploi ou d’avancement (54 % par rapport à 46 % pour les non‑immigrants) (tableau 5)Note . Environ 4 victimes immigrantes sur 10 ont fait l’objet de discrimination dans un magasin, une banque ou un restaurant (41 % par rapport à 36 % des victimes non immigrantes). Plus de 1 victime immigrante sur 10 (12 %) a fait l’objet de discrimination au moment de franchir la frontière vers le Canada; cette proportion est trois fois plus élevée que celle observée chez les victimes de discrimination non immigrantes (4 %)Note . Le taux de discrimination dans les rapports avec la police n’était pas significativement différent entre les victimes immigrantes et les victimes non immigrantes (11 % par rapport à 7 %).

Les victimes immigrantes disent souvent qu’elles ont le sentiment d’avoir subi de la discrimination en raison de leur appartenance ethnique ou culturelle, de leur race ou de la couleur de leur peau, et de leur langue

Lorsqu’on leur a demandé les types de discrimination dont ils ont été victimes, les immigrants avaient le plus souvent le sentiment qu’ils avaient fait l’objet de discrimination en raison de leur appartenance ethnique ou culturelle (54 %), de leur race ou de la couleur de leur peau (47 %) et de leur langue (31 %) (tableau 6)Note . Ces raisons étaient beaucoup moins répandues chez les victimes non immigrantes (26 %, 26 % et 16 %, respectivement). La discrimination fondée sur la religion a touché 1 immigrant sur 5 (20 %), soit une proportion significativement supérieure à celle observée chez les non‑immigrants (13 %). Parmi les non‑immigrants, les autres raisons fréquemment invoquées étaient le sexe (29 % par rapport à 21 % chez les immigrants), l’apparence physique (25 % par rapport à 21 % chez les immigrants) et l’âge (22 % par rapport à 15 % chez les immigrants). Le sentiment de discrimination fondé sur l’incapacité physique ou mentale (6 %E) ou sur l’orientation sexuelle (3 %E) était également moins susceptible d’être déclaré par les victimes immigrantes que par les victimes non immigrantes (13 % et 7 %, respectivement).

Dans l’ensemble, au chapitre de la discrimination, les expériences des immigrants appartenant à une minorité visible étaient semblables à celles des non‑immigrants membres de minorités visibles. La discrimination liée à l’emploi représentait une exception importante, plus particulièrement la discrimination au travail ou au moment de présenter une demande d’emploi ou d’avancement, qui était plus répandue chez les immigrants membres de minorités visibles (54 %) que chez les non‑immigrants membres de minorités visibles (36 %). Par contre, il y avait certaines situations où les immigrants membres de minorités visibles étaient moins susceptibles que les non‑immigrants membres de minorités visibles de déclarer avoir été victimes de discrimination (21 % par rapport à 37 %). Parmi ces situations peut figurer la discrimination à l’école, dans la rue, dans les interactions personnelles ou d’autres situationsNote .

Les immigrants qui appartenaient aussi à une minorité visible ont généralement fait l’objet de types de discrimination semblables à ceux observés dans le cas des non‑immigrants membres de minorités visibles, exception faite de la discrimination fondée sur la race ou la couleur de la peau, ainsi que sur la langue. Les immigrants membres de minorités visibles (59 %) étaient moins susceptibles que les non‑immigrants membres de minorités visibles (74 %) de déclarer avoir été victimes de discrimination fondée sur la race ou la couleur de la peau. Toutefois, ils étaient environ quatre fois plus susceptibles d’avoir été victimes de discrimination fondée sur la langue que les non‑immigrants membres de minorités visibles (34 % par rapport à 9 %E).

Dans l’ensemble, des proportions semblables de femmes immigrantes (18 %) et d’hommes immigrants (17 %) ont déclaré avoir fait l’objet de discrimination, contrairement à la population non immigrante, dans laquelle les femmes (14 %) étaient un peu plus susceptibles d’avoir été victimes de discrimination que les hommes (11 %). Toutefois, comme dans le cas des non‑immigrants, les immigrants qui s’identifiaient comme homosexuels ou bisexuels (26 %E) étaient significativement plus susceptibles d’avoir été victimes de discrimination que les immigrants hétérosexuels (17 %)Note .

Parmi la population immigrante, il y avait des différences relativement au contexte dans lequel les hommes et les femmes avaient été victimes de discrimination. Par exemple, la discrimination dans les rapports avec la police était plus de deux fois plus répandue chez les hommes immigrants (16 %E) que chez les femmes immigrantes (6 %E), alors que les femmes immigrantes étaient plus susceptibles que les hommes immigrants d’avoir été victimes de discrimination dans un magasin, à la banque ou au restaurant (47 % par rapport à 35 %). Parmi la population non immigrante, les femmes ont plus souvent été victimes de discrimination liée à l’emploi que les hommes, alors que la discrimination dans les rapports avec la police ou les tribunaux était plus répandue chez les hommes.

Les femmes et les hommes immigrants ont généralement été victimes des mêmes types de discrimination, exception faite de la discrimination fondée sur le sexe et la race ou la couleur de la peau. Plus particulièrement, les hommes immigrants étaient plus susceptibles d’avoir été victimes de discrimination en raison de leur race ou de la couleur de leur peau (51 % par rapport à 43 % des femmes immigrantes), alors que, comme dans la population non immigrante, la discrimination fondée sur le sexe était plus répandue chez les femmes immigrantes (27 % par rapport à 15 %E chez les hommes immigrants).

Dans l’ensemble, les immigrants récents et les immigrants de longue date qui avaient été victimes de discrimination au cours des cinq années précédant l’enquête l’ont été dans des situations similaires (graphique 4). Toutefois, les victimes qui étaient des immigrants récents étaient significativement moins susceptibles d’avoir fait l’objet de discrimination dans leurs rapports avec la police (5 %E) que les immigrants de longue date (13 %E).

Graphique 4 Expériences de discrimination chez les immigrants de longue date et les immigrants récents au cours des cinq années précédentes, selon le type de la situation, Canada, 2014

Tableau de données du graphique 4
Tableau de données du graphique 4
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 4. Les données sont présentées selon Type de la situation (titres de rangée) et Immigrants récents et Immigrants de longue date, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Type de la situation Immigrants récents Immigrants de longue dateTableau de Note 
pourcentage
Au travail ou au moment de demander un emploi ou de l’avancement 59 52
Dans un magasin, une banque ou un restaurant 39 43
À la frontière du Canada (en entrant au Canada)Tableau de Note 1 9Note E: à utiliser avec prudence 13Note E: à utiliser avec prudence
En traitant avec la police 5Note E: à utiliser avec prudence Note * 13
AutreTableau de Note 2 23 21

De façon générale, les immigrants récents et les immigrants de longue date étaient victimes des mêmes types de discrimination (graphique 5). Toutefois, les immigrants récents étaient considérablement plus susceptibles de déclarer avoir été victimes de discrimination en raison de leur langue (42 % par rapport à 27 % chez les immigrants de longue date) et moins susceptibles d’avoir été victimes de discrimination en raison de leur âge (9 % E par rapport à 18 % chez les immigrants de longue date).

Graphique 5 Expériences de discrimination chez les immigrants de longue date et les immigrants récents au cours des cinq années précédentes, selon le type de discrimination, Canada, 2014

Tableau de données du graphique 5
Tableau de données du graphique 5
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 5. Les données sont présentées selon Type de discrimination (titres de rangée) et Immigrants récents et Immigrants de longue date, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Type de discrimination Immigrants récents Immigrants de longue dateTableau de Note 
pourcentage
Appartenance ethnique ou culturelle 56 54
Race ou couleur de la peau 44 48
Langue 42Note * 27
Sexe 16Note E: à utiliser avec prudence 23
Religion 16Note E: à utiliser avec prudence 22
Apparence physique 15Note E: à utiliser avec prudence 22
Âge 9Note E: à utiliser avec prudence Note * 18
Incapacité physique ou mentale Note F: trop peu fiable pour être publié 8Note E: à utiliser avec prudence
Orientation sexuelle Note F: trop peu fiable pour être publié 3Note E: à utiliser avec prudence
AutreTableau de Note 1 8Note E: à utiliser avec prudence 6Note E: à utiliser avec prudence

Les immigrants se sentent en sécurité relativement à la criminalité chez eux et dans leur quartier

En général, les sentiments de sécurité parmi la population immigrante ne variaient pas beaucoup de ceux observés parmi leurs homologues non immigrants. La majorité (91 %) des immigrants qui marchaient seuls dans leur quartier une fois la nuit tombée se sentaient en sécurité par rapport à la criminalité en le faisantNote . Toutefois, ils se sentaient en sécurité relativement à la criminalité à un degré quelque peu différent des non‑immigrants : les immigrants, et particulièrement les immigrants récents, étaient moins susceptibles d’indiquer qu’ils se sentaient « tout à fait en sécurité» lorsqu’ils marchaient seuls une fois la nuit tombée (44 % par rapport à 50 % des immigrants de longue date et à 54 % des non‑immigrants).

La plupart des immigrants (récents et de longue date) qui passaient du temps seuls à la maison en soirée ou la nuit n’étaient « pas du tout inquiets » pour leur sécurité relativement à la criminalité. Les immigrants (87 %) étaient un peu moins susceptibles d’avoir eu ce sentiment que les non‑immigrants (89 %).

Environ les deux tiers des immigrants (64 %) et des non‑immigrants (66 %) qui utilisaient le transport en commun seuls une fois la nuit tombée se sentaient en sécurité par rapport à la criminalité en le faisant. Les proportions étaient similaires pour les immigrants récents (65 %) et les immigrants de longue date (64 %).

La majorité des immigrants ont le sentiment que leur quartier affiche un moins grand nombre d’actes criminels que les autres régions du Canada

Les immigrants avaient généralement une perception positive de leur quartier et leur collectivité, tout comme leurs homologues non immigrants. En 2014, environ les trois quarts des immigrants (75 %) et des non‑immigrants (74 %) croyaient vivre dans un quartier où le nombre d’actes criminels était inférieur à celui enregistré dans les autres régions du Canada. Les immigrants récents (6 %), toutefois, étaient plus susceptibles que les immigrants de longue date (4 %) et que les non‑immigrants (4 %) d’évaluer leur quartier comme affichant un niveau de criminalité plus élevé que les autres régions du Canada. Par ailleurs, comme l’ensemble de la population canadienne, la plupart des immigrants croyaient que le nombre d’actes criminels dans leur quartier était demeuré à peu près le même au cours des cinq années ayant précédé l’ESG sur la victimisation (75 %)Note . Toutefois, cette proportion était légèrement inférieure à celle observée parmi les non‑immigrants qui partageaient le même sentiment (79 %).

La plupart des immigrants ne croyaient pas qu’ils vivaient dans un quartier où les problèmes sociaux étaient graves. Par exemple, la grande majorité (91 %) ne croyaient pas du tout que les personnes étaient attaquées ou harcelées en raison de la couleur de leur peau, de leur origine ethnique ou de leur religion dans leur quartier. De même, la majorité des immigrants ne croyaient pas qu’il y avait d’autres problèmes sociaux graves dans leur quartier, tels que des personnes en état d’ébriété ou qui font du tapage dans les endroits publics (83 %), des personnes qui traînent dans les rues (81 %), des déchets ou des ordures qui traînent (79 %), du vandalisme, des graffitis ou d’autres dommages volontairement causés à des biens ou des véhicules (78 %), des soirées ou des voisins bruyants (76 %) ou des personnes qui consomment ou vendent des drogues (76 %). Ces perceptions des immigrants à l’égard des problèmes sociaux étaient généralement comparables à celles déclarées par la population non immigrante.

Le sentiment d’appartenance et la confiance à l’égard du voisinage sont plus faibles parmi les immigrants récents

En 2014, la grande majorité (75 %) des Canadiens éprouvaient un fort sentiment d’appartenance à leur collectivité localeNote . Toutefois, les immigrants récents (70 %) étaient moins susceptibles de déclarer un fort sentiment d’appartenance à leur collectivité locale que les immigrants de longue date et les non‑immigrants (75 % dans chaque cas). En outre, la confiance à l’égard des voisins était plus faible chez les immigrants que chez les non‑immigrants. Les immigrants récents (13 %), plus particulièrement, étaient plus susceptibles de faire « peu confiance » ou de ne « pas faire confiance du tout » aux personnes de leur voisinage que les immigrants de longue date (9 %) et que les non‑immigrants (8 %)Note .

La plupart (92 %) des Canadiens croyaient que leurs voisins allaient alerter la police s’ils entendaient ou étaient témoins d’un comportement criminel dans le quartier. Toutefois, il était plus fréquent chez les immigrants (4 %) que chez les non‑immigrants (2 %) de croire que les voisins n’allaient probablement pas alerter la police, et encore davantage chez les immigrants récents (6 %) que chez les immigrants de longue date (3 %). Cela était aussi le cas pour ce qui est d’entendre des bruits indiquant de la violence familiale ou du fait d’en être témoin : un plus grand nombre d’immigrants (6 %) que de non‑immigrants (4 %) croyaient qu’il était improbable que leurs voisins alertent la police dans ces situations.

Tout comme la population non immigrante, la plupart des immigrants (94 %) — tant récents que de longue date — avaient au moins un parent ou un ami qui ne vivait pas avec eux, mais dont ils se sentaient proches et qu’ils pouvaient appeler pour demander de l’aide. Toutefois, la taille du réseau de parents ou d’amis était significativement plus importante pour les non‑immigrants que pour les immigrants. Plus particulièrement, 2 non‑immigrants sur 3 (66 %) considéraient plus de cinq personnes comme proches d’eux, comparativement à 57 % des immigrants de longue date et à 50 % des immigrants récents. Les immigrants récents (4 %E) étaient presque aussi susceptibles que les immigrants de longue date (2 %) de se sentir isolés, sans personne de qui ils se sentaient proches ou vers qui ils pouvaient se tourner pour demander de l’aide. Environ 2 % des non‑immigrants partageaient ce sentiment, une proportion légèrement inférieure à celle observée parmi les immigrants récentsNote .

Les contacts avec la police sont moins fréquents chez les immigrants

Les personnes entrent en contact avec la police pour diverses raisons, y compris pour des séances d’information publique, en tant que témoin d’un acte criminel, ou en raison de problèmes liés à leurs émotions ou leur santé mentale ou à celles des autres. En 2014, les immigrants (25 %) étaient moins susceptibles que les non‑immigrants (32 %) d’avoir été en contact avec la police au cours des 12 mois précédant l’enquête.

La majorité des immigrants ont confiance en la police

Selon les résultats de l’ESG de 2014 sur la victimisation, la grande majorité (91 %) des immigrants se sont dits confiants à l’égard de la policeNote . Cette proportion était la même chez les non‑immigrants; toutefois, les immigrants (48 %) étaient un peu plus susceptibles que les non‑immigrants (44 %) de déclarer avoir une « grande confiance » en la police. Des proportions égales d’immigrants et de non‑immigrants n’avaient « aucune confiance » en la police (2 % dans chaque cas).

Lorsqu’il s’agit de la façon dont les citoyens perçoivent la police locale, la plupart des Canadiens — qu’ils soient immigrants ou non‑immigrants — étaient d’avis qu’elle faisait du bon travailNote . Plus particulièrement, la majorité des immigrants croyaient que la police locale faisait du bon travail pour faire respecter la loi (64 %) et répondre rapidement aux appels (59 %). Une proportion légèrement plus élevée d’immigrants que de non‑immigrants étaient de cet avis (61 % et 56 %, respectivement) (tableau 7). Toutefois, les immigrants étaient un peu moins susceptibles que les non‑immigrants de donner une note positive à la police locale pour ce qui est de traiter équitablement les personnes (61 % par rapport à 63 % des non‑immigrants) ou d’informer le public sur la prévention des actes criminels (54 % par rapport à 56 %). Des proportions similaires d’immigrants et de non‑immigrants ont donné une note positive à la police locale pour ce qui est d’assurer la sécurité des citoyens du voisinage (68 % et 67 %, respectivement) et d’avoir une attitude ouverte invitant à la discussion (66 % dans chaque cas).

Les immigrants récents et les immigrants de longue date avaient des opinions similaires concernant la police, exception faite pour ce qui est d’assurer la sécurité des citoyens et de traiter les personnes équitablement. Les immigrants récents étaient considérablement plus susceptibles que les immigrants de longue date de donner une note positive à la police pour ce qui est d’assurer la sécurité des citoyens (72 % et 67 %, respectivement) et de traiter les personnes équitablement (67 % et 59 %, respectivement).

Les immigrants de la plupart des provinces et territoires étaient généralement tout aussi susceptibles ou plus susceptibles que les non‑immigrants de donner une note positive à la police locale. Les deux exceptions étaient le Québec et l’Île‑du‑Prince‑Édouard : au Québec, les immigrants étaient moins susceptibles que les non‑immigrants de donner une note positive à la police locale pour ce qui est d’informer le public sur les façons de prévenir les actes criminels (54 % par rapport à 60 %) et de traiter les personnes équitablement (62 % par rapport à 69 %). À l’Île‑du‑Prince‑Édouard, les immigrants étaient moins susceptibles que les non‑immigrants de donner une note positive à la police locale pour ce qui est de répondre rapidement aux appels (47 %E par rapport à 67 %).

Plus de 1 immigrant sur 4 a une grande confiance dans le système de tribunaux de juridiction criminelle au Canada

Les données de l’ESG de 2014 sur la victimisation ont révélé que la majorité (71 %) des Canadiens faisaient confiance au système de tribunaux de juridiction criminelle. Ces proportions étaient similaires pour les segments immigrants et non immigrants de la population. Même si la majorité des immigrants et des non‑immigrants avaient au moins « une certaine confiance » à l’égard du système de tribunaux, les immigrants (27 %) étaient plus susceptibles que les non‑immigrants (16 %) d’indiquer avoir « une grande confiance » à l’égard du système de tribunaux. Environ 5 % de tous les Canadiens n’avaient « aucune confiance » à l’égard du système de tribunaux, la proportion étant légèrement plus faible chez les immigrants (4 %) que chez les non‑immigrants (5 %).

Les immigrants (13 %) étaient moins susceptibles que les non‑immigrants (22 %) d’avoir personnellement déjà eu des contacts avec le système de tribunaux de juridiction criminelleNote . Tant pour les immigrants que pour les non‑immigrants, ceux qui avaient eu des expériences avec le système de tribunaux étaient moins susceptibles de leur faire confiance que ceux qui n’avaient jamais eu de contact avec le système. Cela peut expliquer la proportion plus élevée d’immigrants que de non‑immigrants ayant indiqué avoir une grande confiance envers le système de tribunaux.

Résumé

Selon les données de l’Enquête sociale générale (ESG) de 2014 sur la sécurité des Canadiens (victimisation), la population immigrante du Canada a fait l’objet de victimisation avec violence à un taux de 39 incidents pour 1 000 personnes, soit moins de la moitié du taux de victimisation observé parmi la population non immigrante (86 pour 1 000 personnes). Le taux de victimisation avec violence contre les immigrants a diminué de 43 % par rapport à 2004. Les femmes et les hommes immigrants sont victimes d’actes criminels à des taux comparables et, de même, les immigrants récents et les immigrants de longue date ont présenté des taux similaires de victimisation.

Comme dans la population non immigrante, l’âge — un facteur que l’on sait associé à la victimisation — avait une incidence en ce qui a trait au risque de victimisation chez la population immigrante. Les jeunes immigrants de 15 à 24 ans étaient les plus susceptibles d’avoir fait l’objet de victimisation avec violence. Tant parmi la population immigrante que non immigrante, la plupart des victimes croyaient que l’incident qu’elles avaient subi ne constituait pas un crime haineux. Cela dit, les immigrants étaient plus de trois fois plus susceptibles que les non‑immigrants d’indiquer que l’incident violent dont ils avaient fait l’objet était attribuable à un gang. Cela ne signifie toutefois pas que la violence liée à un gang est plus fréquente chez les immigrants, mais plutôt qu’une recherche plus approfondie devrait être menée au sujet des liens entre les immigrants et la victimisation liée à un gang.

Les immigrants, et plus particulièrement les immigrants récents, étaient plus susceptibles d’avoir été victimes de discrimination que les non‑immigrants, et la discrimination était plus souvent liée au statut de minorité visible. L’appartenance ethnique ou culturelle d’un immigrant constituait un facteur de la probabilité qu’il ait été victime de discrimination. La discrimination liée au travail ou à l’avancement était le plus souvent décrite comme le contexte de la discrimination dont faisaient l’objet les immigrants, et l’appartenance ethnique ou culturelle était souvent mentionnée comme la raison de celle‑ci. Les immigrants étaient tout aussi susceptibles que les non‑immigrants d’avoir été victimes de discrimination dans leurs rapports avec la police, mais ils étaient significativement plus susceptibles d’avoir été victimes de discrimination au moment de franchir la frontière vers le Canada. De façon générale, les immigrants récents et ceux de longue date ont fait l’objet de formes semblables de discrimination et dans des contextes similaires. Les immigrants récents étaient toutefois plus susceptibles d’avoir déclaré que la discrimination qu’ils avaient vécue était attribuable à leur langue et moins susceptibles d’indiquer avoir été victimes de discrimination dans leurs rapports avec la police comparativement aux immigrants de longue date.

Tout comme les non‑immigrants, la plupart des immigrants croyaient vivre dans un quartier où le niveau de criminalité était plus faible que dans d’autres régions au Canada. De même, la majorité des immigrants étaient d’avis que les problèmes sociaux n’étaient pas du tout présents où ils vivaient. Les résultats de l’ESG de 2014 sur la victimisation montrent qu’il existe des différences entre les immigrants récents et les immigrants de longue date pour ce qui est des autres caractéristiques liées à la victimisation, comme le sentiment d’appartenance à leur communauté, la confiance à l’égard du voisinage et les perceptions ainsi que la confiance à l’égard de la police. Toutefois, ces différences étaient moindres lorsque les immigrants en tant que population complète étaient comparés aux non‑immigrants.

Les recherches ont démontré que les immigrants ne sont peut‑être pas à l’aise de parler de leurs expériences de victimisation à d’autres personnes, pour des raisons comprenant une compréhension limitée de leurs droits, la crainte d’être expulsés et des normes culturelles qui font en sorte qu’ils considèrent ces expériences comme privées (McCart et autres, 2010; Davis et Henderson, 2003; Davis et Erez, 1998). Par conséquent, ce contexte doit être pris en considération au moment de l’interprétation des résultats contenus dans le présent rapport.

Tableaux de données détaillés

Tableau 1 Certaines caractéristiques des immigrants et des non‑immigrants, personnes de 15 ans et plus, Canada, 2014

Tableau 2 Incidents de victimisation avec violence déclarés par les immigrants et les non‑immigrants, selon certaines caractéristiques de la victime, Canada, 2014

Tableau 3 Incidents de victimisation avec violence déclarés par les immigrants et les non‑immigrants, selon certaines caractéristiques de l’incident, Canada, 2014

Tableau 4 Incidents de victimisation avec violence dont ont été victimes les immigrants et les non‑immigrants, selon le signalement à la police, le niveau de satisfaction au sujet des mesures prises par la police et les raisons de ne pas signaler l’incident à la police, Canada, 2014

Tableau 5 Expériences de discrimination chez les immigrants et les non‑immigrants au cours des cinq années précédentes, selon le type de situation, le sexe et le statut de minorité visible, Canada, 2014

Tableau 6 Expériences de discrimination chez les immigrants et les non‑immigrants au cours des cinq années précédentes, selon le type de discrimination, le sexe et le statut de minorité visible, Canada, 2014

Tableau 7 Perceptions des immigrants et des non‑immigrants à l’égard de la police, selon la province ou le territoire, 2014

Description de l’enquête

L’Enquête sociale générale sur la sécurité des Canadiens (victimisation)

En 2014, Statistique Canada a réalisé le sixième cycle de l’Enquête sociale générale (ESG) sur la victimisation. Les cycles précédents ont été menés en 1988, 1993, 1999, 2004 et 2009. L’enquête vise à fournir des données sur les expériences personnelles qu’ont vécues les Canadiens relativement à huit types de crimes, à examiner les facteurs de risque liés à la victimisation, à examiner les taux de signalement à la police, à évaluer la nature et l’étendue de la violence conjugale, à mesurer la crainte par rapport à la criminalité et à examiner les perceptions du public à l’égard de la criminalité et du système de justice pénale.

En 2014, l’ESG sur la victimisation a aussi été menée au Yukon, dans les Territoires du Nord‑Ouest et au Nunavut à l’aide d’un plan d’échantillonnage différent. L’enquête a également été réalisée dans les territoires en 2009, après avoir fait l’objet d’essais de collecte de données en 1999 et 2004.

En 2009, il a fallu faire preuve de prudence au moment de comparer les données des territoires avec celles des provinces, principalement en raison de la sous‑représentation de la population inuite dans les territoires. Toutefois, en 2014, les progrès réalisés quant à la base de sondage et les taux de réponse accrus ont rendu possibles la comparaison et la combinaison des données des territoires avec celles des provinces. Il est cependant important de tenir compte des différences relatives aux méthodes d’enquête et aux stratégies de pondération utilisées dans les provinces et dans les territoires au moment d’analyser les données de l’ESG de 2014 sur la victimisation à l’échelle du Canada. Le présent rapport combine les données de l’ESG de 2014 sur la victimisation provenant des provinces et des territoires.

La population cible de l’ESG sur la victimisation est la population canadienne de 15 ans et plus résidant dans les provinces et les territoires. Les Canadiens vivant en établissement ne sont pas inclus. Une fois qu’un ménage était choisi et contacté, une personne de 15 ans et plus était sélectionnée au hasard pour participer à l’enquête. Grâce au financement provenant d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada et de Sécurité publique Canada, un suréchantillon d’immigrants et de jeunes a été ajouté à l’ESG de 2014 sur la victimisation afin de permettre une analyse plus approfondie de ces groupes.

En 2014, la taille de l’échantillon dans les 10 provinces s’établissait à 33 127 répondants. De ce nombre, 2 787 provenaient du suréchantillon. En 2014, la taille de l’échantillon dans les trois territoires correspondait à 2 040 répondants, soit environ deux fois plus de répondants qu’en 2009 (1 094).

Collecte des données

Les provinces

La collecte des données s’est déroulée de janvier à décembre 2014 inclusivement. Les réponses ont été obtenues au moyen d’interviews téléphoniques assistées par ordinateur (ITAO). Les répondants ont été en mesure de répondre dans la langue officielle de leur choix.

Les territoires

La collecte des données s’est déroulée d’août 2014 à janvier 2015 inclusivement. La méthode de collecte était un mélange d’ITAO et d’interviews sur place assistées par ordinateur (IPAO). La plupart des cas ont débuté sous forme d’une ITAO effectuée à partir du bureau régional et pouvaient être transférés à un intervieweur IPAO, selon les collectivités et les contraintes concernant la collecte. Les répondants ont été interviewés dans la langue officielle de leur choix.

Taux de réponse

Les provinces

Le taux de réponse global était de 52,9 % en 2014, en baisse par rapport au taux de 61,6 % noté en 2009. Parmi les non‑répondants, certains ont refusé de participer à l’enquête et d’autres ne pouvaient pas être joints ou ne parlaient ni le français ni l’anglais. Les chiffres des répondants de l’échantillon ont été pondérés, afin que leurs réponses représentent la population canadienne de 15 ans et plus ne vivant pas en établissement.

Les territoires

Le taux de réponse global était de 58,7 %, en hausse par rapport au taux de 50,7 % noté en 2009. Parmi les non‑répondants, certains ont refusé de participer à l’enquête et d’autres ne pouvaient pas être joints ou ne parlaient ni le français ni l’anglais. Les chiffres des répondants de l’échantillon ont été pondérés, afin que leurs réponses représentent la population des territoires de 15 ans et plus ne vivant pas en établissement.

Limites des données

Comme c’est le cas pour toutes les enquêtes auprès des ménages, les données comportent des limites. Les résultats reposent sur un échantillon et sont donc sujets à des erreurs d’échantillonnage. Des résultats légèrement différents auraient pu être obtenus si la population entière avait été visée par l’enquête. Dans le présent article, le coefficient de variation (c.v.) est utilisé comme mesure de l’erreur d’échantillonnage. Toute estimation ayant un c.v. élevé (plus de 33,3 %) n’a pas été publiée, parce qu’elle était trop peu fiable. Dans ces cas, le symbole « F » est utilisé au lieu d’une estimation dans les graphiques et les tableaux de données. Lorsque le c.v. d’une estimation se situe entre 16,6 et 33,3, il faut se servir de cette dernière avec prudence, et le symbole « E » est utilisé. Dans le cas des statistiques descriptives et des analyses par recoupement, des intervalles de confiance de 95 % ont été utilisés pour déterminer si la différence entre les valeurs était statistiquement significative.

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