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Nombre de décès

En 2008, 238 617 personnes sont décédées au Canada, en hausse de 1,4 % par rapport à l'an dernier (tableau 1). Cependant, cette augmentation a été beaucoup moins importante que celle observée entre 2006 et 2007 (3,1 %).

En 2008, 120 426 décès masculins et 118 191 décès féminins ont été enregistrés au Canada. La hausse des décès chez les hommes (1,5 %) a été légèrement supérieure à celle des femmes (1,4 %).

À l'exception de la Nouvelle-Écosse, toutes les provinces et tous les territoires ont connu une hausse du nombre de décès entre 2007 et 2008. L'augmentation relative la plus importante a été observée dans les territoires, à l'Île-du-Prince-Édouard et en Alberta. Trois autres provinces, soit le Nouveau-Brunswick, la Saskatchewan et la Colombie-Britannique, ont aussi connu une hausse supérieure à la moyenne nationale. Terre-Neuve-et-Labrador et l'Ontario ont affiché les plus faibles augmentations (0,8 %).

Tendances des décès

Sur la période de vingt-cinq ans, soit de 1983 à 2008, le nombre de décès a augmenté de 37 % pour passer de 174 484 à 238 617. L'évolution à la hausse du nombre de décès s'explique principalement par la croissance démographique et le vieillissement de la population. En effet, alors que la population canadienne a augmenté de 31 % de 1983 à 2008, le nombre de personnes âgées de 65 ans et plus s'est accru de 82 %. Le vieillissement de la population et l'arrivée aux âges avancés de la génération du « baby-boom » (individus nés entre 1946 et 1965) nous laissent croire que le nombre de décès pourrait augmenter dans l'avenir.

Au cours des vingt-cinq dernières années, le nombre de décès féminins a connu une augmentation plus importante que celle des hommes, 54 % contre 23 %, respectivement. Cette augmentation du nombre de décès féminins au fil du temps est principalement due aux espérances de vie des femmes canadiennes supérieures à celles des hommes. Par conséquent, la taille de la population féminine âgée était plus grande que celle de la population masculine âgée. En 2008, il y avait 27 % plus de femmes âgées de 65 ans que d'hommes. Comme le montre le graphique 1, ce phénomène a grandement contribué à réduire l'écart entre les deux sexes.

Accroissement naturel

L'accroissement naturel de la population représente la différence entre le nombre de naissances et de décès. Le graphique 2 illustre l'évolution du nombre annuel de naissances, de décès et de l'accroissement naturel sur la période allant de 1983 à 2008.

Il y a vingt-cinq ans, l'accroissement naturel se situait à environ 199 200, en 2008 il était d'environ 139 300.

Au cours de cette période, le nombre annuel de décès a augmenté de façon constante alors que l'évolution annuelle du nombre de naissances a fait l'objet de variations. De 1983 à 1986, le nombre de naissances a oscillé autour de 375 000, par la suite il a atteint son niveau le plus élevé en 1990 (près de 405 000 naissances). Depuis 1990, le nombre de naissances a diminué graduellement jusqu'à atteindre son niveau le plus bas en 2000 (autour de 328 000 naissances). Depuis le début des années 2000, le nombre de naissances s'est remis à croître, pour atteindre un niveau de près de 377 900 en 2008.

Comme le démontre le graphique 2, l'évolution de l'accroissement naturel durant cette période de 25 ans a surtout été influencée par le nombre de naissances. Avant 1993, l'accroissement naturel était en général plus élevé que le nombre de décès. Par contre, lorsque le nombre de naissances a commencé à diminuer, l'accroissement naturel a également décliné. En 2002, l'accroissement naturel a chuté à son niveau le plus bas au cours de cette période de 25 ans (autour de 105 000 personnes). Cependant de 2003 à 2008, avec une reprise des naissances, on assiste à une augmentation constante de l'accroissement naturel.

Taux de Mortalité

Le taux brut de mortalité est le nombre de décès d'une année donnée pour 1 000 personnes, au milieu de la même année. Le taux comparatif de mortalité par âge (TCM) élimine les effets des différences dans les structures par âge de la population parmi les régions au fil du temps. Ce taux est calculé en prenant pour référence la population du Canada de 1991 en tant que population type.

Taux bruts et comparatifs de mortalité

De 2007 à 2008, le TCM au Canada a diminué légèrement, passant de 5,4 à 5,3 pour une population type de 1 000 personnes, et ce, même si le taux brut de mortalité a légèrement augmenté de 7,1 à 7,2 décès pour 1 000 personnes (tableau 2).

Le TCM a également diminué dans cinq provinces (Terre-Neuve-et-Labrador, la Nouvelle-Écosse, le Québec, l'Ontario et le Manitoba).

En 2008, les TCM ont varié de 5,1 pour 1 000 personnes en Colombie-Britannique et en Ontario à 10,2 au Nunavut. Au Québec, le TCM était le même qu'à l'échelle nationale.

Le graphique 3 compare les TCM entre 1998 et 2008. Au Canada, le TCM a diminué, passant de 6,5 en 1998 à 5,3 décès pour 1 000 personnes en 2008. Les TCM ont également baissé dans toutes les provinces et les territoires. Les plus fortes variations ont été observées au Québec et à l'Île-du-Prince-Édouard pour lesquels il y a eu une amélioration du taux de 1,5. À l'opposé, la plus faible variation (0,1), et par le fait même, là où le TCM demeure encore très élevé se retrouve dans les territoires.

Taux de mortalité par âge

Deux facteurs peuvent expliquer des variations dans le nombre de décès, à savoir un changement dans la population courant le risque de décéder ainsi qu'un changement dans les taux de mortalité.

En appliquant les taux de mortalité par âge de 2007 à la population de 2008, il est possible de déterminer dans quelle mesure la variation du nombre de décès en 2008 était attribuable à des changements dans la taille de la population par opposition à des changements dans le taux de mortalité (tableau 3).

Si les taux de mortalité par âge étaient demeurés constants entre 2007 et 2008, le nombre de décès en 2008 aurait été de 242 129. Cependant, le nombre réel de décès enregistrés en 2008 était inférieur, soit 238 617. Les 3 512 décès de moins que prévu en 2008 étaient attribuables à des variations dans les taux de mortalité par âge surtout aux âges plus avancés.

En 2008, il y a eu une diminution du taux de mortalité dans la plupart des groupes d'âge. C'est chez les jeunes âgés de 1 à 14 ans qu'on observe les plus faibles taux de mortalité par âge, alors que les plus élevés sont aux âges avancés.

Décès et mortalité infantiles

Le décès infantile est le décès d'un enfant de moins d'un an. De 2007 à 2008, le nombre de décès infantiles s'est accru de 1,6 %, passant de 1 881 à 1 911, respectivement. Le nombre de décès infantiles masculins a augmenté de 1,3 %, passant de 1 043 à 1 057, et le nombre de décès infantiles féminins de 1,9 %, passant de 838 à 854 (tableau 4).

Taux de mortalité infantile

De 2007 à 2008, le taux de mortalité infantile est resté stable à 5,1 décès infantiles pour 1 000 naissances vivantes. Le taux de mortalité infantile masculine est demeuré à 5,5 décès infantiles pour 1 000 naissances vivantes, tandis que le taux de mortalité infantile féminine a diminué légèrement pour passer de 4,7 à 4,6 respectivement (tableau 4).

De 2007 à 2008, quatre provinces (la Nouvelle-Écosse, l'Ontario, la Saskatchewan et l'Alberta) ainsi que deux territoires (les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut) ont vu une hausse de leur taux de mortalité infantile. La hausse la plus importante a eu lieu aux Territoires du Nord-Ouest.

Chez les filles, on observe une diminution du taux de mortalité infantile dans seulement quatre provinces et un territoire (Terre-Neuve-et-Labrador, l'Île-du-Prince-Édouard, le Nouveau-Brunswick, la Saskatchewan et les Territoires du Nord-Ouest). À l'opposé, la plus forte augmentation du taux de mortalité infantile a eu lieu au Nunavut.

Chez les garçons, même si le taux de mortalité infantile est resté stable à l'échelle nationale, il y a eu des variations importantes dans les petites provinces et territoires. En effet, les diminutions les plus fortes ont eu lieu au Yukon et à l'Île-du-Prince-Édouard, tandis que l'augmentation la plus importante se retrouve aux Territoires du Nord-Ouest.

Notons toutefois qu'il faut interpréter avec prudence les changements dans les régions avec de petites populations, car elles sont généralement sujettes à de plus grandes variations.

Mortalité néonatale, post-néonatale et périnatale

La mortalité infantile peut être subdivisée en une composante de mortalité néonatale (décès de nourrissons de 0 à 27 jours) et en une composante de mortalité post-néonatale (décès de nourrissons de 28 à 364 jours). La mortalité périnatale comprend les mortinaissances survenues à 28 semaines ou plus de gestation et les décès néonataux précoces (décès de nourrissons de 0 à 6 jours).

De 2007 à 2008, le taux de mortalité néonatale au Canada a diminué pour passer de 3,8 à 3,7 décès pour 1 000 naissances vivantes, respectivement. Par ailleurs, le taux de mortalité post-néonatale a augmenté pour se fixer à 1,4 décès pour 1 000 naissances vivantes en 2008, le plus haut niveau depuis 2002 (tableau 5).

Le taux de mortalité périnatale quant à lui a diminué, passant de 6,4 en 2007 à 6,2 décès pour 1 000 naissances totales en 2008. Les naissances totales étant les naissances vivantes additionnées des mortinaissances de 28 semaines ou plus de gestation.

En général de 1993 à 2008, les taux de mortalité infantile, néonatale, post-néonatale et périnatale ont tous diminué (tableau 5).

Tendances de la mortalité périnatale

De 1993 à 2008, les deux composantes de la mortalité périnatale, c'est-à-dire la mortalité néonatale précoce et la mortalité foetale tardive, ont évolué de façons distinctes. Le nombre de morts foetales tardives a affiché une tendance à la baisse de 1993 à 2004, qui s'est transformée en une tendance à la hausse de 2005 à 2007 pour ensuite diminuer légèrement en 2008. Le nombre de décès néonataux précoces quant à lui a diminué de 1994 à 2000, il a augmenté de 2001 à 2007, dépassant le taux de mortalité tardive en 2002. Cependant, en 2008, le nombre de décès néonataux précoces a été tout juste inférieur à celui des décès foetaux tardifs.

Espérance de vie

L'espérance de vie 1  est le nombre moyen d'années que devrait vivre en principe une personne — à la naissance ou à un autre âge — si les taux de mortalité selon l'âge pour la période d'observation donnée (comme l'année civile) demeuraient constants au cours de sa vie. Cet indicateur est déterminé à partir des taux de mortalité par âge qui sont calculés en utilisant trois années de données.

Espérance de vie à la naissance et à 65 ans

En 2006-2008, l'espérance de vie à la naissance a atteint 80,9 ans, soit 78,5 ans pour les hommes et 83,1 ans pour les femmes. Il s'agit d'une hausse de 0,2 an par rapport à 2005-2007, avec un gain de 0,2 an chez les hommes et de 0,1 an chez les femmes (tableau 6).

Au cours de la période de dix ans de 1996-1998 à 2006-2008, l'espérance de vie à la naissance a progressé de 2,3 ans, passant de 78,6 ans à 80,9 ans (tableau 6). Au cours de cette période, l'espérance de vie pour les hommes s'est accrue de 2,8 ans, tandis qu'elle a progressé moins rapidement de 1,8 an chez les femmes. Par conséquent, l'écart entre les deux sexes a rétréci de 1 an, passant de 5,6 ans en 1996-1998 à 4,6 ans en 2006-2008.

L'espérance de vie à 65 ans était de 20,0 ans en 2006-2008, soit de 18,3 ans pour les hommes et de 21,5 ans pour les femmes. De 2005-2007 à 2006-2008, l'augmentation de l'espérance de vie à 65 ans (0,2 an) était la même pour les hommes et pour les femmes.

De 1996-1998 à 2006-2008, l'espérance de vie à 65 ans a augmenté de 1,8 an. La progression de l'espérance de vie à 65 ans a été supérieure chez les hommes par rapport à celui des femmes (2,1 contre 1,5 an). Ainsi, l'écart entre les hommes et les femmes, en ce qui concerne l'espérance de vie à 65 ans, a rétréci de 0,6 an pour passer de 3,8 à 3,2 ans, respectivement. Les gains en espérance de vie à 65 ans comptaient pour plus des trois quarts de l'augmentation de l'espérance de vie à la naissance.

Variations géographiques de l'espérance de vie

En 2006-2008, trois provinces affichaient une espérance de vie à la naissance supérieure à la moyenne nationale, il s'agissait de la Colombie-Britannique (81,4 ans), de l'Ontario (81,3 ans) et du Québec (81,0) (tableau 7). Depuis 1992-1994, le Québec est la province qui a connu la plus grande progression de son espérance de vie à la naissance, soit de 3,4 années. C'est aussi depuis 2005-2007, que le Québec dépasse l'Alberta pour occuper la troisième place.

À l'opposé, on retrouvait, l'espérance de vie à la naissance la plus basse dans les territoires avec 75,2 ans, avec un écart de 5,7 années par rapport à l'échelle nationale.

En 2006-2008 en Colombie-Britannique, les hommes avaient une espérance de vie à la naissance de 0,7 année supérieure à la moyenne nationale (78,5 ans), tandis que les femmes avaient 0,5 année de plus que les Canadiennes (83,1 ans).

L'espérance de vie à 65 ans était aussi la plus élevée en Colombie-Britannique, avec 20,5 ans, suivie par celle de l'Ontario (20,2 ans) et de l'Alberta (20,1 ans). Les espérances de vie à 65 ans dans ces trois provinces étaient supérieures à la moyenne nationale (20,0 ans). Le Québec quant à lui avait la même espérance de vie à 65 ans que la moyenne nationale.

On retrouvait la plus faible espérance de vie à 65 ans dans les territoires avec 16,7 ans.

En 2006-2008 en Colombie-Britannique, les hommes avaient une espérance de vie à 65 ans de 0,7 année supérieure à la moyenne nationale (18,3 ans), tandis que les femmes avaient 0,3 année de plus que les Canadiennes (21,5 ans).

Comparaison de l'espérance de vie avec certains pays de l'OCDE

Une étude récente indique qu'au cours des 50 dernières années, le Canada s'est classé parmi les 10 premiers des 34 pays aujourd'hui membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en ce qui concerne l'espérance de vie à la naissance 2 .

Comme dans la plupart des pays de l'OCDE, l'espérance de vie des Canadiens et Canadiennes continue de progresser. Parmi les quinze pays de l'OCDE sélectionnés, le Canada occupait le sixième rang pour les hommes et le huitième rang pour les femmes en 2008 (tableau 8).

Chez les hommes, c'est en Suisse que l'on retrouvait l'espérance de vie à la naissance la plus élevée avec 79,8 ans, suivie de l'Islande, du Japon, de l'Australie et de la Suède.

Toutefois chez les femmes, les Japonaises avaient l'espérance de vie à la naissance la plus longue, avec 86,0 ans.

Par contre, l'écart entre le Canada et le pays qui occupe la première place était plus grand chez les femmes (2,9 ans) que chez les hommes (1,3 an).

En Amérique du Nord, les hommes canadiens pouvaient s'attendre à vivre en moyenne 3 années de plus que les Américains, alors que les femmes canadiennes espéraient vivre en moyenne 2,6 années de plus que les Américaines.