Section F - Troubles de la personnalité

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Un trouble de la personnalité est caractérisé par un mode durable des conduites et de l'expérience vécue qui dévie notamment de ce qui est attendu dans la société et qui peut donner lieu à une altération prononcée du fonctionnement social et professionnel. Les troubles de la personnalité sont considérés comme un important problème de santé mentale, en raison de leur prévalence et de l'incapacité qu'ils produisent69. En bout de ligne, les personnes ayant un trouble de la personnalité ont des difficultés dans leurs relations interpersonnelles et manifestent souvent de l'irritabilité, de l'hostilité et de la peur. Leurs traits de personnalité (c.-à-d., attitude, pensée, comportement, tempérament) sont exprimés de manière inappropriée et deviennent inadaptés. Selon le DSM-IV7, dix troubles de la personnalité peuvent faire l'objet d'un diagnostic distinct et sont répartis en trois groupes fondés sur des similarités descriptives. Le groupe A inclut les personnalités paranoïaque, schizoïde et schizotypique. Les personnes qui ont ces personnalités paraissent souvent bizarres ou excentriques. Le groupe B inclut les personnalités antisociale, borderline, histrionique et narcissique. Ces sujets paraissent souvent théâtraux, émotifs et capricieux. Le groupe C comprend les personnalités évitante, dépendante et obsessionnelle-compulsive. Les individus ayant ces troubles semblent souvent anxieux ou craintifs7. Comme les limitations fonctionnelles associées à tous les troubles de la personnalité sont similaires en ce qui concerne les niveaux des attributs de l'état de santé, nous ne décrivons qu'un seul état de santé pour une personne chez laquelle on a diagnostiqué un trouble de la personnalité non spécifié.

Les troubles de la personnalité affectent de 6 % à 15 % de la population125,126. Les plus courants sont les personnalités obsessionnelle-compulsive (dont le taux de prévalence est de 7,7 % selon les critères du DSM-IV), évitante (6,6 %), paranoïaque (5,6 %), borderline (5,4 %) et schizotypique (5,2 %)126. En général, le trouble de la personnalité est reconnaissable pendant l'adolescence ou au début de l'âge adulte, mais certaines personnes ne cherchent à se faire soigner que beaucoup plus tard. Il est possible qu'un trouble de la personnalité soit exacerbé après la perte d'une personne ou d'une situation de soutien importante7. L'évolution d'un trouble de la personnalité est relativement stable au cours du temps.

Selon le DSM-IV, un diagnostic de trouble de la personnalité est posé si une personne présente des modes de comportement et de cognition inadaptés qui se manifestent dans au moins deux des domaines suivants : cognition, affectivité, fonctionnement interpersonnel, ou contrôle des impulsions. En outre, ces modalités doivent être rigides et présentes dans une gamme variée de situations personnelles et sociales, et causer une perturbation cliniquement significative du fonctionnement social, professionnel ou dans d'autres domaines. Des signes du trouble de la personnalité doivent avoir été décelés au moins à l'adolescence ou au début de l'âge adulte et présenter un mode prolongé stable. Ce mode durable ne peut pas être dû à un autre trouble mental ni aux effets physiologiques d'une substance ou une affection médiale générale7. Les types particuliers de trouble de la personnalité possèdent leurs propres critères diagnostiques, qui sont présentés dans le manuel DSM-IV7. Le diagnostic de trouble de la personnalité ne s'applique qu'aux personnalités complètement formées, donc est rarement posé avant l'âge de 18 ans et, par conséquent, ces troubles ne sont habituellement pas évalués chez l'enfant et l'adolescent69.

Les causes du développement d'un trouble de la personnalité sont inconnues. Certains chercheurs pensent qu'une situation ou un événement particulier (p. ex. la perte d'un parent ou d'un ami) peut déclencher les comportements observés fréquemment dans les troubles de la personnalité, particulièrement les événements survenus dans la prime enfance susceptibles d'influer sur le comportement plus tard dans la vie. Une vulnérabilité génétique à la manifestation d'un trouble de la personnalité a également été suggérée127,128,129. Les facteurs sociaux, tels que la négligence, la surprotection ou la maltraitance parentale, peuvent contribuer aux troubles de la personnalité ou à d'autres problèmes psychiatriques chez l'enfant. Comme le trouble de la personnalité se manifeste habituellement à l'adolescence, c'est-à-dire une période durant laquelle la personnalité se stabilise et mûrit, les personnes ayant un trouble de la personnalité sont enclines à établir des mécanismes inadaptés pour faire face à la situation et souffrent d'une faible estime de soi127,128,129.

Dans l'ensemble, il n'est pas possible de guérir un trouble de la personnalité, mais certains traitements permettent d'améliorer le pronostic. Selon le trouble de la personnalité, une pharmacothérapie peut avoir pour objectif de réduire l'impulsivité (p. ex., olanzapine, neuroleptiques) et la dépression (p. ex., inhibiteurs du recaptage de la sérotonine); des antipsychotiques peuvent être utilisés en cas de distorsion de la pensée. La psychothérapie (individuelle, de groupe ou familiale) a pour objectif la gestion du trouble, y compris la fourniture de renseignements au sujet de la maladie, d'un soutien et d'une formation permettant d'acquérir des compétences sociales. Cependant, la psychothérapie peut être difficile pour une personne ayant un trouble de la personnalité, parce qu'elle pourrait hésiter à établir une relation de confiance avec le thérapeute. La modification du caractère peut être nécessaire en vue de réduire l'instabilité de l'humeur et les comportements impulsifs, ou pour que la personne apprenne des moyens de faire face à ses craintes de rejet et d'abandon, ses comportements autodestructeurs ou d'autres traits associés au trouble de la personnalité particulier qui est traité. Une hospitalisation est rarement nécessaire.

Étant donné le taux généralement faible d'observation du traitement, l'état de santé qui suit décrit les limitations fonctionnelles chez une personne ayant reçu un diagnostic de trouble de la personnalité et qui ne suit aucun traitement.

Trouble de la personnalité – non spécifié

CIM-9: 301.83, CIM-10 – Trouble de la personnalité F60.x

Les personnes atteintes d'un trouble de la personnalité présentent le spectre complet des caractéristiques de la personnalité qui ne permet pas d'avoir un fonctionnement social adéquat. Certaines ont tendance à être émotionnellement très instables – elles éprouvent des sentiments allant d'une colère intense et inappropriée, à des sentiments de culpabilité, de honte et de dépression, ou à des sentiments d'inadéquation et d'infériorité. D'autres peuvent manifester un comportement impulsif ou de la promiscuité sexuelle, ou conduire un véhicule de façon imprudente et éventuellement faire des tentatives de suicide, particulièrement en période de crise (c.-à-d. un changement d'emploi ou dans les relations personnelles, le départ en vacance du thérapeute ou d'un membre de la famille). Sur le plan mental, les personnes ayant un trouble de la personnalité peuvent avoir une image d'elles-mêmes instable et une confusion d'identité, ou être hypersensibles au rejet et être blessées par les critiques ou la désapprobation. Leurs relations interpersonnelles sont extrêmement instables également; leurs attitudes à l'égard des membres de la famille ou des amis peuvent passer facilement de l'admiration et de l'amour à la déception, l'antipathie et la colère. Une caractéristique importante d'un trouble de la personnalité est le retrait social ou le rejet. Les personnes ayant un trouble de la personnalité ont tendance à avoir une capacité amoindrie d'attachement. Leur vie familiale est souvent perturbée et leur fonctionnement professionnel et social est limité. Elles peuvent éprouver de l'anxiété. À l'occasion, ces personnes peuvent s'adonner à des comportements d'automutilation.

Classification (Trouble de la personnalité – non spécifié)

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