Section A - Troubles de l'humeur

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Partie 1 - Dépression majeure
Partie 2 - Dysthymie
Partie 3 - Trouble affectif bipolaire

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Les troubles de l'humeur sont caractérisés principalement par une perturbation de l'humeur, mais d'autres perturbations mentales et somatiques peuvent exister. Ils affectent les personnes de tous âges et apparaissent habituellement à l'adolescence ou au début de l'âge adulte7. Ils représentent l'un des groupes de maladies mentales les plus fréquentes et les plus incapacitantes au monde8. Les personnes présentant un trouble de l'humeur éprouvent habituellement des altérations du fonctionnement social, professionnel, scolaire ou dans d'autres domaines importants1. Malgré la nature de long terme, parfois à vie, de certains troubles de l'humeur, il existe pour la plupart d'entre eux une pharmacothérapie et des méthodes de gestion efficaces qui aident les personnes atteintes à mener une vie normale et productive.

La présente section met en relief les trois troubles de l'humeur les plus fréquents, à savoir la dépression majeure, la dysthymie et le trouble bipolaire. Le diagnostic de la dépression majeure ou du trouble bipolaire est posé quand se produisent des « épisodes » du trouble7. La dépression majeure est caractérisée par des épisodes de tristesse persistante et de perte d'intérêt pour toutes ou presque toutes les activités. La dysthymie est semblable en ce sens qu'elle est caractérisée par des sentiments persistants de tristesse, mais ces sentiments sont chroniques et moins sévères. Ces troubles dépressifs (dépression majeure, dysthymie) diffèrent des troubles bipolaires en ce sens que les personnes qui en souffrent n'ont jamais eu d'épisodes maniaques, mixtes ou hypomaniaques7; dans le trouble bipolaire, l'humeur alterne entre des épisodes de tristesse pathologique persistante et des épisodes de bonheur et de plaisir extrêmes (manie).

Partie 1 - Dépression majeure

La dépression majeure est caractérisée par un ou plusieurs épisodes dépressifs importants, sans antécédents de manie. Le diagnostic d'épisodes dépressifs majeurs est posé si une personne éprouve une humeur dépressive ou une perte d'intérêt ou de plaisir dans la plupart des activités pour une période d'au moins deux semaines consécutives7. La personne éprouve aussi au moins quatre symptômes supplémentaires reflétant un changement par rapport au niveau de fonctionnement antérieur. Ces symptômes comprennent un changement de l'appétit ou du poids, du sommeil et de l'activité psychomotrice, une réduction de l'énergie, des idées de dévalorisation ou de culpabilité, des difficultés à penser, à se concentrer ou à prendre des décisions, ou des idées de mort récurrentes ou un comportement suicidaire7. De plus ces symptômes présents une partie de la journée, presque chaque jour.

La dépression majeure, également appelée dépression majeure unipolaire ou trouble dépressif majeur, est de nature épisodique. Par exemple, elle peut se manifester une seule fois (sous forme d'un épisode unique) ou (le plus souvent) être récurrente. En cas de dépression majeure récurrente, chez certaines personnes, les épisodes répétés peuvent être séparés par des périodes (pouvant durer de nombreuses années) sans symptômes, tandis que chez d'autres, les épisodes peuvent être regroupés à intervalles très fréquents. Plus de 50 % des personnes qui éprouvent un épisode dépressif majeur souffrent d'un épisode récurrent1; en fait, le nombre d'épisodes antérieurs est fortement prédictif d'épisodes futurs. Un épisode peut durer des semaines, des mois, voire des années.

La dépression majeure se manifeste chez toutes les races et tous les groupes d'âge, quoique la première manifestation ait généralement lieu entre 15 et 30 ans. Elle est environ deux fois plus fréquente chez les femmes que chez les hommes1,9,10. Au cours de toute période de 12 mois, on estime que de 2 % à 6 % de la population générale éprouveront un trouble dépressif majeur1,9,10,11,12,13. Le taux de prévalence sur la durée de vie varie, les valeurs publiées allant de 2 % à 19 %9,13,14, en particulier, chez les Canadiens adultes de plus de 18 ans, le taux de prévalence sur la vie est d'environ 12 %1.

Aucune cause unique de la dépression majeure n'a encore été établie, mais divers facteurs pourraient jouer un rôle. Au cours du siècle dernier, plusieurs théories de la pathogenèse de la dépression ont été proposées. La théorie des monoamines, qui est la plus répandue, est corroborée par des résultats cliniques et de laboratoire, ainsi que par l'efficacité des antidépresseurs contemporains, qui agissent en tant qu'inhibiteurs sélectifs du recaptage des monoamines15. La théorie de la prédisposition génétique est appuyée par les études des antécédents familiaux, qui révèlent qu'une personne dont un parent proche présente le trouble est de 1,5 à 3 fois plus susceptible d'éprouver un trouble dépressif majeur7,16. La présence d'autres problèmes de santé chroniques ou graves (p. ex. maladie cardiaque, cancer, diabète) augmente aussi le risque d'une dépression majeure. Enfin, une perte grave ou tout événement stressant de la vie, des problèmes financiers, ou une faible estime de soi peuvent également contribuer à la dépression majeure. Bien que la théorie des monoamines soit à l'heure actuelle celle qui prédomine, l'effet cumulé de la prédisposition génétique, des événements indésirables durant l'enfance et d'un stress permanent ou récent est considéré comme le meilleur modèle de la dépression15.

La dépression majeure est un trouble qui se soigne. Les traitements les plus répandus sont l'administration d'antidépresseurs et la psychothérapie/thérapie cognitivo-comportementale, mais c'est lorsqu'ils sont combinés qu'ils sont les plus efficaces. L'objectif du traitement est de réduire la durée et l'intensité des épisodes de dépression et de prévenir leur récurrence; un traitement d'entretien peut être nécessaire chez les personnes qui souffrent de dépression récurrente.

La dépression est associée à une augmentation des taux de mortalité, car il s'agit de l'un des plus importants facteurs de risque de suicide : jusqu'à 15 % des personnes atteintes de dépression majeure se suicident7,17,18. Selon l'étude de la charge mondiale de morbidité menée par l'Organisation mondiale de la santé et la Banque mondiale, la dépression majeure (unipolaire) occupait la troisième place en 2004 en ce qui concerne la charge globale de l'ensemble des maladies dans le monde, mesurée par les années de vie corrigées du facteur d'invalidité ou AVCI3, et elle devrait arriver à la deuxième place d'ici à 20308.

La gravité des symptômes varie : dans le DSM-IV, les épisodes dépressifs majeurs sont classés comme étant légers, moyens ou sévères, selon le nombre de symptômes et le degré d'altération fonctionnelle au moment du diagnostic. Nous décrivons les conséquences de chaque catégorie de trouble dépressif sur l'état de santé de la personne déprimée.

Épisode dépressif majeur – Léger

CIM-9 : 296.2, CIM-10 : Épisode dépressif – Léger F32.0/Trouble dépressif récurrent, épisode actuel léger F33.0

Une personne souffre de dépression légère si elle ne présente que quelques ou aucuns symptômes en plus de ceux requis pour poser le diagnostic et ne présente qu'une altération mineure du fonctionnement professionnel ou social7. Cette définition, qui décrit une personne faisant une légère dépression, est également considérée comme décrivant un patient traité avec succès pour une dépression majeure.

Les personnes éprouvant un trouble dépressif léger ne présentent généralement aucune limitation de leur fonctionnement physique, mais ont tendance à manquer de motivation pour achever même les tâches les plus ordinaires. Sur le plan émotif, elles éprouvent constamment un sentiment de tristesse et de désespoir et peuvent manifester des idées de dévalorisation et d'incompétence. Des périodes d'anxiété et de peur sont observées. Le sommeil est souvent perturbé, ce qui cause une perte d'énergie et de la fatigue. La concentration devient difficile, de sorte que la personne est distraite et souvent indécise. Le repli social n'est pas inhabituel7,19.

Classification (Épisode dépressif majeur – Léger)

Épisode dépressif majeur – Moyen

CIM-9 : 296.2, CIM-10 : Épisode dépressif – Moyen  F32.1/Trouble dépressif récurrent, épisode actuel moyen F33.1

Une personne présentant un épisode dépressif majeur moyen éprouve des symptômes et/ou des altérations fonctionnelles compris entre ceux éprouvés dans les cas léger et sévère7. Une personne moyennement déprimée doit généralement faire beaucoup d'effort pour achever toute tâche, y compris une simple conversation. Elle néglige souvent ses obligations professionnelles et/ou scolaires. Son activité physique est réduite; elle présente souvent des problèmes de sommeil et d'appétit. Elle est distraite et a du mal à se concentrer et à réfléchir. La possibilité de perdre son emploi ou de perdre son rôle social ou familial intensifie le sentiment d'inadéquation, d'anxiété et de désespoir face à l'avenir19.

Classification (Épisode dépressif majeur – Moyen)

Trouble dépressif majeur – Sévère

Code de la CIM-9 : 296.2, CIM-10 : Épisode dépressif – Sévère  F32.2-3 (sans et avec symptômes psychotiques)/trouble dépressif récurrent, épisode actuel sévère F33.2-3 (sans et avec symptômes psychotiques)

La dépression sévère est classée en deux groupes selon le DSM-IV, à savoir la dépression sévère sans caractéristiques psychotiques et la dépression sévère avec caractéristiques psychotiques7. Nous n'aborderons pas le dernier cas ici étant donné sa rareté relative. Pour recevoir le diagnostic de dépression sévère, une personne doit présenter plusieurs symptômes en plus de ceux requis pour un diagnostic d'épisode dépressif majeur et les symptômes doivent donner lieu à une altération importante du fonctionnement professionnel ou social7. Cette description se rapporte à une personne souffrant d'une dépression grave (sans caractéristiques psychotiques) qui n'est pas traitée ou dont le traitement est infructueux.

L'état de dépression sévère a des répercussions importantes sur l'état de santé de la personne. L'absence d'effort est tellement importante que les personnes souffrant de dépression sévère cesse de maintenir une bonne hygiène personnelle parce que cela représente un trop lourd fardeau. Des sentiments de tristesse et de désespoir excessifs sont éprouvés et le risque de suicide augmente avec la gravité de la dépression. Les personnes déprimées ont de la difficulté à se souvenir, à se concentrer et à prendre des décisions. Leur désir sexuel diminue et elles se retranchent presque entièrement de tout contact interpersonnel. Elles éprouvent régulièrement de l'anxiété. Des symptômes physiques, y compris des douleurs abdominales, des maux de tête tensionnels et des douleurs musculosquelettiques peuvent se manifester19.

Classification (Trouble dépressif majeur – Sévère)

Partie 2 - Dysthymie

La dysthymie est caractérisé par une humeur déprimée chronique présente presque toute la journée pendant au moins deux ans, sans antécédents de manie. Durant ces périodes d'humeur déprimée, au moins deux des symptômes suivants sont également présents : perte d'appétit, augmentation excessive de l'appétit (hyperphagie), insomnie, hypersomnie, faible niveau d'énergie, fatigue, faible estime de soi, difficulté à se concentrer ou à prendre des décisions, et sentiment d'impuissance7. En outre, ces symptômes doivent causer une altération cliniquement significative du fonctionnement social, professionnel ou dans d'autres domaines importants, et ne doivent pas être causés par un autre problème de santé ou par les effets physiologiques d'une substance. Les périodes asymptomatiques ne peuvent pas durer plus de deux mois consécutifs. La dysthymie est également appelée trouble dysthymique, dépression névrotique, névrose dépressive ou dépression chronique20.

La dysthymie peut se manifester chez n'importe qui, mais elle est deux à trois fois plus fréquente chez les femmes que chez les hommes1. Les symptômes persistent graduellement pendant de nombreuses années; la manifestation de la maladie est considérée comme précoce si la dysthymie apparaît avant l'âge de 21 ans et tardive si elle se manifeste à 21 ans ou après7. Sa prévalence sur la vie est comprise entre 3 % et 6 % chez les adultes canadiens de plus de 18 ans1 et est légèrement inférieure à 3 % chez les adultes américains14. L'estimation de la prévalence sur un an de la dysthymie est comprise entre 0,8 % et 3,1 %12,13.

Les causes de la dysthymie sont inconnues, mais les hypothèses quant à son étiologie sont parallèles à celles formulées pour la dépression majeure. Par exemple, la dysthymie est plus fréquente chez le apparentés biologiques du premier degré des personnes atteintes d'un trouble dépressif majeur que dans la population générale7. Les modalités thérapeutiques sont également semblables, à savoir l'administration d'antidépresseurs et la psychothérapie ou la thérapie cognitive, fréquemment combinées. Le trouble persiste souvent des années et, par conséquent, un traitement de longue durée est parfois nécessaire et peut aider à prévenir les récurrences. Bien que le pronostic soit bon sous traitement, les personnes dysthymiques pensent souvent qu'elles ne souffrent pas de dépression (et croient plutôt qu'elles ont simplement « le cafard ») et par conséquent ne cherchent pas à se faire soigner21.

La définition et les caractéristiques connexes de la dysthymie ressemblent à celles de la dépression majeure : les symptômes sont les mêmes, mais sont chroniques et relativement légers (et donc, ne sont pas suffisamment sévères pour répondre aux critères de la dépression majeure)22. En outre, une personne atteinte de dysthymie est généralement plus fonctionnelle qu'une personne souffrant de dépression majeure, mais elle est particulièrement handicapée dans ses relations sociales et interpersonnelles23. Suit la description des conséquences de la dysthymie sur l'état de santé.

Dysthymie

CIM-9 : 300.4, CIM-10 – Dysthymie F34.1

Les personnes qui souffrent de dysthymie sont généralement capables de fonctionner de manière adéquate, mais non de manière optimale. Elles éprouvent des difficultés à se concentrer et à prendre des décisions, une baisse d'énergie et une humeur anxieuse et irritable. Elles manifestent souvent des perturbations du sommeil qui causent au moins un niveau léger de fatigue et de baisse d'énergie, qui peuvent parfois être plus sévères. Elles manifestent aussi des limitations du fonctionnement social dues à un retrait social et à une perte d'intérêt et de plaisir pour les choses qu'elles appréciaient auparavant (p. ex., rapports sexuels), ce qui cause des difficultés relationnelles. Des sentiments persistants de tristesse, de culpabilité, de désespoir et de dévalorisation mènent souvent la personne à croire que ces caractéristiques sont inhérentes à sa personnalité, et l'empêchent de se sentir bien dans sa peau et heureuse21.

Classification (Dysthymie)

Partie 3 - Trouble affectif bipolaire

Le trouble bipolaire est caractérisé par un ou plusieurs épisodes maniaques, dépressifs ou mixtes. Un épisode maniaque est caractérisé par une période d'au moins une semaine durant laquelle l'humeur est anormalement élevée, expansive ou irritable. Doivent aussi être présents au moins trois des symptômes suivants : idées de grandeur (un sentiment exagéré de sa propre importance), réduction du besoin de sommeil, logorrhée, fuite des idées (la pensée passe rapidement à des idées éloignées sans progression logique), distractibilité, engagement accru dans des activités orientées vers un but, et engagement dans des activités agréables à potentiel élevé de conséquences dommageables7. Cette perturbation de l'humeur doit être suffisamment sévère pour entraîner une altération du fonctionnement professionnel ou social ou pour nécessiter une hospitalisation, et ne doit pas être due à un autre problème de santé ou aux effets physiologiques d'une substance7. Un épisode mixte, par ailleurs, est caractérisé par une période d'au moins une semaine durant laquelle les critères de l'épisode maniaque et ceux de l'épisode dépressif majeur sont satisfaits presque tous les jours, et doivent être accompagnés d'une altération importante du fonctionnement social ou professionnel ou nécessiter une hospitalisation7. Presque toutes les personnes atteintes d'un trouble bipolaire éprouvent également un ou plusieurs épisodes dépressifs majeurs. C'est pour cette raison que le trouble bipolaire est également appelé dépression maniaque ou trouble maniacodépressif. En général, une personne souffrant d'un trouble bipolaire présente des changements d'humeur allant d'élévations sévères (manie) à des creux sévères (dépression), souvent séparées par des périodes de fonctionnement normal. Ces changements d'humeur peuvent être rapides ou progressifs24.

Comme la dépression majeure, le trouble bipolaire est de nature épisodique et presque toujours récurrent; plus de 90 % des personnes qui éprouvent un épisode maniaque présenteront de futurs épisodes7. De surcroît, de 50 % à 70 % des épisodes maniaques surviennent immédiatement avant ou après un épisode dépressif majeur. Le profil des épisodes varie d'une personne à l'autre, mais il tend à être assez prévisible chez une personne particulière. En moyenne, les personnes atteintes d'un trouble bipolaire éprouvent quatre épisodes sur une période de dix ans7.

Le trouble bipolaire débute habituellement à la fin de l'adolescence ou au début de l'âge adulte, l'âge moyen de l'apparition étant compris entre 20 et 25 ans7. Il peut se manifester chez n'importe qui indépendamment de la race ou de l'ethnicité, et est aussi fréquent chez les hommes que chez les femmes1,9. Le taux de prévalence sur la vie du trouble bipolaire a été évalué entre 0,2 % et 1,7 %7,11,13. En particulier, chez les Canadiens adultes, des études ont indiqué une prévalence sur la vie de 2,4 % et une prévalence sur 12 mois de 1 %1.

La cause exacte du trouble bipolaire est inconnue. Un événement marquant de la vie (comme un divorce), un problème financier, ou une maladie peut déclencher un épisode chez certaines personnes; il se pourrait que celles-ci soient plus sensibles aux facteurs de stress émotionnel et physique. Il pourrait aussi exister un déséquilibre chimique cérébral qui contribuerait à la forte tendance à une prédisposition génétique : de 80 % à 90 % des personnes souffrant d'un trouble bipolaire ont un parent proche présentant une certaine forme de dépression25. Le trouble bipolaire peut survenir sans que l'on puisse repérer un facteur déclenchant manifeste.

Même si le traitement est parfois compliqué, le trouble bipolaire est hautement gérable. Le traitement médicamenteux consiste souvent à administrer des régulateurs de l'humeur (normothymiques), comme le lithium, qui sont très efficaces pour traiter la manie, et des antidépresseurs pour traiter les épisodes dépressifs. Prendre un antidépresseur sans l'accompagner d'un régulateur de l'humeur peut déclencher un épisode maniaque, de sorte que les deux médicaments sont habituellement prescrits ensemble. Un traitement psychologique est également offert pour aider la personne à déceler son profil particulier d'épisodes et à élaborer des stratégies de gestion du trouble. Étant donné la nature récurrente du trouble bipolaire, le traitement est généralement de longue durée en vue de prévenir de futurs épisodes.

Non traité, le trouble bipolaire peut exercer d'importantes pressions émotionnelles tant sur la personne atteinte que sur les membres de sa famille et ses collègues. Pourtant, 27 % seulement des personnes bipolaires sont en traitement26; fréquemment, ces personnes (en phase maniaque) ne reconnaissent pas qu'elles sont malades et qu'elles ont besoin d'un traitement, parce qu'elles se sentent bien. Nous décrivons ci-après l'impact que le trouble bipolaire a sur l'état de santé de la personne pendant un épisode maniaque aigu, ainsi que quand un traitement actif est suivi. Cette information doit être combinée à la description de la dépression majeure pour interpréter complètement le processus du trouble bipolaire.

Trouble affectif bipolaire – Épisode maniaque

CIM-9 : 296.4 – 296.7, CIM-10 – F31

La présente description fait référence à une personne présentant un trouble bipolaire pendant un épisode maniaque aigu. En général les personnes qui vivent un épisode maniaque se sentent exagérément heureuses et excitées; euphoriques. Bien que la manie ne soit pas reflétée directement par l'attribut d'état émotionnel ci-dessous, l'euphorie cause de sévères limitations dans d'autres attributs. Habituellement, les personnes souffrant de manie font preuve d'une augmentation de l'estime de soi, d'un optimisme injustifié et d'un mauvais jugement qui les entraînent à s'adonner à des activités agréables à risque élevé de conséquences dommageables, telles que dépenser sans compter, ou s'adonner à une consommation abusive de substance ou à des comportements sexuels inhabituels (p. ex. infidélité ou promiscuité). Les relations sociales ont tendance à être instables; le sujet maniaque est actif, extraverti et a vraisemblablement le sentiment d'avoir beaucoup d'amis, mais se comporte de manière irrationnelle. Habituellement, il a de la difficulté à se concentrer et a des idées de grandeur, et sa pensée devient distraite, mais est beaucoup plus rapide que la normale. Son expression verbale devient incohérente à cause d'une fuite des idées – il termine rarement ses phrases parce que ses pensées évoluent trop rapidement, et parce qu'il a tendance à parler très vite. On observe aussi de l'anxiété et de l'irritabilité.

Classification (Trouble affectif bipolaire – Épisode maniaque)

Trouble affectif bipolaire – Patient bipolaire, en traitement actif

CIM-9 : 296.4 – 296.7

Cette description fait référence à une personne traitée pour un trouble affectif bipolaire, ce qui suppose que les états maniaques et dépressifs sont légers (étant donné le taux de réussite du traitement) et chroniques. Dans sa forme légère, la manie est difficile à distinguer d'une humeur simplement optimiste; la personne est plus animée et loquace que quand elle est dans un état dépressif. Cet état a néanmoins une incidence sur la qualité de la vie de la personne. Des comportements qui se font constamment concurrence peuvent être difficiles à réguler. Par exemple, durant un épisode maniaque, le besoin de sommeil diminue et l'appétit sexuel augmente, alors que durant un épisode dépressif, une fatigue persistante s'installe et l'appétit sexuel diminue. Bien que les épisodes « polaires » (c.-à-d. opposés) soient légers, ils forcent néanmoins la personne qui en souffre à composer avec des comportements opposés, ce qui se traduit par des limitations cognitives, sociales et physiques.

Classification (Trouble affectif bipolaire – Patient bipolaire, en traitement actif)

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